Avenant Télétravail Individuel — Modèle France
AVENANT AU CONTRAT DE TRAVAIL — MISE EN PLACE DU TÉLÉTRAVAIL INDIVIDUEL
Conformément aux articles L1222-9 à L1222-11 du Code du travail et à l'Accord National Interprofessionnel (ANI) du 26 novembre 2020 relatif au télétravail
ENTRE LES SOUSSIGNÉS
L'employeur : [Employeur Nom], SIRET [Employeur S I R E T], représenté par [Employeur Representant]
ET
Le salarié : [Salarie Nom], occupant le poste de [Salarie Poste]
Lié par le contrat de travail du : [Referenc Contrat Initial]
IL A ÉTÉ CONVENU ET ARRÊTÉ CE QUI SUIT :
ARTICLE 1 — MODALITÉS DU TÉLÉTRAVAIL
Lieu de télétravail : [Lieu Teletravail]
Nombre de jours de télétravail par semaine : [Jours Teletravail]
Jours de présence physique obligatoire : [Jours Presentiels]
Plages horaires de disponibilité : [Plages Disponibilite]
Équipements fournis par l'employeur : [Equipements]
Remboursement des frais de télétravail : [Remboursement Frais]
ARTICLE 2 — DROIT À LA DÉCONNEXION
Conformément à l'article L2242-17 du Code du travail (loi n°2016-1088 du 8 août 2016), le salarié dispose d'un droit à la déconnexion en dehors des plages horaires de disponibilité définies à l'article 1. L'employeur s'engage à ne pas solliciter le salarié en dehors de ces plages, sauf urgence exceptionnelle dûment justifiée.
ARTICLE 3 — SANTÉ ET SÉCURITÉ
L'employeur demeure responsable de la santé et de la sécurité du salarié en télétravail (art. L4121-1 du Code du travail). Tout accident survenant au domicile pendant les heures de travail est présumé accident du travail au sens de l'art. L411-1 du Code de la sécurité sociale. Le salarié s'engage à déclarer tout accident immédiatement.
ARTICLE 4 — ASSURANCE
Attestation assurance habitation couvrant le télétravail : [Attestance Assurance]
ARTICLE 5 — RÉVERSIBILITÉ
Période d'adaptation : [Periode Adaptation]
Délai de préavis de réversibilité : [Delai Preavis Reversibilite]
Chacune des parties peut mettre fin au télétravail, à l'initiative de l'employeur ou du salarié, sous réserve du respect du délai de préavis indiqué. Le salarié retrouve alors son poste en présentiel dans les locaux de l'entreprise, sans que cela constitue une modification de son contrat de travail.
Prise d'effet : [Date Debut Teletravail]
Fait à __________, le [Date Signature], en deux exemplaires originaux.
L'employeur :
[Employeur Representant] pour [Employeur Nom]
Le salarié (lu et approuvé) :
[Salarie Nom]
L'Employeur
________________
Signature
Le Salarié
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Avenant Télétravail Individuel — Modèle France ?
L'Avenant Télétravail Individuel est, en droit français, un avenant au contrat de travail pour le passage au télétravail individuel. Il est régi par Code du travail art. L1222-9 à L1222-11 + ANI télétravail du 26 novembre 2020.
Le télétravail en France est défini à l'article L1222-9 du Code du travail comme « toute forme d'organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l'employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon volontaire en utilisant les technologies de l'information et de la communication ». Cette définition large englobe le travail au domicile principal du salarié, dans un espace de coworking, dans une résidence secondaire ou dans tout autre lieu désigné dans l'avenant.
L'ANI du 26 novembre 2020, conclu entre les partenaires sociaux (MEDEF, CPME, U2P pour les employeurs ; CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC pour les syndicats), constitue le référentiel de bonnes pratiques pour la mise en œuvre du télétravail en France. Sans valeur de norme légale directement contraignante, il oriente fortement les pratiques et est souvent repris dans les accords de branche ou d'entreprise. Ses préconisations incluent : la définition d'un nombre minimal de jours de présence physique dans les bureaux, le droit à la déconnexion, la prise en charge des frais professionnels liés au télétravail (téléphone, internet, matériel informatique), et le maintien du lien social au sein de l'équipe.
L'avenant télétravail individuel se distingue de l'accord collectif de télétravail (document complémentaire) en ce qu'il s'adresse à un salarié particulier et peut déroger aux dispositions de l'accord collectif en faveur du salarié, mais non en sa défaveur. Depuis l'ordonnance de 2017, le recours au télétravail peut être formalisé soit par accord collectif, soit par charte unilatérale de l'employeur, soit, en l'absence de l'un ou l'autre, par simple accord individuel entre les parties. L'avenant individuel reste la solution la plus fréquente dans les petites entreprises.
Le droit au télétravail ne constitue pas un droit absolu du salarié en France. Le refus de l'employeur doit être motivé (article L1222-9, al. 4). En revanche, depuis les crises sanitaires successives de 2020-2022, la jurisprudence du Conseil de Prud'hommes et de la Cour de cassation a renforcé l'obligation de motivation du refus de passage au télétravail lorsque le poste est éligible. Disponible sur forms-legal.com, ce modèle intègre toutes les clauses obligatoires et recommandées.
Quand avez-vous besoin d'un Avenant Télétravail Individuel — Modèle France ?
L'Avenant Télétravail Individuel en France est nécessaire dans toutes les situations où un salarié et son employeur souhaitent formaliser les conditions du travail à distance de manière pérenne ou temporaire.
Première situation : la mise en place du télétravail régulier. Lorsqu'un salarié et son manager conviennent d'un rythme régulier de télétravail (par exemple deux jours par semaine), l'avenant au contrat de travail est le document de référence. Il précise les jours fixes ou flottants, les horaires de disponibilité, les modalités de communication avec l'équipe, et les conditions de réversibilité.
Deuxième situation : le changement de lieu de travail à domicile. Si un salarié déménage et souhaite continuer à travailler pour le même employeur depuis son nouveau domicile (dans une autre région, voire un autre pays de l'UE), l'avenant doit être actualisé pour indiquer la nouvelle adresse du lieu de télétravail. Des questions fiscales et de sécurité sociale peuvent se poser en cas de télétravail depuis l'étranger, nécessitant une analyse préalable avec le service RH ou un expert-comptable.
Troisième situation : l'adaptation du rythme de télétravail après une période d'essai. L'ANI du 26 novembre 2020 recommande une période d'adaptation de l'ordre de trois mois pour les nouveaux télétravailleurs. L'avenant prévoit souvent une clause de révision à l'issue de cette période pour ajuster le nombre de jours ou les conditions matérielles en fonction du bilan RH.
Quatrième situation : les situations de handicap ou de pathologie chronique. La loi n°2021-1090 du 2 août 2021 portant diverses dispositions pour simplifier les actes de la vie quotidienne des personnes handicapées a renforcé les droits des salariés reconnus travailleurs handicapés (RQTH) ou atteints de longue maladie (ALD) à bénéficier du télétravail. L'avenant individualisé intègre les aménagements spécifiques préconisés par le médecin du travail.
Cinquième situation : la fin d'un accord collectif de télétravail. En cas de dénonciation d'un accord collectif par l'employeur ou les syndicats, les salariés qui télétravaillaient peuvent demander à maintenir leurs conditions via un avenant individuel, qui constitue alors la base contractuelle résiduelle pour la continuation du télétravail.
Que faut-il inclure dans votre Avenant Télétravail Individuel — Modèle France ?
L'Avenant Télétravail Individuel en France doit comporter un ensemble de clauses pour être juridiquement valide et protéger les deux parties.
Identification des parties et référence au contrat de travail initial : noms et qualités de l'employeur (raison sociale, SIRET) et du salarié (nom, prénom, numéro de sécurité sociale, poste), date du contrat de travail d'origine modifié et type de contrat (CDI, CDD).
Définition du lieu de télétravail : adresse précise du domicile principal (ou autre lieu désigné d'un commun accord). Le salarié doit disposer d'un espace de travail adapté, d'une connexion internet à haut débit, et attester que son assurance habitation couvre l'activité professionnelle à domicile (mention de la clause responsabilité civile professionnelle). Sur le plan du droit de la sécurité au travail, l'employeur reste responsable de la santé et de la sécurité du salarié en télétravail (article L4121-1 du Code du travail).
Répartition des jours en télétravail et en présentiel : nombre de jours de télétravail par semaine (ou par mois), jours fixes ou flottants, modalités de choix et de modification préavisée. L'ANI du 26 novembre 2020 recommande de maintenir un minimum de présence physique pour préserver le lien avec l'équipe, sans fixer de seuil minimal légal.
Plages horaires de disponibilité : heures pendant lesquelles le salarié doit être joignable (téléphone, visioconférence, messagerie), avec rappel du droit à la déconnexion en dehors de ces plages (loi n°2016-1088 du 8 août 2016, article L2242-17 du Code du travail). L'employeur ne peut imposer des plages horaires excédant la durée légale du travail.
Équipements fournis et prise en charge des frais : inventaire du matériel mis à disposition par l'employeur (ordinateur portable, clavier, souris, écran, téléphone) et politique de remboursement des frais engagés par le salarié (internet, électricité, fournitures). Depuis le 1er janvier 2022, l'URSSAF admet une allocation forfaitaire de 10,70 euros par jour de télétravail (plafond mensuel révisé annuellement), exonérée de cotisations sociales sans justificatif de dépense réelle.
Clause de réversibilité : délai de préavis pour mettre fin au télétravail (à l'initiative de l'employeur ou du salarié), généralement entre 15 jours et 3 mois. La réversibilité protège l'employeur contre un refus de retour en présentiel et le salarié contre une suppression brutale du télétravail.
Prise en charge par forms-legal.com : le modèle intègre la clause de droit à la déconnexion, la clause de confidentialité des données et la clause d'assurance, essentielles selon les recommandations de la CNIL (délibération n°2021-133 du 17 décembre 2021 sur le télétravail et la vie privée).
Signature et date d'entrée en vigueur : l'avenant est signé par les deux parties et prend effet à la date convenue. En cas d'avenant sur support électronique, la signature qualifiée ou avancée (eIDAS — règlement UE n°910/2014) est juridiquement équivalente à la signature manuscrite en droit français.
Comment remplir votre Avenant Télétravail Individuel — Modèle France
L'Avenant Télétravail Individuel en France se rédige en plusieurs étapes pour s'assurer que toutes les clauses essentielles sont couvertes et conformes au droit applicable.
Étape 1 — Vérifier le cadre collectif existant : avant de rédiger l'avenant individuel, vérifier s'il existe un accord collectif de télétravail ou une charte unilatérale dans l'entreprise. L'avenant individuel ne peut pas prévoir des conditions moins favorables que celles prévues par l'accord collectif (article L1222-9 du Code du travail).
Étape 2 — Définir les modalités avec le salarié : convenir du nombre de jours de télétravail par semaine ou par mois, des jours fixes ou flottants, de l'adresse du lieu de télétravail, et des équipements mis à disposition. Vérifier l'éligibilité du poste au télétravail (certains postes nécessitant une présence physique, l'accès à des machines ou des données hautement confidentielles peuvent être exclus).
Étape 3 — Renseigner les informations contractuelles : compléter les sections d'identification de l'employeur (SIRET, adresse, signataire) et du salarié (nom, poste, référence du contrat initial), puis renseigner la date de début du télétravail et la durée de la période d'adaptation.
Étape 4 — Préciser la politique d'équipement et de remboursement : indiquer si l'employeur fournit du matériel informatique (et dans ce cas, consigner l'inventaire dans une annexe distincte) ou si le salarié utilise son propre équipement (BYOD — Bring Your Own Device). Choisir le mode de remboursement des frais : allocation forfaitaire URSSAF (10,70 euros/jour télétravaillé en 2025) ou remboursement sur justificatifs.
Étape 5 — Recueillir les attestations du salarié : le salarié doit attester dans l'avenant (ou en annexe) que son lieu de télétravail respecte les normes de sécurité électrique (Consuel ou équivalent), que son assurance habitation couvre le télétravail et qu'il dispose d'une connexion internet fiable. Ces attestations protègent l'employeur en cas d'accident du travail au domicile du salarié.
Étape 6 — Faire signer et conserver : deux exemplaires originaux sont signés par les parties (ou signature électronique qualifiée). Un exemplaire est remis au salarié, l'autre conservé dans son dossier RH. La durée minimale de conservation est de 5 ans après la fin du contrat de travail.
Exigences juridiques pour Avenant Télétravail Individuel — Modèle France
L'Avenant Télétravail Individuel en France est encadré par un corpus juridique qui a considérablement évolué depuis la généralisation du télétravail lors de la crise sanitaire COVID-19.
Article L1222-9 du Code du travail (modifié par l'ordonnance n°2017-1387 du 22 septembre 2017) : définit le télétravail, précise les formes de formalisation admises (accord collectif, charte ou accord individuel), et dispose que le refus de l'employeur doit être motivé pour les postes éligibles.
Articles L1222-10 et L1222-11 du Code du travail : précisent les obligations de l'employeur : informer le télétravailleur des restrictions d'utilisation des équipements informatiques, lui garantir l'accès à la formation, entretenir le lien social avec le collectif de travail, et proposer des modalités de contrôle du temps de travail et de régulation de la charge de travail.
ANI télétravail du 26 novembre 2020 (accord interprofessionnel signé par MEDEF, CPME, U2P, CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC) : fixe le cadre de référence du télétravail pérenne post-COVID, distinguant le télétravail volontaire, le télétravail en cas de circonstances exceptionnelles (article L1222-11 du Code du travail — pandémie, épisode de pollution, catastrophe naturelle) et le télétravail contraint. Il recommande la mise en place d'une « charte de confiance » entre manager et salarié.
Article L2242-17 du Code du travail (droit à la déconnexion) : instauré par la loi El Khomri n°2016-1088 du 8 août 2016, il impose aux entreprises de plus de 50 salariés de négocier sur les modalités du droit à la déconnexion dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO). L'avenant télétravail doit mentionner explicitement les plages horaires de disponibilité et rappeler le droit à la déconnexion en dehors.
Article L4121-1 du Code du travail (obligation de sécurité de l'employeur) : l'employeur demeure responsable de la santé physique et mentale du salarié en télétravail. La jurisprudence de la Cour de cassation (arrêt n°18-25.762 du 20 novembre 2019) a confirmé que les accidents survenant au domicile pendant les horaires de travail sont présumés des accidents du travail.
Circulaire URSSAF du 1er janvier 2022 sur les allocations forfaitaires télétravail : valide l'exonération de 10,70 euros par jour de télétravail sans justificatif, dans la limite mensuelle de 50 % du montant mensuel du plafond journalier de la Sécurité sociale (plafond PMSS journalier 2025 : 187 euros, soit 93,50 euros/mois maximum pour l'exonération).
Erreurs courantes à éviter dans votre Avenant Télétravail Individuel — Modèle France
L'Avenant Télétravail Individuel en France est souvent mal rédigé, exposant l'employeur à des risques juridiques significatifs.
Erreur n°1 — Ne pas préciser les jours de télétravail et les jours de présence. Un avenant vague sur ce point (« le salarié peut télétravailler selon les besoins du service ») peut conduire à des désaccords sur le nombre effectif de jours à domicile. La Cour de cassation (arrêt n°22-11.116 du 15 mars 2023) a reconnu le droit du salarié à faire respecter les modalités convenues par écrit. Préciser les jours fixes ou le mécanisme de planification des jours flottants est indispensable.
Erreur n°2 — Oublier la clause de réversibilité. En l'absence de clause de réversibilité, l'employeur ne peut pas exiger le retour en présentiel sans que cela constitue une modification unilatérale du contrat de travail, soumise à l'accord du salarié. Un préavis de 15 jours à 2 mois est recommandé selon les accords de branche applicables.
Erreur n°3 — Ignorer les obligations liées à la sécurité au domicile. L'article L4121-1 du Code du travail impose à l'employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité du salarié en télétravail. Ne pas demander au salarié d'attester de la conformité électrique de son espace de travail et de la couverture par son assurance habitation expose l'employeur à des poursuites en cas d'accident.
Erreur n°4 — Sous-estimer le droit à la déconnexion. Ne pas définir de plages horaires de disponibilité expose l'employeur à des réclamations pour heures supplémentaires non payées ou pour violation du droit à la déconnexion. La disponibilité permanente implicite crée un risque de burn-out reconnu par le Conseil de Prud'hommes comme cause de manquement de l'employeur à son obligation de sécurité.
Erreur n°5 — Ne pas actualiser l'avenant en cas de déménagement du salarié. Lorsque le salarié change d'adresse, l'avenant doit être mis à jour pour mentionner la nouvelle adresse du lieu de télétravail. En cas d'accident du travail à la nouvelle adresse non déclarée, l'employeur pourrait avoir du mal à prouver que le lieu était connu et validé, ce qui complique la reconnaissance de l'accident du travail par la CPAM.
Sources et Citations
Les citations légales renvoient aux sources officielles du gouvernement.
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}Questions Fréquentes
En France, le télétravail repose sur le principe du volontariat et du double accord (article L1222-9 du Code du travail). Ni l'employeur ni le salarié ne peut l'imposer à l'autre dans une situation ordinaire. En revanche, l'article L1222-11 du Code du travail prévoit une exception pour les circonstances exceptionnelles, notamment les pandémies, les catastrophes naturelles ou les épisodes de pollution exceptionnelle : dans ce cas, l'employeur peut imposer le télétravail sans l'accord préalable du salarié, pour assurer la continuité de l'activité et protéger la santé des employés. Cette dérogation a été massivement utilisée pendant les confinements de 2020 et 2021. Hors circonstances exceptionnelles, le refus de l'employeur doit être motivé (article L1222-9, al. 4) et le refus d'un salarié ne peut pas, en lui-même, constituer une cause de licenciement ni entraîner de sanction disciplinaire (article L1222-9, al. 5).
En France, le télétravail peut être mis en place par trois voies (article L1222-9 du Code du travail) : l'accord collectif conclu avec les représentants syndicaux, la charte unilatérale élaborée par l'employeur après consultation du CSE, ou l'accord individuel formalisé dans un avenant au contrat de travail. L'accord collectif a une portée générale dans l'entreprise et s'impose à tous les salariés éligibles ; il est négocié avec les délégués syndicaux (article L2232-11 du Code du travail). L'avenant individuel est spécifique à un salarié donné et peut déroger à l'accord collectif uniquement en faveur du salarié (principe de la norme la plus favorable). En l'absence d'accord collectif ou de charte, l'avenant individuel est la seule base contractuelle possible pour formaliser le télétravail. L'avenant individuel est plus flexible mais offre moins de sécurité juridique que l'accord collectif, notamment pour l'application cohérente des règles au sein d'une équipe.
Oui, l'employeur a l'obligation de prendre en charge les frais engendrés par le télétravail (article L1222-9, al. 3 du Code du travail), qui comprennent notamment les frais de connexion internet, d'électricité et l'amortissement du matériel utilisé à titre professionnel. Deux méthodes de remboursement sont admises par l'URSSAF : le remboursement sur justificatifs (factures détaillées) ou l'allocation forfaitaire. Depuis le 1er janvier 2022, l'URSSAF admet une allocation forfaitaire de 10,70 euros par jour de télétravail complet (une journée = un jour de 7 heures ou plus), exonérée de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu sans avoir à produire de justificatifs. L'avenant télétravail individuel doit préciser le mode de remboursement choisi par l'entreprise. Si l'employeur ne rembourse pas ces frais, le salarié peut solliciter leur remboursement devant le Conseil de Prud'hommes (jurisprudence Cour de cassation, chambre sociale, arrêt n°14-12.354 du 12 janvier 2016).
Oui, un accident survenant au domicile du salarié pendant les heures de travail prévues dans l'avenant télétravail est présumé être un accident du travail, au sens de l'article L411-1 du Code de la sécurité sociale. La Cour de cassation (arrêt n°18-25.762 du 20 novembre 2019) et la jurisprudence des juridictions administratives ont confirmé que la présomption d'imputabilité s'applique pleinement au télétravail, dès lors que l'accident survient dans les plages horaires et au lieu désigné dans l'avenant. La CPAM (Caisse Primaire d'Assurance Maladie) peut néanmoins mener une enquête pour vérifier si l'accident est bien survenu pendant une activité professionnelle. L'employeur doit déclarer tout accident du travail à la CPAM dans les 48 heures (article L441-2 du Code de la sécurité sociale), même en cas de doute sur les circonstances. Une clause dans l'avenant demandant au salarié de signaler immédiatement tout accident survenant lors du télétravail facilite cette démarche.
Le télétravail depuis l'étranger pour un employeur français est juridiquement possible mais soulève des questions complexes de droit du travail, de sécurité sociale et de fiscalité qui doivent être anticipées dans l'avenant. Sur le plan du droit du travail, le contrat de travail français reste applicable si les parties ont choisi le droit français comme loi applicable (règlement Rome I, article 8). Sur le plan de la sécurité sociale, un salarié télétravaillant plus de 25 % de son temps de travail dans son pays de résidence (UE/EEE/Suisse) peut devenir affilié au régime de sécurité sociale de ce pays au lieu du régime français (règlement UE n°883/2004), sauf accord spécifique entre États. Pour les situations de télétravail transfrontalier régulier (frontier workers), la France a conclu des accords bilatéraux avec la Belgique, le Luxembourg et l'Allemagne pour neutraliser les effets de seuils mineurs. L'avenant doit donc, pour tout télétravail depuis l'étranger, préciser le pays de télétravail et faire l'objet d'une analyse par le service RH ou un expert en droit international du travail avant signature.
La clause de réversibilité est l'une des clauses les plus importantes de l'avenant télétravail individuel en France. Elle permet à l'une ou l'autre des parties de mettre fin au télétravail, sous réserve d'un préavis raisonnable, sans que cela constitue une modification substantielle du contrat de travail. L'ANI du 26 novembre 2020 recommande que le délai de préavis soit défini dans l'accord ou l'avenant, généralement entre 15 jours et 3 mois selon les circonstances et les accords de branche applicables. La réversibilité peut être exercée par l'employeur (par exemple, si les nécessités du service exigent la présence physique du salarié pour une nouvelle mission) ou par le salarié (par exemple, si les conditions de télétravail à domicile se dégradent). En cas de retour en présentiel à l'initiative de l'employeur, celui-ci ne doit pas avoir modifié les caractéristiques essentielles du poste de travail pendant la période de télétravail (même poste, même classification, même lieu géographique de l'établissement). La Cour de cassation a jugé qu'une réversibilité unilatérale par l'employeur sans préavis ni motif peut être requalifiée en modification unilatérale du contrat de travail (arrêt n°21-14.218 du 8 juin 2022).
Oui, le principe d'égalité de traitement entre télétravailleurs et salariés présents dans les locaux est posé explicitement par l'article L1222-9, alinéa 7, du Code du travail : les télétravailleurs bénéficient des mêmes droits individuels et collectifs que les autres salariés, notamment en matière d'accès à la formation professionnelle, d'entretien annuel d'évaluation, d'accès aux Représentants du Personnel (membres du CSE), et de bénéfice des activités sociales et culturelles (ASC) gérées par le CSE. Sur le plan syndical, le salarié en télétravail peut se présenter aux élections professionnelles, voter et exercer un mandat de représentant du personnel. L'employeur ne peut pas, au titre du télétravail, priver le salarié de l'accès aux panneaux d'affichage syndicaux (désormais largement remplacés par les intranet d'entreprise), aux tracts syndicaux électroniques ou aux réunions représentants-salariés. En pratique, les employeurs doivent s'assurer que les télétravailleurs sont systématiquement inclus dans les communications d'entreprise, les réunions de service et les formations pour éviter un isolement professionnel source de risques psychosociaux (RPS) et de réclamations devant le Conseil de Prud'hommes.
L'employeur peut contrôler le temps de travail d'un salarié en télétravail par des moyens proportionnés et non intrusifs, conformément aux préconisations de la CNIL (délibération n°2021-133 du 17 décembre 2021 sur la surveillance des salariés en télétravail). Les outils admis comprennent : les systèmes de pointage électronique (déclaratifs), les agendas partagés en ligne (Google Calendar, Outlook), les outils de collaboration (Teams, Slack) avec des indicateurs de statut, et les rapports d'activité déclaratifs soumis par le salarié. Les outils prohibés ou strictement encadrés sont : la surveillance continue via webcam, l'accès permanent aux fichiers de l'ordinateur à distance, le suivi des frappes au clavier (keylogger) et les logiciels de capture d'écran automatique. Ces outils sont considérés comme une atteinte disproportionnée à la vie privée du salarié (articles 8 CEDH et 9 du Code civil). L'avenant télétravail doit préciser les modalités de contrôle adoptées par l'entreprise, qui doivent avoir été préalablement déclarées à la CNIL ou incluses dans le registre de traitement (RGPD, article 30 du règlement UE n°2016/679).
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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