Bail Professionnel (Professions Libérales, 6 ans)
Qu'est-ce qu'un Bail Professionnel (Professions Libérales, 6 ans) ?
Le Bail Professionnel (Professions Libérales, 6 ans) est, en droit français, un contrat de bail professionnel pour les professions libérales (avocats, médecins, dentistes, notaires, architectes). Il est régi par Loi n°86-1290 du 23 décembre 1986 art. 57 À. Il fixe le loyer, le dépôt, la durée, les obligations d'entretien et les délais de préavis entre bailleur et locataire.
Le bail professionnel se caractérisé par une durée minimale de six années, plus courte que le bail commercial 3-6-9 de neuf années, et par une flexibilité particulière accordée au preneur qui peut résilier à tout moment moyennant un préavis de six mois sans avoir à justifier de motif. Cette flexibilité répond aux spécificités de l'exercice libéral qui peut évoluer en cours de carrière (déplacement géographique, association avec d'autres confreres, intégration d'une société d'exercice libéral, cessation d'activité, retraite, conversion professionnelle). Le bailleur, en revanche, ne peut donner congé qu'à l'expiration des six années moyennant le même préavis de six mois donné par acte de commissaire de justice ou lettre recommandée avec accuse de réception.
Le Bail Professionnel s'applique exclusivement aux locaux utilises pour l'exercice des professions libérales réglementées (avocats inscrits au Barreau, médecins inscrits à l'Ordre des médecins, chirurgiens-dentistes inscrits à l'Ordre des chirurgiens-dentistes, notaires officiers ministériels, architectes inscrits à l'Ordre des architectes, experts-comptables inscrits à l'Ordre des experts-comptables, masseurs-kinésithérapeutes, sages-femmes, infirmiers, psychologues) et aux professions libérales non réglementées (consultants en management, traducteurs indépendants, formateurs, coachs, designers exerçant en indépendant). Toute activité commerciale, artisanale ou industrielle est expressément exclue du local sous peine de requalification en bail commercial 3-6-9 par le Tribunal judiciaire avec application intégrale du statut des baux commerciaux du Code de commerce articles L145-1 à L145-60.
Le régime du bail professionnel se distingue du bail commercial par l'absence de droit au renouvellement automatique du preneur et l'absence d'indemnité d'éviction en cas de non-renouvellement par le bailleur. Le preneur professionnel n'à pas de propriété commerciale au sens de la jurisprudence sur les baux commerciaux, et la cession du droit au bail est subordonnée à l'accord préalable du bailleur, contrairement à la cession liée au fonds de commerce qui est d'ordre public selon l'article L145-16 du Code de commerce pour les baux commerciaux. Le preneur peut néanmoins, sans autorisation préalable, conclure une convention de mise à disposition partielle des locaux avec un confrère de même profession dans le cadre d'une Société civile de moyens (SCM) ou d'un cabinet de groupe, sous réserve d'en informer le bailleur.
Le contrat de Bail Professionnel doit comporter plusieurs éléments essentiels pour produire pleinement ses effets : identification complète des parties avec mention de la profession libérale et du numéro d'inscription à l'Ordre professionnel (numéro RPPS pour les professionnels de santé délivré par le Répertoire partage des professionnels de santé, numéro d'identifiant CARPA pour les avocats), description précise du local avec référence cadastrale consultable sur cadastre.gouv.fr, montant du loyer librement fixe en euros (avec option éventuelle à la TVA selon CGI art. 260-2°), modalités d'indexation annuelle sur l'indice ILAT, ICC ou IRL publie trimestriellement par l'INSEE, dépôt de garantie négocié librement (non plafonné contrairement au bail d'habitation), et destination exclusivement libérale. Les litiges relèvent de la compétence du Tribunal judiciaire dans le ressort duquel est situé l'immeuble (Code de l'organisation judiciaire art. R211-4).
Quand avez-vous besoin d'un Bail Professionnel (Professions Libérales, 6 ans) ?
Le Bail Professionnel en France est nécessaire chaque fois qu'un professionnel libéral souhaite occuper un local pour y exercer son activité intellectuelle, technique ou de soins, qu'il s'agisse d'une installation initiale, d'une reprise de cabinet, d'une expansion ou d'un transfert de locaux. La conclusion d'un bail professionnel adapte conditionne la sécurité juridique de l'exercice professionnel et la stabilité de l'implantation territoriale.
Installation d'un cabinet médical ou dentaire : le médecin généraliste, le spécialiste, le chirurgien-dentiste ou le pédiatre qui ouvre son premier cabinet doit conclure un bail professionnel avec le propriétaire du local. Le bail doit prévoir l'aménagement spécifique du cabinet (salle d'attente, salle de consultation, salle de soins, secrétariat, sanitaires conformes aux normes d'accessibilité des établissements recevant du public ERP selon l'arrêté du 8 décembre 2014), les conditions d'installation du matériel médical (radiologie, scialytique, sterilisateur, climatisation), et l'autorisation éventuelle d'installation d'enseigne professionnelle conforme au Code de la santé publique sur la publicité des professionnels de santé.
Ouverture d'un cabinet d'avocat : l'avocat inscrit au Barreau qui s'installe en exercice individuel ou crée son propre cabinet doit conclure un bail professionnel respectant les règles de la Loi n°71-1130 du 31 décembre 1971 réformant certaines professions judiciaires et juridiques et du Règlement intérieur national de la profession (RIN). Le local doit être approprié à la réception des clients (confidentialité, salle de réunion, salle d'attente), aux exigences du secret professionnel (Code pénal art. 226-13), et au respect des règles déontologiques du Barreau d'inscription. Le numéro d'identifiant CARPA et le numéro de toque doivent être mentionnés au bail.
Installation d'un cabinet d'architecte ou d'expert-comptable : ces professions libérales réglementées par leurs Ordres respectifs (Ordre des architectes selon la Loi n°77-2 du 3 janvier 1977, Ordre des experts-comptables selon la Loi n°45-138 du 19 septembre 1945) signent un bail professionnel adapte à leur activité de conseil intellectuel. Le local doit prévoir des espaces de bureau, de réunion, d'archives, et éventuellement un parking pour les clients. La TVA s'applique généralement sur option du bailleur, ces professions étant elles-mêmes assujetties à la TVA.
Ouverture d'un cabinet de psychologue, kinesitherapeute ou autre profession de santé : les psychologues inscrits auprès de l'Agence régionale de santé (ARS), les masseurs-kinésithérapeutes inscrits à l'Ordre des kinésithérapeutes, les infirmiers libéraux signent un bail professionnel adapte. Le local doit respecter les normes d'hygiène et de sécurité spécifiques (ventilation, surface minimale, accessibilité PMR) et l'autorisation d'exercice ARS doit être mentionnée.
Reprise d'un cabinet libéral existant : l'acquéreur d'un cabinet libéral (clientèle, matériel, droit au bail) doit obtenir la cession du bail professionnel par le cédant avec l'accord préalable du bailleur, conformément aux principes généraux du bail professionnel ou la cession n'est pas libre (contrairement au bail commercial ou la cession liée au fonds est d'ordre public). La négociation avec le bailleur porte sur la continuité du bail aux mêmes conditions ou sur les modifications souhaitées (loyer, durée).
Intégration d'une société d'exercice libéral (SEL) : le professionnel libéral qui transforme son exercice individuel en SELARL, SELAS, SELAFA ou SCP doit apporter son droit au bail à la société d'exercice. Le bail professionnel doit prévoir cette possibilité sans accord préalable du bailleur, sous réserve d'en informer le bailleur par lettre recommandée.
Partage de locaux en société civile de moyens (SCM) : la SCM permet à plusieurs professionnels libéraux d'exercer dans les mêmes locaux en partageant les charges sans confondre les clienteles. Le bail professionnel doit prévoir cette configuration ou autoriser la mise à disposition partielle à des confreres de même profession, configuration fréquente dans les maisons médicales et cabinets de groupe.
Transfert géographique du cabinet : le professionnel libéral qui change de local doit résilier l'ancien bail moyennant le préavis de six mois et conclure un nouveau bail professionnel sur les nouveaux locaux. La faculté de résiliation à tout moment offerte au preneur professionnel par l'article 57 À de la Loi de 1986 facilite ces transferts. Voir également le modèle Bail Commercial 3-6-9 disponible sur forms-legal.com pour comparaison avec le régime commercial.
Que faut-il inclure dans votre Bail Professionnel (Professions Libérales, 6 ans) ?
Le Bail Professionnel en France conforme à la Loi n°86-1290 du 23 décembre 1986 doit intégrer plusieurs éléments essentiels pour garantir sa pleine efficacité juridique et éviter une requalification en bail commercial 3-6-9 par le Tribunal judiciaire. Le modèle disponible sur forms-legal.com est structure selon les exigences de l'article 57 À de la Loi de 1986 et de l'article 1750 du Code civil.
Identification précise des parties : pour le bailleur personne physique, indiquer nom, prénom, date et lieu de naissance, domicile et coordonnées complètes; pour le bailleur personne morale (SCI patrimoniale, SARL immobilière), mentionner la dénomination sociale, la forme juridique, le siège social, le SIREN à 9 chiffrés délivré par l'INSEE, le numéro RCS du greffe du Tribunal de commerce, ainsi que le représentant légal habilité à signer. Pour le preneur professionnel libéral, indiquer le nom complet, la profession libérale exercée, la forme d'exercice (individuel ou en société d'exercice libéral SELARL, SELAS, SELAFA, SCP, SCM), le SIREN délivré par l'INSEE lors de l'inscription à l'URSSAF, et le numéro d'inscription à l'Ordre professionnel (numéro RPPS pour les professionnels de santé délivré par le Répertoire partage des professionnels de santé, numéro d'identifiant CARPA pour les avocats, numéro d'inscription à l'Ordre des architectes, etc.).
Description détaillée du local professionnel : adresse complète, référence cadastrale (commune, section, numéro de parcelle) consultable gratuitement sur cadastre.gouv.fr de la Direction générale des Financés publiques (DGFiP), surface utile en mètres carrés selon la norme ISO 9836 (distincte de la surface habitable Carrez ou de la surface plancher), nombre de pièces, étage, présence ou non d'ascenseur, conformité aux normes d'accessibilité des établissements recevant du public (ERP) selon l'arrêté du 8 décembre 2014 si le local reçoit des clients ou patients. Pour les locaux situes en immeuble mixte (habitation et professionnel), joindre le règlement de copropriété et vérifier la destination autorisée.
Destination exclusivement professionnelle libérale : déterminer avec précision l'activité professionnelle libérale autorisée dans le local (par exemple « exercice de la chirurgie dentaire générale et orthodontie, réception de patients sur rendez-vous » ou « cabinet d'avocat spécialisé en droit des affaires et droit social, réception de clients sur rendez-vous »). La destination doit être exclusivement libérale, sans aucune activité commerciale, artisanale ou industrielle, sous peine de requalification judiciaire en bail commercial 3-6-9. Tout changement de destination requiert l'accord écrit préalable du bailleur, par avenant au bail.
Durée de six années et prise d'effet : confirmer la durée minimale de six années imposée par l'article 57 À de la Loi n°86-1290 du 23 décembre 1986. Toute clause prévoyant une durée inférieure est nulle et requalifiée en bail de 6 ans. Mentionner la date de prise d'effet exacte au format JJ/MM/AAAA qui détermine le point de départ de la durée. Le preneur peut résilier à tout moment moyennant un préavis de six mois donné par lettre recommandée avec accuse de réception ou par acte de commissaire de justice; le bailleur ne peut donner congé qu'à l'expiration des six années moyennant le même préavis.
Loyer mensuel et modalités de paiement : montant en euros au format français (espace insécable pour les milliers, virgule décimale), librement fixé par les parties sans plafonnement équivalent à la Loi Pinel applicable aux baux commerciaux. Ventilation entre loyer principal et provisions de charges, dates d'échéance (généralement le 1er du mois pour le bail professionnel), mode de paiement par virement SEPA sur compte IBAN français (format FR76 + 23 caractères), modalités d'indexation annuelle calculée sur l'indice trimestriel choisi (ILAT recommande pour les activités tertiaires, ICC pour la construction, IRL pour le résidentiel utilisé par défaut) publié par l'INSEE.
Option à la TVA et régime fiscal : préciser si le bailleur opte ou non à la TVA au taux de 20 % en application de l'article 260-2° du Code général des impôts (CGI). L'option est irrévocable pendant une durée minimale de neuf années pleines à compter de l'option. Sans option à la TVA, le loyer est exonéré mais le bailleur ne peut déduire la TVA sur les travaux. L'option est intéressante lorsque le preneur est lui-même assujetti (architectes, experts-comptables, consultants en management); moins intéressante pour les professions de santé exonérées (médecins, dentistes, kinésithérapeutes).
Dépôt de garantie : librement fixe entre 1 et 3 mois de loyer en pratique. La Loi de 1986 ne plafonne pas le dépôt de garantie pour le bail professionnel, contrairement au bail d'habitation soumis à la Loi du 6 juillet 1989 (plafonnement à 1 mois pour les locations vides). Le dépôt de garantie est conservé par le bailleur pendant toute la durée du bail et restitué au preneur dans les deux mois suivant la restitution des clés, déduction faite des sommes restant dues et du coût des réparations locatives.
Obligations du preneur professionnel : rappeler les obligations générales du locataire prévues aux articles 1728 et suivants du Code civil (utilisation en bon père de famille suivant la destination, paiement du loyer, réparations locatives selon le décret n°87-712 du 26 août 1987, souscription d'une assurance multirisque professionnelle), et les obligations spécifiques liées à l'exercice de la profession libérale (respect des règles déontologiques imposées par l'Ordre professionnel, respect du secret professionnel selon le Code pénal art. 226-13, conformité aux normes d'accessibilité ERP, souscription d'une responsabilité civile professionnelle obligatoire pour les professions réglementées). Voir également le modèle Mandat de Vente Immobilier disponible sur forms-legal.com pour les opérations connexes de transfert de propriété.
Cession et sous-location : indiquer que la cession du droit au bail et la sous-location sont subordonnées à l'accord écrit préalable du bailleur, contrairement au bail commercial 3-6-9 ou la cession liée au fonds de commerce est d'ordre public. Le preneur peut néanmoins, sans autorisation préalable, conclure une convention de mise à disposition partielle des locaux avec un confrère de même profession dans le cadre d'une SCM ou d'un cabinet de groupe, sous réserve d'en informer le bailleur par lettre recommandée. En cas d'exercice en société d'exercice libéral (SELARL, SELAS, SCP), l'apport du droit au bail à la société est libre sous réserve d'information du bailleur.
Comment remplir votre Bail Professionnel (Professions Libérales, 6 ans)
Remplir correctement un Bail Professionnel pour un local situe en France requiert de respecter scrupuleusement les exigences de la Loi n°86-1290 du 23 décembre 1986 et les usages professionnels des professions libérales. Voici la marché à suivre détaillée pour utiliser le modèle de forms-legal.com.
Étape 1 — Identification des parties : complétez le bloc bailleur avec les données vérifiables (extrait Kbis récent de moins de 3 mois pour personne morale via infogreffe.fr, copie de carte nationale d'identité pour personne physique, statuts à jour de la société propriétaire). Pour le preneur, vérifiez impérativement l'inscription à l'Ordre professionnel ou la déclaration d'activité à l'URSSAF selon le cas. Indiquez le SIREN à 9 chiffrés délivré par l'INSEE et le numéro d'inscription à l'Ordre professionnel (numéro RPPS pour les médecins, dentistes, kinésithérapeutes consultable sur le site sante.gouv.fr; numéro d'identifiant CARPA pour les avocats; numéro d'inscription à l'Ordre des architectes ou des experts-comptables).
Étape 2 — Description du local professionnel : reportez l'adressé exacte et la référence cadastrale (commune, section, numéro de parcelle) consultable gratuitement sur le site cadastre.gouv.fr de la Direction générale des Financés publiques (DGFiP). Pour un local en copropriété, mentionnez l'identifiant unique de la copropriété et joignez la quote-part des parties communes. Indiquez la surface utile en mètres carrés selon la norme ISO 9836 (distincte de la surface habitable Carrez applicable aux lots de copropriété), le nombre de pièces, l'étage, et la présence d'ascenseur. Pour les cabinets recevant des clients ou patients, vérifiez la conformité aux normes d'accessibilité des établissements recevant du public (ERP) selon l'arrêté du 8 décembre 2014 du Code de la construction et de l'habitation art. R162-1 et suivants.
Étape 3 — Destination professionnelle exclusivement libérale : rédigez la destination en termes précis indiquant la profession libérale exercée (par exemple « cabinet de chirurgie dentaire générale et orthodontie, réception de patients sur rendez-vous » ou « cabinet d'expert-comptable inscrit à l'Ordre des experts-comptables de Paris, conseil aux entreprises et particuliers »). Excluez expressément toute activité commerciale, artisanale ou industrielle (vente au public, restauration, hébergement) sous peine de requalification judiciaire en bail commercial 3-6-9 par le Tribunal judiciaire avec application intégrale du statut des baux commerciaux. Vérifiez la compatibilité avec le règlement de copropriété pour les locaux en immeuble mixte.
Étape 4 — Durée et date d'effet : cochez l'option « Bail professionnel 6 ans (art. 57 À Loi 86-1290) » qui est la durée minimale obligatoire. Inscrivez la date de prise d'effet au format JJ/MM/AAAA. L'option « Bail de plus de 6 ans » est possible mais inutile en pratique car le preneur peut résilier à tout moment moyennant préavis de 6 mois. La durée de 6 ans suffit en pratique pour la majorité des installations professionnelles libérales.
Étape 5 — Loyer mensuel et modalités : indiquez le loyer mensuel hors charges en euros au format français (espace insécable pour les milliers, virgule décimale), par exemple 2 500,00 € HT. Le montant est librement fixé par les parties, sans plafonnement de la Loi Pinel (qui ne s'applique qu'aux baux commerciaux). Précisez l'option à la TVA au taux de 20 % (CGI art. 260-2°) si le bailleur souhaite optimiser sa déduction TVA d'amont. Indiquez le numéro IBAN français du bailleur (format FR76 + 23 caractères) pour le virement SEPA mensuel. Choisissez l'indice de révision le plus adapté à l'activité : ILAT (indice des loyers des activités tertiaires, recommande pour la majorité des professions libérales), ICC (indice du coût de la construction, traditionnel mais en perte de vitesse), IRL (indice de référence des loyers, résidentiel par défaut).
Étape 6 — Provisions pour charges et régularisation : indiquez le montant des provisions mensuelles pour charges en euros (en général 100 à 300 € selon la surface et les services). Joignez en annexe la liste des charges récupérables (entretien parties communes, ascenseur, gardiennage, électricité parties communes, eau froide collective). La régularisation annuelle doit être présentée au preneur avec les justificatifs (factures, décompte de copropriété) dans le délai du 30 septembre de chaque année pour les charges de l'année précédente.
Étape 7 — Dépôt de garantie : négociez le montant en pratique entre 1 et 3 mois de loyer (la Loi de 1986 ne plafonne pas le bail professionnel, contrairement au bail d'habitation soumis à la Loi du 6 juillet 1989 plafonnant à 1 mois pour les locations vides). Le dépôt de garantie est versé à la signature du bail et conservé par le bailleur pendant toute la durée du bail. La restitution intervient dans les deux mois suivant la restitution des clés, déduction faite des sommes restant dues et du coût des réparations locatives.
Étape 8 — Assurance multirisque professionnelle et responsabilité civile : le bail doit prévoir l'obligation pour le preneur de souscrire une assurance multirisque professionnelle couvrant les risques locatifs (incendie, dégâts des eaux, responsabilité civile professionnelle), avec présentation annuelle de l'attestation d'assurance au bailleur. Pour les professions réglementées (médecins, avocats, architectes, experts-comptables), la responsabilité civile professionnelle (RCP) est généralement obligatoire et imposée par l'Ordre professionnel. Le bail peut prévoir une clause résolutoire en cas de défaut d'assurance dûment constaté.
Étape 9 — Signature et formalités : le bail est signé en deux exemplaires originaux, un pour chaque partie. La signature doit être précédée de la mention manuscrite « Lu et approuve » et le paraphé de chaque page est recommandé. L'enregistrement auprès du Service des impôts des entreprises (SIE) compétent n'est pas obligatoire mais peut être réalisé pour conférer date certaine aux tiers (art. 1377 Code civil), au tarif d'un droit fixe de 25 euros par bail (CGI art. 739). Une copie du bail signe peut être transmise à l'Ordre professionnel ou à l'URSSAF pour formaliser le changement d'adressé d'exercice.
Exigences juridiques pour Bail Professionnel (Professions Libérales, 6 ans)
Le Bail Professionnel en France est encadré par un dispositif normatif spécifique distinct du statut des baux commerciaux et du bail d'habitation, principalement l'article 57 À de la Loi n°86-1290 du 23 décembre 1986 dite Loi Mehaignerie, complète par l'article 1750 du Code civil et les règles supplétives du droit commun. Les exigences légales suivantes doivent impérativement être respectées.
Forme écrite recommandée : la Loi de 1986 n'impose pas formellement la forme écrite à peine de nullité, mais l'usage professionnel et la jurisprudence exigent un écrit pour la preuve des conditions essentielles (durée, destination libérale, montant du loyer, indexation, dépôt de garantie). Le bail verbal expose les parties à des difficultés probatoires considérables et peut être formalisé judiciairement par le Tribunal judiciaire en cas de désaccord.
Durée minimale de six années (art. 57 À Loi 86-1290) : toute clause prévoyant une durée inférieure est nulle et le bail est requalifié en bail de 6 ans dès l'origine. La durée de six années constitue une différence essentielle avec le bail commercial 3-6-9 (9 ans) et le bail d'habitation (3 ans pour les locations vides, 1 an pour les meublées). À défaut de congé donné par le bailleur dans les conditions de l'article 57 À, le bail est reconduit tacitement pour une nouvelle durée de six années aux mêmes conditions, sauf indexation.
Destination exclusivement professionnelle libérale : le local doit être exclusivement affecte à l'exercice d'une activité professionnelle libérale, à l'exclusion de toute activité commerciale, artisanale ou industrielle. Toute activité commerciale exercée dans les locaux expose le bail à une requalification judiciaire en bail commercial 3-6-9 par le Tribunal judiciaire avec application intégrale du statut des baux commerciaux du Code de commerce articles L145-1 à L145-60 (droit au renouvellement, indemnité d'éviction, plafonnement de l'indexation). La distinction entre profession libérale et activité commerciale est appréciée selon la jurisprudence du Tribunal judiciaire en fonction de la nature de l'activité, du mode d'exercice, et du caractère intellectuel ou commercial des prestations.
Faculté de résiliation à tout moment par le preneur (art. 57 À) : le preneur peut résilier le bail à tout moment, sans avoir à justifier de motif, moyennant un préavis de six mois donné par lettre recommandée avec accuse de réception ou par acte de commissaire de justice. Cette flexibilité est spécifique au bail professionnel et inexistante en bail commercial 3-6-9 ou la résiliation triennale est limitée aux échéances de 3, 6 et 9 ans. Le bailleur ne dispose pas de la même flexibilité et ne peut donner congé qu'à l'expiration des six années, moyennant le même préavis de six mois.
Absence de droit au renouvellement et d'indemnité d'éviction : contrairement au bail commercial 3-6-9 ou le preneur dispose d'un droit au renouvellement automatique (art. L145-8 à L145-30 Code com.) et d'une indemnité d'éviction en cas de refus sans motif légitime (art. L145-14 à L145-16 Code com.), le bail professionnel n'ouvre pas ces droits au preneur. À l'expiration des six années, le bailleur peut refuser le renouvellement sans avoir à justifier de motif et sans verser d'indemnité, sous réserve du respect du préavis de six mois.
Libre fixation du loyer initial et indexation : le loyer est librement fixé par les parties sans plafonnement équivalent à la Loi Pinel applicable aux baux commerciaux. L'indexation annuelle est encadrée par les articles L112-1 et suivants du Code monétaire et financier qui exigent qu'elle soit fondée sur un indice en lien avec l'activité exercée. Les parties choisissent généralement l'un des trois indices INSEE : ILAT (recommande pour les activités tertiaires), ICC (coût de la construction) ou IRL (résidentiel par défaut).
Dépôt de garantie librement fixe : le dépôt de garantie n'est pas plafonné par la Loi de 1986, contrairement au bail d'habitation. En pratique, le montant négocié est de 1 à 3 mois de loyer. Le dépôt est conservé par le bailleur pendant toute la durée du bail et restitué au preneur dans les deux mois suivant la restitution des clés, déduction faite des sommes restant dues et du coût des réparations locatives.
Cession et sous-location subordonnées à l'accord du bailleur : la cession du droit au bail et la sous-location sont subordonnées à l'accord écrit préalable du bailleur, contrairement au bail commercial ou la cession liée au fonds est d'ordre public. Le preneur peut néanmoins, sans autorisation préalable, conclure une convention de mise à disposition partielle des locaux avec un confrère de même profession dans le cadre d'une société civile de moyens (SCM) ou d'un cabinet de groupe, sous réserve d'en informer le bailleur par lettre recommandée. En cas d'exercice en société d'exercice libéral (SELARL, SELAS, SELAFA, SCP), l'apport du droit au bail à la société d'exercice est libre sous réserve d'information du bailleur.
Obligations déontologiques spécifiques : le preneur doit respecter les règles déontologiques imposées par son Ordre professionnel (Ordre des médecins selon le Code de déontologie médicale art. R4127-1 et suivants du Code de la santé publique, Ordre des avocats selon le Règlement intérieur national, Ordre des architectes, Ordre des experts-comptables), le secret professionnel (Code pénal art. 226-13), et les normes d'accessibilité des établissements recevant du public (ERP) pour les cabinets recevant des clients ou patients (arrêté du 8 décembre 2014, Code de la construction et de l'habitation art. R162-1 et suivants).
Compétence du Tribunal judiciaire : les litiges relatifs au bail professionnel relèvent de la compétence exclusive du Tribunal judiciaire dans le ressort duquel est situé l'immeuble (Code de l'organisation judiciaire art. R211-4). Avant toute procédure judiciaire, les parties peuvent recourir à la médiation conventionnelle ou à la procédure participative (Code de procédure civile art. 1530 et suivants).
Erreurs courantes à éviter dans votre Bail Professionnel (Professions Libérales, 6 ans)
Plusieurs erreurs récurrentes affectent la rédaction et l'exécution des Baux Professionnels en France, susceptibles d'entraîner la requalification en bail commercial 3-6-9, des contestations devant le Tribunal judiciaire ou des pertes financières pour le bailleur ou le preneur. Connaître ces pièges permet de sécuriser durablement la relation contractuelle.
Erreur 1 — Conclure un bail commercial 3-6-9 à la place d'un bail professionnel : certains bailleurs proposent par habitude un bail commercial 3-6-9 à un professionnel libéral sans réaliser que ce régime n'est pas adapte. Le preneur professionnel se retrouve alors lié par une durée de 9 ans (au lieu de 6 ans), une faculté de résiliation limitée aux échéances triennales (au lieu d'une résiliation à tout moment), et l'application du statut des baux commerciaux qui n'à pas vocation à regir l'exercice libéral. La solution consiste à vérifier la nature de l'activité avant signature et à recourir au bail professionnel de la Loi de 1986 lorsque l'activité est exclusivement libérale.
Erreur 2 — Autoriser une activité commerciale dans le bail professionnel : la moindre activité commerciale (vente au public, restauration, hébergement, distribution de produits commerciaux) exercée dans les locaux loues en bail professionnel expose ce bail à une requalification judiciaire en bail commercial 3-6-9 par le Tribunal judiciaire, avec application intégrale du statut des baux commerciaux du Code de commerce (droit au renouvellement, indemnité d'éviction, plafonnement de l'indexation). La solution consiste à rédiger la destination de manière exclusivement libérale et à refuser toute activité commerciale même accessoire.
Erreur 3 — Négliger la mention du numéro d'inscription à l'Ordre professionnel : l'absence de mention du numéro RPPS (Répertoire partage des professionnels de santé) pour les professionnels de santé, du numéro d'identifiant CARPA pour les avocats, du numéro d'inscription à l'Ordre des architectes ou des experts-comptables, peut entraîner des difficultés pour identifier le preneur et vérifier sa qualification professionnelle. La solution consiste à vérifier l'inscription à l'Ordre sur les sites officiels (sante.gouv.fr, cnb.avocat.fr, architectes.org) et à inscrire le numéro au bail.
Erreur 4 — Confondre dépôt de garantie et caution bancaire : contrairement au bail d'habitation soumis à la Loi du 6 juillet 1989 qui plafonne le dépôt de garantie à un mois de loyer pour les locations vides, le bail professionnel n'est pas plafonne et le montant négocié peut atteindre 3 mois de loyer. La caution bancaire à première demande émise par une banque française ou européenne agréée par l'ACPR constitue une alternative au dépôt en numéraire qui évite l'immobilisation de trésorerie du preneur, particulièrement utile pour les jeunes professionnels en début d'exercice.
Erreur 5 — Négliger l'option à la TVA et ses conséquences sur 9 ans : le bailleur qui ne reflechit pas à l'option à la TVA au taux de 20 % au moment de la signature s'engage sur une durée minimale de 9 années pleines d'irrevocabilité de l'option (CGI art. 260-2°). Sans option, le bailleur ne peut déduire la TVA sur les travaux et fournitures liés au local; avec option, il déduit la TVA d'amont mais doit la facturer au preneur (qui peut à son tour la déduire s'il est assujetti). La solution consiste à évaluer la situation TVA du preneur (assujetti pour architectes, experts-comptables, consultants; exonéré pour médecins, dentistes, kinésithérapeutes) et le montant prévisionnel des travaux du bailleur avant de signer.
Erreur 6 — Choisir un indice d'indexation inadapte à l'activité : utiliser l'indice de référence des loyers (IRL) réserve en principe au résidentiel pour un bail professionnel, ou maintenir l'indice du coût de la construction (ICC) en perte de vitesse au lieu de l'indice ILAT (indice des loyers des activités tertiaires) recommande pour les locaux professionnels affectés aux services intellectuels. La solution consiste à choisir l'ILAT pour les cabinets d'avocats, de médecins, de notaires, d'experts-comptables, de consultants, qui reflète mieux l'évolution des loyers professionnels que l'ICC ou l'IRL.
Erreur 7 — Omettre l'obligation d'assurance multirisque professionnelle : le bail doit prévoir l'obligation pour le preneur de souscrire une assurance multirisque professionnelle couvrant les risques locatifs (incendie, dégâts des eaux, responsabilité civile professionnelle), avec présentation annuelle de l'attestation au bailleur. À défaut, le bailleur s'expose à un défaut de couverture en cas de sinistre cause par le preneur. La solution consiste à insérer une clause résolutoire en cas de défaut d'assurance dûment constaté par lettre recommandée restée infructueuse pendant un mois.
Erreur 8 — Négliger les normes d'accessibilité ERP pour les cabinets recevant du public : les cabinets de médecins, dentistes, avocats, architectes, experts-comptables, kinésithérapeutes recevant du public sont qualifiés d'établissements recevant du public (ERP) catégorie 5 et doivent respecter les normes d'accessibilité imposées par l'arrêté du 8 décembre 2014 du Code de la construction et de l'habitation art. R162-1 et suivants. Le défaut de conformité expose le professionnel à des sanctions administratives (amende, fermeture) prononcées par la Commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité (CCDSA). La solution consiste à vérifier la conformité avant la signature du bail et à prévoir une clause de coopération du bailleur pour les travaux de mise en conformité à la charge du propriétaire (Code civil art. 606).
Questions Fréquentes
Le bail professionnel en France et le bail commercial 3-6-9 obéissent à des régimes juridiques distincts qui se différencient par la nature de l'activité, la durée minimale, le droit au renouvellement et l'indemnité d'éviction. Le bail professionnel régi par l'article 57 À de la Loi n°86-1290 du 23 décembre 1986 et l'article 1750 du Code civil s'applique exclusivement aux locaux utilises pour l'exercice des professions libérales réglementées (avocats, médecins, dentistes, notaires, architectes, experts-comptables, kinésithérapeutes) ou non réglementées (consultants, traducteurs, formateurs indépendants). La durée minimale est de six années, contre neuf années pour le bail commercial. Le preneur professionnel peut résilier à tout moment moyennant un préavis de six mois, alors que le preneur commercial ne peut résilier qu'à l'expiration des périodes triennales (3ème, 6ème année). Le bail professionnel n'ouvre pas droit au renouvellement automatique ni à l'indemnité d'éviction prévus par les articles L145-8 à L145-30 du Code de commerce pour les baux commerciaux. La cession du bail professionnel est subordonnée à l'accord préalable du bailleur, contrairement au bail commercial ou la cession liée au fonds de commerce est d'ordre public selon l'article L145-16 du Code de commerce. Le loyer du bail professionnel n'est pas soumis au plafonnement de la Loi Pinel n°2014-626 du 18 juin 2014. La distinction se détermine selon la nature de l'activité exercée dans les lieux : activité commerciale ou artisanale relevant du Registre du commerce et des sociétés (RCS) pour le bail commercial; activité libérale exclusive de toute vente au public pour le bail professionnel.
Le bail professionnel régi par l'article 57 À de la Loi n°86-1290 du 23 décembre 1986 s'appliqué aux professions libérales définies par l'article 29 de la Loi n°2012-387 du 22 mars 2012 comme « les personnes exerçant à titre habituel, de manière indépendante et sous leur responsabilité, une activité de nature généralement civile ayant pour objet d'assurer dans l'intérêt du client ou du public, des prestations principalement intellectuelles, techniques ou de soins, mises en œuvre au moyen de qualifications professionnelles appropriées et dans le respect des principes éthiques ou d'une déontologie professionnelle ». Les professions libérales réglementées bénéficient d'un statut professionnel encadré par un Ordre ou une autorité de tutelle : avocats (Ordre du Barreau, Loi n°71-1130 du 31 décembre 1971), médecins (Ordre national des médecins, Code de la santé publique), chirurgiens-dentistes (Ordre des chirurgiens-dentistes), pharmaciens, notaires (officiers ministériels, Ordre national des notaires), architectes (Ordre des architectes, Loi n°77-2 du 3 janvier 1977), experts-comptables (Ordre des experts-comptables, Loi n°45-138 du 19 septembre 1945), commissaires aux comptes, geometres-experts, infirmiers, kinésithérapeutes, sages-femmes, psychologues, vétérinaires. Les professions libérales non réglementées comprennent les consultants en management, traducteurs indépendants, formateurs, coachs, designers, et d'autres activités intellectuelles exercées à titre indépendant et déclarées auprès de l'URSSAF. La forme d'exercice peut être individuelle (personne physique) ou en société d'exercice libéral (SELARL, SELAS, SELAFA, SCP, SCM). Les pharmacies relèvent en revanche du bail commercial 3-6-9 du Code de commerce articles L145-1 et suivants en raison de leur activité de vente au détail.
Le loyer du bail professionnel en France est librement fixé par les parties au moment de la signature, contrairement au bail commercial qui bénéficie du plafonnement de la Loi Pinel à l'article L145-38 du Code de commerce. Aucune réglementation spécifique n'encadre le montant initial du loyer, qui dépend de l'offre et de la demandé locale, de la valeur locative du local, de la surface et de l'emplacement. L'indexation annuelle est en revanche encadrée par les articles L112-1 et suivants du Code monétaire et financier qui exigent qu'elle soit fondée sur un indice en lien avec l'activité exercée. Les parties choisissent généralement l'un des trois indices publies trimestriellement par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) : l'indice ILAT (indice des loyers des activités tertiaires) recommande pour les locaux professionnels affectés aux services intellectuels (cabinets d'avocats, d'experts-comptables, de conseils); l'indice ICC (indice du coût de la construction) traditionnellement utilise mais en perte de vitesse depuis la création de l'ILAT; l'indice IRL (indice de référence des loyers) réserve en principe au résidentiel mais parfois utilisé par défaut. La formule légale d'indexation est : nouveau loyer = (loyer de base × indice du trimestre de référence) / indice initial inscrit au bail. L'indexation intervient annuellement à la date anniversaire du bail, par simple notification écrite du bailleur au preneur. Le plafonnement de la Loi Pinel ne s'applique pas au bail professionnel, qui suit purement les variations de l'indice choisi. Une révision triennale est possible par accord des parties; en cas de litige, le Tribunal judiciaire territorialement compétent peut être saisi.
Oui, le preneur d'un bail professionnel en France peut résilier le bail à tout moment, sans avoir à justifier de motif particulier, conformément à l'article 57 À de la Loi n°86-1290 du 23 décembre 1986. Cette flexibilité constitue une différence essentielle avec le bail commercial 3-6-9 ou le preneur ne peut résilier qu'à l'expiration des périodes triennales. Le preneur professionnel doit respecter un préavis de six mois donné au bailleur par lettre recommandée avec accuse de réception ou par acte de commissaire de justice (ex-huissier). Le préavis court à compter de la date de réception de la lettre recommandée ou de la signification de l'acte. Pendant le préavis, le preneur reste tenu du paiement du loyer et des charges, et le bail produit ses effets jusqu'à son terme. Le preneur doit restituer les locaux dans l'état ou il les à reçus, sauf usure normale et entretien locatif, et un état des lieux de sortie contradictoire doit être établi. Cette faculté de résiliation à tout moment offre une grande flexibilité aux professionnels libéraux dont l'activité peut évoluer (déplacement géographique, association avec d'autres confreres, retraite, cessation d'activité, intégration d'une SEL). Le bailleur, en revanche, ne peut donner congé qu'à l'expiration des six années, moyennant le même préavis de six mois donné par acte de commissaire de justice. À défaut de congé du bailleur, le bail est reconduit tacitement pour une nouvelle durée de six années aux mêmes conditions, sauf indexation.
Le bail professionnel en France n'est pas automatiquement soumis à la TVA, mais le bailleur peut opter pour l'assujettissement en application de l'article 260-2° du Code général des impôts (CGI). En l'absence d'option, la location d'immeubles nus à usage professionnel est exonérée de TVA conformément à l'article 261 D 2° du CGI, ce qui présente l'avantage pour le preneur de ne pas avoir à supporter la TVA sur le loyer, mais l'inconvénient pour le bailleur de ne pas pouvoir déduire la TVA d'amont sur les travaux et fournitures liés au local. En cas d'option à la TVA, le loyer est soumis au taux normal de 20 % et le bailleur déduit intégralement la TVA sur les dépenses liées au local (travaux, gros entretien, honoraires de gestion). L'option à la TVA est intéressante lorsque le preneur est lui-même assujetti et peut déduire la TVA sur son loyer (architectes, experts-comptables, consultants en management, certaines activités de conseil). Elle est moins intéressante lorsque le preneur exerce une activité exonérée de TVA (médecins, dentistes, kinésithérapeutes, autres professionnels de santé, avocats sur certaines prestations). L'option doit être formulée par écrit auprès du Service des impôts des entreprises (SIE) territorialement compétent et est irrévocable pendant une durée minimale de neuf années pleines à compter de l'option. Le bailleur doit réfléchir attentivement avant d'opter, en consultation avec son expert-comptable, car la décision engage sur le long terme. La taxé annuelle sur les bureaux, locaux commerciaux et entrepôts (TBCEC) prévue à l'article 231 ter CGI peut s'appliquer en Ile-de-France et certains départements limitrophes.
Le preneur d'un bail professionnel en France est soumis à des obligations qui combinent les obligations générales du locataire prévues par le Code civil et les obligations spécifiques liées à l'exercice de sa profession libérale. Les obligations générales découlent des articles 1728 et suivants du Code civil : utiliser le local en bon père de famille suivant la destination convenue, payer le loyer aux échéances convenues, effectuer les réparations locatives à la charge du locataire (Code civil art. 1754 et décret n°87-712 du 26 août 1987 sur les réparations locatives), souscrire une assurance multirisque professionnelle couvrant les risques locatifs (incendie, dégâts des eaux, responsabilité civile professionnelle). Le preneur doit également respecter le règlement de copropriété en cas de local en immeuble mixte, et s'abstenir de toute activité genant les autres copropriétaires ou occupants. Les obligations spécifiques liées à la profession libérale comprennent le respect des règles déontologiques imposées par l'Ordre professionnel (avocats : Règlement intérieur national, RIN, et règlement intérieur du barreau d'inscription; médecins : Code de déontologie médicale codifié aux articles R4127-1 et suivants du Code de la santé publique; notaires : règlement national approuvé par décret), le respect du secret professionnel (Code pénal art. 226-13), l'obligation de souscrire une responsabilité civile professionnelle (RCP) généralement obligatoire pour les professions réglementées, la conformité aux normes d'accessibilité des établissements recevant du public (ERP) pour les cabinets recevant des clients ou patients (arrêté du 8 décembre 2014, Code de la construction et de l'habitation art. R162-1 et suivants). Le preneur doit informer le bailleur de toute modification structurelle de son exercice professionnel (changement de mode d'exercice, intégration d'une SEL, association).
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
Une erreur ? Signalez-le-nousDocuments Connexes
Vous pourriez également trouver ces documents utiles :
Bail Commercial 3-6-9 (Statut des Baux Commerciaux)
Contrat de bail commercial 3-6-9 pour un local commercial situe en France, conforme au statut des baux commerciaux du Code de commerce et à la Loi Pinel.
Acte de Base de Copropriété (État Descriptif de Division)
Acte de base de copropriété et état descriptif de division (EDD) pour un immeuble situe en France, conforme à la Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 et au décret n°67-223 du 17 mars 1967.
Acte de Cession de Lot de Copropriete
Acte preparatoire de cession d'un lot de copropriete conforme a la Loi n°65-557 du 10 juillet 1965, art. 6 et 20, et au Code civil art. 1583. Inclut quotite de tantieme, surface Carrez, etat date syndic, et delai de retractation 10 jours.