Acceptation de Succession Pure et Simple (Déclaration)
Code civil art. 768 à 781 - Code procédure civile art. 1338
DÉCLARATION D'ACCEPTATION DE SUCCESSION PURE ET SIMPLE
Conformément aux articles 768 à 781 du Code civil français
Enregistrement au greffe du Tribunal judiciaire (art. 1338 CPC)
L'Héritier Déclarant
Je soussigné(e):
[Heritier Nom]
Numéro fiscal individuel (NIF): [Heritier N I F]
Né(e) le: [Heritier Naissance]
Domicilié(e) à: [Heritier Adresse]
Lien de parenté avec le défunt: [Heritier Lien Parente]
Part successorale: [Part Successorale]
La Succession Concernée
SUCCESSION DE [Defunt Nom Option]
Décédé(e) le: [Defunt Deces Option]
Dernier domicile: [Defunt Domicile Option]
Acte de Notoriété: [Acte Notoriete Option]
Déclaration d'Option
DÉCLARATION D'ACCEPTATION
[Confirmation Acceptation]
[Declaration Conscience]
En application de l'article 785 du Code civil français, l'acceptation pure et simple emporte confusion du patrimoine successoral avec mon patrimoine personnel. Les créanciers de la succession peuvent me poursuivre sur mes biens propres pour les dettes successorales non couvertes par l'actif. Cette option est en principe irrévocable sauf fraude d'un cohéritier ou découverte d'une dette véritablement indétectable au moment de l'acceptation (art. 786 CC).
Dépôt au Greffe
DÉPÔT AU GREFFE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE
La présente déclaration est destinée à être enregistrée au greffe du:
[Tribunal Nom]
Fait à [Defunt Domicile Option], le [Dat Declaration Option]
Signature du déclarant:
_________________________________________
[Heritier Nom]
Héritier déclarant
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Acceptation de Succession Pure et Simple (Déclaration) ?
L'acceptation pure et simple d'une succession est, en droit français, l'option par laquelle l'héritier recueille l'actif successoral et répond indéfiniment des dettes du défunt, y compris sur son patrimoine personnel, régie par les articles 768 à 781 du Code civil tels que réformés par la loi n°2006-728 du 23 juin 2006.
La réforme opérée par la loi n°2006-728 du 23 juin 2006 a profondément modernisé le régime des options successorales en France. Avant 2006, l'héritier devait exercer son option dans un délai fixe et les règles d'acceptation tacite étaient imprécises. Depuis 2006, l'héritier bénéficie d'un délai de réflexion de dix ans à compter de l'ouverture de la succession (article 771 du Code civil) avant d'être contraint de prendre parti, et le régime des actes pouvant être accomplis sans emporter acceptation tacite a été clarifié. L'article 778 du Code civil prévoit cependant que certains actes de disposition ou d'administration dépassant la gestion courante valent acceptation tacite dès leur accomplissement.
L'héritier qui accepte purement et simplement est «saisi» de plein droit de l'ensemble du patrimoine successoral du défunt — actif et passif — à compter du décès, de manière rétroactive. L'article 724 du Code civil français précise que les héritiers désignés par la loi sont saisis de plein droit, sans avoir besoin d'aucune formalité spéciale pour prendre possession des biens successoraux mobiliers ordinaires. Pour les immeubles, la publication de la dévolution au Service de la Publicité Foncière (SPF) rattaché à la DGFiP est nécessaire pour rendre le droit de propriété opposable aux tiers selon le décret n°55-22 du 4 janvier 1955.
La principale conséquence de l'acceptation pure et simple est la confusion des patrimoines: le patrimoine personnel de l'héritier fusionne avec le patrimoine successoral selon l'article 785 du Code civil. Les créanciers du défunt peuvent donc poursuivre l'héritier sur ses biens propres pour le recouvrement des dettes successorales non apurées par l'actif de la succession. Cette conséquence peut être désastreuse pour un héritier acceptant une succession en apparence bénéficiaire qui se révèle postérieurement déficitaire en raison de dettes découvertes tardivement ou de passifs cachés (cautions, garanties, condamnations judiciaires en cours).
L'acceptation pure et simple peut être expresse, résultant d'une déclaration formelle de l'héritier enregistrée au greffe du Tribunal judiciaire conformément à l'article 1338 du Code de procédure civile, ou tacite, résultant de comportements non équivoques révélant l'intention d'accepter (actes de vente de biens successoraux, perception de revenus, paiement de dettes au-delà de la valeur des biens recueillis). La Cour de cassation a précisé dans de nombreux arrêts que certains actes très courants — conservation de correspondances, fermeture de comptes courants, encaissement de sommes modiques — ne valent pas acceptation tacite.
Depuis la loi n°2006-728 du 23 juin 2006, l'article 786 du Code civil permet à l'héritier acceptant purement et simplement de demander au Tribunal judiciaire de le décharger de sa responsabilité pour les dettes successorales découvertes postérieurement qu'il n'avait pas pu raisonnablement connaître au moment de l'acceptation. Cette disposition protectrice, introduite pour corriger les injustices les plus flagrantes, est appréciée sévèrement par les juges et ne couvre que les dettes véritablement indétectables lors de l'acceptation, comme une condamnation judiciaire non encore prononcée au décès ou une dette contractée sous une identité fictive.
Quand avez-vous besoin d'un Acceptation de Succession Pure et Simple (Déclaration) ?
L'Acceptation de Succession Pure et Simple en France est l'option adaptée à plusieurs situations successorales courantes où l'héritier dispose d'une connaissance suffisante du passif successoral et n'a pas à craindre une insolvabilité cachée.
Un héritier d'une succession manifestement bénéficiaire — actif nettement supérieur au passif, défunt sans dettes connues, patrimoine essentiellement immobilier acquis sans emprunt — peut accepter purement et simplement sans risque financier significatif. Dans ces situations, l'acceptation pure et simple évite les coûts et délais de l'inventaire notarial requis pour l'acceptation à concurrence de l'actif net, et simplifie les démarches auprès des banques, de la DGFiP et du Service de la Publicité Foncière (SPF).
Un héritier souhaitant exercer rapidement ses droits de propriété sur les biens successoraux — pour vendre un immeuble, continuer une activité professionnelle, ou débloquer des fonds urgents pour payer des frais — choisit souvent l'acceptation pure et simple pour sa simplicité procédurale. L'acceptation expresse par déclaration au greffe du Tribunal judiciaire est quasi-immédiate et n'exige pas la confection préalable d'un inventaire notarial contraignant et coûteux.
Un héritier dont le défunt a fait l'objet d'un examen patrimonial préalable approfondi — par exemple un notaire, un expert-comptable ou un avocat spécialisé — et qui dispose de la certitude que le passif successoral est inférieur ou très proche de l'actif, peut opter pour l'acceptation pure et simple en connaissance de cause. Une due diligence successorale bien conduite réduit considérablement le risque d'une acceptation malheureuse.
Un héritier universel unique sans cohéritier, successeur d'un défunt dont le passif est limité à des dettes hypothécaires garanties par des immeubles de valeur supérieure, n'a que peu à risquer en acceptant purement et simplement. Les créanciers hypothécaires ont une garantie sur les immeubles qui suffit souvent à couvrir leur créance, laissant l'héritier libre de se concentrer sur l'administration de l'actif.
Un enfant unique ou principal héritier d'un artisan ou d'un commerçant souhaitant reprendre l'entreprise familiale pour assurer sa continuité doit généralement accepter purement et simplement pour éviter la procédure d'inventaire qui retarderait dangereusement la prise en main de la direction. Le Mandat à Effet Posthume prévu aux articles 812 à 814-1 du Code civil peut compléter utilement l'acceptation pure et simple pour assurer la continuité de gestion pendant la période de règlement. Voir aussi l'Inventaire Successoral si des doutes persistent sur l'étendue du passif avant de prendre cette décision irréversible.
Que faut-il inclure dans votre Acceptation de Succession Pure et Simple (Déclaration) ?
Une Déclaration d'Acceptation de Succession Pure et Simple française valide et produisant des effets juridiques certains doit comporter plusieurs éléments essentiels définis par les articles 768 à 781 du Code civil.
Identification précise de l'héritier déclarant. La déclaration doit identifier l'héritier par ses nom, prénom, date de naissance, domicile et numéro fiscal individuel (NIF à 13 chiffres délivré par la DGFiP). Cette identification permet au greffe du Tribunal judiciaire d'enregistrer la déclaration et d'en délivrer un récépissé officiel ayant date certaine selon l'article 1338 du Code de procédure civile.
Identification de la succession et du défunt. La déclaration doit préciser l'identité du défunt (nom, prénom, date de décès, dernier domicile), la référence à l'Acte de Notoriété ou au certificat d'hérédité établissant la qualité d'héritier, et la part successorale de l'héritier déclarant. La désignation de la succession doit permettre au greffe de vérifier l'ouverture de la succession et la compétence territoriale du Tribunal judiciaire (dernier domicile du défunt).
Caractère exprès et non équivoque de l'acceptation. La déclaration doit exprimer clairement et sans équivoque la volonté d'accepter purement et simplement la succession dans son intégralité — actif et passif — sans limitation à la valeur de l'actif. La formule consacrée par la pratique est: «Je déclare accepter purement et simplement la succession de [défunt] dans les conditions prévues par les articles 768 à 781 du Code civil français». L'héritier reconnaît avoir été informé des conséquences juridiques de l'acceptation pure et simple, notamment la responsabilité personnelle illimitée vis-à-vis des créanciers successoraux.
Enregistrement au greffe du Tribunal judiciaire. L'article 782 du Code civil impose que la déclaration d'acceptation expresse soit enregistrée au greffe du Tribunal judiciaire du ressort du dernier domicile du défunt selon l'article 1338 du Code de procédure civile. Le greffe délivre un récépissé daté qui constitue la preuve de l'option exercée. L'héritier peut également effectuer cette démarche par courrier recommandé avec accusé de réception si le greffe du Tribunal judiciaire offre cette possibilité via son service de greffe électronique.
Conséquences sur le délai d'option des autres héritiers. Une fois qu'un héritier a accepté purement et simplement, les autres cohéritiers doivent exercer leur option dans les délais légaux. L'article 771 du Code civil leur accorde en principe dix ans à compter de l'ouverture de la succession, mais un créancier ou tout intéressé peut les sommer de prendre parti dans un délai réduit à quatre mois à compter de la sommation selon l'article 772 du Code civil.
Les modèles disponibles sur forms-legal.com incluent une clause expliquant clairement à l'héritier la différence entre l'acceptation pure et simple et l'acceptation à concurrence de l'actif net, et lui rappelant la possibilité de demander ultérieurement une décharge partielle de responsabilité au Tribunal judiciaire selon l'article 786 du Code civil pour les dettes successorales véritablement indétectables au moment de l'acceptation. Voir aussi l'Inventaire Successoral pour l'évaluation précise de l'actif net avant toute option.
Comment remplir votre Acceptation de Succession Pure et Simple (Déclaration)
La Déclaration d'Acceptation de Succession Pure et Simple en France peut être effectuée de manière simple auprès du greffe du Tribunal judiciaire. Voici les étapes à suivre.
Étape 1 — Réunir les documents d'identité. Préparez votre carte nationale d'identité ou passeport en cours de validité, l'acte de décès du défunt (obtenu à la mairie du lieu de décès), et l'Acte de Notoriété établissant votre qualité d'héritier (dressé par un Notaire).
Étape 2 — Vérifier la compétence du Tribunal judiciaire. La déclaration doit être enregistrée au greffe du Tribunal judiciaire du ressort du dernier domicile du défunt selon l'article 1338 du Code de procédure civile. Consultez le site du Ministère de la Justice (justice.fr) pour identifier le Tribunal judiciaire territorialement compétent.
Étape 3 — Rédiger la déclaration d'acceptation. Rédigez la déclaration en mentionnant votre identité complète, l'identité du défunt, votre lien de parenté et votre part successorale, et la formule d'acceptation pure et simple. Précisez que vous avez conscience des conséquences juridiques de cette option, notamment votre responsabilité personnelle illimitée vis-à-vis des créanciers du défunt au-delà de l'actif successoral.
Étape 4 — Déposer la déclaration au greffe. Présentez-vous au greffe du Tribunal judiciaire avec votre déclaration et les pièces justificatives (carte d'identité, acte de décès, Acte de Notoriété). Le greffier enregistre votre déclaration et vous remet un récépissé daté qui constitue la preuve officielle de votre option. Le dépôt est gratuit; aucun droit de timbre n'est dû pour cette formalité.
Étape 5 — Conserver le récépissé du greffe. Le récépissé d'enregistrement de votre acceptation constitue votre titre officiel d'héritier acceptant. Conservez-en plusieurs copies pour les présenter aux banques, aux administrations (DGFiP pour la Déclaration de succession, SPF pour les immeubles) et aux créanciers du défunt.
Étape 6 — Déposer la Déclaration de succession dans les délais. L'acceptation pure et simple ne dispense pas du dépôt de la Déclaration de succession (formulaire n°2705-SD) auprès du Service des Impôts des Particuliers (SIP) de la DGFiP dans les six mois suivant le décès selon l'article 641 du Code général des impôts.
Exigences juridiques pour Acceptation de Succession Pure et Simple (Déclaration)
L'Acceptation de Succession Pure et Simple en France est régie par les articles 768 à 781 du Code civil et les dispositions procédurales de l'article 1338 du Code de procédure civile.
Capacité civile de l'héritier. L'héritier doit être majeur (18 ans accomplis) et jouir de sa pleine capacité civile pour accepter valablement. Les mineurs et les majeurs sous tutelle ne peuvent pas accepter purement et simplement sans l'autorisation du juge des tutelles du Tribunal judiciaire selon l'article 387-1 et l'article 408 du Code civil. L'héritier sous curatelle simple peut accepter avec l'assistance du curateur; sous curatelle renforcée, il doit obtenir l'accord du curateur ou du juge.
Irréversibilité de l'acceptation. L'acceptation pure et simple est en principe irrévocable selon l'article 780 du Code civil. Une fois exprimée, l'héritier ne peut plus y renoncer ni passer à l'option d'acceptation à concurrence de l'actif net. Deux exceptions limitées permettent de demander l'annulation: la fraude par un cohéritier qui aurait dissimulé des actifs (article 780 alinéa 2 du Code civil), ou la découverte ultérieure d'une dette dont l'héritier «n'avait pas connaissance au moment de l'acceptation» permettant une décharge partielle selon l'article 786 du Code civil.
Délai d'exercice de l'option. L'héritier dispose de dix ans à compter de l'ouverture de la succession pour exercer son option, faute de quoi il est réputé avoir renoncé selon l'article 780 du Code civil. Le délai peut être réduit à quatre mois si un créancier ou un autre héritier le somme formellement de prendre parti selon l'article 772 du Code civil. La sommation est notifiée par acte de commissaire de justice (anciennement huissier de justice, réformé au 1er juillet 2022 par l'ordonnance n°2016-728).
Responsabilité personnelle illimitée. L'héritier acceptant purement et simplement est tenu des dettes du défunt au-delà de l'actif successoral, sur ses biens propres, selon l'article 785 du Code civil. La confusion des patrimoines est totale; les créanciers du défunt deviennent ses créanciers personnels pouvant exercer des voies d'exécution (saisie immobilière, saisie-arrêt, saisie de rémunérations) sur les biens personnels de l'héritier.
Effets à l'égard des tiers. La saisine de plein droit résultant de l'acceptation pure et simple (article 724 du Code civil) rend les héritiers propriétaires de l'actif successoral dès le jour du décès, sans formalité. Pour les immeubles, la publication au Service de la Publicité Foncière (SPF) est nécessaire pour l'opposabilité aux tiers selon le décret n°55-22 du 4 janvier 1955. La DGFiP n'exige pas la déclaration préalable de l'acceptation; seule la Déclaration de succession (formulaire n°2705-SD) dans les six mois (article 641 du CGI) est obligatoire.
Erreurs courantes à éviter dans votre Acceptation de Succession Pure et Simple (Déclaration)
L'Acceptation de Succession Pure et Simple en France expose à plusieurs risques que les héritiers ignorent souvent.
Accepter sans avoir évalué le passif successoral. L'erreur la plus courante consiste à accepter purement et simplement une succession sans avoir au préalable demandé au Notaire une évaluation du passif: emprunts bancaires, impôts arriérés, condamnations judiciaires, cautions accordées par le défunt. Un héritier acceptant un actif apparent de 150 000 EUR peut découvrir un passif de 200 000 EUR, se retrouvant personnellement redevable de 50 000 EUR sur ses biens propres. Solution: avant toute acceptation, mandatez un Notaire ou un avocat pour dresser un état du passif connu.
Confondre acceptation tacite et actes conservatoires. L'article 784 du Code civil dresse une liste d'actes non équivoques valant acceptation tacite: tout acte de disposition de biens successoraux (vente, donation, renonciation à un droit) vaut acceptation automatique, sans possibilité de revenir en arrière. En revanche, les actes purement conservatoires (inventaire des biens, renouvellement d'une assurance, paiement de charges urgentes) ne valent pas acceptation. Solution: évitez tout acte dépassant la gestion courante avant de prendre votre décision d'option.
Ignorer la possibilité d'accepter à concurrence de l'actif net. De nombreux héritiers ignorent l'existence de l'option d'acceptation à concurrence de l'actif net prévue à l'article 788 du Code civil, qui leur permettrait d'accepter la succession sans risquer leur patrimoine personnel. Cette option, bien que plus contraignante (inventaire notarial obligatoire dans deux mois), offre une protection totale contre les dettes cachées. Solution: consultez un Notaire ou un avocat spécialisé en droit des successions avant d'exercer votre option, notamment pour toute succession comportant une activité professionnelle, des cautions ou des dettes importantes.
Ne pas respecter le délai de la Déclaration de succession. L'acceptation pure et simple ne prolonge pas le délai de six mois pour déposer la Déclaration de succession (formulaire n°2705-SD) auprès de la DGFiP selon l'article 641 du CGI. Tout retard engendre des intérêts de 0,20 % par mois et des pénalités pouvant atteindre 40 % des droits éludés. Solution: saisissez un Notaire ou un conseiller fiscal dans les premières semaines suivant le décès pour préparer la déclaration dans les délais.
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L'acceptation pure et simple, régie par les articles 768 à 781 du Code civil français, engage l'héritier personnellement pour toutes les dettes du défunt, même si elles excèdent la valeur de l'actif successoral. La confusion des patrimoines est totale selon l'article 785 du Code civil: les créanciers du défunt peuvent poursuivre l'héritier sur ses biens propres pour les dettes non apurées par l'actif successoral. L'acceptation à concurrence de l'actif net, prévue par l'article 788 du Code civil et introduite par la loi n°2006-728 du 23 juin 2006, permet à l'héritier d'accepter la succession sans jamais devoir rembourser les dettes successorales sur ses biens personnels; sa responsabilité est limitée à la valeur de l'actif recueilli. Cette seconde option est plus protectrice mais plus contraignante: elle impose la confection d'un inventaire notarial dans les deux mois suivant la déclaration d'option au greffe du Tribunal judiciaire selon l'article 790 du Code civil, sous peine de caducité automatique de l'option.
L'acceptation pure et simple est en principe irrévocable selon l'article 780 du Code civil français. Deux exceptions limitées permettent de demander l'annulation ou une décharge partielle. Premièrement, si l'acceptation a été obtenue par dol (fraude d'un cohéritier ayant dissimulé des actifs ou des passifs pour induire l'héritier en erreur), le Tribunal judiciaire peut prononcer la nullité de l'acceptation selon l'article 780 alinéa 2 du Code civil. Deuxièmement, si l'héritier découvre postérieurement à son acceptation une dette du défunt qu'il ne pouvait pas raisonnablement connaître au moment de l'acceptation — condamnation judiciaire non encore rendue au décès, dette contractée sous fausse identité, caution non divulguée — le Tribunal judiciaire peut le décharger de tout ou partie de sa responsabilité pour cette dette selon l'article 786 du Code civil. La jurisprudence de la première chambre civile de la Cour de cassation apprécie sévèrement ces deux exceptions et les réserve aux cas les plus flagrants d'imprévisibilité.
L'acceptation tacite résulte de tout acte accompli par l'héritier qui suppose nécessairement sa volonté d'accepter la succession et qu'il n'aurait eu le droit de faire qu'en qualité d'héritier acceptant, selon l'article 778 du Code civil français. Les actes valant acceptation tacite selon la jurisprudence de la Cour de cassation comprennent notamment: la vente de biens meubles ou immeubles appartenant à la succession, la cession de créances successorales, la renonciation à un droit faisant partie de la succession (bail, servitude), la perception de loyers ou revenus successoraux pour son propre compte, le paiement de dettes personnelles avec des fonds successoraux, et la demande d'ouverture d'une procédure collective contre la succession. En revanche, les actes purement conservatoires énumérés à l'article 784 du Code civil ne valent pas acceptation: inventaire des biens, renouvellement d'assurance, paiement de dépenses urgentes et de charges liées à la conservation des biens, conservation des effets personnels à titre de souvenir.
L'héritier ayant accepté purement et simplement peut se protéger contre les dettes cachées découvertes postérieurement par deux mécanismes prévus par le Code civil français. Premièrement, l'article 786 du Code civil permet à l'héritier de demander au Tribunal judiciaire d'être déchargé de tout ou partie d'une dette successorale dont il «n'avait pas connaissance au moment de l'acceptation» et qu'il «n'a pu raisonnablement connaître». La demande doit être introduite rapidement après la découverte de la dette et est appréciée sévèrement par les juges. Deuxièmement, si la dette résulte d'une fraude d'un cohéritier ou du défunt lui-même, l'annulation de l'acceptation peut être demandée selon l'article 780 alinéa 2 du Code civil. En pratique, la meilleure protection reste préventive: avant d'accepter purement et simplement, demandez au Notaire d'effectuer un audit patrimonial du défunt incluant l'interrogation du FICOBA (Fichier des comptes bancaires), des registres de sûretés (inscriptions hypothécaires au SPF), du casier fiscal de la DGFiP, et des procédures judiciaires en cours devant le Tribunal de commerce et le Tribunal judiciaire.
Oui, l'acceptation pure et simple d'une succession peut être effectuée sans recourir à un Notaire pour la déclaration d'option elle-même. L'héritier peut rédiger lui-même sa déclaration d'acceptation expresse et la déposer directement au greffe du Tribunal judiciaire du ressort du dernier domicile du défunt selon l'article 1338 du Code de procédure civile. Le dépôt au greffe est gratuit. En revanche, pour les formalités postérieures à l'acceptation, l'intervention d'un Notaire est souvent indispensable: l'Acte de Notoriété établissant la qualité d'héritier (obligatoire pour les successions dépassant 5 000 EUR selon les banques), la Déclaration de succession auprès de la DGFiP, la publication au Service de la Publicité Foncière pour les immeubles, et le partage amiable entre cohéritiers. En pratique, l'intervention d'un Notaire dès le début du règlement successoral accélère et sécurise l'ensemble de la procédure, même si elle n'est pas légalement requise pour la seule déclaration d'option.
L'héritier dispose en principe d'un délai de dix ans à compter de l'ouverture de la succession (date du décès) pour exercer son option successorale, selon l'article 780 du Code civil français. À l'expiration de ce délai sans option exercée, l'héritier est réputé avoir renoncé. Ce délai de dix ans peut être réduit dans deux situations: premièrement, si un créancier de la succession ou un cohéritier somme formellement l'héritier de prendre parti, celui-ci dispose alors d'un délai réduit à quatre mois à compter de la sommation notifiée par acte de commissaire de justice selon l'article 772 du Code civil; deuxièmement, si le Tribunal judiciaire est saisi d'une demande d'autorisation de procéder au partage, il peut ordonner un délai de réflexion réduit. Le délai d'option est distinct du délai de six mois pour déposer la Déclaration de succession auprès de la DGFiP (article 641 du CGI) qui court indépendamment, sans attendre que l'héritier ait formellement exercé son option.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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