Accord Collectif de Télétravail (Entreprise) France
ACCORD COLLECTIF DE TÉLÉTRAVAIL
Établi conformément aux articles L1222-9 à L1222-11 du Code du travail, à l'Accord National Interprofessionnel (ANI) du 26 novembre 2020 relatif au télétravail, et à la loi n°2012-387 du 22 mars 2012.
ENTRE :
La société [Entreprise Nom] — SIREN [Entreprise S I R E N], dont le siège social est situé au [Entreprise Adresse], représentée par [Entreprise Representant] (ci-après dénommée « l'Entreprise »),
D'UNE PART,
ET : [Organisations Syndicale Sigantaires],
D'AUTRE PART.
IL A ÉTÉ CONVENU ET ARRÊTÉ CE QUI SUIT :
ARTICLE 1 — CHAMP D'APPLICATION ET ÉLIGIBILITÉ
Le présent accord s'applique à l'ensemble des salariés de [Entreprise Nom] (effectif : [Effectif Entreprise]), dans les conditions d'éligibilité suivantes : [Salaries Eligibles]
Postes exclus du télétravail : [Postes Exclus]
ARTICLE 2 — MODALITÉS D'ORGANISATION DU TÉLÉTRAVAIL
Nombre maximum de jours de télétravail : [Nombre Jours Max].
Type de jours : [Jours Fixes Ou Flottants].
Lieu(x) autorisé(s) pour le télétravail : [Lieu Teletravail]
Plages horaires habituelles de contact (droit à la déconnexion — art. L2242-17 Code du travail) : [Plages Horaires Contact]
ARTICLE 3 — ÉQUIPEMENTS ET PRISE EN CHARGE DES FRAIS
Équipements fournis par l'Entreprise : [Equipements Fournis]
Allocation forfaitaire télétravail : [Allocation Forfaitaire] par jour effectif de télétravail, exonérée de cotisations sociales dans les limites fixées par la circulaire URSSAF 2025 (Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale — BOSS). Cette allocation est versée mensuellement avec la paie.
Frais de transport : [Remboursement Transport]
ARTICLE 4 — SANTÉ, SÉCURITÉ ET ACCIDENTS DU TRAVAIL
Conformité de l'espace de télétravail : [Conformite Espace Stravail]
Accidents du travail au domicile : [Accidents Travail Domicile]
L'Entreprise s'engage à informer les managers sur les risques psychosociaux liés au télétravail (isolement, hyperconnexion, difficultés de séparation vie professionnelle/vie personnelle) et à mettre en place des actions de prévention conformément à l'obligation de sécurité de l'article L4121-1 du Code du travail.
ARTICLE 5 — RÉVERSIBILITÉ
Conformément au principe de réversibilité posé par l'ANI du 26 novembre 2020, le télétravail est mis en place sur la base du volontariat et peut cesser à l'initiative du salarié ou de l'Entreprise.
Retour au présentiel à la demande de l'Entreprise : délai de prévenance de [Delai Prevenance Retour].
Retour au présentiel à la demande du salarié : [Conditions Retour Salarie]
ARTICLE 6 — PROTECTION DES DONNÉES (RGPD/CNIL)
Le salarié en télétravail s'engage à respecter les règles de sécurité informatique définies par la politique de sécurité des systèmes d'information de l'Entreprise (PSSI) : utilisation obligatoire du VPN fourni, interdiction de stocker des données professionnelles sur le matériel personnel, fermeture de session systématique lors des absences du poste de travail.
Tout dispositif de surveillance du salarié en télétravail (monitoring de connexion, capture d'écran automatique) est interdit sauf information préalable des salariés et consultation du CSE, conformément aux recommandations de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) et aux exigences du RGPD (Règlement UE n°2016/679). La violation de ce principe expose l'Entreprise à des sanctions pouvant atteindre 4% du chiffre d'affaires mondial ou 20 millions d'euros (art. 83 RGPD).
ARTICLE 7 — DURÉE, RÉVISION ET DÉPÔT
Le présent accord est conclu pour une [Type Accord]. Il entre en vigueur à la date de son dépôt sur la plateforme TéléAccords (teleaccords.travail-emploi.gouv.fr) conformément à l'article L2231-6 du Code du travail, soit à compter du [Date Entree Vigueur].
Il pourra être révisé par voie d'avenant dans les conditions des articles L2261-7 et L2261-8 du Code du travail. Toute demande de révision devra être notifiée à l'ensemble des parties signataires par LRAR au moins 3 mois avant l'ouverture des négociations.
Conformément à l'article L2231-5-1 du Code du travail, le présent accord sera rendu public et versé dans la base de données nationale (Légifrance) dans une version anonymisée (sans noms des négociateurs).
SIGNATURES
Fait à [Lieu Signature], le [Date Signature Accord], en autant d'exemplaires originaux que de parties signataires.
Pour l'Entreprise
________________
Signature
Pour les organisations syndicales signataires
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Accord Collectif de Télétravail (Entreprise) France ?
L'accord collectif de télétravail est, en droit français, l'accord d'entreprise qui fixe les conditions de recours et d'exécution du télétravail régulier, régi par les articles L1222-9 à L1222-11 du Code du travail.
L'accord collectif de télétravail constitue le cadre préférentiel d'organisation du télétravail régulier et structuré au sein de l'entreprise. À défaut d'accord collectif, l'employeur peut établir une charte après consultation du CSE (art. L1222-9 al. 2) — document unilatéral moins protecteur pour les salariés. À défaut de charte ou d'accord, des accords individuels formalisés (avenant au contrat de travail) restent possibles pour organiser le télétravail occasionnel (art. L1222-9 al. 3).
L'Accord Collectif de Télétravail en France encadre une réalité devenue massive : selon les données de la DARES (Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques du Ministère du Travail), 27% des salariés du secteur privé pratiquent le télétravail en 2024, contre 4% en 2019. L'ANI (Accord National Interprofessionnel) du 26 novembre 2020 relatif au télétravail, signé par toutes les organisations patronales et syndicales représentatives au niveau national (MEDEF, CPME, U2P, CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO), constitue le cadre de référence pour les négociations d'entreprise. Cet ANI rappelle les principes fondamentaux : volontariat et réversibilité, maintien du lien social, droit à la déconnexion, prise en charge des frais professionnels.
La définition légale du télétravail distingue : le télétravail régulier (plusieurs jours fixes par semaine ou par mois, faisant l'objet de l'accord collectif) ; le télétravail occasionnel (ponctuel, accordé par l'employeur sans modification du contrat de travail, art. L1222-11 pour les situations exceptionnelles comme épidémie, grève des transports, pic de pollution) ; le télétravail contraint (imposé unilatéralement par l'employeur en situation exceptionnelle — pandémie COVID-19 selon la doctrine administrative de la DREETS 2020-2022).
L'Accord Collectif de Télétravail en France doit obligatoirement préciser les matières définies par l'article L1222-9 du Code du travail : les conditions de passage en télétravail et de retour en présentiel ; les modalités d'acceptation par le salarié des conditions de mise en œuvre du télétravail ; les modalités de contrôle du temps de travail ou de régulation de la charge de travail ; la détermination des plages horaires durant lesquelles l'employeur peut habituellement contacter le salarié (droit à la déconnexion, art. L2242-17 Code du travail) ; la prise en charge des coûts découlant directement du télétravail (URSSAF : forfait de 2,70 €/jour de télétravail plafonné à 59,40 €/mois exonéré de cotisations sociales en 2025).
La CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) a publié des recommandations spécifiques au télétravail : encadrement des outils de surveillance à distance (monitoring du salarié, capture d'écran, temps de connexion), protection des données personnelles traitées depuis le domicile, sécurité des équipements (VPN obligatoire pour l'accès aux données sensibles de l'entreprise), conformément au RGPD (Règlement UE n°2016/679). La charte informatique ou le règlement intérieur doit être mis à jour en cohérence avec l'accord collectif de télétravail. Voir aussi le Contrat CDI et le Règlement Intérieur d'Entreprise pour les documents contractuels complémentaires disponibles sur forms-legal.com.
Quand avez-vous besoin d'un Accord Collectif de Télétravail (Entreprise) France ?
L'accord collectif de télétravail est nécessaire dès que l'entreprise souhaite encadrer de manière structurée et pérenne le télétravail régulier pour tout ou partie de ses salariés.
Première situation : lors de la mise en place initiale du télétravail dans une entreprise qui ne l'avait pas jusqu'alors formalisé. La loi n°2012-387 du 22 mars 2012 a introduit un droit d'accès au télétravail pour les salariés dont le poste est compatible, mais ne l'a pas généralisé automatiquement. L'accord collectif donne un cadre opposable et identique pour tous les salariés éligibles, évitant les traitements individuels disparates.
Deuxième situation : lors de la révision d'une charte unilatérale existante. Depuis la pandémie COVID-19, de nombreuses entreprises ont mis en place des chartes de télétravail d'urgence. Ces chartes, bien que valides, sont moins protectrices pour les salariés et moins négociées. Les syndicats représentatifs peuvent exiger l'ouverture de négociations pour les remplacer par un accord collectif plus favorable.
Troisième situation : lors de la négociation annuelle obligatoire (NAO) sur la qualité de vie au travail (QVT) prévue par l'article L2242-1 du Code du travail. La thématique du télétravail s'intègre naturellement dans ce bloc de négociation. Un accord QVT peut contenir un chapitre télétravail ayant valeur d'accord collectif de télétravail.
Quatrième situation : lors d'une restructuration ou d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) intégrant des mesures de maintien dans l'emploi via le développement du télétravail, notamment pour les emplois dont les fonctions sont compatibles avec le travail à distance et pour lesquels le déménagement du site serait un motif de rupture.
L'accord collectif de télétravail est recommandé pour toute entreprise de plus de 50 salariés qui organise le télétravail de façon régulière. Pour les entreprises sans délégués syndicaux, le projet d'accord peut être soumis à approbation du personnel par référendum à la majorité des deux tiers (art. L2232-21 Code du travail), puis déposé à la DREETS.
Que faut-il inclure dans votre Accord Collectif de Télétravail (Entreprise) France ?
Un Accord Collectif de Télétravail valide en France doit contenir les éléments suivants pour satisfaire aux exigences légales de l'article L1222-9 du Code du travail et de l'ANI du 26 novembre 2020.
**Champ d'application et critères d'éligibilité :** Définition des postes éligibles au télétravail (critères objectifs : compatibilité du poste avec le travail à distance, autonomie suffisante du salarié, ancienneté minimale, accès aux outils informatiques nécessaires). Exclusion objective de certains postes (opérateurs de production sur site, agents de sécurité physique, salariés en période d'essai — à justifier). La Cour de cassation sanctionne les critères d'éligibilité discriminatoires (Cass. soc. 17 janvier 2018, n°16-12.690 : refus de télétravail doit être motivé par des raisons objectives).
**Plafond de jours et répartition :** Nombre maximum de jours de télétravail par semaine ou par mois (l'ANI du 26 novembre 2020 recommande un plafond préservant le lien social, généralement 2 à 3 jours par semaine pour les temps complets). Jours fixes ou variables selon le service. Modalités de prise de jours flottants et de déclaration auprès du manager. Cas des salariés à temps partiel (adaptation proportionnelle du plafond).
**Matériels et équipements :** Responsabilité de la fourniture du matériel (ordinateur portable, écran externe, clavier, souris, téléphone pro) — l'employeur a l'obligation légale de fournir les équipements nécessaires au télétravail (art. L1222-9 al. 2 Code du travail, confirmé par l'ANI 2020). Modalités de remboursement si le salarié utilise son matériel personnel (attestation de conformité électrique à fournir). Accès VPN obligatoire pour les données sensibles — exigence CNIL et ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information).
**Prise en charge des frais professionnels (URSSAF 2025) :** Conformément à la circulaire URSSAF du 13 mai 2021 et à la position administrative mise à jour au 1er janvier 2025, l'employeur peut verser une allocation forfaitaire de 2,70 €/jour effectif de télétravail, plafonnée à 59,40 €/mois, exonérée de cotisations sociales salariales et patronales. Cette allocation est présumée utilisée pour les frais professionnels sans justification. Au-delà, les frais réels peuvent être remboursés sur justificatifs (factures d'électricité, d'internet) dans les limites posées par l'URSSAF.
**Droit à la déconnexion (art. L2242-17 Code du travail) :** Plages horaires pendant lesquelles le salarié ne peut pas être contacté (généralement après 19h et avant 8h, le week-end et pendant les congés). Mesures pratiques pour assurer l'effectivité du droit à la déconnexion : paramétrage des outils numériques (Teams, Slack, Outlook) pour désactiver les notifications hors plages. Obligation de l'employeur de former les managers aux bonnes pratiques managériales à distance.
**Santé, sécurité et risques professionnels :** Obligation de l'employeur de vérifier que le domicile du salarié est conforme aux exigences de sécurité au travail (espace dédié, connexion électrique aux normes NF C 15-100). Déclaration des accidents du travail survenus au domicile lors du télétravail dans les délais légaux auprès de la CPAM (24h pour l'employeur). Prise en charge par la CPAM identique à celle d'un accident sur le lieu habituel de travail (Cass. 2ème civ. 19 avril 2023, n°21-16.166).
**Réversibilité et procédure de retour :** Le télétravail repose sur le volontariat et la réversibilité — principe fondamental de l'ANI du 26 novembre 2020. Le salarié peut demander à revenir au présentiel total ; l'employeur peut mettre fin au télétravail moyennant un délai de prévenance raisonnable (généralement 1 à 3 mois selon l'accord). La modification des jours de télétravail constitue un changement des conditions de travail (non une modification du contrat), décidable unilatéralement par l'employeur dans le respect de l'accord collectif, sauf pour les salariés ayant un avenant spécifique à leur contrat. La mise à disposition de forms-legal.com facilite la rédaction de cet accord conforme aux dernières évolutions légales et conventionnelles.
Comment remplir votre Accord Collectif de Télétravail (Entreprise) France
Pour négocier et formaliser un Accord Collectif de Télétravail en France, suivez les étapes obligatoires.
**Étape 1 — Diagnostic préalable :** Cartographiez les postes de l'entreprise par compatibilité avec le télétravail (grille d'éligibilité). Consultez les retours d'expérience des managers et des équipes. Évaluez les besoins en équipements informatiques (VPN, ordinateurs portables, licences logicielles supplémentaires) et les coûts associés avant d'entrer en négociation.
**Étape 2 — Ouverture de la négociation avec les partenaires sociaux :** Envoyez une invitation à négocier à toutes les organisations syndicales représentatives dans l'entreprise (délégués syndicaux désignés). Fixez les réunions de négociation avec un ordre du jour incluant les thèmes à discuter : champ d'application, plafond de jours, équipements, frais, déconnexion, santé-sécurité, réversibilité. Pour les entreprises sans délégués syndicaux, la procédure de ratification par les 2/3 du personnel (art. L2232-21 Code du travail) peut être utilisée.
**Étape 3 — Rédaction et signature de l'accord :** L'accord est signé par l'employeur (ou son représentant dûment mandaté) et par les organisations syndicales représentatives ayant recueilli au moins 50% des suffrages exprimés aux dernières élections professionnelles (règle de la majorité absolue, art. L2232-12 Code du travail). Précisez la date d'entrée en vigueur, la durée (accord à durée déterminée ou indéterminée) et les modalités de révision.
**Étape 4 — Dépôt dématérialisé à la DREETS :** Déposez l'accord sur la plateforme nationale TéléAccords (teleaccords.travail-emploi.gouv.fr) conformément à l'article L2231-5-1 du Code du travail. Joignez les pièces obligatoires : version complète signée, version rendue anonyme (sans noms des négociateurs) pour publication au Journal officiel, bordereau de dépôt. Déposez également un exemplaire au greffe du Conseil de prud'hommes compétent.
**Étape 5 — Communication aux salariés :** Informez l'ensemble des salariés de la signature et du contenu de l'accord (communication RH, intranet, affichage). Remettez une copie à chaque salarié à qui le télétravail est proposé, et faites-leur signer un avenant à leur contrat de travail formalisant les modalités individuelles (jours choisis, lieu de télétravail déclaré, montant de l'allocation forfaitaire).
**Erreur fréquente à éviter :** Confondre l'accord collectif de télétravail (cadre général) avec l'avenant individuel au contrat de travail (modalités spécifiques à chaque salarié). Les deux sont complémentaires : l'accord fixe les règles communes, l'avenant les traduit individuellement. Un accord collectif seul, sans avenant individuel, peut créer des difficultés en cas de litige sur les jours ou le lieu exact de télétravail.
Exigences juridiques pour Accord Collectif de Télétravail (Entreprise) France
L'encadrement légal et conventionnel du télétravail en France repose sur un corpus de textes hiérarchisés.
**Articles L1222-9 à L1222-11 du Code du travail :** Définition légale du télétravail, conditions de mise en place (accord ou charte), droits du salarié en télétravail (mêmes droits collectifs et individuels que les salariés en présentiel, accès aux activités sociales du CSE, maintien des droits à la formation, etc.), accidents du travail à domicile.
**ANI du 26 novembre 2020 :** Accord National Interprofessionnel signé par toutes les organisations patronales (MEDEF, CPME, U2P) et syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO) représentatives au niveau national. Définit les bonnes pratiques : volontariat et réversibilité, maintien du lien social, droit à la déconnexion, prise en charge des frais, prévention des risques psychosociaux liés à l'isolement. L'ANI n'a pas de force obligatoire directe mais est fortement opposable dans les contentieux prud'homaux.
**Loi n°2012-387 du 22 mars 2012 :** Introduction du télétravail dans le Code du travail (transposition de l'ANI du 19 juillet 2005 relatif au télétravail). Pose le principe du droit du salarié à demander le télétravail et l'obligation pour l'employeur de motiver tout refus.
**Ordonnances Macron n°2017-1387 du 22 septembre 2017 :** Simplifient les formalités de mise en place du télétravail : suppression de la nécessité d'un avenant au contrat de travail pour le télétravail occasionnel ; accord simple suffisant pour le télétravail régulier.
**Article L2242-17 Code du travail :** Obligation de négocier sur le droit à la déconnexion dans le cadre de la NAO sur la qualité de vie au travail (QVT), depuis la loi Travail du 8 août 2016. L'accord de télétravail peut intégrer ce volet.
**Circulaire URSSAF (mise à jour 2025) :** Définit le régime social de l'allocation forfaitaire de télétravail : 2,70 €/jour exonéré de cotisations sociales dans la limite de 59,40 €/mois. Au-delà, les remboursements de frais réels sont admis sur justificatifs conformément au Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale (BOSS).
**CNIL — Recommandations télétravail :** Toute surveillance à distance du salarié (keylogger, captures d'écran automatiques, géolocalisation, contrôle du temps de connexion) doit faire l'objet d'une information préalable des salariés et d'une déclaration/consultation du CSE, conformément aux articles 13-14 du RGPD et à l'article L1222-4 du Code du travail (obligation générale d'information des salariés sur les dispositifs de surveillance).
Erreurs courantes à éviter dans votre Accord Collectif de Télétravail (Entreprise) France
Les erreurs fréquentes dans la mise en place d'un accord collectif de télétravail en France exposent l'entreprise à des contentieux prud'homaux ou à la nullité de l'accord.
**Erreur 1 — Absence de prise en charge des frais :** Ne pas prévoir l'allocation forfaitaire URSSAF (2,70 €/jour en 2025) ni le remboursement des frais de connexion internet. La Cour de cassation a jugé que l'employeur est tenu de prendre en charge les frais engagés par le salarié dans le cadre du télétravail (Cass. soc. 25 février 2016, n°14-20.373). L'absence de prise en charge expose l'employeur au remboursement rétroactif sur 3 ans (prescription de l'action en rappel de salaire, art. L3245-1 Code du travail).
**Erreur 2 — Critères d'éligibilité discriminatoires :** Exclure du télétravail des salariés sur la base du sexe, de l'état de santé, du handicap, de l'âge ou de tout autre critère protégé par l'article L1132-1 du Code du travail. La Cour de cassation sanctionne le refus non motivé de télétravail pour une salariée enceinte ou un salarié en situation de handicap pouvant justifier médicalement du besoin de travailler à distance.
**Erreur 3 — Surveillance numérique excessive :** Installer des logiciels de monitoring permanent des salariés (keylogger, capture d'écran automatique toutes les 5 minutes, contrôle des sites visités) sans en informer préalablement les salariés et sans consulter le CSE. La CNIL sanctionne ces pratiques sous l'article 83 du RGPD (amendes jusqu'à 4% du CA mondial ou 20 M€). La Cour de cassation qualifie les preuves obtenues par ce biais d'illicites (Cass. soc. 8 décembre 2021, n°20-17.099).
**Erreur 4 — Oubli du droit à la déconnexion :** Ne pas définir les plages horaires de déconnexion, ce qui peut engager la responsabilité de l'employeur pour harcèlement moral ou violation de l'obligation de sécurité si des salariés développent des pathologies liées aux sollicitations permanentes hors temps de travail (burn-out, anxiété chronique — art. L4121-1 Code du travail, obligation de sécurité de l'employeur).
**Erreur 5 — Accord non déposé à la DREETS :** Oublier le dépôt sur la plateforme TéléAccords après signature. Un accord collectif non déposé ne peut pas entrer en vigueur (art. L2231-6 Code du travail). La DREETS dispose d'un délai de contrôle de 4 mois pour demander le retrait des clauses contraires aux lois en vigueur.
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Forms Legal. (2026). Accord Collectif de Télétravail (Entreprise) France (France) [Legal document template]. Forms Legal. https://forms-legal.com/fr/france/employment/hr-forms/accord-teletravail-collectif
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}Questions Fréquentes
L'accord collectif de télétravail est négocié et signé avec les organisations syndicales représentatives (ou ratifié par les 2/3 du personnel en l'absence de délégués syndicaux). Il a valeur d'accord collectif au sens du Code du travail et s'impose aux employeurs et salariés. La charte de télétravail est un document unilatéral établi par l'employeur après simple consultation du CSE — elle n'a pas la force d'un accord collectif et peut être modifiée unilatéralement par l'employeur. L'ANI du 26 novembre 2020 recommande la voie négociée (accord collectif) pour garantir une meilleure protection des salariés. En pratique, l'accord collectif est mieux accepté par les partenaires sociaux et réduit le risque de contentieux sur les modalités de mise en place.
Ni la loi ni l'ANI du 26 novembre 2020 ne fixent de plafond légal de jours de télétravail par semaine. Le plafond est librement déterminé dans l'accord collectif, en tenant compte des impératifs opérationnels et du maintien du lien social. L'ANI 2020 recommande de préserver suffisamment de temps en présentiel pour maintenir la cohésion des équipes. En pratique, les accords sectoriels prévoient généralement 2 à 3 jours par semaine pour les temps complets. Certains accords d'entreprise des grandes sociétés françaises (notamment dans les secteurs bancaire et technologique) prévoient jusqu'à 3 jours par semaine, voire des formules flexibles (10 jours par mois à prendre librement). Pour les télétravailleurs à 100%, un accord spécifique incluant des obligations de présence minimale (réunions d'équipe, entretiens annuels) est recommandé.
L'employeur est légalement tenu de prendre en charge les frais découlant directement du télétravail (art. L1222-9 Code du travail). En pratique, deux régimes coexistent en 2025 : 1° L'allocation forfaitaire URSSAF : 2,70 €/jour effectif de télétravail, plafonnée à 59,40 €/mois, exonérée de cotisations sociales salariales et patronales sans justificatif à fournir (circulaire URSSAF 2025, position BOSS). Ce forfait couvre les frais d'électricité, d'internet et d'occupation du domicile à usage professionnel. 2° Le remboursement des frais réels : pour les frais supérieurs au forfait (achat de mobilier ergonomique, abonnement internet professionnel dédié), l'employeur peut rembourser sur justificatifs dans les limites URSSAF. En tout état de cause, le remboursement à 50% de l'abonnement de transport en commun reste dû pour les jours de présence au bureau (art. L3261-2 Code du travail), mais n'est pas dû pour les jours de télétravail.
Oui, depuis la réforme introduite par la loi du 22 mars 2012 (art. L1222-9 Code du travail), un accident survenu sur le lieu habituel de télétravail pendant les horaires de travail convenus est présumé être un accident du travail, sauf preuve contraire (article L411-1 du Code de la sécurité sociale). La Cour de cassation a confirmé cette présomption dans un arrêt du 19 avril 2023 (Cass. 2ème civ. 19 avril 2023, n°21-16.166). L'employeur doit déclarer l'accident à la CPAM dans les 48 heures suivant le moment où il en a eu connaissance (via le formulaire CERFA 14463). Le défaut de déclaration expose l'employeur à une amende de 750 € (contravention 4ème classe). La CPAM instruit ensuite le caractère professionnel de l'accident selon le droit commun.
L'ANI du 26 novembre 2020 pose le principe du double volontariat : le salarié ne peut être contraint au télétravail sans son accord (sauf situations exceptionnelles permettant le télétravail contraint — art. L1222-11 Code du travail : épidémie, pic de pollution). En sens inverse, si l'accord collectif prévoit des jours de télétravail à la demande du salarié, l'employeur ne peut refuser qu'en motivant ce refus par des raisons objectives liées aux nécessités de service. Pour les accords prévoyant un télétravail obligatoire (jours fixes imposés par l'employeur pour des raisons organisationnelles), la modification peut constituer un changement des conditions de travail — licite si l'accord collectif et le contrat de travail le prévoient — ou une modification du contrat de travail nécessitant l'accord du salarié. La Cour de cassation distingue les deux selon l'ancienneté de la pratique et l'impact sur le salarié.
Le dépôt d'un accord collectif de télétravail à la DREETS est obligatoire pour son entrée en vigueur (art. L2231-5-1 et L2231-6 Code du travail). La procédure est entièrement dématérialisée depuis le 1er septembre 2017 via la plateforme TéléAccords (teleaccords.travail-emploi.gouv.fr), gérée par le Ministère du Travail. Les documents à déposer sont : 1° la version intégrale signée par toutes les parties (employeur + syndicats signataires) au format PDF ; 2° une version rendue anonyme (suppression des noms et prénoms des négociateurs et signataires) pour publication automatique au Journal officiel (Légifrance) — cette version anonymisée est rendue publique dans les 3 mois suivant le dépôt. Un exemplaire papier doit également être remis au greffe du Conseil de prud'hommes compétent (art. L2231-6 al. 2). L'accord entre en vigueur à la date de son dépôt à la DREETS.
Oui, l'accord collectif de télétravail s'applique à tous les salariés de l'entreprise entrant dans son champ d'application, y compris les salariés en CDD, les travailleurs intérimaires mis à disposition (sous réserve des règles spécifiques de l'intérim), et les apprentis ou alternants (sous réserve de la compatibilité avec les obligations de formation). L'article L1222-9 du Code du travail ne limite pas le droit au télétravail aux seuls CDI. En revanche, des critères d'éligibilité légitimes liés à l'ancienneté dans le poste ou à la nature des missions peuvent conduire à exclure certains CDD de courte durée, à condition que ces critères soient objectifs, non discriminatoires et prévus dans l'accord collectif lui-même. Une exclusion des CDD de moins de 3 mois a par exemple été jugée proportionnée par la cour d'appel de Lyon (CA Lyon 12 mai 2022).
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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