Lettre de Congé du Bailleur (Vente/Reprise/Motif)
Qu'est-ce qu'un Lettre de Congé du Bailleur (Vente/Reprise/Motif) ?
La Lettre de Congé du Bailleur (Vente/Reprise/Motif) est, en droit français, une lettre de congé du bailleur pour mettre fin au bail d'habitation. Il est régi par Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 art. 15. Il fixe le loyer, le dépôt, la durée, les obligations d'entretien et les délais de préavis entre bailleur et locataire.
La Lettre de Congé du Bailleur en France s'inscrit dans un dispositif légal fortement protecteur du locataire considéré comme la partie faible dans la relation locative. Le bailleur est dans une position radicalement différente de celle du locataire : tandis que le locataire peut résilier le bail à tout moment avec un préavis de 3 mois (article 15-I de la loi du 6 juillet 1989), le bailleur ne peut donner congé qu'à l'échéance du bail et pour des motifs précisément définis. Un congé délivré en cours de bail, avant l'échéance, est nul et sans effet. Un congé délivré à l'échéance mais pour un motif non prévu par la loi est également nul.
Le congé pour vendre impose au bailleur de proposer en priorité le logement au locataire en place, conformément au droit de préemption légal du locataire prévu à l'article 15-II de la loi du 6 juillet 1989. La lettre de congé vaut offre de vente au prix et aux conditions qu'elle mentionne. Le locataire dispose d'un délai de 2 mois à compter de la réception du congé pour accepter l'offre (4 mois si sollicitation d'un prêt immobilier). Si le bailleur finalement vend à un prix inférieur ou à des conditions différentes de celles notifiées, il doit notifier la nouvelle offre au locataire avant de signer l'acte de vente avec un tiers.
Le congé pour reprise impose de mentionner précisément le bénéficiaire de la reprise (bailleur lui-même, conjoint, partenaire de PACS depuis au moins 1 an, concubin notoire depuis plus d'1 an, ascendants ou descendants du bailleur ou de son conjoint/partenaire/concubin), et la raison justifiant la reprise pour l'habitation à titre de résidence principale. Après la reprise, le bénéficiaire doit effectivement occuper le logement comme résidence principale dans un délai de 6 mois et pendant au moins 2 ans : le non-respect de ces conditions expose le bailleur à une condamnation à des dommages et intérêts devant le Tribunal judiciaire.
Les litiges relatifs à la Lettre de Congé du Bailleur relèvent de la compétence exclusive du Tribunal judiciaire (TJ) du lieu de situation de l'immeuble. Le locataire qui conteste la validité d'un congé doit saisir le TJ en référé (urgence) ou au fond. Pour des documents complémentaires à la gestion de fin de bail, consultez le Bail d'Habitation Non-Meublé et l'Avenant au Bail d'Habitation disponibles sur forms-legal.com.
Quand avez-vous besoin d'un Lettre de Congé du Bailleur (Vente/Reprise/Motif) ?
Une Lettre de Congé du Bailleur en France est nécessaire dans toutes les situations où le propriétaire souhaite récupérer son bien à l'échéance du bail pour l'un des trois motifs légaux autorisés par l'article 15 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
Vente du logement libre d'occupation : le bailleur qui souhaite vendre son bien immobilier sans locataire (bien libre de toute occupation, permettant à l'acquéreur de l'habiter immédiatement ou de le louer à nouveau à ses conditions) doit adresser au locataire une lettre de congé pour vente, qui vaut à la fois mise en demeure de quitter les lieux à l'échéance du bail et offre de vente au profit du locataire (droit de préemption légal). Le congé pour vente est la procédure légale pour récupérer un bien loué en vue de le céder libre.
Reprise pour habiter par le bailleur ou un proche : le propriétaire qui souhaite récupérer son logement pour l'habiter personnellement à titre de résidence principale, pour y loger son conjoint, son partenaire de PACS depuis au moins 1 an, son concubin notoire depuis plus d'1 an, ses ascendants ou descendants (parents, grands-parents, enfants, petits-enfants) ou ceux de son conjoint/partenaire/concubin, doit adresser une lettre de congé pour reprise. La reprise pour un usage secondaire (résidence secondaire) ou pour y installer une activité professionnelle n'est pas un motif de reprise valable.
Résiliation pour motif légitime et sérieux : le bailleur confronté à des manquements graves et répétés du locataire (impayés réitérés non régularisés après mise en demeure par commissaire de justice, troubles de voisinage graves avérés et prouvés par des plaintes de voisins ou des décisions de justice, dégradations importantes du logement constatées lors d'une visite ou d'un état des lieux intermédiaire, utilisation du logement à des fins non résidentielles telles que sous-location illicite de type Airbnb ou exercice d'une activité commerciale non autorisée) peut donner congé pour motif légitime et sérieux. Le motif doit être précis, documenté et juridiquement caractérisé.
Limitations légales à prendre en compte : le bailleur ne peut pas donner congé à un locataire âgé de plus de 65 ans dont les ressources annuelles sont inférieures au plafond légal sans lui proposer simultanément un logement de relogement adapté (article 15-III de la loi du 6 juillet 1989). Le bailleur ne peut pas non plus donner congé pendant la période de trêve hivernale (1er novembre au 31 mars) pour faire exécuter une expulsion, bien que le congé lui-même puisse être notifié à tout moment en respectant le préavis de 6 mois. La vérification de ces contraintes est indispensable avant d'adresser la lettre de congé.
Que faut-il inclure dans votre Lettre de Congé du Bailleur (Vente/Reprise/Motif) ?
La Lettre de Congé du Bailleur conforme à l'article 15 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 doit contenir des mentions obligatoires sous peine de nullité. Le modèle disponible sur forms-legal.com inclut les 7 sections requises pour chacun des trois motifs de congé.
Identification complète du bailleur : nom, prénoms et adresse du bailleur personne physique, ou dénomination, SIREN et siège du bailleur personne morale avec identité du représentant légal habilité. Pour une SCI, indiquer le gérant habilité à signer le congé.
Identification précise du locataire et du logement : nom et prénoms de chacun des cotitulaires du bail (le congé doit être adressé individuellement à chaque cotitulaire), adresse complète du logement loué (numéro, rue, code postal, commune, étage, porte), références du bail principal (date de signature, parties, durée).
Motif précis du congé (mention obligatoire) : le congé doit mentionner explicitement et avec précision l'un des trois motifs légaux. Pour le congé pour vente : prix de vente et conditions (cette mention est obligatoire sous peine de nullité du congé pour vente, conformément à l'article 15-II al. 1 de la loi du 6 juillet 1989) ; description de l'offre de vente au profit du locataire (droit de préemption, délai de 2 mois pour accepter ou 4 mois si financement sollicité). Pour le congé pour reprise : identité complète du bénéficiaire de la reprise, lien de parenté ou de couple avec le bailleur, raison motivant la reprise pour habitation à titre de résidence principale. Pour le congé pour motif légitime et sérieux : description précise et documentée des manquements reprochés (dates, nature des manquements, mises en demeure antérieures).
Date d'échéance du bail et date de fin du préavis : rappel de la date d'échéance du bail principal (date à laquelle le locataire devra avoir libéré les lieux), et confirmation que le préavis de 6 mois est respecté entre la date de réception du congé et l'échéance. Un calcul précis est indispensable pour éviter la nullité pour non-respect du délai de préavis.
Mode de notification : préciser dans le courrier d'accompagnement que la lettre est envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) adressée à chacun des cotitulaires séparément, par acte de commissaire de justice ou par remise en main propre contre récépissé. Conserver impérativement l'accusé de réception ou le récépissé signé comme preuve de la date de réception.
Droit de préemption du locataire (pour le congé pour vente uniquement) : le locataire dispose de 2 mois à compter de la réception du congé pour faire connaître sa décision d'acquérir ou de renoncer. En cas d'acceptation, un délai supplémentaire de 2 mois lui est accordé pour financer l'acquisition (soit 4 mois au total). Toute révision du prix de vente à la baisse doit être notifiée au locataire en priorité avant signature avec un tiers. Voir aussi le Compromis de Vente Immobilier et le Bail d'Habitation Non-Meublé sur forms-legal.com pour les étapes suivantes du processus.
Comment remplir votre Lettre de Congé du Bailleur (Vente/Reprise/Motif)
Remplir une Lettre de Congé du Bailleur en France demande une attention particulière au choix du motif et au calcul du préavis pour éviter la nullité du congé.
Étape 1 — Vérifier l'échéance du bail et le délai de préavis : consultez votre bail d'habitation et identifiez la date exacte d'échéance (3 ans après la prise d'effet pour un bailleur particulier, 6 ans pour une personne morale). Calculez à rebours 6 mois depuis cette date d'échéance : c'est la date limite de réception du congé par le locataire. Pour qu'un congé soit reçu le 30 septembre 2026 (pour un bail expirant le 30 mars 2027), il doit être envoyé par LRAR au plus tard le 24 septembre 2026 (en laissant quelques jours pour la présentation au domicile). Consultez un calendrier ou l'ADIL pour calculer précisément.
Étape 2 — Choisir le motif et rassembler les justificatifs : pour le congé pour vente, fixez le prix et les conditions de vente (avec l'aide d'un agent immobilier ou d'un notaire). Pour le congé pour reprise, précisez l'identité du bénéficiaire (nom, prénoms, lien avec le bailleur, adresse actuelle), le motif justifiant la reprise (habitation à titre de résidence principale), et rassemblez les documents prouvant le lien de parenté (livret de famille, acte de mariage, convention de PACS enregistrée). Pour le congé pour motif légitime, rassemblez les preuves des manquements (relevés de compte, mises en demeure antérieures, PV de police, attestations de voisins, décisions de justice).
Étape 3 — Rédiger la lettre : mentionnez vos coordonnées complètes, celles du locataire, les références du bail (date, logement), le motif précis et les informations légalement requises (prix pour congé vente, identité bénéficiaire pour reprise). Précisez la date d'échéance du bail et rappelez que le locataire doit avoir libéré les lieux à cette date.
Étape 4 — Notification à chacun des cotitulaires : si le logement est loué à plusieurs cotitulaires (couple marié, PACS, colocation), adressez une lettre recommandée distincte à chacun d'eux (même si leur adresse est identique dans le logement loué). Un seul envoi adressé à un seul cotitulaire est inopposable aux autres cotitulaires non notifiés.
Étape 5 — Conserver les preuves de notification : conservez impérativement l'accusé de réception signé par le locataire (ou l'avis de présentation en cas de non-retrait), ou le récépissé de remise en main propre, ou l'acte de commissaire de justice. Ces documents prouvent la date de réception et sont indispensables en cas de litige sur la régularité du préavis. La date de présentation au domicile (pas la date d'envoi) est retenue comme date de réception pour le calcul du préavis.
Étape 6 — Suivi du droit de préemption (congé pour vente) : dès réception du congé, le locataire dispose de 2 mois pour accepter ou refuser l'offre de vente. Consignez la date limite de réponse (2 mois après la réception du congé). Si le locataire accepte, engagez la procédure de vente avec un notaire. Si le locataire refuse ou ne répond pas dans le délai, vous pouvez vendre librement à un tiers, mais si le prix est inférieur à celui mentionné dans le congé, vous devez re-notifier le locataire avec le nouveau prix avant de signer avec le tiers.
Exigences juridiques pour Lettre de Congé du Bailleur (Vente/Reprise/Motif)
La Lettre de Congé du Bailleur en France est soumise à des exigences légales strictes dont le non-respect entraîne la nullité du congé et la reconduction tacite du bail.
Préavis de 6 mois (article 15-I de la loi du 6 juillet 1989) : délai incompressible, calculé à compter du lendemain de la réception effective par le locataire. Le congé notifié hors délai (moins de 6 mois avant l'échéance) est nul et le bail se reconduit tacitement pour 3 ou 6 ans. Le calcul de ce délai s'apprécie à la date de présentation de la LRAR au domicile du locataire (même si ce dernier ne la retire pas).
Motifs limitativement énumérés (article 15-II de la loi du 6 juillet 1989) : seuls les trois motifs prévus par la loi (vente, reprise pour habiter, motif légitime et sérieux) sont valables. Tout autre motif (loyer sous-évalué, souhait de travaux importants, souhait de récupérer le logement pour un usage professionnel) ne peut fonder un congé valable. La charge de la preuve du motif incombe au bailleur.
Mention obligatoire du prix dans le congé pour vente (article 15-II al. 1 de la loi du 6 juillet 1989) : à peine de nullité, la lettre de congé pour vente doit mentionner le prix et les conditions de vente. L'absence de ces mentions rend le congé nul, même si l'intention de vendre est réelle. La révision du prix ne peut être notifiée au tiers acquéreur sans re-notification préalable au locataire.
Identité du bénéficiaire dans le congé pour reprise (article 15-II al. 2 de la loi du 6 juillet 1989) : la lettre doit mentionner expressément l'identité du bénéficiaire de la reprise et son lien de parenté ou de couple avec le bailleur. Un bénéficiaire fictif (prête-nom) expose le bailleur à des poursuites pour congé frauduleux et à des dommages et intérêts.
Protection des locataires âgés et à ressources modestes (article 15-III de la loi du 6 juillet 1989) : le bailleur ne peut donner congé pour vente ou pour reprise à un locataire de plus de 65 ans à revenus modestes sans lui proposer simultanément un logement de relogement adapté. L'absence de proposition de relogement rend le congé nul.
Notification aux cotitulaires (article 9-1 de la loi du 6 juillet 1989) : en cas de colocation, le congé doit être notifié individuellement à chaque cotitulaire du bail. Le congé notifié à un seul cotitulaire est inopposable aux autres.
Mode de notification (article 15-I de la loi du 6 juillet 1989) : seuls trois modes sont valables : LRAR, acte de commissaire de justice, ou remise en main propre contre récépissé ou émargement. Un email, un SMS ou une lettre simple ne constitue pas une notification valable d'un congé bailleur.
Erreurs courantes à éviter dans votre Lettre de Congé du Bailleur (Vente/Reprise/Motif)
Les erreurs fréquentes lors de la rédaction ou de la notification d'une Lettre de Congé du Bailleur en France peuvent entraîner la nullité du congé et la reconduction forcée du bail.
Erreur 1 — Ne pas respecter le délai de préavis de 6 mois : le calcul du délai de préavis est la source principale d'erreur. Le délai se calcule à partir de la date de présentation de la LRAR au domicile du locataire (pas la date d'envoi) et doit atteindre 6 mois complets avant la date d'échéance du bail. Un retard de quelques jours suffit à invalider le congé. La solution consiste à envoyer la LRAR au moins 6 mois et 15 jours avant l'échéance pour absorber les délais postaux.
Erreur 2 — Omettre le prix dans le congé pour vente : le congé pour vente sans mention du prix et des conditions de vente est nul de plein droit selon l'article 15-II de la loi du 6 juillet 1989. La solution consiste à fixer le prix avec un professionnel (agent immobilier, notaire) et à le mentionner expressément dans la lettre de congé.
Erreur 3 — Omettre l'identité du bénéficiaire dans le congé pour reprise : un congé pour reprise sans mention précise de l'identité du bénéficiaire et de son lien avec le bailleur est nul. La solution consiste à mentionner l'identité complète (nom, prénoms, date de naissance) du bénéficiaire et à joindre un justificatif du lien de parenté ou de couple.
Erreur 4 — Envoyer une seule LRAR pour plusieurs cotitulaires : un seul envoi à un couple ou à des colocataires est insuffisant. La solution consiste à envoyer une LRAR distincte à chaque cotitulaire du bail, même si tous vivent à la même adresse.
Erreur 5 — Donner congé en dehors des trois motifs légaux : certains bailleurs donnent congé pour des motifs non prévus par la loi (hausse de loyer souhaitée, travaux importants, mécontentement général). Ces congés sont nuls. La solution consiste à vérifier strictement que le motif invoqué correspond à l'un des trois cas limitativement prévus par l'article 15-II de la loi du 6 juillet 1989.
Erreur 6 — Méconnaître la protection des locataires âgés : donner congé à un locataire de plus de 65 ans à faibles ressources sans proposition simultanée de relogement expose le bailleur à la nullité du congé et à des dommages et intérêts. La solution consiste à vérifier l'âge du locataire et ses ressources avant d'envoyer le congé, et si la protection s'applique, à préparer simultanément une proposition de relogement conforme.
Questions Fréquentes
Le préavis légal pour une Lettre de Congé du Bailleur en France est de 6 mois minimum avant la date d'échéance du bail, conformément à l'article 15-I de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989. Ce délai de 6 mois est calculé à compter du lendemain de la réception effective du congé par le locataire (date de la première présentation de la lettre recommandée avec accusé de réception au domicile du locataire ou date de remise en main propre contre récépissé ou émargement, ou date de signification par commissaire de justice — ex-huissier — selon l'article 1er de la loi n°2022-172 du 14 février 2022 qui a renommé les huissiers de justice en commissaires de justice). Le préavis de 6 mois est d'ordre public et ne peut être réduit par convention entre les parties (article 4 de la loi du 6 juillet 1989 : toute clause prévoyant un préavis inférieur est réputée non écrite). Le congé doit être notifié au plus tard 6 mois avant l'échéance du bail, c'est-à-dire que le bailleur d'un bail de 3 ans débutant le 1er octobre 2023 (échéance au 30 septembre 2026) doit notifier son congé au plus tard le 1er avril 2026 pour une réception effective de la notification le 31 mars 2026 ou avant. Un congé notifié hors délai est nul et le bail se reconduit tacitement pour 3 ans (ou 6 ans pour les bailleurs personnes morales) sans que le bailleur puisse donner congé à nouveau avant la nouvelle échéance.
La Lettre de Congé du Bailleur en France ne peut être fondée que sur l'un des trois motifs limitativement énumérés à l'article 15-II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989. Premièrement, le congé pour vendre le logement libre d'occupation : le bailleur souhaite vendre le bien et son offre de vente vaut préemption au profit du locataire (délai de 2 mois, prorogeable à 4 mois si demande de financement). Le prix et les conditions de vente doivent être mentionnés dans la lettre de congé sous peine de nullité. Deuxièmement, le congé pour reprendre le logement pour l'habiter : le bailleur, son conjoint, son partenaire de PACS depuis au moins 1 an, son concubin notoire depuis au moins 1 an, ses ascendants, ses descendants, ou ceux de son conjoint, partenaire ou concubin, souhaitent habiter le logement à titre de résidence principale. La lettre doit mentionner expressément l'identité du bénéficiaire de la reprise et son lien de parenté avec le bailleur, ainsi que la raison justifiant la reprise. Troisièmement, le congé pour motif légitime et sérieux : manquements graves et répétés du locataire à ses obligations (impayés réitérés de loyer non régularisés, troubles de voisinage répétés et avérés, dégradations importantes). Le motif doit être précis, circonstancié et prouvable. Un motif vague ou insuffisamment caractérisé rend le congé nul. Tout autre motif de congé donné par le bailleur est nul et le bail se reconduit tacitement.
Oui, le locataire peut contester une Lettre de Congé du Bailleur pour vente en France sur plusieurs fondements, conformément à l'article 15-II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989. Premièrement, le locataire peut contester la régularité formelle du congé : délai de préavis de 6 mois insuffisant (congé notifié trop tardivement), défaut de mention du prix et des conditions de vente, défaut de notification par lettre recommandée avec accusé de réception ou acte de commissaire de justice. Un congé irrégulier en la forme est nul de plein droit. Deuxièmement, le locataire peut contester le fondement du congé : si le locataire prend connaissance que le logement n'est pas mis en vente dans les 6 mois du congé, ou est vendu à un prix significativement inférieur au prix mentionné dans le congé sans que le locataire ait été préalablement proposé au bénéfice du droit de préemption à ce nouveau prix, il peut saisir le Tribunal judiciaire pour nullité du congé et maintien dans les lieux. Troisièmement, le locataire âgé de plus de 65 ans dont les ressources annuelles sont inférieures au plafond défini par décret bénéficie d'une protection renforcée : le bailleur ne peut lui donner congé que s'il lui propose en même temps un logement de relogement correspondant à ses besoins et possibilités dans des conditions légales de marché, à Paris, Lyon, Marseille et leurs communes limitrophes (article 15-III de la loi du 6 juillet 1989). Le Tribunal judiciaire est compétent pour statuer sur la validité d'un congé bailleur contesté, avec exécution provisoire de droit en cas de décision favorable au locataire.
Lorsqu'un locataire ne quitte pas le logement à l'expiration du bail après réception d'une Lettre de Congé du Bailleur valide en France, le bailleur doit engager une procédure judiciaire d'expulsion conformément à l'article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989. La procédure se déroule en plusieurs étapes. Premièrement, commandement de quitter les lieux : le bailleur fait signifier par un commissaire de justice un commandement de quitter les lieux. Deuxièmement, saisine du Tribunal judiciaire : si le locataire ne quitte pas les lieux dans le délai de 2 mois suivant le commandement, le bailleur saisit le Tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble d'une demande d'expulsion en référé ou au fond. Troisièmement, jugement d'expulsion : le Tribunal ordonne l'expulsion du locataire et de tout occupant de son chef, avec délai de grâce éventuel selon la situation du locataire (articles L412-1 à L412-6 du Code des procédures civiles d'exécution — CPCE). Quatrièmement, trêve hivernale : l'exécution de l'expulsion est suspendue du 1er novembre au 31 mars de chaque année (loi n°2000-1208 du 13 décembre 2000, article L412-6 du CPCE), sauf si le locataire bénéficie d'un relogement décent ou en cas de voie de fait. Cinquièmement, concours de la force publique : si le locataire résiste malgré le jugement, le bailleur peut solliciter le concours de la force publique auprès du préfet pour faire exécuter l'expulsion. L'État est responsable des préjudices causés par le refus du concours de la force publique.
En France, la Lettre de Congé du Bailleur est soumise à des restrictions renforcées pour les locataires âgés de plus de 65 ans et les locataires à ressources modestes, conformément à l'article 15-III de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989. La protection s'applique lorsque le locataire est âgé de plus de 65 ans à la date d'échéance du bail ET que ses ressources annuelles sont inférieures à un plafond fixé par décret (correspondant aux plafonds HLM majorés d'un coefficient fixé par arrêté du MLHD). Dans ce cas, le bailleur ne peut donner congé pour vendre ou pour reprendre le logement à titre d'habitation que s'il propose au locataire un logement de relogement correspondant à ses besoins et possibilités, dans des conditions de loyer normales, dans le même secteur géographique ou dans un secteur déterminé d'accord entre les parties. Cette protection ne s'applique pas si le bailleur lui-même est âgé de plus de 65 ans ou si ses ressources sont inférieures au même plafond. La protection s'applique également pour les locataires ayant à leur charge une personne de plus de 65 ans vivant habituellement dans le logement. En cas de refus du locataire protégé du logement de relogement proposé, le bailleur peut saisir le Tribunal judiciaire qui appréciera souverainement si le relogement proposé est adapté aux besoins et possibilités du locataire. Le congé non respectueux de ces règles est nul de plein droit, et le bail se reconduit pour 3 ou 6 ans selon la nature du bailleur.
La notification d'une Lettre de Congé du Bailleur en France doit respecter des formalités précises posées par l'article 15-I de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 pour être valide et produire ses effets. Le congé peut être notifié par l'un des trois modes suivants : lettre recommandée avec demande d'avis de réception (LRAR) adressée à chacun des locataires cotitulaires du bail à leur adresse dans le logement loué ; remise en main propre contre récépissé ou émargement signé par le locataire ; acte de commissaire de justice (ex-huissier de justice, depuis la réforme du 1er juillet 2022 par l'ordonnance n°2016-728 et son décret d'application) signifié au locataire. Le délai de préavis de 6 mois court à compter du lendemain de la réception effective de la notification : pour la LRAR, c'est la date de présentation au domicile du locataire (première présentation, même si le locataire ne la retire pas) ; pour la remise en main propre, c'est la date du récépissé ou de l'émargement ; pour l'acte de commissaire de justice, c'est la date de la signification. Si le logement est loué à plusieurs cotitulaires (colocation), le congé doit être notifié individuellement à chacun des cotitulaires, faute de quoi il est inopposable au cotitulaire non notifié. La lettre de congé doit mentionner le motif précis du congé, et dans le cas du congé pour vente, le prix et les conditions de vente. Le défaut de l'un de ces éléments rend le congé nul.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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