Demande de Mesure de Protection Juridique (Curatelle/Tutelle)
Articles 425 à 494-12 du Code civil ; Loi n°2007-308 du 5 mars 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs ; décret n°2008-1440 du 22 décembre 2008 relatif à la procédure en matière de protection juridique des majeurs
[Requérant Nom]
Né(e) le : [Requérant Date Naissance]
Demeurant : [Requérant Adresse]
Qualité : [Requérant Qualité]
À Madame/Monsieur le Juge des tutelles
Tribunal judiciaire compétent
Fait à [Lieu Dépôt], le [Date Dépôt]
REQUÊTE AUX FINS D'OUVERTURE D'UNE MESURE DE PROTECTION JURIDIQUE
(Articles 430 à 432 du Code civil — Loi n°2007-308 du 5 mars 2007 — Décret n°2008-1440 du 22 décembre 2008)
I — Identité de la Personne à Protéger
I — IDENTITÉ DE LA PERSONNE À PROTÉGER
Nom et prénoms : [Personne Nom]
Date de naissance : [Personne Date Naissance]
Adresse de résidence habituelle : [Personne Adresse]
Situation familiale et sociale : [Personne Situation]
II — Exposé des Faits et Nécessité de la Protection
II — EXPOSÉ DE L'ALTÉRATION DES FACULTÉS ET DE LA NÉCESSITÉ DE PROTECTION
En application de l'article 425 du Code civil, l'altération des facultés mentales et/ou corporelles de la personne à protéger est la suivante :
Nature et origine de l'altération : [Nature Alteration]
Conséquences concrètes sur la gestion des affaires et des intérêts : [Conséquences Concretes]
Insuffisance des mécanismes alternatifs (art. 428 Cc — principe de subsidiarité) : [Mecanismes Insuffisants]
Un certificat médical circonstancié établi par un médecin inscrit sur la liste du Procureur de la République du Tribunal judiciaire compétent, attestant l'altération des facultés de la personne à protéger, est joint à la présente requête sous pli confidentiel conformément à l'article 431 du Code civil.
III — Mesure Sollicitée
III — MESURE DE PROTECTION SOLLICITÉE
Le requérant sollicite l'ouverture de la mesure suivante : [Type Mesure]
Justification : [Justification Mesure]
IV — Protecteur Proposé
IV — PROTECTEUR PROPOSÉ
Curateur ou tuteur proposé : [Protecteur Nom]
Subrogé curateur ou subrogé tuteur proposé : [Subrogé Nom]
L'accord du protecteur proposé est joint à la présente requête.
V — Situation Patrimoniale
V — SITUATION PATRIMONIALE ET REVENUS DE LA PERSONNE À PROTÉGER
Patrimoine sommaire : [Patrimoine Sommaire]
Revenus réguliers : [Revenus Réguliers]
PAR CES MOTIFS
Le requérant demande respectueusement au juge des tutelles de bien vouloir :
— Constater l'altération des facultés mentales et/ou corporelles de [Personne Nom] empêchant celle-ci de pourvoir seule à ses intérêts, conformément à l'article 425 du Code civil ;
— Prononcer l'ouverture de la mesure de protection juridique de type [Type Mesure] au bénéfice de [Personne Nom] ;
— Désigner [Protecteur Nom] en qualité de curateur/tuteur avec les pouvoirs correspondant à la mesure prononcée ;
— Statuer ce que de droit sur toutes demandes accessoires.
Sous toutes réserves.
Fait à [Lieu Dépôt], le [Date Dépôt]
Signature : _________________________
[Requérant Nom], [Requérant Qualité]
Pièces jointes : 1) Certificat médical circonstancié sous pli confidentiel (médecin de la liste du Procureur de la République) — 2) Copie de la pièce d'identité du requérant — 3) Copie de la pièce d'identité de la personne à protéger — 4) Justificatif de la qualité du requérant — 5) Accord écrit du protecteur proposé.
Requérant
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Demande de Mesure de Protection Juridique (Curatelle/Tutelle) ?
La Demande de Mesure de Protection Juridique (Curatelle/Tutelle) est, en droit français, une requête adressée au juge des tutelles du Tribunal judiciaire pour l'ouverture d'une mesure de protection juridique (sauvegarde de justice, curatelle simple, curatelle renforcée ou tutelle). Il est régi par Code civil art. 425 à 494-12.
La demande de mesure de protection juridique en France s'inscrit dans un dispositif gradué de quatre mesures calibrées selon le degré d'altération des facultés de la personne à protéger. La sauvegarde de justice (articles 433 à 439 du Code civil) constitue la mesure la plus légère : elle préserve la capacité juridique du majeur mais lui permet de demander la rescision pour lésion des actes conclus pendant la mesure. La curatelle simple (articles 440 à 459 du Code civil) est adaptée aux personnes qui ont besoin d'être assistées dans les actes les plus importants sans pour autant être représentées : le curateur assiste mais ne se substitue pas. La curatelle renforcée (article 472 du Code civil) permet au juge d'élargir les pouvoirs du curateur jusqu'à lui confier la gestion des revenus et dépenses. La tutelle (articles 440 et 492 à 507 du Code civil) est la mesure la plus contraignante, réservée aux situations de dépendance totale : le tuteur représente le majeur pour tous les actes de la vie civile.
La demande de mesure de protection juridique en France peut être présentée par un nombre limité de requérants définis à l'article 430 du Code civil : la personne à protéger elle-même, son conjoint ou son partenaire lié par un PACS à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé, son concubin, tout parent par le sang ou allié, toute personne entretenant avec le majeur des liens étroits et stables, la personne qui exerce une mesure de protection juridique à l'égard du majeur, et le Procureur de la République soit d'office soit sur signalement d'un tiers.
Le certificat médical circonstancié constitue la pièce maîtresse de toute requête. L'article 431 du Code civil exige un certificat rédigé par un médecin inscrit sur la liste établie par le Procureur de la République du Tribunal judiciaire compétent. Ce médecin, dit agréé, atteste l'altération des facultés du majeur, précise la nature et la gravité du trouble, et se prononce sur l'aptitude de la personne à être auditionnée par le juge. Le certificat engage la responsabilité personnelle du médecin agréé. Aucune requête n'est recevable sans ce certificat.
Le juge des tutelles, magistrat spécialisé du Tribunal judiciaire en application de l'article L213-3 du Code de l'organisation judiciaire, instruit la demande selon une procédure contradictoire non publique. L'audition de la personne à protéger est obligatoire sauf impossibilité médicalement constatée (article 432 du Code civil) ; le juge peut désigner un mandataire spécial pour représenter le majeur lors de l'audience. La décision du juge ouvre la mesure, désigne le ou les protecteurs (curateur ou tuteur, avec un subrogé curateur ou subrogé tuteur de contrôle), et fixe les pouvoirs du protecteur. La mesure est révisée au minimum tous les cinq ans pour vérifier si le maintien est justifié (article 442 du Code civil). Voir aussi le mandat de protection future et la demande de tutelle ou délégation d'autorité parentale pour les mineurs.
Quand avez-vous besoin d'un Demande de Mesure de Protection Juridique (Curatelle/Tutelle) ?
La demande de mesure de protection juridique en France s'impose dans plusieurs situations caractérisées par l'altération des facultés mentales ou corporelles d'un majeur au point qu'il ne peut plus pourvoir seul à ses intérêts, conformément au critère de l'article 425 du Code civil.
La détérioration cognitive progressive liée à la maladie d'Alzheimer ou à d'autres démences neurodégénératives justifie en première ligne l'ouverture d'une curatelle renforcée ou d'une tutelle. Un retraité de 78 ans diagnostiqué en stade modéré de maladie d'Alzheimer multiplie les actes risqués (virements bancaires vers des inconnus, achats impulsifs, refus de régler les charges de copropriété) sans que sa famille puisse intervenir légalement en l'absence de mesure. La requête présentée par le conjoint ou les enfants au juge des tutelles du Tribunal judiciaire du lieu de résidence du majeur, accompagnée du certificat médical circonstancié rédigé par un médecin agréé inscrit sur la liste du Procureur de la République, déclenche la procédure d'ouverture.
Les troubles psychiatriques sévères (schizophrénie résistante, trouble bipolaire de type I avec passages à l'acte, addiction grave associée à des troubles cognitifs) nécessitent une mesure lorsque la personne présente une vulnérabilité économique grave : endettement accumulé, contrats onéreux conclus en état maniaque, exploitation par des tiers. La curatelle renforcée permet au curateur de gérer les revenus (pension invalidité versée par la CPAM, AAH versée par la CAF) et de régler directement les dépenses prioritaires.
L'accident vasculaire cérébral (AVC) ou le traumatisme crânien grave laissant des séquelles cognitives permanentes justifie l'ouverture urgente d'une sauvegarde de justice par déclaration du médecin traitant au Procureur de la République (article 434 du Code civil), dans l'attente d'une curatelle ou tutelle définitive. La sauvegarde de justice protège immédiatement la personne en lui permettant de demander la rescision des actes lésionnaires conclus après sa mise en place.
Les personnes handicapées mentales majeurs qui ne bénéficient d'aucune mesure de protection au moment de leur passage à la majorité (18 ans) nécessitent qu'une requête soit présentée avant le 21e anniversaire pour éviter toute rupture de protection. Le service médico-social qui accompagne le jeune adulte, les parents ou le Procureur de la République peuvent saisir le juge des tutelles. La mesure de tutelle est souvent la plus adaptée pour les personnes en situation de handicap mental profond ; elle est combinée avec la délégation d'autorité parentale si les parents exercent toujours un rôle de facto.
Les personnes âgées victimes d'emprise ou d'abus de faiblesse (article 223-15-2 du Code pénal) par des tiers malveillants — proches, voisins, démarcheurs — nécessitent une protection judiciaire urgente. Le signalement peut émaner du médecin traitant, du notaire qui refuse de recevoir un acte douteux, de l'assistant de service social du Conseil départemental, ou du Procureur de la République agissant d'office sur information du Préfet ou d'un service d'urgence. La mesure de protection permet au curateur ou tuteur de sécuriser le patrimoine et de mettre fin aux relations d'emprise.
Le retour d'un séjour prolongé en unité psychiatrique sans structure familiale de soutien impose souvent une mesure de protection pour assurer la continuité de la gestion des prestations sociales (ARE versée par France Travail, RSA versé par la Caisse d'Allocations Familiales - CAF, AAH versée par la CAF) et du logement. La tutelle ou la curatelle renforcée confiée à une association tutélaire agréée par le Préfet en application de l'article L 472-1 du Code de l'action sociale et des familles assure cette continuité.
Les proches qui constatent que le majeur vulnérable est exploité par un tiers (faux prestataires, sectes, arnaques par démarchage téléphonique ciblant les personnes seules) peuvent saisir directement le Procureur de la République par lettre recommandée avec accusé de réception exposant les faits ; le Procureur peut alors présenter la requête au juge des tutelles sans que la famille soit nominativement requérante, préservant ainsi les relations familiales.
Que faut-il inclure dans votre Demande de Mesure de Protection Juridique (Curatelle/Tutelle) ?
La demande de mesure de protection juridique en France doit contenir l'ensemble des éléments requis par les articles 430 à 432 du Code civil et le décret n°2008-1440 du 22 décembre 2008 relatif à la procédure en matière de protection juridique des majeurs, pour être recevable par le greffe du Tribunal judiciaire et instruit favorablement par le juge des tutelles.
Identité et qualité du requérant. Nom, prénoms, date et lieu de naissance, adresse, qualité au regard de l'article 430 du Code civil (conjoint, partenaire de PACS, concubin, parent ou allié, personne entretenant des liens étroits et stables, protecteur en exercice) et signature manuscrite. Si le requérant est la personne à protéger elle-même, ce seul fait est précisé et aucune qualité particulière n'est requise. Si le Procureur de la République présente la requête, celle-ci est adressée directement au juge sur papier du Parquet.
Identité complète de la personne à protéger. Nom, prénoms, date et lieu de naissance, nationalité, adresse de résidence habituelle, situation familiale (célibataire, marié, pacsé, divorcé, veuf), existence d'enfants mineurs ou majeurs, numéro de Sécurité sociale (NIR INSEE) pour faciliter les liaisons administratives avec la CPAM, la CAF, France Travail et les caisses de retraite (CNAV, AGIRC-ARRCO).
Description précise de l'altération des facultés et des circonstances. Exposé factuel et chronologique de l'altération des facultés mentales ou corporelles du majeur : nature du trouble (maladie d'Alzheimer, schizophrénie, séquelles d'AVC, handicap mental congénital), date d'apparition des premiers symptômes, évolution constatée, conséquences concrètes sur la gestion des affaires courantes (impayés de loyer, dettes accumulées, actes juridiques risqués, incapacité à gérer les comptes bancaires). L'exposé doit démontrer que l'altération empêche le majeur de pourvoir seul à ses intérêts au sens de l'article 425 du Code civil.
Le certificat médical circonstancié. Pièce obligatoire en application de l'article 431 du Code civil, rédigée par un médecin inscrit sur la liste établie par le Procureur de la République du Tribunal judiciaire compétent. Le certificat est joint à la requête sous pli confidentiel adressé directement au juge des tutelles. Le médecin agréé atteste la nature et la gravité de l'altération, se prononce sur l'aptitude de la personne à être auditionnée, indique si l'audition est de nature à nuire à sa santé, et précise les actes pour lesquels l'assistance ou la représentation est nécessaire. Le certificat ne peut pas être établi par le médecin traitant du majeur (article 431 alinéa 2).
Nature de la mesure demandée et proposition de protecteur. Indication précise de la mesure souhaitée (sauvegarde de justice, curatelle simple, curatelle renforcée, tutelle) avec justification au regard du degré d'altération des facultés. Proposition de la personne désignée comme curateur ou tuteur (avec son accord exprès joint à la requête), de préférence un proche capable et disponible, ou à défaut un mandataire judiciaire à la protection des majeurs (MJPM) professionnel inscrit sur la liste préfectorale en application de l'article L 472-1 du Code de l'action sociale et des familles. Proposition d'un subrogé curateur ou subrogé tuteur chargé du contrôle et de la substitution en cas de conflit d'intérêts.
Description synthétique du patrimoine. Inventaire sommaire du patrimoine du majeur : biens immobiliers (adresses, valeurs estimées, titres de propriété), comptes bancaires (établissements, numéros d'IBAN), placements et assurances-vie (assureurs, valeurs de rachat), parts de société, revenus réguliers (pension de retraite CNAV et AGIRC-ARRCO, revenus locatifs, revenus mobiliers), dettes et engagements en cours. Cette description permet au juge et au protecteur désigné d'adapter les pouvoirs à la réalité patrimoniale.
Régime matrimonial et situation familiale détaillée. Précisions sur le régime matrimonial applicable (communauté réduite aux acquêts par défaut, séparation de biens, communauté universelle) et ses implications pratiques pour la gestion des biens communs et propres. Composition du cercle familial proche (conjoint, enfants, frères et sœurs) pour permettre au juge d'apprécier l'environnement familial et les risques de conflits d'intérêts.
Le modèle de demande de mesure de protection juridique proposé par forms-legal.com couvre les neuf rubriques obligatoires de la requête et s'adapte aux quatre types de mesures prévues par les articles 433 à 494-12 du Code civil, permettant au requérant de préparer un dossier complet avant la consultation d'un avocat ou la remise au greffe.
Demandes accessoires. La requête peut comporter des demandes accessoires : désignation immédiate d'un mandataire spécial pour les actes urgents dans l'attente de l'audience (article 437 du Code civil), demande de convocation prioritaire en cas de danger imminent pour les biens ou la personne du majeur, autorisation de procéder à un inventaire du patrimoine, demande d'audition de témoins. Ces demandes accessoires sont formulées dans la partie finale de la requête avec motivation précise.
Comment remplir votre Demande de Mesure de Protection Juridique (Curatelle/Tutelle)
Remplir une demande de mesure de protection juridique en France nécessite une préparation rigoureuse du dossier avant le dépôt au greffe du Tribunal judiciaire. Les étapes ci-dessous guident le requérant à travers chaque section de la requête.
Étape 1 — Identifier le Tribunal judiciaire compétent. La compétence territoriale du juge des tutelles est fixée par l'article 1211 du Code de procédure civile : c'est le Tribunal judiciaire du lieu de résidence habituelle de la personne à protéger. Pour une personne hospitalisée ou en établissement, la résidence habituelle reste l'adresse du domicile déclaré avant l'hospitalisation, sauf si le séjour est définitif. Vérifiez l'adresse du Tribunal judiciaire compétent sur le site service-public.fr à la rubrique Annuaire des services publics. Adressez la requête par lettre recommandée avec accusé de réception à Monsieur/Madame le Juge des tutelles du Tribunal judiciaire de [ville].
Étape 2 — Rassembler les pièces justificatives. Avant de rédiger la requête, réunissez : la copie de la carte nationale d'identité ou du passeport de la personne à protéger ; votre propre pièce d'identité et justificatif de domicile ; l'acte de naissance de la personne à protéger (extrait plurilingue ou extrait intégral) délivré par la mairie du lieu de naissance ou le Service Central d'État Civil (SCEC) de Nantes pour les nés à l'étranger ; les documents prouvant votre qualité de requérant (livret de famille pour un parent, certificat de PACS délivré par la mairie pour un partenaire, attestation sur l'honneur pour un proche entretenant des liens étroits) ; le certificat médical circonstancié établi par un médecin agréé de la liste du Procureur de la République (sous pli confidentiel joint séparément).
Étape 3 — Rédiger l'en-tête et l'identité du requérant. En haut à gauche : Nom et prénoms ; Date et lieu de naissance (JJ/MM/AAAA, commune et département) ; Adresse complète ; Qualité au regard de l'article 430 du Code civil. En haut à droite : À Monsieur/Madame le Juge des tutelles du Tribunal judiciaire de [ville]. Date : le [JJ mois AAAA]. Objet : Requête aux fins d'ouverture d'une mesure de protection juridique.
Étape 4 — Exposer les faits et l'altération des facultés. Rédigez un exposé factuel chronologique : âge de la personne à protéger, type de trouble constaté, date d'apparition des premiers signes, événements ayant révélé la nécessité d'une protection (actes bancaires dangereux, escroqueries subies, incapacité à gérer le quotidien, refus de soins). Évitez les termes médico-légaux non maîtrisés ; décrivez des faits concrets observés. Mentionnez les diagnostics médicaux connus en renvoyant au certificat médical joint.
Étape 5 — Indiquer la nature de la mesure demandée. Précisez la mesure souhaitée parmi les quatre options : sauvegarde de justice (mesure légère, urgente, provisoire), curatelle simple (assistance pour les actes importants), curatelle renforcée (gestion des revenus et dépenses), tutelle (représentation totale). Justifiez votre demande au regard du degré d'altération des facultés décrit dans le certificat médical circonstancié.
Étape 6 — Proposer le protecteur. Indiquez le nom, prénoms, date de naissance, adresse et qualité de la personne proposée comme curateur ou tuteur. Joignez son accord écrit signé. Si vous n'avez pas de proche disponible et capable, indiquez que vous demandez la désignation d'un mandataire judiciaire à la protection des majeurs (MJPM) inscrit sur la liste préfectorale de [département]. Proposez également un subrogé curateur ou subrogé tuteur pour le contrôle.
Étape 7 — Décrire le patrimoine sommaire. Listez les biens immobiliers (adresses et valeurs approximatives), les comptes bancaires (établissements et numéros IBAN si connus), les placements et assurances-vie, les revenus réguliers (montants et organismes payeurs), et les dettes connues. Cette description aide le juge à calibrer l'étendue des pouvoirs du protecteur.
Étape 8 — Formuler les demandes accessoires si besoin. Si la situation est urgente, demandez expressément la désignation d'un mandataire spécial pour les actes urgents dans l'attente de l'audience (article 437 du Code civil) ou la fixation d'une audience dans les meilleurs délais. Si des conflits familiaux sont prévisibles, indiquez le nom des personnes devant être convoquées par le juge.
Étape 9 — Signer et déposer la requête. Signez la requête de votre propre main. Adressez le dossier complet au greffe civil du Tribunal judiciaire compétent par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) ou déposez-le directement au guichet du greffe civil. Le greffe enregistre la requête, l'enrôle et vous adresse une convocation à l'audience devant le juge des tutelles. Le délai moyen entre le dépôt et l'audience est de quatre à huit semaines selon la juridiction. La procédure est en principe gratuite sauf recours à un avocat (non obligatoire mais recommandé pour les situations complexes).
Exigences juridiques pour Demande de Mesure de Protection Juridique (Curatelle/Tutelle)
La demande de mesure de protection juridique en France est encadrée par les articles 425 à 494-12 du Code civil et par les décrets n°2008-1440 et n°2008-1484 du 22 décembre 2008. Le non-respect des exigences procédurales peut entraîner l'irrecevabilité de la requête ou le rejet de la demande.
Certificat médical circonstancié obligatoire. L'article 431 du Code civil impose la production d'un certificat médical circonstancié rédigé par un médecin inscrit sur la liste établie par le Procureur de la République du Tribunal judiciaire compétent. Le médecin dit agréé est distinct du médecin traitant du majeur (interdiction absolue à l'alinéa 2 de l'article 431). Le certificat est adressé sous pli confidentiel directement au juge des tutelles ; il ne figure pas dans le dossier remis au requérant. Le coût du certificat médical agréé est de 160,00 € environ en 2026 (tarif pratiqué par la majorité des médecins agréés de la liste préfectorale) et n'est pas remboursé par l'Assurance Maladie.
Qualité du requérant limitativement définie. L'article 430 du Code civil dresse la liste exhaustive des personnes habilitées à saisir le juge des tutelles. Toute requête présentée par une personne n'y figurant pas est irrecevable. Un créancier, un voisin ou un employeur ne peut pas saisir directement le juge ; il doit signaler la situation au Procureur de la République qui appréciera l'opportunité de présenter une requête d'office.
Audition obligatoire de la personne à protéger. L'article 432 du Code civil impose l'audition de la personne à protéger par le juge des tutelles, sauf si un avis médical atteste que cette audition serait de nature à nuire à sa santé ou s'il est impossible de l'entendre (hospitalisation en service fermé, absence de communication verbale). En cas d'impossibilité médicalement constatée, le juge peut désigner un mandataire spécial pour représenter le majeur lors de l'audience. La violation du droit à l'audition constitue une cause de nullité de la décision d'ouverture.
Principe de subsidiarité. L'article 428 du Code civil consacre le principe de subsidiarité des mesures de protection judiciaire : le juge ne peut ouvrir une mesure que si la protection ne peut être assurée par l'application des règles de droit commun de représentation (procuration, régime primaire des époux de l'article 217 du Code civil), par les stipulations d'un mandat de protection future activable, ou par les mesures de protection moins restrictives déjà en place. Le requérant doit donc exposer pourquoi les mécanismes moins contraignants sont insuffisants.
Révision quinquennale obligatoire. L'article 442 du Code civil impose la révision de toute mesure de protection au moins tous les cinq ans. Le juge apprécie si les conditions du maintien, de l'allégement (curatelle au lieu de tutelle) ou de la mainlevée de la mesure sont réunies. La négligence du curateur ou tuteur à provoquer la révision est sanctionnable.
Responsabilité du curateur ou tuteur. Le curateur ou tuteur répond des fautes commises dans sa gestion conformément aux articles 1991 à 1993 du Code civil. En cas d'abus, d'omission, de faute grave, le juge des tutelles peut le révoquer à la demande de tout intéressé ou du Procureur de la République (article 444 du Code civil). Le curateur ou tuteur qui détourne des biens engage sa responsabilité pénale pour abus de confiance (article 314-1 du Code pénal : 5 ans + 375 000 € d'amende) ou abus de faiblesse (article 223-15-2 du Code pénal : 3 ans + 375 000 € d'amende).
Erreurs courantes à éviter dans votre Demande de Mesure de Protection Juridique (Curatelle/Tutelle)
La demande de mesure de protection juridique en France donne lieu à des erreurs fréquentes qui peuvent retarder l'ouverture de la protection ou entraîner le rejet de la requête par le greffe ou le juge des tutelles.
Erreur 1 — Omettre le certificat médical circonstancié ou le faire établir par un médecin non agréé. Le certificat médical circonstancié rédigé par un médecin non inscrit sur la liste du Procureur de la République est irrecevable en application de l'article 431 alinéa 1 du Code civil. Le greffe du Tribunal judiciaire refuse systématiquement les requêtes sans ce certificat ou avec un certificat d'un médecin traitant. La liste des médecins agréés est consultable auprès du greffe civil du Tribunal judiciaire compétent ou sur le site du Conseil départemental de l'Ordre des médecins.
Erreur 2 — Saisir un tribunal incompétent. La compétence territoriale est strictement définie par l'article 1211 du Code de procédure civile : c'est le Tribunal judiciaire du lieu de résidence habituelle de la personne à protéger. Saisir le tribunal du lieu de résidence du requérant ou du tribunal du lieu d'hospitalisation entraîne une ordonnance d'incompétence et un renvoi au tribunal compétent, avec perte de plusieurs semaines.
Erreur 3 — Demander une mesure disproportionnée au regard du degré d'altération des facultés. Le principe de subsidiarité et de proportionnalité de l'article 428 du Code civil impose de demander la mesure la moins contraignante adaptée à la situation. Demander une tutelle pour une personne qui n'a besoin que d'assistance pour les actes importants (curatelle simple) ou renforcée porte atteinte aux droits fondamentaux du majeur et expose la requête à un rejet ou à une réduction de la mesure par le juge.
Erreur 4 — Proposer un protecteur en situation de conflit d'intérêts. Proposer comme curateur ou tuteur une personne qui a des intérêts économiques divergents de ceux du majeur (héritier pressé, créancier personnel du majeur, colocataire bénéficiaire d'un avantage patrimonial) expose à un rejet de la proposition par le juge ou à une révocation ultérieure pour faute. Le juge examine systématiquement les liens d'intérêts entre le protecteur proposé et la personne à protéger.
Erreur 5 — Ne pas indiquer la situation patrimoniale. L'absence de description patrimoniale prive le juge des éléments nécessaires pour calibrer les pouvoirs du protecteur. Une curatelle sans précision patrimoniale peut conduire à un protecteur aux pouvoirs insuffisants pour protéger efficacement le patrimoine du majeur contre des tiers malveillants.
Erreur 6 — Ignorer les droits procéduraux du majeur. Le majeur à protéger dispose de droits procéduraux fondamentaux : droit à l'information sur la procédure, droit d'être entendu par le juge (article 432 du Code civil), droit d'être assisté par un avocat (aide juridictionnelle possible sous conditions de ressources). Méconnaître ces droits au stade de la requête peut conduire le juge à constater une irrégularité et à rouvrir l'instruction de la demande.
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La curatelle et la tutelle sont deux mesures judiciaires de protection des majeurs en France qui diffèrent fondamentalement dans leur degré d'intervention sur la capacité juridique du majeur protégé. La curatelle simple (articles 440 à 459 du Code civil) est adaptée aux personnes qui ont besoin d'être assistées dans les actes les plus importants de la vie civile sans pour autant être représentées. Le majeur en curatelle conserve sa capacité juridique pour les actes courants (actes d'administration) mais doit être assisté par le curateur pour les actes de disposition importants (vente immobilière, donation, emprunt). Le curateur cosigne ces actes sans se substituer au majeur. La curatelle renforcée (article 472 du Code civil) permet au juge d'élargir les pouvoirs du curateur jusqu'à lui confier la gestion des revenus et dépenses du majeur. La tutelle (articles 440 et 492 à 507 du Code civil) est la mesure la plus contraignante : le tuteur représente le majeur pour tous les actes de la vie civile. Le majeur sous tutelle perd l'essentiel de sa capacité juridique ; ses actes personnels sont soit accomplis par le tuteur en son nom, soit soumis à l'autorisation du juge des tutelles du Tribunal judiciaire pour les actes importants. La tutelle est réservée aux situations de dépendance totale où le majeur ne peut plus du tout exprimer sa volonté. Le juge des tutelles prononce la mesure proportionnée au degré d'altération des facultés constaté par le médecin agréé, conformément au principe de subsidiarité et de proportionnalité de l'article 428 du Code civil.
L'article 430 du Code civil définit limitativement les personnes habilitées à saisir le juge des tutelles en vue de l'ouverture d'une mesure de protection juridique en France. La liste comprend : la personne à protéger elle-même (même si sa capacité est altérée) ; son conjoint ou son partenaire lié par un PACS à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé (séparation de fait non soumise à conditions) ; son concubin ; tout parent par le sang ou allié (enfant, parent, frère, sœur, grand-parent, oncle, tante, neveu, nièce, conjoint d'un parent) ; toute personne entretenant avec le majeur des liens étroits et stables (ami proche, voisin bienveillant, bénevole d'une association d'aide aux personnes vulnérables) ; la personne qui exerce déjà une mesure de protection juridique à l'égard du majeur (curateur d'une mesure existante souhaitant évoluer vers une tutelle) ; le Procureur de la République agissant soit d'office soit sur signalement d'un tiers non habilité à saisir directement le juge. Tout tiers ne figurant pas dans cette liste (voisin sans lien affectif établi, créancier, employeur, administration) peut signaler la situation au Procureur de la République par courrier recommandé exposant les faits. Le Procureur apprécie l'opportunité de présenter la requête d'office. Une requête présentée par une personne n'ayant pas qualité au sens de l'article 430 est déclarée irrecevable par le juge sans examen au fond.
La durée de la procédure d'ouverture d'une mesure de protection juridique en France varie selon la juridiction, la complexité du dossier et l'urgence de la situation. Dans le cas standard (dossier complet déposé au greffe, certificat médical agréé joint, audience fixée sans urgence), le délai entre le dépôt de la requête au greffe du Tribunal judiciaire et la décision du juge des tutelles est généralement de six à douze semaines. Le greffe enregistre la requête et fixe une date d'audience en matière de protection des majeurs (chambre du Tribunal judiciaire dédiée aux affaires familiales et de personnes). Le juge convoque le requérant, la personne à protéger et toute autre personne dont il estime l'audition utile (membres de la famille, médecin traitant, assistant de service social). L'audience est non publique pour préserver la dignité et la vie privée du majeur. En cas d'urgence (danger imminent pour les biens ou la personne du majeur), le juge peut, en application de l'article 437 du Code civil, désigner d'office et immédiatement un mandataire spécial pour les actes urgents sans attendre l'audience principale. La décision du juge des tutelles est susceptible d'appel devant la Cour d'appel compétente dans un délai de quinze jours en application des articles 1233 et suivants du Code de procédure civile. L'appel a un effet suspensif pour les seules mesures de tutelle mais pas pour les mesures de sauvegarde de justice ou de curatelle.
Non. L'article 431 alinéa 2 du Code civil interdit expressément au médecin traitant du majeur à protéger de rédiger le certificat médical circonstancié requis pour la demande de mesure de protection juridique. Cette interdiction vise à garantir l'objectivité du certificat et à éviter que le médecin traitant ne soit influencé par sa relation thérapeutique avec le patient ou ne soit exposé à des pressions familiales. Le certificat médical circonstancié doit être rédigé par un médecin inscrit sur la liste établie par le Procureur de la République du Tribunal judiciaire territorialement compétent. Cette liste, dite liste des médecins agréés ou liste du Procureur, est consultable auprès du greffe civil du Tribunal judiciaire ou du Conseil départemental de l'Ordre des médecins du département de résidence du majeur. Le médecin agréé qui rédige le certificat ne peut pas non plus être le médecin de l'établissement d'hébergement ou de soins dans lequel le majeur réside. Le coût de la consultation avec le médecin agréé est généralement de 160,00 € à 200,00 € en 2026, à la charge du requérant ; il n'est pas pris en charge par l'Assurance Maladie (Caisse Primaire d'Assurance Maladie - CPAM) sauf dans les cas très précis de faibles ressources éligibles à l'aide juridictionnelle. Le médecin traitant peut en revanche orienter vers un médecin de la liste et fournir les antécédents médicaux au médecin agréé.
La mainlevée d'une mesure de protection juridique en France est possible lorsque les conditions qui ont justifié son ouverture ont cessé, en application de l'article 443 du Code civil. La demande de mainlevée peut être présentée au juge des tutelles par les mêmes personnes habilitées à demander l'ouverture (article 430 du Code civil), y compris la personne protégée elle-même, à tout moment et non plus seulement lors de la révision quinquennale. Le juge peut prononcer la mainlevée totale (fin de la mesure), la conversion vers une mesure moins contraignante (tutelle convertie en curatelle renforcée puis en curatelle simple en cas d'amélioration progressive), ou le renouvellement avec maintien ou réduction des pouvoirs du protecteur. Un nouveau certificat médical circonstancié rédigé par un médecin agréé de la liste du Procureur de la République est en principe nécessaire pour toute demande de modification ou de mainlevée. Pour les personnes dont l'état s'est amélioré durablement (rémission psychiatrique stable, récupération après traumatisme crânien), la mainlevée permet de rétablir une pleine capacité juridique. La révision quinquennale obligatoire prévue par l'article 442 du Code civil impose au juge de réexaminer d'office si les conditions du maintien, de l'allégement ou de la mainlevée de la mesure sont réunies à l'issue de chaque période de cinq ans, ce qui constitue une garantie fondamentale contre les mesures devenues injustifiées.
La représentation par un avocat n'est pas obligatoire pour présenter une requête en ouverture d'une mesure de protection juridique devant le juge des tutelles du Tribunal judiciaire en France. La procédure est conçue comme accessible aux personnes sans formation juridique : le greffe du Tribunal judiciaire (Service d'Accueil Unique du Justiciable - SAUJ) peut remettre un formulaire type CERFA de requête et orienter le requérant. La procédure est en principe gratuite (pas de droits de greffe pour les procédures en matière de protection des majeurs). Cependant, le recours à un avocat inscrit au Barreau compétent est fortement recommandé dans les situations complexes : patrimoines importants, conflits familiaux avec des contestataires potentiels, mesures combinées (tutelle d'un majeur et délégation d'autorité parentale pour ses enfants mineurs), recours contre une décision du juge des tutelles devant la Cour d'appel. L'aide juridictionnelle (AJ) peut prendre en charge totalement ou partiellement les honoraires d'avocat sous conditions de ressources fixées par le Bureau d'Aide Juridictionnelle (BAJ) du Tribunal judiciaire compétent (plafond de ressources 2026 : environ 1 211,00 €/mois pour l'AJ totale, 1 816,00 €/mois pour l'AJ partielle, données susceptibles d'actualisation). Pour les conflits entre plusieurs membres de la famille sur le choix du protecteur ou l'étendue des pouvoirs, la représentation par avocat peut éviter des tensions directes à l'audience devant le juge.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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