Clause de Non-Concurrence (Contrat de Travail) France
CLAUSE DE NON-CONCURRENCE
[Type Document] signé entre :
L'EMPLOYEUR : [Employeur Nom] — SIRET [Employeur S I R E T], dont le siège est situé [Employeur Adresse], représenté par [Employeur Representant],
ET LE SALARIÉ : [Salarié Nom], demeurant [Salarié Adresse], occupant le poste de [Poste Occupe].
Convention collective applicable : [Convention Collective Applicable].
ARTICLE 1 — JUSTIFICATION ET INTÉRÊT LÉGITIME
Conformément à la 1ère condition posée par la Cour de cassation (Cass. soc. 10 juillet 2002, n°00-45.135) et à l'article L1121-1 du Code du travail, la présente clause est indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise pour les raisons suivantes : [Justification Interet Légitime]
Secteur d'activité de l'entreprise : [Secteur Activite].
ARTICLE 2 — OBLIGATIONS DU SALARIÉ (4 CONDITIONS CUMULATIVES)
À compter du lendemain de la fin effective du contrat de travail (expiration du préavis ou départ immédiat en cas de dispense de préavis), [Salarié Nom] s'interdit :
a) Activités interdites : [Activites Interdites]
b) Territoire : [Territoire Geographique] (2ème et 3ème conditions : limitations temporelle et géographique).
c) Durée : [Duree Clause] à compter de la fin effective du contrat de travail.
ARTICLE 3 — CONTREPARTIE FINANCIÈRE (4ÈME CONDITION ABSOLUE)
En contrepartie de l'obligation de non-concurrence, [Employeur Nom] versera à [Salarié Nom], pendant toute la durée de la clause, une indemnité mensuelle égale à [Taux Contrepartie] du salaire mensuel brut moyen des 12 derniers mois précédant la rupture effective du contrat, soit sur la base déclarée de [Salaire Mensuel Brut Moyen] €.
Cette indemnité est versée à terme échu, le dernier jour ouvré de chaque mois, par virement sur le compte bancaire du salarié. Elle est soumise aux cotisations sociales URSSAF (contributions salariales et patronales) et à l'impôt sur le revenu (art. 80 duodecies du Code général des impôts — DGFiP).
L'absence totale de contrepartie financière entraînerait la nullité absolue de la présente clause conformément à la jurisprudence constante de la chambre sociale de la Cour de cassation depuis l'arrêt du 10 juillet 2002.
ARTICLE 4 — DROIT DE RENONCIATION DE L'EMPLOYEUR
[Employeur Nom] se réserve la faculté de renoncer à l'application de la présente clause, dans un délai de [Delai Renonciation] à compter de la notification de la rupture du contrat de travail (quelle que soit la cause de rupture : licenciement, démission, rupture conventionnelle homologuée par la DREETS, fin de CDD).
Cette renonciation doit être notifiée par lettre recommandée avec avis de réception ou remise en main propre contre décharge. Elle libère simultanément le salarié de son obligation et l'employeur du versement de la contrepartie financière à compter de la date de notification.
Passé ce délai, la renonciation ne peut intervenir qu'avec l'accord exprès et écrit du salarié.
ARTICLE 5 — VIOLATION DE LA CLAUSE ET SANCTIONS
En cas de violation par [Salarié Nom] de l'une quelconque des obligations stipulées aux articles 1 et 2 ci-dessus, et sans préjudice de l'indemnisation de l'intégralité du préjudice subi par [Employeur Nom] devant le Conseil de prud'hommes : [Penalite Violation]
La violation de la clause par le salarié entraîne également la cessation immédiate du versement de la contrepartie financière.
Le Conseil de prud'hommes du lieu habituel de travail du salarié est compétent pour tout litige relatif à l'interprétation ou à l'exécution de la présente clause.
SIGNATURES
Fait à [Lieu Signature], le [Date Signature], en deux exemplaires originaux, dont un remis au salarié.
La Loi Toubon n°94-665 du 4 août 1994 impose la rédaction en français de tout document contractuel sur le territoire français.
Pour l'employeur
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Signature
Le/la salarié(e)
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Signature
Qu'est-ce qu'un Clause de Non-Concurrence (Contrat de Travail) France ?
La clause de non-concurrence est, en droit français, la stipulation du contrat de travail qui interdit au salarié, après son départ, d'exercer une activité concurrente, dont la validité est subordonnée aux quatre conditions cumulatives dégagées sous l'article L1121-1 du Code du travail.
Les quatre conditions cumulatives posées par la jurisprudence constante de la Cour de cassation sont : 1° la clause doit être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise — elle ne peut donc pas être stipulée de manière systématique pour tous les salariés, mais seulement pour ceux dont les fonctions exposent l'entreprise à un risque réel de concurrence (commerciaux, ingénieurs porteurs de savoir-faire stratégique, dirigeants opérationnels) ; 2° la clause doit être limitée dans le temps — la durée maximale est souvent fixée par la convention collective applicable (1 an, 2 ans, voire 3 ans dans certaines CCN) ; 3° la clause doit être limitée dans l'espace (territoire géographique précisément délimité) ; 4° la clause doit comporter une contrepartie financière versée pendant la période de non-concurrence, dont le montant doit être suffisant pour ne pas être dérisoire (Cass. soc. 15 novembre 2006, n°04-46.721 : une contrepartie de 1€ symbolique est nulle).
La Clause de Non-Concurrence en France se distingue de la clause de non-sollicitation de clientèle (qui protège uniquement le portefeuille clients sans interdire l'exercice de la profession) et de la clause de non-sollicitation du personnel (qui interdit le débauchage des salariés). Elle se distingue également de l'obligation de loyauté qui existe pendant le contrat de travail en vertu de l'article L1222-1 du Code du travail, indépendamment de toute clause spécifique.
En l'absence de clause de non-concurrence stipulée expressément dans le contrat de travail ou dans un avenant, le salarié est libre, après la fin de son contrat, d'exercer une activité concurrente, même en emportant avec lui ses connaissances générales du secteur (Cass. soc. 3 mars 1993, n°90-41.565). Seul le détournement de clientèle par des actes de concurrence déloyale (Cass. com. 3 juin 2008, n°07-13.791) ou le vol de fichiers confidentiels (violation du secret des affaires, loi n°2018-670 du 30 juillet 2018) peut être sanctionné sans clause écrite.
Le Code du travail n'encadre pas directement la clause de non-concurrence en termes de durée maximale légale ou de taux de contrepartie minimale — ces paramètres sont définis par la convention collective applicable et la jurisprudence. La Cour de cassation juge régulièrement si la contrepartie est « dérisoire » au regard de la sujétion imposée au salarié, indépendamment de son niveau de rémunération. Une contrepartie inférieure à 20-30% du salaire mensuel brut est souvent jugée insuffisante, même si aucun seuil légal précis n'existe. Le Conseil de prud'hommes est compétent pour apprécier la validité de la clause et, en cas de nullité, allouer des dommages et intérêts au salarié sans que ce dernier ait à justifier d'un préjudice spécifique (Cass. soc. 11 janvier 2006, n°04-46.201). La clause figurant dans ce modèle de forms-legal.com est un avenant au contrat de travail préexistant ou une clause insérée dans le corps du contrat à la conclusion.
Quand avez-vous besoin d'un Clause de Non-Concurrence (Contrat de Travail) France ?
La clause de non-concurrence est utile — et licite — uniquement lorsqu'elle est indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise (1ère condition Cass. soc. 10 juillet 2002). En pratique, elle est recommandée pour les profils suivants.
Premièrement, les salariés commerciaux et chargés de clientèle disposant d'un portefeuille clients avec des relations personnalisées (agents commerciaux, responsables grands comptes, ingénieurs commerciaux) : le risque de débauchage de clientèle est objectif et justifie la clause. Deuxièmement, les ingénieurs, techniciens et chercheurs porteurs de savoir-faire technique stratégique, de formules, de procédés de fabrication ou de secrets d'affaires protégés par la loi n°2018-670 du 30 juillet 2018 transposant la directive UE 2016/943. Troisièmement, les dirigeants opérationnels (directeurs généraux, DRH, DAF, directeurs commerciaux) qui ont accès à la stratégie globale, aux données financières et aux plans de développement de l'entreprise.
En revanche, la clause de non-concurrence est nulle si elle vise un salarié dont les fonctions n'exposent pas réellement l'entreprise à un risque concurrentiel (agent d'entretien, assistant administratif sans accès aux données stratégiques). La Cour de cassation rappelle régulièrement qu'une clause standardisée inserée pour tous les salariés sans distinction est susceptible d'annulation (Cass. soc. 14 mai 2008, n°07-40.740). La clause doit être rédigée après analyse concrète du poste de travail et des risques réels pour l'entreprise.
Sur le plan chronologique, la clause peut être incluse dans le contrat de travail dès l'embauche, ou faire l'objet d'un avenant ultérieur — dans ce cas, l'accord exprès du salarié est indispensable car il s'agit d'une modification de son contrat de travail. Elle prend effet à la rupture effective du contrat, et non à la notification de la rupture. Pendant la période de préavis (qu'il soit effectué ou inexécuté), le salarié est toujours lié par son obligation de loyauté, pas encore par la clause de non-concurrence.
Que faut-il inclure dans votre Clause de Non-Concurrence (Contrat de Travail) France ?
Une Clause de Non-Concurrence valide en France doit contenir les éléments suivants pour satisfaire aux quatre conditions cumulatives dégagées par la Cour de cassation (Cass. soc. 10 juillet 2002, n°00-45.135).
**Activités et fonctions concernées :** La clause doit définir précisément les activités interdites au salarié après la rupture de son contrat. Une interdiction générale d'exercer « toute activité concurrente » sans définition précise est considérée comme trop large et peut être annulée. La jurisprudence exige que les activités visées soient celles effectivement exercées par le salarié dans ses fonctions (Cass. soc. 9 juin 2009, n°08-41.158). La définition des activités doit être en cohérence avec le Code APE/NAF de l'employeur et la classification IDCC de la convention collective.
**Limitation temporelle :** La durée de la clause est généralement fixée par la convention collective applicable (souvent 1 à 2 ans après la rupture effective du contrat). À défaut de convention collective, la durée doit être raisonnable au regard de la sujétion imposée au salarié. Une durée de 5 ans a été jugée excessive (CA Paris 10 octobre 2012). La durée court à compter du lendemain de la fin effective du contrat (fin de préavis ou départ anticipé avec dispense de préavis).
**Limitation géographique :** Le territoire couvert par l'interdiction doit être précisément délimité (département(s), région(s), territoire national français, espace UE, espace mondial). Une clause sans limitation géographique est nulle (Cass. soc. 28 janvier 1998, n°95-40.270). Le territoire doit être en adéquation avec la zone de chalandise réelle de l'employeur et les fonctions exercées par le salarié.
**Contrepartie financière (4ème condition absolue) :** La Cour de cassation a érigé la contrepartie financière en condition de validité absolue dans l'arrêt du 10 juillet 2002. L'absence totale de contrepartie rend la clause nulle (et non pas seulement réductible par le juge). Le montant doit être suffisant pour ne pas être « dérisoire » (Cass. soc. 15 novembre 2006, n°04-46.721). En pratique, la contrepartie est versée mensuellement pendant toute la durée de la clause, calculée en pourcentage du salaire mensuel brut moyen des 12 derniers mois (convention collective en fixe souvent le taux : 25%, 30%, voire 50% selon les CCN). La contrepartie est soumise aux cotisations sociales URSSAF et à l'impôt sur le revenu (traitement fiscal des indemnités de non-concurrence : art. 80 duodecies CGI).
**Droit de renonciation de l'employeur :** L'employeur peut stipuler dans la clause la possibilité de renoncer à son bénéfice lors de la rupture du contrat, dans un délai fixé (généralement 8 à 15 jours après la notification de la rupture). Cette renonciation libère le salarié de l'obligation et exonère l'employeur du paiement de la contrepartie financière. Sans clause de renonciation expresse, l'employeur est définitivement tenu par la clause (Cass. soc. 13 juillet 2004, n°02-17.760).
**Droit applicable et juridiction :** La clause de non-concurrence est soumise au droit français et relevant de la compétence du Conseil de prud'hommes du lieu de travail habituel du salarié. Pour les clauses dans des contrats de travail ayant un élément d'extranéité (salarié détaché à l'étranger), le Règlement Rome I (n°593/2008) détermine la loi applicable. Le site forms-legal.com propose ce modèle de clause adapté aux spécificités du droit du travail français.
Comment remplir votre Clause de Non-Concurrence (Contrat de Travail) France
Pour rédiger une Clause de Non-Concurrence valide et opposable en France, procédez selon les étapes suivantes.
**Étape 1 — Vérifier la convention collective :** Consultez le Code IDCC de votre convention collective nationale (CCN) sur le site legifrance.fr pour vérifier si elle prévoit des règles spécifiques sur la clause de non-concurrence (durée maximale, taux de contrepartie minimale). Certaines CCN (par exemple, la CCN des bureaux d'études techniques SYNTEC, IDCC 1486, ou la CCN du commerce de détail non alimentaire, IDCC 1517) ont des dispositions particulières qui priment sur la négociation individuelle.
**Étape 2 — Identifier les fonctions exposées :** Analysez le poste de travail du salarié pour justifier objectivement l'intérêt légitime de l'entreprise à protéger : liste des clients dont il gère le portefeuille, liste des technologies ou procédés qu'il maîtrise, niveau d'accès aux données stratégiques (budget, plan marketing, feuille de route R&D).
**Étape 3 — Définir les paramètres :** Durée (en cohérence avec la CCN) ; territoire (délimitez précisément les zones géographiques) ; activités interdites (référencez les codes NAF des concurrents visés ou décrivez les activités) ; montant de la contrepartie financière (exprimé en pourcentage du salaire mensuel brut moyen sur les 12 derniers mois, versé mensuellement dès la fin du contrat).
**Étape 4 — Insérer la clause dans le contrat :** La clause de non-concurrence peut figurer dans le corps du contrat de travail à la conclusion ou dans un avenant signé ultérieurement. Dans ce dernier cas, la signature du salarié est impérative (modification du contrat de travail). L'avenant doit rappeler les dispositions du contrat initial qu'il modifie et préciser sa date d'entrée en vigueur.
**Étape 5 — Prévoir la procédure de renonciation :** Indiquez expressément dans la clause le délai dans lequel l'employeur peut renoncer à son bénéfice lors de la rupture (délai courant à compter de la notification de la rupture), et les modalités de notification de cette renonciation (lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge).
**Erreur fréquente à éviter :** Stipuler une contrepartie financière versée uniquement en fin de période de non-concurrence (en une seule fois) sans la verser mensuellement comme le recommande la jurisprudence. Le retard dans le paiement de la contrepartie permet au salarié de se libérer de son obligation (Cass. soc. 25 janvier 2006, n°03-44.804).
Exigences juridiques pour Clause de Non-Concurrence (Contrat de Travail) France
Le régime juridique de la Clause de Non-Concurrence en France repose sur les quatre conditions cumulatives dégagées par la Cour de cassation, chambre sociale, dans son arrêt de principe du 10 juillet 2002 (n°00-45.135) et constamment rappelées depuis lors.
**Article L1121-1 du Code du travail :** Base légale générale permettant les restrictions aux libertés individuelles (dont la liberté du travail) justifiées par la nature des tâches et proportionnées au but recherché. La Cour de cassation applique ce texte aux clauses de non-concurrence.
**Condition 1 — Intérêt légitime de l'entreprise :** Le juge vérifie in concreto que les fonctions du salarié exposaient réellement l'entreprise à un risque concurrentiel. L'absence de risque objectif entraîne la nullité de la clause, indépendamment de l'accord des parties.
**Condition 2 — Limitation temporelle :** Pas de durée légale maximale fixée par la loi, mais la convention collective peut en prévoir une. Au-delà des durées conventionnelles, le juge apprécie la proportionnalité. La Cour de cassation a validé des durées allant jusqu'à 2 ans dans des secteurs concurrentiels.
**Condition 3 — Limitation géographique :** Espace précisément délimité, en rapport avec la zone d'activité réelle de l'employeur. Une clause mondiale est validée pour des dirigeants d'entreprises multinationales (CA Versailles 14 mars 2013), mais sera disproportionnée pour un commercial couvrant un seul département.
**Condition 4 — Contrepartie financière :** Obligation absolue depuis l'arrêt du 10 juillet 2002. Montant apprécié par le juge au regard de la sujétion imposée. La contrepartie financière versée après renonciation de l'employeur n'est pas due si la renonciation est intervenue dans le délai contractuellement prévu (Cass. soc. 21 janvier 2015, n°13-24.471).
**Convention collective applicable :** La CCN SYNTEC (IDCC 1486) fixe une durée maximale de 2 ans avec contrepartie minimale de 1/3 de la rémunération mensuelle brute. La CCN Commerce de gros (IDCC 573) prévoit 1 an de durée maximale. Ces taux sont des minima conventionnels — l'accord individuel peut prévoir des taux supérieurs.
**Impôt et cotisations sociales :** La contrepartie de non-concurrence est soumise aux cotisations sociales URSSAF (contrairement aux dommages et intérêts versés en cas de non-respect de la clause par le salarié). Elle est imposable à l'impôt sur le revenu selon les règles de l'article 80 duodecies du Code général des impôts. La DGFiP (Direction Générale des Finances Publiques) rappelle que ces indemnités ne bénéficient d'aucun régime d'exonération particulier.
Erreurs courantes à éviter dans votre Clause de Non-Concurrence (Contrat de Travail) France
Les erreurs fréquentes dans la rédaction des clauses de non-concurrence en France conduisent à leur nullité, avec des conséquences financières significatives pour l'employeur.
**Erreur 1 — Absence de contrepartie financière :** C'est la cause de nullité la plus fréquente. Depuis l'arrêt du 10 juillet 2002, l'absence totale de contrepartie rend la clause nulle de plein droit. Le salarié peut alors réclamer des dommages et intérêts sans avoir à prouver un préjudice particulier, ni justifier avoir respecté la clause (Cass. soc. 11 janvier 2006, n°04-46.201). Le montant accordé peut dépasser la totalité de la contrepartie théorique qui aurait dû être versée.
**Erreur 2 — Contrepartie dérisoire :** Fixer une contrepartie symbolique (1 €, 0,5% du salaire) pour contourner l'obligation légale. La Cour de cassation qualifie de nulle toute contrepartie « dérisoire » sans déclencher de seuil précis (Cass. soc. 15 novembre 2006, n°04-46.721). En pratique, un taux inférieur à 15-20% du salaire mensuel brut moyen est risqué.
**Erreur 3 — Absence de limitation géographique :** Rédiger une clause sans définir le territoire couvert, ou avec une formule vague (« zone de concurrence »). Cette erreur entraîne la nullité de la clause (Cass. soc. 28 janvier 1998, n°95-40.270). Le territoire doit être identifiable avec précision.
**Erreur 4 — Non-respect des dispositions conventionnelles :** Ne pas vérifier les règles spécifiques de la convention collective applicable (durée, taux de contrepartie, secteurs d'activité exclus). Une clause moins favorable que la CCN est nulle sur les points moins favorables, même si elle est signée par les deux parties.
**Erreur 5 — Oubli de la renonciation :** Ne pas prévoir une clause de renonciation expresse laissant à l'employeur la faculté de se libérer. Sans cette clause, l'employeur qui souhaite lever l'obligation doit obtenir l'accord exprès du salarié — souvent utilisé comme levier de négociation par ce dernier. La renonciation unilatérale de l'employeur sans clause préalable est inefficace (Cass. soc. 13 juillet 2004, n°02-17.760).
Sources et Citations
Les citations légales renvoient aux sources officielles du gouvernement.
- Rome IEU official
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"Clause de Non-Concurrence (Contrat de Travail) France (France)." Forms Legal, 2026, https://forms-legal.com/fr/france/employment/hr-forms/clause-non-concurrence.
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}Questions Fréquentes
La Cour de cassation a posé quatre conditions cumulatives dans l'arrêt fondateur du 10 juillet 2002 (n°00-45.135) : 1° la clause doit être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise (les fonctions du salarié doivent l'exposer à un risque réel de concurrence) ; 2° elle doit être limitée dans le temps (durée précisément définie, souvent encadrée par la convention collective) ; 3° elle doit être limitée dans l'espace (territoire géographique précis) ; 4° elle doit comporter une contrepartie financière versée au salarié pendant toute la durée de la clause. L'absence de l'une seule de ces conditions entraîne la nullité absolue de la clause — le salarié peut alors exercer l'activité concurrente ET réclamer des dommages et intérêts pour le préjudice subi.
La loi française ne fixe pas de taux minimum légal pour la contrepartie financière d'une clause de non-concurrence. C'est la convention collective applicable qui prévoit généralement un taux plancher (par exemple : 1/3 du salaire mensuel brut pour la CCN SYNTEC, IDCC 1486 ; 25% pour la CCN des ingénieurs et cadres de la métallurgie). En l'absence de dispositions conventionnelles, la Cour de cassation apprécie si la contrepartie est « dérisoire » au regard de la sujétion imposée au salarié (Cass. soc. 15 novembre 2006, n°04-46.721). En pratique, un taux inférieur à 20-25% du salaire mensuel brut moyen des 12 derniers mois est risqué et exposé à l'annulation judiciaire. La contrepartie est versée mensuellement dès la fin effective du contrat.
Oui, à condition que le contrat de travail ou la convention collective prévoie expressément cette faculté de renonciation. La Cour de cassation juge que sans clause de renonciation expresse, l'employeur ne peut pas se libérer unilatéralement de la clause (Cass. soc. 13 juillet 2004, n°02-17.760). Lorsque la renonciation est prévue contractuellement, l'employeur dispose généralement d'un délai fixé (souvent 8 à 15 jours à compter de la notification de la rupture) pour notifier sa renonciation par lettre recommandée avec accusé de réception. La renonciation libère le salarié de son obligation et exonère simultanément l'employeur du paiement de la contrepartie financière. Si la renonciation intervient hors délai, la contrepartie reste due.
Si la clause de non-concurrence est déclarée nulle par le Conseil de prud'hommes (pour défaut de contrepartie, absence de limitation géographique, contrepartie dérisoire, ou défaut d'intérêt légitime), deux conséquences s'enchaînent : 1° le salarié est libéré de toute obligation et peut exercer librement l'activité concurrente, y compris immédiatement — l'employeur ne peut obtenir aucune injonction judiciaire pour faire cesser l'activité concurrente basée sur cette clause nulle ; 2° le salarié peut réclamer des dommages et intérêts au Conseil de prud'hommes pour le préjudice subi du fait de la clause nulle (période pendant laquelle il s'est abstenu de travailler pour un concurrent en croyant être lié), sans avoir à justifier d'un préjudice spécifique (Cass. soc. 11 janvier 2006, n°04-46.201). Ces dommages et intérêts peuvent correspondre à plusieurs mois de salaire.
Oui, la clause de non-concurrence s'applique quelle que soit la cause de rupture du contrat de travail : démission, licenciement pour motif personnel ou économique, rupture conventionnelle homologuée par la DREETS (art. L1237-19 Code du travail), fin de CDD, départ à la retraite. La rupture conventionnelle homologuée n'est pas une démission et ne prive pas l'employeur du droit d'invoquer la clause. En revanche, certaines conventions collectives prévoient des exceptions à l'application de la clause de non-concurrence en cas de licenciement économique — vérifier la CCN applicable. Pour la rupture conventionnelle, la renonciation à la clause de non-concurrence peut être négociée dans le protocole de rupture conventionnelle lui-même, avant homologation par la DREETS.
La contrepartie financière est calculée sur la base du salaire mensuel brut moyen des 12 derniers mois précédant la fin du contrat de travail. Prenons un exemple concret : un salarié avec un salaire mensuel brut moyen de 4 000 € ; clause de non-concurrence de 2 ans (24 mois) ; taux de contrepartie de 30% prévu par la CCN applicable. Calcul mensuel : 4 000 € × 30% = 1 200 € bruts par mois. Total sur 2 ans : 1 200 € × 24 = 28 800 € bruts. Ce montant est soumis aux cotisations sociales URSSAF côté salarié (environ 22% de cotisations salariales) et côté employeur (environ 42% de charges patronales sur ce complément de rémunération). Il est également imposable à l'impôt sur le revenu du salarié (déclaré en traitements et salaires, article 80 duodecies du CGI). La DGFiP ne prévoit aucune exonération spécifique.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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