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Pacte de Préférence Immobilier

Maintenu par Vladislav Sergienko, Fondateur·Modèle modifié pour la dernière fois: ·Signaler une erreur

Qu'est-ce qu'un Pacte de Préférence Immobilier ?

Le Pacte de Préférence Immobilier est, en droit français, un pacte de préférence immobilier accordant à un bénéficiaire un droit de priorité sur la vente d'un bien. Il est régi par Code civil art. 1123 (réforme par ord. n°2016-131 du 10 février 2016).

Le Pacte de Préférence Immobilier en France se distingue fondamentalement d'autres mécanismes proches. Contrairement à la promesse unilatérale de vente (Code civil art. 1124), le pacte de préférence n'oblige pas le promettant à vendre : il s'engage seulement à préférer le bénéficiaire s'il décide un jour de vendre. Le promettant reste libre de ne jamais vendre. Contrairement à la promesse synallagmatique de vente (Code civil art. 1589, valant vente), le pacte de préférence ne crée pas d'engagement d'acheter à la charge du bénéficiaire. Contrairement au droit de préemption légal (droit de préemption urbain du Code de l'urbanisme art. L210-1, droit de préemption commercial Loi Pinel, droit de préemption du locataire Loi du 6 juillet 1989), le pacte de préférence est un droit contractuel librement negocié et ne bénéficie pas des mêmes protections procédurales.

La réforme du Code civil par l'ordonnance n°2016-131 du 10 février 2016 à considérablement renforce les droits du bénéficiaire en cas de violation du pacte. L'article 1123 alinéà 2 dispose désormais expressément que lorsque le promettant, en violation du pacte de préférence, conclut un contrat avec un tiers, le bénéficiaire peut agir en nullité de la vente ET se substituer au tiers acquéreur si ce tiers avait connaissance de l'existence du pacte ET de l'intention du bénéficiaire de s'en prévaloir. L'article 1123 alinéà 3 introduit l'action interrogatoire : le tiers potentiel acquéreur peut interroger le bénéficiaire en lui impartissant un délai raisonnable pour se prononcer.

Le pacte de préférence immobilier est fréquemment utilise en France dans les situations suivantes : transmission familiale progressive (parents souhaitant que leur enfant puisse acquérir le bien avant tout étranger), sortie d'indivision organisée (co-indivisaires se garantissant mutuellement un droit de rachat avant toute cession à un tiers), opérations de portage immobilier (investisseur cédant un bien à un porteur avec droit de rachat prioritaire), relations entre associés d'une SCI patrimoniale (cessions de parts avec droit de préférence des autres associés), joint-ventures immobiliers (droit de rachat de l'associé dominant). Le pacte peut être à titre onéreux (contrepartie versée par le bénéficiaire) ou à titre gratuit (consentement du promettant sans contrepartie immédiate). Son enregistrement auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE) dans les 10 jours (CGI art. 1589-À) et, pour les pactes de longue durée, sa publication au Service de la Publicité Foncière (SPF) sous forme d'acte notarie, sont recommandés pour l'opposabilité aux tiers.

Quand avez-vous besoin d'un Pacte de Préférence Immobilier ?

Le Pacte de Préférence Immobilier en France est nécessaire dans plusieurs situations ou une personne à un intérêt fort à acquérir un bien en priorité mais ne souhaite pas ou ne peut pas conclure immédiatement une vente définitives.

Transmission familiale progressive — parents et enfants : les parents propriétaires d'un bien immobilier (résidence secondaire familiale, immeuble de rapport familial, villa de famille) qui souhaitent que leurs enfants puissent acquérir le bien par priorité avant toute vente à des tiers signent un pacte de préférence en faveur de leurs enfants. Ce mécanisme protège la patrimoine familial et permet aux enfants de se constituer un apport ou d'obtenir un financement pendant la durée du pacte, avant que les parents ne decidant de vendre. Il est complémentaire du testament (Code civil art. 969) qui organise la transmission au décès, mais ne s'y substitue pas.

Sortie d'indivision organisée entre co-héritiers : des co-héritiers propriétaires d'un bien en indivision successorale (Code civil art. 815 et suivants) peuvent signer réciproquement des pactes de préférence pour garantir que si l'un d'eux souhaite vendre sa quote-part, les autres auront la priorité pour l'acquérir avant tout tiers. Ce mécanisme contractuel complémentaire le droit de préemption légal des coindivisaires (Code civil art. 815-14) en améliore les conditions (délais plus longs, prix convenu d'avancé).

Opérations de portage immobilier avec droit de rachat : dans une opération de portage immobilier, le vendeur cédé temporairement son bien à un investisseur porteur (pour obtenir des liquidités) tout en se réservant contractuellement le droit de racheter le bien par priorité dans un délai convenu et à un prix détermine. Le pacte de préférence est le mécanisme contractuel adapte à ce droit de rachat, à côté de la vente à remere (Code civil art. 1659) qui est plus formelle.

Copropriété de SCI familiale ou entre associés : les associés d'une SCI patrimoniale (Société civile immobilière) gérant un patrimoine immobilier familial stipulent dans les statuts ou dans un acte séparé des pactes de préférence pour organiser la cession de parts sociales, en garantissant que les parts d'un associé sortant seront proposées par priorité aux associés restants avant tout tiers. Ce mécanisme évite l'entrée d'un associé non desire et préserve la cohérence patrimoniale de la SCI.

Relations entre voisins — droit de preaemption amiable : des voisins dont les propriétés sont adjacentes peuvent signer un pacte de préférence pour garantir que si l'un d'eux vend son bien, l'autre pourra l'acquérir par priorité. Ce droit de préférence amiable, distinct du droit de préemption légal, est fréquemment utilise dans les zones agricoles, entre agriculteurs ou entre propriétaires de terrains contigus souhaitant agrandir leur exploitation ou leur propriété.

Investissement immobilier en co-investissement : deux investisseurs qui achètent ensemble un immeuble de rapport (via une indivision ou une SCI) stipulent un pacte de préférence pour garantir que si l'un des co-investisseurs souhaite céder sa part, l'autre pourra l'acquérir par priorité. Ce mécanisme préserve l'intégrité de l'investissement et évite l'entrée d'un tiers inconnu dans la co-propriété. Voir également le Mandat de Vente Immobilier et l'Attestation Notaire de Fonds disponibles sur forms-legal.com.

Que faut-il inclure dans votre Pacte de Préférence Immobilier ?

Le Pacte de Préférence Immobilier en France doit intégrer plusieurs éléments essentiels pour être validé, opposable et efficace conformément au Code civil art. 1123 (réforme 2016). Le modèle disponible sur forms-legal.com couvre l'intégralité de ces éléments.

Identification précise des parties (promettant et bénéficiaire) : pour le promettant propriétaire (personne physique), indiquer nom, prénom, adresse, numéro fiscal DGFiP à 13 chiffrés, et coordonnées. Pour le bénéficiaire, indiquer les mêmes éléments d'identification. Si le promettant est une personne morale (SCI, SARL, succession indivise), indiquer dénomination sociale, forme juridique, siège social, SIREN INSEE, et identité du représentant légal habilité. La qualité de propriétaire du promettant doit être vérifiable (consultation du Service de la Publicité Foncière SPF, ou de l'acte authentique de propriété).

Description précise du bien immobilier : adresse complète avec mention de l'étage et du numéro de lot pour les copropriétés, référence cadastrale (commune, section, numéro de parcelle) consultable sur cadastre.gouv.fr de la Direction générale des Financés publiques (DGFiP), type de bien (appartement, maison, terrain, immeuble), surface approximative. La description doit être suffisamment précise pour identifier le bien de manière univoque sans ambiguïté. La référence cadastrale est indispensable pour une éventuelle publication au Service de la Publicité Foncière (SPF).

Durée du pacte précisément mentionnée : la durée doit être expressément mentionnée (1, 2, 3 ou 5 ans). Une durée excessive peut être contestée comme portant atteinte au droit de propriété du promettant (Code civil art. 544). La date de prise d'effet doit être précise. Pour les durées supérieures à 3 ans, la publication au SPF sous forme d'acte notarie est fortement recommandée pour l'opposabilité aux tiers.

Délai d'exercice de la préférence précisément stipule : le délai imparti au bénéficiaire pour exercer sa préférence après notification par le promettant (généralement 15 à 60 jours calendaires) doit être expressément stipule. Un délai trop court contrevient à l'obligation de bonne foi (Code civil art. 1104); un délai trop long immobilise excessivement la liberté du promettant. La notification par le promettant doit décrire toutes les conditions de l'opération envisagée (prix, modalités de paiement, identité du tiers, conditions suspensives).

Contrepartie versée par le bénéficiaire : la contrepartie (somme versée par le bénéficiaire au promettant pour la concession du droit de préférence) est optionnelle mais fréquente. Elle doit être expressément mentionnée avec son montant en euros format français (espace insécable, virgule décimale). Elle est definitivamente acquise au promettant en toute hypothèse, même si le bénéficiaire renonce finalement à exercer sa préférence. L'enregistrement auprès du SIE dans les 10 jours (CGI art. 1589-À) est recommandé pour conférer une date certaine.

Mécanismes de sanction en cas de violation (art. 1123 CC) : le pacte doit rappeler les sanctions prévues par le Code civil art. 1123 (réforme 2016) : droit de substitution du bénéficiaire au tiers acquéreur si ce tiers avait connaissance du pacte ET de l'intention du bénéficiaire de s'en prévaloir; dommages-intérêts en cas de tiers de bonne foi; action interrogatoire permettant au tiers de sécuriser son acquisition. Voir également le Mandat de Vente Immobilier et l'Attestation Notaire de Fonds disponibles sur forms-legal.com.

Comment remplir votre Pacte de Préférence Immobilier

Remplir correctement un Pacte de Préférence Immobilier en France nécessite de bien définir les conditions d'exercice de la préférence et les mécanismes de protection. Voici la marché à suivre détaillée.

Étape 1 — Identification et vérification de la qualité de propriétaire : renseigner les coordonnées complètes du promettant (nom, adresse, numéro fiscal DGFiP) et du bénéficiaire. Vérifier la qualité de propriétaire du promettant en consultant le Service de la Publicité Foncière (SPF) ou en produisant l'acte authentique de propriété. Si le bien est en indivision ou en SCI, tous les co-propriétaires ou tous les associés doivent signer le pacte.

Étape 2 — Description précise du bien : indiquer l'adressé complète, la référence cadastrale (consultable sur cadastre.gouv.fr), le type de bien, et la surface approximative. Pour les copropriétés, indiquer le numéro de lot et le pourcentage de tantièmes. La description précise évite toute contestation ultérieure sur l'étendue du pacte.

Étape 3 — Durée et date de prise d'effet : choisir une durée raisonnable (1 à 5 ans selon les objectifs) et inscrire la date de prise d'effet. Pour les durées de 3 ans et plus, anticiper la publication au Service de la Publicité Foncière (SPF) sous forme d'acte notarie pour l'opposabilité aux tiers.

Étape 4 — Délai d'exercice de la préférence : fixer le délai imparti au bénéficiaire pour se prononcer après notification par le promettant (15 à 60 jours calendaires selon les objectifs). Stipuler expressément que la notification doit décrire toutes les conditions de l'opération envisagée (prix, modalités, identité du tiers, conditions suspensives) pour permettre au bénéficiaire de prendre une décision éclairée.

Étape 5 — Contrepartie et enregistrement : indiquer la contrepartie en euros (ou 0 si gratuit) et convenir de l'enregistrement auprès du SIE dans les 10 jours (CGI art. 1589-À, droit fixe 125 €) pour la date certaine.

Étape 6 — Signature en deux exemplaires : signer en deux exemplaires originaux avec mention manuscrite "Lu et approuve - Bon pour pacte de préférence" et paraphe de chaque page recommande. Chaque partie conserve un original. L'enregistrement SIE et la publication SPF éventuelle sont effectués après la signature.

Erreurs courantes à éviter dans votre Pacte de Préférence Immobilier

Plusieurs erreurs peuvent compromettre la validité ou l'efficacité d'un Pacte de Préférence Immobilier en France, avec des conséquences pouvant aller de la perte du droit de préférence à des litiges devant le Tribunal judiciaire.

Erreur 1 — Oublier de stipuler le délai d'exercice de la préférence : sans délai stipule, la jurisprudence impose un délai raisonnable pour se prononcer, mais ce délai est apprécie souverainement par les jugés et peut être très court. Solution : stipuler expressément un délai raisonnable (15 à 60 jours) dans le pacte.

Erreur 2 — Négliger la publication SPF pour les pactes de longue durée : un pacte non publié au SPF n'est pas automatiquement opposable aux tiers acquéreurs de bonne foi, qui peuvent acquérir valablement le bien sans connaître l'existence du pacte. Solution : pour les pactes de 3 ans et plus portant sur des biens de valeur, recourir à un notaire pour la rédaction et la publication.

Erreur 3 — Fixer une contrepartie sans la qualifier fiscalement : la contrepartie versée par le bénéficiaire peut être soumise à des droits d'enregistrement variés selon sa qualification fiscale (indemnité d'immobilisation, cession de droit immobilier). Solution : consulter un notaire ou l'administration fiscale (DGFiP) pour la qualification correcte avant la signature.

Erreur 4 — Confondre pacte de préférence et promesse unilatérale de vente : la promesse unilatérale de vente (Code civil art. 1124) oblige le promettant à vendre si le bénéficiaire lève l'option; le pacte de préférence n'oblige à vendre que si et quand le promettant décide de vendre. La confusion peut créer des litiges sur l'étendue des obligations. Solution : qualifier expressément le document comme "pacte de préférence" et non comme "promesse de vente".

Erreur 5 — Négliger la preuve de la connaissance par le tiers acquéreur : pour exercer le droit de substitution (art. 1123 alinéà 2 CC), le bénéficiaire doit prouver que le tiers avait connaissance du pacte ET de son intention de s'en prévaloir. Sans éléments de preuve (emails, courriers, annonces de vente informant de l'existence du pacte), cette preuve est difficile. Solution : informer systématiquement et par écrit tout candidat acquéreur de l'existence du pacte de préférence. Voir également le Mandat de Vente Immobilier et l'Attestation Notaire de Fonds disponibles sur forms-legal.com.

Sources et Citations

Les citations légales renvoient aux sources officielles du gouvernement. Vérifié par l'équipe éditoriale Forms Legal.

  1. art. 1123 CC

Questions Fréquentes

Modèle référencé aux textes légaux — Modèle modifié pour la dernière fois en juin 2026

Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète

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