Donation Entre Vifs (Acte de Donation)
Code civil français art. 893 à 925 et art. 931 - acte notarié obligatoire
ACTE DE DONATION ENTRE VIFS
Conformément aux articles 893 à 925 et 931 du Code civil français
Identification des Parties
L'an [année], le [jour] [mois], en l'étude soussignée:
ONT COMPARU:
DONATEUR:
[Donateur Nom]
Numéro fiscal individuel: [Donateur N I F]
Né(e) le: [Donateur Naissance]
Domicilié(e) à: [Donateur Adresse]
État civil: [Donateur Etat Civil]
DONATAIRE:
[Donataire Nom]
Numéro fiscal individuel: [Donataire N I F]
Né(e) le: [Donataire Naissance]
Domicilié(e) à: [Donataire Adresse]
Lien de parenté avec le donateur: [Lien Parente]
Article 1 - Objet de la Donation
ARTICLE 1 - OBJET DE LA DONATION
Le donateur, en pleine connaissance de cause et avec intention libérale (animus donandi), donne par les présentes au donataire, qui accepte expressément, le bien suivant:
Type de bien: [Type Bien]
Description: [Description Bien]
Origine de propriété: [Origine Propriete Bien]
Évaluation à la date de la donation: [Evaluation Bien]
Le donateur déclare que le bien donné est libre de toute hypothèque, privilège, servitude ou autre charge réelle, et qu'il en a la pleine et libre disposition.
Article 2 - Modalités de la Donation
ARTICLE 2 - FORME ET MODALITÉS DE LA DONATION
Forme de la donation: [Forme Donation]
Pour la donation avec réserve d'usufruit, la valeur de la nue-propriété transmise est calculée selon le barème fiscal de l'article 669 du Code général des impôts en fonction de l'âge du donateur usufruitier à la date de la donation.
Clause de droit de retour conventionnel: [Clause Retour]
Charges et obligations imposées au donataire: [Charges Obligations]
Régime au regard de la succession: [Rapport Succession]
Article 3 - Acceptation du Donataire
ARTICLE 3 - ACCEPTATION EXPRESSE DU DONATAIRE
Conformément à l'article 932 du Code civil français, le donataire déclare accepter expressément la présente donation dans toutes ses dispositions et modalités.
Modalités d'acceptation: [Acceptation Donataire]
Représentant légal (le cas échéant): [Representant Legal]
Le donataire reconnaît avoir reçu copie complète de l'acte, en avoir compris toutes les dispositions, et déclare accepter la donation dans tous ses effets et conséquences juridiques et fiscales.
Article 4 - Régime Fiscal de la Donation
ARTICLE 4 - DROITS DE MUTATION À TITRE GRATUIT
Les droits de mutation à titre gratuit seront calculés selon les articles 777 et 779 du Code général des impôts en fonction du lien de parenté entre donateur et donataire, après application des abattements personnels (100 000 EUR par enfant et par parent renouvelable tous les 15 ans selon l'article 784 du CGI).
Pour les dons manuels de somme d'argent, l'abattement spécifique de 31 865 EUR de l'article 790 G du CGI (dispositif TEPA) s'applique en outre sous conditions d'âge du donateur (moins de 80 ans) et de majorité du donataire.
Le Notaire instrumentant procédera au calcul des droits et au paiement auprès du Service de l'Enregistrement de la DGFiP dans le mois suivant l'acte (formulaire n°2735-SD), ou au Service de la Publicité Foncière (SPF) compétent pour les donations immobilières dans les six mois.
Article 5 - Irrévocabilité
ARTICLE 5 - IRRÉVOCABILITÉ DE LA DONATION
Conformément à l'article 894 du Code civil français («donner et retenir ne vaut»), la présente donation est irrévocable, sauf dans les trois cas exceptionnels prévus à l'article 953 du Code civil: inexécution des charges (article 954 CC), ingratitude du donataire (article 955 CC), survenance d'enfant (articles 960 à 966 CC).
Le donateur reconnaît avoir été informé par le Notaire de l'irrévocabilité de principe de la donation et de ses conséquences patrimoniales définitives.
Article 6 - Formalités
ARTICLE 6 - FORMALITÉS DE PUBLICATION ET D'ENREGISTREMENT
Le Notaire instrumentant procédera aux formalités fiscales obligatoires dans les délais légaux: publication au Service de la Publicité Foncière (SPF) compétent dans les six mois pour les donations immobilières moyennant les droits de mutation et la taxe de publicité foncière; déclaration au Service de l'Enregistrement de la DGFiP dans le mois pour les donations mobilières (formulaire n°2735-SD).
L'acte sera conservé en minute dans le minutier du Notaire instrumentant conformément à l'article 931 du Code civil français, et le donataire recevra une expédition exécutoire.
FAIT, LU, APPROUVÉ ET SIGNÉ
À [Lieu Acte], le [Date Acte]
Signature du donateur:
_________________________________________
[Donateur Nom]
Signature du donataire (acceptation expresse):
_________________________________________
[Donataire Nom]
Signature et sceau du Notaire instrumentant:
_________________________________________
[Notaire Nom]
Donateur
________________
Signature
Donataire
________________
Signature
Notaire
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Donation Entre Vifs (Acte de Donation) ?
La Donation Entre Vifs (Acte de Donation) est, en droit français, un acte de Donation Entre Vifs dressé par un Notaire. Il est régi par Code civil français art. 893 à 925.
La Donation Entre Vifs se caractérise par trois éléments essentiels selon l'article 894 du Code civil français: l'acte par lequel le donateur se dépouille actuellement et irrévocablement du bien donné, l'acceptation par le donataire intervenue de son vivant, et l'intention libérale (animus donandi) qui distingue la donation de la vente, de l'échange ou de toute autre transmission à titre onéreux. L'absence de l'un de ces éléments empêche la qualification juridique de donation et expose l'acte à la requalification par l'administration fiscale ou à la nullité prononcée par le Tribunal judiciaire territorialement compétent.
La forme notariée est en principe obligatoire pour toute Donation Entre Vifs selon l'article 931 du Code civil français qui dispose que «tous actes portant donation entre vifs seront passés devant Notaires dans la forme ordinaire des contrats; et il en restera minute, sous peine de nullité.» Cette exigence solennelle protège le donateur contre les décisions prises à la légère et garantit l'authenticité de l'intention libérale. Quatre exceptions notables existent: le don manuel de biens meubles (espèces, bijoux, objets, titres au porteur) qui se réalise par simple tradition matérielle, le don de présent d'usage à l'occasion d'événements familiaux (mariage, anniversaire) selon l'article 852 du Code civil, le don de fruits et revenus, et la donation indirecte par renonciation à un droit ou stipulation pour autrui.
La portée de la Donation Entre Vifs reste encadrée par la règle impérative de la réserve héréditaire fixée par les articles 912 à 930 du Code civil français. La quotité disponible représente la moitié du patrimoine en présence d'un enfant, le tiers en présence de deux enfants, et seulement le quart en présence de trois enfants ou plus selon l'article 913 du Code civil. Toute donation excédant la quotité disponible appréciée au jour de l'ouverture de la succession (donc au jour du décès du donateur, valorisée à cette date) est sujette à l'action en réduction exercée par les héritiers réservataires devant le Tribunal judiciaire dans un délai de cinq ans à compter de l'ouverture de la succession ou deux ans à compter de la connaissance de la lésion (article 921 du Code civil).
L'avantage fiscal de la Donation Entre Vifs en France est considérable grâce au mécanisme des abattements renouvelables tous les 15 ans selon l'article 784 du Code général des impôts modifié par la loi de finances rectificative pour 2012. Les abattements 2026 sont: enfant et parent 100 000 EUR par parent et par enfant (article 779 du CGI), conjoint marié et partenaire pacsé 80 724 EUR (article 790 E et F du CGI), frère et sœur 15 932 EUR avec exonération sous conditions, neveu et nièce 7 967 EUR, personne handicapée abattement supplémentaire de 159 325 EUR. Le don manuel de somme d'argent bénéficie en outre d'un abattement spécifique de 31 865 EUR (article 790 G du CGI, dispositif TEPA) sous conditions d'âge du donateur (moins de 80 ans) et de majorité du donataire (18 ans accomplis).
La Donation Entre Vifs présente plusieurs caractéristiques juridiques importantes qui la distinguent du legs testamentaire. Premièrement, le bien donné sort immédiatement du patrimoine du donateur et entre dans celui du donataire, qui devient propriétaire avec tous les droits attachés (jouissance, usage, disposition, fruits). Deuxièmement, la donation est en principe irrévocable selon l'article 894 du Code civil («donner et retenir ne vaut»), sauf trois cas exceptionnels de révocation prévus par l'article 953 du Code civil: inexécution des charges, ingratitude du donataire (sévices, délits, injures graves, refus d'aliments), survenance d'enfant. Troisièmement, la donation peut être assortie de clauses spécifiques: réserve d'usufruit au profit du donateur (démembrement de propriété), interdiction d'aliéner pendant la vie du donateur, charges au profit du donateur ou d'un tiers, condition résolutoire. Le donateur peut également imposer le retour conventionnel des biens en cas de prédécès du donataire selon l'article 951 du Code civil. Voir aussi la Donation-Partage qui permet une transmission anticipée avec partage entre tous les héritiers présomptifs.
Quand avez-vous besoin d'un Donation Entre Vifs (Acte de Donation) ?
La Donation Entre Vifs en France répond à de nombreuses situations où une personne souhaite transmettre tout ou partie de son patrimoine de son vivant pour optimiser fiscalement la succession future, aider matériellement un proche, ou organiser la transition d'une entreprise familiale. Plusieurs configurations typiques justifient le recours à cet acte notarié.
Des parents souhaitant aider leurs enfants à acquérir leur résidence principale recourent régulièrement à la Donation Entre Vifs pour transmettre une somme d'argent destinée à l'apport personnel. Avec l'abattement de 100 000 EUR par parent et par enfant tous les 15 ans selon l'article 779 du CGI, un couple peut transmettre jusqu'à 200 000 EUR à chaque enfant sans aucun droit de donation. En cumul avec l'abattement spécifique de 31 865 EUR pour les dons manuels de sommes d'argent (article 790 G du CGI, dispositif TEPA) sous conditions, le total peut atteindre 263 730 EUR par enfant tous les 15 ans, somme considérable permettant de financer une part substantielle d'une acquisition immobilière dans les grandes métropoles françaises.
Un grand-parent souhaitant constituer une épargne pour ses petits-enfants utilise la Donation Entre Vifs avec l'abattement de 31 865 EUR par grand-parent et par petit-enfant tous les 15 ans selon l'article 790 G du CGI. Un grand-parent peut ainsi transmettre jusqu'à 31 865 EUR par petit-enfant majeur sans droit de donation, somme qui peut être placée sur un Plan d'Épargne Logement (PEL), une assurance-vie ou un Plan d'Épargne en Actions (PEA) ouvert au nom du petit-enfant pour préparer son avenir. Voir également la Clause Bénéficiaire d'Assurance-Vie pour une planification complémentaire hors succession.
Un entrepreneur souhaitant transmettre progressivement son entreprise familiale à un enfant continuateur recourt à la Donation Entre Vifs des parts ou actions sociales pour bénéficier du Pacte Dutreil régi par les articles 787 B et 787 C du Code général des impôts. Ce dispositif permet une exonération de droits de mutation à titre gratuit à hauteur de 75 % de la valeur des titres transmis, sous condition d'engagement collectif de conservation de deux ans, d'engagement individuel de quatre ans et de poursuite d'une fonction de direction pendant trois ans. Combiné avec l'abattement de 100 000 EUR de l'article 779 du CGI et le démembrement de propriété (donation de la nue-propriété avec réserve d'usufruit), l'optimisation fiscale peut être considérable.
Un propriétaire d'immeuble souhaitant transmettre un bien immobilier à un enfant tout en conservant la jouissance jusqu'à son décès utilise la Donation Entre Vifs avec réserve d'usufruit, technique de démembrement de propriété très répandue en France. La valeur de la nue-propriété transmise est calculée selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI en fonction de l'âge de l'usufruitier: 80 % de la valeur en pleine propriété si l'usufruitier a moins de 21 ans, dégressif jusqu'à 10 % si l'usufruitier a plus de 91 ans. Cette technique permet de réduire significativement l'assiette des droits de donation tout en permettant au donateur de continuer à habiter le bien ou d'en percevoir les loyers.
Un donateur souhaitant favoriser un tiers (concubin, ami, association) au-delà des limites permises par le Testament Olographe peut utiliser la Donation Entre Vifs pour transmettre immédiatement le bien en bénéficiant de l'effet de purge: la donation devient définitive et n'est plus contestable au-delà du délai de cinq ans pour action en réduction à compter du décès du donateur. Cette technique s'avère particulièrement utile pour les concubins qui n'ont aucun droit successoral légal et qui subissent les droits de succession à 60 % au-delà de l'abattement minimal de 1 594 EUR (article 777 du CGI).
Un parent souhaitant assurer à un enfant handicapé une protection patrimoniale à long terme peut recourir à la Donation Entre Vifs avec charges spécifiques (rente viagère, obligation de soins, interdiction d'aliéner) au profit de l'enfant. L'abattement supplémentaire de 159 325 EUR pour les personnes handicapées (article 779 II du CGI) s'ajoute à l'abattement de droit commun de 100 000 EUR, permettant une transmission jusqu'à 259 325 EUR sans droit de donation. Une donation graduelle ou résiduelle selon les articles 1048 et 1057 du Code civil français peut également être envisagée pour assurer la transmission ultérieure à un autre bénéficiaire au décès de l'enfant handicapé.
Des époux souhaitant se transmettre mutuellement leur patrimoine pour assurer la protection du conjoint survivant utilisent la Donation Entre Vifs entre époux, également appelée donation au dernier vivant régie par les articles 1091 à 1100 du Code civil français. Cette donation, exclusivement réservée aux personnes mariées (et exclue pour les partenaires pacsés ou concubins), peut porter sur la quotité disponible classique ou sur la quotité disponible spéciale entre époux (article 1094-1 du Code civil) qui élargit considérablement les droits du conjoint survivant en présence de descendants: usufruit total, ou un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit, ou la pleine propriété de la quotité disponible classique. Voir également le Testament Authentique pour formaliser une organisation successorale complète.
Que faut-il inclure dans votre Donation Entre Vifs (Acte de Donation) ?
Une Donation Entre Vifs valable en France exige le respect rigoureux d'éléments substantiels et formels définis par les articles 893 à 931 du Code civil français et complétés par les obligations fiscales du Code général des impôts. Voici les composantes indispensables que tout acte de donation doit intégrer, identifiées par la pratique notariale française et la jurisprudence de la première chambre civile de la Cour de cassation.
Identification complète du donateur et du donataire. L'acte doit comporter les nom, prénoms, date et lieu de naissance, profession, numéro fiscal individuel (NIF à 13 chiffres délivré par la DGFiP), domicile actuel et état civil détaillé des deux parties. Pour les personnes mariées, le régime matrimonial doit être mentionné (communauté légale, séparation de biens, participation aux acquêts, communauté universelle) ainsi que la date et le lieu du mariage. Pour les personnes pacsées, l'enregistrement à la mairie ou la convention notariale doit être précisé. Le Notaire vérifie l'identité par production de la carte nationale d'identité et obtient l'extrait d'acte de naissance auprès de la mairie du lieu de naissance.
Description précise du bien donné. Pour un immeuble situé en France, indiquer l'adresse complète, la commune, la section cadastrale, le numéro de parcelle et la superficie selon la matrice cadastrale de la DGFiP, ainsi que l'origine de propriété (acte d'acquisition, acte de partage, donation antérieure, succession). Pour un véhicule, mentionner la marque, le modèle, le numéro de châssis (VIN) et l'immatriculation auprès du Système d'Immatriculation des Véhicules (SIV). Pour des avoirs bancaires, identifier l'établissement (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale), le titulaire du compte et l'IBAN. Pour des parts de société, mentionner la dénomination sociale, le numéro SIREN, le siège social et la quotité de parts ou actions transmises.
Évaluation du bien et indication des droits de donation. L'acte doit comporter l'évaluation du bien donné à la date de la donation, qui sert d'assiette aux droits de mutation à titre gratuit calculés par le Service de la Publicité Foncière du SPF compétent en matière immobilière, ou par le Service de l'Enregistrement de la DGFiP pour les autres biens. Le Notaire calcule les droits selon les abattements applicables (100 000 EUR par enfant, 80 724 EUR pour le conjoint pacsé) et les taux progressifs de l'article 777 du CGI (5 % à 45 % en ligne directe). Le donateur peut prendre en charge les droits selon l'article 1712 du CGI, ce qui constitue une libéralité supplémentaire non imposable. La forms-legal.com plateforme propose des modèles de description et d'évaluation conformes aux exigences notariales pour faciliter cette étape.
Forme notariée obligatoire (article 931 du Code civil). Sauf exceptions (don manuel, présent d'usage, donation indirecte), la Donation Entre Vifs doit être passée devant Notaire dans la forme ordinaire des contrats et conservée en minute dans le minutier du Notaire, sous peine de nullité absolue prononcée par le Tribunal judiciaire. Cette exigence solennelle est d'ordre public et ne peut être contournée par convention sous seing privé. Le Notaire procède à la lecture intégrale de l'acte aux parties, vérifie leur capacité et leur consentement libre et éclairé, et conserve l'original (la minute) dans son minutier numéroté chronologiquement.
Acceptation expresse du donataire. L'article 932 du Code civil français exige que la donation soit acceptée expressément par le donataire, par acte notarié ou par acte séparé authentique. L'acceptation peut être donnée par le donataire majeur capable, ou par son représentant légal (parents pour un mineur, tuteur pour une personne sous tutelle). L'acceptation doit intervenir du vivant du donateur, à peine de nullité (article 932 alinéa 2 du Code civil); en cas de décès du donateur avant acceptation, la donation devient caduque et le bien retourne à la succession ab intestat. Le donateur peut révoquer l'offre de donation tant qu'elle n'a pas été acceptée.
Clauses optionnelles spécifiques. La Donation Entre Vifs peut être assortie de clauses adaptées aux objectifs du donateur. La réserve d'usufruit selon l'article 949 du Code civil permet au donateur de conserver la jouissance du bien et d'en percevoir les fruits jusqu'à son décès, avec calcul de la valeur de la nue-propriété transmise selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI. L'interdiction d'aliéner selon les articles 900-1 et suivants du Code civil empêche le donataire de vendre le bien pendant la vie du donateur ou pendant une durée fixée. Le droit de retour conventionnel selon l'article 951 du Code civil permet au donateur de récupérer le bien en cas de prédécès du donataire sans descendance. Les charges au profit du donateur (rente viagère, obligation de soins, droit d'usage et d'habitation) peuvent également être imposées.
Respect impératif de la réserve héréditaire. La donation doit respecter la quotité disponible selon l'article 913 du Code civil français: moitié pour 1 enfant, tiers pour 2 enfants, quart pour 3 enfants ou plus. Toute donation excédant la quotité disponible est rapportable à la succession lors de l'ouverture (article 843 du Code civil) ou réductible sur demande des héritiers réservataires devant le Tribunal judiciaire (article 920 du Code civil). Le Notaire conseille le donateur sur les techniques d'optimisation comme la donation-partage qui figea la valeur des biens donnés au jour de la donation, ou la renonciation anticipée à l'action en réduction (RAAR) par les héritiers réservataires selon l'article 929 du Code civil depuis la loi du 23 juin 2006.
Formalités fiscales et publicité foncière. Toute Donation Entre Vifs portant sur un immeuble doit faire l'objet d'une publication au Service de la Publicité Foncière (SPF) compétent dans les six mois à peine de pénalités. Le Notaire procède à cette formalité moyennant des frais (DMTO de 5,80 % pour les donations entre vifs, salaire du conservateur, taxe de publicité foncière). Pour les donations de biens meubles, la déclaration au Service de l'Enregistrement de la DGFiP intervient dans le mois suivant l'acte (formulaire n°2735-SD). Pour les dons manuels, le don doit être révélé à l'administration fiscale dans le mois suivant la révélation ou la constatation d'un événement le rendant taxable (formulaire n°2735-SD).
Comment remplir votre Donation Entre Vifs (Acte de Donation)
Établir une Donation Entre Vifs en France implique une procédure formelle conduite par un Notaire selon les articles 893 à 931 du Code civil français. Suivez ces étapes méthodiques pour préparer votre rendez-vous notarial et optimiser fiscalement la transmission anticipée de votre patrimoine.
Étape 1 — Identifier le bien à donner et son évaluation. Avant le rendez-vous notarial, identifiez précisément le bien que vous souhaitez donner (immeuble avec référence cadastrale consultable sur cadastre.gouv.fr, somme d'argent avec compte d'origine et IBAN, parts de société avec numéro SIREN, véhicule avec VIN et immatriculation SIV). Faites évaluer le bien à sa valeur vénale actuelle: pour un immeuble, demandez une estimation à un agent immobilier ou un expert agréé; pour des parts de société, demandez une évaluation à un expert-comptable inscrit à l'Ordre; pour des titres cotés, prenez la valeur de bourse à la date de la donation.
Étape 2 — Calculer les abattements et droits de donation applicables. Calculez le total des donations consenties au donataire pendant les 15 dernières années pour déterminer la part de l'abattement déjà utilisée selon l'article 784 du CGI. Les abattements 2026 sont: enfant et parent 100 000 EUR par parent et par enfant, conjoint marié 80 724 EUR, partenaire pacsé 80 724 EUR, frère et sœur 15 932 EUR avec conditions, neveu et nièce 7 967 EUR, personne handicapée abattement supplémentaire de 159 325 EUR. Le don manuel de somme d'argent bénéficie d'un abattement spécifique de 31 865 EUR (article 790 G du CGI) sous conditions d'âge du donateur (moins de 80 ans) et de majorité du donataire.
Étape 3 — Choisir le Notaire instrumentant. Sélectionnez un Notaire installé en France inscrit auprès de la Chambre des Notaires départementale, idéalement le Notaire de famille qui connaît votre situation patrimoniale. Pour les donations complexes (Pacte Dutreil, démembrement, donation graduelle), privilégiez un Notaire spécialisé en droit patrimonial. Le tarif des honoraires est partiellement réglementé par le décret n°2020-179 du 28 février 2020 et reste négociable au-delà de 150 000 EUR de valeur donnée.
Étape 4 — Préparer les documents d'identité et l'état civil. Rassemblez votre carte nationale d'identité ou passeport en cours de validité, votre dernier avis d'imposition portant votre numéro fiscal individuel (NIF à 13 chiffres), votre livret de famille mentionnant votre régime matrimonial et vos enfants éventuels, et un justificatif de domicile récent. Pour le donataire, demandez les mêmes documents. Pour un immeuble, joignez le titre de propriété, le dernier avis de taxe foncière, le DPE et les diagnostics obligatoires.
Étape 5 — Décider du type de donation et des clauses. Décidez avec le Notaire de la modalité de donation la plus adaptée: donation en pleine propriété (transmission complète et définitive), donation avec réserve d'usufruit (démembrement permettant au donateur de conserver la jouissance), donation graduelle ou résiduelle (transmission successive à plusieurs bénéficiaires selon les articles 1048 et 1057 du Code civil), donation-partage (répartition entre tous les héritiers présomptifs). Réfléchissez aux clauses optionnelles: interdiction d'aliéner pendant votre vie, droit de retour conventionnel en cas de prédécès du donataire, charges au profit du donateur.
Étape 6 — Vérifier l'accord et la capacité du donataire. Le donataire doit accepter expressément la donation par acte notarié ou par acte séparé authentique selon l'article 932 du Code civil français. Vérifiez son accord préalable et sa disponibilité pour le rendez-vous notarial. Pour un donataire mineur, l'acceptation est donnée par ses parents en qualité de représentants légaux ou par son tuteur en cas de mesure de protection. Pour un donataire sous tutelle, l'acceptation requiert l'autorisation du juge des tutelles du Tribunal judiciaire.
Étape 7 — Lors du rendez-vous, dictée et lecture de l'acte. Le jour du rendez-vous, le Notaire procède à la rédaction de l'acte authentique de donation en présence du donateur et du donataire. L'acte mentionne l'identification complète des parties, la description précise du bien, son évaluation, les clauses optionnelles, l'acceptation expresse du donataire, et le calcul des droits de donation. Le Notaire procède à la lecture intégrale de l'acte aux parties qui peuvent demander des précisions ou des modifications.
Étape 8 — Signatures et remise des fonds ou du bien. Une fois l'acte approuvé, le donateur et le donataire signent l'acte en présence du Notaire. Pour une donation de somme d'argent, le donateur procède au virement bancaire ou remet le chèque au donataire lors du rendez-vous ou dans les jours suivants. Pour une donation d'immeuble, la remise des clés peut intervenir immédiatement si la donation est en pleine propriété, ou être différée au décès du donateur si l'usufruit est réservé.
Étape 9 — Formalités fiscales et publication. Le Notaire procède aux formalités fiscales obligatoires: pour une donation d'immeuble, publication au Service de la Publicité Foncière (SPF) compétent dans les six mois moyennant les DMTO de 5,80 % et la taxe de publicité foncière; pour une donation de biens meubles, déclaration au Service de l'Enregistrement de la DGFiP dans le mois suivant l'acte (formulaire n°2735-SD); pour un don manuel ultérieur, déclaration dans le mois suivant la révélation ou la constatation d'un événement le rendant taxable. Le donateur ou le donataire (selon convention) règle les droits de mutation à titre gratuit calculés.
Étape 10 — Régler les honoraires notariaux et conserver les justificatifs. Les honoraires de la Donation Entre Vifs varient selon la valeur du bien donné et la complexité de l'acte, généralement entre 500 et 2 000 EUR HT pour une donation simple, et jusqu'à 5 000 EUR HT pour les donations complexes (démembrement, Pacte Dutreil, donation graduelle). Le règlement intervient au moment de la signature ou par chèque dans les jours suivants. Conservez précieusement l'expédition de l'acte authentique remise par le Notaire et l'attestation d'enregistrement fiscal: ces documents seront nécessaires pour justifier la propriété du bien et le calcul des abattements lors de futures donations ou de la succession.
Exigences juridiques pour Donation Entre Vifs (Acte de Donation)
La Donation Entre Vifs en France est soumise à un régime juridique précis défini principalement par les articles 893 à 931 du Code civil français issus de la codification napoléonienne de 1804 et complétés par les réformes successorales successives (loi du 23 juin 2006, loi de finances rectificative 2012). Le respect strict de ces exigences conditionne la validité de la donation et son régime fiscal favorable.
Forme notariée obligatoire (article 931 du Code civil). Tous actes portant donation entre vifs doivent être passés devant Notaires dans la forme ordinaire des contrats, et conservés en minute dans le minutier du Notaire instrumentant, sous peine de nullité absolue prononcée par le Tribunal judiciaire territorialement compétent. Cette exigence solennelle est d'ordre public et protège le donateur contre les décisions prises à la légère. Quatre exceptions notables existent: le don manuel de biens meubles (espèces, bijoux, objets, titres au porteur) qui se réalise par simple tradition matérielle, le don de présent d'usage à l'occasion d'événements familiaux (article 852 du Code civil), le don de fruits et revenus, et la donation indirecte par renonciation à un droit ou stipulation pour autrui.
Acceptation expresse du donataire (article 932 du Code civil). La donation doit être acceptée expressément par le donataire de son vivant, par acte notarié ou par acte séparé authentique, à peine de nullité. L'acceptation peut être donnée par le donataire majeur capable, par son représentant légal (parents pour un mineur, tuteur pour une personne sous tutelle), ou avec l'autorisation du juge des tutelles pour les personnes sous protection. En cas de décès du donateur avant acceptation, la donation devient caduque et le bien retourne à la succession ab intestat. Le donateur peut révoquer l'offre tant qu'elle n'a pas été acceptée.
Capacité du donateur et du donataire (articles 901 à 911 du Code civil). Le donateur doit jouir de sa capacité civile pleine et entière et ne pas être sous tutelle. Les personnes sous curatelle peuvent donner avec l'assistance du curateur, tandis que les personnes sous tutelle peuvent donner avec l'autorisation du juge ou du conseil de famille. Le donataire doit exister au moment de la donation (sauf donation à un enfant à naître selon l'article 906 du Code civil) et avoir la capacité de recevoir. Certaines personnes sont frappées d'incapacité de recevoir: le médecin ayant soigné le donateur dans sa dernière maladie (article 909 du Code civil), les ministres du culte ayant assisté le donateur, les tuteurs et curateurs pendant leur mission.
Irrévocabilité de principe (article 894 du Code civil). La règle «donner et retenir ne vaut» exprime le principe d'irrévocabilité de la donation: le donateur ne peut reprendre librement le bien donné une fois la donation acceptée. Trois cas exceptionnels de révocation sont prévus par l'article 953 du Code civil français. Premièrement, l'inexécution des charges imposées au donataire (article 954 du Code civil): par exemple, le non-paiement de la rente viagère convenue. Deuxièmement, l'ingratitude du donataire (article 955 du Code civil): attentat à la vie du donateur, sévices, délits ou injures graves, refus d'aliments. Troisièmement, la survenance d'enfant (articles 960 à 966 du Code civil): un enfant légitime ou adoptif né après la donation entraîne la révocation, sauf donation faite en faveur du mariage, ou réversion conventionnelle prévue dans l'acte.
Respect de la réserve héréditaire (articles 912 à 930 du Code civil). La donation doit respecter la quotité disponible selon l'article 913 du Code civil français: moitié pour 1 enfant, tiers pour 2 enfants, quart pour 3 enfants ou plus. Toute donation excédant la quotité disponible est rapportable à la succession lors de l'ouverture (article 843 du Code civil) ou réductible sur demande des héritiers réservataires devant le Tribunal judiciaire dans un délai de cinq ans à compter de l'ouverture de la succession ou deux ans à compter de la connaissance de la lésion (article 921 du Code civil). Les donations entre époux pendant le mariage sont toujours révocables selon l'article 1096 du Code civil, sauf donation au dernier vivant.
Droits de mutation à titre gratuit et abattements (articles 777 à 791 ter du CGI). Les droits de donation sont calculés sur la part nette revenant à chaque donataire après application des abattements personnels. Les abattements 2026 sont: enfant et parent 100 000 EUR par parent et par enfant (article 779 du CGI), conjoint marié 80 724 EUR (article 790 E du CGI), partenaire pacsé 80 724 EUR (article 790 F du CGI), frère et sœur 15 932 EUR avec exonération sous conditions, neveu et nièce 7 967 EUR (article 779 V), personne handicapée abattement supplémentaire de 159 325 EUR (article 779 II). Le don manuel de somme d'argent bénéficie en outre d'un abattement spécifique de 31 865 EUR (article 790 G du CGI, dispositif TEPA) sous conditions d'âge du donateur (moins de 80 ans) et de majorité du donataire. Les abattements se renouvellent tous les 15 ans selon l'article 784 du CGI. Les taux progressifs varient de 5 % à 45 % en ligne directe et atteignent 60 % entre personnes non parentes.
Formalités de publication et d'enregistrement. Toute Donation Entre Vifs portant sur un immeuble doit faire l'objet d'une publication au Service de la Publicité Foncière (SPF) compétent dans les six mois à peine de pénalités. Le Notaire procède à cette formalité moyennant les droits de mutation à titre onéreux de 5,80 % (taxe départementale 5,09 % + taxe communale 0,60 % + frais d'assiette 0,11 %) ou les droits de donation calculés sur la valeur donnée. Pour les donations de biens meubles, la déclaration au Service de l'Enregistrement de la DGFiP intervient dans le mois suivant l'acte (formulaire n°2735-SD). Pour les dons manuels, la déclaration intervient dans le mois suivant la révélation ou la constatation d'un événement le rendant taxable.
Rapport et réduction à la succession. Selon l'article 843 du Code civil français, tout héritier ayant reçu une donation en avancement de part successorale doit la rapporter à la succession au moment du décès du donateur, sauf dispense expresse stipulée dans l'acte. Les donations consenties hors part successorale (sur la quotité disponible) sont également comptabilisées pour vérifier que la réserve héréditaire des autres enfants n'est pas atteinte. Le rapport se fait à la valeur du bien au jour du partage et selon son état au jour de la donation, sauf si la donation est faite en avancement de part successorale sous forme d'argent (rapport à la valeur nominale).
Erreurs courantes à éviter dans votre Donation Entre Vifs (Acte de Donation)
L'établissement d'une Donation Entre Vifs en France semble simple grâce à l'intervention du Notaire, mais certaines erreurs récurrentes peuvent compromettre la validité de l'acte, déclencher des redressements fiscaux par la DGFiP ou générer des conflits familiaux à l'ouverture de la succession. Voici les pièges les plus fréquents identifiés par la pratique notariale française et les solutions pour les éviter.
Omettre la déclaration fiscale d'un don manuel. L'erreur la plus fréquente consiste à effectuer un don manuel de somme d'argent (virement bancaire, chèque, espèces) sans le déclarer à l'administration fiscale dans le mois suivant la révélation selon l'article 757 du CGI. La non-déclaration prive le donataire du bénéfice de l'abattement renouvelable tous les 15 ans et expose à un redressement fiscal majoré de pénalités lors d'un contrôle (article 1729 du CGI). Solution: déposez systématiquement le formulaire n°2735-SD au Service de l'Enregistrement de la DGFiP dans le mois suivant le don manuel, même si aucun droit n'est dû en raison de l'abattement de 100 000 EUR par enfant. Cette formalité fixe la date du don et permet de bénéficier du renouvellement de l'abattement après 15 ans.
Dépasser la quotité disponible et exposer la donation au rapport ou à la réduction. Beaucoup de donateurs croient pouvoir disposer librement de l'intégralité de leur patrimoine sans contrainte, ignorant la réserve héréditaire des enfants fixée par l'article 913 du Code civil français: moitié pour 1 enfant, tiers pour 2 enfants, quart pour 3 enfants ou plus. Une donation favorisant un seul enfant ou un tiers (concubin, ami) au-delà de la quotité disponible est rapportable à la succession (article 843 du Code civil) ou réductible sur demande des héritiers réservataires devant le Tribunal judiciaire dans un délai de cinq ans à compter de l'ouverture de la succession (article 921 du Code civil). Solution: calculez avec le Notaire la quotité disponible et les donations antérieures rapportables, et envisagez la donation-partage qui figea la valeur des biens donnés au jour de l'acte, évitant la réévaluation à l'ouverture de la succession.
Négliger l'évaluation correcte du bien donné. L'évaluation du bien donné dans l'acte authentique de donation détermine l'assiette des droits de mutation à titre gratuit et la base de calcul de la plus-value en cas de revente ultérieure par le donataire. Une sous-évaluation systématique peut être contestée par la DGFiP qui peut redresser l'évaluation selon l'article L17 du Livre des procédures fiscales avec application de pénalités de 40 % en cas de manquement délibéré. Solution: faites procéder à une évaluation rigoureuse par un agent immobilier, un expert agréé ou un expert-comptable inscrit à l'Ordre, et conservez les justificatifs (comparables de marché, méthode d'évaluation) pour les présenter en cas de contrôle.
Ne pas vérifier l'incapacité de recevoir du donataire. Certaines personnes sont frappées d'incapacité légale de recevoir une donation selon le Code civil français: le médecin ayant soigné le donateur dans sa dernière maladie (article 909 du Code civil), les ministres du culte ayant assisté le donateur, les tuteurs et curateurs pendant leur mission, les mandataires judiciaires à la protection des majeurs (article 909 du Code civil). Une donation au profit d'une personne incapable de recevoir est nulle et le bien retourne à la succession du donateur. Solution: vérifiez avec le Notaire la qualité du donataire et sa capacité de recevoir, particulièrement pour les donations consenties en fin de vie à des personnels soignants ou religieux.
Omettre la clause de droit de retour conventionnel. Un donateur qui transmet un bien à un enfant unique ou sans descendance peut souhaiter récupérer le bien en cas de prédécès du donataire pour éviter qu'il ne soit transmis à des héritiers indésirables (belle-famille, conjoint avec lequel les relations se sont dégradées). L'omission de la clause de droit de retour conventionnel selon l'article 951 du Code civil prive le donateur de cette possibilité, et le bien suit le régime successoral légal du donataire prédécédé. Solution: insérez systématiquement une clause de droit de retour conventionnel dans l'acte de donation, qui peut être expresse (retour automatique) ou facultative (option du donateur), et qui permet de récupérer le bien sans formalité particulière au décès du donataire sans descendance.
Donner en pleine propriété au lieu d'utiliser le démembrement. Une donation en pleine propriété transfère immédiatement la propriété complète du bien au donataire, qui en a tous les attributs (jouissance, usage, fruits, disposition). Cette modalité prive le donateur de la jouissance du bien (occupation de l'immeuble, perception des loyers) et l'expose à des situations conflictuelles si le donataire souhaite vendre ou occuper le bien. Solution: utilisez systématiquement le démembrement de propriété (donation de la nue-propriété avec réserve d'usufruit) selon les articles 949 et 1133 du Code civil, qui permet au donateur de conserver l'usufruit jusqu'à son décès et réduit considérablement l'assiette des droits de donation grâce au barème fiscal de l'article 669 du CGI.
Ignorer l'impact sur la succession et les autres héritiers. Une donation consentie à un seul héritier crée souvent un sentiment d'injustice chez les autres héritiers qui peuvent contester la donation à l'ouverture de la succession en exerçant l'action en réduction devant le Tribunal judiciaire selon l'article 920 du Code civil. Les conflits familiaux résultant de donations déséquilibrées sont fréquents et peuvent perdurer des décennies. Solution: privilégiez la donation-partage qui répartit le patrimoine entre tous les héritiers présomptifs selon l'article 1075 du Code civil français, ou compensez les autres héritiers par des dispositions testamentaires équivalentes, ou expliquez clairement les motivations de la donation aux autres enfants pour prévenir les contestations.
Ne pas anticiper le renouvellement des abattements tous les 15 ans. Les abattements en matière de droits de mutation à titre gratuit se renouvellent tous les 15 ans selon l'article 784 du CGI modifié par la loi de finances rectificative pour 2012. Un donateur qui transmet en une seule fois la totalité de son patrimoine épuise immédiatement l'abattement et expose les transmissions ultérieures aux droits de donation. Solution: planifiez la transmission progressive du patrimoine en effectuant des donations échelonnées tous les 15 ans, ce qui permet de bénéficier plusieurs fois de l'abattement de 100 000 EUR par parent et par enfant et de transmettre des sommes considérables sans aucun droit de donation sur plusieurs décennies.
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Forms Legal. (2026). Donation Entre Vifs (Acte de Donation) (France) [Legal document template]. Forms Legal. https://forms-legal.com/fr/france/estate-planning/wills/donation-entre-vifs
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La Donation Entre Vifs, régie par les articles 893 à 925 du Code civil français, est un acte par lequel le donateur transmet un bien spécifique à un donataire déterminé, de manière isolée et non coordonnée avec les autres héritiers présomptifs. La donation est rapportable à la succession au jour de l'ouverture selon l'article 843 du Code civil, et la valeur retenue pour le rapport est celle du bien au jour du partage selon son état au jour de la donation, ce qui peut générer des réévaluations défavorables au donataire en cas de plus-value du bien. La Donation-Partage, prévue aux articles 1075 à 1079 du Code civil, est un acte par lequel le donateur répartit anticipativement tout ou partie de son patrimoine entre tous ses héritiers présomptifs (descendants), en attribuant à chacun un ou plusieurs biens spécifiques. L'avantage décisif de la donation-partage réside dans le figement de la valeur des biens donnés au jour de la donation selon l'article 1078 du Code civil: il n'y a pas de réévaluation au jour du partage successoral, ce qui sécurise le donataire contre les évolutions de marché. La donation-partage permet en outre d'éviter les conflits familiaux à l'ouverture de la succession puisque tous les enfants ont déjà reçu leur part. Les abattements fiscaux sont identiques (100 000 EUR par parent et par enfant tous les 15 ans selon l'article 779 du CGI), mais la donation-partage est généralement préférée pour les patrimoines importants.
Les honoraires d'une Donation Entre Vifs en France varient selon la valeur du bien donné, la complexité de l'acte et la politique tarifaire du Notaire instrumentant. Pour une donation simple de somme d'argent inférieure à 50 000 EUR, comptez environ 300 à 700 EUR HT d'honoraires notariaux. Pour une donation d'immeuble d'une valeur de 200 000 EUR, comptez entre 1 000 et 2 500 EUR HT d'honoraires plus la taxe de publicité foncière au Service de la Publicité Foncière du SPF (environ 1,20 % de la valeur), soit un total d'environ 3 400 à 4 900 EUR. Pour une donation complexe (Pacte Dutreil selon les articles 787 B et 787 C du CGI, démembrement, donation graduelle selon les articles 1048 et 1057 du Code civil), comptez entre 2 500 et 5 000 EUR HT d'honoraires. Les tarifs sont partiellement réglementés par le décret n°2020-179 du 28 février 2020 et restent négociables au-delà de 150 000 EUR de valeur donnée. À ces honoraires s'ajoutent les droits de mutation à titre gratuit calculés selon les abattements applicables et les taux progressifs de l'article 777 du CGI: en ligne directe, 5 % à 45 % selon les tranches, avec exonération jusqu'à 100 000 EUR par enfant et par parent tous les 15 ans (article 779 du CGI). Une simulation précise par le Notaire avant signature est recommandée.
La Donation Entre Vifs est en principe irrévocable selon l'article 894 du Code civil français qui consacre la règle «donner et retenir ne vaut»: une fois la donation acceptée par le donataire, le donateur ne peut plus librement reprendre le bien donné. Cette irrévocabilité distingue la donation du testament qui reste librement révocable jusqu'au décès du testateur. Trois cas exceptionnels de révocation sont néanmoins prévus par l'article 953 du Code civil. Premièrement, l'inexécution des charges imposées au donataire (article 954 du Code civil): par exemple, le non-paiement de la rente viagère convenue ou le défaut d'accomplissement de l'obligation de soins. Deuxièmement, l'ingratitude du donataire (article 955 du Code civil): attentat à la vie du donateur, sévices, délits ou injures graves envers le donateur, refus d'aliments en cas de besoin. La révocation pour ingratitude doit être demandée au Tribunal judiciaire dans l'année du fait imputé au donataire ou de la connaissance par le donateur. Troisièmement, la survenance d'enfant (articles 960 à 966 du Code civil): un enfant légitime ou adoptif né après la donation entraîne la révocation, sauf donation faite en faveur du mariage ou réversion conventionnelle prévue dans l'acte. Les donations entre époux pendant le mariage sont toujours librement révocables selon l'article 1096 du Code civil, sauf les donations au dernier vivant qui ne deviennent irrévocables qu'au décès du donateur.
Les abattements en matière de droits de donation en France sont définis par les articles 779 à 790 G du Code général des impôts et se renouvellent tous les 15 ans selon l'article 784 du CGI modifié par la loi de finances rectificative pour 2012. Les abattements 2026 sont: enfant et parent 100 000 EUR par parent et par enfant (article 779 I du CGI), conjoint marié 80 724 EUR (article 790 E du CGI), partenaire pacsé 80 724 EUR (article 790 F du CGI), frère et sœur 15 932 EUR avec exonération sous conditions strictes pour les personnes vivant en commun depuis 5 ans, neveu et nièce 7 967 EUR (article 779 V), personne handicapée abattement supplémentaire de 159 325 EUR cumulable avec l'abattement de droit commun (article 779 II du CGI). Pour les dons manuels de somme d'argent, un abattement spécifique de 31 865 EUR s'applique en outre selon l'article 790 G du CGI (dispositif TEPA) sous conditions cumulatives: donateur de moins de 80 ans, donataire de plus de 18 ans (ou mineur émancipé). Cet abattement spécifique s'ajoute à l'abattement de droit commun de 100 000 EUR par enfant. Au-delà des abattements, les taux progressifs sont: en ligne directe 5 % à 45 % selon les tranches, entre frères et sœurs 35 % puis 45 % au-delà de 24 430 EUR, entre parents jusqu'au 4e degré 55 % uniforme, entre autres personnes 60 % uniforme.
Oui, la forme notariée est en principe obligatoire pour toute Donation Entre Vifs selon l'article 931 du Code civil français qui dispose que «tous actes portant donation entre vifs seront passés devant Notaires dans la forme ordinaire des contrats; et il en restera minute, sous peine de nullité.» Cette exigence solennelle est d'ordre public et protège le donateur contre les décisions prises à la légère. Une donation consentie sous seing privé (par simple écrit entre les parties) sans intervention notariale est entièrement nulle et le bien retourne au patrimoine du donateur. Toutefois, quatre exceptions notables existent en droit français. Premièrement, le don manuel de biens meubles corporels (espèces, bijoux, objets, titres au porteur) qui se réalise par simple tradition matérielle, c'est-à-dire la remise physique du bien au donataire, sans formalité particulière mais avec obligation de déclaration fiscale dans le mois suivant la révélation (formulaire n°2735-SD). Deuxièmement, le don de présent d'usage à l'occasion d'événements familiaux (mariage, anniversaire, naissance, Noël) selon l'article 852 du Code civil, qui est exonéré de droits de donation s'il reste proportionné aux ressources du donateur et à l'événement célébré. Troisièmement, le don de fruits et revenus (versement régulier d'une rente, abandon de loyers). Quatrièmement, la donation indirecte par renonciation à un droit (par exemple renonciation à un héritage au profit d'un cohéritier) ou stipulation pour autrui (par exemple souscription d'une assurance-vie au profit d'un tiers). Pour toutes les autres donations, et particulièrement pour les donations d'immeubles, la forme notariée reste impérative.
Le démembrement de propriété est une technique de transmission patrimoniale très répandue en France qui consiste à séparer la pleine propriété d'un bien en deux droits distincts: la nue-propriété (droit de disposer du bien à terme) et l'usufruit (droit de jouir du bien et d'en percevoir les fruits). Dans une Donation Entre Vifs avec réserve d'usufruit selon l'article 949 du Code civil français, le donateur transmet uniquement la nue-propriété au donataire tout en conservant l'usufruit jusqu'à son décès, ce qui lui permet de continuer à habiter l'immeuble ou à percevoir les loyers. À l'extinction de l'usufruit par décès du donateur, le donataire devient automatiquement plein propriétaire sans aucune formalité ni droit de mutation supplémentaire à payer selon l'article 1133 du Code civil et l'article 1133 du CGI. L'avantage fiscal est considérable car la valeur de la nue-propriété transmise est calculée selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI en fonction de l'âge de l'usufruitier au jour de la donation: 90 % de la valeur en pleine propriété si l'usufruitier a moins de 21 ans, 80 % si entre 21 et 30 ans, 70 % si entre 31 et 40 ans, 60 % si entre 41 et 50 ans, 50 % si entre 51 et 60 ans, 40 % si entre 61 et 70 ans, 30 % si entre 71 et 80 ans, 20 % si entre 81 et 90 ans, et 10 % si plus de 91 ans. Un donateur de 60 ans transmettant un immeuble de 500 000 EUR ne sera taxé que sur 250 000 EUR (50 % de la valeur), permettant de rester dans l'abattement de 100 000 EUR par enfant si la donation est partagée entre plusieurs enfants. À son décès, la pleine propriété se reconstitue automatiquement chez le donataire sans aucune fiscalité supplémentaire.
L'annulation d'une Donation Entre Vifs en France est juridiquement possible mais strictement encadrée par les articles 953 à 966 du Code civil français qui limitent les causes de révocation à trois hypothèses exceptionnelles. Premièrement, l'inexécution des charges imposées au donataire selon l'article 954 du Code civil: si la donation comportait des obligations (rente viagère au profit du donateur, obligation de soins, charge financière au profit d'un tiers) que le donataire n'a pas exécutées, le donateur peut demander la révocation devant le Tribunal judiciaire territorialement compétent. Deuxièmement, l'ingratitude du donataire selon l'article 955 du Code civil: attentat à la vie du donateur, sévices physiques, délits ou injures graves envers le donateur, refus d'aliments en cas de besoin avéré du donateur. La révocation pour ingratitude doit être demandée au Tribunal judiciaire dans l'année du fait imputé au donataire ou de la connaissance par le donateur selon l'article 957 du Code civil; passé ce délai d'un an, l'action est éteinte par prescription. Troisièmement, la survenance d'enfant selon les articles 960 à 966 du Code civil: un enfant légitime ou adoptif né après la donation entraîne la révocation automatique de la donation, sauf donation faite en faveur du mariage du donateur ou réversion conventionnelle prévue dans l'acte. En dehors de ces trois hypothèses, la donation ne peut être annulée sauf vice du consentement (erreur substantielle, dol, violence) selon les articles 1130 et suivants du Code civil, ou nullité absolue pour incapacité du donateur, défaut de forme notariée, défaut d'acceptation expresse du donataire. Les conflits familiaux ou le simple regret du donateur ne constituent en aucun cas un motif d'annulation.
La stratégie optimale de transmission patrimoniale en France combine généralement les deux outils complémentaires que sont la Donation Entre Vifs (transmission anticipée) et le Testament (transmission posthume) selon les objectifs du patrimoine, l'âge du donateur, la situation familiale et le régime fiscal applicable. La Donation Entre Vifs présente plusieurs avantages décisifs: elle permet de bénéficier des abattements de 100 000 EUR par parent et par enfant tous les 15 ans (article 779 du CGI), elle réduit immédiatement l'assiette taxable de la succession future, elle permet d'utiliser le démembrement de propriété pour transmettre la nue-propriété à coût fiscal réduit, et elle permet d'aider les enfants au moment où ils en ont besoin (acquisition immobilière, démarrage d'activité). Toutefois, elle suppose un dépouillement actuel du donateur qui peut être problématique en cas d'évolution défavorable de sa situation financière. Le Testament Olographe ou Authentique permet de garder la maîtrise totale de son patrimoine jusqu'au décès, de modifier librement les dispositions en fonction des évolutions familiales, et de prévoir des dispositions qui ne s'exécuteront qu'au décès. Une stratégie efficace consiste typiquement à: (1) effectuer des donations échelonnées tous les 15 ans pour utiliser plusieurs fois l'abattement de 100 000 EUR, (2) transmettre les biens immobiliers en démembrement (nue-propriété aux enfants, usufruit réservé), (3) souscrire des contrats d'assurance-vie avec clause bénéficiaire optimisée (régime fiscal hors succession de l'article 990-I du CGI), (4) rédiger un Testament Authentique ou Olographe pour les dispositions résiduelles et la désignation des bénéficiaires de la quotité disponible non encore donnée. Une consultation avec un Notaire patrimonialiste permet d'élaborer une stratégie sur mesure adaptée à chaque situation.
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