Inventaire Successoral (Notarial)
Code civil art. 790 - Code procédure civile art. R1334-1 - Loi n°2006-728 du 23 juin 2006
INVENTAIRE SUCCESSORAL
Conformément aux articles 790 du Code civil et R1334-1 à R1334-11 du Code de procédure civile
Notaire: [Notaire Inventaire]
Succession de
SUCCESSION DE [Defunt Nom Inventaire]
Décédé(e) le: [Defunt Deces Inventaire]
Option successorale envisagée: [Option Successorale]
I — Actif Immobilier
I. ACTIF IMMOBILIER
[Bien1 Immobilier]
[Bien2 Immobilier]
II — Actif Mobilier et Financier
II. ACTIF MOBILIER ET FINANCIER
Comptes bancaires et avoirs financiers:
[Comptes Financiers]
Valeurs mobilières et parts de société:
[Valeurs Mobilieres]
Meubles corporels et véhicules:
[Meubles Vehicules]
III — Passif Successoral
III. PASSIF SUCCESSORAL (DETTES DÉDUCTIBLES)
Emprunts bancaires: [Dettes Bancaires]
Autres dettes (fiscales, sociales, frais funéraires): [Autres Dettes]
Bilan Actif-Passif
BILAN SYNTHÉTIQUE
Actif brut total: [Actif Brut]
Passif total (dettes déductibles art. 768 CGI): [Passif Total]
ACTIF NET SUCCESSORAL: [Actif Net]
L'actif net successoral constitue la base de calcul des droits de succession selon le barème de l'article 777 du Code général des impôts (CGI). La Déclaration de succession (formulaire n°2705-SD) devra être déposée auprès du Service des Impôts des Particuliers (SIP) de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) dans le délai de six mois suivant le décès conformément à l'article 641 du CGI.
Dressé contradictoirement par le Notaire soussigné en présence des parties dûment convoquées.
Le Notaire instrumentant (signature et sceau):
_________________________________________
[Notaire Inventaire]
Notaire instrumentant
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Inventaire Successoral (Notarial) ?
L'Inventaire Successoral (Notarial) est, en droit français, un inventaire Successoral dressé par un Notaire. Il est régi par Code civil art. 790.
La réforme issue de la loi n°2006-728 du 23 juin 2006 a institué l'acceptation à concurrence de l'actif net (anciennement «bénéfice d'inventaire») comme option successorale centrale permettant aux héritiers d'accepter une succession sans risquer d'être tenus des dettes au-delà de la valeur des actifs recueillis. L'article 790 du Code civil français conditionne l'exercice de cette option à la confection d'un inventaire notarial dans les deux mois suivant la déclaration d'option, complété le cas échéant par un inventaire judiciaire ordonné par le Tribunal judiciaire. L'inventaire notarial permet ainsi aux héritiers d'accepter la succession en toute connaissance de cause, en évitant le risque de devoir rembourser les dettes du défunt sur leurs biens personnels.
L'Inventaire Successoral notarial se distingue de l'inventaire réalisé par un commissaire de justice (anciennement huissier de justice, depuis la réforme du 1er juillet 2022 issue de l'ordonnance n°2016-728) dans le cadre d'une procédure civile contentieuse, et de l'inventaire informel réalisé par les héritiers eux-mêmes pour leur propre organisation. Le Notaire, officier ministériel nommé par le Garde des Sceaux, bénéficie seul du pouvoir d'établir un inventaire successoral authentique produisant des effets juridiques opposables aux tiers et à l'administration fiscale.
La valeur de chaque bien inventorié est fixée selon la valeur vénale au jour du décès ou à défaut au jour le plus proche du décès où les circonstances le permettent, conformément à la jurisprudence de la première chambre civile de la Cour de cassation. Pour les immeubles, la valeur est fixée par le Notaire assisté d'un expert immobilier agréé par la Cour d'appel ou selon des estimations comparatives dans les mêmes secteur géographique et état. Pour les meubles corporels (mobilier, véhicules, bijoux, œuvres d'art), l'évaluation est réalisée par un commissaire-priseur judiciaire inscrit à la Chambre nationale des commissaires de justice ou par un expert reconnu dans la spécialité. Pour les valeurs mobilières (actions, obligations, OPCVM), la valeur est celle cotée en bourse au jour du décès ou évaluée par un établissement financier agréé par l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour les titres non cotés.
L'Inventaire Successoral produit plusieurs effets juridiques essentiels. En premier lieu, il établit la valeur des biens constituant l'assiette des droits de succession calculés par la Direction générale des finances publiques (DGFiP) selon le barème progressif des articles 777 à 791 ter du Code général des impôts. En second lieu, il sert de base au calcul de la réserve héréditaire et de la quotité disponible conformément aux articles 912 à 930 du Code civil. En troisième lieu, il permet l'application du régime de l'acceptation à concurrence de l'actif net selon l'article 788 du Code civil, qui protège les héritiers contre une succession déficitaire.
La confection de l'Inventaire Successoral est également une étape préalable indispensable à l'établissement de la Déclaration de succession (formulaire n°2705-SD) déposée auprès du Service des Impôts des Particuliers (SIP) de la DGFiP dans les six mois suivant le décès (douze mois si décès à l'étranger) conformément à l'article 641 du Code général des impôts. La concordance entre les valeurs de l'inventaire et celles déclarées à la DGFiP est systématiquement vérifiée lors des contrôles fiscaux de la Direction nationale des vérifications de situations fiscales (DNVSF).
Quand avez-vous besoin d'un Inventaire Successoral (Notarial) ?
L'Inventaire Successoral en France est requis dans plusieurs situations successorales précises où l'évaluation contradictoire des actifs et passifs est indispensable pour protéger les héritiers ou pour satisfaire des exigences légales.
Un héritier souhaitant opter pour l'acceptation à concurrence de l'actif net selon l'article 788 du Code civil doit impérativement faire dresser un inventaire notarial dans les deux mois suivant sa déclaration d'option enregistrée au greffe du Tribunal judiciaire. Cette option protège l'héritier contre le risque de devoir rembourser les dettes du défunt sur ses biens personnels si le passif successoral excède l'actif. Sans inventaire dans ce délai, l'option à concurrence de l'actif net est caduque et l'héritier est présumé avoir accepté purement et simplement selon l'article 790 alinéa 1 du Code civil.
Une succession comportant un passif important ou incertain — dettes bancaires, crédits immobiliers, cautions, impôts en retard auprès de la DGFiP, procédures judiciaires en cours — justifie un inventaire notarial pour permettre aux héritiers d'évaluer sereinement s'il est plus avantageux d'accepter ou de renoncer. Un héritier ignorant l'étendue du passif successoral prend un risque financier considérable en acceptant purement et simplement sans inventaire préalable.
Une succession comportant des héritiers mineurs ou des majeurs sous mesure de protection judiciaire (tutelle, curatelle renforcée) requiert obligatoirement un inventaire notarial selon l'article 408 du Code civil, même si les héritiers majeurs capables préfèrent renoncer à cet instrument. Le juge des tutelles du Tribunal judiciaire peut ordonner l'inventaire pour protéger les intérêts des personnes vulnérables et contrôler l'administration de la succession.
Une succession comprenant des actifs professionnels — fonds de commerce, parts de SARL ou de SAS, droits de propriété intellectuelle, stocks de marchandises — nécessite un inventaire pour évaluer correctement la valeur de l'entreprise à la date du décès et calculer les droits de succession applicables, notamment pour bénéficier le cas échéant de l'exonération Pacte Dutreil (articles 787 B et 787 C du CGI) exigeant une évaluation rigoureuse des titres.
Une succession faisant l'objet d'un désaccord entre co-héritiers sur la valeur des biens ou sur l'existence de certains actifs et passifs doit être soumise à l'inventaire notarial pour fournir une base d'évaluation indépendante et contradictoire. L'inventaire est opposable à tous les héritiers présents ou représentés lors de sa confection, réduisant ainsi les risques de contentieux ultérieurs devant le Tribunal judiciaire. Voir aussi le Testament Olographe pour une planification anticipée avant la succession et le Partage Amiable de Succession pour la répartition des biens après inventaire.
Que faut-il inclure dans votre Inventaire Successoral (Notarial) ?
Un Inventaire Successoral notarial valide et opposable aux créanciers, aux héritiers et à l'administration fiscale doit comporter plusieurs éléments essentiels définis par les articles R1334-1 à R1334-11 du Code de procédure civile et la pratique notariale française.
Convocation et présence des parties. L'inventaire est dressé de manière contradictoire: toutes les parties à la succession — héritiers, légataires, créanciers connus — sont convoquées par lettre recommandée avec accusé de réception adressée par le Notaire. La présence de tous n'est pas obligatoire pour la validité de l'inventaire, mais l'absence d'une partie bien que dûment convoquée la prive de la faculté de contester ultérieurement les évaluations retenues. Le Notaire dresse un procès-verbal de présence mentionnant toutes les parties convoquées et celles effectivement présentes.
Description de l'actif successoral. L'inventaire décrit de manière exhaustive tous les biens composant l'actif successoral au jour du décès: biens immeubles (avec références cadastrales — commune, section, numéro de parcelle — et valeur estimée), biens meubles corporels (mobilier, véhicules avec VIN et immatriculation, bijoux, collections, œuvres d'art avec estimation par expert), valeurs mobilières (actions cotées et non cotées, obligations, parts de SARL, OPCVM avec leur valeur au jour du décès), créances (débiteurs avec montants et échéances), assurances-vie hors succession (avec mention du régime fiscal de l'article 990-I du CGI), comptes bancaires auprès des établissements financiers agréés par l'ACPR.
Description du passif successoral. L'inventaire répertorie toutes les dettes du défunt: emprunts bancaires (montant restant dû au jour du décès auprès des établissements prêteurs), dettes fiscales envers la DGFiP (IR, IFI, TVA pour les professionnels), dettes sociales envers l'URSSAF, France Travail, AGIRC-ARRCO, cautions données pour des tiers, frais funéraires (déductibles selon l'article 775 du CGI dans la limite de 1 500 EUR), frais de maladie de la dernière année, procédures judiciaires en cours.
Évaluation des biens. La méthode d'évaluation utilisée pour chaque catégorie de bien est précisée dans l'inventaire: comparaison de marché pour les immeubles (avec références de transactions récentes dans le même secteur), cote officielle pour les valeurs mobilières cotées sur Euronext Paris, expertise de commissaire-priseur ou de spécialiste agréé pour les biens mobiliers exceptionnels. Les modèles disponibles sur forms-legal.com pour la France comportent des tableaux standardisés conformes aux exigences de la DGFiP pour l'évaluation des actifs successoraux.
Bilan actif-passif et valeur nette successorale. L'inventaire présente enfin un bilan récapitulatif distinguant l'actif brut total, les dettes déductibles du passif, et l'actif net successoral constituant l'assiette des droits de succession. Ce bilan sert de référence pour la Déclaration de succession (formulaire n°2705-SD) auprès du Service des Impôts des Particuliers (SIP) de la DGFiP et pour le calcul des droits de succession selon le barème de l'article 777 du CGI.
Signature du Notaire et des parties présentes. L'inventaire est signé par le Notaire instrumentant, qui appose son sceau officiel, et par toutes les parties présentes lors du dressage. Le Notaire dresse un procès-verbal reprenant les éventuelles observations ou contestations formulées par les héritiers lors de la confection, qui seront soumises au juge si elles ne sont pas résolues amiablement. Voir aussi l'Acte de Notoriété pour l'établissement préalable de la qualité d'héritier, indispensable avant l'inventaire.
Comment remplir votre Inventaire Successoral (Notarial)
L'Inventaire Successoral en France est dressé par un Notaire avec le concours des héritiers et, le cas échéant, d'experts spécialisés. Voici les étapes pour préparer cette procédure efficacement.
Étape 1 — Saisir le Notaire dans les délais légaux. Si vous souhaitez opter pour l'acceptation à concurrence de l'actif net, saisissez le Notaire immédiatement après le décès car l'inventaire doit être dressé dans les deux mois suivant votre déclaration d'option au greffe du Tribunal judiciaire selon l'article 790 du Code civil. Sans respect de ce délai, votre option est caduque et vous êtes présumé avoir accepté purement et simplement.
Étape 2 — Rassembler les documents sur les actifs. Préparez: les titres de propriété immobilière (actes authentiques conservés chez le Notaire précédent ou au SPF), les relevés bancaires et les IBAN de tous les comptes du défunt, les attestations de valeurs mobilières au jour du décès délivrées par les établissements financiers, les contrats d'assurance-vie et les bulletins d'adhésion, les titres de propriété des véhicules (carte grise), les actes de constitution des sociétés dont le défunt était associé (Kbis, statuts).
Étape 3 — Rassembler les documents sur le passif. Réunissez: les tableaux d'amortissement des emprunts en cours avec les montants restant dus au jour du décès, les relevés de l'Agence France Trésor pour les obligations d'État, les derniers avis d'imposition (IR, IFI) de la DGFiP, les éventuels courriers de créanciers ou procédures judiciaires en cours, les factures de frais funéraires déductibles selon l'article 775 du CGI.
Étape 4 — Participer à la séance d'inventaire chez le Notaire. Présentez-vous ou envoyez un représentant muni d'une procuration authentifiée à la date et heure convoquées par le Notaire. Apportez toute pièce justificative non encore transmise et faites valoir vos observations sur les évaluations proposées. Vos remarques sont consignées dans le procès-verbal d'inventaire.
Étape 5 — Utiliser l'inventaire pour la déclaration de succession. Transmettez le bilan actif-passif de l'inventaire à votre conseiller fiscal ou au Notaire pour établir la Déclaration de succession (formulaire n°2705-SD) auprès du Service des Impôts des Particuliers (SIP) dans le délai de six mois suivant le décès selon l'article 641 du CGI.
Exigences juridiques pour Inventaire Successoral (Notarial)
L'Inventaire Successoral en France est régi par les articles 790 du Code civil et R1334-1 à R1334-11 du Code de procédure civile, complétés par les règles fiscales des articles 777 à 791 ter du Code général des impôts.
Procédure contradictoire obligatoire. L'article R1334-1 du Code de procédure civile impose que l'inventaire soit dressé en présence de toutes les parties convoquées ou en leur absence si elles ont été régulièrement convoquées. La contradiction garantit que chaque héritier peut contester les évaluations du Notaire lors de la séance et consigner ses observations au procès-verbal.
Delais impératifs pour l'acceptation à concurrence de l'actif net. L'article 790 alinéa 1 du Code civil impose que l'inventaire soit dressé dans les deux mois suivant la déclaration d'option enregistrée au greffe du Tribunal judiciaire. Ce délai est de rigueur: tout dépassement entraîne la caducité automatique de l'option et la présomption d'acceptation pure et simple.
Compétence exclusive du Notaire. L'article R1334-2 du Code de procédure civile désigne le Notaire comme officier ministériel exclusivement compétent pour dresser l'inventaire notarial successoral. Un commissaire de justice peut dresser un inventaire mobilier, mais seul le Notaire peut établir un inventaire successoral global ayant force probante authentique.
Evaluation conforme aux exigences de la DGFiP. Les valeurs retenues dans l'inventaire doivent correspondre à la valeur vénale réelle des biens au jour du décès. La Direction nationale des vérifications de situations fiscales (DNVSF) de la DGFiP peut contester des évaluations manifestement sous-estimées et notifier une rectification assortie d'un rappel de droits de succession et de pénalités de 40 % en cas de manquement délibéré selon l'article 1729 du CGI.
Publicité de l'inventaire. L'inventaire notarial est déposé au rang des minutes du Notaire et est accessible aux parties à la succession et à leurs représentants légaux. La DGFiP peut en demander communication dans le cadre d'un contrôle fiscal successoral. Les délais de prescription de la Déclaration de succession sont de trois ans à compter du dépôt selon l'article L180 du Livre des procédures fiscales (LPF).
Erreurs courantes à éviter dans votre Inventaire Successoral (Notarial)
La confection d'un Inventaire Successoral en France expose à plusieurs erreurs fréquentes qui peuvent invalider l'option d'acceptation à concurrence de l'actif net ou exposer les héritiers à un redressement fiscal.
Ne pas respecter le délai de deux mois pour l'inventaire. L'article 790 du Code civil impose un délai strict de deux mois entre la déclaration d'option à concurrence de l'actif net et la confection de l'inventaire. Tout dépassement entraîne la caducité de l'option et l'acceptation pure et simple, avec toutes ses conséquences sur les dettes du défunt. Solution: saisissez le Notaire dans les premiers jours suivant le décès pour prendre date et planifier la séance d'inventaire dans les délais.
Sous-évaluer les actifs immobiliers pour réduire les droits de succession. La Direction nationale des vérifications de situations fiscales (DNVSF) de la DGFiP dispose de bases de données de transactions immobilières (DVF — Demandes de Valeur Foncière) pour détecter les évaluations manifestement sous-estimées. Un écart supérieur à 10-20 % par rapport aux prix du marché peut déclencher un redressement fiscal assorti de pénalités de 40 % en cas de manquement délibéré selon l'article 1729 du CGI. Solution: demandez au Notaire de mandater un expert immobilier agréé pour établir une évaluation documentée.
Omettre des actifs dans l'inventaire. L'inventaire doit être exhaustif. L'omission d'un actif — compte bancaire oublié, assurance-vie non signalée, créance sur un tiers — peut être requalifiée en dissimulation fiscale si elle est découverte lors d'un contrôle, exposant les héritiers à des pénalités de 40 % à 80 % selon la gravité. Solution: demandez à la DGFiP la liste des comptes bancaires du défunt via la procédure FICOBA (Fichier des comptes bancaires), accessible aux héritiers via le Notaire.
Ignorer les dettes déductibles du passif. L'article 768 du CGI permet la déduction des dettes du défunt de l'actif brut successoral. Les frais funéraires (dans la limite de 1 500 EUR selon l'article 775 du CGI), les emprunts bancaires, les impôts dus et non payés à la date du décès, et les frais de maladie de la dernière année sont déductibles. L'omission de ces déductions augmente artificiellement l'assiette taxable et génère un excédent de droits de succession. Solution: rassemblez tous les justificatifs de dettes et remettez-les au Notaire lors de la préparation de l'inventaire.
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Non, l'Inventaire Successoral notarial n'est pas obligatoire pour toutes les successions françaises. L'article 790 du Code civil français le rend obligatoire uniquement pour les héritiers qui souhaitent opter pour l'acceptation à concurrence de l'actif net, dans un délai de deux mois suivant leur déclaration d'option au greffe du Tribunal judiciaire. L'inventaire devient également obligatoire lorsque des héritiers sont mineurs ou placés sous mesure de protection judiciaire (tutelle, curatelle renforcée), afin de protéger leurs intérêts sous le contrôle du juge des tutelles. Pour les successions simples comportant des héritiers majeurs capables qui acceptent purement et simplement sans risque de passif excessif, l'inventaire est facultatif mais fortement recommandé pour deux raisons: il constitue une base d'évaluation incontestable pour la DGFiP et il évite les conflits entre cohéritiers sur la valeur des biens.
Le délai pour dresser l'Inventaire Successoral varie selon le contexte. Pour les héritiers souhaitant opter pour l'acceptation à concurrence de l'actif net, l'article 790 du Code civil français impose un délai impératif de deux mois suivant la déclaration d'option enregistrée au greffe du Tribunal judiciaire. Ce délai est de rigueur et son non-respect entraîne la caducité automatique de l'option. Pour les successions sans option à concurrence de l'actif net, l'inventaire peut être dressé à tout moment avant la clôture des opérations de liquidation-partage, mais il doit être cohérent avec la Déclaration de succession (formulaire n°2705-SD) déposée dans les six mois suivant le décès (douze mois si décès à l'étranger) conformément à l'article 641 du Code général des impôts. En pratique, les Notaires recommandent de dresser l'inventaire dans les deux à trois mois suivant le décès pour respecter toutes les contraintes fiscales et successorales.
Les émoluments notariaux pour un Inventaire Successoral sont réglementés par le décret n°2020-179 du 28 février 2020 portant réforme du tarif des notaires. Le coût dépend de la valeur totale des actifs successoraux: les émoluments sont calculés selon un barème dégressif allant de 1,935% pour les premiers 6 500 EUR à 0,242% au-delà de 60 000 EUR, auxquels s'applique la TVA à 20%. À ces émoluments s'ajoutent les frais des experts mandatés pour l'évaluation des biens complexes: commissaire-priseur judiciaire (100 à 300 EUR/heure selon la Chambre nationale des commissaires de justice), expert immobilier agréé (300 à 800 EUR par bien), expert en valeurs mobilières. Pour une succession de 500 000 EUR d'actifs, les frais totaux (émoluments + experts + TVA) se situent généralement entre 3 000 et 8 000 EUR selon la complexité.
L'Inventaire Successoral est l'instrument clé de l'option d'acceptation à concurrence de l'actif net prévue à l'article 788 du Code civil français. Cette option permet à l'héritier de limiter sa responsabilité aux dettes du défunt à hauteur de l'actif successoral recueilli, sans jamais devoir rembourser les dettes sur son patrimoine personnel. L'inventaire notarial établit le seuil maximum de responsabilité de l'héritier en quantifiant précisément l'actif brut au jour du décès. Si le passif du défunt excède l'actif inventorié, l'héritier ayant opté à concurrence de l'actif net ne doit aux créanciers que la valeur des actifs recueillis, sa fortune personnelle restant intouchée. Les créanciers de la succession sont payés dans l'ordre prévu par l'article 796-1 du Code civil selon les priorités légales. Cette protection est fondamentale pour les successions d'entrepreneurs endettés, de particuliers ayant contracté des emprunts importants, ou de défunts impliqués dans des procédures judiciaires dont l'issue financière est incertaine.
La découverte d'un actif successoral non répertorié dans l'inventaire initial peut donner lieu à un inventaire complémentaire ou rectificatif dressé par le Notaire, permettant d'intégrer le bien omis dans l'actif successoral et d'en calculer les droits de succession correspondants. Du point de vue fiscal, tout actif successoral découvert après la clôture de la Déclaration de succession doit être déclaré spontanément à la Direction générale des finances publiques (DGFiP) en déposant une Déclaration complémentaire (formulaire n°2705-SD complémentaire). En cas de déclaration spontanée, les droits supplémentaires sont dus avec intérêts de retard de 0,20% par mois selon l'article 1727 du CGI, sans pénalité spécifique. En revanche, si la DGFiP découvre l'actif omis lors d'un contrôle fiscal, les pénalités peuvent atteindre 40% des droits éludés en cas de manquement délibéré (article 1729 du CGI) et 80% en cas de manœuvres frauduleuses. La transparence immédiate est donc vivement recommandée par les Notaires et les avocats fiscalistes.
Oui, l'Inventaire Successoral et la Déclaration de succession sont deux actes juridiques distincts mais complémentaires dans le règlement d'une succession française. L'Inventaire Successoral, dressé par le Notaire conformément aux articles 790 du Code civil et R1334-1 du Code de procédure civile, est un acte authentique de droit privé entre les parties à la succession qui répertorie et évalue l'actif et le passif. La Déclaration de succession (formulaire n°2705-SD) est un acte fiscal déposé obligatoirement auprès du Service des Impôts des Particuliers (SIP) de la DGFiP dans les six mois suivant le décès (article 641 du CGI). La Déclaration de succession est basée sur les valeurs retenues dans l'inventaire notarial et sert au calcul et au paiement des droits de succession selon le barème de l'article 777 du CGI. Les deux actes sont complémentaires: l'inventaire fournit les données, et la déclaration les transmet à l'administration fiscale pour liquidation des droits. Une incohérence entre les deux peut déclencher un contrôle fiscal.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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