Acte de Démembrement Croisé entre Conjoints
Code civil français art. 578 à 624 et 1474 — technique patrimoniale de protection du conjoint survivant par croisement d'usufruits
ACTE DE DÉMEMBREMENT CROISÉ ENTRE CONJOINTS
Conformément aux articles 578 à 624 et 1474 du Code civil français — Technique de protection patrimoniale conjugale
Identification des Parties
ARTICLE 1 — IDENTIFICATION DES PARTIES
Premier conjoint (nu-propriétaire du bien 1 / usufruitier du bien 2):
[Conjoint1 Nom]
Né(e) le: [Conjoint1 Naissance]
Domicilié(e) à: [Conjoint1 Adresse]
NIF: [Conjoint1 N I F]
Second conjoint (nu-propriétaire du bien 2 / usufruitier du bien 1):
[Conjoint2 Nom]
Né(e) le: [Conjoint2 Naissance]
NIF: [Conjoint2 N I F]
Régime matrimonial: [Regime Matrimonial]
Biens Faisant l'Objet du Démembrement Croisé
ARTICLE 2 — BIENS DÉMEMBRÉS DE FAÇON CROISÉE (ART. 578 À 624 CC)
Premier bien:
[Bien1 Description]
Bénéficiaire de l'usufruit croisé: [Bien1 Usufruit Beneficiaire]
Second bien:
[Bien2 Description]
Bénéficiaire de l'usufruit croisé: [Bien2 Usufruit Beneficiaire]
Durée des usufruits croisés: [Duree Usufruit]
L'usufruit conféré à chaque conjoint sur le bien de l'autre lui donne le droit d'user du bien et d'en percevoir les fruits conformément à l'article 578 du Code civil français, comme s'il était plein propriétaire, sous réserve du devoir de conservation de la substance de la chose prévu à l'article 578 alinéa 2 et des obligations de l'article 601 du Code civil (inventaire, caution si demandée par le nu-propriétaire).
Droits et Obligations des Parties
ARTICLE 3 — DROITS DE L'USUFRUITIER ET DU NU-PROPRIÉTAIRE
[Droits Usufruitier]
Extinction et consolidation de la propriété: [Extinction Usufruit]
Impact fiscal: la valeur fiscale de chaque usufruit croisé est calculée selon le barème viager de l'article 669 du Code général des impôts en fonction de l'âge de l'usufruitier au jour de l'acte. Le démembrement croisé est soumis aux droits de mutation à titre onéreux si les usufruits ne sont pas de valeur identique; si les valeurs sont égales, la compensation neutralise la mutation. La taxe foncière reste due par l'usufruitier selon l'article 1400 du CGI. Les revenus tirés des biens démembrés (loyers) sont imposés entre les mains de l'usufruitier dans la catégorie des revenus fonciers selon l'article 8 du CGI.
Lieu, Date et Signatures
FAIT À TOULOUSE, LE [Date Acte]
Notaire instrumentant: [Notaire Instrumentant]
_________________________________________
Signature du premier conjoint:
_________________________________________
[Conjoint1 Nom]
Signature du second conjoint:
_________________________________________
[Conjoint2 Nom]
Premier conjoint
________________
Signature
Second conjoint
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Acte de Démembrement Croisé entre Conjoints ?
L'Acte de Démembrement Croisé entre Conjoints est, en droit français, un acte notarié de démembrement croisé de propriété entre époux ou partenaires pacsés: chaque conjoint cède l'usufruit de ses biens à l'autre et conserve la nue-propriété. Il est régi par Code civil français art. 578 à 624 et 1474.
L'usufruit, défini à l'article 578 du Code civil français, est le droit de jouir des choses dont un autre a la propriété, comme le propriétaire lui-même, mais à charge d'en conserver la substance. L'usufruitier perçoit tous les fruits civils (loyers, dividendes, intérêts) et peut occuper personnellement le bien ou le donner en location selon l'article 595 du Code civil. Le nu-propriétaire conserve la propriété «nue» du bien sans pouvoir en jouir, mais récupérera automatiquement la pleine propriété à l'extinction de l'usufruit par décès de l'usufruitier selon l'article 617 du Code civil, sans aucune formalité ni droits fiscaux supplémentaires.
L'intérêt fiscal majeur du Démembrement Croisé entre Conjoints en France réside dans le mécanisme de consolidation de l'usufruit: à la mort du premier conjoint usufruitier, la pleine propriété se reconstitue automatiquement dans les mains du nu-propriétaire selon l'article 617 du Code civil, sans aucun droit de succession selon l'article 1133 du Code général des impôts qui dispose que la réunion de l'usufruit à la nue-propriété n'est pas soumise à perception. Le conjoint survivant nu-propriétaire récupère donc la pleine propriété de ses biens propres sans payer un centime à la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).
Le Démembrement Croisé entre Conjoints se distingue de la donation entre époux régie par l'article 1096 du Code civil (institution contractuelle entre époux, révocable entre vifs selon l'article 1096 alinéa 1er) et de la clause d'attribution intégrale en communauté universelle (article 1524 du Code civil). La donation entre époux est révocable unilatéralement à tout moment, ce qui fragilise la protection; la communauté universelle avec attribution intégrale dénature l'équilibre patrimonial en fusionnant tous les biens. Le Démembrement Croisé maintient la propriété individuelle des biens (nue-propriété) tout en assurant une jouissance réciproque des revenus par le système des usufruits croisés.
Le Démembrement Croisé entre Conjoints doit être formalisé par un acte notarié soumis à la publicité foncière au Service de la Publicité Foncière (SPF) pour les biens immobiliers, selon les modalités du décret n°55-22 du 4 janvier 1955 sur la publicité foncière et le décret du 4 janvier 1955 sur le fichier immobilier. La valeur fiscale de chaque usufruit croisé est calculée selon le barème viager de l'article 669 du CGI en fonction de l'âge de l'usufruitier au jour de l'acte: 50% entre 51 et 60 ans, 40% entre 61 et 70 ans, 30% entre 71 et 80 ans. Voir aussi l'Acte de Partage entre Conjoint Survivant et Héritiers pour le règlement successoral complémentaire.
En présence de régime de communauté légale (art. 1401 CC), le Démembrement Croisé porte sur les biens propres de chaque époux, car les biens communs appartiennent déjà aux deux époux par moitié. En régime de séparation de biens (contrat de mariage notarié), chaque époux peut démembrer ses biens propres au profit de l'autre sans restriction. En régime de communauté universelle avec clause d'attribution intégrale (article 1524 CC), le Démembrement Croisé est rarement utile car le conjoint survivant récupère déjà tout par la clause d'attribution.
Quand avez-vous besoin d'un Acte de Démembrement Croisé entre Conjoints ?
Le Démembrement Croisé entre Conjoints en France est particulièrement adapté à certaines configurations patrimoniales où la protection réciproque des époux ou partenaires est prioritaire sans transfert de propriété définitif.
Un couple marié sous le régime de séparation de biens, où chaque époux possède des biens propres importants (immeubles, portefeuille de valeurs mobilières), souhaite s'assurer mutuellement que le conjoint survivant pourra continuer à percevoir les revenus des biens du prédécédé (loyers, dividendes). Le Démembrement Croisé permet d'attribuer à chaque conjoint l'usufruit des biens de l'autre, sans transfert de propriété et sans droits de succession, grâce à l'article 1133 du CGI qui exclut la consolidation de l'usufruit de toute imposition.
Des époux âgés dont les enfants sont majeurs et indépendants souhaitent que le conjoint survivant reste dans le logement conjugal ou continue à percevoir les revenus locatifs après le décès de l'autre. Plutôt que de recourir à un legs universel (soumis à succession et droits de succession même si conjoint exonéré) ou à une donation entre époux révocable (article 1096 CC), le Démembrement Croisé inscrit dans un acte notarié garantit la jouissance par l'usufruitier survivant de façon pérenne et non contestable par les héritiers.
Un entrepreneur individuel exploitant en nom propre souhaitant protéger son conjoint sans risque de saisie par les créanciers professionnels peut utiliser le Démembrement Croisé sur les biens personnels non affectés à l'exploitation. Depuis la loi n°2022-172 du 14 février 2022, l'entreprise individuelle bénéficie d'un patrimoine professionnel automatiquement séparé du patrimoine personnel, ce qui facilite la combinaison avec le Démembrement Croisé sur le patrimoine personnel.
Un couple recomposé avec enfants de lits différents peut recourir au Démembrement Croisé pour garantir la jouissance des biens au conjoint survivant jusqu'à son décès, tout en réservant la nue-propriété (et donc l'accès à la pleine propriété future) aux enfants du premier lit. Cette technique évite les conflits entre le conjoint survivant et les beaux-enfants, qui peuvent se montrer hostiles à l'usufruit général légal du conjoint sur les biens de leur parent.
Une personne pacsée souhaitant protéger son partenaire au-delà des droits successoraux (inexistants sans testament pour le partenaire pacsé selon l'article 515-6 CC) peut combiner un Démembrement Croisé avec un legs universel. Le Démembrement Croisé assure l'usufruit immédiat des biens du partenaire décédé, tandis que le legs universel assure la transmission définitive de la quotité disponible. Les deux mécanismes sont complémentaires pour une protection maximale du partenaire survivant. Voir aussi la Fiducie-Libéralité pour les transmissions patrimoniales programmées à long terme.
Que faut-il inclure dans votre Acte de Démembrement Croisé entre Conjoints ?
Le Démembrement Croisé entre Conjoints en France doit contenir des éléments essentiels définis par les articles 578 à 624 du Code civil français pour être valide, efficace et opposable aux tiers. Voici les composantes indispensables de l'acte notarié de démembrement croisé.
Identification précise des deux conjoints. L'acte doit identifier chaque conjoint par ses nom, prénoms, date et lieu de naissance, domicile, numéro fiscal individuel (NIF à 13 chiffres DGFiP) et régime matrimonial. Le régime matrimonial détermine les biens pouvant faire l'objet du démembrement: en régime de communauté légale (art. 1401 CC), seuls les biens propres peuvent être démembrés; en régime de séparation de biens, tous les biens propres de chaque époux sont éligibles.
Description précise des biens démembrés. Chaque bien faisant l'objet du démembrement croisé doit être décrit avec précision: pour un immeuble, mentionner l'adresse complète, la commune, la section cadastrale et le numéro de parcelle consultables sur cadastre.gouv.fr, la superficie et la valeur vénale estimée au jour de l'acte; pour des valeurs mobilières, identifier l'établissement dépositaire (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole), le numéro de compte-titres et les lignes de titres avec code ISIN. La valeur vénale des biens démembrés sert de base au calcul fiscal de l'usufruit selon le barème de l'article 669 du CGI.
Durée de l'usufruit croisé. L'acte doit préciser si les usufruits croisés sont viagers (durée de vie de l'usufruitier, extinction automatique au décès selon l'article 617 CC) ou à durée déterminée (durée fixe en années). L'usufruit viager est le plus protecteur pour le conjoint survivant car il assure la jouissance jusqu'au décès. L'usufruit à durée déterminée peut être plus adapté aux situations temporaires ou aux patrimoines d'entreprise.
Droits et obligations de l'usufruitier et du nu-propriétaire. L'acte doit mentionner les droits de l'usufruitier (jouissance, perception des fruits selon art. 578 CC, location selon art. 595 CC) et ses obligations (entretien selon art. 605 CC, paiement des charges ordinaires, taxe foncière selon art. 1400 CGI). Les grosses réparations (ravalement, toiture, structure selon art. 606 CC) restent à la charge du nu-propriétaire. La forms-legal.com plateforme intègre ces clauses standards dans ses modèles de démembrement croisé.
Publicité foncière au SPF. Pour les biens immobiliers, l'acte notarié de démembrement croisé doit être publié au Service de la Publicité Foncière (SPF) selon le décret n°55-22 du 4 janvier 1955 sur la publicité foncière. La publication rend le démembrement opposable aux tiers acheteurs potentiels et aux créanciers hypothécaires. La taxe de publicité foncière (TPF) est calculée sur la valeur de l'usufruit transféré selon les articles 844 à 850 du CGI.
Consolidation de l'usufruit au décès. L'acte doit explicitement mentionner que lors du décès de l'usufruitier, la pleine propriété se reconstitue automatiquement dans les mains du nu-propriétaire sans aucune formalité ni droits fiscaux, conformément à l'article 1133 du Code général des impôts. Cette mention est essentielle pour éviter toute tentative de la DGFiP de soumettre la consolidation aux droits de succession.
Comment remplir votre Acte de Démembrement Croisé entre Conjoints
La mise en place d'un Démembrement Croisé entre Conjoints en France requiert une procédure notariale obligatoire pour les biens immobiliers. Voici les étapes pratiques pour préparer cet acte patrimonial.
Étape 1 — Inventorier les biens propres de chaque conjoint. Listez séparément les biens propres de chaque conjoint éligibles au démembrement: pour les biens communs en régime de communauté légale, le démembrement croisé ne s'applique pas directement. En régime de séparation de biens, tous vos biens personnels sont éligibles. Valorisez chaque bien (valeur vénale DGFiP pour les immeubles, valeur boursière pour les titres).
Étape 2 — Calculer la valeur fiscale des usufruits croisés. Appliquez le barème viager de l'article 669 du CGI en fonction de l'âge de chaque conjoint usufruitier au jour de l'acte: 50% entre 51 et 60 ans, 40% entre 61 et 70 ans, 30% entre 71 et 80 ans. Si la valeur de l'usufruit reçu par chaque conjoint est égale, il n'y a pas de droits de mutation; si les valeurs diffèrent, les droits sont dus sur la différence.
Étape 3 — Choisir le Notaire instrumentant. Le démembrement croisé d'immeubles exige un acte notarié pour publication au SPF. Choisissez un Notaire spécialisé en droit patrimonial familial, idéalement le notaire de famille qui connaît votre situation. Le tarif est partiellement réglementé par le décret n°2020-179 du 28 février 2020.
Étape 4 — Préparer les documents d'identité et les titres de propriété. Rassemblez: cartes nationales d'identité des deux conjoints, derniers avis d'imposition (NIF), acte de mariage ou convention PACS, titres de propriété des biens démembrés (actes notariés publiés au SPF), relevés de comptes-titres et relevés bancaires pour les actifs financiers.
Étape 5 — Signer l'acte notarié et publier au SPF. L'acte est signé par les deux conjoints devant le Notaire instrumentant. Pour les biens immobiliers, le Notaire publie l'acte au SPF dans les 30 jours suivant la signature. Cette publication rend le démembrement croisé opposable aux tiers.
Étape 6 — Coordonner avec le testament. Le Démembrement Croisé ne supprime pas l'utilité du testament: il protège les usufruits croisés, mais pas la nue-propriété. Si vous souhaitez que votre conjoint reçoive également la nue-propriété de vos biens au décès (non plus seulement l'usufruit), un legs universel ou particulier dans un Testament Authentique complète utilement le dispositif.
Exigences juridiques pour Acte de Démembrement Croisé entre Conjoints
Le Démembrement Croisé entre Conjoints en France est soumis aux règles du Code civil (art. 578 à 624) et du Code général des impôts pour la fiscalité du démembrement et de la consolidation.
Forme notariale obligatoire. Le démembrement de biens immobiliers exige un acte notarié pour sa publication au Service de la Publicité Foncière (SPF) selon le décret n°55-22 du 4 janvier 1955. Le défaut de publication rend le démembrement inopposable aux tiers acquéreurs de bonne foi et aux créanciers hypothécaires.
Fiscalité du démembrement. La valeur fiscale de chaque usufruit transféré est calculée selon le barème viager de l'article 669 du CGI en fonction de l'âge de l'usufruitier. Si les valeurs des usufruits croisés sont égales, les droits de mutation se compensent. Dans le cas contraire, les droits de mutation sont dus sur la différence. La taxe de publicité foncière (TPF) est calculée selon les articles 844 à 850 du CGI.
Obligations de l'usufruitier. L'usufruitier doit dresser inventaire des meubles et fournir caution (art. 601 et 602 CC), jouir en bon père de famille (art. 601 CC), effectuer les réparations d'entretien (art. 605 CC), payer les charges ordinaires et la taxe foncière (art. 1400 CGI). Les grosses réparations restent à la charge du nu-propriétaire (art. 606 CC).
Consolidation exonérée au décès. L'article 1133 du CGI dispose expressément que la réunion de l'usufruit à la nue-propriété n'est soumise à aucune perception: le décès de l'usufruitier entraîne la consolidation automatique de la pleine propriété dans les mains du nu-propriétaire sans droits de succession. Cette exonération est la raison principale du recours à cette technique patrimoniale.
Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). L'usufruitier est redevable de l'IFI sur la valeur en pleine propriété des biens dont il a l'usufruit selon l'article 968 du CGI. Le nu-propriétaire n'est pas redevable de l'IFI sur la nue-propriété grevée d'usufruit. Cet aspect fiscal doit être anticipé pour les patrimoines immobiliers dépassant 1 300 000 EUR net (seuil d'entrée dans l'IFI selon l'article 964 du CGI).
Erreurs courantes à éviter dans votre Acte de Démembrement Croisé entre Conjoints
Le Démembrement Croisé entre Conjoints en France est une technique sophistiquée qui nécessite une mise en œuvre précise pour éviter les déconvenues fiscales ou juridiques. Voici les erreurs les plus fréquentes.
Ne pas publier l'acte au Service de la Publicité Foncière. Un acte de démembrement croisé non publié au SPF dans les 30 jours suivant sa signature est inopposable aux tiers: un acheteur de bonne foi acquérant un bien en pleine propriété auprès du nu-propriétaire pourrait l'emporter sur l'usufruitier non publié. Solution: mandatez le Notaire pour la publication immédiate au SPF dès la signature.
Confondre le démembrement croisé sur les biens communs. En régime de communauté légale, les biens communs appartiennent déjà aux deux époux par moitié: il n'y a pas de «bien propre» d'un époux à démembrer au profit de l'autre. Le Démembrement Croisé ne s'applique qu'aux biens propres de chaque conjoint. Solution: si votre patrimoine est principalement commun, envisagez d'abord un changement de régime matrimonial en séparation de biens par acte notarié (art. 1397 CC), puis mettez en place le Démembrement Croisé sur les biens propres résultants.
Ignorer l'impact sur l'IFI. L'usufruitier est taxé à l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) sur la valeur en pleine propriété des biens dont il a l'usufruit (art. 968 CGI), même s'il n'en est pas propriétaire. Pour un couple dont le patrimoine immobilier dépasse 1 300 000 EUR net, le Démembrement Croisé peut paradoxalement augmenter l'assiette IFI de l'usufruitier. Solution: calculez préalablement l'IFI résultant du démembrement croisé avec le Notaire.
Ne pas coordonner avec le testament. Le Démembrement Croisé protège uniquement les usufruits croisés viagers. Au décès, le conjoint survivant récupère la pleine propriété de ses propres biens (consolidation art. 617 CC) mais ne reçoit pas automatiquement les biens propres du défunt. Pour une protection complète, un Testament Authentique instituant le conjoint légataire universel complète indispensablement le Démembrement Croisé.
Sources et Citations
Les citations légales renvoient aux sources officielles du gouvernement.
- art. 1401 CCBR official
- art. 578 CCBR official
- art. 595 CCBR official
- art. 605 CCBR official
- art. 606 CCBR official
- art. 601 CCBR official
- art. 1397 CCBR official
- art. 617 CCBR official
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}Questions Fréquentes
Non, le Démembrement Croisé entre Conjoints n'est pas soumis à des droits de succession lors du décès du premier conjoint en France, grâce à l'article 1133 du Code général des impôts qui dispose que la réunion de l'usufruit à la nue-propriété n'est soumise à aucune perception fiscale. Lors du décès de l'usufruitier, la pleine propriété se reconstitue automatiquement dans les mains du nu-propriétaire selon l'article 617 du Code civil, sans déclaration de succession, sans droits à payer à la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) et sans procédure notariale d'envoi en possession. La consolidation de l'usufruit est une opération fiscalement neutre. Toutefois, lors de la mise en place du Démembrement Croisé (au moment de l'acte notarié), des droits de mutation peuvent être dus sur la valeur des usufruits transférés selon le barème viager de l'article 669 du CGI, si les valeurs des deux usufruits croisés ne sont pas parfaitement symétriques.
La donation entre époux (institution contractuelle, article 1096 du Code civil français) et le Démembrement Croisé sont deux techniques de protection du conjoint survivant mais avec des mécanismes distincts. La donation entre époux est révocable unilatéralement et à tout moment par le donateur selon l'article 1096 alinéa 1er du Code civil, ce qui rend la protection précaire car le conjoint donateur peut décider de retirer la donation à tout moment sans accord de l'autre. Le Démembrement Croisé, une fois acté et publié au Service de la Publicité Foncière (SPF), crée un droit réel d'usufruit qui s'impose au nu-propriétaire et ne peut être remis en cause unilatéralement. Sur le plan fiscal, la donation entre époux en pleine propriété est soumise aux droits de mutation à titre gratuit (bien que le conjoint soit exonéré selon l'art. 796-0 bis CGI), tandis que la consolidation de l'usufruit au décès dans le Démembrement Croisé est totalement exonérée selon l'article 1133 du CGI. Enfin, le Démembrement Croisé maintient chaque époux nu-propriétaire de ses biens propres, préservant l'indépendance patrimoniale, ce que ne fait pas la donation entre époux qui transfère la propriété.
Oui, le Démembrement Croisé entre Conjoints peut s'appliquer aux partenaires pacsés en France, sous réserve des spécificités du régime patrimonial du PACS. Le PACS crée par défaut un régime de séparation des patrimoines depuis la réforme de 2007 (article 515-5 du Code civil): chaque partenaire reste propriétaire de ses biens personnels acquis avant ou pendant le PACS, sauf convention PACS notariale différente. Les partenaires pacsés peuvent donc procéder à un Démembrement Croisé sur leurs biens propres respectifs par acte notarié, exactement comme les époux mariés sous séparation de biens. Sur le plan fiscal, les partenaires pacsés bénéficient de la même exonération de droits de succession que les époux mariés depuis la loi TEPA n°2007-1223 du 21 août 2007 (article 796-0 bis du CGI), et l'article 1133 du CGI sur la consolidation de l'usufruit s'applique identiquement. Attention toutefois: contrairement au mariage, le PACS ne crée aucun droit successoral légal (art. 515-6 CC). Le Démembrement Croisé assure l'usufruit des biens, mais pas la propriété définitive: un legs universel reste indispensable pour transmettre la nue-propriété.
La valeur fiscale de l'usufruit dans un Démembrement Croisé en France est calculée selon le barème viager de l'article 669 du Code général des impôts, en fonction de l'âge de l'usufruitier au jour de l'acte constitutif. Le barème 2026 est le suivant: 90% si moins de 21 ans révolus; 80% entre 21 et 30 ans; 70% entre 31 et 40 ans; 60% entre 41 et 50 ans; 50% entre 51 et 60 ans; 40% entre 61 et 70 ans; 30% entre 71 et 80 ans; 20% entre 81 et 90 ans; 10% au-delà de 90 ans. La nue-propriété représente le complément à 100%: si l'usufruit vaut 40%, la nue-propriété vaut 60%. Si les deux usufruits croisés ont la même valeur (par exemple, les deux conjoints ont 65 ans et les biens démembrés ont la même valeur vénale), les droits de mutation se compensent et aucun droit n'est dû. Si les valeurs des usufruits diffèrent, des droits de mutation à titre onéreux sont dus sur la différence selon les articles 844 et suivants du CGI. C'est pourquoi il est recommandé de procéder à des démembrements croisés sur des biens de valeur comparable.
Le Démembrement Croisé entre Conjoints exige un acte notarié authentique en France lorsqu'il porte sur des biens immobiliers, conformément à l'article 4 du décret n°55-22 du 4 janvier 1955 relatif à la publicité foncière. La cession croisée d'usufruit entre époux ou partenaires pacsés transfère un droit réel immobilier, ce qui impose la forme notariée pour permettre la publication au Service de la Publicité Foncière (SPF). Le notaire rédige l'acte, vérifie la capacité des parties, calcule la valeur de l'usufruit selon le barème de l'article 669 du Code général des impôts en fonction de l'âge de l'usufruitier, et procède aux formalités d'enregistrement. Pour des biens mobiliers ou des valeurs financières, un acte sous seing privé peut suffire, mais l'intervention notariée reste recommandée pour la sécurité juridique et la date certaine. Les frais comprennent les émoluments du notaire, la taxe de publicité foncière et la contribution de sécurité immobilière perçue par la DGFiP. Sans acte authentique pour les immeubles, le démembrement croisé reste inopposable aux tiers et ne peut être inscrit au fichier immobilier, ce qui prive l'opération de son efficacité patrimoniale et successorale.
Au décès du premier conjoint dans un Démembrement Croisé entre Conjoints en France, l'usufruit qu'il détenait sur les biens de l'autre s'éteint automatiquement par l'effet de l'article 617 du Code civil, qui dispose que l'usufruit s'éteint par la mort de l'usufruitier. Le conjoint survivant, qui avait conservé la nue-propriété de ses propres biens, retrouve alors la pleine propriété de ces biens sans formalité ni droit de mutation à payer, conformément à l'article 1133 du Code général des impôts qui exonère la réunion de l'usufruit à la nue-propriété par extinction. Cette mécanique constitue l'intérêt patrimonial central du démembrement croisé : elle organise la protection du survivant tout en limitant la transmission taxable aux héritiers. Les biens dont le défunt avait conservé la nue-propriété entrent dans sa succession, l'usufruit revenant au survivant ayant déjà été constitué de son vivant. La liquidation successorale se fait sous le contrôle du notaire chargé de la succession, qui établit l'attestation de propriété immobilière et procède aux formalités au Service de la Publicité Foncière. Les héritiers réservataires conservent leurs droits sur la réserve héréditaire prévue aux articles 912 et suivants du Code civil.
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