Attestation Notaire de Fonds Disponibles (Compromis)
Qu'est-ce qu'un Attestation Notaire de Fonds Disponibles (Compromis) ?
L'Attestation Notaire de Fonds Disponibles (Compromis) est, en droit français, une attestation officielle établie par un notaire certifiant la disponibilité et l'origine des fonds propres de l'acquéreur pour financer l'acquisition immobilière objet d'un compromis de vente. Il est régi par Code civil art. 1583.
Contrairement à l'attestation de demande de prêt bancaire régie par la Loi Scrivener (Loi n°79-596 du 13 juillet 1979, codifiée aux articles L313-25 et L313-41 du Code de la consommation), qui documente une démarche de financement externe en cours, l'attestation notariale de fonds disponibles porte sur des liquidités existantes au moment de la rédaction : épargne personnelle (livrets réglementés, compte courant, Plan d'Épargne Logement, Compte Épargne Logement), produit de cession d'un bien immobilier antérieur, donation familiale notariée, héritage ou succession documentée, déblocage d'assurance-vie (CGI art. 990-I), ou plan d'épargne salariale (PEE, PERCO, PER — déblocage réglementé par le Code du travail art. L3332-25 et suivants).
La force juridique de l'attestation notariale tient au statut de l'officier ministériel qui l'établit. En droit français, l'acte notarié revêt la force probante de l'acte authentique au sens du Code civil art. 1369 : il fait foi jusqu'à inscription de faux en ce qui concerne les déclarations que le notaire y a consignées comme les ayant entendues ou constatées. Cette valeur probatoire renforcée distingue l'attestation notariale d'une simple lettre bancaire ou d'un relevé de compte produit directement par l'acquéreur.
Le notaire qui émet l'attestation doit avoir effectué des vérifications concrètes sur les justificatifs produits par l'acquéreur, conformément à ses obligations légales de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (Loi n°90-614 du 12 juillet 1990 modifiée, Code monétaire et financier art. L561-1 et suivants, 6e directive AML transposée en droit français par l'ordonnance n°2020-115 du 12 février 2020). Ces obligations font du notaire non seulement un certificateur mais un premier filtre de conformité financière, dont le nom engage la responsabilité disciplinaire devant la Chambre des notaires et pénale devant le tribunal correctionnel en cas de manquement délibéré.
En pratique immobilière française, l'attestation notariale de fonds disponibles est systématiquement exigée pour les acquisitions sans recours au crédit (dites « acquisitions comptant ») mais également en complément de l'attestation de prêt bancaire lorsque l'acquéreur mobilise des fonds propres pour compléter un financement mixte. Sa présentation lors de la signature du compromis ou dans les jours qui suivent rassure le vendeur sur la solidité financière réelle de la transaction et réduit le risque de caducité tardive du compromis pour insuffisance de fonds propres — un motif qui n'est pas couvert par la condition suspensive de prêt Scrivener.
Quand avez-vous besoin d'un Attestation Notaire de Fonds Disponibles (Compromis) ?
L'attestation notariale de fonds disponibles est requise dans plusieurs configurations d'acquisition immobilière en France, et son absence peut retarder ou fragiliser la transaction.
Première situation : l'acquisition comptant sans crédit immobilier. Lorsque l'acquéreur finance l'intégralité du prix de vente sur ses fonds propres, la condition suspensive de prêt bancaire (Loi Scrivener, Code de la consommation L313-41) n'est pas stipulée dans le compromis. Le vendeur est alors privé de la protection habituelle qu'apporte la preuve d'un financement externe — l'accord bancaire. Pour se prémunir contre le risque qu'un acquéreur se rétracte au motif que ses fonds se sont avérés insuffisants, fictifs ou indisponibles, le vendeur ou son notaire exige une attestation notariale certifiant l'existence des liquidités. Cette situation est fréquente pour les investisseurs institutionnels, les fonds d'investissement, les résidents fiscaux étrangers qui rapatrient des capitaux, et les particuliers fortunés qui disposent d'une épargne liquide importante.
Deuxième situation : l'acquisition à financement mixte. Lorsque l'acquéreur combine fonds propres et crédit bancaire, le prêt couvre généralement 70 à 80 % du prix, les fonds propres assurant l'apport (minimum requis par les banques : 10 % du prix d'acquisition hors frais notariaux selon les recommandations du Haut Conseil de Stabilité Financière, HCSF). Dans ce cas, l'attestation Scrivener couvre la part bancaire ; mais le vendeur peut aussi exiger une attestation notariale sur la part des fonds propres pour s'assurer que l'apport existe réellement et ne disparaîtra pas avant l'acte authentique.
Troisième situation : le compromis de vente portant sur un bien de valeur élevée ou stratégique. Pour les biens de prestige (hôtels particuliers, châteaux, appartements de grand standing à Paris ou sur la Côte d'Azur), le vendeur, souvent conseillé par un avocat ou un notaire rompu aux transactions de luxe, inclut systématiquement une clause d'attestation de fonds dans le compromis, quel que soit le mode de financement envisagé, pour filtrer les acquéreurs sans capacité financière réelle.
Quatrième situation : les acquisitions impliquant des capitaux en provenance de l'étranger. Lorsqu'un acquéreur étranger ou un Français non-résident rapatrie des fonds depuis un compte à l'étranger, la complexité du traçage AML impose souvent au notaire instrumentaire d'exiger une attestation formalisée plutôt qu'un simple justificatif de virement, afin de respecter les exigences renforcées de la 6e directive AML (ordonnance n°2020-115 du 12 février 2020) et les protocoles de conformité du Conseil Supérieur du Notariat (CSN).
En termes de calendrier, l'attestation doit être établie et remise au plus tard au moment de la signature du compromis ou dans le délai fixé par ce dernier pour la justification des fonds propres — généralement 10 à 15 jours ouvrables. Sa durée de validité étant limitée (30 à 90 jours selon les notaires), l'acquéreur doit anticiper en contactant son notaire bien avant la signature pour rassembler les justificatifs nécessaires.
Que faut-il inclure dans votre Attestation Notaire de Fonds Disponibles (Compromis) ?
L'attestation notariale de fonds disponibles comporte plusieurs éléments structurels indispensables qui conditionnent sa valeur juridique et son acceptabilité par les parties à la transaction immobilière.
Identification précise de l'office notarial. L'entête de l'attestation doit mentionner les nom et prénom complets du notaire instrumentaire (ou du notaire associé qui signe), la dénomination de l'office (SCP, SEL ou office individuel), l'adresse complète de l'étude, et le numéro d'identification au Conseil Régional des Notaires (CRFN) ou à la Caisse de Retraite et de Prévoyance des Clercs et Employés de Notaires (CRPCEN). Ces informations permettent d'identifier l'officier ministériel responsable et de vérifier sa qualité auprès de la Chambre des notaires compétente.
Identification non équivoque de l'acquéreur. L'attestation doit mentionner nom, prénoms, date et lieu de naissance, adresse domicile de l'acquéreur (ou des co-acquéreurs en cas d'acquisition indivise ou en SCI). Pour les personnes morales (SAS, SARL, SCI), le numéro SIREN et l'identité du représentant légal sont indiqués. Cette identification est conforme aux exigences de connaissance client (KYC) imposées par le Code monétaire et financier art. L561-5.
Montant certifié et origine des fonds. L'élément central de l'attestation est le montant des fonds disponibles, exprimé en euros avec les centimes, accompagné de l'indication de leur origine (épargne personnelle, cession immobilière, donation, succession, assurance-vie, épargne salariale). L'origine doit correspondre aux justificatifs effectivement examinés par le notaire ; aucune déclaration de fonds d'origine « non identifiée » n'est acceptable.
Justificatifs produits à l'étude. L'attestation liste les pièces examinées par le notaire (relevés de compte des 3 derniers mois, attestation de solde, actes notariés de donation ou succession, attestation assureur, bordereau de déblocage PEE/PER). Cette liste protège le notaire en cas de contestation ultérieure et informe le vendeur du niveau de vérification effectué.
Référence à l'opération immobilière. L'attestation désigne précisément le bien immobilier concerné (adresse cadastrale ou lotissement), le prix de vente stipulé au compromis, la date de signature du compromis, et l'identité du notaire instrumentaire du vendeur (en cas de double nomination). Cette référence établit le lien direct entre l'attestation et la transaction spécifique, empêchant un usage détourné pour une autre opération.
Durée de validité et date d'émission. La date d'établissement de l'attestation et sa durée de validité (30, 60 ou 90 jours) doivent figurer explicitement. Passé ce délai, l'attestation doit être réactualisée, car la disponibilité des fonds peut avoir changé.
Signature et sceau de l'office notarial. L'attestation est signée de la main du notaire et revêtue du cachet officiel de l'office. Pour les actes d'une certaine importance (transaction > 150 000 €), certains offices utilisent également la signature électronique qualifiée (SEQ) conforme au règlement eIDAS (Règlement (UE) n°910/2014) et au référentiel Notariat Digital du CSN.
Mention de conformité AML. Une clause rappelant que l'attestation a été établie dans le respect des obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux (LCB-FT) est de bonne pratique et constitue une protection pour le notaire. Elle mentionne généralement la Loi n°90-614 du 12 juillet 1990 modifiée, le Code monétaire et financier art. L561-1 et suivants, et le rôle de TRACFIN comme organisme de déclaration.
Non-engagement sur la vente définitive. L'attestation doit comporter une clause précisant qu'elle ne constitue pas un engagement de conclusion de la vente (Code civil art. 1589 — promesse synallagmatique valant vente) ni une renonciation à toute condition suspensive résiduelle, notamment la condition SRU (CCH art. L271-1, délai de rétractation de 10 jours de l'acquéreur non-professionnel).
Sur forms-legal.com, le modèle d'attestation notariale de fonds disponibles intègre l'ensemble de ces éléments dans un formulaire guidé permettant au notaire ou à son clerc de générer rapidement un document conforme aux standards du notariat français, avec les références légales exactes (Code civil art. 1583, décret n°55-22 du 4 janvier 1955, ordonnance n°45-2590 du 2 novembre 1945).
Comment remplir votre Attestation Notaire de Fonds Disponibles (Compromis)
La rédaction d'une attestation notariale de fonds disponibles suit un processus structuré impliquant principalement le notaire de l'acquéreur, bien que le modèle forms-legal.com permette une première structuration des informations avant la finalisation officielle.
Étape 1 — Collecte des justificatifs par l'acquéreur. Avant de contacter son notaire, l'acquéreur rassemble l'ensemble des pièces qui documentent la disponibilité et l'origine de ses fonds : relevés de compte bancaire des 3 derniers mois pour tous les comptes concernés (compte courant, livret A, LDDS, PEL, CEL), attestation de solde récente de la banque, et selon l'origine des fonds — acte notarié de donation, déclaration de succession, attestation de rachat ou déblocage d'assurance-vie, bordereau de déblocage PEE/PERCO/PER, ou acte authentique de vente du bien immobilier antérieur.
Étape 2 — Rendez-vous de vérification à l'étude notariale. L'acquéreur remet les originaux (ou copies certifiées conformes) à l'étude notariale. Le notaire ou son clerc procède à une vérification KYC approfondie conformément au Code monétaire et financier art. L561-5 : vérification d'identité (CNI, passeport), vérification de domicile (quittance de loyer, facture EDF/GDF de moins de 3 mois), et examen de cohérence entre le montant attesté et les justificatifs produits.
Étape 3 — Remplissage du formulaire. Dans le champ « Notaire attestant », saisir le nom complet du notaire (Maître + prénom + nom), le nom de l'office, l'adresse exacte et le numéro CRFN ou CRPCEN. Dans « Acquéreur », saisir le nom complet (noms et prénoms) et l'adresse de domicile. Dans « Fonds disponibles », entrer le montant total certifié en euros (deux décimales obligatoires), sélectionner l'origine principale dans la liste déroulante, et cocher les justificatifs effectivement examinés à l'étude. Dans « Acquisition », entrer l'adresse du bien, le prix du compromis en euros, la date de signature du compromis, le notaire du vendeur si différent, et la part éventuelle de financement bancaire en euros (0,00 pour une acquisition comptant).
Étape 4 — Durée de validité et date. Choisir la durée de validité (30, 60 ou 90 jours) en accord avec la date prévisionnelle de signature de l'acte authentique, en laissant une marge suffisante. Saisir le lieu et la date d'établissement de l'attestation.
Étape 5 — Finalisation officielle. Le document généré sert de base de travail. La version définitive est rédigée sur papier à en-tête de l'office notarial, signée par le notaire et revêtue du cachet officiel. Pour les actes nécessitant une signature électronique qualifiée (SEQ), l'office utilise le système Notariat Digital du CSN.
Étape 6 — Remise et archivage. L'attestation originale est remise au vendeur ou à son notaire. Un double est conservé au minutier de l'étude conformément à l'article 66-3-3 de la Loi n°71-1130 du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques (durée de conservation : 75 ans pour les actes immobiliers).
Exigences juridiques pour Attestation Notaire de Fonds Disponibles (Compromis)
Plusieurs textes de droit français et européen encadrent l'établissement d'une attestation notariale de fonds disponibles.
Statut du notaire (ordonnance n°45-2590 du 2 novembre 1945). Le notaire est un officier ministériel nommé par le Ministre de la Justice (Garde des Sceaux). Ses actes authentiques font foi jusqu'à inscription de faux (Code civil art. 1369). Sa responsabilité civile (obligation de conseil, art. 1240 et suivants du Code civil) et disciplinaire (Chambre des notaires, Cour d'appel) sont engagées en cas d'attestation fautive ou frauduleuse.
Code civil art. 1583 et décret n°55-22 du 4 janvier 1955. Le Code civil art. 1583 dispose que la vente est parfaite entre les parties dès accord sur la chose et le prix, même si la chose n'a pas encore été livrée ni le prix payé. Le décret n°55-22 du 4 janvier 1955 relatif à la réforme de la publicité foncière encadre le rôle du notaire dans les transmissions immobilières et fonde la légitimité de ses actes d'attestation. Ensemble, ces textes placent l'attestation notariale au cœur du dispositif contractuel immobilier français.
Obligations AML/LCB-FT. La Loi n°90-614 du 12 juillet 1990 modifiée, le Code monétaire et financier art. L561-1 et suivants, et l'ordonnance n°2020-115 du 12 février 2020 (transposant la 6e directive AML 2018/843/UE) imposent au notaire une obligation de vigilance renforcée sur l'origine des fonds de ses clients, une obligation de déclaration à TRACFIN en cas de soupçon (Code monétaire et financier art. L561-15 et L561-16), et l'interdiction de divulguer à son client l'existence d'une déclaration de soupçon (art. L561-19 — devoir de confidentialité).
Condition suspensive SRU (CCH art. L271-1). Même en présence d'une attestation de fonds suffisante, l'acquéreur non-professionnel d'un bien immobilier à usage d'habitation bénéficie du délai de rétractation de 10 jours calendaires prévu à l'article L271-1 du Code de la construction et de l'habitation (Loi SRU n°2000-1208 du 13 décembre 2000). L'attestation de fonds ne supprime pas ce droit légal d'ordre public.
Erreurs courantes à éviter dans votre Attestation Notaire de Fonds Disponibles (Compromis)
Plusieurs erreurs récurrentes fragilisent les attestations notariales de fonds disponibles en France et peuvent conduire à leur rejet par le vendeur ou créer des complications juridiques.
Première erreur : attestation établie sans examen réel des justificatifs. Certains clercs expédiés établissent une attestation sur la seule foi d'une déclaration verbale de l'acquéreur, sans vérifier les originaux des relevés bancaires ou actes notariés. En cas de litige ultérieur, le notaire se trouve exposé à une action en responsabilité civile professionnelle et à des poursuites disciplinaires devant la Chambre des notaires. L'examen documentaire doit être réel et traçable.
Deuxième erreur : montant certifié inférieur au besoin réel. L'attestation doit couvrir la totalité de la part des fonds propres nécessaire à l'acquisition (prix d'acquisition + frais notariaux 7-8 % du prix, débours, émoluments) sauf mention contraire. Certains acquéreurs obtiennent une attestation sur le seul prix du compromis, oubliant les frais annexes. Le vendeur ou son notaire peut rejeter une attestation manifestement insuffisante.
Troisième erreur : durée de validité trop courte ou déjà expirée. Une attestation de 30 jours établie le jour du compromis sera expirée bien avant la signature de l'acte authentique si le délai normal de 2 à 3 mois entre compromis et acte s'applique. L'acquéreur devra alors faire établir une nouvelle attestation, engageant à nouveau des frais d'étude et un délai de vérification.
Quatrième erreur : usage de relevés trop anciens comme justificatifs. Des relevés de compte datant de plus de 3 mois ne justifient pas la disponibilité actuelle des fonds ; un placement, une dépense imprévue ou un virement peut avoir modifié la situation entre-temps. Les notaires exigent généralement des pièces de moins de 30 à 45 jours pour les attestations à enjeu élevé.
Cinquième erreur : ne pas mentionner explicitement la part de financement bancaire. Si l'acquisition est partiellement financée par crédit, l'attestation doit clairement indiquer la part des fonds propres certifiés et la part restant à financer par prêt immobilier, pour éviter toute confusion sur la portée de la garantie de disponibilité. L'absence de cette précision peut induire le vendeur en erreur sur la solidité réelle de l'opération.
Sources et Citations
Les citations légales renvoient aux sources officielles du gouvernement. Vérifié par l'équipe éditoriale Forms Legal.
Questions Fréquentes
L'attestation notariale de fonds disponibles est un acte établi par un notaire — officier ministériel nommé par arrêté du Ministre de la Justice (Garde des Sceaux) selon l'ordonnance n°45-2590 du 2 novembre 1945 — certifiant que l'acquéreur dispose effectivement, à la date de l'attestation, des fonds propres nécessaires pour financer tout ou partie du prix de vente stipulé dans le compromis. Elle est distincte de l'attestation de prêt bancaire (condition suspensive de l'article L313-41 du Code de la consommation, Loi Scrivener) : elle porte uniquement sur les liquidités existantes, non sur un financement à venir. Le vendeur l'exige pour s'assurer que l'acquéreur ne se rétracte pas tardivement pour insuffisance de fonds propres, réduisant ainsi le risque de caducité du compromis. Conformément au Code civil art. 1583, la vente est parfaite entre les parties dès accord sur la chose et le prix ; l'attestation de fonds renforce cette solidité contractuelle en établissant une preuve de solvabilité immédiate.
Le notaire est tenu, en vertu de ses obligations légales de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (Loi n°90-614 du 12 juillet 1990 modifiée, Code monétaire et financier art. L561-1 et suivants, 6e directive AML transposée par ordonnance n°2020-115 du 12 février 2020), de vérifier l'origine des fonds avant d'émettre son attestation. En pratique, l'acquéreur fournit : les relevés de compte bancaire des 3 derniers mois ; une attestation de solde bancaire récente ; en cas de produit de cession immobilière antérieure, l'acte authentique de vente ; en cas de donation, l'acte notarié de donation ; en cas de succession, l'attestation de propriété ou la déclaration de succession ; en cas de déblocage d'assurance-vie (CGI art. 990-I), l'attestation de l'assureur précisant la valeur de rachat ou le montant débloqué ; en cas de participation/intéressement ou PEE, le bordereau de déblocage du Plan d'Épargne Entreprise ou du Plan d'Épargne Retraite (PER). Le notaire qui constate une incohérence ou une impossibilité de justification est tenu de refuser l'attestation et de déclarer à TRACFIN (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins).
La durée de validité d'une attestation notariale de fonds disponibles n'est pas fixée par la loi ; elle relève de l'appréciation du notaire en fonction de la stabilité supposée du patrimoine de l'acquéreur. En pratique, les offices notariaux émettent des attestations valables 30, 60 ou 90 jours. Au-delà de cette période, la situation patrimoniale de l'acquéreur peut avoir évolué (dépenses importantes, placements, variation de marchés financiers), ce qui impose une nouvelle vérification. Si l'attestation expire avant la signature de l'acte authentique de vente, le notaire instrumentaire devra demander une attestation actualisée et procéder à une nouvelle vérification des justificatifs. Cette situation se rencontre fréquemment lorsque le délai entre le compromis et l'acte authentique s'allonge (obtention de permis, levée de conditions suspensives, délai Loi SRU de 10 jours prévu à l'article L271-1 du Code de la construction et de l'habitation). Une attestation expirée ne permet pas de démontrer la réalité des fonds au jour de l'acte de vente.
Non. Ces deux documents ont des fonctions et des régimes juridiques entièrement distincts. L'attestation notariale de fonds disponibles certifie l'existence de liquidités propres à la date de son émission ; elle ne constitue pas un engagement bancaire. La condition suspensive de prêt, régie par la Loi Scrivener (Loi n°79-596 du 13 juillet 1979) codifiée aux articles L313-25 et L313-41 du Code de la consommation, protège spécifiquement l'acquéreur emprunteur : si l'obtention du crédit immobilier est stipulée dans le compromis et que le prêt est refusé dans les délais (minimum 30 jours, généralement 45 à 60 jours en pratique), l'acquéreur peut se retirer sans pénalité et récupérer son dépôt de garantie. Une acquisition entièrement financée sur fonds propres ne nécessite pas de condition suspensive de prêt ; dans ce cas, seule l'attestation notariale de fonds peut être exigée. En cas de financement mixte (fonds propres + crédit), les deux documents coexistent : l'attestation couvre la part des fonds propres, la condition suspensive Scrivener couvre la part bancaire.
Oui, et ce refus peut intervenir pour plusieurs motifs légaux. En tant qu'officier ministériel soumis aux règles de déontologie du Conseil Supérieur du Notariat (CSN) et aux obligations AML, le notaire peut refuser l'attestation si l'origine des fonds n'est pas clairement établie malgré un solde bancaire suffisant (suspicion de blanchiment, virements de provenance non justifiée, décomposition du patrimoine incompréhensible). Il peut également la refuser si les pièces justificatives sont insuffisantes, non originales ou ne correspondent pas aux standards requis. En cas de suspicion sérieuse, le notaire est obligatoirement tenu de déposer une déclaration de soupçon auprès de TRACFIN (Code monétaire et financier art. L561-15 et L561-16) et peut ne pas en informer l'acquéreur. Le refus d'attestation n'est pas en lui-même une sanction mais une mesure de précaution. L'acquéreur peut solliciter un autre notaire, qui effectuera sa propre diligence ; en revanche, si les suspicions sont fondées, la transaction elle-même risque d'être bloquée par une mesure conservatoire de TRACFIN (gel provisoire des fonds).
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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