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Mandat de Gestion Locative

Maintenu par Vladislav Sergienko, Fondateur·Modèle modifié pour la dernière fois: ·Signaler une erreur

Qu'est-ce qu'un Mandat de Gestion Locative ?

Le mandat de gestion locative est, en droit français, le contrat par lequel un propriétaire confie à un professionnel la gestion de la location de son bien, régi par la loi Hoguet n°70-9 du 2 janvier 1970. Le Mandat de Gestion Locative en France emporte transfer de pouvoirs du mandant au mandataire pour l'ensemble des actes de gestion courante du bien : mise en location (diffusion des annonces, sélection des candidats, vérification des dossiers locataires conformément à la liste limitative de l'article 22-2 de la loi du 6 juillet 1989), rédaction et signature des baux d'habitation (nus ou meublés) et de leurs renouvellements, réalisation des états des lieux d'entrée et de sortie, perception des loyers et des charges, établissement des quittances mensuelles, révision annuelle du loyer selon l'Indice de Référence des Loyers (IRL) publié par l'INSEE, gestion des sinistres, commande et suivi des travaux d'entretien courant, et reversement mensuel des loyers encaissés au mandant déduction faite des honoraires et des dépenses engagées. La condition préalable à toute activité de gestion locative professionnelle en France est la détention par le mandataire d'une carte professionnelle mention 'Gestion immobilière' délivrée par la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) territoriale pour une durée de 3 ans renouvelable, d'une attestation de responsabilité civile professionnelle (RCP) souscrite auprès d'un assureur agréé, et d'une garantie financière d'au moins 110 000 € pour les fonds de tiers (décret n°2020-1726 du 29 décembre 2020) déposés sur un compte séquestre dédié. Ces exigences visent à protéger le mandant contre le risque de détournement des loyers et dépôts de garantie cantonnés. Le Mandat de Gestion Locative en France doit être établi en double exemplaire signé par les deux parties, mentionner expressément les pouvoirs conférés au mandataire, la durée (généralement 1 an renouvelable par tacite reconduction), les conditions de résiliation (préavis de 3 mois par LRAR du mandant), la rémunération détaillée (honoraires de gestion courante, honoraires de mise en location, prestations annexes), et le numéro d'inscription du mandat au registre des mandats tenu par l'agence conformément à l'article 73 du décret n°72-678. Toute modification du mandat doit faire l'objet d'un avenant signé. Les litiges relatifs au Mandat de Gestion Locative relèvent de la compétence du Tribunal judiciaire du domicile du mandant (personne physique) ou du siège du mandataire (personne morale). La Commission de Contrôle des Activités de Transaction et de Gestion Immobilières (ex-Commission de Contrôle des agents immobiliers), créée par le décret n°2016-173 du 18 février 2016 sous l'égide du CNTGI (Conseil National de la Transaction et de la Gestion Immobilières), peut prononcer des sanctions disciplinaires contre le mandataire fautif. Le Bail d'Habitation Non-Meublé et le Bail Meublé, gérés dans ce cadre, sont disponibles sur forms-legal.com.

Quand avez-vous besoin d'un Mandat de Gestion Locative ?

Un Mandat de Gestion Locative en France est nécessaire dans toutes les situations où un propriétaire souhaite confier la gestion de son bien immobilier à un professionnel de l'immobilier habilité, afin de se décharger des contraintes administratives, financières et relationnelles de la gestion directe.

Propriétaire non-résident ou expatrié : le bailleur résidant à l'étranger ou absent de France de manière prolongée ne peut assurer la gestion directe de son bien (visites, signature de baux, états des lieux, suivi des travaux). Le mandat de gestion locative est dans ce cas indispensable pour confier à un mandataire local, titulaire de la carte professionnelle CCI mention 'Gestion immobilière', l'intégralité de la gestion en son nom. La perception des loyers par un non-résident peut également déclencher des obligations fiscales spécifiques (retenue à la source de 20% sur les loyers si non-résident non communautaire, selon l'article 197 A du CGI et les conventions fiscales bilatérales).

Propriétaire multipropriétaire ou investisseur institutionnel : les bailleurs détenant plusieurs biens locatifs (SCPI, SCI, foncières, investisseurs privés gérant 5 biens ou plus) confient systématiquement la gestion à un mandataire professionnel pour bénéficier de la mutualisation des frais de gestion, du suivi informatisé des loyers via des logiciels de gestion (type Immoware, Yaago, Rentila Pro), et de la garantie financière protégeant les fonds cantonnés. La facturation de la TVA sur les honoraires de gestion dépend du régime fiscal du bailleur (TVA si optant à la TVA sur revenus locatifs).

Premier investissement locatif d'un particulier : le primo-investisseur qui acquiert un appartement pour le louer confie souvent la gestion à une agence pour sécuriser son premier projet. Le mandat permet au bailleur débutant de bénéficier du savoir-faire du mandataire pour la sélection du locataire (vérification des revenus à 3 fois le loyer, analyse des justificatifs conformément à la liste limitative du décret n°2015-1437 du 5 novembre 2015), la rédaction du bail conforme à la loi du 6 juillet 1989 et au contrat-type du décret n°2015-587, et la constitution d'un dossier complet avec diagnostics (DDT).

Gestion d'un logement meublé en location courte ou longue durée : le mandataire peut gérer à la fois les baux meublés longue durée (1 an minimum, article 25-4 de la loi du 6 juillet 1989) et les contrats de location saisonnière (meublé tourisme, LMNP), à condition que le mandat précise expressément ces deux types de gestion. Pour les meublés de tourisme en zone touristique, la déclaration en mairie et l'autorisation de changement d'usage à Paris et dans les communes de plus de 200 000 habitants (article L324-1-1 du Code du tourisme) doivent être préalablement obtenues par le mandant.

Gestion d'un bail commercial ou professionnel : le mandataire détenteur d'une carte professionnelle mention 'Gestion immobilière' peut également gérer des baux commerciaux (Code de commerce art. L145-1 et suivants) et des baux professionnels (Code civil art. 1750), sous réserve que le mandat précise ces compétences spécifiques. La gestion des baux commerciaux requiert une connaissance des règles d'indexation (ILC — indice des loyers commerciaux), du droit au renouvellement et de l'indemnité d'éviction.

Transition entre deux locataires : lors de la fin d'un bail et de la recherche d'un nouveau locataire, le mandataire prend en charge l'état des lieux de sortie contradictoire (avec le commissaire de justice si désaccord), la retenue éventuelle sur dépôt de garantie justifiée par devis et factures, la remise en état du logement, et la nouvelle mise en location. Cette période de vacance locative est prise en compte dans le calcul de la rentabilité nette de l'investissement.

Que faut-il inclure dans votre Mandat de Gestion Locative ?

Le Mandat de Gestion Locative conforme au droit français et aux exigences de la loi Hoguet doit contenir les mentions obligatoires suivantes, dont l'absence peut entraîner la nullité du mandat ou l'inopposabilité des actes accomplis. Le modèle disponible sur forms-legal.com inclut les 9 sections requises par la loi Hoguet et les réformes ALUR et Élan.

Identification du mandant (bailleur) et du mandataire : pour le mandant personne physique, nom, prénom, domicile, et le cas échéant régime matrimonial et consentement du conjoint si le bien est commun (article 1424 du Code civil). Pour le mandant personne morale (SCI, SARL), dénomination, SIREN, siège, et identité du représentant légal habilité. Pour le mandataire, dénomination de l'agence, forme juridique, siège, SIREN, numéro de carte professionnelle CCI mention 'Gestion immobilière' et date d'expiration, numéro d'immatriculation ORIAS si le mandataire propose des assurances, et numéro et raison sociale de la caisse de garantie financière.

Désignation précise du bien géré : adresse complète avec références cadastrales, nature du bien (appartement, maison, studio, meublé), surface habitable conformément à la loi Boutin (article R111-2 du CCH), numéro de lot et quote-part de parties communes pour les biens en copropriété.

Étendue des pouvoirs conférés au mandataire : la mention des pouvoirs est la clé de voûte du mandat. Elle peut inclure, au choix du mandant, la faculté de signer les baux et leurs renouvellements, d'autoriser les sous-locations, d'accepter les cessions de baux (mais jamais de signer un acte notarié sans procuration authentique spéciale), d'engager des dépenses de travaux jusqu'à un montant plafond défini (par exemple, travaux d'entretien courant jusqu'à 1 500 € sans accord préalable du mandant), de souscrire ou résilier des contrats d'entretien, et d'agir au nom du mandant dans les procédures amiables devant la Commission Départementale de Conciliation.

Durée et conditions de renouvellement : durée initiale (généralement 1 an), clause de renouvellement tacite annuelle, préavis de résiliation de 3 mois pour le mandant par lettre recommandée avec accusé de réception (exigence de la loi Hoguet art. 7-1 inséré par la loi ALUR), résiliation immédiate possible en cas de faute grave du mandataire (absence de reversement des loyers, détournement de fonds, défaut d'assurance ou de garantie financière).

Rémunération détaillée du mandataire : honoraires de gestion courante (en % des loyers TTC encaissés, généralement 6 à 10%), honoraires de mise en location plafonnés par le décret n°2014-890 selon la zone géographique (12 €/m² zone très tendue, 10 €/m² zone tendue, 8 €/m² autres), honoraires d'état des lieux de sortie (à la charge exclusive du bailleur, plafonnés à 3 €/m² par le même décret), prestations annexes (contentieux, gestion sinistres majeurs, suivi de chantier) facturées selon le barème annexé. La TVA au taux standard de 20% s'applique aux honoraires du mandataire assujetti.

Compte séquestre et garantie financière : mention du nom de l'établissement bancaire tenant le compte séquestre des fonds de tiers (loyers, dépôts de garantie cantonnés), de la caisse garantissant les fonds (Galian, CEGC, Socaf, ou caution bancaire), et du montant de la garantie financière (minimum 110 000 € selon le décret n°2020-1726). Le mandant peut demander à tout moment un relevé du compte séquestre le concernant.

Numéro de registre du mandat : conformément à l'article 73 du décret n°72-678, chaque mandat doit être inscrit dans l'ordre chronologique dans le registre des mandats de l'agence et se voir attribuer un numéro unique. Ce numéro figure sur tous les documents émanant du mandataire dans le cadre de ce mandat. Le registre des mandats doit être conservé 10 ans.

Dispositifs de gestion des loyers impayés : mention des modalités de gestion des impayés (relances amiables incluses, procédures judiciaires facturées séparément), de la garantie des loyers impayés souscrite ou proposée (GLI, Visale, caution physique selon l'article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989), et du prestataire d'assurance identifié si le mandataire est mandataire d'assurance ORIAS. Voir également le Bail d'Habitation Non-Meublé disponible sur forms-legal.com pour les baux types à signer dans ce cadre.

Comment remplir votre Mandat de Gestion Locative

Remplir un Mandat de Gestion Locative en France nécessite de rassembler les informations sur le mandant, le bien et les missions confiées, en respectant les exigences formelles de la loi Hoguet.

Étape 1 — Identification du mandant : inscrivez vos nom, prénoms, date et lieu de naissance, adresse complète tels qu'ils figurent sur votre carte nationale d'identité. Pour une SCI, indiquez la dénomination, le siège, le SIREN (9 chiffres, consultable sur Infogreffe), et l'identité du gérant habilité à signer. Si le bien appartient à un couple marié sous régime de communauté (communauté réduite aux acquêts par défaut), les deux époux doivent signer le mandat ou l'un deux donner procuration à l'autre (article 1424 du Code civil pour les biens communs).

Étape 2 — Identification du mandataire : vérifiez le numéro de carte professionnelle CCI de l'agence et sa date d'expiration (valable 3 ans). Le numéro doit être de la forme TXXXXXXXXXXX-CCI. Vérifiez également l'immatriculation ORIAS si le mandataire propose une assurance GLI (www.orias.fr). Notez le nom de la caisse garantissant les fonds de tiers (Galian, CEGC, Socaf, etc.).

Étape 3 — Description du bien : indiquez l'adresse exacte avec étage, porte, bâtiment. Mentionnez la surface habitable loi Boutin (article R111-2 CCH), mesurée hors pièces sous 1,80 m. Pour un appartement en copropriété, indiquez le numéro de lot et la quote-part de parties communes (en millièmes). Précisez s'il s'agit d'un logement vide (bail nu, loi du 6 juillet 1989), meublé (bail meublé, article 25-4 et suivants), ou commercial (Code de commerce L145-1).

Étape 4 — Étendue des pouvoirs : définissez précisément ce que vous autorisez le mandataire à faire en votre nom. Le plafond de dépenses de travaux courants sans accord préalable est un point crucial : fixez un montant réaliste (ex : 500 € à 1 500 €) au-delà duquel le mandataire doit vous consulter. Indiquez si vous autorisez le mandataire à signer les baux directement en votre nom, ou si vous souhaitez contresigner chaque bail.

Étape 5 — Rémunération : lisez attentivement le barème des honoraires et vérifiez sa conformité aux plafonds du décret n°2014-890 pour les honoraires de mise en location. Notez le taux des honoraires de gestion courante (en %) et le barème des prestations annexes. Demandez un exemplaire du tarif complet affiché en vitrine conformément à l'article 4 de la loi Hoguet et à l'arrêté du 10 janvier 2017 sur l'information des consommateurs.

Étape 6 — Durée et résiliation : vérifiez que la clause de résiliation mentionne un préavis de 3 mois par LRAR. Notez la date de début et la date de premier renouvellement (généralement anniversaire). Conservez précieusement le double du mandat signé et le numéro de registre du mandat attribué par l'agence (article 73 du décret n°72-678).

Étape 7 — Signature : le mandat est signé en deux exemplaires par le mandant et le représentant légal habilité du mandataire. Précédez votre signature de la mention manuscrite « Lu et approuvé ». Le mandat prend effet à la date de signature sauf stipulation contraire. Le mandataire inscrit immédiatement le mandat dans son registre chronologique des mandats.

Erreurs courantes à éviter dans votre Mandat de Gestion Locative

Les erreurs suivantes sont fréquentes lors de la conclusion ou de l'exécution d'un Mandat de Gestion Locative en France et peuvent engager la responsabilité civile ou pénale du mandataire, ou causer un préjudice financier au mandant.

Erreur 1 — Confier la gestion à un professionnel sans carte valide : certains particuliers signent des mandats avec des intermédiaires ne disposant pas d'une carte professionnelle CCI en cours de validité mention 'Gestion immobilière'. Les actes accomplis par ces intermédiaires sont potentiellement nuls et sans protection financière. La solution consiste à vérifier en ligne le numéro de carte sur le site de la CCI concernée avant tout engagement.

Erreur 2 — Ne pas lire l'étendue des pouvoirs conférés : un mandant qui signe un mandat sans lire la clause d'étendue des pouvoirs peut découvrir que le mandataire a signé un bail longue durée défavorable, consenti à des travaux coûteux sans accord préalable, ou sous-loué le bien sans autorisation. La solution consiste à lire attentivement et à négocier précisément les plafonds de dépenses et les actes requérant le consentement préalable du mandant.

Erreur 3 — Cumuler caution physique et GLI pour les mêmes locataires : depuis la loi ALUR, le bailleur ne peut imposer à la fois une caution personne physique et une assurance GLI pour les locataires non étudiants ni non apprentis (article 22-1-2 de la loi du 6 juillet 1989). Le mandataire qui exige les deux est en violation de la loi et expose le bailleur à une action en restitution.

Erreur 4 — Négliger la reddition de comptes annuelle : le mandataire qui ne fournit pas la synthèse fiscale annuelle des revenus fonciers prive le mandant des éléments nécessaires à sa déclaration d'impôt (formulaire 2044 revenus fonciers). Le retard de déclaration expose le mandant à des intérêts de retard DGFiP de 0,20% par mois. La solution consiste à stipuler dans le mandat une date-butoir pour la reddition de comptes annuelle (ex : 31 janvier de l'année N+1).

Erreur 5 — Omettre de vérifier le contenu du compte séquestre : certains mandants ne demandent jamais de justificatif sur les fonds cantonnés (dépôts de garantie, provisions pour travaux). En cas de faillite du mandataire, les dépôts de garantie non cantonnés sur un compte séquestre distinct sont perdus. La solution consiste à demander annuellement un relevé du compte séquestre et à vérifier que les dépôts de garantie des locataires y figurent.

Questions Fréquentes

Modèle référencé aux textes légaux — Modèle modifié pour la dernière fois en juin 2026

Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète

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