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Acte de Cession de Bail Commercial

Maintenu par Vladislav Sergienko, Fondateur·Modèle modifié pour la dernière fois: ·Signaler une erreur

Qu'est-ce qu'un Acte de Cession de Bail Commercial ?

L'acte de cession de bail commercial en France est le contrat par lequel le locataire d'un local commercial (le cédant) transfère ses droits au bail à un tiers (le cessionnaire) moyennant un prix librement convenu. Régi par le Code de commerce aux articles L145-1 à L145-60 et plus spécialement par l'article L145-16, cet acte constitue l'une des opérations les plus complexes du droit des baux commerciaux français, encadrée par des dispositions d'ordre public protégeant à la fois le bailleur et le cessionnaire.

La cession de bail commercial se distingue de la cession du fonds de commerce : elle peut intervenir seule lorsque le cessionnaire reprend uniquement le droit au bail sans les éléments corporels et incorporels du fonds, ou conjointement avec la cession du fonds lorsque le preneur cède l'intégralité de son activité commerciale. Dans ce second cas, l'article L145-16 alinéa 1er du Code de commerce prohibe les clauses du bail interdisant la cession simultanée du bail et du fonds de commerce, rendant nulles de plein droit toutes stipulations contractuelles restrictives inscrites dans le bail d'origine.

Selon les données du Conseil national du notariat, environ 85 000 opérations de cession de bail commercial sont enregistrées chaque année en France, représentant un enjeu économique majeur pour les commerçants et artisans. Le droit au bail constitue souvent l'actif le plus précieux d'une entreprise commerciale, notamment dans les zones à forte densité commerciale (Paris intra-muros, centres-villes des grandes agglomérations) où les valeurs de droit au bail peuvent dépasser plusieurs centaines de milliers d'euros.

La formation de l'acte de cession obéit à des règles procédurales strictes : le bailleur doit impérativement être informé de la cession, non par simple lettre recommandée, mais par signification au sens procédural du terme — c'est-à-dire par acte extrajudiciaire remis par un commissaire de justice (anciennement huissier de justice, dénomination remplacée depuis le 1er juillet 2022 par l'ordonnance n°2016-728). Cette formalité, prévue à l'article 1690 du Code civil applicable par renvoi, conditionne l'opposabilité de la cession au bailleur.

L'acte de cession doit mentionner avec précision les éléments d'identification des parties (cédant, cessionnaire), le bail cédé (désignation du local, date et durée du bail d'origine, activités autorisées), les conditions financières (prix de cession, modalités de paiement) et les stipulations relatives à la garantie solidaire du cédant envers le bailleur.

Quand avez-vous besoin d'un Acte de Cession de Bail Commercial ?

La rédaction d'un acte de cession de bail commercial en France devient indispensable dans plusieurs situations distinctes de la vie des entreprises commerciales. La connaissance de ces cas de recours permet aux preneurs et aux cessionnaires potentiels d'anticiper les démarches et d'éviter les pièges juridiques d'une cession mal encadrée.

Le premier cas est la cession du fonds de commerce avec le droit au bail : lorsqu'un commerçant, artisan ou restaurateur vend son fonds de commerce à un repreneur, le bail commercial constitue un élément essentiel du fonds que le vendeur doit transmettre. L'acte de cession de bail formalisera ce transfert, protégeant le cessionnaire contre toute contestation ultérieure du bailleur sur la qualité de locataire du repreneur.

Le deuxième cas est la cession du seul droit au bail, sans cession du fonds : un commerçant souhaitant cesser son activité dans un local sans céder ses équipements et clientèle peut céder le bail nu à un tiers exerçant une activité compatible. Cette opération, plus rare, requiert souvent l'accord exprès du bailleur si le bail contient une clause de destination de l'activité limitant les activités autorisées.

Le troisième cas est la restructuration d'entreprise : lors d'une fusion, d'une absorption, d'une scission ou d'un apport partiel d'actifs, les baux commerciaux de la société absorbée ou apporteuse doivent être formellement cédés aux entités bénéficiaires. L'article L145-16 alinéa 2 du Code de commerce organise ce transfert dans le cadre des opérations de restructuration sociétaire.

Enfin, la cession dans le cadre d'une procédure collective (redressement judiciaire, liquidation judiciaire) obéit à des règles spécifiques posées par les articles L622-13 et L631-14 du Code de commerce : le mandataire judiciaire ou le liquidateur peut imposer la cession du bail à un repreneur identifié, y compris si le bail contient une clause de non-cession, cette clause étant inopposable dans le cadre du plan de cession judiciaire arrêté par le Tribunal de commerce.

Que faut-il inclure dans votre Acte de Cession de Bail Commercial ?

La validité et l'efficacité d'un acte de cession de bail commercial en France reposent sur plusieurs éléments essentiels que tout praticien doit maîtriser pour sécuriser l'opération.

**Identification précise des parties et du bail cédé.** L'acte doit identifier avec précision le cédant (preneur sortant) et le cessionnaire (preneur entrant) : noms, prénoms ou dénominations sociales, numéros SIREN (9 chiffres, INSEE), adresses des sièges sociaux, représentants légaux. Le bail cédé doit être désigné par sa date de conclusion, la désignation précise des locaux (adresse complète, surface, désignation cadastrale), et la durée restant à courir à la date de la cession.

**Signification de la cession au bailleur par commissaire de justice.** Conformément à l'article 1690 du Code civil (rendu applicable en droit des baux commerciaux par la jurisprudence), la cession n'est opposable au bailleur que si celui-ci en a été informé par acte extrajudiciaire remis par un commissaire de justice. La simple lettre recommandée avec accusé de réception est insuffisante pour rendre la cession opposable au bailleur. L'acte de signification doit contenir les éléments essentiels de la cession : identité du cessionnaire, date d'entrée en jouissance, prix de cession et activité prévue dans les locaux.

**Accord du bailleur et clauses d'agrément.** Si le bail contient une clause d'agrément préalable du bailleur (fréquente dans les baux commerciaux), le bailleur doit donner son accord écrit avant la signature de l'acte de cession. Attention : la clause d'agrément ne peut pas interdire la cession conjointement avec le fonds (art. L145-16 al. 1 prohibe cette restriction), mais peut exiger que le cessionnaire présente les mêmes garanties financières et professionnelles que le cédant.

**Prix de cession du droit au bail.** Le prix du droit au bail est librement négocié entre cédant et cessionnaire. Il est distinct du pas-de-porte versé au bailleur et de l'indemnité d'éviction. La valeur du droit au bail dépend principalement de la différence entre le loyer en cours et le loyer de marché (loyer de remplacement), de la durée restant à courir et de la localisation du bien. L'acte doit préciser le mode de paiement (comptant, échelonné) et les garanties prises par le cédant sur le prix.

**Garantie solidaire du cédant — article L145-16-2.** Depuis la Loi ALUR n°2014-366, l'article L145-16-2 du Code de commerce impose au cédant une garantie solidaire de 3 ans envers le bailleur pour le paiement des loyers, charges et accessoires dus par le cessionnaire. Cette garantie d'ordre public s'applique même en l'absence de stipulation expresse dans l'acte. Le cédant reste donc débiteur solidaire des obligations locatives du cessionnaire pendant 3 ans suivant la date de la cession, ce qui constitue une charge importante à anticiper lors de la négociation du prix.

**Substitution aux droits et obligations du cédant.** Le cessionnaire est substitué de plein droit au cédant dans l'ensemble des droits et obligations découlant du bail d'origine : respect de la destination des lieux, règlement des loyers et charges, réalisation des travaux d'entretien, obligation d'assurance du local. L'acte de cession doit préciser la date d'entrée en jouissance du cessionnaire et les conditions de transfert du dépôt de garantie versé au bailleur par le cédant.

**Activités autorisées et extension de destination.** Si le cessionnaire souhaite exercer une activité différente de celle autorisée par le bail, il devra solliciter une déspécialisation partielle ou totale (art. L145-47 à L145-55 du Code de commerce) auprès du bailleur, procédure distincte et préalable à la cession. Sans déspécialisation accordée, le cessionnaire ne peut exercer que les activités expressément visées dans le bail d'origine.

Pour un acte de cession sécurisé sur forms-legal.com, l'ensemble de ces paramètres sont formalisés dans un document conforme aux exigences du Code de commerce, avec les mentions obligatoires de l'article L145-16 et la clause de garantie solidaire de l'article L145-16-2.

Comment remplir votre Acte de Cession de Bail Commercial

La rédaction d'un acte de cession de bail commercial en France requiert une approche méthodique pour éviter les erreurs qui pourraient rendre la cession inopposable au bailleur ou générer des litiges entre les parties.

**Étape 1 : Rassembler les documents préparatoires.** Avant de rédiger l'acte, le cédant doit réunir : l'original du bail commercial (avec tous les avenants successifs), les quittances de loyer des 3 derniers mois (pour prouver la régularité de sa situation locative), l'extrait Kbis de moins de 3 mois du cédant, l'extrait Kbis du cessionnaire, et la copie du bilan comptable du cédant des 2 derniers exercices (pour l'évaluation du droit au bail).

**Étape 2 : Vérifier les clauses du bail d'origine.** Le praticien doit lire attentivement le bail commercial pour identifier : les clauses de non-cession éventuelles (invalides pour la cession avec fonds, valables pour la cession nue), les clauses d'agrément préalable du bailleur, la destination des lieux autorisée, les conditions d'indexation du loyer (ILC ou ICC), et les obligations spécifiques incombant au preneur.

**Étape 3 : Renseigner les champs de l'acte.** Dans le formulaire forms-legal.com, complétez successivement : les coordonnées du cédant (nom/raison sociale, SIREN, adresse, représentant légal), du cessionnaire (mêmes informations), et du bailleur (pour la signification). Précisez ensuite la désignation complète du bail cédé (adresse du local, date du bail d'origine, date d'expiration normale) et les conditions financières (prix de cession, date d'entrée en jouissance).

**Étape 4 : Choisir les modalités de garantie solidaire.** Par défaut, la garantie solidaire du cédant est fixée à 3 ans par l'article L145-16-2. L'acte peut prévoir une durée inférieure si les parties en conviennent, mais pas supérieure. Le cédant doit avoir pleinement conscience de cette obligation lors de la négociation du prix de cession.

**Étape 5 : Organiser la signification au bailleur.** Une fois l'acte signé par le cédant et le cessionnaire, mandatez un commissaire de justice pour signifier la cession au bailleur par acte extrajudiciaire. Le commissaire de justice se déplace au domicile ou au siège social du bailleur et lui remet l'acte de signification contenant les éléments essentiels de la cession. Conservez l'original de l'acte de signification — il constitue la preuve de l'opposabilité de la cession au bailleur.

**Étape 6 : Transférer le dépôt de garantie.** Le cédant doit obtenir la restitution du dépôt de garantie versé au bailleur lors de la conclusion du bail d'origine. Dans la pratique, deux solutions existent : soit le bailleur restitue le dépôt au cédant et le cessionnaire en verse un nouveau ; soit le montant est déduit ou ajouté au prix de cession entre les parties, et le dépôt reste en place au bénéfice du bailleur.

Erreurs courantes à éviter dans votre Acte de Cession de Bail Commercial

La cession d'un bail commercial en France est une opération juridiquement complexe qui donne lieu à de nombreuses erreurs, parfois lourdes de conséquences pour le cédant ou le cessionnaire.

**Erreur n°1 : Omettre la signification au bailleur par commissaire de justice.** La notification par simple lettre recommandée est insuffisante pour rendre la cession opposable au bailleur. Sans signification par commissaire de justice ou acceptation par acte authentique du bailleur, la cession reste inopposable. Le bailleur pourrait considérer que le cessionnaire est un occupant sans titre et engager une procédure d'expulsion. Cette erreur est fréquente chez les praticiens peu spécialisés en droit commercial.

**Erreur n°2 : Ignorer la garantie solidaire de 3 ans du cédant.** Nombreux sont les cédants qui pensent être totalement libérés de leurs obligations dès la signature de l'acte. L'article L145-16-2 du Code de commerce impose une garantie solidaire de 3 ans. Si le cessionnaire cesse de payer les loyers dans les 3 ans suivant la cession, le bailleur peut se retourner contre le cédant pour obtenir le paiement des sommes dues, y compris les intérêts de retard et les indemnités d'occupation.

**Erreur n°3 : Négliger la vérification de la situation locative du cédant.** Le cessionnaire doit impérativement vérifier, avant de signer l'acte de cession, que le cédant est à jour de ses loyers et charges. En cas d'impayés, le bailleur pourrait invoquer la clause résolutoire du bail (prévue à l'art. L145-41 du Code de commerce) pour résilier le bail avant même que la cession soit effective, privant ainsi le cessionnaire du bénéfice de l'acte signé.

**Erreur n°4 : Confondre le droit au bail et le fonds de commerce.** Certains praticiens rédigent un acte de cession de bail sans identifier clairement si la cession porte sur le seul droit au bail ou sur le fonds de commerce incluant le droit au bail. Cette confusion peut avoir des conséquences fiscales importantes (taux de droits d'enregistrement différents) et juridiques (responsabilité au titre des dettes du fonds).

**Erreur n°5 : Oublier le transfert du dépôt de garantie.** En cas d'omission de toute stipulation sur le dépôt de garantie dans l'acte de cession, le cédant risque de ne jamais récupérer le dépôt versé au bailleur lors de la conclusion du bail initial, ou de subir une double charge si le cessionnaire doit verser un nouveau dépôt. L'acte doit explicitement mentionner les conditions de transfert ou de restitution du dépôt de garantie.

Questions Fréquentes

Modèle référencé aux textes légaux — Modèle modifié pour la dernière fois en juin 2026

Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète

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