Contrat de Mariage — Séparation de Biens
Code civil art. 1387 (liberté des conventions matrimoniales) ; art. 1536 à 1543 (régime de séparation de biens) ; acte notarial obligatoire avant célébration
CONTRAT DE MARIAGE — RÉGIME DE SÉPARATION DE BIENS
Articles 1387, 1394, 1395 du Code civil (liberté des conventions matrimoniales) ; articles 1536 à 1543 du Code civil (régime de séparation de biens) ; ordonnance n°45-2590 du 2 novembre 1945 portant statut du notariat.
Étude notariale : [Etude Notaire]
Mariage prévu le : [Date Mariage Prevue] à la [Mairie Mariage]
Futurs Époux
LES FUTURS ÉPOUX
Premier futur époux :
Nom : [Epoux Nom]
Prénoms : [Epoux Prenoms]
Né(e) le : [Epoux Date Naissance] à [Epoux Lieu Naissance]
Nationalité : [Epoux Nationalite]
Profession : [Epoux Profession]
Adresse : [Epoux Adresse]
Second futur époux :
Nom : [Epouse Nom]
Prénoms : [Epouse Prenoms]
Né(e) le : [Epouse Date Naissance] à [Epouse Lieu Naissance]
Nationalité : [Epouse Nationalite]
Profession : [Epouse Profession]
Adresse : [Epouse Adresse]
Art. 1 — Choix du Régime Matrimonial
ART. 1 — ADOPTION DU RÉGIME DE SÉPARATION DE BIENS
Les futurs époux soussignés déclarent, en exerçant la liberté contractuelle reconnue par l'article 1387 du Code civil, adopter pour leur futur mariage le régime de la séparation de biens régi par les articles 1536 à 1543 du Code civil. Ce régime déroge au régime légal de la communauté réduite aux acquêts prévu par l'article 1400 du Code civil et applicable à défaut de contrat. Chaque époux conservera l'administration, la jouissance et la libre disposition de ses biens personnels présents et à venir.
Art. 2 — Société d'Acquêts Adjointe (le cas échéant)
ART. 2 — SOCIÉTÉ D'ACQUÊTS ADJOINTE
Adjonction d'une société d'acquêts : [Societe Acquets Adjoint].
Biens intégrés à la société d'acquêts : [Biens Societe Acquets]
Lorsque les époux choisissent d'adjoindre une société d'acquêts, celle-ci est régie par les règles de la communauté réduite aux acquêts (art. 1400 et suivants du Code civil) pour les biens qu'elle comprend, conformément à l'article 1581 du Code civil. Les autres biens demeurent personnels à chaque époux selon le régime de séparation.
Art. 3 — Clauses Particulières
ART. 3 — CLAUSE DE PRÉCIPUT ET DISPOSITIONS PARTICULIÈRES
Clause de préciput conformément à l'article 1515 du Code civil : [Preciput]
Clause d'attribution intégrale au survivant : [Attribution Integrale]
Autres clauses particulières : [Autres Clauses]
Art. 4 — Apports et Patrimoine Existant
ART. 4 — APPORTS ET PATRIMOINE PRÉEXISTANT
Apports du premier futur époux : [Apports Epoux]
Apports du second futur époux : [Apports Epouse]
Donations consenties en vue du mariage : [Donations Aux Epoux]
Conformément à l'article 1538 du Code civil, chacun des époux peut prouver par tous les moyens, tant à l'égard de son conjoint qu'à l'égard des tiers, qu'il a la propriété exclusive d'un bien. À défaut de preuve, les biens sont présumés appartenir indivisément aux deux époux par moitié.
Art. 5 — Contribution aux Charges du Mariage
ART. 5 — CONTRIBUTION AUX CHARGES DU MARIAGE
Modalités convenues : [Contribution Charges]
Conformément à l'article 214 du Code civil, les époux contribuent aux charges du mariage à proportion de leurs facultés respectives. Le présent contrat peut déterminer les modalités de cette contribution, notamment par voie forfaitaire. L'inexécution de cette obligation peut donner lieu à condamnation par le Juge aux Affaires Familiales (JAF) du Tribunal judiciaire compétent.
Art. 6 — Conventions en Cas de Divorce
ART. 6 — DISPOSITIONS EN CAS DE DIVORCE
Prestation compensatoire conventionnelle : [Prestation Compensatoire Conv]
Les époux pourront, en cas de divorce, organiser conventionnellement la liquidation de leurs intérêts patrimoniaux. La prestation compensatoire prévue aux articles 270 et suivants du Code civil reste soumise à l'appréciation et à l'homologation par le Juge aux Affaires Familiales en cas de divorce contentieux. En cas de divorce par consentement mutuel notarié (Loi n°2016-1547 du 18 novembre 2016 ; art. 229-1 du Code civil), la liquidation est organisée par convention déposée au rang des minutes du notaire.
Art. 7 — Modification du Régime
ART. 7 — MODIFICATION ULTÉRIEURE DU RÉGIME MATRIMONIAL
Conformément à l'article 1397 du Code civil tel que modifié par la Loi n°2019-222 du 23 mars 2019, les époux pourront, après deux ans d'application du régime ou à l'occasion d'événements particuliers, modifier ce régime par convention notariée. La modification est opposable aux tiers trois mois après publicité au registre approprié, et nécessite l'homologation par le Tribunal judiciaire en présence d'enfants mineurs ou d'opposition de tiers créanciers.
Art. 8 — Droit Applicable
ART. 8 — DROIT APPLICABLE ET JURIDICTION
Le présent contrat de mariage est régi par le droit français en application du Règlement (UE) 2016/1103 du 24 juin 2016 sur les régimes matrimoniaux internationaux. Les litiges relatifs à son interprétation, à son exécution ou à sa liquidation relèvent du Juge aux Affaires Familiales (JAF) du Tribunal judiciaire compétent en application de l'article L213-3 du Code de l'organisation judiciaire.
SIGNATURE DEVANT NOTAIRE
Fait à [Lieu Signature], le [Date Signature], en l'étude de [Etude Notaire], après lecture intégrale par le notaire et vérification des identités par les pièces d'identité française.
Le premier futur époux : [Epoux Nom] [Epoux Prenoms]
Signature : _________________________
Le second futur époux : [Epouse Nom] [Epouse Prenoms]
Signature : _________________________
Le notaire instrumentaire : _________________________
Acte conservé au rang des minutes du notaire. Inscription au Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés (FCDDV) géré par les Notaires de France. Transmission de l'attestation à la mairie pour mention en marge de l'acte de mariage (art. 1394 alinéa 2 du Code civil).
Premier futur époux
________________
Signature
Second futur époux
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Contrat de Mariage — Séparation de Biens ?
Le Contrat de Mariage — Séparation de Biens est, en droit français, un acte authentique notarial conclu avant la célébration du mariage civil pour adopter le régime de la séparation de biens. Il est régi par Code civil art. 1387 (liberté conventions matrimoniales).
La célébration du mariage en France entraîne automatiquement l'application du régime légal de la communauté réduite aux acquêts prévu par l'article 1400 du Code civil, sauf si les futurs époux ont signé un contrat de mariage par acte authentique notarial avant la célébration. Le régime légal soumet à la communauté les biens acquis pendant le mariage à titre onéreux, ainsi que les revenus du travail et des biens propres, tandis que les biens reçus par succession ou donation et ceux possédés avant le mariage restent propres. La séparation de biens écarte intégralement ce mécanisme et garantit l'indépendance patrimoniale totale.
L'article 1394 du Code civil impose que le contrat de mariage soit reçu par acte authentique devant un notaire français inscrit au tableau de la Chambre interdépartementale des notaires compétente, en application de l'ordonnance n°45-2590 du 2 novembre 1945 portant statut du notariat. L'acte est lu intégralement, les futurs époux signent en présence du notaire qui appose sa signature et son sceau, puis l'acte est conservé au rang des minutes du notaire. Une expédition est délivrée aux époux et l'attestation est transmise à la mairie où sera célébré le mariage pour mention en marge de l'acte de mariage. L'inscription au Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés (FCDDV), géré par les Notaires de France via l'Association pour le Développement du Service Notarial (ADSN), assure la traçabilité et la consultation au moment du décès.
Le régime de séparation de biens présente des avantages spécifiques pour les couples dont l'un des conjoints exerce une activité professionnelle à risque (chef d'entreprise, profession libérale, dirigeant de société). Les créanciers professionnels ne peuvent pas saisir les biens du conjoint resté étranger à l'activité, ce qui constitue une protection patrimoniale précieuse. Pour les couples remariés ayant des enfants d'unions antérieures, la séparation de biens permet de maintenir une stricte séparation des patrimoines familiaux et facilite la transmission ultérieure aux héritiers respectifs. Pour les couples internationaux, le contrat de mariage en France produit ses effets dans le cadre du Règlement (UE) 2016/1103 du 24 juin 2016 sur les régimes matrimoniaux applicable depuis le 29 janvier 2019.
L'article 1538 du Code civil pose un principe probatoire essentiel pour la séparation de biens : chacun des époux peut prouver par tous les moyens, tant à l'égard de son conjoint qu'à l'égard des tiers, qu'il a la propriété exclusive d'un bien. À défaut de preuve, les biens sont présumés appartenir indivisément aux deux époux par moitié. Cette règle justifie de constituer dès le contrat de mariage un inventaire détaillé des apports respectifs (biens immobiliers, parts sociales, comptes bancaires, mobilier de valeur) pour éviter les difficultés probatoires en cas de divorce ou de succession. La Cour de cassation a confirmé à plusieurs reprises l'importance de cette traçabilité, notamment dans l'arrêt de la Première chambre civile du 5 juillet 2017.
Les futurs époux peuvent enrichir le régime de séparation par des clauses particulières : clause de préciput permettant au survivant de prélever certains biens avant tout partage successoral (article 1515 du Code civil), société d'acquêts adjointe permettant de constituer un patrimoine commun limité à des biens choisis (article 1581 du Code civil), modalités forfaitaires de contribution aux charges du mariage dérogeant à la règle de proportionnalité aux facultés (article 214 du Code civil), conventions sur la prestation compensatoire en cas de divorce. Le notaire est tenu à un devoir de conseil renforcé et oriente les époux vers les clauses adaptées à leur situation patrimoniale. Voir aussi le contrat de PACS et le testament olographe pour compléter la planification patrimoniale du couple.
Quand avez-vous besoin d'un Contrat de Mariage — Séparation de Biens ?
Le contrat de mariage en séparation de biens en France répond à des besoins patrimoniaux précis qui justifient de déroger au régime légal de la communauté réduite aux acquêts. Le choix de la séparation s'impose dans plusieurs configurations professionnelles, familiales et patrimoniales identifiées par les notaires français.
Les chefs d'entreprise, dirigeants de société et professionnels libéraux constituent la première catégorie de futurs époux concernés. Un chirurgien-dentiste parisien associé d'une SELARL, un avocat lyonnais titulaire d'une clientèle libérale, ou un dirigeant de SAS bordelaise opte pour la séparation de biens pour protéger le patrimoine de son conjoint contre les risques professionnels. En régime légal de communauté, les créanciers professionnels peuvent saisir les biens communs, exposant ainsi le conjoint resté étranger à l'activité aux conséquences financières d'un échec professionnel. La séparation de biens écarte ce risque en cantonnant la responsabilité financière au seul patrimoine de l'époux exerçant l'activité.
Les couples dont l'un des époux dispose d'un patrimoine personnel important avant le mariage choisissent la séparation pour préserver ce patrimoine et éviter sa dilution dans la communauté. Un époux héritier de patrimoine familial (terres agricoles familiales, immeubles ancestraux, parts d'entreprise familiale) opte pour la séparation afin que les revenus et plus-values générés pendant le mariage restent ses biens propres, conformément à l'article 1537 du Code civil. En régime légal, les revenus des biens propres tombent en communauté et peuvent générer des récompenses complexes en cas de divorce ou de succession.
Les couples remariés ayant des enfants d'unions antérieures recourent à la séparation pour préserver la transmission patrimoniale aux enfants de chaque lignée. Un époux veuf ou divorcé ayant des enfants d'un premier mariage souhaite organiser une stricte séparation des patrimoines pour éviter que ses biens propres ne profitent indirectement au nouveau conjoint au détriment de ses propres enfants. La séparation, combinée à des dispositions testamentaires soigneusement rédigées (testament olographe ou authentique, donation entre époux du dernier vivant), permet d'optimiser la transmission.
Les couples internationaux et binationaux utilisent la séparation de biens française dans le cadre du Règlement (UE) 2016/1103 du 24 juin 2016 sur les régimes matrimoniaux applicable depuis le 29 janvier 2019. Un futur époux français résidant en Suisse marié à une partenaire allemande résidant en France peut choisir expressément la loi française et le régime de séparation pour bénéficier d'un cadre juridique uniforme et prévisible. Le règlement européen reconnaît le choix du droit applicable aux régimes matrimoniaux dans les conditions énoncées par son article 22.
Les couples souhaitant maintenir une indépendance financière dans la gestion quotidienne choisissent la séparation pour des raisons philosophiques ou pratiques. Cette indépendance se traduit par des comptes bancaires séparés (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel), des décisions d'investissement individuelles, des assurances-vie distinctes, et une contribution aux charges du mariage organisée conventionnellement. Cette organisation peut être combinée avec un compte joint dédié aux dépenses familiales courantes.
Les couples investissant en immobilier locatif via une SCI (Société Civile Immobilière) bénéficient de la séparation pour structurer leur patrimoine. Chaque époux peut être associé de SCI distinctes correspondant à ses propres investissements, tout en utilisant éventuellement une SCI commune pour les biens acquis ensemble. Cette structuration facilite la gestion fiscale (option IR ou IS au sens de l'article 8 du CGI), la transmission aux héritiers et la liquidation en cas de divorce.
Les professionnels du secteur financier (banquiers, traders, gestionnaires d'actifs, conseillers en investissement) optent pour la séparation pour préserver leur conjoint des risques liés aux opérations financières. Les rémunérations variables élevées, les bonus, les stock-options et les actions gratuites attribués pendant le mariage restent en régime de séparation des biens propres de leur titulaire. En régime légal, ces revenus tomberaient en communauté avec les difficultés liquidatives correspondantes.
Les futurs époux anticipant un divorce probable ou souhaitant simplifier la liquidation en cas de séparation choisissent la séparation pour éviter les opérations complexes de partage de communauté. En cas de divorce, la liquidation d'une communauté universelle ou d'une communauté réduite aux acquêts peut générer des litiges sur l'évaluation des biens, les récompenses entre patrimoines, l'attribution préférentielle de certains biens. La séparation simplifie radicalement ces opérations : chacun reprend ses biens propres, les biens indivis sont partagés par moitié sauf preuve contraire, et la prestation compensatoire éventuelle est appréciée par le Juge aux Affaires Familiales selon les critères de l'article 271 du Code civil. Voir aussi le contrat de PACS pour les couples préférant ne pas se marier.
Que faut-il inclure dans votre Contrat de Mariage — Séparation de Biens ?
Le contrat de mariage en séparation de biens en France doit contenir un ensemble d'éléments essentiels pour produire pleinement ses effets juridiques et offrir la protection patrimoniale recherchée. L'omission d'une mention obligatoire entraîne soit la nullité du contrat (rare), soit l'application supplétive du régime légal de la communauté réduite aux acquêts.
Identification complète des futurs époux. Pour chaque futur époux : nom de naissance et nom d'usage le cas échéant, prénoms dans l'ordre de l'état civil, date et lieu de naissance avec mention du département pour la France ou du pays pour l'étranger, nationalité, profession et adresse complète de résidence. Pour les époux étrangers, joindre un acte de naissance avec apostille de La Haye ou légalisation consulaire et un certificat de coutume du pays d'origine attestant la compatibilité du régime français avec le droit national.
Déclaration expresse d'adoption du régime de séparation de biens. La formule sacramentelle adopte expressément le régime de la séparation de biens régi par les articles 1536 à 1543 du Code civil, dérogeant ainsi au régime légal de la communauté réduite aux acquêts prévu par l'article 1400 du Code civil. Cette déclaration doit être claire, sans ambiguïté, et précéder les éventuelles clauses particulières. Le notaire rappelle aux futurs époux les conséquences juridiques de ce choix.
Inventaire des biens existant avant le mariage. Liste détaillée des biens dont chaque futur époux était propriétaire avant la célébration : biens immobiliers (avec mention de l'adresse, la nature, la valeur estimée, le titre de propriété), parts sociales et actions (avec mention de la société, du nombre de parts, de la valeur), comptes bancaires (avec mention de l'établissement, du numéro, du solde approximatif), assurances-vie (avec mention de l'assureur, du contrat, de la valeur de rachat), mobilier de valeur (avec description et valeur estimée). Cette mention prévient les difficultés probatoires ultérieures conformément à l'article 1538 du Code civil sur la preuve de la propriété en régime de séparation.
Donations consenties en vue du mariage. Si les parents des futurs époux consentent des donations en vue du mariage (somme d'argent pour l'apport de la résidence principale, bien immobilier, parts sociales d'entreprise familiale), elles peuvent être insérées dans le contrat de mariage. Les donations par contrat de mariage présentent l'avantage d'être irrévocables sauf cas exceptionnels prévus par l'article 1086 du Code civil (survenance d'enfants au donateur), tandis que les donations classiques restent révocables dans les conditions de l'article 953 du Code civil.
Clauses optionnelles enrichissant le régime. Le contrat peut intégrer plusieurs clauses adaptant le régime de séparation aux besoins du couple : adjonction d'une société d'acquêts (article 1581 du Code civil) permettant de constituer un patrimoine commun limité à certains biens choisis comme la résidence principale ; clause de préciput (article 1515 du Code civil) permettant au survivant de prélever sans indemnité certains biens avant tout partage successoral ; clause de stipulation de remploi pour assurer la traçabilité du remploi de fonds propres dans une acquisition.
Modalités de contribution aux charges du mariage. L'article 214 du Code civil impose aux époux de contribuer aux charges du mariage à proportion de leurs facultés respectives. Le contrat peut préciser ces modalités : contribution forfaitaire en euros par mois, prise en charge respective de catégories de dépenses (loyer, charges, alimentation, frais d'éducation des enfants), tenue d'un compte joint alimenté proportionnellement, modalités de remboursement en cas de déséquilibre. Le modèle proposé par forms-legal.com inclut des clauses standard inspirées des modèles notariaux courants pour faciliter la rédaction.
Conventions sur la prestation compensatoire en cas de divorce. Les futurs époux peuvent organiser conventionnellement la prestation compensatoire prévue aux articles 270 et suivants du Code civil en cas de divorce ultérieur. La convention peut prévoir un plafond maximum, des modalités forfaitaires, l'exclusion ou la limitation de la prestation. Cette convention reste soumise à l'appréciation et à l'homologation du Juge aux Affaires Familiales en cas de divorce contentieux. En cas de divorce par consentement mutuel notarié, elle peut être directement intégrée à la convention de divorce.
Clauses sur la gestion des dettes. La séparation de biens implique que chaque époux est seul tenu de ses dettes contractées à titre personnel. La solidarité ne s'applique qu'aux dettes contractées pour l'entretien du ménage ou l'éducation des enfants (article 220 du Code civil). Le contrat peut préciser les modalités d'engagement réciproque pour les dettes importantes (crédit immobilier conjoint, caution pour l'autre époux), les modalités de remboursement et les conséquences en cas de défaillance d'un époux.
Forme authentique et formalités de publicité. L'article 1394 du Code civil impose la forme authentique notariale : signature devant un notaire français inscrit au tableau de la Chambre interdépartementale des notaires compétente, après lecture intégrale par le notaire, vérification des identités par les pièces d'identité, et conservation de l'acte au rang des minutes. Le notaire procède à l'inscription au FCDDV pour traçabilité au décès, transmet l'attestation à la mairie où sera célébré le mariage pour mention en marge de l'acte de mariage, et délivre des expéditions aux époux. Pour les époux exerçant une activité indépendante, l'article 1394-1 impose en outre une publicité auprès du Registre du commerce et des sociétés (RCS) tenu par le Greffe du Tribunal de commerce.
Comment remplir votre Contrat de Mariage — Séparation de Biens
Remplir un contrat de mariage en séparation de biens en France requiert rigueur et anticipation, car le contrat doit obligatoirement être signé devant notaire AVANT la célébration du mariage civil. Suivez les étapes ci-dessous pour préparer un dossier complet et rencontrer le notaire dans les meilleures conditions.
Étape 1 — Prendre rendez-vous chez un notaire français. Contactez une étude notariale française pour un premier rendez-vous au moins 1 à 3 mois avant la date prévue du mariage civil. Le notaire peut être choisi librement (article 4 du décret n°78-262 du 8 mars 1978). Lors du premier rendez-vous, exposez votre situation patrimoniale (revenus, biens préexistants, activité professionnelle, enfants éventuels), votre situation familiale (parents, fratrie, enfants d'unions antérieures), et vos objectifs (protection patrimoniale, protection du conjoint, transmission). Le notaire vous oriente vers le régime adapté et propose des clauses optionnelles.
Étape 2 — Renseigner l'identité des futurs époux. Saisissez pour chaque futur époux le nom de naissance et le nom d'usage le cas échéant, tous les prénoms dans l'ordre de l'état civil, la date de naissance au format JJ/MM/AAAA (par exemple : 15/06/1985), le lieu de naissance avec mention du département pour la France (par exemple : Lille (Nord)) ou du pays pour l'étranger (par exemple : Casablanca (Maroc)), la nationalité et la profession exercée à la date de signature. Pour les époux étrangers, prévoyez la production d'un acte de naissance avec apostille de La Haye ou légalisation consulaire, et d'un certificat de coutume du pays d'origine.
Étape 3 — Inventorier les biens préexistants. Établissez la liste détaillée des biens dont chaque futur époux est propriétaire avant le mariage. Pour les biens immobiliers : adresse complète, nature (appartement, maison, terrain), surface, valeur estimée, références cadastrales, copie du titre de propriété. Pour les parts sociales et actions : dénomination de la société, forme juridique (SARL, SAS, SA, SCI), numéro SIREN, nombre de parts ou actions, valeur nominale et valeur estimée. Pour les comptes bancaires : nom de l'établissement (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel), numéro de compte, solde approximatif. Pour les assurances-vie : assureur, numéro de contrat, valeur de rachat, bénéficiaires désignés.
Étape 4 — Choisir les clauses optionnelles adaptées. Discutez avec le notaire des clauses adaptées à votre situation : adjonction d'une société d'acquêts pour intégrer la résidence principale dans un patrimoine commun (article 1581 du Code civil), clause de préciput pour avantager le survivant sur certains biens (article 1515 du Code civil), modalités de contribution aux charges du mariage (article 214 du Code civil), conventions sur la prestation compensatoire en cas de divorce (article 270 du Code civil). Le notaire vous remet un projet d'acte écrit à étudier avant la signature.
Étape 5 — Identifier les donations consenties par les parents. Si vos parents ou ceux de votre futur conjoint envisagent de consentir une donation en vue du mariage (somme d'argent pour l'apport de la résidence principale, bien immobilier, parts d'entreprise familiale), discutez avec le notaire de l'intérêt de l'intégrer au contrat de mariage. Les donations par contrat de mariage sont irrévocables sauf cas exceptionnels prévus par l'article 1086 du Code civil, alors que les donations classiques restent révocables conformément à l'article 953.
Étape 6 — Définir les modalités de contribution aux charges. Précisez avec le notaire les modalités concrètes de contribution aux charges du mariage : contribution proportionnelle aux revenus respectifs (régime supplétif de l'article 214 du Code civil), contribution forfaitaire en euros par mois (par exemple : 1.500,00 € par mois par chaque époux), prise en charge respective de catégories de dépenses (l'un règle le loyer, l'autre les charges courantes), alimentation d'un compte joint. Cette clause prévient les contestations ultérieures devant le Juge aux Affaires Familiales.
Étape 7 — Rassembler les pièces justificatives. Avant le rendez-vous de signature, fournissez au notaire : pièces d'identité en cours de validité (carte nationale d'identité française ou passeport), actes de naissance datant de moins de trois mois pour les Français (six mois pour les étrangers avec apostille et traduction), justificatifs de domicile, copie du contrat de PACS antérieur ou du jugement de divorce le cas échéant, justificatifs de propriété pour les biens préexistants (titres immobiliers, statuts de société, relevés bancaires), et le cas échéant le certificat de coutume pour les époux étrangers.
Étape 8 — Signer l'acte authentique devant le notaire. Le jour du rendez-vous de signature, présence obligatoire des deux futurs époux. Le notaire procède à la lecture intégrale du contrat (durée moyenne 30 à 60 minutes selon la complexité), répond aux questions, vérifie les identités par les pièces d'identité, recueille le consentement éclairé. Les futurs époux signent l'acte en présence du notaire qui appose sa signature et son sceau. Le notaire conserve l'original au rang des minutes et délivre une expédition à chaque époux.
Étape 9 — Suivi des formalités notariales. Le notaire procède à l'inscription au Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés (FCDDV) géré par les Notaires de France, transmet l'attestation à la mairie où sera célébré le mariage pour mention en marge de l'acte de mariage (article 1394 alinéa 2 du Code civil), et le cas échéant procède à la publicité au Registre du commerce et des sociétés (RCS) pour les époux exerçant une activité indépendante (article 1394-1 du Code civil).
Étape 10 — Célébration du mariage civil. Le mariage civil est célébré à la mairie compétente devant l'officier d'état civil après publication des bans (article 63 du Code civil). Le contrat de mariage produit ses effets dès la célébration du mariage civil. L'officier d'état civil mentionne en marge de l'acte de mariage l'existence d'un contrat reçu par le notaire désigné, ce qui assure la publicité aux tiers. En cas de modification ultérieure du régime (article 1397 du Code civil), une nouvelle procédure notariale est nécessaire avec, le cas échéant, homologation du Tribunal judiciaire.
Exigences juridiques pour Contrat de Mariage — Séparation de Biens
Le contrat de mariage en séparation de biens en France est encadré par des règles formelles strictes énoncées au Code civil et complétées par la jurisprudence constante de la Cour de cassation. Les exigences légales conditionnent la validité du contrat et son opposabilité aux tiers.
Condition de capacité. Les futurs époux doivent avoir la capacité juridique de contracter au sens de l'article 1108 du Code civil et la capacité spéciale de se marier prévue à l'article 144 du Code civil. L'âge minimum est de 18 ans révolus pour chacun des futurs époux ; les dispenses pour motifs graves accordées par le Procureur de la République sont devenues exceptionnelles. Les majeurs sous protection (tutelle, curatelle) peuvent conclure un contrat de mariage avec l'autorisation préalable du juge des tutelles ou du conseil de famille (article 460 du Code civil). Les mineurs ne peuvent conclure de contrat de mariage qu'avec dispense d'âge.
Forme authentique obligatoire. L'article 1394 du Code civil impose la forme authentique notariale pour le contrat de mariage. Aucune autre forme n'est admise : un contrat sous seing privé est nul de nullité absolue. L'acte doit être reçu par un notaire français inscrit au tableau de la Chambre interdépartementale des notaires compétente, lu intégralement aux futurs époux, signé en leur présence et conservé au rang des minutes. Le notaire engage sa responsabilité professionnelle sur le respect de ces formalités.
Date antérieure au mariage civil. L'article 1395 du Code civil impose que le contrat soit conclu avant la célébration du mariage civil pour produire ses effets dès cette célébration. Un contrat signé après le mariage est nul et inopérant ; il faudra alors procéder à un changement de régime matrimonial selon la procédure de l'article 1397 du Code civil, qui requiert deux ans d'application du régime légal, une convention notariale et, le cas échéant, l'homologation du Tribunal judiciaire.
Mention en marge de l'acte de mariage. L'article 1394 alinéa 2 du Code civil et l'article 75 alinéa 5 du Code civil imposent la mention en marge de l'acte de mariage de l'existence d'un contrat de mariage avec indication du notaire qui l'a reçu et de la date. Cette mention assure l'opposabilité du contrat aux tiers et permet aux créanciers, aux héritiers et aux administrations de connaître le régime matrimonial applicable. À défaut de mention, le régime légal de communauté est présumé à l'égard des tiers (article 1394 alinéa 3).
Publicité spéciale pour les commerçants et professionnels indépendants. L'article 1394-1 du Code civil impose une publicité au Registre du commerce et des sociétés (RCS) tenu par le Greffe du Tribunal de commerce lorsque l'un des époux exerce une activité commerciale, artisanale ou libérale. Cette publicité spéciale informe les créanciers professionnels du régime matrimonial et permet l'opposabilité du contrat dans les rapports d'affaires. À défaut, la séparation de biens est inopposable aux créanciers professionnels qui ont contracté de bonne foi en croyant à l'application du régime légal.
Respect des règles d'ordre public. La liberté des conventions matrimoniales posée par l'article 1387 du Code civil est limitée par les règles d'ordre public énoncées à l'article 1388 : les époux ne peuvent déroger aux devoirs et droits qui résultent pour eux du mariage (devoir de fidélité, secours, assistance, communauté de vie), ni aux règles de l'autorité parentale, de l'administration légale et de la tutelle. Les clauses contraires à ces principes sont réputées non écrites.
Indépendance patrimoniale entre époux. L'article 1536 du Code civil pose le principe central de la séparation de biens : chacun des époux conserve l'administration, la jouissance et la libre disposition de ses biens personnels. Les biens acquis avant ou pendant le mariage à titre onéreux ou gratuit demeurent propres à celui qui les a acquis. Les revenus du travail et des biens propres restent personnels, contrairement au régime légal où ils tombent en communauté.
Régime des dettes. L'article 1536 alinéa 2 du Code civil et l'article 220 du Code civil organisent le régime des dettes. Chaque époux est seul tenu de ses dettes contractées à titre personnel pendant ou avant le mariage. La solidarité légale ne s'applique qu'aux dettes contractées pour l'entretien du ménage ou l'éducation des enfants ; elle est exclue pour les dépenses manifestement excessives au regard du train de vie du ménage, des facultés des époux ou de l'utilité de la dépense.
Preuve de la propriété des biens. L'article 1538 du Code civil pose le régime probatoire spécifique à la séparation : chacun des époux peut prouver par tous les moyens, tant à l'égard de son conjoint qu'à l'égard des tiers, qu'il a la propriété exclusive d'un bien. À défaut de preuve, les biens sont présumés appartenir indivisément aux deux époux par moitié. Cette règle justifie de constituer dès le contrat un inventaire détaillé des biens préexistants et de conserver tout au long du mariage les justificatifs d'acquisition (factures, titres de propriété, relevés de compte) pour les biens acquis pendant le mariage.
Contribution aux charges du mariage. L'article 214 du Code civil impose aux époux de contribuer aux charges du mariage à proportion de leurs facultés respectives, sauf disposition contraire du contrat. La contribution couvre les dépenses du ménage : logement, alimentation, vêtements, frais d'éducation et de santé des enfants, loisirs. Le contrat peut préciser les modalités forfaitaires ou catégorielles. L'inexécution peut donner lieu à condamnation par le Juge aux Affaires Familiales (JAF) du Tribunal judiciaire (article L213-3 du Code de l'organisation judiciaire).
Modification ultérieure du régime. L'article 1397 du Code civil tel que modifié par la Loi n°2019-222 du 23 mars 2019 permet aux époux de modifier leur régime matrimonial par convention notariale. La modification est désormais possible sans condition de durée d'application du régime depuis cette loi (la condition antérieure de deux ans a été supprimée pour les couples sans enfants mineurs). L'homologation du Tribunal judiciaire reste obligatoire en présence d'enfants mineurs ou en cas d'opposition des héritiers présomptifs ou créanciers. La modification est opposable aux tiers trois mois après la publicité au registre approprié.
Erreurs courantes à éviter dans votre Contrat de Mariage — Séparation de Biens
La rédaction d'un contrat de mariage en séparation de biens en France donne lieu à des erreurs récurrentes qui peuvent altérer la protection patrimoniale recherchée ou créer des difficultés au moment de la liquidation. Voici les principales erreurs à éviter et les bonnes pratiques recommandées par les notaires français.
Erreur 1 — Signer le contrat après le mariage civil. L'erreur la plus fréquente consiste à ne pas anticiper le rendez-vous notarial et à signer le contrat après la célébration du mariage. L'article 1395 du Code civil impose que le contrat soit conclu AVANT la célébration pour produire ses effets dès cette célébration. Un contrat signé après le mariage est inopérant ; il faut alors recourir à la procédure de changement de régime matrimonial prévue par l'article 1397 du Code civil, plus longue et coûteuse, requérant le cas échéant l'homologation du Tribunal judiciaire en présence d'enfants mineurs. Prenez rendez-vous chez le notaire au moins 1 à 3 mois avant la date prévue du mariage.
Erreur 2 — Omettre l'inventaire des biens préexistants. La séparation de biens repose sur la propriété exclusive de chaque époux sur ses biens propres. L'article 1538 du Code civil pose un régime probatoire essentiel : chacun peut prouver par tous moyens sa propriété, mais à défaut les biens sont présumés indivis par moitié. Omettre dans le contrat l'inventaire détaillé des biens préexistants (immeubles, parts sociales, comptes bancaires, mobilier de valeur) expose à des difficultés probatoires majeures en cas de divorce ou de succession. La bonne pratique consiste à dresser un inventaire précis avec valeur estimée et justificatifs annexés.
Erreur 3 — Ne pas procéder à la publicité au RCS pour les commerçants. L'article 1394-1 du Code civil impose une publicité spéciale au Registre du commerce et des sociétés tenu par le Greffe du Tribunal de commerce lorsque l'un des époux exerce une activité commerciale, artisanale ou libérale. À défaut, la séparation de biens est inopposable aux créanciers professionnels qui ont contracté de bonne foi en croyant à l'application du régime légal de communauté. Cette omission anéantit la protection patrimoniale du conjoint dans l'hypothèse même où la séparation devait jouer (échec professionnel, dettes commerciales). Le notaire doit procéder à cette publicité spéciale.
Erreur 4 — Confondre séparation de biens et participation aux acquêts. La participation aux acquêts est un régime hybride distinct prévu par les articles 1569 à 1581 du Code civil : pendant le mariage, le régime fonctionne comme une séparation de biens ; à la dissolution, chaque époux a vocation à la moitié des acquêts nets réalisés par l'autre pendant le mariage. Confondre les deux régimes lors du choix initial peut entraîner des conséquences patrimoniales très différentes. La séparation pure (articles 1536 à 1543) ne génère aucune créance de participation à la dissolution.
Erreur 5 — Négliger les modalités de contribution aux charges. L'article 214 du Code civil impose une contribution aux charges du mariage à proportion des facultés respectives. Une convention vague stipulant simplement contribution proportionnelle expose à des contestations en cas de séparation. Précisez les modalités concrètes : contribution forfaitaire en euros par mois, prise en charge respective de catégories de dépenses, tenue d'un compte joint alimenté proportionnellement. Une clause précise sert de référence devant le Juge aux Affaires Familiales en cas de litige.
Erreur 6 — Oublier la clause de remploi pour les biens immobiliers. Lorsqu'un époux vend un bien propre pour en acquérir un autre, la traçabilité du remploi est essentielle pour maintenir le caractère propre du nouveau bien. La clause de remploi insérée dans le contrat de mariage ou dans l'acte d'acquisition (déclaration de remploi article 1434 du Code civil par analogie) prévient les contestations et facilite la liquidation. À défaut, le nouveau bien pourrait être présumé acquis avec des fonds communs ou indivis, perdant son caractère propre.
Erreur 7 — Ne pas anticiper la transmission successorale. Le régime de séparation de biens ne se substitue pas aux règles successorales et n'organise pas la transmission entre époux. Le conjoint survivant est héritier légal selon les articles 757 à 757-3 du Code civil (quart en pleine propriété ou totalité en usufruit en présence de descendants communs). Pour optimiser la transmission, complétez le contrat de mariage par une donation entre époux du dernier vivant (article 1096 du Code civil), un testament olographe (article 970) ou authentique (article 971), ou des contrats d'assurance-vie avec clause bénéficiaire précise.
Erreur 8 — Méconnaître les conséquences fiscales spécifiques. Le régime de séparation de biens a des conséquences fiscales spécifiques en matière de plus-values immobilières (taxation distincte pour chaque époux), d'impôt sur le revenu (option entre imposition commune et séparée pour l'année du mariage selon l'article 6 du CGI), d'impôt sur la fortune immobilière (IFI : foyer fiscal commun avec ses biens propres respectifs, article 964 du CGI), de droits de succession et de donation (abattements et taux applicables au conjoint). Une simulation fiscale préalable est recommandée pour optimiser le régime selon la situation patrimoniale et familiale.
Erreur 9 — Choisir la séparation par convenance sans analyse patrimoniale. Le choix de la séparation doit reposer sur une analyse patrimoniale et familiale approfondie, non sur des considérations purement émotionnelles ou de principe. Pour les couples sans patrimoine notable ni activité à risque, le régime légal de communauté réduite aux acquêts peut être plus protecteur du conjoint sans revenus professionnels. Pour les couples remariés avec enfants d'unions antérieures ou les couples dont l'un exerce une activité à risque, la séparation est souvent recommandée. Le conseil d'un notaire français inscrit au Conseil supérieur du notariat permet de calibrer le choix.
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Le choix du régime de séparation de biens en France par rapport au régime légal de communauté réduite aux acquêts répond à des préoccupations patrimoniales et professionnelles précises. Le régime légal prévu par l'article 1400 du Code civil soumet à la communauté les biens acquis pendant le mariage à titre onéreux ainsi que les revenus du travail et des biens propres, tandis que les biens reçus par succession ou donation et ceux possédés avant le mariage restent propres. La séparation de biens régie par les articles 1536 à 1543 du Code civil écarte intégralement ce mécanisme : chaque époux conserve la propriété, l'administration, la jouissance et la libre disposition de tous ses biens, qu'ils soient acquis avant ou pendant le mariage. Cette indépendance patrimoniale est particulièrement avantageuse pour les chefs d'entreprise, dirigeants de société, professionnels libéraux (avocats, médecins, architectes), traders ou financiers exposés à des risques professionnels : les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens du seul époux exerçant l'activité, préservant ainsi le patrimoine du conjoint. La séparation est également recommandée pour les couples remariés ayant des enfants d'unions antérieures, afin de préserver la transmission patrimoniale aux héritiers respectifs de chaque lignée. Pour les couples internationaux, le règlement (UE) 2016/1103 du 24 juin 2016 sur les régimes matrimoniaux permet de choisir expressément la loi française et le régime de séparation. La principale contrepartie est l'absence de mutualisation des accroissements de patrimoine pendant le mariage, ce qui peut désavantager le conjoint sans revenus professionnels en cas de divorce. Une simulation patrimoniale par un notaire français est recommandée avant le choix définitif.
Le coût d'un contrat de mariage en séparation de biens en France en 2026 se compose des émoluments notariaux, des droits d'enregistrement et des frais administratifs. Les émoluments notariaux sont réglementés par le décret n°2020-179 du 28 février 2020 et varient selon la complexité de l'acte et le patrimoine concerné. Pour un contrat de séparation simple sans donations ni clauses complexes, comptez entre 350,00 € et 500,00 € HT d'émoluments. Pour un contrat incluant des donations consenties par les parents en vue du mariage ou des clauses spécifiques (préciput, société d'acquêts adjointe, conventions sur la prestation compensatoire), les émoluments peuvent atteindre 800,00 € à 1.500,00 € HT selon la valeur du patrimoine et la complexité des stipulations. Pour les contrats incluant des donations importantes, des émoluments proportionnels au montant donné s'ajoutent (entre 0,5% et 5% selon les tranches du barème réglementaire). Le droit fixe d'enregistrement perçu par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) est de 125,00 € pour le contrat simple ; en cas de donations, des droits de mutation à titre gratuit peuvent s'appliquer selon les abattements et taux prévus par le Code général des impôts (articles 777 à 791 ter). L'inscription au Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés (FCDDV) géré par les Notaires de France entraîne un coût d'environ 30,00 €. Pour les époux exerçant une activité commerciale ou libérale, la publicité spéciale au Registre du commerce et des sociétés (RCS) imposée par l'article 1394-1 du Code civil génère des frais supplémentaires d'environ 40,00 € à 60,00 €. Le coût total moyen pour un contrat de séparation standard se situe entre 500,00 € et 800,00 € TTC.
Le changement de régime matrimonial après le mariage en France est possible mais soumis à une procédure spécifique organisée par l'article 1397 du Code civil. Depuis la réforme de la Loi n°2019-222 du 23 mars 2019, la condition antérieure de deux ans d'application du régime précédent a été supprimée pour les couples sans enfants mineurs ; le changement peut désormais intervenir à tout moment du mariage. La procédure suit plusieurs étapes obligatoires. D'abord, les époux conviennent du nouveau régime souhaité (séparation, communauté universelle, participation aux acquêts) et consultent un notaire français qui rédige le projet de convention modificative. Ensuite, le notaire procède à des mesures de publicité préalables : information des enfants majeurs et des héritiers présomptifs, publication dans un journal d'annonces légales, notification aux créanciers connus. Les enfants et héritiers disposent d'un délai de trois mois pour former opposition au changement. Les créanciers disposent du même délai pour former opposition s'ils estiment que le changement compromet leurs intérêts. En présence d'enfants mineurs, l'homologation du Tribunal judiciaire est obligatoire et nécessite la représentation par un avocat. Le juge vérifie que le changement est conforme à l'intérêt de la famille et notamment des enfants mineurs. Le changement de régime est opposable aux tiers trois mois après la publicité au registre approprié, conformément à l'article 1397-3 du Code civil. Les frais de changement comprennent les émoluments notariaux (entre 1.000,00 € et 3.000,00 € selon la complexité), les droits d'enregistrement, les frais de publication, et le cas échéant les honoraires d'avocat pour l'homologation. La procédure dure généralement entre 3 et 6 mois.
La séparation de biens en France offre une protection significative mais non absolue du conjoint contre les dettes professionnelles de l'autre époux. Le principe énoncé à l'article 1536 alinéa 2 du Code civil et à l'article 220 du Code civil est que chaque époux est seul tenu de ses dettes contractées à titre personnel pendant ou avant le mariage. Les créanciers professionnels (banques, fournisseurs, administrations fiscales et sociales) ne peuvent saisir que les biens du seul époux qui a contracté la dette, sans pouvoir atteindre le patrimoine personnel de son conjoint. Cette protection joue pleinement à condition que la publicité du contrat de mariage ait été dûment effectuée. L'article 1394-1 du Code civil impose une publicité spéciale au Registre du commerce et des sociétés tenu par le Greffe du Tribunal de commerce lorsque l'un des époux exerce une activité commerciale, artisanale ou libérale. À défaut, la séparation est inopposable aux créanciers professionnels qui ont contracté de bonne foi en croyant à l'application du régime légal de communauté. Plusieurs limites importantes subsistent. La solidarité légale de l'article 220 du Code civil s'applique aux dettes contractées pour l'entretien du ménage ou l'éducation des enfants, sauf pour les dépenses manifestement excessives. Les cautionnements et garanties consentis volontairement par le conjoint engagent son patrimoine personnel (caution solidaire ou hypothécaire pour un crédit de l'autre époux). Les dettes fiscales communes (impôt sur le revenu en imposition commune selon l'article 6 du CGI, taxe d'habitation) peuvent être poursuivies sur les biens des deux époux. Pour optimiser la protection, le notaire recommande souvent l'absence de cautionnement croisé, la limitation des comptes joints, la séparation stricte des activités professionnelles, et la souscription d'assurances professionnelles adaptées.
Le contrat de mariage en séparation de biens facilite considérablement la liquidation du régime en cas de divorce en France par rapport au régime légal de communauté réduite aux acquêts. Le principe central est que chaque époux reprend ses biens propres sans opérations complexes de partage de communauté. Concrètement, la liquidation suit plusieurs étapes. D'abord, l'identification des biens propres de chaque époux à partir de l'inventaire dressé dans le contrat de mariage et des justificatifs de propriété conservés pendant le mariage (titres immobiliers, statuts de société, relevés bancaires, factures). Les biens dont la propriété exclusive est démontrée par tous moyens conformément à l'article 1538 du Code civil retournent à leur propriétaire. Ensuite, le partage des biens indivis acquis ensemble pendant le mariage (résidence principale acquise à 50/50, mobilier acheté en commun, comptes joints) selon les règles de l'indivision (articles 815 et suivants du Code civil) : partage par moitié sauf preuve d'une quote-part différente. La prestation compensatoire prévue aux articles 270 et suivants du Code civil peut être accordée par le Juge aux Affaires Familiales pour compenser la disparité créée par la rupture du mariage dans les conditions de vie respectives. Le juge apprécie selon les critères de l'article 271 du Code civil : durée du mariage, âge et état de santé des époux, qualifications et situation professionnelles, conséquences des choix professionnels faits par l'un pour l'éducation des enfants. La prestation compensatoire peut être prévue conventionnellement dans le contrat de mariage, soumise alors à l'homologation du juge en divorce contentieux. En cas de divorce par consentement mutuel notarié (article 229-1 du Code civil ; Loi n°2016-1547 du 18 novembre 2016), la liquidation est organisée par convention déposée au rang des minutes du notaire. Les liquidations en séparation sont généralement plus rapides et moins coûteuses que celles en communauté.
La reconnaissance du contrat de mariage français en séparation de biens à l'étranger dépend des règles de droit international privé applicables et des conventions internationales en vigueur. Au sein de l'Union européenne, le Règlement (UE) 2016/1103 du 24 juin 2016 sur les régimes matrimoniaux applicable depuis le 29 janvier 2019 organise la reconnaissance mutuelle des régimes matrimoniaux entre les États membres ayant participé à la coopération renforcée (la France, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, et 14 autres États). Le règlement permet aux époux de choisir expressément la loi applicable à leur régime matrimonial parmi les lois suivantes : loi de la résidence habituelle commune au moment du choix, loi de la résidence habituelle de l'un des époux, ou loi de la nationalité de l'un des époux (article 22 du règlement). Pour les pays hors UE, la reconnaissance dépend des règles de droit international privé du pays concerné. La Convention de La Haye du 14 mars 1978 sur la loi applicable aux régimes matrimoniaux organise la reconnaissance pour les pays signataires (France, Luxembourg, Pays-Bas). Pour les autres pays, des conventions bilatérales peuvent s'appliquer ; à défaut, les règles nationales du pays s'imposent. Pour faire reconnaître le contrat de mariage français dans un pays étranger, plusieurs formalités peuvent être nécessaires : apostille de La Haye délivrée par le Service public fédéral des Affaires étrangères (centralisée à Nantes depuis 2017) en application de la Convention de La Haye du 5 octobre 1961 ; ou légalisation diplomatique consulaire pour les pays non parties à la Convention de La Haye. Une traduction certifiée par un traducteur assermenté inscrit auprès d'une Cour d'appel française est généralement requise. Pour les couples binationaux, il est recommandé de consulter un notaire spécialisé en droit international privé avant le mariage pour anticiper les conséquences dans les différents pays concernés et optimiser le choix du régime.
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