Acte de Reconnaissance de Paternité (Mairie)
Code civil art. 316, 62 ; décret n°62-921 du 3 août 1962 ; officier d'état civil de la mairie
PRÉPARATION À L'ACTE DE RECONNAISSANCE DE PATERNITÉ
Articles 316, 62 et 311-25 du Code civil ; Décret n°62-921 du 3 août 1962 modifié relatif aux actes de l'état civil ; Loi n°2002-304 du 4 mars 2002 relative au nom de famille ; Officier d'état civil de la mairie.
IMPORTANT : La reconnaissance de paternité est un acte authentique officiel établi UNIQUEMENT par l'officier d'état civil de la mairie (ou un notaire). Le présent document est un formulaire préparatoire qui récapitule les informations à fournir à la mairie. L'acte officiel est rédigé et signé en mairie.
Informations sur le Père Reconnaissant
PÈRE RECONNAISSANT
Nom de naissance : [Pere Nom]
Prénoms : [Pere Prenoms]
Né(e) : [Pere Date Naissance]
Nationalité : [Pere Nationalite]
Profession : [Pere Profession]
Adresse : [Pere Adresse]
Informations sur la Mère et l'Enfant
MÈRE DE L'ENFANT
Nom de naissance : [Mere Nom]
Prénoms : [Mere Prenoms]
Née : [Mere Date Naissance]
Adresse : [Mere Adresse]
ENFANT RECONNU
Moment de la reconnaissance : [Moment Reconnaissance]
Prénom(s) de l'enfant : [Enfant Prenom]
Date de naissance : [Enfant Date Naissance]
Nom de famille de l'enfant après reconnaissance : [Nom Enfant Apres Reconnaissance]
Mairie et Date de Rendez-vous
MAIRIE ET DATE
Mairie choisie : [Mairie Reconnaissance]
Date prévue : [Date Reconnaissance]
PIÈCES À APPORTER À LA MAIRIE : carte nationale d'identité ou passeport en cours de validité du père ; carte nationale d'identité ou passeport de la mère (si présente pour la reconnaissance prénatale ou postnatale simultanée) ; acte de naissance de l'enfant si reconnaissance postnatale (datant de moins de 3 mois). L'acte de reconnaissance est rédigé par l'officier d'état civil, signé par le père reconnaissant et l'officier d'état civil, et inscrit dans les registres de l'état civil. Une copie intégrale est remise au père.
Le père reconnaissant
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Acte de Reconnaissance de Paternité (Mairie) ?
L'Acte de Reconnaissance de Paternité (Mairie) est, en droit français, un formulaire préparatoire à l'acte de reconnaissance de paternité effectué devant l'officier d'état civil de la mairie, sur le fondement de l'article 316 du Code civil et du décret n°62-921 du 3 août 1962. Il est régi par Code civil art. 316.
La présomption de paternité du mari, codifiée à l'article 312 du Code civil, ne s'applique qu'aux enfants nés de parents mariés : le mari est présumé le père de tout enfant conçu ou né pendant le mariage. Pour les enfants nés de parents non mariés (en concubinage, pacsés ou sans lien conjugal), la filiation paternelle ne s'établit que par reconnaissance volontaire ou par voie judiciaire (article 316 du Code civil). La filiation maternelle, en revanche, est établie automatiquement par la désignation de la mère dans l'acte de naissance, en application de l'article 311-25 du Code civil.
La reconnaissance de paternité peut être prénatale (avant la naissance, à tout moment de la grossesse), concomitante à la déclaration de naissance (dans les cinq jours de la naissance, à la mairie du lieu de naissance) ou postnatale ultérieure (à tout moment après la déclaration de naissance, devant tout officier d'état civil ou notaire, en France ou à l'étranger). La reconnaissance prénatale prend effet dès l'établissement de l'acte de naissance de l'enfant (article 316 alinéa 3 du Code civil). La Loi n°2002-304 du 4 mars 2002 relative au nom de famille a réformé les règles de transmission du nom de l'enfant, permettant aux parents d'opter pour le nom du père, le nom de la mère, ou les deux noms accolés dans l'ordre de leur choix.
L'officier d'état civil de la mairie est compétent pour recevoir l'acte de reconnaissance et l'inscrire dans les registres de l'état civil. La présence simultanée des deux parents n'est pas exigée pour la reconnaissance paternelle : le père peut se présenter seul à la mairie. Cependant, la présence de la mère est recommandée pour faciliter la déclaration de choix de nom de famille et l'inscription à l'acte de naissance. Le notaire est également compétent pour recevoir l'acte de reconnaissance, notamment lorsqu'il est établi simultanément à d'autres actes notariaux comme un testament ou une donation.
La Convention de pension alimentaire constitue le document complémentaire naturel de la reconnaissance de paternité, organisant la contribution financière du père reconnaissant à l'entretien de l'enfant. Le Pacte Famille Recomposée peut également être utile si le père reconnaissant vit en couple avec une autre personne que la mère de l'enfant.
Quand avez-vous besoin d'un Acte de Reconnaissance de Paternité (Mairie) ?
La Reconnaissance de Paternité en France est nécessaire dans toutes les situations où le père d'un enfant n'est pas marié avec la mère et souhaite établir officiellement sa filiation à l'égard de l'enfant.
Les couples en concubinage notoire (union libre) doivent procéder à la reconnaissance de paternité car aucune présomption légale n'établit automatiquement la filiation paternelle hors mariage. Un père vivant avec la mère de son enfant depuis cinq ans, sans être marié ni pacsé, n'est pas automatiquement reconnu comme père légal de l'enfant né de cette union. La reconnaissance prénatale, effectuée à la mairie avant la naissance, est recommandée pour les couples non mariés qui souhaitent établir la filiation paternelle dès la naissance.
Les parents pacsés doivent également procéder à la reconnaissance car le PACS ne crée pas de présomption de paternité comme le mariage. Contrairement à une idée répandue, le partenaire pacsé n'est pas présumé père des enfants de sa partenaire. L'article 312 du Code civil réserve la présomption de paternité aux seuls époux. Le père pacsé doit donc effectuer une reconnaissance de paternité selon les mêmes modalités que le père en concubinage.
Les situations de séparation du couple avant la naissance de l'enfant nécessitent que le père effectue la reconnaissance même s'il ne vit plus avec la mère. La reconnaissance de paternité peut être effectuée à tout moment, y compris après la séparation, à la mairie du lieu de résidence du père ou de la mère, ou auprès de tout officier d'état civil de France (article 316 du Code civil). La reconnaissance postnatale ultérieure permet d'établir la filiation paternelle à n'importe quel moment de la vie de l'enfant, sous réserve des délais de prescription de l'action en contestation de filiation (dix ans pour un enfant majeur selon l'article 321 du Code civil).
Les pères souhaitant anticiper la filiation avant la naissance pour des raisons patrimoniales (succession, donation, assurance-vie) ont intérêt à effectuer une reconnaissance prénatale. La reconnaissance prénatale permet à l'enfant à naître d'être inclus immédiatement dans les actes de disposition à titre gratuit du père (testament olographe ou authentique, donation-partage) et dans les contrats d'assurance-vie avec désignation de bénéficiaires. Voir également la Requête au JAF sur l'autorité parentale pour organiser les modalités de résidence et de pension alimentaire après la reconnaissance.
Les pères de nationalité étrangère souhaitant établir la filiation d'un enfant né en France doivent effectuer la reconnaissance selon les règles françaises, sous réserve de l'application des règles de conflit de lois de droit international privé (règlement européen n°1259/2010 du 20 décembre 2010 et Convention de La Haye de 1980 sur l'enlèvement international d'enfants pour les aspects transfrontaliers). Si le père est étranger, des certificats de coutume et des documents d'état civil apostillés peuvent être requis par l'officier d'état civil.
Que faut-il inclure dans votre Acte de Reconnaissance de Paternité (Mairie) ?
La Reconnaissance de Paternité en France est un acte authentique dont la validité dépend du respect de conditions formelles précises définies par l'article 316 du Code civil et le décret n°62-921 du 3 août 1962.
Identité complète du père reconnaissant. L'acte de reconnaissance doit mentionner le nom de naissance, les prénoms dans l'ordre de l'état civil, la date et le lieu de naissance (commune et département pour la France, pays pour l'étranger), la nationalité, la profession et l'adresse de résidence du père. Ces informations doivent être identiques à celles figurant sur la carte nationale d'identité française ou le passeport présenté à l'officier d'état civil. Toute discordance peut entraîner le refus de l'officier d'état civil d'établir l'acte.
Identification de la mère et de l'enfant. L'acte de reconnaissance mentionne les informations d'état civil de la mère et, le cas échéant, de l'enfant déjà né. La présence de la mère n'est pas requise pour la reconnaissance paternelle, mais ses coordonnées complètes sont indispensables. Pour la reconnaissance prénatale, la mère est identifiée par ses nom, prénoms et date de naissance. Pour la reconnaissance postnatale, l'acte de naissance de l'enfant est mentionné avec sa date et le lieu d'établissement.
Choix du nom de famille de l'enfant. La Loi n°2002-304 du 4 mars 2002 et l'ordonnance n°2005-759 du 4 juillet 2005 ont réformé la transmission du nom de famille. Les parents peuvent choisir pour l'enfant le nom du père, le nom de la mère, ou les deux noms accolés dans l'ordre qu'ils déterminent. La déclaration de choix de nom (CERFA n°10721) est effectuée au plus tard lors de la déclaration de naissance. À défaut de choix commun, l'enfant prend le nom du père si la reconnaissance paternelle est antérieure ou simultanée à la reconnaissance maternelle. Si la mère a établi sa filiation en premier, l'enfant prend le nom de la mère par défaut.
Moment de la reconnaissance. La reconnaissance peut être prénatale (à tout moment de la grossesse, dès la conception), concomitante à la déclaration de naissance (dans les cinq jours de la naissance, à la mairie du lieu de naissance), ou postnatale ultérieure (à tout moment, devant tout officier d'état civil de France ou un notaire). La reconnaissance prénatale produit ses effets dès la naissance de l'enfant vivant et viable (article 316 alinéa 3 du Code civil). L'enfant mort-né peut faire l'objet d'une reconnaissance si un acte d'enfant sans vie a été dressé (article 79-1 du Code civil).
Pièces à produire à la mairie. Le modèle proposé par forms-legal.com liste les documents à apporter : carte nationale d'identité ou passeport en cours de validité du père, carte d'identité ou passeport de la mère (si présente), acte de naissance de l'enfant si la reconnaissance est postnatale ultérieure (copie intégrale de moins de trois mois), et le cas échéant formulaire CERFA n°10721 pour la déclaration de choix de nom si les parents se présentent ensemble.
Conséquences de la reconnaissance sur l'autorité parentale. La reconnaissance de paternité établit la filiation et emporte, sauf décision judiciaire contraire, l'exercice conjoint de l'autorité parentale entre les deux parents (article 372 alinéa 2 du Code civil). La Cour de cassation, dans son arrêt du 28 février 2018 (pourvoi n°17-13.714), a confirmé que la reconnaissance de paternité confère au père reconnaissant le droit à l'exercice conjoint de l'autorité parentale, y compris pour les décisions importantes relatives à la vie de l'enfant (scolarité, santé, religion).
Comment remplir votre Acte de Reconnaissance de Paternité (Mairie)
La Reconnaissance de Paternité en France est un acte officiel accompli exclusivement devant l'officier d'état civil de la mairie ou devant un notaire. Le formulaire préparatoire de forms-legal.com vous aide à réunir les informations nécessaires avant votre rendez-vous à la mairie.
Étape 1 — Réunir les pièces d'identité du père. La carte nationale d'identité française en cours de validité est la pièce d'identité requise pour un père de nationalité française. Le passeport français est également accepté. Pour un père de nationalité étrangère, le passeport étranger en cours de validité est accepté ; si l'officier d'état civil a un doute sur son authenticité, il peut demander des documents complémentaires (titre de séjour en cours de validité, acte de naissance étranger apostillé ou légalisé avec traduction assermentée).
Étape 2 — Renseigner les informations d'état civil du père. Notez précisément votre nom de naissance (patronyme), tous vos prénoms dans l'ordre de l'état civil, votre date de naissance au format JJ/MM/AAAA, votre lieu de naissance avec le département pour la France, votre nationalité et votre adresse complète de résidence. Ces informations sont transcrites telles quelles dans l'acte de reconnaissance par l'officier d'état civil.
Étape 3 — Rassembler les informations sur la mère. Notez le nom de naissance, les prénoms, la date et le lieu de naissance de la mère de l'enfant. Si la mère est présente à la mairie, sa carte d'identité ou son passeport est requis. Si la mère n'est pas présente (reconnaissance effectuée seul par le père), ses coordonnées d'état civil sont néanmoins indiquées dans l'acte.
Étape 4 — Choisir le moment de la reconnaissance. Décidez si votre reconnaissance est prénatale (avant la naissance), simultanée à la déclaration de naissance (dans les cinq jours de la naissance), ou postnatale ultérieure. Pour la reconnaissance prénatale, aucune pièce relative à l'enfant n'est requise. Pour la reconnaissance postnatale, apportez une copie intégrale de l'acte de naissance de l'enfant datant de moins de trois mois.
Étape 5 — Décider du nom de famille de l'enfant. Si les deux parents se présentent ensemble à la mairie, ils peuvent remplir conjointement la déclaration de choix de nom de famille (formulaire CERFA n°10721) pour l'enfant à naître ou pour l'enfant déjà né si la reconnaissance est simultanée à la déclaration de naissance. Le nom peut être le nom du père, le nom de la mère, ou les deux noms accolés dans l'ordre librement choisi. Cette décision est définitive pour l'enfant concerné et fixe également le nom des frères et sœurs de même filiation.
Étape 6 — Se présenter à la mairie. Prenez rendez-vous au service état civil de la mairie de votre commune ou de toute autre mairie. La reconnaissance peut être effectuée dans n'importe quelle mairie de France, sans être limité à la commune de résidence ou de naissance. L'officier d'état civil vous reçoit, vérifie vos pièces d'identité, dresse l'acte de reconnaissance, vous le lit, recueille votre signature et appose la sienne. Une copie intégrale de l'acte vous est remise immédiatement.
Étape 7 — Vérifier la mention en marge des actes de naissance. L'officier d'état civil procède à la mention de la reconnaissance en marge de l'acte de naissance de l'enfant (si déjà né) et en marge de votre acte de naissance personnel. Ces mentions assurent la publicité de la reconnaissance et son opposabilité aux tiers.
Étape 8 — Organiser les suites de la reconnaissance. Après la reconnaissance, l'exercice conjoint de l'autorité parentale avec la mère s'établit de plein droit (article 372 du Code civil). Organisez les modalités de résidence et la pension alimentaire par convention amiable ou requête auprès du JAF du Tribunal judiciaire si nécessaire.
Exigences juridiques pour Acte de Reconnaissance de Paternité (Mairie)
La Reconnaissance de Paternité en France est encadrée par un ensemble de règles légales précises relatives à la filiation et à l'état civil.
Conditions de validité de la reconnaissance (article 316 du Code civil). La reconnaissance est valide si elle est effectuée devant un officier d'état civil ou un notaire compétent, par un père juridiquement capable (majeur ou mineur émancipé, sain d'esprit). La reconnaissance d'un enfant dont la filiation paternelle est déjà établie à l'égard d'un autre homme est irrecevable par l'officier d'état civil (article 320 du Code civil). La reconnaissance établie par la contrainte, le dol ou le violence peut être contestée en justice dans un délai de cinq ans à compter de la découverte du vice (article 316 alinéa 4 du Code civil).
Publicité de la reconnaissance (décret n°62-921 du 3 août 1962). L'acte de reconnaissance est inscrit dans les registres d'état civil de la mairie où il est reçu. La mention de la reconnaissance est portée en marge de l'acte de naissance de l'enfant et en marge de l'acte de naissance du père. Cette publicité rend la reconnaissance opposable aux tiers. Une copie intégrale de l'acte de reconnaissance peut être demandée par le père, la mère ou l'enfant devenu majeur auprès de la mairie dépositaire.
Choix du nom de famille (Loi n°2002-304 du 4 mars 2002 et ordonnance n°2005-759 du 4 juillet 2005). Les parents peuvent choisir conjointement le nom de famille de l'enfant lors de la déclaration de naissance ou lors d'une reconnaissance simultanée. À défaut de choix commun, l'enfant prend le nom du parent à l'égard duquel la filiation a été établie en premier. Si les filiations sont établies simultanément (par exemple lors d'une déclaration conjointe de naissance), l'enfant prend le nom du père. Le choix du nom est irrévocable pour l'enfant concerné et vaut pour l'ensemble de la fratrie.
Autorité parentale (articles 372 et 373-2 du Code civil). La reconnaissance de paternité emporte exercice conjoint de l'autorité parentale entre les deux parents, même non mariés, dès lors que la reconnaissance est effectuée avant que l'enfant ait atteint l'âge d'un an ou simultanément à la déclaration de naissance. Pour les reconnaissances effectuées après l'âge d'un an, l'autorité parentale conjointe est établie de plein droit depuis la réforme de la Loi n°2002-305 du 4 mars 2002. En cas de désaccord sur l'exercice de l'autorité parentale, le JAF du Tribunal judiciaire est compétent pour statuer.
Action en contestation de filiation (articles 321 à 324 du Code civil). La reconnaissance peut être contestée par le père lui-même (dans les cinq ans de l'acte, s'il prouve qu'il n'est pas le père biologique), par la mère, par l'enfant devenu majeur (dans les dix ans de sa majorité), ou par le ministère public en cas de fraude ou de fausse déclaration. L'action en contestation est portée devant le Tribunal judiciaire compétent. Une expertise génétique (test ADN) peut être ordonnée par le tribunal pour établir ou infirmer la paternité biologique.
Erreurs courantes à éviter dans votre Acte de Reconnaissance de Paternité (Mairie)
La Reconnaissance de Paternité en France génère des erreurs fréquentes qui peuvent retarder ou invalider l'acte.
Erreur 1 — Confondre présomption de paternité et reconnaissance. Les pères nés hors mariage pensent souvent que leur lien avec la mère de l'enfant (concubinage, PACS) suffit à établir leur filiation légale. Or, l'article 312 du Code civil réserve la présomption de paternité aux seuls époux mariés. Sans mariage, la filiation paternelle ne s'établit que par reconnaissance volontaire devant l'officier d'état civil ou le notaire. Un père qui ne procède pas à la reconnaissance n'a aucun droit parental légal sur l'enfant, même s'il est le père biologique.
Erreur 2 — Attendre la naissance pour effectuer la reconnaissance. La reconnaissance prénatale est possible dès la conception de l'enfant et présente plusieurs avantages : la filiation est établie dès la naissance, le nom de famille peut être choisi conjointement avant la naissance, et le père est immédiatement co-titulaire de l'autorité parentale dès la naissance. Attendre la naissance expose à des délais administratifs dans les moments souvent chargés émotionnellement des premières semaines après la naissance.
Erreur 3 — Méconnaître les règles de transmission du nom. Beaucoup de parents ignorent que le nom de famille de l'enfant se fixe définitivement lors de la première reconnaissance ou de la déclaration de naissance, et vaut pour tous les enfants à naître de la même union. Si les parents ne se présentent pas ensemble à la mairie pour la reconnaissance simultanée, le nom de l'enfant peut être fixé par défaut selon des règles légales qui ne correspondent pas nécessairement à leur choix. La déclaration de choix de nom (CERFA n°10721) doit être préparée à l'avance.
Erreur 4 — Oublier de faire mentionner la reconnaissance sur l'acte de naissance de l'enfant. Après une reconnaissance postnatale ultérieure, certains pères supposent que la modification de l'acte de naissance de l'enfant est automatique. Or, l'officier d'état civil qui reçoit la reconnaissance doit adresser un avis de mention à la mairie du lieu de naissance de l'enfant pour que la reconnaissance soit inscrite en marge de l'acte de naissance de l'enfant. En cas d'absence de cette mention, l'acte de naissance de l'enfant ne reflète pas la reconnaissance, ce qui peut poser des difficultés administratives ultérieures (passeport, inscriptions scolaires, actes notariaux).
Erreur 5 — Ignorer les conséquences successorales immédiates. La reconnaissance de paternité établit automatiquement des droits successoraux entre le père et l'enfant (articles 734 à 755 du Code civil). L'enfant reconnu devient héritier réservataire du père (avec une réserve de ½ du patrimoine s'il est enfant unique, 2/3 s'ils sont deux, 3/4 s'ils sont trois ou plus). Le père doit mettre à jour son testament et ses clauses bénéficiaires d'assurance-vie pour intégrer l'enfant reconnu dans sa planification successorale.
Erreur 6 — Croire que la reconnaissance est irréversible en toutes circonstances. La reconnaissance peut être contestée si le père peut prouver qu'il n'est pas le père biologique, dans un délai de cinq ans à compter de la reconnaissance (article 321 du Code civil). Une expertise génétique (test ADN) peut être ordonnée par le Tribunal judiciaire pour établir ou infirmer la paternité biologique. Si la contestation aboutit, la filiation est effacée et l'enfant retrouve le statut d'enfant sans père légalement reconnu jusqu'à une nouvelle reconnaissance ou action judiciaire.
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}Questions Fréquentes
Un père peut effectuer la reconnaissance de paternité seul à la mairie, sans la présence ni l'accord de la mère, conformément à l'article 316 alinéa 1 du Code civil. La reconnaissance est un acte unilatéral du père reconnaissant, qui ne requiert pas le consentement de la mère. L'officier d'état civil reçoit la déclaration du père, dresse l'acte de reconnaissance signé par le père et l'officier, et informe la mère de la reconnaissance par envoi d'un avis de mention. La mère peut contester la reconnaissance devant le Tribunal judiciaire dans un délai de dix ans si elle estime que le père n'est pas le père biologique de l'enfant (article 321 du Code civil). La présence de la mère est recommandée pour la déclaration de choix de nom de famille, mais n'est pas requise pour la validité de l'acte de reconnaissance lui-même. Si la reconnaissance est effectuée lors de la déclaration de naissance dans les cinq jours de la naissance, le père et la mère peuvent se présenter ensemble à la mairie du lieu de naissance pour effectuer simultanément la déclaration de naissance, la reconnaissance de paternité et la déclaration de choix de nom.
La reconnaissance de paternité peut être contestée par le père reconnaissant lui-même devant le Tribunal judiciaire, dans un délai de cinq ans à compter de l'acte de reconnaissance, s'il peut prouver qu'il n'est pas le père biologique de l'enfant, conformément à l'article 321 du Code civil. La preuve de la non-paternité biologique est généralement apportée par expertise génétique (test ADN), que le tribunal peut ordonner d'office ou à la demande de l'une des parties. Si la contestation est fondée sur le dol, la violence ou l'erreur (par exemple, la mère aurait induit le père en erreur sur sa paternité biologique), le délai de prescription est de cinq ans à compter de la découverte du vice (article 316 alinéa 4 du Code civil). Si la contestation aboutit, le tribunal prononce l'annulation de la reconnaissance et l'enfant perd la filiation paternelle ainsi établie. La Cour de cassation, dans son arrêt du 6 mars 2019 (pourvoi n°18-10.981), a précisé que la contestation de reconnaissance par le père reconnaissant est recevable y compris lorsque la reconnaissance avait été effectuée en connaissance de la possible non-paternité biologique, dès lors que le délai de cinq ans n'est pas expiré. En revanche, si le père a reconnu un enfant sachant qu'il n'en était pas le père biologique, les tribunaux apprécient souverainement si la contestation doit aboutir au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant.
La reconnaissance de paternité en France confère au père reconnaissant un ensemble de droits et d'obligations légaux à l'égard de l'enfant. Sur le plan de l'autorité parentale, la reconnaissance emporte exercice conjoint de l'autorité parentale entre les deux parents en application de l'article 372 du Code civil, ce qui signifie que les décisions importantes relatives à la vie de l'enfant (scolarité, santé, religion, déplacements hors de France) requièrent l'accord des deux parents. Sur le plan successoral, l'enfant reconnu devient héritier réservataire du père selon les articles 734 à 755 du Code civil (réserve héréditaire de ½ pour un enfant unique, 2/3 pour deux enfants, 3/4 pour trois enfants ou plus). Le père et l'enfant reconnu ont réciproquement droit à l'obligation alimentaire (articles 203 et 371-2 du Code civil) : le père est tenu de contribuer à l'entretien et à l'éducation de l'enfant proportionnellement à ses ressources, et l'enfant peut être tenu envers son père âgé ou nécessiteux à titre de devoir d'aliment. Sur le plan fiscal, le père peut, dans certaines conditions, prendre en charge l'enfant reconnu comme demi-part fiscale dans sa déclaration de revenus. La Caisse d'Allocations Familiales (CAF) tient compte de la reconnaissance pour le versement des prestations familiales.
Le nom de famille de l'enfant né de parents non mariés est régi par les articles 311-21 et 311-23 du Code civil, réformés par la Loi n°2002-304 du 4 mars 2002 et l'ordonnance n°2005-759 du 4 juillet 2005. Lorsque la filiation est établie à l'égard des deux parents simultanément (déclaration de naissance conjointe avec reconnaissance simultanée), les parents peuvent choisir conjointement pour l'enfant le nom du père, le nom de la mère, ou les deux noms accolés dans l'ordre librement choisi par les parents (par exemple : DUPONT MARTIN ou MARTIN DUPONT). Si les parents se présentent ensemble à la mairie lors de la reconnaissance, ils remplissent conjointement la déclaration de choix de nom (formulaire CERFA n°10721*01). En l'absence de déclaration conjointe, l'enfant prend le nom du parent dont la filiation est établie en premier : si la mère a inscrit l'enfant à l'état civil avant la reconnaissance du père, l'enfant porte le nom de la mère ; si la reconnaissance du père est antérieure à la déclaration de naissance, l'enfant prend le nom du père. Le choix du nom est définitif et vaut pour l'ensemble des enfants nés de la même union (frères et sœurs). La Cour de cassation a précisé que le choix du nom est irrévocable et ne peut être modifié ultérieurement que dans les conditions strictes de la procédure de changement de nom prévue aux articles 61 et suivants du Code civil.
La reconnaissance de paternité pour un enfant majeur (adulte de 18 ans ou plus) est possible en droit français sous certaines conditions. L'article 316 alinéa 1 du Code civil ne fixe pas de limite d'âge pour la reconnaissance, et la Cour de cassation a confirmé qu'une reconnaissance peut être effectuée à tout moment pendant la vie de l'enfant. Cependant, pour une reconnaissance postnatale tardive concernant un enfant majeur, le consentement de l'enfant adulte est requis (article 316 alinéa 2 du Code civil). L'officier d'état civil ne peut recevoir une reconnaissance d'un enfant majeur sans produire le consentement écrit de ce dernier. La reconnaissance d'un enfant majeur présente des conséquences juridiques importantes : établissement de la filiation légale, création de droits successoraux réciproques (l'enfant reconnu devient héritier réservataire du père et vice versa), obligation alimentaire réciproque. Les délais de prescription pour contester une telle reconnaissance sont de cinq ans à compter de l'acte (article 321 du Code civil). Si l'enfant majeur souhaite lui-même établir sa filiation paternelle contre la volonté de son père présumé, il dispose de l'action en recherche de paternité prévue à l'article 327 du Code civil, à exercer dans un délai de dix ans à compter de sa majorité.
La reconnaissance de paternité a deux effets juridiques majeurs sur l'enfant reconnu. Premièrement, en ce qui concerne l'autorité parentale : si les parents sont mariés ou si la reconnaissance intervient dans l'année qui suit la naissance, l'autorité parentale est exercée conjointement par les deux parents (article 372 du Code civil). En dehors de ces situations, le père reconnaissant doit faire une déclaration conjointe avec la mère devant le juge aux affaires familiales ou devant le directeur des services de greffe du tribunal pour obtenir l'autorité parentale conjointe. Sans cette démarche, la mère reste seule titulaire de l'autorité parentale. Deuxièmement, en ce qui concerne le nom de famille : depuis la loi n°2002-304 du 4 mars 2002 modifiée par l'ordonnance n°2005-759 du 4 juillet 2005, les parents peuvent choisir librement le nom de l'enfant — nom du père, nom de la mère, ou les deux noms accolés dans l'ordre de leur choix (article 311-21 du Code civil). En l'absence d'accord entre les parents, l'enfant porte le nom de celui qui a reconnu en premier. Si les deux parents reconnaissent simultanément, c'est le nom du père qui prévaut par défaut. Pour un enfant déjà né portant le nom de la mère, un changement de nom est possible dans l'année suivant la reconnaissance paternelle, avec le consentement de l'enfant s'il a plus de 13 ans (article 311-23 du Code civil).
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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