Contrat de Mandat Social du Dirigeant France
CONTRAT DE MANDAT SOCIAL DU DIRIGEANT
Établi conformément au Code de commerce (articles L223-18, L227-6, L225-35 et suivants) et à la loi n°2015-994 du 17 août 2015 (loi Rebsamen).
Décision de nomination
DÉCISION DE NOMINATION
La société [Societe Nom], [Forme Juridique], ayant son siège social [Societe Adresse], immatriculée sous le numéro SIREN [Societe S I R E N], au capital de [Capital Social] €,
Par décision de : [Organe Decision],
A nommé en qualité de [Fonction Dirigeant] :
[Dirigeant Nom], né(e) le [Dirigeant Naissance], de nationalité [Dirigeant Nationalite], demeurant [Dirigeant Adresse],
Qui accepte la présente nomination sous les conditions ci-après définies.
Article 1 - Durée et conditions du mandat
ARTICLE 1 - DURÉE ET CONDITIONS DU MANDAT
1.1 Le mandat social prend effet le [Date Debut Mandat] pour une durée de : [Duree Mandat], conformément aux statuts de la société et aux dispositions légales applicables.
1.2 Étendue des pouvoirs : [Pouvoirs].
1.3 Cumul avec un contrat de travail : [Cumul Contrat Travail]. Le cumul est soumis aux conditions de la loi n°2015-994 du 17 août 2015 (Loi Rebsamen) et à la jurisprudence de la Cour de cassation (Cass. com. 6 novembre 2012).
Article 2 - Rémunération
ARTICLE 2 - RÉMUNÉRATION DU MANDAT SOCIAL
2.1 Le Dirigeant percevra au titre de son mandat social une rémunération mensuelle brute de [Remuneration Mensuelle] €, fixée par : [Organe Decision].
2.2 Avantages en nature : [Avantages Nature].
2.3 La présente rémunération constitue une convention réglementée soumise à approbation : [Convention Reglementee]. Conformément à l'article L223-19 du Code de commerce pour les SARL et à l'article L225-40 pour les SA, l'accord de l'organe délibérant est requis préalablement.
2.4 Le régime social applicable est : [Forme Juridique] — gérant majoritaire SARL → régime TNS (article 62 CGI, cotisations URSSAF TNS) ; président SAS/SASU → assimilé-salarié (régime général, article 80 ter CGI).
Article 3 - Révocabilité du mandat
ARTICLE 3 - RÉVOCABILITÉ DU MANDAT
3.1 Le mandat social est révocable ad nutum par l'organe compétent (AGO, décision des associés ou organe statutaire), conformément à l'article L223-25 du Code de commerce pour les gérants de SARL. Aucune indemnité de révocation n'est due sauf clause contraire des statuts ou faute de la société.
3.2 Le Dirigeant peut démissionner de son mandat sous réserve du respect d'un préavis raisonnable pour ne pas causer de préjudice à la société (Cass. com. 26 janvier 2010). La démission doit être notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception.
Article 4 - Obligations du dirigeant
ARTICLE 4 - OBLIGATIONS ET RESPONSABILITÉS
4.1 Le Dirigeant s'engage à exercer son mandat en bon père de famille, avec diligence et loyauté envers la société et ses associés, conformément aux articles L223-22 et L227-8 du Code de commerce.
4.2 Le Dirigeant est soumis à une obligation de non-concurrence implicite pendant la durée de son mandat. Toute convention entre le Dirigeant et la société est soumise aux règles des conventions réglementées.
4.3 Le changement de dirigeant doit être déclaré au greffe du Tribunal de commerce dans le délai d'un mois (article R123-88 du Code de commerce) pour être opposable aux tiers.
Article 5 - Litiges
ARTICLE 5 - LITIGES
5.1 En cas de litige relatif à l'exécution ou à la révocation du présent mandat social, le Tribunal de commerce du siège social de la société sera seul compétent, conformément à l'article L721-3 du Code de commerce. Le droit français est seul applicable.
Signature
ACCEPTATION DU MANDAT ET SIGNATURE
Fait en deux exemplaires originaux à [Lieu Signature], le [Date Signature].
Pour la société [Societe Nom] : Le Dirigeant nommé :
__________________________ __________________________
[Organe Decision] [Dirigeant Nom]
(Pour acceptation du mandat)
Pour la société (organe de nomination)
________________
Signature
Le Dirigeant nommé
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Contrat de Mandat Social du Dirigeant France ?
Le Contrat de Mandat Social du Dirigeant est, en droit français, un contrat de Mandat Social du Dirigeant (gérant SARL, président SAS/SASU). Il est régi par Code de commerce art. L223-18.
Le mandat social en France doit être distingué avec soin du contrat de travail. Le gérant de SARL, le président de SAS ou le directeur général de SA exercent leur fonction dans le cadre d'un mandat social, et non d'un contrat de travail. Cette distinction est fondamentale car elle détermine le régime de protection sociale applicable (TNS — Travailleur Non Salarié — pour le gérant majoritaire de SARL, assimilé-salarié pour le président de SAS/SASU et le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL), les règles de cessation de fonction (révocation ad nutum pour le mandat, procédure de licenciement pour le contrat de travail), et le régime fiscal de la rémunération (article 62 du CGI pour le gérant de société de personnes, article 80 ter pour le dirigeant assimilé-salarié).
La question du cumul mandat social et contrat de travail est au cœur des enjeux pratiques en France. La Loi n°2015-994 du 17 août 2015 a modifié les règles du cumul pour les SARL : un gérant minoritaire ou égalitaire de SARL peut depuis lors cumuler son mandat social avec un contrat de travail correspondant à des fonctions distinctes. Pour les SAS et SASU, le cumul est possible pour le président à condition que le contrat de travail corresponde à des fonctions techniques effectivement exercées en état de subordination vis-à-vis de la société, distinctes des fonctions de direction. La Cour de cassation (Cass. com. 3 mars 2009, n°07-19.223) exige que les fonctions salariées soient réellement distinctes des fonctions de dirigeant et qu'un lien de subordination existe.
La révocabilité du dirigeant social est une règle fondamentale du droit des sociétés français. Le gérant de SARL est révocable par décision des associés représentant plus de la moitié des parts sociales (article L223-25 du Code de commerce), sans qu'il soit nécessaire d'invoquer une cause (révocation ad nutum). Toutefois, si la révocation est décidée sans juste motif, le gérant peut obtenir des dommages-intérêts. Le président de SAS peut être révoqué selon les conditions prévues par les statuts (article L227-6 du Code de commerce). Pour les SA, le directeur général est révocable à tout moment par le conseil d'administration (article L225-55). La Cour de cassation a précisé (Cass. com. 26 avril 1994, n°92-16.843) que la révocation brutale et vexatoire peut donner lieu à des dommages-intérêts supplémentaires.
La rémunération du dirigeant social doit être fixée par les organes compétents de la société. Pour la SARL : par une décision collective des associés (assemblée générale ou consultation écrite) selon l'article L223-18 du Code de commerce. Pour la SAS : par les statuts ou par une décision des actionnaires dans les conditions prévues par les statuts. La rémunération du gérant de SARL est soumise à l'impôt sur le revenu à l'article 62 du CGI avec abattement de 10% pour frais professionnels. La rémunération du président de SAS est soumise à l'impôt sur le revenu selon les règles des traitements et salaires (article 80 ter CGI). Les dividendes perçus par le dirigeant actionnaire constituent une rémunération complémentaire soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% (12,8% IR + 17,2% prélèvements sociaux) ou au barème progressif de l'IR sur option.
La responsabilité du dirigeant social est encadrée par les articles L223-22 (gérant de SARL) et L227-8 (président de SAS) du Code de commerce. Le dirigeant est responsable à l'égard de la société et des tiers des fautes commises dans l'exercice de son mandat, de la violation des dispositions législatives ou réglementaires applicables aux sociétés, et des infractions aux statuts. L'action en responsabilité peut être exercée par la société (action sociale ut universi ou ut singuli) ou par les tiers lésés (action en responsabilité individuelle). La responsabilité pénale du dirigeant peut également être engagée pour des faits de gestion (abus de biens sociaux, abus de confiance, escroquerie).
Quand avez-vous besoin d'un Contrat de Mandat Social du Dirigeant France ?
Le Contrat de Mandat Social du Dirigeant en France est nécessaire dans toutes les situations où une société doit nommer, organiser ou encadrer la fonction de son dirigeant social, en définissant précisément ses pouvoirs, sa rémunération et ses obligations.
Nomination d'un gérant de SARL ou d'EURL. Lors de la création d'une SARL ou EURL, ou lors d'un changement de gérant, la convention de mandat social du gérant doit être formalisée. L'article L223-18 du Code de commerce prévoit que le gérant est nommé dans les statuts ou par une décision des associés. Le contrat de mandat précise les pouvoirs du gérant vis-à-vis des tiers (pouvoir de représenter la société dans ses rapports avec les tiers) et vis-à-vis des associés (pouvoirs internes, décisions nécessitant l'accord des associés), sa rémunération, la durée de ses fonctions et les modalités de sa révocation.
Nomination d'un président de SAS ou SASU. La SAS (Société par Actions Simplifiée) et la SASU (SAS unipersonnelle) sont les formes sociales les plus utilisées en France pour les startups et les PME. Le président de SAS est nommé dans les statuts ou par décision des actionnaires dans les conditions prévues par les statuts (article L227-6 du Code de commerce). Le contrat de mandat du président de SAS est généralement intégré dans les statuts pour la SASU ou dans une convention de direction approuvée par les actionnaires pour la SAS pluripersonnelle.
Mise en place d'un contrat de travail en parallèle du mandat social (cumul). Lorsque le dirigeant d'une SARL ou d'une SAS souhaite cumuler son mandat social avec un contrat de travail (pour des fonctions techniques distinctes), un contrat de travail spécifique doit être conclu en parallèle du mandat. Ce contrat de travail doit respecter les règles du cumul fixées par la Loi n°2015-994 et par la jurisprudence de la Cour de cassation : fonctions distinctes, lien de subordination effectif, rémunération distincte. Pour les SARL, la convention réglementée nécessite l'approbation des associés (article L223-19).
Organisation de la gouvernance en cas de direction multiple (SAS avec directeur général délégué). Les SAS peuvent nommer des directeurs généraux délégués en plus du président. Chacun de ces mandataires sociaux doit faire l'objet d'une convention précisant ses délégations de pouvoirs, sa rémunération, ses obligations et les conditions de sa révocation. Cette organisation est courante dans les groupes de sociétés et les sociétés bénéficiant d'investisseurs institutionnels (fonds de capital-risque).
Départ du dirigeant fondateur (cession de contrôle, succession). Lors d'une cession de contrôle d'une SARL ou d'une SAS, les conditions de sortie du dirigeant fondateur (rémunération de fin de mandat, clause de non-concurrence post-mandat, golden parachute le cas échéant) doivent être formalisées dans une convention spécifique complémentaire au mandat social. Ces conventions de départ sont encadrées par les articles L225-42-1 (SA cotées) et par la jurisprudence pour les autres formes sociales.
Que faut-il inclure dans votre Contrat de Mandat Social du Dirigeant France ?
Le Contrat de Mandat Social du Dirigeant en France doit comporter des clauses essentielles couvrant les pouvoirs, la rémunération, la durée du mandat et les modalités de révocation du dirigeant.
Identification des parties. Pour la société : dénomination sociale complète, forme juridique (SARL, SAS, SASU, SA, SCI), numéro SIREN (9 chiffres attribué par l'INSEE), siège social, capital social, numéro d'immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS), représentée par l'organe compétent pour nommer le dirigeant (assemblée générale des associés pour une SARL, actionnaires ou conseil de surveillance pour une SAS). Pour le dirigeant : nom et prénoms, adresse, date de naissance, nationalité.
Nature et étendue des pouvoirs du dirigeant. La description précise des pouvoirs conférés au dirigeant, conformément aux statuts et à la loi. Pour un gérant de SARL : représentation de la société dans ses rapports avec les tiers pour tous les actes entrant dans l'objet social (article L223-18 al. 5 du Code de commerce), avec les limitations statutaires opposables aux associés mais inopposables aux tiers de bonne foi. Pour un président de SAS : pouvoirs définis par les statuts (article L227-6), généralement très larges. Les seuils d'autorisation préalable des associés ou actionnaires doivent être précisément définis (par exemple : toute acquisition ou cession d'actifs supérieure à X euros nécessite l'accord préalable des associés).
Rémunération du dirigeant. La rémunération doit être fixée par l'organe compétent et approuvée selon les procédures applicables. Le montant de la rémunération brute mensuelle ou annuelle (fixe + variable si applicable), les modalités de versement (mensuel, trimestriel), les avantages en nature accordés (véhicule de fonction, logement de fonction, frais professionnels), et les règles de révision périodique. Pour les gérants de SARL : décision collective des associés (article L223-18 du Code de commerce). Pour les présidents de SAS : décision selon les statuts. La rémunération doit être précisée pour les deux régimes (article 62 CGI pour le gérant de SARL, article 80 ter CGI pour le président de SAS).
Durée du mandat et modalités de renouvellement. Les mandats sociaux peuvent être à durée déterminée (1, 3 ou 5 ans) ou à durée indéterminée selon les statuts. Pour les SA, les mandats des administrateurs sont limités à 6 ans (article L225-18). La durée du mandat, les modalités de renouvellement automatique ou sur décision, et les conditions de fin de mandat (révocation, démission, décès, interdiction de gérer, incapacité) doivent être précisément définies.
Obligations et devoirs du dirigeant. Les obligations légales et conventionnelles du dirigeant : obligation de loyauté vis-à-vis de la société et des associés, obligation d'information des associés, obligations comptables et fiscales (tenue des livres, établissement et dépôt des comptes annuels), obligation de consultation du CSE si applicable, obligation de déclaration des conventions réglementées (article L223-19 pour les SARL). Consultez forms-legal.com pour des modèles de contrats de mandat social adaptés à chaque forme sociale. Voir aussi le Contrat CDI pour le contrat de travail complémentaire éventuel et les Statuts SARL ou SAS.
Clause de non-concurrence post-mandat. Une clause de non-concurrence après la cessation du mandat peut être stipulée pour protéger les intérêts de la société. Cette clause doit être limitée dans le temps (généralement 2 à 3 ans), dans l'espace (zone géographique définie) et dans son objet (activité concurrentielle spécifique). La contrepartie financière de la clause est obligatoire pour sa validité (jurisprudence commerciale constante depuis Cass. com. 30 mars 1999, n°96-22.649).
Révocabilité et indemnités de départ. Le dirigeant peut être révoqué à tout moment (ad nutum pour le gérant de SARL selon l'article L223-25, selon les statuts pour le président de SAS). Toute clause statutaire limitant la révocabilité est réputée non écrite. Toutefois, une révocation sans juste motif peut donner lieu à des dommages-intérêts. Les indemnités de départ (golden parachute) sont encadrées par la loi pour les dirigeants de SA cotées (article L225-42-1) et soumises à l'approbation des actionnaires.
Comment remplir votre Contrat de Mandat Social du Dirigeant France
Le Contrat de Mandat Social du Dirigeant en France doit être rédigé avec précision en cohérence avec les statuts de la société et les décisions des associés ou actionnaires.
Étape 1 - Vérifier la conformité avec les statuts. Avant de rédiger le contrat de mandat, relisez les statuts de la société pour identifier les clauses relatives à la direction : mode de nomination du dirigeant (par les statuts, par décision des associés/actionnaires), pouvoirs du dirigeant vis-à-vis des tiers, seuils d'autorisation préalable, durée du mandat, modalités de révocation, conditions de cumul avec un contrat de travail. Tout ce qui est prévu par les statuts prime sur le contrat de mandat.
Étape 2 - Recueillir la décision d'assemblée ou de nomination. La nomination du dirigeant doit être formalisée par une décision de l'organe compétent : assemblée générale des associés pour une SARL (procès-verbal de décision collective des associés), décision des actionnaires pour une SAS selon les statuts. Cette décision est préalable à la rédaction et à la signature du contrat de mandat. Elle doit mentionner l'identité du dirigeant nommé, la date de prise d'effet, la durée du mandat et la rémunération approuvée.
Étape 3 - Préciser les pouvoirs avec les seuils d'autorisation. Définissez précisément les actes que le dirigeant peut accomplir seul et ceux nécessitant une autorisation préalable des associés. Exemples de seuils courants dans les SAS : tout emprunt supérieur à 100 000 € nécessite l'accord des actionnaires représentant X% des droits de vote, toute acquisition d'actif immobilisé supérieure à 50 000 € nécessite l'accord préalable, toute cession d'actif supérieure à 50 000 € nécessite l'accord préalable. Ces seuils doivent être cohérents avec la taille et l'activité de la société.
Étape 4 - Fixer la rémunération en respectant les règles fiscales et sociales. Pour un gérant majoritaire de SARL : la rémunération est soumise aux cotisations TNS (travailleur non salarié) calculées par l'URSSAF sur la base du revenu professionnel, et imposée à l'IR selon l'article 62 du CGI. Pour un président de SAS ou gérant minoritaire de SARL : cotisations assimilé-salarié (taux plus élevés que le TNS mais assurance chômage incluse sous conditions), imposé à l'IR selon l'article 80 ter. Vérifiez avec votre expert-comptable le régime le plus adapté.
Étape 5 - Rédiger les clauses de révocation et de départ. Précisez les conditions de révocation (ad nutum conformément à la loi, avec ou sans préavis conventionnel), les indemnités de départ le cas échéant (plafonnées et approuvées par les associés), et la clause de non-concurrence post-mandat si souhaitée (avec contrepartie financière obligatoire). Assurez-vous que ces clauses sont cohérentes avec les statuts.
Étape 6 - Signature et formalités d'enregistrement. Le contrat de mandat est signé par le dirigeant et par le représentant de la société habilité. Pour les SARL, le changement de gérant doit être déclaré au Greffe du Tribunal de commerce via le Guichet Unique INPI (formalites.entreprises.gouv.fr) dans le mois suivant la nomination. L'avis de nomination est publié au Bodacc (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales). Le Kbis de la société doit être mis à jour pour refléter la nouvelle direction.
Exigences juridiques pour Contrat de Mandat Social du Dirigeant France
Le Contrat de Mandat Social du Dirigeant en France est soumis à un cadre légal strict défini par le Code de commerce et la jurisprudence de la Cour de cassation.
Distinction obligatoire mandat social / contrat de travail. La jurisprudence de la chambre commerciale et de la chambre sociale de la Cour de cassation impose une distinction nette entre le mandat social et le contrat de travail. Le cumul est possible sous conditions : fonctions techniques distinctes de la direction, lien de subordination effectif, rémunération distincte. La Cour de cassation (Cass. soc. 19 novembre 2014, n°13-18.253) a précisé que le contrat de travail d'un dirigeant doit être suspendu pendant la durée du mandat s'il a été conclu avant la prise de mandat, ou concomitamment si les conditions du cumul sont réunies. L'abus de qualité de mandataire pour maintenir un contrat de travail fictif expose la société à des sanctions et le dirigeant à des poursuites.
Procédure de nomination spécifique selon la forme sociale. Pour la SARL : nomination dans les statuts ou par décision collective des associés représentant plus de la moitié des parts sociales (article L223-18 du Code de commerce). Pour la SAS : nomination selon les conditions prévues par les statuts (article L227-6), généralement par une décision collective des actionnaires. Pour la SA : le directeur général est nommé par le conseil d'administration (article L225-51-1) et le président du conseil d'administration est élu parmi les membres du conseil. Le non-respect des procédures de nomination peut entraîner la nullité de la nomination et des actes accomplis par le dirigeant irrégulièrement nommé.
Conventions réglementées et conflits d'intérêts (article L223-19 SARL, article L227-10 SAS). Lorsque le dirigeant conclut une convention avec la société dont il assure la direction (contrat de travail, bail, prêt, prestation de services), cette convention est soumise à la procédure des conventions réglementées : information du commissaire aux comptes s'il en existe un, approbation par l'assemblée générale des associés. Le défaut d'approbation n'entraîne pas la nullité de la convention mais expose le dirigeant à sa responsabilité en cas de préjudice pour la société. Pour les SA cotées, les conventions réglementées avec les dirigeants sont soumises au vote des actionnaires et au comité d'audit.
Révocabilité et indemnités (articles L223-25 et L225-55). Le gérant de SARL est révocable à tout moment par décision des associés représentant plus de la moitié des parts. La révocation sans juste motif donne droit à des dommages-intérêts. Le président de SAS est révocable dans les conditions prévues par les statuts. Le directeur général de SA est révocable à tout moment par le conseil d'administration. Pour les SA cotées, les indemnités de départ des dirigeants sont soumises à l'approbation des actionnaires (article L225-42-1 du Code de commerce, issu de la Loi PACTE n°2019-486 du 22 mai 2019).
Erreurs courantes à éviter dans votre Contrat de Mandat Social du Dirigeant France
Le Contrat de Mandat Social du Dirigeant en France génère des contentieux commerciaux et sociaux fréquents liés à des erreurs de structuration ou de rédaction.
Erreur 1 - Confondre la rémunération du mandat social et le salaire du contrat de travail. Lorsqu'un dirigeant cumule un mandat social et un contrat de travail, les deux rémunérations sont distinctes, soumises à des régimes fiscaux et sociaux différents. Une erreur fréquente consiste à globaliser les deux rémunérations sous une seule ligne de paie, ce qui expose à un redressement URSSAF. Vérifiez avec votre expert-comptable les bulletins de paie et les déclarations fiscales.
Erreur 2 - Révocation brutale et vexatoire sans juste motif. Une révocation d'un gérant de SARL ou d'un président de SAS qui intervient de façon brutale, sans respect d'un délai de prévenance raisonnable (même en l'absence d'obligation légale), ou dans des circonstances vexatoires (devant les salariés, sans explication) expose la société à des dommages-intérêts. La jurisprudence (Cass. com. 26 avril 1994, n°92-16.843) condamne la révocation abusive même lorsqu'elle est légalement possible. Formalisez toujours la révocation par lettre recommandée et accordez un délai raisonnable au dirigeant révoqué.
Erreur 3 - Oublier de déposer la modification au Greffe du Tribunal de Commerce. Tout changement de dirigeant doit être déclaré au Greffe du Tribunal de Commerce via le Guichet Unique INPI dans le mois suivant la nomination, à peine de sanctions pénales pour les dirigeants (amende de 1 500 à 7 500 € selon l'article L247-2 du Code de commerce). Le défaut de publication rend le nouveau dirigeant inopposable aux tiers, ce qui peut paralyser certaines opérations juridiques et commerciales.
Erreur 4 - Stipuler une clause de non-concurrence sans contrepartie financière. Une clause de non-concurrence post-mandat sans contrepartie financière est nulle selon la jurisprudence commerciale (Cass. com. 30 mars 1999, n°96-22.649). La contrepartie doit être significative et proportionnée à l'étendue de la clause. Une clause de non-concurrence nulle ne protège pas la société contre la concurrence du dirigeant sortant. Prévoyez systématiquement une indemnité compensatrice de non-concurrence dans le contrat de mandat.
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Forms Legal. (2026). Contrat de Mandat Social du Dirigeant France (France) [Legal document template]. Forms Legal. https://forms-legal.com/fr/france/employment/contracts/contrat-mandat-social-dirigeant
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Oui, depuis la Loi n°2015-994 du 17 août 2015 dite Loi Rebsamen, un gérant minoritaire ou égalitaire de SARL peut cumuler son mandat social avec un contrat de travail pour des fonctions distinctes. Le gérant majoritaire (détenant plus de 50% des parts ou, avec les associés de son groupe familial, plus de 50%) ne peut pas cumuler un contrat de travail avec son mandat pour des raisons fiscales et sociales. Le cumul nécessite trois conditions cumulatives selon la jurisprudence de la Cour de cassation : des fonctions techniques réellement distinctes de la direction, un lien de subordination effectif vis-à-vis des organes sociaux (assemblée des associés, éventuellement directeur général si distinct du gérant), et une rémunération distincte pour chaque fonction. Si ces conditions ne sont pas réunies, le contrat de travail est fictif et peut être requalifié, entraînant des redressements URSSAF et des sanctions fiscales.
La différence de statut social entre le gérant majoritaire de SARL et le président de SAS est fondamentale. Le gérant majoritaire de SARL (qui détient plus de 50% des parts sociales ou, avec son groupe familial, plus de 50%) est affilié au régime des Travailleurs Non Salariés (TNS) : ses cotisations sociales sont calculées sur son revenu professionnel net par l'URSSAF et sont généralement moins élevées que les cotisations du régime général (environ 45% du revenu brut contre 70-80% pour un salarié). En contrepartie, sa protection est moindre : pas de couverture chômage, couverture maladie et retraite moins favorable. Le président de SAS (quelle que soit sa participation au capital) est assimilé-salarié : ses cotisations sont calculées comme pour un salarié du régime général (environ 70-80% du salaire brut), avec une meilleure protection sociale (maladie, retraite) mais toujours sans couverture chômage UNEDIC obligatoire (sauf option Garantie des Salaires des Dirigeants avec Pôle Emploi).
La révocation d'un gérant de SARL est régie par l'article L223-25 du Code de commerce. La procédure comprend plusieurs étapes : convocation d'une assemblée générale extraordinaire des associés ou organisation d'une consultation écrite, vote de la révocation par les associés représentant plus de la moitié des parts sociales, notification de la décision au gérant. Si la révocation est décidée sans juste motif, le gérant peut obtenir des dommages-intérêts devant le Tribunal de Commerce. La Cour de cassation (Cass. com. 26 avril 1994, n°92-16.843) a précisé qu'une révocation brutale et vexatoire, même légalement fondée, peut donner lieu à des dommages-intérêts supplémentaires. Après la révocation, la modification doit être déclarée au Greffe du Tribunal de Commerce dans le mois suivant la révocation via le Guichet Unique INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). La publication au Bodacc rend la révocation opposable aux tiers.
En principe, non : le mandat social ne donne pas droit à l'assurance chômage UNEDIC. Le dirigeant social dont le mandat prend fin (révocation, démission, fin de mandat sans renouvellement) ne peut pas percevoir l'Allocation de Retour à l'Emploi (ARE) versée par France Travail au titre de son mandat. Deux exceptions importantes existent : premièrement, si le dirigeant dispose par ailleurs d'un contrat de travail (cumul mandat/contrat de travail régulièrement constitué), la perte de ce contrat de travail ouvre droit à l'ARE pour les heures salariées uniquement. Deuxièmement, depuis 2019, le régime ATI (Allocation des Travailleurs Indépendants) créé par la Loi PACTE n°2019-486 du 22 mai 2019 permet aux dirigeants dont la société fait l'objet d'une liquidation judiciaire ou d'un redressement judiciaire de bénéficier d'une aide forfaitaire (800 €/mois pendant 6 mois maximum) sous conditions de ressources. Ce dispositif est très limité par rapport à l'ARE et ne compense pas l'absence de couverture chômage des mandataires sociaux.
La fiscalité de la rémunération du dirigeant social dépend de la forme sociale et du régime applicable. Pour le gérant de SARL (et gérant de SNC, SCS) : la rémunération est imposée à l'impôt sur le revenu selon l'article 62 du CGI (régime des traitements et salaires avec abattement de 10% pour frais professionnels ou frais réels). Pour le président de SAS/SASU et les gérants minoritaires ou égalitaires de SARL assimilés-salariés : la rémunération est imposée selon l'article 80 ter du CGI (traitements et salaires, même régime que les salariés). Pour les dirigeants de SA (directeur général, président du conseil d'administration) : article 80 ter CGI. La TVA ne s'applique pas à la rémunération du mandat social. Les dividendes versés au dirigeant actionnaire sont soumis au PFU (prélèvement forfaitaire unique) de 30% (12,8% IR + 17,2% prélèvements sociaux) ou au barème progressif de l'IR sur option annuelle. Pour le gérant majoritaire de SARL soumis au régime TNS, la partie des dividendes dépassant 10% du capital + compte courant + primes d'émission est soumise aux cotisations TNS (article L131-6 du Code de la sécurité sociale).
Plusieurs types de conventions entre le dirigeant et la société doivent être soumis à l'approbation des associés selon la procédure des conventions réglementées. Pour les SARL (article L223-19 du Code de commerce) : toute convention entre la SARL et son gérant (contrat de travail, bail, prêt, prestation de services, achat de biens) doit être approuvée par l'assemblée des associés. Pour les SAS (article L227-10) : toute convention entre la SAS et son président ou un actionnaire détenant plus de 10% du capital doit être soumise à l'approbation collective. Pour les SA cotées (article L225-42-1, renforcé par la Loi PACTE) : les rémunérations différées des dirigeants (retraite supplémentaire, indemnités de départ) doivent être approuvées par l'assemblée générale (say-on-pay). Le défaut d'approbation n'entraîne pas la nullité de la convention mais rend le dirigeant responsable du préjudice en résultant pour la société.
La Loi n°2015-994 du 17 août 2015 relative au dialogue social et à l'emploi (Loi Rebsamen) a assoupli les règles du cumul mandat social / contrat de travail pour les SARL et les sociétés par actions (SAS, SA). Avant cette loi, le cumul pour le gérant de SARL était strictement encadré et souvent refusé par les tribunaux au motif que le gérant ne pouvait pas être simultanément employeur et salarié de la même société. La Loi Rebsamen a modifié l'article L223-18 du Code de commerce pour permettre expressément au gérant minoritaire ou égalitaire de SARL de cumuler son mandat avec un contrat de travail, sous réserve de remplir les conditions de droit commun (fonctions distinctes, lien de subordination, rémunération distincte). Pour les présidents de SAS et les directeurs généraux de SA, le cumul était déjà possible avant 2015 sous ces mêmes conditions, sans modification législative spécifique.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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