Bail Dérogatoire de Courte Durée (23 Mois Max)
Qu'est-ce qu'un Bail Dérogatoire de Courte Durée (23 Mois Max) ?
Le Bail Dérogatoire de Courte Durée (23 Mois Max) est, en droit français, une convention de bail dérogatoire hors statut des baux commerciaux pour un local commercial. Il est régi par Code de commerce art. L145-5 (bail dérogatoire) — Loi Pinel n°2014-626 du 18 juin 2014. Il fixe le loyer, le dépôt, la durée, les obligations d'entretien et les délais de préavis entre bailleur et locataire.
La Loi Pinel n°2014-626 du 18 juin 2014 a profondément réformé le régime du bail dérogatoire en portant la durée maximale de 24 mois à 36 mois cumulés. Avant cette réforme, l'appellation usuelle « bail de 23 mois » correspondait à la pratique consistant à signer un bail de deux mois sous la limite légale pour éviter toute discussion sur le dépassement. Cette appellation reste largement utilisée dans la pratique notariale et immobilière française, même si la règle légale est désormais de 36 mois cumulés. Le bail dérogatoire en France se distingue fondamentalement du bail commercial 3-6-9 de l'article L145-4 dont il exclut toutes les protections d'ordre public.
Le Bail Dérogatoire en France requiert que le preneur soit immatriculé au Registre du commerce et des sociétés (RCS) du greffe du Tribunal de commerce compétent ou au Répertoire des métiers de la Chambre des métiers et de l'artisanat, et qu'il exploite un fonds de commerce ou artisanal dans le local loué. Les professions libérales réglementées (avocats, notaires, médecins, architectes) ne relèvent pas de ce régime et doivent recourir au bail professionnel de 6 ans de l'article 57A de la Loi n°86-1290 du 23 décembre 1986. Les simples associations loi 1901 sans activité commerciale relèvent quant à elles du bail civil des articles 1709 à 1762 du Code civil.
La validité du Bail Dérogatoire en France est conditionnée au respect de deux exigences cumulatives : premièrement, la durée cumulée de tous les baux dérogatoires conclus entre les mêmes parties pour le même local ne doit pas dépasser 36 mois; deuxièmement, le bail doit comporter une clause expresse rappelant le régime dérogatoire applicable et l'exclusion du statut des baux commerciaux. À défaut, le Tribunal judiciaire requalifie le bail en bail commercial 3-6-9 dès l'origine, avec effet rétroactif, et le preneur bénéficie de toutes les protections du statut. La jurisprudence de la 3e chambre civile de la Cour de cassation contrôle strictement ces conditions.
Contrairement au bail commercial 3-6-9 pour lequel le bailleur ne peut pas résilier avant l'expiration des neuf années (sauf cas limitatifs des articles L145-9 et L145-18 du Code de commerce), le Bail Dérogatoire prend fin de plein droit à la date d'expiration convenue, sans tacite reconduction, sans préavis obligatoire du bailleur et sans aucun droit à l'indemnité d'éviction pour le preneur. Cette liberté contractuelle en fait l'instrument adapté aux exploitations commerciales temporaires : pop-up stores, boutiques éphémères, marchés de Noël, restaurants saisonniers, activités de démonstration, tests de concept commercial. Voir aussi la Convention d'Occupation Précaire pour les situations où un motif de précarité spécifique (démolition, expropriation) justifie une occupation encore plus souple.
Quand avez-vous besoin d'un Bail Dérogatoire de Courte Durée (23 Mois Max) ?
Le Bail Dérogatoire de Courte Durée en France répond aux situations où bailleur et preneur souhaitent organiser une occupation commerciale temporaire, sans engager les protections de longue durée du statut des baux commerciaux des articles L145-1 à L145-60 du Code de commerce.
Ouverture d'un pop-up store ou concept store éphémère : les marques de mode, de cosmétiques, de high-tech ou d'alimentation qui testent un concept en centre-ville ou en centre commercial avant de s'engager sur une implantation pérenne utilisent le bail dérogatoire pour des durées de 1 à 23 mois. L'article L145-5 du Code de commerce autorise cette flexibilité qui échappe aux 9 ans minimum du bail commercial. La durée courte est négociée librement avec le propriétaire du local, et le loyer est fixé sans indexation obligatoire sur l'ILC (INSEE).
Activité saisonnière ou boutique de marché de Noël : les commerces saisonniers (vente de produits de saison, marchés de Noël, boutiques estivales dans les zones touristiques) ont besoin d'une occupation de quelques semaines à quelques mois par an. Un bail dérogatoire d'un à trois mois, renouvelable chaque année dans le respect de la limite de 36 mois cumulés (Loi Pinel), est la solution appropriée, sans que le preneur ne bénéficie d'un droit au maintien à l'issue de l'activité.
Test d'un nouveau concept de restauration rapide : les enseignes de restauration rapide qui s'implantent provisoirement dans un local avant d'opter pour un bail commercial 3-6-9 sur un emplacement définitif utilisent le bail dérogatoire pour évaluer le flux de clientèle, le chiffre d'affaires potentiel et les contraintes réglementaires locales (autorisation de terrasse, licence IV, normes d'accessibilité ERP) avant de s'engager sur 9 ans.
Situation d'attente avant la conclusion d'un bail commercial 3-6-9 définitif : lorsque les négociations sur les conditions d'un bail commercial classique n'ont pas abouti mais que les parties souhaitent que le preneur entre rapidement en jouissance, un bail dérogatoire de transition est conclu pour 3 à 6 mois, en attendant la signature du bail commercial définitif. Cette pratique est reconnue par les notaires et les avocats spécialisés en droit commercial.
Boutique éphémère dans une galerie commerciale ou un centre commercial : les gestionnaires de centres commerciaux (Unibail-Rodamco-Westfield, Klépierre, Carmila) proposent des emplacements « kiosques » ou « unités temporaires » pour des durées de 1 à 23 mois, soumis au bail dérogatoire. Ces emplacements permettent aux marques émergentes de tester leur concept sans s'engager sur les pas-de-porte élevés des baux commerciaux classiques en zone prime.
Local commercial en attente d'un preneur définitif : lorsqu'un local commercial reste vacant et qu'un candidat souhaite s'y installer temporairement pendant que le bailleur cherche un locataire définitif, le bail dérogatoire évite que le local reste vide (perte de loyer, dégradation, risque d'occupation sans titre) sans compromettre la négociation avec un preneur définitif sur un bail 3-6-9. La Résiliation de Bail Commercial disponible sur forms-legal.com accompagne le moment où le preneur temporaire libère les lieux au profit du preneur définitif.
Que faut-il inclure dans votre Bail Dérogatoire de Courte Durée (23 Mois Max) ?
Le Bail Dérogatoire de Courte Durée en France doit comporter plusieurs éléments essentiels pour être valide et pour exclure de façon opposable le statut protecteur des baux commerciaux du Code de commerce. Le modèle de forms-legal.com est structuré selon les exigences de l'article L145-5 du Code de commerce et des usages professionnels de la pratique immobilière commerciale.
Identification précise des parties et vérification de l'immatriculation du preneur : pour le bailleur personne morale (SCI, SARL patrimoniale), indiquer la dénomination sociale, le SIREN à 9 chiffres délivré par l'INSEE, le siège social et le représentant légal avec justification de ses pouvoirs (statuts à jour, procès-verbal de nomination). Pour le preneur, vérifier impérativement l'immatriculation au Registre du commerce et des sociétés (RCS) sur infogreffe.fr via un extrait Kbis récent (moins de 3 mois) ou au Répertoire des métiers de la Chambre des métiers et de l'artisanat. L'absence d'immatriculation au RCS ou au Répertoire des métiers prive le preneur de l'accès au statut des baux commerciaux, y compris dans l'hypothèse d'une requalification du bail dérogatoire.
Clause expresse d'exclusion du statut des baux commerciaux : la clause stipulant expressément que le contrat est conclu à titre dérogatoire au statut des baux commerciaux des articles L145-1 à L145-60 du Code de commerce, en application de l'article L145-5 du même code, est indispensable. Cette mention doit être rédigée de façon claire et non équivoque. Le preneur doit également reconnaître avoir été informé de l'absence de tout droit au renouvellement et de toute indemnité d'éviction à l'expiration du bail.
Durée précise et limite des 36 mois cumulés : indiquer la date de prise d'effet et la date d'expiration exactes du bail dérogatoire. Mentionner la durée cumulée des baux dérogatoires conclus antérieurement entre les mêmes parties pour le même local, pour établir que la limite de 36 mois cumulés de l'article L145-5 du Code de commerce n'est pas dépassée. Une durée de 23 mois laisse une marge de 13 mois pour un éventuel second bail dérogatoire.
Description précise du local et de l'activité autorisée : adresse exacte, référence cadastrale consultable sur cadastre.gouv.fr (DGFiP), surface en mètres carrés, description de l'usage commercial autorisé. Toute modification d'activité requiert l'accord écrit du bailleur. La description de l'activité doit être suffisamment précise pour définir la destination sans être excessive (« vente de prêt-à-porter et accessoires de mode » plutôt que « commerce de détail en général »).
Loyer librement fixé sans indexation obligatoire : contrairement au bail commercial 3-6-9, le bail dérogatoire ne prévoit aucune indexation obligatoire sur l'ILC (Indice des loyers commerciaux, INSEE). Le loyer est librement fixé par les parties et peut prévoir ou non une révision en cours de bail. Si les parties souhaitent une révision, elles peuvent insérer une clause d'indexation volontaire sur l'ILC ou sur l'IRL (Indice de référence des loyers, INSEE). Le loyer est soumis à la TVA sur option du bailleur (CGI art. 260-2°, taux 20 %).
Absence de dépôt de garantie légalement plafonnée : contrairement au bail d'habitation (plafonné à 1 mois HT par la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989) et contrairement au bail commercial qui ne prévoit pas de plafond légal, le bail dérogatoire ne fait l'objet d'aucune règle légale particulière sur le dépôt de garantie. Les parties négocient librement le montant, qui représente généralement 1 à 3 mois de loyer en pratique commerciale française.
Absence de tacite reconduction et libération de plein droit : le bail dérogatoire doit mentionner expressément l'absence de toute tacite reconduction à l'expiration. Le preneur doit libérer les lieux à la date d'expiration, sans qu'il soit besoin d'un congé ou d'une mise en demeure du bailleur. Un état des lieux de sortie contradictoire est recommandé pour sécuriser la restitution du dépôt de garantie. Voir aussi le modèle d'Acte de Cession de Bail Commercial sur forms-legal.com si la cession du droit au bail est envisagée.
Comment remplir votre Bail Dérogatoire de Courte Durée (23 Mois Max)
Remplir correctement un Bail Dérogatoire de Courte Durée pour un local commercial en France nécessite de respecter les exigences de l'article L145-5 du Code de commerce et les conditions de validité établies par la jurisprudence de la 3e chambre civile de la Cour de cassation.
Étape 1 — Identification des parties : vérifiez que le preneur est bien immatriculé au Registre du commerce et des sociétés (RCS) du greffe du Tribunal de commerce ou au Répertoire des métiers de la Chambre des métiers et de l'artisanat. Sans immatriculation, le preneur ne peut pas bénéficier du statut des baux commerciaux même en cas de requalification du bail dérogatoire. Indiquez le SIREN à 9 chiffres délivré par l'INSEE, vérifiable sur le site infogreffe.fr ou via le Guichet unique de l'INPI. Pour le bailleur personne morale (SCI, SARL), joignez un extrait Kbis de moins de 3 mois.
Étape 2 — Vérification de la durée cumulée : avant de fixer la durée du nouveau bail dérogatoire, vérifiez si d'autres baux dérogatoires ont été conclus entre les mêmes parties pour le même local. La durée cumulée de tous ces baux ne doit pas dépasser 36 mois (Loi Pinel, art. L145-5 Code com.). Si le preneur a déjà occupé le local pendant 13 mois au titre d'un bail dérogatoire antérieur, le nouveau bail ne peut dépasser 23 mois. Indiquez cette durée cumulée antérieure dans le champ prévu.
Étape 3 — Rédaction de la clause dérogatoire expresse : la clause stipulant l'exclusion du statut des baux commerciaux est l'élément le plus important du bail dérogatoire. Elle doit mentionner explicitement : « le présent contrat est conclu à titre dérogatoire au statut des baux commerciaux des articles L145-1 à L145-60 du Code de commerce, en application de l'article L145-5 du même code ». Le preneur doit également reconnaître l'absence de tout droit au renouvellement et de toute indemnité d'éviction.
Étape 4 — Description précise du local et de l'activité : indiquez l'adresse exacte, la référence cadastrale (commune, section, numéro de parcelle, consultable sur cadastre.gouv.fr), la surface en mètres carrés, et une description sommaire des équipements. Définissez l'activité commerciale autorisée avec suffisamment de précision pour éviter toute ambiguïté, sans être trop restrictif.
Étape 5 — Fixation du loyer et des charges : indiquez le loyer mensuel hors taxes en euros au format français (espace insécable pour les milliers, virgule décimale), par exemple 2 500,00 €. Précisez si le loyer est soumis à la TVA au taux de 20 % en application de l'article 260-2° du Code général des impôts (CGI) — option du bailleur, révocable après 9 ans de bail continus. Précisez si les charges sont incluses dans le loyer (pratique courante pour les baux dérogatoires de courte durée) ou récupérées séparément.
Étape 6 — Garantie et sûretés : indiquez le montant du dépôt de garantie (aucun plafond légal pour le bail dérogatoire) ou toute autre forme de garantie acceptée (caution solidaire d'un dirigeant, garantie bancaire à première demande). Pour les preneur startup ou créateur d'entreprise sans historique, la Garantie VISALE (Action Logement, gratuite) peut être proposée.
Étape 7 — Signature et date : le bail dérogatoire est signé en deux exemplaires originaux, un pour chaque partie. La signature doit être précédée de la mention manuscrite « Lu et approuvé » et le paraphe de chaque page est recommandé. L'enregistrement auprès du Service des impôts des entreprises (SIE) compétent est facultatif mais recommandé pour conférer date certaine aux tiers (art. 1377 Code civil).
Exigences juridiques pour Bail Dérogatoire de Courte Durée (23 Mois Max)
Le Bail Dérogatoire de Courte Durée en France est soumis à des conditions légales strictes dont le non-respect entraîne la requalification automatique en bail commercial 3-6-9, avec toutes les protections du statut des articles L145-1 à L145-60 du Code de commerce.
Condition 1 — Immatriculation du preneur au RCS ou au Répertoire des métiers : le preneur doit être immatriculé au Registre du commerce et des sociétés (RCS) du greffe du Tribunal de commerce ou au Répertoire des métiers de la Chambre des métiers et de l'artisanat, et exercer une activité commerciale ou artisanale dans les lieux loués. Les professions libérales réglementées (Code de l'artisanat, ordres professionnels) ne sont pas éligibles au bail dérogatoire commercial.
Condition 2 — Durée maximale de 36 mois cumulés : l'article L145-5 du Code de commerce, tel que modifié par la Loi Pinel n°2014-626 du 18 juin 2014, impose que la durée cumulée de tous les baux dérogatoires conclus entre les mêmes parties pour le même local ne dépasse pas 36 mois. Le dépassement, même d'un seul jour, déclenche la requalification automatique en bail commercial 3-6-9.
Condition 3 — Clause expresse d'exclusion du statut : le bail doit comporter une mention expresse rappelant qu'il est conclu à titre dérogatoire en application de l'article L145-5 du Code de commerce. L'absence de cette mention ne rend pas le bail dérogatoire nul, mais elle peut faciliter la requalification par le Tribunal judiciaire en cas de litige sur la nature du contrat.
Condition 4 — Absence de tacite reconduction : le bail dérogatoire prend fin de plein droit à la date d'expiration convenue, sans tacite reconduction possible. Toute clause prévoyant un renouvellement automatique est nulle et entraîne la requalification en bail commercial 3-6-9. Le maintien du preneur dans les lieux avec l'accord du bailleur après la date d'expiration constitue le point de départ de la requalification.
Condition 5 — Enregistrement fiscal recommandé mais non obligatoire : l'enregistrement du bail dérogatoire auprès du Service des impôts des entreprises (SIE) compétent n'est pas obligatoire à peine de nullité, mais il confère date certaine opposable aux tiers (art. 1377 Code civil). Le droit d'enregistrement applicable est un droit fixe de 25 euros (CGI art. 739). L'absence d'enregistrement n'affecte pas la validité du bail dérogatoire entre les parties.
Sanction du non-respect des conditions : si les conditions de l'article L145-5 du Code de commerce ne sont pas respectées (durée dépassée, absence de clause dérogatoire expresse, maintien du preneur avec accord tacite), le Tribunal judiciaire requalifie le bail en bail commercial de droit commun soumis à l'intégralité du statut des baux commerciaux, avec toutes les protections attachées au preneur (droit au renouvellement, indemnité d'éviction, indexation ILC).
Erreurs courantes à éviter dans votre Bail Dérogatoire de Courte Durée (23 Mois Max)
Plusieurs erreurs récurrentes affectent la rédaction et l'exécution des Baux Dérogatoires de Courte Durée en France, susceptibles d'entraîner la requalification en bail commercial 3-6-9 ou des litiges devant le Tribunal judiciaire.
Erreur 1 — Ne pas vérifier la durée cumulée des baux antérieurs : le bailleur qui oublie qu'un premier bail dérogatoire de 13 mois a été conclu pour le même local avec le même preneur et signe un second bail dérogatoire de 23 mois dépasse la limite légale de 36 mois cumulés (art. L145-5 Code com.). La requalification en bail commercial 3-6-9 est automatique et le preneur bénéficie de toutes les protections du statut, y compris le droit à l'indemnité d'éviction calculée sur la valeur du fonds de commerce. La solution consiste à tenir un registre précis des baux dérogatoires conclus pour chaque local et à vérifier systématiquement la durée cumulée avant toute nouvelle conclusion.
Erreur 2 — Laisser le preneur dans les lieux sans réagir après la date d'expiration : le bailleur qui ne réagit pas au maintien du preneur dans les lieux après la date d'expiration du bail dérogatoire consent tacitement à la poursuite de l'occupation, ce qui déclenche la requalification en bail commercial 3-6-9 dès le premier jour de dépassement. La solution consiste à envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception ou un acte de commissaire de justice rappelant la date d'expiration et demandant la libération des lieux, bien avant l'échéance.
Erreur 3 — Omettre la clause expresse d'exclusion du statut des baux commerciaux : un bail qui ne mentionne pas expressément son caractère dérogatoire est plus facilement requalifié par le Tribunal judiciaire, qui présume le statut protecteur des baux commerciaux en faveur du preneur. La clause doit citer explicitement l'article L145-5 du Code de commerce et mentionner l'absence de droit au renouvellement et d'indemnité d'éviction.
Erreur 4 — Insérer une clause de renouvellement automatique : toute clause prévoyant une tacite reconduction ou un renouvellement automatique est nulle et contraire à la nature même du bail dérogatoire. Le Tribunal judiciaire requalifie immédiatement le bail en bail commercial 3-6-9 dès qu'une telle clause est constatée.
Erreur 5 — Ne pas obtenir de justificatif d'immatriculation du preneur : le bail dérogatoire n'est accessible qu'aux preneurs immatriculés au RCS ou au Répertoire des métiers. Si le preneur exerce son activité sans immatriculation (travail dissimulé, exercice illégal d'une activité réglementée), le bail dérogatoire est invalide et le preneur ne peut se prévaloir d'aucune protection.
Questions Fréquentes
Le bail dérogatoire au statut des baux commerciaux en France ne peut excéder 36 mois cumulés entre les mêmes parties pour le même local commercial, conformément à l'article L145-5 du Code de commerce tel que modifié par la Loi Pinel n°2014-626 du 18 juin 2014. Avant la Loi Pinel, la durée maximale était de 24 mois, d'où l'appellation usuelle « bail dérogatoire 23 mois » qui reste courante dans la pratique notariale et immobilière. La durée de 23 mois est utilisée pour laisser une marge de sécurité avant la limite des 36 mois cumulés. Si le preneur se maintient dans les lieux à l'expiration du bail dérogatoire et dépasse 36 mois cumulés avec d'éventuels baux antérieurs, un nouveau bail commercial de droit commun soumis à l'intégralité du statut des articles L145-1 à L145-60 naît automatiquement, avec toutes les protections attachées (droit au renouvellement, indemnité d'éviction, indexation ILC). Un bail dérogatoire qui prend fin dans le délai de 36 mois ne donne aucun droit au renouvellement ni à l'indemnité d'éviction.
Le bail dérogatoire de l'article L145-5 du Code de commerce se distingue fondamentalement du bail commercial 3-6-9 de l'article L145-4 par l'absence de toutes les protections d'ordre public attachées au statut des baux commerciaux. Le bail commercial 3-6-9 garantit au preneur une durée minimale de 9 ans, le droit au renouvellement, l'indemnité d'éviction en cas de refus non justifié, le plafonnement de l'indexation sur l'ILC (indice des loyers commerciaux, INSEE), et la libre cessibilité du bail avec le fonds de commerce. Le bail dérogatoire ne confère aucun de ces droits : la durée est librement choisie dans la limite de 36 mois cumulés, le bailleur peut reprendre les lieux à l'expiration sans verser d'indemnité, le loyer est librement fixé sans indexation obligatoire, et la cession nécessite l'accord du bailleur. Le bail dérogatoire convient aux situations transitoires (pop-up stores, tests d'activité, boutiques éphémères, activités saisonnières), tandis que le bail commercial 3-6-9 est adapté aux exploitations commerciales durables nécessitant une visibilité à long terme.
Le dépassement de la durée cumulée de 36 mois entre les mêmes parties pour le même local commercial entraîne la requalification automatique du bail dérogatoire en bail commercial de droit commun soumis à l'intégralité du statut des articles L145-1 à L145-60 du Code de commerce. Cette requalification est automatique et rétroactive, sans qu'il soit besoin d'un jugement du Tribunal judiciaire. Le preneur bénéficie alors de toutes les protections du statut, notamment le droit au renouvellement (art. L145-8 à L145-30), le droit à l'indemnité d'éviction (art. L145-14) et le plafonnement de l'indexation sur l'ILC (INSEE). Le bailleur ne peut plus reprendre les lieux sans verser l'indemnité d'éviction correspondant à la valeur du fonds de commerce, des frais de remploi et des indemnités de licenciement du personnel. La Cour de cassation (3e chambre civile) a confirmé ce mécanisme dans plusieurs arrêts. Pour éviter ce risque, le bailleur doit s'assurer que la durée cumulée de tous les baux dérogatoires conclus pour le même local n'excède pas 36 mois, et rédiger une clause résolutoire expresse dans le bail.
L'enregistrement du bail dérogatoire auprès du Service des impôts des entreprises (SIE) compétent n'est pas obligatoire en droit français, mais il est vivement recommandé pour conferer date certaine opposable aux tiers (acquereur de l'immeuble, créanciers) en application de l'article 1377 du Code civil. Le droit d'enregistrement applicable est un droit fixe de 25 euros par bail, conformément à l'article 739 du Code général des impôts (CGI). L'enregistrement permet également d'éviter toute contestation ultérieure sur la date de conclusion du bail et sur la durée cumulée des baux dérogatoires conclus pour le même local. En matière de TVA, le bailleur peut opter pour la TVA au taux de 20 % sur le loyer commercial en application de l'article 260-2° du CGI, ce qui lui permet de déduire la TVA sur les travaux et fournitures liés au local. Sans option à la TVA, le loyer est exonéré mais le bailleur ne peut déduire la TVA d'amont.
Le bail dérogatoire de l'article L145-5 du Code de commerce est exclusivement applicable aux locaux commerciaux, artisanaux ou industriels relevant du champ d'application du statut des baux commerciaux des articles L145-1 à L145-60. Pour être éligible, le preneur doit être immatriculé au Registre du commerce et des sociétés (RCS) du greffe du Tribunal de commerce ou au Répertoire des métiers de la Chambre des métiers et de l'artisanat, et exploiter un fonds de commerce ou artisanal dans les lieux loués. Le bail dérogatoire ne peut pas être conclu pour un logement d'habitation, qui reste soumis à la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 et à ses dispositions d'ordre public. Pour les locaux à usage mixte (habitation et activité professionnelle libérale), le bail professionnel de l'article 57A de la Loi n°86-1290 du 23 décembre 1986 s'applique, avec une durée minimale de 6 ans renouvelable tacitement. Le bail mobilité de la Loi ELAN n°2018-1021 couvre quant à lui les logements meublés temporaires pour les actifs en mobilité professionnelle.
Toute clause de renouvellement automatique ou de tacite reconduction insérée dans un bail dérogatoire est nulle et sans effet, car elle est incompatible avec la nature même du bail dérogatoire qui repose sur l'absence de tout droit au renouvellement. La jurisprudence de la Cour de cassation, 3e chambre civile, a constamment jugé que le bail dérogatoire prend fin de plein droit à la date d'expiration convenue, sans qu'il soit besoin d'un congé ou d'une mise en demeure. Toutefois, les parties peuvent conclure un nouveau bail dérogatoire à l'expiration du premier, sous réserve que la durée cumulée de l'ensemble des baux dérogatoires conclus entre les mêmes parties pour le même local ne dépasse pas 36 mois (art. L145-5 Code com.). Si à l'issue du premier bail de 23 mois les parties souhaitent poursuivre, elles peuvent conclure un second bail dérogatoire de 13 mois maximum, pour atteindre la limite légale. Au-delà, le passage au bail commercial 3-6-9 est inévitable, et toute tentative de contournement par un bail dérogatoire supplémentaire sera requalifiée par les juridictions.
Le bail dérogatoire de l'article L145-5 du Code de commerce et la convention d'occupation précaire sont deux régimes distincts permettant d'occuper un local commercial sans bénéficier du statut protecteur des baux commerciaux, mais leur fondement juridique diffère radicalement. Le bail dérogatoire est un contrat prévu par la loi, soumis à une durée maximale de 36 mois cumulés, conclu entre un bailleur et un preneur commercant, sans qu'il soit besoin de justifier un motif de précarité particulier. La convention d'occupation précaire est reconnue par la jurisprudence de la 3e chambre civile de la Cour de cassation et repose sur l'existence d'un motif légitime et sérieux de précarité indépendant de la volonté des parties (attente de démolition, procédure d'expropriation en cours, immeuble en vente). Sa durée est indéterminée et liée à la réalisation du motif de précarité. En l'absence d'un motif légitime et sérieux, la convention d'occupation précaire est requalifiée en bail commercial 3-6-9. Pour les activités temporaires sans motif précaire, le bail dérogatoire de l'article L145-5 est la solution juridiquement sécurisée.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
Une erreur ? Signalez-le-nousDocuments Connexes
Vous pourriez également trouver ces documents utiles :
Bail Commercial 3-6-9 (Statut des Baux Commerciaux)
Contrat de bail commercial 3-6-9 pour un local commercial situe en France, conforme au statut des baux commerciaux du Code de commerce et à la Loi Pinel.
Bail Professionnel (Professions Libérales, 6 ans)
Contrat de bail professionnel pour les professions libérales (avocats, médecins, dentistes, notaires, architectes) en France, conforme à la Loi du 23 décembre 1986 et au Code civil.
Convention d'Occupation Précaire
Convention d'occupation précaire pour un bien immobilier en France, fondée sur un motif légitime et sérieux de précarité indépendant de la volonté des parties, conforme à la jurisprudence de la Cour de cassation, 3e chambre civile.