Procuration Générale (Mandat Général)
Code civil art. 1984 à 2010 (mandat) ; art. 1988 (mandat exprès pour aliéner) ; loi du 25 ventôse an XI (notariat)
PROCURATION GÉNÉRALE (MANDAT GÉNÉRAL)
Articles 1984 à 2010 du Code civil ; article 1988 (mandat exprès) ; loi du 25 ventôse an XI organique du notariat ; ordonnance n°45-2590 du 2 novembre 1945 portant statut du notariat.
Forme retenue : [Forme Mandat]
Étendue des pouvoirs : [Etendue Pouvoir]
Parties
PARTIES
Le Mandant :
Nom : [Mandant Nom]
Né(e) le : [Mandant Date Naissance] à [Mandant Lieu Naissance]
Adresse : [Mandant Adresse]
SIREN / NIF : [Mandant S I R E N]
Pièce d'identité : [Mandant Piece]
Le Mandataire :
Nom : [Mandataire Nom]
Né(e) le : [Mandataire Date Naissance]
Adresse : [Mandataire Adresse]
Pièce d'identité : [Mandataire Piece]
Mandataire subsidiaire : [Mandataire Subsidiaire]
Mode d'exercice en cas de pluralité : [Mode Exercice Multiple]
Art. 1 — Octroi de la Procuration
ART. 1 — OCTROI DE LA PROCURATION
Le Mandant donne par les présentes au Mandataire procuration générale, fondée sur les articles 1984 et suivants du Code civil, à l'effet d'accomplir en son nom et pour son compte les actes ci-après désignés portant sur son patrimoine. Le Mandataire accepte expressément le mandat et s'engage à l'exécuter conformément aux dispositions du Code civil et aux instructions du Mandant.
Art. 2 — Étendue des Pouvoirs
ART. 2 — ÉTENDUE DES POUVOIRS
Le Mandataire est expressément autorisé à accomplir :
(a) Opérations bancaires : [Pouvoirs Bancaires]
(b) Opérations fiscales devant la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) : [Pouvoirs Fiscaux]
(c) Opérations immobilières (sous réserve du mandat exprès de l'art. 1988 du Code civil pour vente ou hypothèque) : [Pouvoirs Immobiliers]
(d) Opérations commerciales et représentation d'entreprise : [Pouvoirs Commerciaux]
(e) Opérations administratives (mairie, URSSAF, France Travail, CAF, CPAM) : [Pouvoirs Administratifs]
Auto-contrat (interdit sauf autorisation expresse en application de l'article 1596 du Code civil) : [Auto Contrat]
Art. 3 — Exclusions
ART. 3 — ACTES EXCLUS DU MANDAT
Les actes suivants sont expressément exclus du mandat :
[Exclusions]
Art. 4 — Durée et Extinction
ART. 4 — DURÉE ET CAUSES D'EXTINCTION
Date d'entrée en vigueur : [Date Entree Vigueur]
Durée : [Duree Mandat]
La procuration prend fin par les causes prévues à l'article 2003 du Code civil : révocation par le Mandant, renonciation par le Mandataire, mort, tutelle ou liquidation judiciaire du Mandant ou du Mandataire. Elle prend également fin en cas d'ouverture d'une mesure de protection judiciaire prononcée par le juge des tutelles à l'égard du Mandant en application des articles 425 et suivants du Code civil. La procuration générale ordinaire ne survit pas à l'incapacité du Mandant : pour anticiper une perte de discernement, il convient de conclure un mandat de protection future régi par les articles 477 à 494 du Code civil.
Art. 5 — Reddition de Comptes
ART. 5 — REDDITION DE COMPTES
Fréquence de la reddition prévue à l'article 1993 du Code civil : [Frequence Reddition]
Le Mandataire remet au Mandant un compte écrit accompagné des extraits bancaires, factures et pièces justificatives relatifs à tous les actes accomplis en son nom. À défaut, la responsabilité contractuelle du Mandataire est engagée sur le fondement de l'article 1992 du Code civil.
Art. 6 — Droit Applicable et Juridiction
ART. 6 — DROIT APPLICABLE ET JURIDICTION COMPÉTENTE
La présente procuration est régie par le droit français. Les litiges relatifs à son interprétation ou à son exécution sont soumis au Tribunal judiciaire compétent à raison du domicile du Mandant en application de l'article 42 du Code de procédure civile. Pour les procurations à caractère commercial, le Tribunal de commerce compétent peut connaître du litige sur le fondement de l'article L721-3 du Code de commerce.
SIGNATURE
Fait à [Lieu Signature], le [Date Signature].
Le Mandant : [Mandant Nom]
Signature (précédée de la mention manuscrite "Bon pour pouvoir") : _________________________
Le Mandataire (acceptation) : [Mandataire Nom]
Signature (précédée de la mention manuscrite "Bon pour acceptation de mandat") : _________________________
Pour la forme authentique : passation devant un notaire français inscrit au tableau de la Chambre interdépartementale des notaires compétente, conformément à la loi du 25 ventôse an XI et à l'ordonnance n°45-2590 du 2 novembre 1945. L'acte est conservé au rang des minutes du notaire.
Mandant
________________
Signature
Mandataire
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Procuration Générale (Mandat Général) ?
La Procuration Générale (Mandat Général) est, en droit français, un acte par lequel un mandant donne pouvoir à un mandataire d'accomplir tous les actes d'administration et, sur stipulation expresse, certains actes de disposition de son patrimoine. Il est régi par Code civil art. 1984 à 2010 (mandat). Le mandat exprès, requis pour les actes graves selon l'article 1988 du Code civil, impose que le mandataire dispose d'un pouvoir spécifique pour aliéner, hypothéquer, transiger ou accomplir tout acte excédant les pouvoirs d'administration ordinaire. La procuration générale couvre par défaut les actes d'administration : gestion des comptes bancaires, encaissement des loyers, paiement des factures, déclarations fiscales auprès de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) via le Service des Impôts des Particuliers (SIP) ou des Entreprises (SIE). Pour vendre un immeuble, constituer une hypothèque ou contracter un emprunt important, une stipulation expresse demeure indispensable, faute de quoi le notaire ou l'établissement bancaire refusera de passer l'acte. En France, la procuration générale se présente sous deux formes principales. La forme sous seing privé est rédigée et signée par les parties sans intervention notariale ; elle suffit pour la majorité des actes d'administration courante, à condition que la signature du mandant soit lisible et que les pouvoirs soient décrits avec précision. La forme authentique, reçue par un notaire français en application de la loi du 25 ventôse an XI sur le notariat et de l'ordonnance n°45-2590 du 2 novembre 1945, est obligatoire pour les actes qui doivent eux-mêmes être passés par acte authentique : vente d'immeuble (Code civil art. 1582), hypothèque (Code civil art. 2385-2424 réforme 2021), donation entre vifs (Code civil art. 931), contrat de mariage (Code civil art. 1394), constitution de SA ou SARL avec apport en nature. La procuration authentique présente une force probante renforcée opposable aux tiers et au Greffe du Tribunal de commerce. La Cour de cassation a précisé à plusieurs reprises que la procuration générale doit être interprétée restrictivement : le mandataire ne peut faire que ce que la procuration autorise expressément ou implicitement, et tout dépassement engage sa responsabilité personnelle envers le mandant comme envers les tiers contractants. L'article 1989 du Code civil interdit au mandataire de rien faire au-delà de ce qui est porté dans son mandat ; le pouvoir de transiger ne renferme pas celui de compromettre. Cette règle protège le mandant contre les abus et oblige le mandataire à une lecture stricte de son titre. La procuration générale en France se distingue du mandat de protection future prévu par les articles 477 à 494 du Code civil issus de la Loi n°2007-308 du 5 mars 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs. La procuration ordinaire prend automatiquement fin en cas d'incapacité du mandant prononcée par le juge des tutelles, tandis que le mandat de protection future est précisément conçu pour produire ses effets en cas d'incapacité future. Les particuliers français qui souhaitent anticiper une perte de discernement doivent donc opter pour un mandat de protection future spécifique, signé devant notaire ou sous seing privé contresigné par avocat selon les modalités précisées par les articles 477 à 494 du Code civil. Le mandataire agit au nom et pour le compte du mandant en vertu de l'article 1984 du Code civil, ce qui signifie que tous les effets juridiques des actes accomplis se produisent directement dans le patrimoine du mandant. Le mandataire est tenu à une obligation de reddition de comptes selon l'article 1993 du Code civil et engage sa responsabilité contractuelle pour les fautes commises dans l'exécution du mandat (article 1992 du Code civil). En cas d'abus ou de dépassement, la responsabilité quasi-délictuelle fondée sur les articles 1240 et 1241 du Code civil (anciens articles 1382 et 1383) peut également être recherchée, et les juridictions civiles compétentes sont le Tribunal judiciaire compétent en application de l'article 42 du Code de procédure civile. Voir aussi la procuration spéciale et le mandat de protection future pour les alternatives adaptées à des situations spécifiques.
Quand avez-vous besoin d'un Procuration Générale (Mandat Général) ?
La procuration générale en France répond à des situations pratiques précises où le mandant souhaite ou doit déléguer la gestion de son patrimoine à un tiers de confiance. Le recours à cette procuration s'impose dès lors qu'une présence physique régulière du mandant devient impossible ou inopportune.
Les Français expatriés ou résidant temporairement à l'étranger constituent la première catégorie de mandants. Un cadre détaché à Singapour, un retraité passant six mois par an au Portugal ou un étudiant en doctorat à Berkeley confient à un proche resté en France le soin de gérer leur compte courant chez BNP Paribas, Société Générale ou Crédit Agricole, de déposer leur déclaration fiscale annuelle de revenus auprès de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) via le Service des Impôts des Particuliers (SIP), de relever leur boîte aux lettres et de signer la correspondance courante. Sans procuration, chaque acte administratif exigerait soit le déplacement du mandant, soit une procuration spéciale pour chaque opération isolée.
Les chefs d'entreprise et dirigeants de société utilisent la procuration générale pour assurer la continuité de la gestion durant leurs absences prolongées. Un président de SAS ou un gérant de SARL peut conférer à son conjoint, à son associé ou à un cadre supérieur le pouvoir de signer les actes courants : virements bancaires, signature de contrats commerciaux dans les limites du mandat, déclarations de TVA mensuelles ou trimestrielles auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE). Pour les actes engageant l'entreprise vis-à-vis du Registre du commerce et des sociétés (RCS) tenu par le Greffe du Tribunal de commerce, une publication au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC) peut s'imposer en complément.
Les personnes âgées en perte progressive d'autonomie recourent à la procuration générale pour confier à un enfant ou à un petit-enfant la gestion quotidienne de leurs finances : paiement des factures de la mutuelle, gestion du compte d'épargne et du Livret A, perception de la pension de retraite versée par la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse (CNAV) et l'AGIRC-ARRCO, déclarations fiscales annuelles. Toutefois, si la perte d'autonomie est susceptible d'évoluer vers une incapacité juridique, le notaire conseille systématiquement d'opter pour un mandat de protection future régi par les articles 477 à 494 du Code civil issus de la Loi n°2007-308 du 5 mars 2007, lequel produira ses effets précisément lorsque la procuration générale aurait cessé de plein droit.
Les copropriétaires qui ne peuvent assister aux assemblées générales de leur immeuble confèrent une procuration générale à un voisin, à un membre de la famille ou au syndic pour les représenter, voter sur les résolutions, signer les procès-verbaux et engager des dépenses dans la limite de leur quote-part. La Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 et le décret n°67-223 du 17 mars 1967 encadrent ces représentations en assemblée générale de copropriété, avec une limite de trois mandats par mandataire (sauf cumul de quotes-parts).
Les héritiers d'une succession en cours de liquidation utilisent une procuration générale pour autoriser l'un d'entre eux à représenter les autres devant le notaire chargé de la déclaration de succession, à signer la déclaration auprès de la DGFiP (administration des successions) dans le délai de six mois suivant le décès (article 641 du Code général des impôts), à gérer les comptes du défunt et à régler les dettes successorales. Cette pratique évite la coordination matérielle de tous les héritiers à chaque acte de liquidation.
Les propriétaires bailleurs qui résident loin de leur bien immobilier (par exemple un Parisien propriétaire à Bordeaux ou à Marseille) confient à une agence immobilière ou à un mandataire personnel la gestion locative : conclusion du bail régi par la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989, perception du loyer, suivi de l'indice IRL pour les révisions de loyer, gestion des relations avec le locataire, exécution des décisions de justice en cas de litige locatif. Pour les baux commerciaux 3-6-9 régis par le Code de commerce L145-1 et suivants, la procuration générale doit expressément mentionner le pouvoir de conclure et résilier des baux commerciaux.
Les personnes hospitalisées ou en convalescence prolongée recourent à la procuration générale pour confier la gestion patrimoniale temporaire à un proche tant qu'elles conservent leur capacité juridique. Si l'hospitalisation s'accompagne d'une altération du discernement, le juge des tutelles peut être saisi pour ouvrir une mesure de protection (tutelle, curatelle, sauvegarde de justice) en vertu des articles 425 et suivants du Code civil, qui se substitue alors à la procuration. Cette articulation entre procuration volontaire et mesure de protection judiciaire doit être anticipée pour éviter une rupture dans la gestion du patrimoine.
Les professionnels libéraux et indépendants utilisent la procuration générale pour confier à un confrère ou à un secrétariat la gestion des aspects administratifs et fiscaux de leur activité. Un avocat au Barreau de Paris, un médecin libéral inscrit à l'Ordre, un architecte ou un expert-comptable confient ainsi la gestion comptable, les déclarations fiscales (BNC, IS), les relations avec l'URSSAF, les déclarations sociales auprès de l'ACOSS, et les opérations bancaires courantes. Voir aussi le mandat de protection future et la procuration spéciale pour les alternatives adaptées.
Que faut-il inclure dans votre Procuration Générale (Mandat Général) ?
La procuration générale française doit contenir un ensemble d'éléments précis pour être valable, opposable aux tiers et acceptée par les notaires, banques, la DGFiP, l'URSSAF et les administrations communales. L'omission d'un élément essentiel peut entraîner le rejet du document par l'établissement destinataire ou la nullité de l'acte accompli par le mandataire.
Identification complète du mandant. Nom, prénoms, date et lieu de naissance, état civil, adresse de résidence principale telle qu'inscrite sur la pièce d'identité, profession, nationalité et numéro de carte nationale d'identité française ou de passeport. Pour une personne morale, mentionner la dénomination sociale, la forme juridique (SARL, SAS, SA, SCI, EURL, SASU), le numéro SIREN à 9 chiffres délivré par l'Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE), le siège social, le numéro de TVA intracommunautaire et l'identité de l'organe représentant avec référence à la publication au Registre du commerce et des sociétés (RCS) ou au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC).
Identification complète du mandataire. Les mêmes éléments d'identification que pour le mandant. Il est vivement recommandé de désigner un mandataire principal et un mandataire subsidiaire qui prendra le relais en cas de décès, d'incapacité ou de refus du premier. Lorsque plusieurs mandataires sont désignés, préciser s'ils agissent conjointement (signatures cumulatives obligatoires) ou séparément (chacun pouvant agir seul). Cette clause évite les blocages opérationnels devant les banques (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel) et les notaires français.
Étendue précise des pouvoirs conférés. La procuration générale doit énumérer les catégories d'actes que le mandataire peut accomplir : opérations bancaires (virements, retraits, ouverture et clôture de comptes auprès des établissements relevant de l'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution - ACPR), opérations fiscales (déclarations à l'IR, à l'IS, à la TVA, demandes de remboursement, réclamations devant la DGFiP), opérations immobilières (gestion locative, signature de baux, demandes de permis d'urbanisme auprès de la commune), opérations commerciales (signature de contrats, représentation devant le Tribunal de commerce), opérations administratives (correspondance avec la commune, l'URSSAF, France Travail ex-Pôle Emploi, la CAF, la CPAM, l'INPI Guichet unique).
Mandat exprès pour les actes graves (article 1988 du Code civil). Pour la vente d'immeuble, la constitution d'hypothèque, la transaction, le compromis, la donation, la souscription d'emprunt ou tout acte de disposition portant sur des biens importants, le mandat doit être exprès et désigner précisément l'opération autorisée. À défaut, le notaire refusera de recevoir l'acte authentique. Une procuration générale formulée en termes vagues comme tous actes patrimoniaux n'autorise pas l'aliénation d'un immeuble : il faut une stipulation expresse mentionnant l'adresse du bien, le prix minimum et les conditions essentielles.
Limitations et exclusions explicites. Le mandant peut interdire certaines opérations : interdiction de vendre la résidence principale (qui est notamment protégée en cas de procédure de surendettement), plafond pour les dons et libéralités, interdiction de souscrire un crédit à la consommation au sens du Code de la consommation L312-1 et suivants, interdiction d'investir dans des produits financiers risqués ou des cryptomonnaies, plafond pour les dépenses uniques. Ces limitations s'imposent au mandataire et engagent sa responsabilité personnelle en cas de dépassement.
Clause sur l'interdiction de contracter avec soi-même. Sauf autorisation expresse, le mandataire ne peut conclure un acte avec lui-même au nom du mandant. L'article 1596 du Code civil interdit au mandataire de se rendre adjudicataire ni des biens qu'il est chargé de vendre. La jurisprudence constante de la Cour de cassation étend ce principe à toute opération d'auto-contrat. Pour autoriser un acte où le mandataire serait à la fois représentant du mandant et partie contractante (par exemple, achat d'un bien du mandant par le mandataire), une stipulation expresse est nécessaire avec mention de l'opération concernée.
Durée de la procuration et modes d'extinction. Date d'entrée en vigueur, durée déterminée ou indéterminée, et énumération des causes d'extinction conformément à l'article 2003 du Code civil : révocation par le mandant, renonciation par le mandataire, mort du mandant ou du mandataire, tutelle ou liquidation judiciaire. La procuration générale prend automatiquement fin lorsque le juge des tutelles prononce une mesure de protection judiciaire (tutelle, curatelle) à l'égard du mandant en application des articles 425 et suivants du Code civil. Pour anticiper une telle hypothèse, le mandant doit conclure un mandat de protection future.
Reddition de comptes. Sur le fondement de l'article 1993 du Code civil, le mandataire est tenu de rendre compte de sa gestion au mandant. La procuration doit fixer la périodicité (annuelle, semestrielle ou à la demande), la forme (rapport écrit accompagné des relevés bancaires et pièces justificatives) et les modalités de transmission. Une reddition régulière prévient les contestations ultérieures et facilite la liquidation du mandat à son terme. Le modèle proposé par forms-legal.com sert de base de travail mais ne remplace pas la consultation préalable d'un notaire ou d'un avocat pour les actes complexes.
Forme et signature. Pour la forme sous seing privé : signature manuscrite du mandant précédée de la mention manuscrite Bon pour pouvoir en présence du mandataire qui contresigne pour acceptation précédée de la mention Bon pour acceptation de mandat, datation au format JJ/MM/AAAA, mention du lieu de signature en France. Pour la forme authentique : passation devant un notaire français inscrit au tableau de la Chambre interdépartementale des notaires compétente, avec lecture, contrôle d'identité (carte nationale d'identité) et conservation de l'acte au rang des minutes du notaire.
Comment remplir votre Procuration Générale (Mandat Général)
Remplir une procuration générale française requiert rigueur et précision, car le notaire, la banque ou l'administration peut refuser le document en cas d'imprécision, d'omission ou de contradiction. Suivez les étapes ci-dessous pour préparer un acte conforme au droit français.
Étape 1 — Déterminer la forme de la procuration. Vérifiez si vous avez besoin d'une procuration sous seing privé ou d'une procuration authentique. Pour les actes d'administration courante (banque, fiscalité, correspondance), la forme sous seing privé suffit. Pour les actes notariés (vente immobilière, hypothèque, donation, constitution de société), la procuration doit obligatoirement être authentique, passée devant un notaire français en application de l'article 1988 du Code civil et de la loi du 25 ventôse an XI sur le notariat.
Étape 2 — Renseigner les coordonnées du mandant. Saisissez les nom, prénoms, date de naissance (format JJ/MM/AAAA), lieu de naissance avec mention du département pour la France (par exemple : Paris (75)), adresse complète (rue, numéro, code postal, commune), profession, nationalité et numéro de carte nationale d'identité française ou passeport avec date de validité. Pour une personne morale, indiquez la dénomination sociale, la forme juridique, le numéro SIREN à 9 chiffres délivré par l'INSEE, le siège social, le numéro de TVA intracommunautaire et l'identité de l'organe représentant.
Étape 3 — Renseigner les coordonnées du ou des mandataires. Indiquez les mêmes éléments que pour le mandant. Si vous désignez plusieurs mandataires, précisez explicitement le mode d'exercice du pouvoir : conjointement (toutes les signatures requises pour chaque acte), séparément (chacun peut agir seul) ou subsidiairement (l'un agit, l'autre prend le relais en cas d'empêchement). Cette précision évite les difficultés ultérieures devant les établissements bancaires (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel) et les notaires français.
Étape 4 — Définir l'étendue exacte des pouvoirs. Listez les catégories d'actes que le mandataire peut accomplir : opérations bancaires auprès des établissements relevant de l'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), opérations fiscales devant la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) via les Services des Impôts des Particuliers (SIP) ou des Entreprises (SIE), opérations administratives devant la commune et les organismes de sécurité sociale (URSSAF, CPAM, CAF, France Travail), opérations immobilières, opérations commerciales. Pour chaque catégorie, précisez les limites (plafonds en euros, durées maximales, types d'opérations exclus).
Étape 5 — Inclure les mandats exprès pour les actes graves. Si le mandataire doit pouvoir vendre un immeuble, contracter un emprunt important, hypothéquer un bien, transiger ou compromettre, mentionnez expressément ces pouvoirs avec les détails requis : adresse du bien à vendre, montant maximum de l'emprunt, créancier hypothécaire, montant et conditions de la transaction. Sans cette mention expresse, le notaire refusera de passer l'acte conformément à l'article 1988 du Code civil.
Étape 6 — Préciser les limitations et exclusions. Énumérez les opérations expressément interdites au mandataire : interdiction de vendre la résidence principale, plafond de 5.000,00 € par don ou libéralité, interdiction de souscrire un crédit à la consommation au sens du Code de la consommation L312-1 et suivants, interdiction d'investir dans des cryptomonnaies ou des produits dérivés. Ces limitations protègent le mandant et précisent les contours de la responsabilité du mandataire.
Étape 7 — Statuer sur l'auto-contrat. Indiquez expressément si le mandataire est ou non autorisé à contracter avec lui-même au nom du mandant. Par défaut, l'auto-contrat est interdit (article 1596 du Code civil et jurisprudence constante de la Cour de cassation). Pour autoriser une opération précise (par exemple, achat par le fils mandataire d'un bien de son père mandant), formulez l'autorisation en termes spécifiques avec mention de l'objet et du prix minimum.
Étape 8 — Fixer la durée et les modalités d'extinction. Indiquez la date d'entrée en vigueur (format JJ/MM/AAAA), la durée (déterminée jusqu'à une date précise, ou indéterminée jusqu'à révocation), et les modes d'extinction conformes à l'article 2003 du Code civil. Précisez la procédure de révocation (lettre recommandée, notification par commissaire de justice ex-huissier, mention dans le registre tenu par les Notaires de France en cas de procuration authentique).
Étape 9 — Organiser la reddition de comptes. Définissez la fréquence (annuelle, semestrielle ou trimestrielle), la forme (rapport écrit signé avec extraits de comptes, factures et pièces justificatives) et les modalités de transmission (en main propre, courrier recommandé, ou consultation chez le notaire). La reddition régulière fonde une saine gestion et prévient les conflits familiaux.
Étape 10 — Procéder à la signature et à la conservation. Pour la forme sous seing privé : signature manuscrite du mandant précédée de la mention Bon pour pouvoir et contre-signature du mandataire précédée de la mention Bon pour acceptation de mandat, datation au format JJ/MM/AAAA et indication du lieu (commune française), conservation d'un original par chaque partie et remise d'une copie aux établissements destinataires (banque, DGFiP, RCS). Pour la forme authentique : prise de rendez-vous chez le notaire, lecture intégrale, contrôle d'identité par la carte nationale d'identité française, signature, conservation à la minute du notaire, et inscription le cas échéant au registre central tenu par les Notaires de France via l'Association pour le Développement du Service Notarial (ADSN).
Exigences juridiques pour Procuration Générale (Mandat Général)
La procuration générale en France est régie par les articles 1984 à 2010 du Code civil et par les législations annexes encadrant les actes authentiques (loi du 25 ventôse an XI organique du notariat, ordonnance n°45-2590 du 2 novembre 1945 portant statut du notariat). Les exigences légales varient selon la forme retenue et la nature des actes que le mandataire devra accomplir.
Condition de capacité. Le mandant doit avoir la capacité juridique de contracter au sens des articles 1145 et suivants du Code civil, c'est-à-dire être majeur et ne pas faire l'objet d'une mesure de protection judiciaire prononcée par le juge des tutelles en application des articles 425 et suivants du Code civil (tutelle, curatelle, sauvegarde de justice). Le mandataire doit également jouir de sa capacité juridique pour exécuter le mandat, même si l'article 1990 du Code civil permet à un mineur émancipé ou non émancipé de recevoir un mandat sans pouvoir s'obliger personnellement à raison du mandat.
Forme sous seing privé. Pour les actes d'administration courante, la procuration sous seing privé est valable sans formalité particulière au-delà de la signature manuscrite du mandant et de l'acceptation expresse ou tacite du mandataire (article 1985 du Code civil). Aucune mention manuscrite spéciale n'est requise par la loi générale, mais certains établissements bancaires ou administrations exigent en pratique une légalisation de signature auprès de la commune ou un certificat de signature délivré par un notaire français. La mention manuscrite Bon pour pouvoir est traditionnellement apposée par le mandant et la mention Bon pour acceptation de mandat par le mandataire.
Forme authentique obligatoire. L'article 1988 du Code civil impose le mandat exprès pour les actes de disposition portant sur des biens immobiliers, l'aliénation, l'hypothèque, le compromis et la transaction. En outre, le parallélisme des formes commande que la procuration soit reçue par acte authentique lorsque l'acte principal lui-même requiert la forme authentique : vente d'immeuble (article 1582 du Code civil et décret n°55-22 du 4 janvier 1955 sur la publicité foncière), constitution d'hypothèque (articles 2385 à 2424 du Code civil réformés par l'ordonnance n°2021-1192 du 15 septembre 2021), donation entre vifs (article 931 du Code civil), contrat de mariage (article 1394 du Code civil), constitution de SA selon le Code de commerce L225-1 et suivants.
Contrôle notarial et obligation d'information. Lorsqu'une procuration authentique est passée, le notaire français est tenu à un devoir de conseil renforcé en vertu de la loi du 25 ventôse an XI et de la déontologie du Conseil supérieur du notariat. Il doit vérifier l'identité des parties par la carte nationale d'identité française, s'assurer du consentement éclairé du mandant, attirer son attention sur la portée des pouvoirs conférés et procéder aux contrôles requis par la législation anti-blanchiment (Loi n°2013-100 du 28 janvier 2013 transposant la directive 2005/60/CE).
Obligations de publicité. La procuration générale ne fait pas l'objet d'une publication systématique. En revanche, lorsqu'elle vise à représenter une personne morale dans le cadre d'actes engageant l'entreprise vis-à-vis des tiers, une mention au Registre du commerce et des sociétés (RCS) tenu par le Greffe du Tribunal de commerce peut s'imposer en application des articles L123-1 et suivants du Code de commerce. Pour les procurations passées en vue de la gestion de biens immobiliers et destinées à être déposées au Service de la Publicité Foncière (SPF) de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP), la forme authentique est nécessaire pour transcription.
Obligations du mandataire. L'article 1992 du Code civil engage la responsabilité du mandataire pour les fautes commises dans l'exécution du mandat ; celle-ci est appréciée moins rigoureusement lorsque le mandat est gratuit. L'article 1993 impose au mandataire de rendre compte de sa gestion et de restituer tout ce qu'il a reçu en vertu du mandat. La violation de ces obligations entraîne la responsabilité contractuelle du mandataire, à laquelle peut s'ajouter la responsabilité quasi-délictuelle fondée sur les articles 1240 et 1241 du Code civil (anciens articles 1382 et 1383) pour les fautes constitutives d'un délit civil distinct.
Protection des tiers de bonne foi. L'article 2005 du Code civil protège les tiers qui ont contracté avec le mandataire dans l'ignorance de la révocation du mandat. La révocation n'est opposable aux tiers que si elle leur a été notifiée. Pour les procurations bancaires, la pratique consiste à notifier par lettre recommandée avec accusé de réception à chaque établissement concerné (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel). Pour les procurations authentiques, la révocation s'effectue par acte notarié contraire, et le notaire informe les organismes auprès desquels la procuration avait été produite.
Causes d'extinction. L'article 2003 du Code civil énumère les causes : révocation par le mandant, renonciation par le mandataire, mort du mandant ou du mandataire, tutelle ou liquidation judiciaire du mandant ou du mandataire. À cette liste s'ajoute le prononcé d'une mesure de protection judiciaire par le juge des tutelles concernant le mandant, qui rend la procuration ordinaire caduque ; seul un mandat de protection future dûment constitué sous l'empire de la Loi n°2007-308 du 5 mars 2007 et des articles 477 à 494 du Code civil peut survivre à l'incapacité.
Fiscalité de l'acte. La procuration sous seing privé n'est en principe pas soumise à enregistrement obligatoire ; toutefois, lorsqu'elle est utilisée pour un acte qui doit être enregistré (par exemple un compromis de vente immobilière), elle doit être annexée à l'acte enregistré. La procuration authentique reçue par un notaire français est soumise au droit d'enregistrement fixe prévu par le Code général des impôts, généralement de l'ordre de 125,00 €. Les émoluments notariaux varient selon la complexité de l'acte, généralement entre 200,00 € et 500,00 € pour une procuration générale standard.
Erreurs courantes à éviter dans votre Procuration Générale (Mandat Général)
La rédaction d'une procuration générale en France donne lieu à des erreurs récurrentes qui peuvent rendre l'acte inutilisable, exposer le mandant à des pertes financières ou engager la responsabilité du mandataire. Voici les pièges les plus fréquents et les bonnes pratiques pour les éviter.
Erreur 1 — Confondre procuration générale et mandat de protection future. La procuration générale ordinaire fondée sur les articles 1984 à 2010 du Code civil cesse de plein droit en cas d'incapacité du mandant, alors même que le rédacteur croyait l'avoir conçue pour parer à cette éventualité. Seul le mandat de protection future régi par la Loi n°2007-308 du 5 mars 2007 et les articles 477 à 494 du Code civil permet une représentation patrimoniale en cas d'incapacité future. Pour les personnes âgées ou souffrant d'une maladie évolutive, le notaire français oriente vers le mandat de protection future et procède à son enregistrement auprès des Notaires de France via l'Association pour le Développement du Service Notarial (ADSN).
Erreur 2 — Omettre le mandat exprès pour les actes graves. Présenter au notaire une procuration générale formulée en termes vagues pour vendre un immeuble entraîne le refus de passation. L'article 1988 du Code civil exige une mention expresse pour aliéner, hypothéquer, transiger ou compromettre. Une formule comme tous pouvoirs aux fins d'administration et de disposition est insuffisante : il faut nommer le bien, son adresse, le prix minimum et les conditions essentielles. Le coût supplémentaire d'une procuration authentique complémentaire et le retard de la signature en sont les conséquences directes.
Erreur 3 — Ne pas adopter la forme authentique lorsque la loi l'impose. Pour les opérations qui doivent être passées par acte authentique (vente d'immeuble, hypothèque, donation, constitution de société), la procuration doit elle aussi être authentique en vertu du principe du parallélisme des formes. Une procuration sous seing privé sera rejetée par le notaire et par le Service de la Publicité Foncière (SPF) de la DGFiP lors de la transcription, ce qui rendra l'acte principal impossible à transcrire au registre des hypothèques.
Erreur 4 — Ne pas désigner de mandataire subsidiaire. Désigner un seul mandataire expose à l'inefficacité du mandat en cas de décès, d'incapacité ou de refus du désigné. La désignation d'un mandataire subsidiaire (ou de plusieurs mandataires successifs) avec règles claires sur l'ordre d'intervention et le mode d'exercice (conjointement, séparément ou subsidiairement) garantit la continuité de la gestion.
Erreur 5 — Rédiger une procuration trop vague. Une formulation comme pour gérer mes affaires sans détailler les pouvoirs spécifiques expose à deux risques opposés : soit la banque ou le notaire refuse d'agir en estimant le mandat insuffisamment précis, soit le mandataire profite de l'ambiguïté pour accomplir des actes non souhaités. La bonne pratique consiste à énumérer les catégories d'actes autorisés (opérations bancaires, fiscales, immobilières, commerciales, administratives) en indiquant les plafonds et limites pour chacune.
Erreur 6 — Oublier les exclusions explicites. Sans exclusions, le mandataire pourra par exemple vendre la résidence principale, consentir des donations ou souscrire des crédits. Pour éviter les abus, il convient de formuler des exclusions claires : interdiction de vendre tel ou tel bien, plafond de 5.000,00 € par don, interdiction d'investir dans des produits financiers risqués, interdiction de modifier le bénéficiaire d'un contrat d'assurance-vie souscrit auprès d'un assureur agréé par l'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR).
Erreur 7 — Négliger l'auto-contrat. L'interdiction d'auto-contracter est de principe en droit français en vertu de l'article 1596 du Code civil et de la jurisprudence constante de la Cour de cassation. Pour permettre une opération entre le mandataire et le mandant (par exemple, vente d'un bien du mandant au mandataire), il faut une stipulation expresse avec mention de l'opération et des conditions de prix. À défaut, l'acte est annulable à la demande du mandant ou de ses héritiers, et la responsabilité du mandataire peut être engagée sur le fondement des articles 1240, 1241 et 1992 du Code civil.
Erreur 8 — Ne pas prévoir de reddition de comptes périodique. L'absence de mécanisme de reddition de comptes laisse le mandant dans l'ignorance de la gestion et nourrit les conflits familiaux à la liquidation du mandat. Prévoir une reddition annuelle écrite, accompagnée des extraits de comptes BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole ou autre selon l'établissement, des factures et des pièces justificatives, est une exigence de transparence et un instrument de prévention des litiges.
Erreur 9 — Omettre la notification de la révocation aux tiers. Lorsque le mandant révoque la procuration, l'article 2005 du Code civil protège les tiers de bonne foi qui n'ont pas été informés. À défaut de notification par lettre recommandée avec accusé de réception à la banque, au notaire et aux administrations concernées, le mandataire révoqué peut continuer à engager le mandant. La notification par commissaire de justice (ex-huissier, fusion réalisée le 1er juillet 2022 par l'ordonnance n°2016-728 du 2 juin 2016) avec exploit signifié demeure la voie la plus sûre pour les enjeux importants.
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La procuration générale et le mandat de protection future en France relèvent de cadres juridiques distincts et produisent des effets différents en cas d'incapacité du mandant. La procuration générale ordinaire est régie par les articles 1984 à 2010 du Code civil et prend fin automatiquement en cas d'incapacité juridique du mandant, lorsque le juge des tutelles ouvre une mesure de protection (tutelle, curatelle ou sauvegarde de justice) en application des articles 425 et suivants du Code civil. Le mandataire perd ses pouvoirs au moment où la mesure de protection est prononcée, et la gestion bascule vers le tuteur ou curateur désigné. Le mandat de protection future, introduit par la Loi n°2007-308 du 5 mars 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs et codifié aux articles 477 à 494 du Code civil, est précisément conçu pour produire ses effets lors de la survenance de l'incapacité future du mandant. Il doit être passé par acte authentique devant un notaire français ou sous seing privé contresigné par un avocat selon les modalités précisées par l'article 477 du Code civil. Lorsque l'incapacité survient, le mandataire désigné prend le relais après production d'un certificat médical circonstancié auprès du greffe du Tribunal judiciaire, sans intervention du juge des tutelles pour les décisions prévues par le mandat, ce qui évite une procédure judiciaire et préserve l'autonomie de la volonté du mandant. Pour anticiper une perte de discernement liée à l'âge ou à une maladie évolutive, le notaire français recommande systématiquement le mandat de protection future de préférence à la procuration générale ordinaire.
La procuration générale en France peut prendre deux formes selon l'usage prévu et les actes que le mandataire devra accomplir. La forme sous seing privé suffit pour les actes d'administration courante du patrimoine : gestion des comptes bancaires courants, paiement des factures, dépôt des déclarations fiscales auprès de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) via le Service des Impôts des Particuliers (SIP), correspondance administrative avec la commune ou les organismes de sécurité sociale (URSSAF, CPAM, CAF, France Travail). Aucune mention manuscrite particulière n'est requise par la loi générale, mais certains établissements demandent en pratique une légalisation de signature auprès de l'administration communale ou un certificat de signature délivré par un notaire français. La pratique courante recommande la mention manuscrite Bon pour pouvoir précédant la signature du mandant et la mention Bon pour acceptation de mandat précédant la signature du mandataire. La forme authentique reçue par un notaire français inscrit au tableau de la Chambre interdépartementale des notaires compétente est en revanche obligatoire pour les actes qui doivent eux-mêmes être passés par acte authentique : vente d'immeuble (article 1582 du Code civil), constitution d'hypothèque (articles 2385 à 2424 du Code civil), donation entre vifs (article 931 du Code civil), contrat de mariage (article 1394 du Code civil), constitution de SA selon le Code de commerce L225-1 et suivants. Cette exigence découle du principe de parallélisme des formes et de l'article 1988 du Code civil. Les émoluments notariaux pour une procuration authentique varient entre 200,00 € et 500,00 € selon la complexité de l'acte, auxquels s'ajoute un droit fixe d'enregistrement d'environ 125,00 €.
La révocation d'une procuration générale française obéit à l'article 2003 du Code civil et peut intervenir à tout moment, sans avoir à justifier d'un motif. La forme de la révocation dépend de celle de la procuration originale. Pour une procuration sous seing privé, la révocation peut prendre la forme d'une simple lettre signée par le mandant ; il est cependant fortement recommandé d'envoyer cette lettre par envoi recommandé avec accusé de réception afin de garder une preuve datée. Pour une procuration authentique reçue par un notaire français, la révocation s'effectue par un acte notarié contraire, le notaire procédant à la mention de la révocation et à l'information de la profession via le registre tenu par les Notaires de France lorsque la procuration y figurait. La notification aux tiers est essentielle car l'article 2005 du Code civil protège les tiers de bonne foi qui ont contracté avec le mandataire sans connaître la révocation. Le mandant doit informer par lettre recommandée avec accusé de réception chaque banque (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel), la DGFiP, le notaire qui détenait l'acte, le Greffe du Tribunal de commerce pour les actes commerciaux, et toute autre administration auprès de laquelle la procuration avait été produite. Pour les enjeux les plus importants, la signification par commissaire de justice (ex-huissier suite à l'ordonnance n°2016-728 du 2 juin 2016 effective le 1er juillet 2022) procure une sécurité juridique maximale. À défaut de notification, le mandataire révoqué peut continuer à engager le patrimoine du mandant avec des tiers de bonne foi.
Le mandataire titulaire d'une procuration générale en France est tenu d'agir exclusivement dans l'intérêt du mandant et ne peut accomplir des actes dans son propre intérêt sans autorisation expresse. Le principe interdit l'auto-contrat, c'est-à-dire la conclusion d'un acte par le mandataire où il représente le mandant et est en même temps partie contractante personnellement intéressée. Ce principe découle de l'article 1596 du Code civil qui interdit au mandataire de se rendre adjudicataire ni des biens qu'il est chargé de vendre, et de la jurisprudence constante de la Cour de cassation qui en a généralisé l'application à tous les actes de représentation. Ainsi, un fils titulaire d'une procuration générale de son père ne peut en principe pas acheter à lui-même un bien de son père, transférer de l'argent du compte du père vers son propre compte, ou se faire consentir une donation par son père via la procuration. Pour autoriser une telle opération, il faut une stipulation expresse dans la procuration mentionnant précisément l'opération concernée, l'objet et les conditions de prix. Le mandataire qui méconnaît cette interdiction expose l'acte à l'annulation et engage sa responsabilité contractuelle (article 1992 du Code civil), à laquelle peut s'ajouter la responsabilité quasi-délictuelle (articles 1240 et 1241 du Code civil) et, dans les cas les plus graves, des poursuites pénales pour abus de confiance (article 314-1 du Code pénal) puni de cinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende. Les juridictions françaises (Tribunal judiciaire, Cour d'appel, Cour de cassation) sanctionnent régulièrement les manquements à ce devoir de loyauté, notamment dans les relations familiales.
Le coût d'une procuration générale authentique en France en 2026 se compose des émoluments notariaux, des droits d'enregistrement et des frais administratifs. Les émoluments notariaux pour une procuration générale standard varient entre 200,00 € et 500,00 € HT selon la complexité de l'acte et la région, et peuvent atteindre 700,00 € à 1.000,00 € HT pour les procurations complexes comportant plusieurs mandataires, des pouvoirs étendus et des stipulations spécifiques (mandat exprès pour acte de disposition immobilière, clauses sur l'auto-contrat, organisation détaillée de la reddition de comptes). Le droit d'enregistrement fixe perçu par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) s'élève à environ 125,00 € en application de l'article 680 du Code général des impôts. Pour une procuration destinée à un mandat de protection future régi par la Loi n°2007-308 du 5 mars 2007, l'enregistrement auprès du greffe du Tribunal judiciaire compétent ne génère pas de droits d'enregistrement spécifiques, mais le notaire procède à l'inscription dans le registre tenu par les Notaires de France via l'Association pour le Développement du Service Notarial (ADSN). Les honoraires des notaires français sont en partie libres depuis la réforme du décret n°2020-179 du 28 février 2020, ce qui justifie de comparer les devis de plusieurs études notariales avant de s'engager. Pour les personnes disposant de revenus modestes, l'aide juridictionnelle peut prendre en charge une partie des frais sous conditions de ressources définies par le Bureau d'Aide Juridictionnelle (BAJ) du Tribunal judiciaire compétent. Les modèles gratuits comme ceux proposés sur des plateformes spécialisées servent de base de travail mais ne dispensent pas du conseil notarial lorsque la procuration porte sur des actes graves ou des biens immobiliers.
Une procuration générale rédigée en France peut en principe être utilisée à l'étranger, mais sa reconnaissance dépend des règles de droit international privé du pays de destination et des conventions internationales applicables. Au sein de l'Union européenne, le Règlement (UE) 2016/1191 du 6 juillet 2016 dispense certains documents publics de légalisation, mais cette dispense ne s'applique pas systématiquement aux actes notariés portant sur des questions patrimoniales. Pour les pays parties à la Convention de La Haye du 5 octobre 1961 supprimant l'exigence de la légalisation des actes publics étrangers, la procuration authentique française doit être revêtue d'une apostille délivrée par le Service public fédéral des Affaires étrangères centralisé à Nantes depuis 2017 en application du décret n°2017-635 du 25 avril 2017. L'apostille certifie l'authenticité de la signature du notaire français et son titre. Pour les pays non parties à la Convention de La Haye, une légalisation diplomatique consulaire est requise auprès du Bureau des Légalisations du Ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères puis de l'ambassade ou du consulat du pays de destination. Sur le plan substantiel, la procuration française doit être conforme aux exigences du droit étranger pour l'acte envisagé : par exemple, une procuration destinée à signer une escritura publica devant un notaire espagnol doit comporter les mentions exigées par le droit espagnol pour l'aliénation immobilière. Une traduction certifiée par un traducteur assermenté inscrit auprès d'une Cour d'appel française est généralement requise.
Le mandataire titulaire d'une procuration générale en France est tenu à une obligation légale de reddition de comptes fondée sur l'article 1993 du Code civil, qui dispose que tout mandataire est tenu de rendre compte de sa gestion et de remettre au mandant tout ce qu'il a reçu en vertu de sa procuration. Cette obligation existe même si la procuration ne la mentionne pas explicitement, et même si le mandataire n'a perçu aucune rémunération. La reddition de comptes comporte trois éléments principaux. D'abord, un compte écrit décrivant l'ensemble des opérations accomplies pour le mandant pendant la période concernée, avec mention des dates, des montants en euros, des contreparties et des justifications. Ensuite, la production des pièces justificatives : extraits de comptes bancaires des établissements concernés (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel), factures, contrats, correspondance officielle avec la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP), l'URSSAF, France Travail ou les autres administrations. Enfin, la restitution effective de tous les biens et sommes appartenant au mandant qui sont entre les mains du mandataire à la fin du mandat ou à la date convenue. La fréquence de la reddition peut être fixée dans la procuration (annuelle, semestrielle, trimestrielle) ou se faire à la demande du mandant. La violation de l'obligation engage la responsabilité contractuelle du mandataire (article 1992 du Code civil), à laquelle peut s'ajouter la responsabilité quasi-délictuelle (articles 1240 et 1241 du Code civil) et, dans les cas graves, des poursuites pénales pour abus de confiance (article 314-1 du Code pénal).
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