Charte d'Utilisation Informatique (Bonnes Pratiques) France
CHARTE D'UTILISATION INFORMATIQUE ET DES RESSOURCES NUMÉRIQUES
[Entreprise Nom] — SIREN [Entreprise S I R E N] Siège social : [Entreprise Adresse] Délégué à la Protection des Données : [Dpo]
Établie conformément à l'article L1121-1 du Code du travail, à la délibération CNIL n°2018-303 du 25 octobre 2018 relative aux mesures techniques de protection des données, et au Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD — Règlement UE n°2016/679).
ARTICLE 1 — OBJET ET CHAMP D'APPLICATION
La présente charte définit les règles d'utilisation des ressources informatiques et numériques de [Entreprise Nom] par l'ensemble de ses collaborateurs (salariés, stagiaires, prestataires ayant accès au système d'information). Elle s'applique à tous les équipements professionnels, qu'ils soient utilisés sur site ou à distance (télétravail, déplacement professionnel).
ARTICLE 2 — RESSOURCES MISES À DISPOSITION ET CONDITIONS D'ACCÈS
Outils et équipements numériques disponibles : [Outils Mis A Disposition]
Conditions d'accès et gestion des identifiants : [Conditions Acces]
Usage personnel des outils professionnels : [Usage Personnel]
En application de la jurisprudence de la Cour de cassation (Cass. soc. 18 octobre 2006, n°04-48.025), les fichiers et messages non identifiés comme personnels par le salarié sont présumés professionnels et peuvent être consultés par l'employeur ou un prestataire mandaté, en son absence.
ARTICLE 3 — SÉCURITÉ INFORMATIQUE ET PROTECTION DES DONNÉES
Obligations de sécurité : [Obligations Securite]
Traitement des données personnelles — conformité RGPD : [Donnees Perso C N I L]
Dispositifs de contrôle et surveillance : [Dispositifs Surveillance]
Conformément à l'article L1222-4 du Code du travail, les salariés ont été informés de l'existence de ces dispositifs de contrôle. Les données collectées sont traitées dans le strict respect du RGPD et de la loi Informatique et Libertés n°78-17. Le droit d'accès, de rectification et de suppression peut être exercé auprès du DPO.
ARTICLE 4 — INTERNET ET RÉSEAUX SOCIAUX
Internet professionnel : [Internet Professionnel]
Réseaux sociaux : [Reseaux Sociaux]
ARTICLE 5 — SANCTIONS
Tout manquement aux règles de la présente charte peut donner lieu à une sanction disciplinaire, prononcée conformément à l'échelle des sanctions du règlement intérieur de l'entreprise (art. L1331-1 Code du travail). En cas d'infraction pénale (fraude informatique, violation du droit d'auteur, atteinte au secret professionnel), des poursuites judiciaires pourront être engagées indépendamment de la procédure disciplinaire.
L'employeur peut en outre être tenu pour responsable des dommages causés par l'utilisation fautive de ses équipements (art. 1242 Code civil), ce qui justifie l'application stricte de la présente charte.
SIGNATURE ET ENTRÉE EN VIGUEUR
Fait à [Lieu Etablissement], le [Date Etablissement]. Entrée en vigueur : [Date Entree Vigueur]. Pour [Entreprise Nom] : [Entreprise Representant]
La présente charte est remise à chaque salarié lors de son embauche, affichée dans les locaux, et disponible sur l'intranet de l'entreprise. Son acceptation par le salarié est matérialisée par sa signature ou par un accusé de réception électronique.
Le représentant légal de l'entreprise
________________
Signature
Le salarié (lu et approuvé)
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Charte d'Utilisation Informatique (Bonnes Pratiques) France ?
La charte d'utilisation informatique est, en droit français, le document qui définit les règles d'usage des systèmes d'information par les salariés, fondé sur l'article L1121-1 du Code du travail et la délibération CNIL n°2018-303.
La Charte d'Utilisation Informatique en France repose sur deux fondements complémentaires : d'une part, la protection des intérêts légitimes de l'entreprise (sécurité des systèmes d'information, confidentialité des données clients et stratégiques, conformité au Règlement Général sur la Protection des Données — RGPD, Règlement UE n°2016/679) ; d'autre part, la protection des droits des salariés, en particulier leur droit au respect de la vie privée sur le lieu de travail. La Cour de cassation a posé ce principe fondamental dans l'arrêt Nikon du 2 octobre 2001 (Cass. soc. n°99-42.942), qui reconnaît que le salarié a droit, même au temps et au lieu de travail, au respect de l'intimité de sa vie privée.
La jurisprudence a précisé la ligne de partage entre fichiers professionnels et personnels : dans l'arrêt du 18 octobre 2006 (n°04-48.025), la Chambre sociale de la Cour de cassation a établi que les fichiers créés par un salarié sur l'ordinateur mis à sa disposition sont présumés avoir un caractère professionnel, sauf si le salarié les identifie comme personnels. Cette présomption de caractère professionnel constitue le fondement de la charte informatique : elle permet à l'employeur de consulter les fichiers professionnels sans procédure particulière, mais impose de respecter les fichiers identifiés comme personnels.
La charte informatique se distingue du règlement intérieur en ce qu'elle porte spécifiquement sur les usages numériques et la cybersécurité, sans nécessiter la procédure formelle de dépôt à la DREETS et au Conseil de prud'hommes prévue par les articles L1321-4 et R1321-1 du Code du travail pour le règlement intérieur. Cependant, certaines dispositions de la charte informatique (règles disciplinaires liées aux usages informatiques) doivent être intégrées au règlement intérieur pour être opposables comme base d'une sanction disciplinaire. La charte informatique est ainsi généralement annexée au règlement intérieur ou y est expressément référencée.
La directive NIS2 (Network and Information Security), transposée en droit français par la loi n°2023-703 du 1er août 2023, a renforcé les obligations de cybersécurité pour les entreprises opérant dans des secteurs essentiels et importants. L'ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information) publie des référentiels et des guides de bonnes pratiques (PSSI, politique de sécurité des systèmes d'information) que les entreprises peuvent intégrer dans leur charte informatique. La certification ISO 27001 sur la sécurité de l'information intègre la charte informatique comme mesure organisationnelle obligatoire.
Quand avez-vous besoin d'un Charte d'Utilisation Informatique (Bonnes Pratiques) France ?
La Charte d'Utilisation Informatique en France est nécessaire dans toute entreprise mettant à disposition de ses salariés des équipements numériques ou des accès à des systèmes d'information, quelle que soit sa taille. Son élaboration s'impose particulièrement dans les situations suivantes.
Lors de la mise en place du télétravail (art. L1222-9 Code du travail et ANI du 26 novembre 2020) : le télétravail exige de formaliser les règles d'utilisation des équipements professionnels hors des locaux de l'entreprise, notamment les obligations de sécurisation du réseau domestique (VPN obligatoire, interdiction des réseaux WiFi publics non sécurisés pour l'accès aux données professionnelles sensibles) et les règles d'usage personnel des équipements dans le contexte du domicile où les membres de la famille peuvent être présents.
Lors de l'introduction de nouveaux outils collaboratifs (Microsoft Teams, Slack, Notion, Salesforce, outils d'IA générative) qui multiplient les vecteurs d'usage personnel et les risques de fuites de données confidentielles, notamment via le copier-coller de données clients dans des applications d'IA non approuvées par la DSI — risque spécifiquement identifié par l'ANSSI depuis 2023.
Lors d'une croissance de l'effectif rendant impossible le contrôle informel des usages numériques : au-delà de 20 à 30 salariés, l'absence de charte écrite expose l'employeur à l'impossibilité de sanctionner valablement les abus (absence de base normative opposable). Lors d'un audit RGPD ou d'une mise en conformité exigée par un client institutionnel, un investisseur de capital-risque (clauses de due diligence SSI) ou un organisme de certification (ISO 27001, SOC 2). Lors de la préparation d'une mise en demeure ou d'un licenciement pour faute lié à un abus informatique — la charte signée constitue la preuve de l'information du salarié sur les règles et les sanctions applicables.
La charte informatique doit être révisée à chaque évolution majeure du parc informatique, à chaque déploiement d'un nouveau système d'information (ERP, CRM, SIRH), lors de la transposition en droit national de la directive NIS2 (loi n°2023-703 du 1er août 2023 et textes d'application 2024-2025), et systématiquement lors d'une violation de données notifiée à la CNIL (art. 33 RGPD — délai de 72 heures). La CNIL et l'ANSSI publient annuellement des guides de bonnes pratiques qui servent de référence pour la mise à jour des chartes.
Que faut-il inclure dans votre Charte d'Utilisation Informatique (Bonnes Pratiques) France ?
La Charte d'Utilisation Informatique en France doit contenir les éléments suivants pour être efficace, légalement valide et opposable.
**Inventaire des ressources et conditions d'accès :** Liste précise des équipements (ordinateurs fixes et portables, smartphones, tablettes, serveurs) et logiciels professionnels mis à disposition ; règles de gestion des identifiants et mots de passe conformes aux recommandations de la CNIL (délibération n°2018-303 : longueur minimale 12 caractères, complexité, renouvellement trimestriel) et de l'ANSSI (guide PSSI) ; politique BYOD (Bring Your Own Device) si applicable, avec précision des conditions de sécurisation des équipements personnels (chiffrement obligatoire, MDM — Mobile Device Management).
**Règles d'usage personnel :** Définition précise de la tolérance d'usage personnel — généralement autorisé de façon raisonnable et non abusive — pour maintenir la présomption de caractère professionnel des fichiers non identifiés (jurisprudence Cass. soc. 18 octobre 2006, n°04-48.025). Un fichier ou message explicitement marqué « PERSO » ou rangé dans un dossier nommé « Personnel » bénéficiera de la protection de la vie privée (arrêt Nikon, Cass. soc. 2 octobre 2001, n°99-42.942). La tolérance d'usage personnel ne s'applique pas aux logiciels de P2P, aux applications de streaming illimité, aux outils d'IA générative non approuvés ou aux VPN personnels.
**Sécurité informatique et cybersécurité :** Obligations de signalement des incidents de sécurité à la DSI dans un délai de 2 heures (coordonnées disponibles 24h/24), interdiction d'installer des logiciels non approuvés par la liste blanche de la DSI, règles de gestion des mises à jour (obligation d'appliquer les correctifs critiques dans les 24 heures), politique de sauvegarde (règle 3-2-1 : 3 copies, 2 supports, 1 externe). Référence aux obligations NIS2 pour les entreprises des secteurs essentiels et importants (loi n°2023-703 du 1er août 2023).
**RGPD et protection des données :** Rappel des bases légales de traitement des données dans le cadre professionnel (art. 6 RGPD : exécution du contrat de travail, obligation légale, intérêt légitime de l'employeur), mention des coordonnées du DPO si nommé, procédure de signalement des violations de données (art. 33 RGPD — 72 heures pour notifier la CNIL), droits des salariés sur leurs données personnelles traitées par l'entreprise (accès, rectification, opposition).
**Dispositifs de contrôle et surveillance :** Mention explicite et exhaustive de tous les dispositifs de contrôle en place (logs de connexion internet, analyse des courriels entrants et sortants, système de badges d'accès, logiciels de MDM, enregistrement des appels téléphoniques) conformément à l'article L1222-4 du Code du travail (information préalable obligatoire). La CNIL exige que chaque dispositif soit déclaré au CSE avant déploiement et soit proportionné au but légitime recherché (délibération CNIL n°2017-012 du 19 janvier 2017 relative à la cybersurveillance des salariés).
**Internet et réseaux sociaux :** Règles d'usage de l'internet professionnel (sites interdits, catégories bloquées par le proxy), politique de représentation de l'entreprise sur les réseaux sociaux (LinkedIn, X, Instagram) — interdiction de se présenter comme porte-parole de l'entreprise sans habilitation. L'employeur est responsable des actes illicites commis depuis ses équipements (art. 1242 Code civil — responsabilité du fait d'autrui) et peut être poursuivi par les victimes ou les ayants droit en cas de téléchargements illicites.
**Sanctions :** Intégration dans l'échelle des sanctions du règlement intérieur pour garantir l'opposabilité — sans mention dans le règlement intérieur ou sans renvoi explicite, la charte seule ne peut pas fonder une sanction disciplinaire sérieuse. Référence aux infractions pénales applicables : fraude informatique (art. 323-1 Code pénal — 2 ans et 60 000 €), violation du droit d'auteur (art. L335-2 CPI — 3 ans et 300 000 €), violation du RGPD (art. 226-17 Code pénal — 5 ans et 300 000 €). forms-legal.com propose ce modèle complet adapté aux entreprises françaises de toutes tailles.
**Clause sur l'IA générative :** Face à l'explosion des usages d'outils d'IA (ChatGPT, Copilot, Gemini), la charte doit préciser les conditions d'utilisation de ces outils dans le cadre professionnel : interdiction de saisir des données confidentielles, des données personnelles de clients ou des secrets d'affaires dans des IA non approuvées, et obligation d'utiliser exclusivement les outils validés par la DSI sur la liste blanche.
Comment remplir votre Charte d'Utilisation Informatique (Bonnes Pratiques) France
Pour élaborer et déployer une Charte d'Utilisation Informatique en France efficace, suivez ces étapes.
**Étape 1 — Inventaire et diagnostic :** Listez tous les équipements et logiciels mis à disposition des salariés, en distinguant les équipements fournis par l'entreprise et les équipements personnels autorisés (BYOD). Identifiez les risques numériques spécifiques à votre secteur : données clients sensibles dans le conseil et la finance, propriété intellectuelle dans l'industrie et la tech, données médicales dans la santé. Réalisez une analyse de risques RGPD (Privacy Impact Assessment — PIA, art. 35 RGPD si traitement à risque élevé) en collaboration avec votre DPO et votre DSI.
**Étape 2 — Rédaction et validation juridique :** Adaptez le modèle à vos outils, pratiques et secteur d'activité. Faites valider par un juriste spécialisé en droit du travail ou un consultant RGPD certifié les clauses sur la surveillance des salariés et le traitement de leurs données personnelles — ces clauses sont les plus susceptibles d'être contestées. Vérifiez la cohérence avec votre règlement intérieur et identifiez les dispositions qui doivent y être intégrées pour être opposables en tant que base disciplinaire.
**Étape 3 — Consultation du CSE :** Bien que la charte informatique ne soit pas légalement soumise à la procédure formelle du règlement intérieur (pas de dépôt à la DREETS requis), soumettre le projet au CSE pour information et consultation renforce significativement sa légitimité et sa valeur probatoire en cas de contentieux prud'homal. Le CSE doit obligatoirement être informé et consulté avant tout déploiement de dispositifs de surveillance (art. L2312-38 Code du travail). Conservez le procès-verbal de consultation.
**Étape 4 — Déploiement et formation :** Remettez la charte à tous les salariés contre accusé de réception signé ou via une acceptation électronique enregistrée (plateforme de signature numérique). Organisez une session de sensibilisation à la cybersécurité d'au moins 1 heure pour tous les salariés et une session approfondie de 3 heures pour les administrateurs systèmes. Intégrez la charte dans le parcours d'intégration des nouveaux arrivants, avec une remise systématique le premier jour.
**Étape 5 — Mise à jour régulière :** Révisez la charte au moins une fois par an lors de la revue annuelle de la politique de sécurité des systèmes d'information (PSSI), systématiquement après un incident de cybersécurité, une violation de données notifiée à la CNIL, une modification significative du parc informatique (nouveaux outils IA, migration cloud, déploiement MDM) ou une évolution de la réglementation RGPD, NIS2 ou ANSSI. La version mise à jour doit être remise à tous les salariés et resignée.
Exigences juridiques pour Charte d'Utilisation Informatique (Bonnes Pratiques) France
Les exigences légales applicables à la Charte d'Utilisation Informatique en France sont multiples et issues de sources variées.
**Droit du travail :** L'article L1121-1 du Code du travail interdit toute restriction aux libertés individuelles non justifiée par la nature de la tâche et non proportionnée au but recherché. La charte informatique doit respecter ce principe sous peine d'annulation des clauses abusives par le Conseil de prud'hommes. L'article L1222-4 impose d'informer les salariés préalablement à tout dispositif de contrôle ou de collecte d'informations.
**RGPD et loi Informatique et Libertés :** Le Règlement UE n°2016/679 et la loi n°78-17 modifiée imposent une information complète des salariés sur les traitements de données les concernant (art. 13 RGPD), la sécurité des données (art. 32), la notification des violations (art. 33-34). La délibération CNIL n°2018-303 sur les mesures techniques de protection est le référentiel de sécurité de base pour les entreprises françaises.
**Cybersécurité — directive NIS2 :** Transposée par la loi n°2023-703 du 1er août 2023 et les textes d'application attendus en 2024-2025, la directive NIS2 renforce les obligations de sécurité et de signalement des incidents pour les entités essentielles et importantes. L'ANSSI est l'autorité nationale compétente.
**Droit pénal :** La fraude informatique (art. 323-1 Code pénal — accès frauduleux à un système d'information) est punie de 2 ans d'emprisonnement et 60 000 € d'amende. La violation du droit d'auteur par téléchargement illicite (art. L335-2 Code de la propriété intellectuelle) est punie de 3 ans et 300 000 €. La responsabilité pénale peut être engagée aussi bien pour le salarié auteur que pour l'employeur qui n'a pas pris les mesures préventives adéquates.
Erreurs courantes à éviter dans votre Charte d'Utilisation Informatique (Bonnes Pratiques) France
Les erreurs les plus fréquentes lors de la rédaction d'une Charte d'Utilisation Informatique en France.
**Erreur 1 — Surveillance sans information préalable :** Mettre en place des outils de surveillance des connexions internet ou de la messagerie sans en informer préalablement les salariés et le CSE (art. L1222-4 Code du travail). La preuve obtenue via un dispositif de surveillance non déclaré est irrecevable devant le Conseil de prud'hommes (Cass. soc. 14 mars 2000, n°98-42.090).
**Erreur 2 — Interdiction totale d'usage personnel :** Interdire toute utilisation personnelle des équipements professionnels est jugé disproportionné par la CNIL et contraire à l'arrêt Nikon de la Cour de cassation. La tolérance d'un usage personnel raisonnable est la pratique reconnue.
**Erreur 3 — Charte non signée :** Une charte non remise aux salariés ni signée n'a pas de valeur probatoire en cas de litige. La preuve de la remise et de l'acceptation de la charte est essentielle pour fonder une sanction disciplinaire.
**Erreur 4 — Absence de cohérence avec le règlement intérieur :** Les sanctions liées aux manquements à la charte informatique doivent figurer dans l'échelle des sanctions du règlement intérieur pour être opposables. Une charte autonome sans renvoi au règlement intérieur ne permet pas de sanctionner efficacement les abus.
**Erreur 5 — Non mise à jour après incident :** Après une violation de données ou un incident de cybersécurité, ne pas réviser la charte pour intégrer les nouvelles mesures de sécurité mises en place. La CNIL peut retenir cet oubli pour aggraver la sanction en cas de récidive.
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}Questions Fréquentes
Non, l'employeur ne peut pas consulter les fichiers identifiés comme personnels par le salarié, même s'ils sont stockés sur un équipement professionnel. La Cour de cassation, dans l'arrêt Nikon du 2 octobre 2001 (n°99-42.942), a reconnu que le salarié a droit au respect de sa vie privée même sur le lieu de travail. Un fichier rangé dans un dossier nommé 'Personnel' ou portant la mention 'PERSO' bénéficie de cette protection. En revanche, un fichier non identifié comme personnel est présumé professionnel et peut être consulté par l'employeur (Cass. soc. 18 octobre 2006, n°04-48.025). La charte informatique doit préciser clairement cette règle pour que les salariés identifient correctement leurs fichiers personnels.
Les deux approches sont légalement valides mais ont des effets différents. L'intégration dans le règlement intérieur présente l'avantage de la valeur normative maximale : les dispositions sont opposables à tous les salariés après la procédure obligatoire de consultation du CSE et de dépôt à la DREETS (art. L1321-4 Code du travail). La charte informatique autonome est plus flexible et peut être mise à jour plus rapidement, sans repasser par la procédure formelle du règlement intérieur. La pratique recommandée est de rédiger une charte informatique autonome référencée dans le règlement intérieur, avec un renvoi explicite pour l'application des sanctions disciplinaires. Cela combine la flexibilité de mise à jour de la charte et la force normative du règlement intérieur.
L'entreprise peut être exposée à plusieurs types de responsabilité en cas de violation de la charte informatique par un salarié. Responsabilité civile : l'employeur est responsable des dommages causés par ses salariés dans l'exercice de leurs fonctions (art. 1242 Code civil), y compris les actes commis depuis ses équipements informatiques. Responsabilité pénale : l'entreprise peut être poursuivie pour complicité ou défaut de surveillance si elle n'a pas pris les mesures préventives adéquates (formation, charte, filtrage internet). Responsabilité RGPD : en cas de violation de données due à une négligence du salarié, la CNIL peut sanctionner l'entreprise pour défaut de mesures de sécurité (art. 32 RGPD) — amendes jusqu'à 4% du CA mondial ou 20 M€. Une charte informatique claire, remise et signée par le salarié, constitue une preuve de due diligence réduisant ces risques.
Oui. La CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) dispose d'un pouvoir de contrôle étendu sur les traitements de données personnelles des entreprises, incluant les dispositifs de surveillance des salariés prévus dans la charte informatique (art. 57 RGPD et art. 20 loi n°78-17). Lors d'un contrôle, la CNIL vérifie notamment la licéité des traitements, la proportionnalité des mesures de surveillance, l'information des personnes (art. 13 RGPD), et l'existence de mesures de sécurité adaptées (art. 32 RGPD). En cas de manquement, la CNIL peut prononcer un avertissement, une mise en demeure, ou une sanction pécuniaire allant jusqu'à 20 millions d'euros ou 4% du chiffre d'affaires mondial annuel. La délibération CNIL n°2017-012 sur la cybersurveillance des salariés est le référentiel de contrôle applicable.
L'utilisation personnelle occasionnelle et raisonnable de l'ordinateur professionnel ne constitue pas une faute justifiant un licenciement. La Cour de cassation tolère une utilisation personnelle limitée (Cass. soc. 9 février 2010, n°08-45.308). En revanche, une utilisation massive, répétée, ou portant atteinte à la sécurité du système d'information peut justifier une sanction disciplinaire proportionnée. Le licenciement pour faute grave peut être retenu en cas d'utilisation abusive de la messagerie professionnelle à des fins personnelles détournant une part significative du temps de travail (Cass. soc. 18 mars 2009, n°07-44.247), de téléchargements illicites exposant l'entreprise à des poursuites, ou d'utilisation de l'équipement à des fins personnelles lucratives (concurrence déloyale). La charte informatique doit préciser ce qui est toléré pour fonder valablement une sanction en cas d'excès.
Le BYOD (Bring Your Own Device — utilisation d'équipements personnels à des fins professionnelles) pose des défis spécifiques en matière de sécurité des données et de respect de la vie privée. La CNIL recommande dans ses lignes directrices BYOD de : définir précisément les équipements autorisés et les conditions de sécurisation minimales (chiffrement, mot de passe) ; préciser les données professionnelles qui peuvent être stockées sur l'équipement personnel et dans quelles conditions ; prévoir une procédure de déconnexion et d'effacement des données professionnelles en cas de fin de contrat ou de perte de l'équipement ; distinguer la supervision des données professionnelles de la surveillance de la vie privée. La charte informatique doit contenir une section spécifique BYOD validée par le DPO pour garantir la conformité au RGPD.
Pour être conforme au RGPD (Règlement UE n°2016/679) et à la loi Informatique et Libertés n°78-17, la charte informatique doit mentionner les informations suivantes au titre de l'obligation d'information de l'article 13 RGPD : identité du responsable de traitement (l'entreprise et son DPO si nommé) ; finalités et bases légales des traitements de données personnelles dans le cadre de l'activité professionnelle ; catégories de données collectées (logs de connexion, emails, etc.) ; destinataires ou catégories de destinataires des données ; durée de conservation des données ; droits des salariés (accès, rectification, opposition, portabilité) et modalités d'exercice ; droit de saisine de la CNIL. La délibération CNIL n°2018-303 du 25 octobre 2018 précise les mesures techniques et organisationnelles de sécurité attendues.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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