Convention de Divorce par Consentement Mutuel (DCM)
Code civil art. 229-1 à 229-4 ; Loi n°2016-1547 du 18 novembre 2016 (DCM notarial sans juge) ; chaque époux assisté de son propre avocat ; dépôt rang minutes notaire
CONVENTION DE DIVORCE PAR CONSENTEMENT MUTUEL
Articles 229-1 à 229-4 du Code civil ; Loi n°2016-1547 du 18 novembre 2016 instituant le divorce par consentement mutuel notarial sans juge ; Décret n°2016-1907 du 28 décembre 2016 ; chaque époux assisté de son propre avocat.
Avocat du premier époux : [Avocat Epoux]
Avocat du second époux : [Avocat Epouse]
Notaire dépositaire : [Notaire Depositaire]
Époux
LES ÉPOUX
Premier époux :
Nom : [Epoux1 Nom] (nom d'usage : [Epoux1 Nom Usage])
Prénoms : [Epoux1 Prenoms]
Né(e) le : [Epoux1 Date Naissance] à [Epoux1 Lieu Naissance]
Profession : [Epoux1 Profession]
Adresse : [Epoux1 Adresse]
Second époux :
Nom : [Epoux2 Nom]
Prénoms : [Epoux2 Prenoms]
Né(e) le : [Epoux2 Date Naissance] à [Epoux2 Lieu Naissance]
Profession : [Epoux2 Profession]
Adresse : [Epoux2 Adresse]
Art. 1 — Caractéristiques du Mariage et Régime
ART. 1 — MARIAGE ET RÉGIME MATRIMONIAL
Les époux soussignés se sont mariés le [Date Mariage] à la [Lieu Mariage] sous le régime de : [Regime Matrimonial].
Les époux ont arrêté d'un commun accord la rupture du lien conjugal et conviennent par la présente convention de leur divorce par consentement mutuel selon la procédure des articles 229-1 à 229-4 du Code civil.
Art. 2 — Enfants et Autorité Parentale
ART. 2 — DISPOSITIONS RELATIVES AUX ENFANTS
Existence d'enfants communs mineurs : [Enfants Communs]
Liste des enfants : [Enfants Liste]
Information écrite des enfants mineurs sur leur droit à être entendus : [Information Enfants]
Modalités d'exercice de l'autorité parentale : [Exercice Autorite Parentale].
Résidence habituelle des enfants : [Residence Enfants]
Pension alimentaire pour les enfants : [Pension Alimentaire]
Si un enfant mineur capable de discernement avait demandé à être entendu par le juge en application de l'article 388-1 du Code civil, la procédure de divorce par consentement mutuel notarial serait exclue et la procédure judiciaire devant le Juge aux Affaires Familiales serait obligatoire (art. 229-2 du Code civil).
Art. 3 — Liquidation du Régime Matrimonial
ART. 3 — LIQUIDATION ET PARTAGE DU PATRIMOINE
Biens immobiliers et modalités d'attribution : [Biens Immobiliers]
Biens mobiliers, comptes bancaires et valeurs : [Biens Mobiliers]
Dettes et passif à répartir : [Dettes]
Acte de partage notarié pour le patrimoine immobilier : [Acte Partage Immobilier]
Conformément à l'article 229-3 du Code civil, lorsque le patrimoine commun comprend un bien immobilier, l'état liquidatif est obligatoirement passé par acte notarié soumis aux dispositions sur la publicité foncière (Service de la Publicité Foncière de la DGFiP).
Art. 4 — Prestation Compensatoire
ART. 4 — PRESTATION COMPENSATOIRE
Prestation compensatoire convenue : [Prestation Due]
Forme et montant : [Prestation Montant]
La prestation compensatoire est destinée à compenser la disparité créée par la rupture du mariage dans les conditions de vie respectives, conformément à l'article 270 du Code civil. Elle est fixée selon les critères de l'article 271 du Code civil : durée du mariage, âge et état de santé des époux, qualifications et situation professionnelles, conséquences des choix professionnels faits par l'un pour l'éducation des enfants, patrimoine estimé et prévisible, droits existants et prévisibles, situation respective en matière de pensions de retraite. Lorsqu'elle est versée sous forme de capital, elle bénéficie de la réduction d'impôt de l'article 199 octodecies du Code général des impôts (CGI) si le versement intervient dans les 12 mois du divorce.
Art. 5 — Nom d'Usage et Avantages Matrimoniaux
ART. 5 — NOM D'USAGE ET AVANTAGES MATRIMONIAUX
Sort du nom d'usage marital : [Sort Nom Usage]
Conformément à l'article 264 du Code civil, chaque époux reprend l'usage de son nom à la suite du divorce. La conservation du nom d'usage du conjoint requiert l'accord exprès de celui-ci ou la justification d'un intérêt particulier pour l'époux ou les enfants.
Sort des donations et avantages matrimoniaux : [Donations Aux Epoux]
Conformément à l'article 265 du Code civil, le divorce est sans incidence sur les avantages matrimoniaux qui prennent effet au cours du mariage et sur les donations de biens présents quelle qu'en soit la forme. En revanche, il révoque de plein droit les avantages matrimoniaux qui ne prennent effet qu'à la dissolution du régime matrimonial ou au décès, ainsi que les dispositions à cause de mort accordées par un époux envers son conjoint par contrat de mariage ou pendant l'union, sauf volonté contraire de l'époux qui les a consenties.
Art. 6 — Procédure et Dépôt
ART. 6 — PROCÉDURE NOTARIALE ET DÉPÔT AU RANG DES MINUTES
Conformément à l'article 229-4 du Code civil, le projet de convention a été adressé par chaque avocat à son client par lettre recommandée avec avis de réception. Chaque époux dispose d'un délai de réflexion de quinze jours minimum à compter de la réception du projet avant la signature. Le respect de ce délai est attesté par les justificatifs d'envoi conservés par les avocats. Toute signature intervenant avant l'expiration de ce délai est cause de nullité de la convention.
Conformément à l'article 229-1 du Code civil, la convention contresignée par les deux avocats est transmise au notaire désigné qui procède à son dépôt au rang de ses minutes dans un délai de quinze jours suivant la date de la signature. Le dépôt donne date certaine et force exécutoire à la convention. Le notaire procède au contrôle formel des mentions obligatoires (identité des parties, mention du délai de réflexion respecté, présence des deux avocats), à la vérification de l'absence de demande d'audition d'enfant, et à l'inscription au Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés (FCDDV).
Le dépôt entraîne la dissolution du mariage. Le notaire procède à la transmission de l'attestation à l'officier d'état civil compétent pour mention en marge des actes de naissance et de mariage des époux.
Art. 7 — Droit Applicable
ART. 7 — DROIT APPLICABLE ET JURIDICTION
La présente convention de divorce est régie par le droit français en application du Règlement (UE) n°1259/2010 du Conseil du 20 décembre 2010 dit Rome III sur la loi applicable au divorce. Les litiges relatifs à son interprétation ou à son exécution relèvent du Juge aux Affaires Familiales (JAF) du Tribunal judiciaire territorialement compétent en application des articles L213-3 et R213-9 du Code de l'organisation judiciaire.
SIGNATURE DE LA CONVENTION
Fait à [Lieu Signature], le [Date Signature], après respect du délai de réflexion légal de quinze jours minimum à compter de la réception du projet de convention par chaque époux.
Le premier époux : [Epoux1 Nom] [Epoux1 Prenoms]
Signature : _________________________
Le second époux : [Epoux2 Nom] [Epoux2 Prenoms]
Signature : _________________________
L'avocat du premier époux ([Avocat Epoux]) : _________________________
L'avocat du second époux ([Avocat Epouse]) : _________________________
Convention transmise au notaire dépositaire [Notaire Depositaire] pour dépôt au rang des minutes dans le délai légal de quinze jours (art. 229-1 du Code civil).
Premier époux
________________
Signature
Second époux
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Convention de Divorce par Consentement Mutuel (DCM) ?
La Convention de Divorce par Consentement Mutuel (DCM) est, en droit français, une convention contresignée par les deux avocats des époux et déposée au rang des minutes d'un notaire français pour dissoudre le mariage sans recours au juge. Il est régi par Code civil art. 229-1 à 229-4.
La procédure de divorce par consentement mutuel notarial repose sur trois piliers indissociables. D'abord, l'accord total des deux époux sur la rupture du lien conjugal et sur ses conséquences (liquidation du régime matrimonial, prestation compensatoire, modalités relatives aux enfants, sort du logement familial). Ensuite, l'assistance obligatoire de chaque époux par son propre avocat distinct : l'article 229-1 du Code civil interdit expressément l'avocat commun afin d'éviter tout conflit d'intérêts et de garantir la défense équitable de chaque partie. Enfin, le dépôt de la convention au rang des minutes d'un notaire français qui en assure la conservation et lui confère date certaine et force exécutoire.
Le domaine de la procédure est strictement délimité par l'article 229-2 du Code civil. La procédure notariale sans juge est exclue dans deux hypothèses : lorsqu'un enfant mineur du couple capable de discernement demande à être entendu par le juge en application de l'article 388-1 du Code civil, et lorsque l'un des époux se trouve placé sous mesure de protection juridique (tutelle, curatelle, sauvegarde de justice). Dans ces situations, la procédure judiciaire devant le Juge aux Affaires Familiales (JAF) du Tribunal judiciaire demeure obligatoire, soit par la voie du divorce par consentement mutuel judiciaire (articles 230 à 232 du Code civil), soit par les autres formes de divorce contentieux.
Le formalisme de la procédure obéit à des étapes successives énumérées par l'article 229-4 du Code civil. Chaque avocat adresse à son client le projet de convention par lettre recommandée avec avis de réception. À compter de la réception du projet, un délai de réflexion incompressible de quinze jours minimum s'écoule avant que la convention puisse être signée. Toute signature intervenant avant l'expiration de ce délai est cause de nullité absolue de la convention, ce qui annulerait le divorce et imposerait de recommencer la procédure. La convention est ensuite signée par les deux époux et leurs deux avocats, puis transmise au notaire désigné qui procède au dépôt au rang de ses minutes dans un délai de quinze jours suivant la signature. Le dépôt entraîne la dissolution du mariage.
La convention doit contenir l'ensemble des stipulations prévues par l'article 229-3 du Code civil. À peine de nullité, elle mentionne le nom du notaire désigné, le nom et l'adresse des avocats chargés d'assister les époux, le lieu, la date et la signature de chaque époux et de chaque avocat, le nom et la date du mariage, l'identification des enfants, la mention que les enfants mineurs capables de discernement ont été informés par les parents de leur droit à être entendus par le juge et qu'ils ne souhaitent pas faire usage de cette faculté, l'accord des époux sur la rupture du mariage et sur ses effets, les modalités du règlement complet des effets du divorce y compris l'éventuelle prestation compensatoire, l'état liquidatif du régime matrimonial avec acte notarié pour le patrimoine immobilier, et la mention du respect du délai de réflexion. L'omission d'une mention obligatoire entraîne la nullité de la convention et du divorce qu'elle prononce.
La Cour de cassation a précisé à plusieurs reprises l'interprétation des articles 229-1 à 229-4 du Code civil. Le notaire est tenu à un contrôle formel des mentions obligatoires mais non à un contrôle de fond sur l'équilibre de la convention, contrairement au juge dans la procédure judiciaire antérieure. Cette répartition des compétences justifie l'assistance obligatoire des avocats qui sont chargés de la rédaction de la convention et du conseil aux époux sur l'équilibre des stipulations. En cas de manquement d'un avocat à son devoir de conseil, sa responsabilité professionnelle peut être engagée. Voir aussi le contrat de mariage et le testament olographe pour anticiper les conséquences patrimoniales et successorales du divorce.
Quand avez-vous besoin d'un Convention de Divorce par Consentement Mutuel (DCM) ?
La convention de divorce par consentement mutuel notarial en France répond à des situations précises où les époux souhaitent dissoudre leur union dans des conditions amiables et rapides. La procédure issue de la Loi n°2016-1547 a profondément modifié le paysage du divorce français en supprimant l'intervention systématique du juge dans le divorce amiable.
Les couples en accord total sur la rupture et ses conséquences constituent la catégorie principale. Un couple parisien marié depuis 10 ans sans enfants mineurs, dont les époux exercent des activités professionnelles distinctes et possèdent un patrimoine qu'ils ont déjà partagé en équivalence, peut conclure une convention de divorce notarial en quelques semaines. L'accord doit porter sur tous les aspects : rupture du mariage, liquidation du régime matrimonial (immobilier, comptes, assurance-vie, dettes), prestation compensatoire éventuelle, sort du nom d'usage, modalités d'occupation du logement familial. Tout désaccord, même mineur, sur l'un de ces aspects rend la procédure impossible et oblige à recourir à la procédure judiciaire.
Les couples avec enfants majeurs uniquement ou sans enfants peuvent recourir à la procédure notariale sans restriction. Les enfants majeurs n'ont aucun droit de faire opposition ou demander l'audition par le juge. Pour les couples avec enfants mineurs, la procédure reste possible mais soumise à la condition impérative que les enfants capables de discernement (généralement à partir de 8 à 10 ans selon la maturité) aient été informés par écrit de leur droit à être entendus par le juge en application de l'article 388-1 du Code civil, et qu'ils n'aient pas exercé cette faculté. Si un seul enfant mineur capable de discernement demande à être entendu, la procédure notariale est exclue et la procédure judiciaire devant le Juge aux Affaires Familiales devient obligatoire (article 229-2 du Code civil).
Les couples souhaitant un divorce rapide pour des raisons professionnelles, géographiques ou familiales utilisent la procédure notariale pour sa célérité. La durée moyenne d'une procédure notariale est de 2 à 4 mois entre la première consultation des avocats et le dépôt de la convention au rang des minutes du notaire, alors que la procédure judiciaire amiable antérieure durait 6 à 12 mois. Cette rapidité est précieuse pour les expatriés qui souhaitent régulariser leur situation avant un départ à l'étranger, pour les couples en mobilité professionnelle, ou pour ceux qui souhaitent se remarier rapidement après le divorce.
Les couples avec un patrimoine simple à liquider trouvent dans la procédure notariale un outil adapté. Lorsque le patrimoine est limité à des comptes bancaires, des assurances-vie, du mobilier et éventuellement un bien immobilier déjà partagé d'accord commun, la liquidation peut être réglée par des stipulations claires dans la convention de divorce. Pour les patrimoines complexes (parts d'entreprise familiale, biens à l'étranger, démembrement de propriété, dettes importantes), l'intervention d'un notaire pour établir un état liquidatif détaillé en parallèle de la convention reste recommandée.
Les couples binationaux et internationaux résidant en France utilisent la procédure notariale française. Le Règlement (UE) n°1259/2010 du Conseil du 20 décembre 2010 dit Rome III sur la loi applicable au divorce permet aux époux de choisir la loi française pour leur divorce s'ils résident en France ou y ont leur dernière résidence habituelle commune. La procédure notariale française est ensuite accessible. Le jugement français de divorce ou la convention notariale est reconnu dans les autres États membres de l'Union européenne en application du Règlement (CE) n°2201/2003 dit Bruxelles II bis (révisé par le Règlement (UE) 2019/1111 applicable depuis le 1er août 2022). Pour les pays hors UE, des conventions bilatérales ou les règles nationales s'appliquent.
Les couples souhaitant éviter la publicité judiciaire et préserver leur intimité optent pour la procédure notariale. Contrairement à la procédure judiciaire qui se déroule devant un juge dans un tribunal, la procédure notariale est entièrement privée : les rendez-vous se tiennent dans les cabinets d'avocats et l'étude notariale, la convention est confidentielle et son contenu n'est pas accessible aux tiers (sauf justification d'un intérêt légitime). Cette confidentialité est particulièrement appréciée des personnalités publiques, dirigeants d'entreprise et professions sensibles à la réputation.
Les couples souhaitant maîtriser le coût de leur divorce trouvent dans la procédure notariale une option financièrement raisonnable lorsque les patrimoines sont moyens. Les honoraires d'avocat (un par époux) varient généralement de 1.500,00 € à 4.000,00 € HT par avocat selon la complexité du dossier et la région. Les frais notariaux pour le dépôt de la convention au rang des minutes sont de l'ordre de 50,00 € à 150,00 €. Pour les patrimoines impliquant un acte notarié distinct pour la liquidation immobilière (obligatoire selon l'article 229-3 du Code civil), des frais notariaux supplémentaires s'ajoutent calculés sur la valeur des biens. Voir aussi le contrat de mariage et la convention de PACS pour les alternatives matrimoniales.
Que faut-il inclure dans votre Convention de Divorce par Consentement Mutuel (DCM) ?
La convention de divorce par consentement mutuel en France doit contenir un ensemble de mentions et de stipulations imposées à peine de nullité par l'article 229-3 du Code civil. L'omission d'un élément obligatoire entraîne la nullité de la convention et du divorce qu'elle prononce, avec obligation de recommencer intégralement la procédure.
Identification complète des deux époux. Pour chaque époux : nom de naissance et nom d'usage le cas échéant, prénoms dans l'ordre de l'état civil, date et lieu de naissance avec mention du département pour la France ou du pays pour l'étranger, profession exercée à la date de la convention, adresse actuelle de résidence (qui peut être différente de la résidence commune antérieure). Ces mentions correspondent à celles de l'acte de mariage que les époux fournissent à leurs avocats avec un extrait récent (moins de trois mois).
Mention obligatoire des avocats et du notaire. La convention doit mentionner le nom et l'adresse professionnelle de l'avocat de chacun des époux avec indication du barreau d'inscription et du numéro de toque, ainsi que le nom et l'adresse du notaire désigné pour le dépôt au rang des minutes. Chaque époux doit être assisté de son propre avocat distinct : l'article 229-1 du Code civil interdit expressément l'avocat commun. Cette dualité d'avocats est vérifiée par le notaire lors du dépôt et garantit l'équilibre de la convention.
Date et lieu du mariage avec régime matrimonial. La convention mentionne la date du mariage civil, la commune de célébration (mairie en France ou consulat français à l'étranger), et le régime matrimonial applicable au moment du divorce. Pour le régime légal de communauté réduite aux acquêts (article 1400 du Code civil), aucune précision supplémentaire n'est requise. Pour les régimes conventionnels (séparation de biens, communauté universelle, participation aux acquêts), la convention mentionne le notaire ayant reçu le contrat de mariage et la date.
Identification des enfants et information du droit à être entendu. La convention liste l'ensemble des enfants communs (nés et adoptés) avec leurs nom, prénoms, date de naissance et qualité (mineur ou majeur). Pour les enfants mineurs capables de discernement, la convention atteste que les enfants ont été informés par écrit de leur droit à être entendus par le juge en application de l'article 388-1 du Code civil et qu'ils n'ont pas exercé cette faculté. Cette information se matérialise par un formulaire signé par chaque enfant capable de discernement, annexé à la convention, ou par une attestation des avocats confirmant l'information préalable et l'absence de demande. Toute demande d'audition rend la procédure notariale impossible.
Modalités d'exercice de l'autorité parentale. La convention organise les modalités d'exercice de l'autorité parentale (conjointe par principe, article 372 du Code civil), la résidence habituelle des enfants (résidence alternée, résidence chez l'un avec droit de visite et d'hébergement étendu chez l'autre), les modalités du droit de visite et d'hébergement pour le parent chez qui les enfants ne résident pas habituellement, l'organisation des vacances scolaires, des fêtes de fin d'année, des week-ends, et la prise en charge des transports.
Pension alimentaire pour les enfants. La convention fixe le montant de la pension alimentaire mensuelle versée par chaque parent pour la contribution à l'entretien et à l'éducation des enfants en application de l'article 371-2 du Code civil. La table de référence indicative publiée par le Ministère de la Justice (disponible sur service-public.fr et calculée selon la grille de l'UNAF) sert d'orientation. La convention précise les modalités de versement (virement bancaire mensuel, par enfant ou globalement), l'indexation annuelle (généralement sur l'indice INSEE des prix à la consommation hors tabac), les modalités de partage des frais exceptionnels (santé, scolarité, sport, loisirs).
État liquidatif du régime matrimonial. La convention organise la liquidation complète du régime matrimonial : attribution des biens immobiliers (avec soulte le cas échéant), partage des comptes bancaires, sort des assurances-vie et placements financiers, attribution du mobilier et des objets de valeur, répartition des dettes (crédits immobiliers, crédits à la consommation, soldes débiteurs). Conformément à l'article 229-3 du Code civil, lorsque le patrimoine inclut un bien immobilier, un acte notarié de liquidation et de partage est obligatoire en parallèle de la convention pour assurer la publicité foncière auprès du Service de la Publicité Foncière de la DGFiP. Le modèle proposé par forms-legal.com sert de base de travail mais ne dispense pas du conseil notarial pour la liquidation d'un patrimoine immobilier.
Prestation compensatoire. La convention précise si une prestation compensatoire est versée par un époux à l'autre pour compenser la disparité créée par la rupture du mariage dans les conditions de vie respectives, conformément à l'article 270 du Code civil. Les critères de l'article 271 du Code civil guident le calcul : durée du mariage, âge et état de santé des époux, qualifications et situation professionnelles, conséquences des choix professionnels faits par l'un pour l'éducation des enfants, patrimoine estimé et prévisible, situation respective en matière de pensions de retraite. La forme de la prestation peut être un capital (préférable fiscalement), une rente, un abandon de biens ou une combinaison. Le versement en capital dans les 12 mois ouvre droit à la réduction d'impôt prévue par l'article 199 octodecies du CGI.
Sort du nom d'usage et avantages matrimoniaux. La convention précise le sort du nom d'usage du conjoint : reprise du nom de naissance par principe (article 264 du Code civil) ou conservation du nom d'usage avec accord exprès du conjoint ou justification d'un intérêt particulier. Les donations et avantages matrimoniaux entre époux sont précisés conformément à l'article 265 du Code civil : maintien des donations de biens présents quelle qu'en soit la forme, révocation de plein droit des avantages qui ne prennent effet qu'à la dissolution ou au décès, sauf volonté contraire de l'époux qui les a consentis.
Mention du délai de réflexion. La convention atteste expressément que chaque époux a disposé d'un délai de réflexion d'au moins quinze jours entre la réception du projet par lettre recommandée avec avis de réception et la signature, conformément à l'article 229-4 du Code civil. Toute signature avant l'expiration de ce délai est cause de nullité absolue de la convention. Les avocats conservent les justificatifs d'envoi recommandé pour démontrer le respect du délai en cas de contestation.
Comment remplir votre Convention de Divorce par Consentement Mutuel (DCM)
Remplir une convention de divorce par consentement mutuel notarial en France requiert l'assistance impérative d'un avocat pour chaque époux et la coordination avec un notaire. Suivez les étapes ci-dessous pour préparer le dossier complet et respecter les exigences procédurales.
Étape 1 — Choisir un avocat pour chaque époux. Chaque époux doit consulter et mandater son propre avocat inscrit à un Barreau français (Conseil National des Barreaux). L'article 229-1 du Code civil interdit expressément l'avocat commun. Les avocats peuvent appartenir au même barreau ou à des barreaux différents. La consultation initiale permet à chaque avocat de comprendre la situation patrimoniale et familiale, d'évaluer la faisabilité de la procédure notariale (absence d'enfants demandant audition, absence d'époux sous protection), et d'estimer les honoraires (généralement entre 1.500,00 € et 4.000,00 € HT par avocat selon la complexité).
Étape 2 — Renseigner l'identité des époux. Saisissez pour chaque époux le nom de naissance et le nom d'usage le cas échéant, tous les prénoms dans l'ordre de l'état civil, la date de naissance au format JJ/MM/AAAA, le lieu de naissance avec mention du département ou du pays, la profession actuelle et l'adresse de résidence actuelle. Les informations doivent correspondre à celles de l'acte de mariage et de la pièce d'identité.
Étape 3 — Préciser les caractéristiques du mariage. Indiquez la date du mariage civil au format JJ/MM/AAAA, la commune de célébration (mairie en France ou consulat français à l'étranger), et le régime matrimonial applicable. Pour le régime légal de communauté réduite aux acquêts (article 1400 du Code civil), aucune précision supplémentaire n'est requise. Pour les régimes conventionnels (séparation de biens, communauté universelle, participation aux acquêts), mentionnez le notaire ayant reçu le contrat de mariage et la date de l'acte notarié.
Étape 4 — Gérer la question des enfants. Listez l'ensemble des enfants communs avec leurs nom, prénoms, date de naissance et qualité (mineur ou majeur). Pour les enfants mineurs capables de discernement (généralement à partir de 8 à 10 ans selon la maturité), procédez à l'information écrite obligatoire de leur droit à être entendus par le juge en application de l'article 388-1 du Code civil. L'information se matérialise par un formulaire spécifique (Cerfa n°15828*02 disponible sur service-public.fr) que chaque enfant capable de discernement doit signer. Si un seul enfant demande à être entendu, la procédure notariale est exclue et il faut recourir à la procédure judiciaire devant le Juge aux Affaires Familiales.
Étape 5 — Organiser les modalités relatives aux enfants. Définissez l'exercice de l'autorité parentale (conjointe par principe selon l'article 372 du Code civil), la résidence habituelle des enfants (résidence alternée une semaine sur deux, résidence chez l'un avec droit de visite et d'hébergement étendu chez l'autre), les modalités du droit de visite et d'hébergement, l'organisation des vacances scolaires (généralement par moitié alternée), la prise en charge des transports. Fixez le montant de la pension alimentaire mensuelle par enfant en référence à la table indicative du Ministère de la Justice basée sur les revenus des parents et le nombre d'enfants.
Étape 6 — Inventorier et liquider le patrimoine. Établissez l'inventaire complet des biens et dettes à liquider. Pour les biens immobiliers : adresse, surface, date d'acquisition, valeur estimée (de préférence sur la base d'une expertise récente), modalité d'attribution (vente avec partage du prix, attribution à l'un avec soulte au profit de l'autre, maintien en indivision). Pour les comptes bancaires : établissement, numéro, solde à la date de la séparation, modalité de partage. Pour les assurances-vie : assureur, contrat, valeur de rachat, attribution. Pour les dettes : créancier, capital restant dû, taux, mensualité, modalité de reprise.
Étape 7 — Déterminer la prestation compensatoire. Évaluez avec les avocats si une prestation compensatoire est due, en référence aux critères de l'article 271 du Code civil : durée du mariage, âge et état de santé des époux, qualifications et situation professionnelles, conséquences des choix professionnels (notamment pour l'éducation des enfants), patrimoine estimé, situation respective en matière de pensions de retraite. Déterminez la forme (capital, rente, abandon de biens) et le montant. Le versement en capital dans les 12 mois ouvre droit à la réduction d'impôt prévue par l'article 199 octodecies du CGI à hauteur de 25% du capital versé dans la limite de 30 500,00 €.
Étape 8 — Trancher les conséquences personnelles. Précisez le sort du nom d'usage marital : reprise du nom de naissance (principe de l'article 264 du Code civil), ou conservation du nom d'usage avec accord exprès du conjoint ou justification d'un intérêt particulier (renommée professionnelle, identité des enfants). Tranchez le sort des donations entre époux et des avantages matrimoniaux : maintien des donations de biens présents, révocation de plein droit des avantages au décès sauf volonté contraire (article 265 du Code civil).
Étape 9 — Recevoir le projet et respecter le délai de réflexion. Une fois la convention rédigée par les avocats, chaque avocat adresse le projet à son client par lettre recommandée avec avis de réception. À compter de la réception du projet, un délai de réflexion incompressible de quinze jours minimum s'écoule avant que la convention puisse être signée. Conservez précieusement la lettre recommandée et l'avis de réception pour démontrer le respect du délai. Toute signature avant l'expiration entraîne la nullité absolue de la convention.
Étape 10 — Signer et déposer au rang des minutes du notaire. À l'issue du délai de réflexion, les deux époux et leurs deux avocats signent la convention lors d'un rendez-vous commun (généralement dans le cabinet d'un des avocats). Les avocats transmettent la convention signée au notaire désigné qui procède au dépôt au rang de ses minutes dans un délai de quinze jours suivant la signature (article 229-1 du Code civil). Le dépôt entraîne la dissolution du mariage. Le notaire procède à la transmission de l'attestation à l'officier d'état civil compétent pour mention en marge des actes de naissance et de mariage des époux. Pour les patrimoines immobiliers, un acte notarié distinct de liquidation et partage est passé en parallèle pour la publicité foncière.
Exigences juridiques pour Convention de Divorce par Consentement Mutuel (DCM)
La convention de divorce par consentement mutuel notarial en France est encadrée par des règles formelles strictes énoncées aux articles 229-1 à 229-4 du Code civil et précisées par le Décret n°2016-1907 du 28 décembre 2016. Les exigences légales conditionnent la validité de la convention et du divorce qu'elle prononce.
Condition de l'accord des époux. La procédure notariale exige l'accord total des deux époux sur la rupture du mariage et sur l'ensemble de ses conséquences (liquidation du régime matrimonial, prestation compensatoire, modalités relatives aux enfants, sort du nom d'usage, attribution du logement familial). Tout désaccord, même mineur, sur un seul aspect rend la procédure notariale impossible et oblige à recourir à la procédure judiciaire. L'accord doit être libre et éclairé, sans contrainte ni vice du consentement au sens des articles 1130 et suivants du Code civil. La convention conclue sous l'effet d'une erreur, d'un dol ou d'une violence est annulable.
Assistance obligatoire de deux avocats distincts. L'article 229-1 du Code civil impose que chaque époux soit assisté de son propre avocat inscrit à un Barreau français. L'avocat commun aux deux époux est expressément interdit pour garantir la défense équitable des intérêts de chaque partie et prévenir tout conflit d'intérêts. Les avocats peuvent appartenir au même barreau ou à des barreaux différents. Le notaire vérifie cette dualité d'avocats lors du dépôt de la convention au rang de ses minutes.
Domaine d'application de la procédure. L'article 229-2 du Code civil exclut la procédure notariale dans deux hypothèses limitativement énumérées. Première hypothèse : lorsque l'un des enfants mineurs du couple, capable de discernement, demande à être entendu par le juge en application de l'article 388-1 du Code civil. Le discernement s'apprécie selon la maturité de l'enfant (généralement à partir de 8 à 10 ans) ; l'information écrite préalable est obligatoire. Seconde hypothèse : lorsque l'un des époux est placé sous mesure de protection juridique (tutelle, curatelle, sauvegarde de justice) en application des articles 425 et suivants du Code civil. Dans ces deux hypothèses, la procédure judiciaire devant le Juge aux Affaires Familiales (JAF) est obligatoire.
Délai de réflexion incompressible. L'article 229-4 du Code civil impose un délai de réflexion de quinze jours minimum entre la réception du projet de convention par chaque époux et la signature. Le délai court à compter de la réception du projet par lettre recommandée avec avis de réception adressée par l'avocat à son client. Le calcul s'effectue de date à date selon les règles du Code de procédure civile (article 641). Toute signature intervenant avant l'expiration du délai entraîne la nullité absolue de la convention et du divorce. Les avocats conservent les justificatifs d'envoi pour démontrer le respect du délai en cas de contestation ultérieure.
Mentions obligatoires à peine de nullité. L'article 229-3 du Code civil énumère les mentions obligatoires à peine de nullité de la convention. La convention contient : le nom du notaire ou de l'office notarial chargé du dépôt au rang des minutes ; le nom et l'adresse professionnelle de l'avocat de chacun des époux avec mention du Barreau et du numéro de toque ; le lieu, la date et la signature de chaque époux et de chaque avocat ; le nom et la date du mariage et l'identification des époux ; le nom et la date de naissance des enfants ; la mention que les enfants mineurs capables de discernement ont été informés de leur droit à être entendus par le juge et qu'ils ne souhaitent pas faire usage de cette faculté (formulaire Cerfa annexé) ; l'accord des époux sur la rupture du mariage et sur ses effets ; les modalités du règlement complet des effets du divorce y compris l'éventuelle prestation compensatoire ; l'état liquidatif du régime matrimonial avec acte notarié pour le patrimoine immobilier ; la mention du respect du délai de réflexion.
État liquidatif et publicité foncière. L'article 229-3 alinéa 4 du Code civil impose que lorsque le patrimoine commun inclut un bien immobilier, l'état liquidatif soit obligatoirement passé par acte notarié soumis aux dispositions sur la publicité foncière auprès du Service de la Publicité Foncière de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP). Cette obligation découle des articles 28 et suivants du Décret n°55-22 du 4 janvier 1955 portant réforme de la publicité foncière. L'acte de liquidation et partage immobilier est distinct de la convention de divorce mais en constitue le complément indispensable.
Dépôt au rang des minutes du notaire. L'article 229-1 alinéa 3 du Code civil impose le dépôt de la convention au rang des minutes du notaire désigné dans un délai de quinze jours suivant la date de la signature. Le dépôt donne à la convention date certaine et force exécutoire. Le notaire procède à un contrôle formel des mentions obligatoires (sans contrôle de fond sur l'équilibre), à la vérification de la dualité des avocats, à la vérification de l'absence de demande d'audition d'enfant par les formulaires Cerfa annexés. Le notaire procède à l'inscription au Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés (FCDDV) géré par les Notaires de France.
Dissolution du mariage et publicité d'état civil. Le dépôt au rang des minutes du notaire entraîne la dissolution du mariage. Le notaire procède à la transmission de l'attestation à l'officier d'état civil compétent pour mention en marge des actes de naissance des époux et de l'acte de mariage en application de l'article 49 du Code civil. La mention en marge assure l'opposabilité du divorce aux tiers et permet aux administrations de prendre acte du changement de situation matrimoniale.
Voies de recours et contestation. La convention de divorce par consentement mutuel notarial n'est pas susceptible de recours classique puisqu'elle n'est pas un jugement. La contestation de la convention obéit aux règles du droit commun des contrats : action en nullité pour vice du consentement (erreur, dol, violence selon les articles 1130 et suivants du Code civil), action en nullité pour irrégularité formelle (omission d'une mention obligatoire, non-respect du délai de réflexion, défaut d'assistance d'avocat), action en révision de la prestation compensatoire dans les conditions de l'article 276-3 du Code civil. La compétence est dévolue au Juge aux Affaires Familiales du Tribunal judiciaire.
Fiscalité du divorce. Le divorce par consentement mutuel notarial donne lieu à des droits d'enregistrement applicables aux opérations de liquidation : droit de partage de 1,80% sur l'actif net partagé (ramené à 1,10% depuis le 1er janvier 2022 par la Loi de finances), droits de mutation à titre onéreux pour les attributions immobilières avec soulte. La prestation compensatoire versée en capital dans les 12 mois ouvre droit à la réduction d'impôt sur le revenu prévue par l'article 199 octodecies du CGI à hauteur de 25% du capital versé dans la limite de 30 500,00 €. Les pensions alimentaires versées pour les enfants sont déductibles du revenu imposable du débiteur (article 156 du CGI) et imposables chez le créancier.
Erreurs courantes à éviter dans votre Convention de Divorce par Consentement Mutuel (DCM)
La rédaction d'une convention de divorce par consentement mutuel notarial en France donne lieu à des erreurs fréquentes qui peuvent annuler la convention, retarder la procédure ou créer des difficultés patrimoniales durables. Voici les principales erreurs identifiées par les avocats et notaires français et les bonnes pratiques pour les éviter.
Erreur 1 — Recourir à un avocat commun aux deux époux. L'article 229-1 du Code civil interdit expressément l'avocat commun. Cette interdiction est sanctionnée par la nullité absolue de la convention et du divorce qu'elle prononce. Chaque époux doit avoir son propre avocat distinct inscrit à un Barreau français. Le notaire vérifie cette dualité lors du dépôt. La tentation économique de partager un même avocat pour réduire les honoraires est juridiquement impossible et expose à des conséquences gravissimes (annulation du divorce, contestation des effets).
Erreur 2 — Ne pas respecter le délai de réflexion de quinze jours. L'article 229-4 du Code civil impose un délai de réflexion incompressible de quinze jours minimum entre la réception du projet de convention par lettre recommandée avec avis de réception et la signature. Le décompte s'effectue de date à date selon les règles du Code de procédure civile. Une signature intervenant le quatorzième jour entraîne la nullité absolue de la convention. La bonne pratique consiste à fixer un rendez-vous de signature au moins seize ou dix-sept jours après l'envoi du projet pour disposer d'une marge de sécurité. Les avocats conservent les avis de réception pour démontrer le respect du délai.
Erreur 3 — Omettre l'information écrite des enfants mineurs sur leur droit à être entendus. L'article 229-2 du Code civil exclut la procédure notariale si un enfant mineur capable de discernement demande à être entendu par le juge. La convention doit attester que les enfants ont été informés par écrit de ce droit conformément à l'article 388-1 du Code civil. L'information se matérialise par un formulaire spécifique (Cerfa n°15828*02 disponible sur service-public.fr) que chaque enfant capable de discernement (généralement à partir de 8 à 10 ans selon la maturité) doit signer. L'omission de cette information ou l'absence de formulaire annexé entraîne la nullité de la convention.
Erreur 4 — Sous-estimer l'évaluation des biens immobiliers. La liquidation du régime matrimonial implique souvent l'attribution d'un bien immobilier à l'un des époux avec versement d'une soulte au profit de l'autre. Une sous-évaluation ou surévaluation du bien crée un déséquilibre patrimonial qui peut être contesté ultérieurement par l'époux désavantagé sur le fondement du vice du consentement (erreur, dol). La bonne pratique consiste à faire procéder à une expertise immobilière contradictoire récente (moins de six mois) par un expert agréé ou un agent immobilier, et à annexer le rapport à la convention. Pour les biens à l'étranger, l'évaluation par un expert local est recommandée.
Erreur 5 — Négliger l'acte notarié de liquidation immobilière distinct. L'article 229-3 alinéa 4 du Code civil impose que lorsque le patrimoine commun inclut un bien immobilier, l'état liquidatif soit passé par acte notarié soumis à la publicité foncière. La convention de divorce ne suffit pas : un acte notarié distinct de liquidation et partage est obligatoire pour assurer la publicité auprès du Service de la Publicité Foncière de la DGFiP. L'omission de cet acte rend impossible la mutation de propriété au Cadastre et bloque toute opération ultérieure (vente, hypothèque, donation).
Erreur 6 — Mal calculer la prestation compensatoire et perdre la réduction fiscale. La prestation compensatoire prévue aux articles 270 et suivants du Code civil peut prendre la forme d'un capital, d'une rente ou d'un abandon de biens. Le versement en capital dans les 12 mois suivant le divorce ouvre droit à la réduction d'impôt sur le revenu prévue par l'article 199 octodecies du CGI à hauteur de 25% du capital versé dans la limite de 30 500,00 €. Un versement partiel au-delà de 12 mois fait perdre le bénéfice de la réduction. La bonne pratique consiste à privilégier le versement intégral en capital dans les 12 mois pour optimiser la situation fiscale du débiteur. Les rentes mensuelles ne bénéficient pas de cette réduction d'impôt.
Erreur 7 — Omettre la mention du sort des donations entre époux. L'article 265 du Code civil organise le sort des donations et avantages matrimoniaux en cas de divorce : maintien des donations de biens présents quelle qu'en soit la forme, révocation de plein droit des avantages qui ne prennent effet qu'à la dissolution ou au décès, sauf volonté contraire de l'époux qui les a consentis. La convention doit expressément mentionner le sort de chaque donation et avantage : maintien ou révocation. L'omission peut créer des litiges ultérieurs au moment du décès lors de l'ouverture de la succession.
Erreur 8 — Sous-évaluer la pension alimentaire pour les enfants. La pension alimentaire fixée dans la convention doit refléter les besoins réels des enfants et les ressources de chaque parent en application de l'article 371-2 du Code civil. Une sous-évaluation peut être contestée ultérieurement par le parent créancier en demandant la révision devant le Juge aux Affaires Familiales si elle s'avère manifestement insuffisante. La bonne pratique consiste à se référer à la table indicative du Ministère de la Justice (calculée selon la grille de l'UNAF), à prévoir une indexation annuelle sur l'indice INSEE des prix à la consommation, et à organiser explicitement le partage des frais exceptionnels (santé, scolarité, sport, loisirs).
Erreur 9 — Choisir la procédure notariale sans vérifier les conditions d'éligibilité. La procédure notariale issue de la Loi n°2016-1547 n'est pas accessible à tous les couples. L'article 229-2 du Code civil exclut la procédure si un enfant mineur capable de discernement demande à être entendu ou si un époux est sous mesure de protection juridique. Recourir à la procédure notariale dans ces hypothèses entraîne la nullité de la convention. Les avocats doivent vérifier ces conditions d'éligibilité dès la consultation initiale et orienter vers la procédure judiciaire si nécessaire.
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La durée d'une procédure de divorce par consentement mutuel notarial en France varie généralement de 2 à 4 mois entre la première consultation des avocats et le dépôt de la convention au rang des minutes du notaire, ce qui constitue une accélération significative par rapport à la procédure judiciaire antérieure qui durait 6 à 12 mois. Le calendrier type suit plusieurs étapes incompressibles. La première phase de négociation et rédaction de la convention dure entre 4 et 8 semaines selon la complexité du dossier : analyse de la situation patrimoniale, évaluation des biens immobiliers (avec expertise contradictoire si nécessaire), définition des modalités relatives aux enfants, calcul de la prestation compensatoire éventuelle, rédaction du projet de convention par les avocats. La deuxième phase est le délai de réflexion incompressible de quinze jours minimum imposé par l'article 229-4 du Code civil entre la réception du projet par lettre recommandée avec avis de réception et la signature. La troisième phase est le dépôt au rang des minutes du notaire dans les quinze jours suivant la signature en application de l'article 229-1 du Code civil. Pour les dossiers comportant un patrimoine immobilier, un acte notarié distinct de liquidation et partage est nécessaire en parallèle, ce qui peut allonger la procédure de quelques semaines pour la coordination avec le notaire chargé de l'acte notarié et le Service de la Publicité Foncière de la DGFiP. Les dossiers les plus complexes (patrimoine international, parts d'entreprise familiale, démembrement de propriété) peuvent atteindre 6 mois en raison des évaluations multiples et de la coordination internationale.
Le coût d'un divorce par consentement mutuel notarial en France en 2026 se compose des honoraires des deux avocats (un par époux), des frais notariaux pour le dépôt de la convention au rang des minutes, et le cas échéant des frais notariaux pour l'acte de liquidation et partage immobilier. Les honoraires d'avocat varient considérablement selon la complexité du dossier et la région. Pour un divorce simple sans patrimoine notable et sans enfants mineurs, comptez entre 1.500,00 € et 2.500,00 € HT par avocat, soit 3.000,00 € à 5.000,00 € HT au total. Pour un divorce avec enfants mineurs et liquidation d'un patrimoine moyen (un bien immobilier, des comptes bancaires, des assurances-vie), les honoraires atteignent 2.500,00 € à 4.000,00 € HT par avocat, soit 5.000,00 € à 8.000,00 € HT au total. Pour les divorces complexes avec patrimoine important (plusieurs biens immobiliers, parts d'entreprise, biens à l'étranger), les honoraires peuvent atteindre 4.000,00 € à 8.000,00 € HT par avocat, voire davantage. Les frais notariaux pour le simple dépôt de la convention au rang des minutes sont modestes : entre 50,00 € et 150,00 € selon l'étude. Pour la liquidation immobilière, les frais notariaux suivent le barème réglementé du décret n°78-262 du 8 mars 1978 modifié : entre 7% et 8% de la valeur des biens partagés pour les petites valeurs, dégressifs jusqu'à environ 1% pour les valeurs supérieures à 60.000,00 €. Le droit de partage perçu par la DGFiP s'élève à 1,10% de l'actif net partagé depuis le 1er janvier 2022. L'aide juridictionnelle peut prendre en charge tout ou partie des honoraires d'avocat selon les ressources des époux et le barème publié par le Service public fédéral Justice.
Lorsqu'un enfant mineur capable de discernement demande à être entendu par le juge dans le cadre d'un divorce par consentement mutuel en France, la procédure notariale issue de la Loi n°2016-1547 est exclue de plein droit en application de l'article 229-2 du Code civil. Les époux doivent alors recourir à la procédure judiciaire de divorce par consentement mutuel devant le Juge aux Affaires Familiales (JAF) du Tribunal judiciaire territorialement compétent, telle qu'elle existait avant la réforme de 2017 et qui demeure en vigueur pour ces hypothèses spécifiques (articles 230 à 232 du Code civil). L'information écrite des enfants mineurs capables de discernement sur leur droit à être entendus est obligatoire avant signature de la convention ; elle se matérialise par un formulaire spécifique (Cerfa n°15828*02 disponible sur service-public.fr) que chaque enfant doit signer pour attester soit qu'il a été informé et ne souhaite pas faire usage de cette faculté, soit qu'il demande à être entendu. Le discernement de l'enfant s'apprécie selon sa maturité réelle, généralement à partir de 8 à 10 ans, sans seuil légal strict. Les parents et leurs avocats doivent expliquer à l'enfant la portée de cette faculté de manière adaptée à son âge et à sa maturité. Si un enfant unique demande à être entendu, toute la procédure bascule en procédure judiciaire : assignation devant le JAF, audience de conciliation, audition de l'enfant par le juge (en présence ou non d'un avocat selon le choix du juge), examen de la convention de divorce, prononcé du jugement de divorce. La procédure judiciaire est plus longue (6 à 12 mois) et plus coûteuse (intervention du JAF, audiences, jugement) que la procédure notariale, mais offre la garantie d'un contrôle judiciaire complet sur l'équilibre de la convention et le respect des intérêts de l'enfant.
Le partage d'un bien immobilier dans un divorce par consentement mutuel notarial en France suit des règles spécifiques imposées par l'article 229-3 alinéa 4 du Code civil. Lorsque le patrimoine commun ou indivis des époux comprend un bien immobilier, l'état liquidatif du régime matrimonial doit obligatoirement être passé par acte notarié soumis aux dispositions sur la publicité foncière auprès du Service de la Publicité Foncière de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP). Cette obligation découle des articles 28 et suivants du Décret n°55-22 du 4 janvier 1955 portant réforme de la publicité foncière. Plusieurs options s'offrent aux époux pour le partage. Première option : la vente du bien à un tiers avec partage du prix de vente après remboursement du crédit immobilier en cours. C'est la solution la plus simple et liquidative ; le notaire chargé de la vente procède à la publicité foncière et au partage du prix selon les quotes-parts convenues. Deuxième option : l'attribution du bien à l'un des époux avec versement d'une soulte au profit de l'autre. L'époux attributaire devient seul propriétaire et verse à l'autre une somme correspondant à la quote-part de ce dernier dans la valeur du bien. La soulte peut être payée comptant, par échelonnement, ou par compensation avec d'autres biens. Troisième option : le maintien en indivision avec convention d'indivision (articles 1873-1 et suivants du Code civil) pour une durée déterminée. Cette option est rare car elle prolonge les liens patrimoniaux entre ex-époux. Le partage immobilier donne lieu au droit de partage de 1,10% sur l'actif net partagé depuis le 1er janvier 2022 (Loi de finances), plus les émoluments notariaux selon le barème réglementé. L'évaluation du bien immobilier doit être réalisée de manière contradictoire, par exemple par expertise immobilière indépendante, pour éviter toute contestation ultérieure sur le fondement du vice du consentement.
La prestation compensatoire n'est pas obligatoire dans un divorce par consentement mutuel en France ; elle est due seulement si la rupture du mariage crée une disparité dans les conditions de vie respectives des époux, conformément à l'article 270 du Code civil. La prestation compensatoire vise à compenser, autant qu'il est possible, cette disparité. Les époux apprécient librement dans leur convention l'existence d'une telle disparité et le montant de la prestation. Les critères de l'article 271 du Code civil guident l'évaluation : durée du mariage, âge et état de santé des époux, qualifications et situation professionnelles, conséquences des choix professionnels faits par l'un des époux pendant la vie commune pour l'éducation des enfants ou pour favoriser la carrière de son conjoint, patrimoine estimé ou prévisible des époux tant en capital qu'en revenus après la liquidation du régime matrimonial, droits existants et prévisibles, situation respective en matière de pensions de retraite. Plusieurs configurations méritent une prestation. La femme qui a interrompu sa carrière professionnelle pendant 10 à 20 ans pour élever les enfants alors que son conjoint progressait dans sa carrière peut prétendre à une prestation compensatoire substantielle. L'époux disposant d'un patrimoine personnel modeste alors que l'autre a constitué un patrimoine important pendant le mariage peut prétendre à une compensation. L'époux dont les droits à pension de retraite sont nettement inférieurs à ceux du conjoint peut bénéficier d'une prestation pour compenser cette disparité. La forme de la prestation peut être un capital (préférable fiscalement avec la réduction d'impôt de l'article 199 octodecies du CGI pour un versement dans les 12 mois), une rente viagère ou temporaire (article 276 du Code civil pour la rente, mais rare en pratique), un abandon de biens en pleine propriété ou en usufruit, ou une combinaison de ces formes. La convention peut également prévoir qu'aucune prestation n'est due si les époux estiment que la rupture ne crée pas de disparité.
Une fois la convention de divorce par consentement mutuel notarial déposée au rang des minutes du notaire en application de l'article 229-1 du Code civil, le mariage est dissous et il n'est plus possible de revenir sur le divorce sauf à se remarier ensuite. Avant le dépôt au rang des minutes, plusieurs étapes permettent à un époux de renoncer à la procédure. Pendant la phase de négociation et de rédaction de la convention, chaque époux peut à tout moment renoncer à poursuivre la procédure sans aucune formalité ni justification, en informant son avocat. La procédure s'arrête alors immédiatement et les époux peuvent envisager d'autres voies (médiation familiale, divorce judiciaire pour faute, divorce pour altération définitive du lien conjugal après 1 an de séparation depuis la Loi n°2019-222 du 23 mars 2019). Pendant le délai de réflexion de quinze jours minimum imposé par l'article 229-4 du Code civil entre la réception du projet et la signature, chaque époux peut renoncer librement à signer la convention. La signature n'est jamais une obligation et ne peut être imposée. Si un époux refuse de signer, la procédure s'arrête. Après la signature de la convention par les deux époux et leurs deux avocats, mais avant le dépôt au rang des minutes du notaire (délai de 15 jours), aucune voie de renonciation simple n'est prévue par les textes. Toutefois, la doctrine majoritaire admet la possibilité de révoquer la convention d'un commun accord avant le dépôt en informant le notaire et les avocats. Après le dépôt au rang des minutes, le mariage est dissous et la convention produit ses effets. La contestation ultérieure obéit aux règles du droit commun des contrats : action en nullité pour vice du consentement (erreur, dol, violence selon les articles 1130 et suivants du Code civil), action en nullité pour irrégularité formelle (omission d'une mention obligatoire de l'article 229-3, non-respect du délai de réflexion, défaut d'assistance d'avocat distinct). La compétence est dévolue au Juge aux Affaires Familiales du Tribunal judiciaire.
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