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Pacte Tontinier (Convention de Survie)

Pacte Tontinier (Convention de Survie) — France

Code civil art. 1100-1 + jurisprudence Cass. com. — clause tontinière entre coacquéreurs

PACTE TONTINIER — CONVENTION DE SURVIE

Conformément aux articles 1100-1 et suivants du Code civil français et à la jurisprudence de la Chambre commerciale de la Cour de cassation

Identification des Coacquéreurs

L'an [année], le [jour] [mois], en l'étude soussignée:

ONT COMPARU:

PREMIER COACQUÉREUR:

[Acquereur1 Nom]

Né(e) le: [Acquereur1 Naissance]

Domicilié(e) à: [Acquereur1 Adresse]

État civil: [Acquereur1 Etat Civil]

SECOND COACQUÉREUR:

[Acquereur2 Nom]

Né(e) le: [Acquereur2 Naissance]

Domicilié(e) à: [Acquereur2 Adresse]

État civil: [Acquereur2 Etat Civil]

Article 1 - Objet du Pacte Tontinier

ARTICLE 1 — OBJET DE LA CONVENTION DE SURVIE

Les coacquéreurs déclarent avoir acquis conjointement, dans les proportions ci-dessous indiquées, le bien immobilier suivant:

Description du bien: [Description Bien]

Valeur vénale à la date du pacte: [Valeur Bien]

Quotité soumise à la tontine: [Quotite Tontine]

Par la présente convention de survie, les coacquéreurs conviennent que le bien ci-dessus décrit est acquis avec une clause d'accroissement, dite clause tontinière, de telle sorte que la part de celui qui décèdera le premier sera censée n'avoir jamais existé dans son patrimoine et sera réputée avoir toujours appartenu au survivant, qui en deviendra seul et plein propriétaire au jour du premier décès.

Article 2 - Condition de Survie

ARTICLE 2 — CONDITION DE SURVIE ET EFFET RÉTROACTIF

Condition de survie retenue: [Condition Survie]

La clause tontinière produit son effet rétroactif au jour de l'acquisition du bien: au décès du premier mourant, le survivant est réputé avoir été seul propriétaire du bien depuis la date d'acquisition, sans mutation entre les deux coacquéreurs. Cette rétroactivité fictive est l'essence même du mécanisme tontinier reconnu par la Chambre commerciale de la Cour de cassation (Cass. com., 4 mai 1982, n°80-16.430).

Article 3 - Droits et Charges Fiscales

ARTICLE 3 — DROITS DE MUTATION ET CHARGES FISCALES AU DÉCÈS

Prise en charge des droits: [Charges Fiscales]

Les coacquéreurs reconnaissent avoir été informés par le Notaire instrumentant que, au décès du premier mourant, le survivant devra acquitter les droits de mutation à titre gratuit calculés sur la valeur du bien selon son lien de parenté avec le défunt. Pour les concubins ou personnes sans lien de parenté, le taux est de 60 % au-delà de l'abattement minimal de 1 594 EUR selon l'article 777 du Code général des impôts. Pour les époux mariés, le conjoint survivant est exonéré de droits de succession depuis la loi TEPA du 21 août 2007 (article 796-0 bis du CGI). Pour les partenaires pacsés avec testament, les droits sont calculés au taux applicable après l'abattement de 80 724 EUR selon l'article 790 F du CGI.

Article 4 - Clause Résolutoire

ARTICLE 4 — DISSOLUTION ANTICIPÉE DE LA CONVENTION

[Clause Resolutoire]

Les parties reconnaissent que la présente convention de survie constitue un contrat aléatoire au sens de l'article 1108 du Code civil français, dont l'efficacité est subordonnée à la survie de l'un des coacquéreurs. La cession par l'un des coacquéreurs de sa quote-part du bien à un tiers met automatiquement fin à la présente convention, sauf accord contraire des parties formalisé par acte notarié.

FAIT, LU, APPROUVÉ ET SIGNÉ

À [Lieu Acte], le [Date Acte]

Signature du premier coacquéreur:

_________________________________________

[Acquereur1 Nom]

Signature du second coacquéreur:

_________________________________________

[Acquereur2 Nom]

Signature et sceau du Notaire instrumentant:

_________________________________________

[Notaire Nom]

Premier coacquéreur

________________

Signature

Second coacquéreur

________________

Signature

Notaire

________________

Signature

Maintenu par Vladislav Sergienko, Fondateur·Modèle modifié pour la dernière fois: ·Signaler une erreur

Qu'est-ce qu'un Pacte Tontinier (Convention de Survie) ?

Le Pacte Tontinier (Convention de Survie) est, en droit français, un pacte Tontinier ou Convention de Survie permettant à deux coacquéreurs d'un bien immobilier de stipuler qu'au décès du premier mourant. Il est régi par Code civil français art. 1100-1 (contrats aléatoires).

Le Pacte Tontinier en France tire son origine historique des tontines financières créées par Lorenzo Tonti au XVIIe siècle, consistant en des associations mutuelles où les survivants recueillaient progressivement les parts des décédés. Adapté au droit immobilier contemporain français, il est structuré comme une clause d'accroissement (clausula accrescendi) insérée dans l'acte authentique d'acquisition immobilière reçu par un Notaire. La Chambre commerciale de la Cour de cassation a consacré ce mécanisme dans un arrêt fondateur du 4 mai 1982 (n°80-16.430) en reconnaissant la validité de la clause tontinière et ses effets fiscaux spécifiques, confirmés par l'administration fiscale dans ses instructions BOFiP.

Le Pacte Tontinier en France se distingue juridiquement de plusieurs mécanismes voisins. La Donation au Dernier Vivant, régie par les articles 1091 à 1100 du Code civil, est réservée aux époux mariés et revocable unilatéralement, alors que le Pacte Tontinier est irrévocable par essence (sauf accord mutuel formalisé). L'indivision classique avec droit de préemption entre indivisaires ne confère pas d'effet rétroactif au profit du survivant: la quote-part du décédé entre dans sa succession et peut être transmise à ses héritiers. La Société Civile Immobilière avec statuts sur mesure peut produire des effets proches mais implique une structure sociale permanente, des obligations comptables annuelles, et des coûts de gestion continus. Voir aussi la Clause Bénéficiaire d'Assurance-Vie pour une protection complémentaire hors succession.

L'aléa est l'élément constitutif essentiel du Pacte Tontinier en France: à la date de la conclusion du pacte, aucun des coacquéreurs ne sait s'il survivra à l'autre, et cet aléa portant sur la vie humaine est suffisamment réel pour que le mécanisme soit qualifié de contrat aléatoire et non de libéralité au sens de l'article 893 du Code civil. La jurisprudence de la première chambre civile de la Cour de cassation et la pratique notariale exigent que l'aléa soit véritable: si l'un des coacquéreurs est atteint d'une maladie grave incurable au moment de la signature, le pacte peut être requalifié en donation déguisée avec les conséquences fiscales attachées (droits de mutation à titre gratuit calculés selon le lien de parenté). L'administration fiscale (DGFiP) vérifie systématiquement cet aléa lors du traitement des droits dus au décès.

La fiscalité du Pacte Tontinier en France est spécifique et dérogatoire au droit commun des successions. Au décès du premier mourant, le bien ne fait pas partie de sa succession légale: il est réputé avoir toujours appartenu au survivant. Les droits dus sont calculés non pas selon les règles successorales de l'article 777 du Code général des impôts, mais selon les droits de mutation à titre gratuit applicables au lien entre le défunt et le survivant, sur la base de la valeur vénale du bien au jour du décès. Pour les concubins sans lien de parenté, le taux de 60 % s'applique après l'abattement minimal de 1 594 EUR, ce qui peut constituer une charge fiscale très lourde selon la valeur du bien. Pour les époux mariés, l'exonération totale s'applique en vertu de l'article 796-0 bis du Code général des impôts introduit par la loi TEPA du 21 août 2007. Pour les partenaires pacsés ayant fait un testament, l'abattement de 80 724 EUR de l'article 790 F du CGI s'applique.

La pratique notariale française et les instructions BOFiP ont consacré la possibilité d'insérer une clause tontinière dans l'acte d'acquisition immobilière ou dans un acte séparé ultérieur, à condition que cet acte séparé soit concomitant à l'acquisition et que les deux coacquéreurs y consentent. Le Notaire instrumentant vérifie l'identité et la capacité des parties, s'assure de la réalité de l'aléa, rédige la clause tontinière avec précision (désignation exacte du bien, quotité soumise à la tontine, condition de survie, modalités de dissolution) et procède à la publication au Service de la Publicité Foncière (SPF) compétent dans les six mois. La forme notariée est obligatoire à peine de nullité conformément à l'article 931 du Code civil français applicable par analogie aux clauses modifiant les droits immobiliers.

Quand avez-vous besoin d'un Pacte Tontinier (Convention de Survie) ?

Le Pacte Tontinier en France est particulièrement adapté à certaines situations patrimoniales spécifiques où les mécanismes successoraux de droit commun ne permettent pas d'assurer la protection souhaitée du conjoint ou du partenaire survivant.

Deux concubins souhaitant acquérir ensemble un immeuble et assurer au survivant la pleine propriété du bien recourent au Pacte Tontinier, car le concubinat ne confère aucun droit successoral légal en droit français. Sans clause tontinière, au décès du premier concubin, sa quote-part de l'immeuble entre dans sa succession légale et peut être transmise à ses héritiers (parents, frères et sœurs, autres enfants d'une précédente union), exposant le concubin survivant au risque d'indivision forcée avec des héritiers qu'il ne souhaitait pas. La clause tontinière permet d'éviter cet écueil au prix de droits de mutation de 60 % sur la valeur du bien si le couple n'est pas marié, à comparer avec le coût d'une rupture d'indivision forcée.

Deux partenaires pacsés ayant établi un testament réciproque recourent au Pacte Tontinier pour renforcer la protection du survivant sur l'immeuble commun, en complément du Testament Olographe ou du Testament Authentique. Le partenaire pacsé bénéficie d'un abattement de 80 724 EUR selon l'article 790 F du CGI à condition de désigner le partenaire comme légataire universel par testament: sans testament, le partenaire pacsé n'hérite pas selon l'article 515-6 du Code civil français. La combinaison pacte tontinier + testament offre une double protection.

Deux époux mariés sous le régime de la séparation de biens souhaitant sécuriser la transmission d'un bien immobilier cofinancé utilisent le Pacte Tontinier pour éviter les complexités de l'indivision post-matrimoniale. Sous ce régime matrimonial, chaque époux reste propriétaire de ses biens propres, et la quote-part de l'époux prédécédé entre dans sa succession. Avec la clause tontinière, le conjoint survivant devient plein propriétaire sans droits de succession grâce à l'exonération de l'article 796-0 bis du CGI. Voir également le Testament Authentique pour compléter la planification successorale.

Des frères et sœurs coacquéreurs d'un bien immobilier familial (maison de vacances héritée, propriété rurale) utilisent le Pacte Tontinier pour assurer que le bien reste entre eux et ne passe pas aux héritiers de celui qui décède le premier. Sans cette clause, la quote-part de l'un passerait à son conjoint et ses enfants, créant une indivision complexe avec des personnes extérieures à la fratrie d'origine. Les droits dus au décès sont calculés au taux de 35 % puis 45 % entre frères et sœurs selon l'article 779 du CGI.

Un investisseur immobilier et son associé commercial acquérant ensemble un immeuble de rapport dans le cadre d'une opération à deux utilisent parfois le Pacte Tontinier pour sécuriser la continuité de l'investissement au profit du survivant, évitant l'entrée d'héritiers indésirables dans l'indivision. Cette utilisation professionnelle est moins courante mais juridiquement valide selon la jurisprudence de la Chambre commerciale de la Cour de cassation.

Des parents souhaitant acquérir un bien avec un enfant tout en s'assurant de récupérer la pleine propriété si l'enfant décède avant eux peuvent insérer une clause tontinière dans l'acte d'acquisition. Cette situation, bien que moins fréquente, peut s'avérer utile dans les familles recomposées où le parent souhaite éviter que sa quote-part ne passe aux enfants du premier lit de l'enfant coacquéreur.

Que faut-il inclure dans votre Pacte Tontinier (Convention de Survie) ?

Un Pacte Tontinier valable en France exige la réunion de plusieurs conditions juridiques et formelles précises, définies par la pratique notariale française, la jurisprudence de la Chambre commerciale de la Cour de cassation, et les instructions BOFiP de la DGFiP. Voici les composantes indispensables d'une convention de survie immobilière efficace.

Identification précise des coacquéreurs. Le Pacte Tontinier doit identifier avec exactitude les deux coacquéreurs: nom, prénoms, date et lieu de naissance, domicile, état civil, et régime matrimonial si l'un d'eux est marié. Pour les époux mariés ensemble sous régime de communauté, le Notaire vérifie que le bien n'est pas un bien commun (qui tomberait dans la communauté et non dans la tontine) et obtient l'accord du conjoint non coacquéreur si nécessaire selon l'article 1422 du Code civil. Pour les mineurs ou personnes sous protection judiciaire, la clause tontinière nécessite l'autorisation du juge des tutelles du Tribunal judiciaire.

Description cadastrale précise du bien. La clause tontinière doit désigner le bien avec une précision suffisante pour qu'il soit identifiable sans ambiguïté: adresse complète avec numéro de rue et commune, section et numéro de parcelle cadastrale selon la matrice cadastrale de la DGFiP consultable sur cadastre.gouv.fr, superficie habitables et annexes, et référence à l'acte d'acquisition (date, étude notariale, volume et numéro de publication SPF). Cette précision est indispensable pour que le Service de la Publicité Foncière puisse enregistrer correctement la convention de survie dans ses registres.

Réalité de l'aléa au moment de la signature. La condition essentielle de validité du Pacte Tontinier est la réalité de l'aléa: à la date de la signature, aucun des coacquéreurs ne doit être atteint d'une maladie grave et incurable rendant son décès certain à court terme. Si l'aléa est fictif (l'un des coacquéreurs est en phase terminale), la DGFiP peut requalifier la clause tontinière en donation déguisée avec application des droits de donation selon le lien de parenté. Le Notaire instrumentant doit s'assurer de la réalité de l'aléa et peut demander une déclaration sur l'honneur des parties quant à leur état de santé.

Stipulation de la clause d'accroissement et de l'effet rétroactif. Le Pacte Tontinier doit contenir une clause d'accroissement explicite stipulant qu'au décès du premier mourant, le survivant sera réputé avoir été seul propriétaire du bien depuis la date d'acquisition, sans qu'il y ait eu mutation entre les deux coacquéreurs. Cette rétroactivité fictive est l'essence même du mécanisme reconnu par la Cass. com. du 4 mai 1982: sans elle, le décès du premier mourant entraînerait une mutation taxable selon le régime successoral ordinaire.

Condition de survie et période minimale. La clause tontinière doit préciser la condition de survie: soit simple (le survivant au premier décès quel que soit l'écart de temps), soit assortie d'une période minimale de survie (généralement 30 jours) pour éviter les difficultés des comourants (décès simultanés ou quasi-simultanés) prévus par les articles 720 à 723 du Code civil français. Sans période minimale, un accident entraînant le décès des deux coacquéreurs à quelques heures d'intervalle génère des incertitudes sur la propriété du bien.

Modalités de dissolution de la convention. Le Pacte Tontinier doit prévoir les cas de dissolution anticipée: séparation des coacquéreurs souhaitant mettre fin à la convention (requérant un accord mutuel notarié), cession par l'un des coacquéreurs de sa quote-part à un tiers (mettant automatiquement fin à la tontine), expropriation du bien, ou destruction du bien. La forms-legal.com plateforme propose des clauses résolutoires types permettant aux coacquéreurs de prévoir ces hypothèses avec précision.

Information sur le régime fiscal applicable au décès. Le Notaire instrumentant doit informer les coacquéreurs du régime fiscal qui s'appliquera au décès du premier mourant selon leur lien de parenté: exonération totale pour les époux mariés (article 796-0 bis du CGI), taux de 60 % pour les concubins sans lien de parenté, taux de 35 % puis 45 % pour les frères et sœurs (article 779 du CGI). Cette information préalable est essentielle pour que les parties évaluent correctement le coût fiscal de la convention de survie et puissent comparer avec les alternatives (Testament Authentique, Donation au Dernier Vivant).

Publicité foncière et conservation. La clause tontinière insérée dans l'acte authentique d'acquisition est publiée au Service de la Publicité Foncière (SPF) compétent dans les six mois par le Notaire instrumentant, avec mention explicite du mécanisme de survie. Si la clause est insérée dans un acte séparé postérieur à l'acquisition, cet acte doit également faire l'objet d'une publication SPF pour être opposable aux tiers (créanciers, acquéreurs ultérieurs). Le Notaire conserve la minute de l'acte dans son minutier conformément à l'article 931 du Code civil, et chaque coacquéreur reçoit une expédition exécutoire.

Comment remplir votre Pacte Tontinier (Convention de Survie)

Rédiger un Pacte Tontinier en France requiert l'intervention obligatoire d'un Notaire et une préparation rigoureuse pour que la clause d'accroissement soit valide et produise les effets fiscaux escomptés. Voici la procédure étape par étape.

Étape 1 — Identifier et évaluer le bien immobilier. Avant tout rendez-vous notarial, identifiez précisément le bien que vous souhaitez soumettre à la clause tontinière: relevé cadastral consultable gratuitement sur cadastre.gouv.fr (commune, section, numéro de parcelle, superficie), titre de propriété ou acte d'acquisition, et état des lieux locatifs éventuels. Faites évaluer le bien à sa valeur vénale actuelle par un agent immobilier ou un expert immobilier agréé pour avoir une estimation précise des droits qui seront dus au décès du premier mourant.

Étape 2 — Vérifier la réalité de l'aléa et l'état de santé. La validité du Pacte Tontinier repose sur la réalité de l'aléa: les deux coacquéreurs doivent être en état de santé compatible avec une espérance de vie normale au moment de la signature. Si l'un d'eux est atteint d'une maladie grave, consultez le Notaire sur les risques de requalification en donation déguisée par la DGFiP. Le Notaire peut demander une déclaration sur l'honneur des parties quant à leur état de santé.

Étape 3 — Choisir le Notaire instrumentant. Sélectionnez un Notaire inscrit auprès de la Chambre des Notaires départementale, idéalement spécialisé en droit patrimonial et familial. Le Notaire de famille qui connaît la situation patrimoniale des parties est souvent le mieux placé. Les honoraires sont calculés selon le tarif notarial réglementé par le décret n°2020-179 du 28 février 2020, proportionnels à la valeur du bien.

Étape 4 — Réunir les documents d'identité et d'état civil. Rassemblez pour chaque coacquéreur: carte nationale d'identité ou passeport en cours de validité, livret de famille (si marié ou pacsé), dernier avis d'imposition portant le numéro fiscal individuel (NIF), justificatif de domicile récent (facture EDF, avis d'imposition). Pour le bien immobilier: titre de propriété original, dernier avis de taxe foncière, diagnostics obligatoires (DPE, amiante, plomb selon l'âge du bien).

Étape 5 — Préciser les modalités de la clause tontinière. Décidez avec le Notaire des modalités précises: quotité soumise à la tontine (totalité du bien ou quote-part de chaque coacquéreur), condition de survie simple ou assortie d'une période minimale de 30 jours, modalités de dissolution anticipée en cas de séparation, et prise en charge des droits de mutation au décès. Pour les concubins souhaitant réduire le coût fiscal de la tontine, envisagez une assurance-vie en complément avec le partenaire comme bénéficiaire désigné selon l'article 990-I du CGI.

Étape 6 — Préparer la rédaction de la clause. Le Notaire rédige la clause d'accroissement en termes précis: désignation exacte du bien, identification des coacquéreurs, stipulation de la rétroactivité fictive, condition de survie, régime fiscal applicable. Le Notaire procède à la lecture intégrale de la clause aux parties et explique les conséquences pratiques: impossibilité pour chaque coacquéreur de vendre sa quote-part sans l'accord de l'autre (qui mettrait fin à la tontine), obligation de conservation du bien en bon état, prohibition de gestion unilatérale.

Étape 7 — Signer l'acte authentique et procéder à la publication. Les deux coacquéreurs signent l'acte authentique devant le Notaire qui y appose son sceau. Le Notaire transmet l'acte au Service de la Publicité Foncière (SPF) compétent pour publication dans les six mois, moyennant les frais de publicité foncière. Chaque coacquéreur reçoit une expédition de l'acte à conserver précieusement.

Étape 8 — Conserver les justificatifs et informer les héritiers réservataires. Conservez l'expédition du Pacte Tontinier et informez, le cas échéant, vos héritiers réservataires (enfants d'un mariage précédent) de l'existence de cette convention pour éviter les surprises à l'ouverture de la succession. Le bien soumis à la tontine ne fait pas partie de la succession du premier mourant, mais peut être pris en compte pour le calcul de la réserve héréditaire selon les articles 912 à 930 du Code civil si sa valeur est significative par rapport à l'ensemble du patrimoine.

Erreurs courantes à éviter dans votre Pacte Tontinier (Convention de Survie)

Plusieurs erreurs fréquentes compromettent la validité ou l'efficacité d'un Pacte Tontinier en France. Les identifier permet d'éviter des requalifications fiscales coûteuses ou des conflits familiaux à l'ouverture de la succession.

Souscrire un Pacte Tontinier sans vérifier l'aléa réel. L'erreur la plus grave consiste à souscrire une convention de survie alors que l'un des coacquéreurs est gravement malade, rendant son décès certain à court terme. La DGFiP peut alors requalifier la clause en donation déguisée avec application des droits de mutation à titre gratuit selon le lien de parenté, majorés de la pénalité de 40 % pour manquement délibéré selon l'article 1729 du Code général des impôts. Solution: consacrez le temps nécessaire au rendez-vous notarial pour vérifier l'état de santé des parties et obtenir une déclaration sur l'honneur, et reportez la signature en cas de doute sur l'aléa.

Ignorer le coût fiscal pour les concubins non mariés. Le Pacte Tontinier est souvent présenté comme un outil de protection du concubin survivant, mais son coût fiscal peut être prohibitif pour les non-mariés: le taux de 60 % selon l'article 777 du CGI sur la valeur du bien dépasse souvent le coût d'une succession classique. Pour un appartement d'une valeur de 400 000 EUR, les droits s'élèveraient à environ 239 044 EUR pour un concubin non marié. Solution: combinez le Pacte Tontinier avec une assurance-vie désignant le concubin comme bénéficiaire (article 990-I du CGI, abattement de 152 500 EUR par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans) pour financer les droits dus ou réduire l'assiette taxable.

Omettre la clause résolutoire en cas de séparation. De nombreux Pactes Tontiniers ne prévoient pas les modalités de dissolution anticipée en cas de séparation des coacquéreurs avant tout décès. Cette omission expose le couple à une situation juridique complexe: la tontine est irrévocable unilatéralement, et sa dissolution nécessite un accord mutuel notarié que l'un des partenaires peut refuser. Solution: insérez systématiquement une clause résolutoire précisant que la convention de survie prend fin par accord mutuel notarié en cas de séparation, et que le bien est alors partagé selon les règles de l'indivision ordinaire des articles 815 et suivants du Code civil.

Conclure un Pacte Tontinier sans Testament complémentaire. Le Pacte Tontinier protège le survivant sur le bien immobilier soumis à la tontine, mais ne couvre pas les autres actifs du patrimoine du premier mourant. Sans Testament Olographe ou Testament Authentique, ces autres actifs suivent la succession légale selon l'article 734 et suivants du Code civil, qui peut exclure le concubin ou le partenaire pacsé. Solution: rédigez un Testament complémentaire au Pacte Tontinier pour organiser la transmission de l'ensemble du patrimoine, en tenant compte des contraintes de la réserve héréditaire si le testateur a des enfants.

Négliger la mise à jour du Pacte en cas de changement de situation. Les coacquéreurs qui se marient après la conclusion d'un Pacte Tontinier bénéficient automatiquement de l'exonération de droits de succession pour les époux selon l'article 796-0 bis du CGI — mais le pacte initial reste valide avec ses clauses d'origine. Solution: consultez votre Notaire lors de tout changement de situation (mariage, PACS, naissance d'enfants, acquisition de nouveaux biens) pour mettre à jour le Pacte Tontinier et l'ensemble de votre planification successorale.

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Modèle référencé aux textes légaux — Modèle modifié pour la dernière fois en juin 2026

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