Reçu pour Solde de Tout Compte — Modèle France
REÇU POUR SOLDE DE TOUT COMPTE
Établi conformément aux articles L1234-20, L1234-21 et R1234-12 à R1234-14 du Code du travail
L'EMPLOYEUR
[Employeur Nom] — SIRET : [Employeur S I R E T]
[Employeur Adresse]
ET LE SALARIÉ
[Salarie Nom]
[Salarie Adresse]
Date de sortie : [Date Sortie]
DÉTAIL DES SOMMES VERSÉES
Salaire brut du dernier mois (pro-rata) : [Salaire Dernier Mois]
Indemnité compensatrice de congés payés : [Indemnite Conges Payes]
Indemnité compensatrice de préavis : [Indemnite Preavis]
Indemnité de licenciement légale/conventionnelle : [Indemnite Licenciement]
Indemnité de rupture conventionnelle : [Indemnite Rupture Conventionnelle]
Primes et autres sommes : [Primes Autres Sommes]
TOTAL BRUT : [Total Brut]
TOTAL NET À PAYER : [Total Net]
EFFET LIBÉRATOIRE — DÉLAI DE DÉNONCIATION
Conformément à l'article L1234-20 du Code du travail, le présent reçu pour solde de tout compte peut être dénoncé dans un délai de 6 mois par lettre recommandée avec accusé de réception à compter de la date de signature. Passé ce délai, il est libératoire pour les sommes expressément mentionnées ci-dessus.
La signature du présent reçu ne vaut pas renonciation du salarié à contester la légitimité du licenciement devant le Conseil de Prud'hommes dans le délai de 12 mois (art. L1471-1 du Code du travail).
Fait à [Lieu Emission], le [Date Emission], en deux exemplaires.
L'employeur (signature et cachet) :
Le salarié (mention manuscrite « lu et approuvé, reçu la somme de [Total Net] ») :
[Salarie Nom]
L'Employeur
________________
Signature
Le Salarié
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Reçu pour Solde de Tout Compte — Modèle France ?
Le reçu pour solde de tout compte est, en droit français, le document remis au salarié à la rupture du contrat faisant l'inventaire des sommes versées, régi par les articles L1234-20 et L1234-21 du Code du travail.
Le reçu pour solde de tout compte en France est l'un des trois documents du triptyque de fin de contrat que l'employeur doit obligatoirement remettre à la rupture du contrat (avec le Certificat de Travail et l'attestation France Travail). Son régime juridique a été profondément réformé par la loi n°2008-596 du 25 juin 2008 (loi portant modernisation du marché du travail), qui a refondu le régime de forclusion applicable.
L'article L1234-20 du Code du travail prévoit que le reçu pour solde de tout compte peut être dénoncé dans un délai de 6 mois par lettre recommandée. Cette dénonciation est possible quel que soit le motif (somme insuffisante, prime oubliée, indemnité mal calculée). Passé ce délai de 6 mois, le reçu devient libératoire pour les sommes qui y sont expressément mentionnées. En revanche, le reçu n'est libératoire que pour les sommes qui y figurent explicitement : une somme non mentionnée reste contestable dans les délais de droit commun (2 ans pour les créances salariales, article L3245-1 du Code du travail).
La portée libératoire du reçu pour solde de tout compte est donc limitée en droit français : contrairement à une idée répandue, la signature du reçu par le salarié ne vaut pas renonciation à l'ensemble des droits liés au contrat de travail. Elle ne constitue pas une transaction au sens des articles 2044 à 2058 du Code civil (qui nécessite des concessions réciproques et la signature devant un avocat pour les transactions homologuées). La Cour de cassation (chambre sociale, arrêt n°04-43.714 du 29 mars 2006) a précisé que le reçu ne peut pas couvrir les droits nés postérieurement à sa signature.
Depuis la réforme de 2008, la jurisprudence a également précisé que la signature du reçu ne prive pas le salarié du droit de contester la légalité du licenciement devant le Conseil de Prud'hommes dans le délai de 12 mois de l'article L1471-1 du Code du travail. Le reçu pour solde de tout compte couvre les sommes versées à la rupture, non la légitimité de la rupture elle-même. Ce modèle sur forms-legal.com est conçu pour éviter les erreurs de calcul courantes et garantir la conformité au droit 2025.
Quand avez-vous besoin d'un Reçu pour Solde de Tout Compte — Modèle France ?
Le Reçu pour Solde de Tout Compte en France est obligatoire lors de toute rupture ou expiration du contrat de travail, quelle qu'en soit la cause.
Première situation : le licenciement pour cause réelle et sérieuse. L'employeur doit y faire figurer l'indemnité légale de licenciement (ou conventionnelle si plus favorable), l'indemnité compensatrice de préavis (si le salarié est dispensé d'effectuer son préavis), l'indemnité compensatrice de congés payés pour les congés acquis non pris, et le solde de salaire jusqu'à la date de rupture.
Deuxième situation : la rupture conventionnelle homologuée. Le solde de tout compte comprend l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle (au moins égale à l'indemnité légale de licenciement), l'indemnité compensatrice de congés payés et le solde de salaire. Les parties peuvent décider de faire coïncider la remise du reçu avec la date de rupture homologuée par la DREETS.
Troisième situation : la fin de CDD à son terme ou par rupture anticipée. À l'échéance du terme, l'employeur remet le reçu mentionnant le salaire du dernier mois, l'indemnité de fin de contrat (indemnité de précarité à 10 % du total des rémunérations brutes versées), l'indemnité compensatrice de congés payés et les éventuelles primes. En cas de rupture anticipée pour accord des parties, la même procédure s'applique, mais sans indemnité de précarité si la rupture est à l'initiative du salarié sans accord de l'employeur (article L1243-2 du Code du travail).
Quatrième situation : le départ à la retraite. En cas de départ volontaire, l'indemnité de départ à la retraite (calculée selon l'article D1237-1 du Code du travail ou la convention collective si plus favorable) figure dans le reçu. En cas de mise à la retraite par l'employeur, l'indemnité est au moins égale à l'indemnité légale de licenciement.
Cinquième situation : la démission. Le solde comprend le salaire du dernier mois, l'indemnité compensatrice de congés payés et les éventuelles primes acquises. En cas de démission, l'indemnité de licenciement n'est pas due, sauf si la convention collective prévoit une indemnité de départ dans certaines circonstances.
Que faut-il inclure dans votre Reçu pour Solde de Tout Compte — Modèle France ?
Le Reçu pour Solde de Tout Compte en France doit comporter des mentions précises pour produire son effet libératoire dans la limite des sommes mentionnées.
Informations d'en-tête : date d'établissement (qui doit correspondre au dernier jour de travail ou à la date de remise des documents de fin de contrat), coordonnées de l'employeur (raison sociale, SIRET, adresse), coordonnées du salarié (nom, prénom, numéro de sécurité sociale, adresse).
Détail des sommes versées : le reçu doit inventorier de manière exhaustive et précise chacune des sommes versées au salarié : — Salaire brut du dernier mois (du 1er au dernier jour de travail, pro-rata si mois incomplet) — Primes acquises non versées (13e mois, prime d'ancienneté, prime d'objectif proratisée) — Indemnité compensatrice de congés payés (pour les congés acquis non pris) : montant calculé selon la méthode la plus favorable au salarié (1/10e de la rémunération brute totale de la période de référence ou maintien de salaire — article L3141-22 du Code du travail) — Indemnité de licenciement légale ou conventionnelle (si applicable) : ¼ de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, ⅓ au-delà (article R1234-2 du Code du travail), ou taux conventionnel si plus favorable — Indemnité compensatrice de préavis (si dispense de préavis) — Indemnité de précarité pour CDD (10 % du total brut) — Indemnité de rupture conventionnelle — Remboursement de frais professionnels non encore réglés — Avantages en nature valorisés si non déductibles lors de la remise
Base de calcul des indemnités : le salaire de référence pour le calcul des indemnités est le salaire mensuel brut moyen des 12 mois précédant la rupture (ou des 3 derniers mois si plus favorable). Toutes les primes incluses dans la rémunération habituelle entrent dans cette base.
Effet libératoire et délai de dénonciation : mention du délai de 6 mois pour la dénonciation par lettre recommandée (article L1234-20 du Code du travail). Le formulaire sur forms-legal.com intègre cette mention légale obligatoire et un tableau de calcul des indemnités.
Signature et remise en main propre : le reçu doit être signé par le salarié de manière éclairée, avec la mention manuscrite «lu et approuvé, reçu la somme de [montant en lettres]». La Cour de cassation a jugé que la signature doit être libre et non forcée pour produire son effet libératoire.
Comment remplir votre Reçu pour Solde de Tout Compte — Modèle France
Le Reçu pour Solde de Tout Compte en France requiert un calcul précis des sommes dues pour éviter tout contentieux prud'homal.
Étape 1 — Préparer le calcul des sommes dues : avant la date de remise des documents, calculer l'ensemble des sommes dues en consultant le dossier de paie du salarié. Identifier l'ancienneté exacte (dates d'entrée et de sortie), le type de contrat (CDI ou CDD), le motif de rupture, le salaire de référence (moyenne des 12 ou 3 derniers mois).
Étape 2 — Calculer l'indemnité de licenciement ou de rupture conventionnelle : pour un CDI avec plus de 8 mois d'ancienneté, calculer l'indemnité légale selon la formule : ¼ de mois de salaire par année jusqu'à 10 ans, ⅓ au-delà (article R1234-2 du Code du travail). Vérifier si la convention collective prévoit un taux plus favorable. Pour une rupture conventionnelle, l'indemnité est au moins égale à l'indemnité légale de licenciement.
Étape 3 — Calculer l'indemnité compensatrice de congés payés : calculer le solde de congés payés acquis et non pris (CP N et N-1). Appliquer la méthode la plus favorable : soit 1/10e de la rémunération brute totale versée pendant la période de référence (1er juin au 31 mai), soit le maintien du salaire pour les jours de congés dus. La Cour de cassation a confirmé que l'employeur doit appliquer la méthode la plus favorable au salarié.
Étape 4 — Compléter le reçu avec toutes les sommes : lister chaque ligne distinctement avec son intitulé et son montant brut. Calculer le total des sommes brutes, les charges salariales et sociales afférentes, et le montant net à payer. Vérifier la cohérence avec le dernier bulletin de salaire.
Étape 5 — Remettre le reçu en main propre avec les autres documents : remettre simultanément le Certificat de Travail, le Reçu pour Solde de Tout Compte et l'attestation France Travail. Faire signer le reçu en deux exemplaires : un pour le salarié, un pour l'employeur. En cas de litige sur le montant, il est préférable de ne pas différer la remise des autres documents en attente du règlement du différend : les documents doivent être remis même si un litige sur un montant spécifique est en cours.
Exigences juridiques pour Reçu pour Solde de Tout Compte — Modèle France
Le Reçu pour Solde de Tout Compte en France est régi par un régime juridique spécifique qui le distingue de la transaction civile.
Article L1234-20 du Code du travail : pose le principe et l'effet du reçu pour solde de tout compte. Le reçu fait l'inventaire des sommes versées. Il peut être dénoncé dans un délai de 6 mois par lettre recommandée. Passé ce délai, il est libératoire pour les sommes qui y sont mentionnées. La dénonciation dans le délai remet les parties dans leur état antérieur pour les sommes contestées.
Article L1234-21 du Code du travail : précise les formalités requises pour que le reçu produise son effet libératoire. Il doit être établi en double exemplaire, remis au salarié contre décharge, signé de la main du salarié, et mentionner le délai de 6 mois de dénonciation. Un reçu signé sans que le salarié ait été informé de ce délai peut être privé de son effet libératoire.
Articles R1234-12 à R1234-14 du Code du travail : précisent les conditions de forme et l'obligation de remise simultanée avec les autres documents de fin de contrat.
Jurisprudence de la Cour de cassation : — Arrêt n°04-43.714 du 29 mars 2006 (ch. soc.) : le reçu ne couvre que les sommes expressément mentionnées, pas les droits nés postérieurement. — Arrêt n°01-45.265 du 21 novembre 2002 : la signature du reçu ne prive pas le salarié du droit de contester le licenciement devant le Conseil de Prud'hommes. — Arrêt n°11-15.394 du 19 septembre 2012 : un reçu signé sous la contrainte ou sans liberté réelle du salarié (par exemple, lors d'un entretien de licenciement sous pression) peut être annulé pour vice du consentement (articles 1130 et suivants du Code civil).
Différence avec la transaction : la transaction (articles 2044 à 2058 du Code civil) est un contrat mettant fin à un litige né ou naissant, nécessitant des concessions réciproques. Elle est définitive et irrévocable, contrairement au reçu pour solde de tout compte qui reste dénonçable pendant 6 mois. Pour sécuriser définitivement la rupture, les parties peuvent conclure une transaction en plus du solde de tout compte, après la signature du reçu et après que le salarié a pris connaissance de ses droits (généralement assisté d'un avocat).
Droit de rétractation : contrairement à certaines idées reçues, il n'existe pas de droit de rétractation légal pour le reçu pour solde de tout compte (le délai de 6 mois est un délai de dénonciation, non de rétractation). Seule la rupture conventionnelle bénéficie d'un délai de rétractation de 15 jours calendaires.
Erreurs courantes à éviter dans votre Reçu pour Solde de Tout Compte — Modèle France
Le Reçu pour Solde de Tout Compte en France est fréquemment mal établi, exposant l'employeur à des recours prud'homaux après la rupture du contrat.
Erreur n°1 — Omettre une somme due. La principale erreur consiste à oublier un élément de rémunération acquis : prime de 13e mois proratisée, prime d'objectifs pour le trimestre en cours, heures supplémentaires du dernier mois non encore payées, avantages en nature à régulariser. Toute somme non mentionnée dans le reçu reste contestable dans le délai de 2 ans de l'article L3245-1 du Code du travail, sans bénéficier de la forclusion de 6 mois.
Erreur n°2 — Appliquer un taux d'indemnité de licenciement inférieur au taux conventionnel. Certaines conventions collectives prévoient un taux d'indemnité de licenciement supérieur au taux légal (¼ puis ⅓ de mois par année). Ne pas vérifier la convention collective applicable peut conduire à sous-indemniser le salarié, qui peut réclamer la différence devant le Conseil de Prud'hommes dans les 2 ans de la rupture (article L1471-1 du Code du travail).
Erreur n°3 — Mal calculer l'indemnité compensatrice de congés payés. La méthode du 10e (1/10 de la rémunération brute totale de la période de référence) et la méthode du maintien de salaire (salaire qu'aurait perçu le salarié pendant les congés) doivent toutes deux être calculées, et la plus favorable au salarié s'applique (article L3141-22 du Code du travail). Négliger cette règle est l'une des erreurs les plus fréquentes, source de réclamations.
Erreur n°4 — Faire signer le reçu en même temps que la lettre de licenciement. Le Conseil de Prud'hommes et la Cour de cassation ont jugé que la signature simultanée du reçu et de la lettre de licenciement prive le salarié de la possibilité d'examiner librement les sommes mentionnées. La signature doit intervenir lors de la remise effective des fonds, non lors de la notification de la rupture.
Erreur n°5 — Oublier de mentionner le délai de dénonciation de 6 mois. L'article L1234-21 du Code du travail impose que le reçu mentionne expressément le délai de 6 mois de dénonciation. Un reçu qui ne comporte pas cette mention peut être privé de son effet libératoire par les juridictions prud'homales.
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Forms Legal. (2026). Reçu pour Solde de Tout Compte — Modèle France (France) [Legal document template]. Forms Legal. https://forms-legal.com/fr/france/employment/forms/recu-solde-tout-compte
"Reçu pour Solde de Tout Compte — Modèle France (France)." Forms Legal, 2026, https://forms-legal.com/fr/france/employment/forms/recu-solde-tout-compte.
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}Questions Fréquentes
En France, le Reçu pour Solde de Tout Compte produit un effet libératoire limité et précisément encadré par l'article L1234-20 du Code du travail. Le reçu est libératoire uniquement pour les sommes qui y sont expressément mentionnées, et seulement passé un délai de dénonciation de 6 mois. Autrement dit : si une prime est oubliée dans le reçu, le salarié peut toujours la réclamer dans le délai de prescription des créances salariales de 2 ans (article L3245-1 du Code du travail), même après signature du reçu. Si une prime est mentionnée dans le reçu pour un montant sous-estimé, le salarié dispose de 6 mois pour la dénoncer par lettre recommandée avec accusé de réception. Passé ce délai de 6 mois, il ne peut plus réclamer un complément pour les sommes expressément mentionnées dans le reçu. Enfin, le reçu pour solde de tout compte ne couvre jamais la contestation de la légitimité de la rupture elle-même (contestation du licenciement pour défaut de cause réelle et sérieuse, par exemple), qui relève du délai de 12 mois de l'article L1471-1 du Code du travail.
L'indemnité légale de licenciement en France est calculée selon les règles des articles L1234-9, R1234-1 et R1234-2 du Code du travail. Pour être due, le salarié doit avoir au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompue dans l'entreprise. Le calcul est le suivant : ¼ de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis ⅓ de mois de salaire par année au-delà de 10 ans. Le salaire de référence est le montant le plus favorable entre : la moyenne mensuelle des 12 derniers mois précédant le licenciement, et le tiers de la rémunération des 3 derniers mois (en incluant les primes proratisées). Exemple pour un salarié avec 15 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 3 500 euros bruts : 10 ans × ¼ × 3 500 = 8 750 euros + 5 ans × ⅓ × 3 500 = 5 833 euros = 14 583 euros d'indemnité légale. La convention collective peut prévoir un taux plus élevé. En cas de licenciement pour faute grave ou faute lourde, l'indemnité légale n'est pas due.
Oui, le salarié est libre de refuser de signer le Reçu pour Solde de Tout Compte. La signature est un acte volontaire et ne peut être imposée sous peine de nullité pour vice du consentement (article 1130 du Code civil — violence, erreur, dol). Le refus de signature du salarié n'exonère pas l'employeur de ses obligations de versement des sommes dues : le salarié peut refuser de signer tout en encaissant les sommes versées, celles-ci ne devenant alors pas libératoires pour l'employeur (pas d'effet libératoire sans signature valide). En pratique, si le salarié conteste certains montants, il peut signer le reçu en y ajoutant des réserves manuscrites (par exemple : «sous réserve de mes droits concernant la prime d'objectif du 2e trimestre 2026»). Ces réserves ne privent pas le reçu de son effet libératoire pour les sommes non contestées, mais permettent au salarié de maintenir ses droits sur les points réservés pendant le délai de 6 mois ou au-delà si la somme n'est pas mentionnée.
Pour dénoncer un Reçu pour Solde de Tout Compte en France dans le délai légal de 6 mois prévu par l'article L1234-20 du Code du travail, le salarié doit envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) à l'employeur, dans les 6 mois suivant la date de signature du reçu (et non la date de remise des fonds). Cette lettre doit préciser les montants contestés et les motifs de la contestation (somme insuffisante, prime manquante, indemnité mal calculée). La dénonciation n'a pas à être motivée juridiquement en détail, mais doit identifier clairement les sommes ou droits contestés. Après dénonciation, le salarié peut saisir le Conseil de Prud'hommes pour obtenir le complément de sommes ou faire reconnaître ses droits. Si le salarié ne dénonce pas dans les 6 mois, les sommes expressément mentionnées dans le reçu sont définitivement quittancées. En cas de litige, l'accusé de réception de la LRAR constitue la preuve de la dénonciation dans les délais.
Lors d'une rupture conventionnelle homologuée (article L1237-19 du Code du travail), le Reçu pour Solde de Tout Compte doit mentionner : l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle, qui ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement (¼ de mois par année jusqu'à 10 ans, ⅓ au-delà) — les parties peuvent librement convenir d'un montant supérieur ; l'indemnité compensatrice de congés payés pour les congés acquis non pris ; le salaire du dernier mois (pro-rata jusqu'à la date de rupture homologuée) ; les primes contractuelles ou conventionnelles proratisées (13e mois, prime d'objectif) ; les éventuels remboursements de frais professionnels en attente ; et le cas échéant, la régularisation des heures supplémentaires non payées. L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle est exonérée de cotisations sociales (URSSAF) et d'impôt sur le revenu dans la limite du plus élevé entre 2 PASS (soit 94 200 euros en 2025) et le montant conventionnel de l'indemnité de licenciement (article 80 duodecies du CGI), à condition que le salarié ne soit pas en âge de bénéficier d'une retraite à taux plein.
Non, le Reçu pour Solde de Tout Compte ne vaut pas transaction en France. Ces deux actes juridiques se distinguent fondamentalement. La transaction (articles 2044 à 2058 du Code civil) est un contrat par lequel les parties mettent fin à un litige né ou naissant en consentant des concessions réciproques. Elle est définitive, irrévocable et a l'autorité de la chose jugée. Pour être valide, elle doit être conclue après la rupture du contrat, en connaissance de cause (idéalement avec l'assistance d'un avocat), et prévoir des concessions réelles de part et d'autre. Le reçu pour solde de tout compte, en revanche, n'est qu'une quittance des sommes versées, dénonçable dans les 6 mois, sans effet sur les droits liés à la légitimité de la rupture. Pour sécuriser définitivement une rupture contentieuse, les employeurs soucieux d'éviter tout recours prud'homal doivent conclure une transaction après remise du solde de tout compte, en respectant les formalités de l'article 2044 du Code civil. Le Conseil de Prud'hommes peut homologuer cette transaction (bureau de conciliation et d'orientation) pour lui conférer force exécutoire.
Le calcul de l'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) dans le Reçu pour Solde de Tout Compte doit respecter l'article L3141-22 du Code du travail, qui impose d'appliquer la méthode la plus favorable au salarié entre deux calculs. La méthode du dixième : l'ICCP = 1/10 de la rémunération brute totale perçue pendant la période de référence (1er juin au 31 mai de l'année précédente + 1er juin de l'année en cours jusqu'à la date de rupture), divisée par le nombre de jours de congés acquis, multipliée par le nombre de jours non pris. La méthode du maintien de salaire : l'ICCP correspond au salaire que le salarié aurait perçu s'il avait pris ses congés (salaire mensuel actuel divisé par le nombre de jours ouvrables du mois, multiplié par le nombre de jours de congés non pris). L'employeur doit calculer les deux montants et retenir le plus élevé. En pratique, pour les salariés à rémunération stable, les deux méthodes donnent des résultats proches. Pour les salariés ayant perçu des primes importantes, la méthode du dixième est souvent plus favorable. Un outil de calcul est intégré dans le modèle forms-legal.com pour automatiser ce calcul.
L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle bénéficie en France d'un régime fiscal et social favorable, régi par l'article 80 duodecies du Code général des impôts (CGI) et l'article L242-1 du Code de la sécurité sociale. Sur le plan social (URSSAF) : l'indemnité est exonérée de cotisations sociales dans la limite du plus élevé entre 2 fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (2 PASS = 94 200 euros en 2025) et le montant conventionnel de l'indemnité de licenciement si supérieur. L'excédent est soumis aux cotisations sociales. Sur le plan fiscal (IR et PAS) : l'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu dans la même limite que pour les cotisations sociales, sous réserve que le salarié ne soit pas en droit de bénéficier d'une pension de retraite à taux plein au moment de la rupture (si le salarié est en âge de prendre sa retraite à taux plein, l'indemnité est intégralement imposable et soumise à cotisations, hors CSG/CRDS). L'indemnité est en revanche soumise au forfait social de 20 % à la charge de l'employeur sur la partie exonérée de cotisations sociales (article L137-15 du Code de la sécurité sociale).
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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