Statuts de Société par Actions Simplifiée (SAS)
Qu'est-ce qu'un Statuts de Société par Actions Simplifiée (SAS) ?
Les Statuts de Société par Actions Simplifiée (SAS) en France sont des actes juridiques écrits et contraignants. Ils sont régis par Code de commerce, articles L227-1 à L227-20. Ils définissent la dénomination, l'objet social, le capital, la gérance et les règles de cession entre associés.
Les statuts SAS français offrent une liberté d'organisation sans équivalent en droit des sociétés français. L'article L227-5 du Code de commerce pose le principe selon lequel les statuts fixent les conditions dans lesquelles la société est dirigée. L'article L227-9 ajouté que les statuts déterminent les décisions qui doivent être prises collectivement par les associés dans les formes et conditions qu'ils prévoient. Cette liberté statutaire permet aux fondateurs de concevoir une gouvernance sur mesure : conseil stratégique, comité consultatif, organes de direction multiples, règles de majorité différenciées selon le type de décision, actions de préférence avec droits financiers et politiques spéciaux.
Les mentions obligatoires de l'article L227-1 du Code de commerce reprennent les exigences communes aux sociétés commerciales : forme sociale, dénomination, siège, objet, durée maximale de 99 ans, capital social, évaluation des apports en nature au-dela de 30 000 euros par commissaire aux apports (CAA) inscrit sur la liste de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC), répartition des actions entre les actionnaires, identification du premier président personne physique ou morale, et le cas échéant les organes complémentaires. Depuis la loi de modernisation de l'économie n 2008-776 du 4 août 2008, il n'existe aucun capital social minimum en SAS, autorisant la constitution avec un capital symbolique d'un euro.
La SAS française se distingue fondamentalement de la Société à Responsabilité Limitée (SARL) régie par les articles L223-1 à L223-58 par plusieurs traits structurants. Le président de SAS peut être une personne morale (Code com. L227-7) alors que le gérant de SARL est obligatoirement une personne physique (Code com. L223-18). La SAS ne plafonne pas le nombre d'actionnaires alors que la SARL est limitée à 100 associés (Code com. L223-3). La SAS unipersonnelle SASU (Code com. L227-1 al. 2) est un format extrêmement populaire pour les freelances et consultants individuels. Les règles de gouvernance et de majorité de la SAS sont entièrement modulables par les statuts alors que la SARL répond à un cadre légal contraignant.
La SAS française se distingue également de la Société Anonyme (SA) régie par les articles L225-1 et suivants du Code de commerce par sa simplicité organisationnelle. La SA exigé un capital social minimum de 37 000 euros (Code com. L224-2), au moins deux actionnaires ou sept en cas d'appel public à l'épargne, un conseil d'administration de trois à dix-huit membres ou un directoire et un conseil de surveillance, et un commissaire aux comptes obligatoire en toutes circonstances. La SAS ne connaît aucune de ces contraintes et peut être unipersonnelle, dispensée de CAC sous les seuils légaux, et organisée librement par les statuts.
Le régime social du président de SAS est assimilé salarié au régime général de la Sécurité sociale, contrairement au gérant majoritaire de SARL relevant du régime des travailleurs non-salariés (TNS). Cette assimilation salariale entraîne des cotisations sociales supérieures (environ 80% sur la rémunération nette contre 45% pour le TNS) mais offre une meilleure couverture sociale en matière d'assurance maladie, de retraite et de prévoyance. Le président de SAS ne peut pas bénéficier de l'assurance chômage France Travail au titre de son mandat seul, sauf cumul avec un contrat de travail distinct relatif à des fonctions techniques distinctes du mandat social.
Les statuts SAS français doivent être rédigés en langue française conformément à la loi Toubon n 94-665 du 4 août 1994. La forme sous seing privé est admise sauf en cas d'apport d'immeuble ou de droits réels immobiliers exigeant un acte notarie publié au Service de la publicité foncière (SPF) rattache à la DGFiP. Le dépôt et l'immatriculation s'effectuent depuis le 1er janvier 2023 exclusivement via le Guichet unique INPI accessible sur formalites.entreprises.gouv.fr, qui transmet les pièces au Greffe du Tribunal de commerce compétent et aux organismes destinataires (INSEE pour SIREN/SIRET, DGFiP pour identification fiscale, URSSAF pour affiliation sociale).
L'immatriculation au Registre du commerce et des sociétés (RCS) confère à la SAS la personnalité morale (Code com. L210-6). Le Greffe délivré le Kbis valable trois mois, document officiel attestant de l'existence juridique de la société. La SAS est obligatoirement soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) au taux de 25% depuis 2022, avec taux réduit de 15% sur les premiers 42 500 euros de bénéfices pour les PME respectant les conditions de l'article 219 I-b du CGI. Une option pour l'impôt sur le revenu (IR) est possible pendant cinq exercices pour les SAS nouvellement créées sous conditions (CGI 239 bis AB). Les statuts SAS peuvent être complètes par un pacte d'actionnaires confidentiel réglant des aspects non publics : clauses d'inalienabilité, mécanismes drag-along et tag-along, ratchet anti-dilution, bad leaver, voir notre modèle fr-pacte-associés.
Quand avez-vous besoin d'un Statuts de Société par Actions Simplifiée (SAS) ?
Les Statuts de SAS en France sont rédigés, adoptés ou modifiés dans plusieurs circonstances déterminantes de la vie sociale.
Constitution initiale de la SAS ou de la SASU. Les statuts sont rédigés dès la phase de constitution avec un soin particulier en raison de la liberté statutaire offerte par les articles L227-5 et L227-9 du Code de commerce. Les statuts initiaux engagent durablement les actionnaires ; chaque modification ultérieure requiert une décision collective dans les conditions fixées par les statuts (Code com. L227-19 imposant l'unanimité pour certaines clauses), génère des frais juridiques et impose une publicité légale via le BODACC et la mise à jour au RCS via Guichet unique INPI. La SASU est une formule particulièrement adaptée aux freelances, consultants et entrepreneurs individuels exigeant une protection patrimoniale tout en restant unique actionnaire.
Levée de fonds en capital-risque ou capital-développement. La SAS est le véhicule juridique privilégié des startups françaises et des opérations de venture capital en raison de sa liberté statutaire permettant d'intégrer des clauses sophistiquées exigées par les investisseurs : actions de préférence avec dividende prioritaire et liquidation préférentielle, ratchet anti-dilution (full ratchet, weighted average broad-based ou narrow-based), drag-along permettant à la majorité d'imposer une sortie à la minorité, tag-along permettant à la minorité de se joindre à une cession majoritaire, bad leaver impactant la valeur de sortie d'un fondateur quittant la société. Chaque tour de table (seed, série À, série B) impose une modification statutaire intégrant les nouvelles classes d'actions et les nouveaux droits.
Adoption d'organes de gouvernance avances. Contrairement à la SARL au cadre légal contraignant, la SAS permet de concevoir des structures de gouvernance sur mesure : conseil d'administration paritaire fondateurs-investisseurs, conseil de surveillance avec administrateurs indépendants, comité stratégique consultatif, comité d'audit, comité de rémunérations, directoire collégial. Toute création, modification ou suppression d'un organe de gouvernance impose une modification statutaire conforme aux règles de majorité prévues par les statuts initiaux.
Création ou modification de catégories d'actions. La SAS peut émettre des actions ordinaires et des actions de préférence (Code com. L228-11) avec des droits financiers ou politiques spéciaux : dividende prioritaire ou majore, liquidation préférentielle (1x, 1,5x, 2x du prix d'émission), conversion en actions ordinaires selon des ratios variables, droit de vote multiple, droit de veto sur certaines décisions stratégiques, droit d'information renforce. La création d'une nouvelle catégorie d'actions ou la modification des droits attachés aux catégories existantes impose une modification statutaire avec consultation préalable de chaque catégorie concernée (Code com. L225-99 applicable par renvoi).
Augmentation ou réduction du capital social. Toute augmentation par apports nouveaux en numéraire ou en nature, par incorporation de réserves ou par conversion de comptes courants d'associés impose une modification statutaire actant le nouveau capital, le nouveau nombre d'actions et la nouvelle répartition. Le droit préférentiel de souscription des actionnaires existants doit être respecté sauf décision collective de suppression dans les conditions de l'article L225-135 du Code de commerce. Toute réduction de capital non motivée par des pertes ouvré aux créanciers un droit d'opposition pendant un mois suivant la publication au BODACC.
Transformation de la forme juridique. La transformation d'une SAS en SA, SARL, SNC ou autre forme commerciale impose une refonte complète des statuts conforme aux dispositions de la nouvelle forme. La transformation en SARL requiert l'unanimité des actionnaires (Code com. L227-19 par analogie) si la SAS comprend des clauses statutaires librement adoptées. La transformation en SA est fréquente lors de la préparation d'une introduction en bourse (IPO) sur Euronext Paris ou Euronext Growth.
Changement de dénomination, siège ou objet social. Toute modification de la dénomination sociale (rebranding, fusion d'enseignes), de l'objet social (extension ou recentrage) ou du siège social hors zone autorisée par les statuts impose une décision collective dans les conditions fixées. Le transfert intra-départemental est généralement délégué au président sous réserve de ratification ultérieure. Toute modification doit être publiée dans un journal d'annoncés légales (JAL) du département et mise à jour au RCS via Guichet unique INPI.
Entrée, sortie ou exclusion d'un actionnaire. L'agrément d'un cessionnaire tiers, l'entrée d'un nouvel investisseur, la sortie négociée d'un actionnaire fondateur ou l'exclusion d'un actionnaire en application de la clause statutaire d'exclusion (Code com. L227-16) peuvent imposer des mises à jour statutaires : nouvelles clauses de préemption, droits spéciaux de minoritaires, mécanismes de rachat force, valorisation prédéfinie. La clause d'exclusion nécessite l'unanimité à l'adoption initiale (Code com. L227-19) mais peut être activée par décision collective ordinaire selon les statuts.
Franchissement des seuils CAC. Lorsque la SAS franchit, à la clôture d'un exercice, deux des trois seuils légaux fixés par le décret n 2019-514 du 24 mai 2019 (5 millions d'euros de total bilan, 10 millions d'euros de chiffré d'affaires HT, 50 salariés), la nomination d'un commissaire aux comptes (CAC) devient obligatoire pour six exercices renouvelables. Les SAS controlant ou contrôlées par une autre société au sens de l'article L233-3 du Code de commerce sont également tenues de nommer un CAC quel que soit leur niveau d'activité.
Intégration dans un groupe ou holding patrimoniale. La SAS est le véhicule privilégié pour la création de holdings patrimoniales familiales, de holdings d'animation au sens fiscal (article 787 B du CGI sur les pactes Dutreil) et de structures de portage immobilier ou industriel. Toute intégration dans une structure de groupe (apport partiel d'actif, fusion, scission, apport de titres) impose des modifications statutaires coordonnées. Voir notre modèle fr-statuts-sa pour la SA et fr-statuts-sci pour la société civile immobilière.
Que faut-il inclure dans votre Statuts de Société par Actions Simplifiée (SAS) ?
Les Statuts de SAS français comprennent plusieurs clauses obligatoires fixées par l'article L227-1 du Code de commerce et de nombreuses clauses facultatives qui exploitent la liberté statutaire offerte par les articles L227-5 et L227-9. Une rédaction soignée évite les conflits ultérieurs et tire parti de la souplesse contractuelle de la forme SAS. Sur forms-legal.com nous mettons gratuitement à disposition des modèles de statuts SAS français accompagnes des documents complémentaires : pacte d'actionnaires, term sheet, attestation de dépôt des fonds, déclaration de bénéficiaires effectifs et procès-verbaux.
Dénomination sociale et siège (art. L227-1 et L210-2 Code com.). La dénomination doit être suivie ou précédée immédiatement et lisiblement des mots Société par actions simplifiée ou des initiales SAS, suivis de l'enonciation du capital social et du numéro d'identification SIREN. La dénomination doit être disponible : vérifier au registre national des entreprises tenu par l'INPI via formalites.entreprises.gouv.fr, au registre des marques (data.inpi.fr) et au registre des noms de domaine .fr (afnic.fr). Le siège social mentionne une adressé précise en France qui détermine le Greffe du Tribunal de commerce compétent et l'administration fiscale du Service des impôts des entreprises (SIE) rattache à la DGFiP.
Objet social (art. L227-1 et L210-2 Code com.). L'objet doit être licite, possible et détermine. Une rédaction équilibrée combine un objet principal précis avec des objets accessoires standards (prise de participations, financement, gestion de trésorerie). Si l'activité est réglementée (établissements de crédit ACPR, entreprises d'investissement AMF, agences immobilières carte T, transports avec capacité professionnelle), un agrément préalable est nécessaire avant immatriculation. Vis-à-vis des tiers, le président engage la société même par les actes dépassant l'objet social sauf preuve de la mauvaise foi du tiers (Code com. L227-6 al. 3).
Capital social et apports (art. L227-1 et L225-8 Code com.). Le capital social, mentionnant le nombre, la valeur nominale et la répartition des actions entre les actionnaires, n'à aucun minimum légal depuis 2008. Les apports en numéraire sont liberes à la souscription pour au moins la moitié de leur valeur nominale, le surplus dans un délai de cinq ans, déposés sur un compte bancaire bloque chez BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE ou la Banque Postale agréé par l'ACPR, ou en consignation chez un notaire ou la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Les apports en nature de plus de 30 000 EUR unitaires ou de plus de 50% du capital sont évalués par un commissaire aux apports (CAA) inscrit sur la liste de la CNCC.
Actions et catégories (art. L228-1 et L228-11 Code com.). Les actions sont nominatives, de valeur nominale identique ou sans valeur nominale, et inscrites en compte au nom de chaque actionnaire. La SAS peut émettre plusieurs catégories d'actions avec des droits différenciés : actions ordinaires, actions de préférence avec droits financiers prioritaires (dividende prioritaire, liquidation préférentielle 1x ou plus) ou droits politiques spéciaux (vote multiple dans la limite de l'article L225-123 applicable, droit de veto, droit à la nomination d'un administrateur, droit d'information renforce), actions amortissables, actions de réservation, actions traceuses. Chaque catégorie bénéficie d'une protection statutaire et requiert son consentement pour toute modification de ses droits.
Clauses de cession et de transmission des actions (art. L227-13 à L227-19 Code com.). La SAS offre la liberté statutaire la plus étendue en matière de cession d'actions. Les clauses utiles à intégrer : inalienabilité temporaire pour une durée maximale de dix ans (L227-13), agrément préalable de tout cessionnaire avec définition des organes compétents et de la majorité requise (L227-14), préemption au profit des actionnaires existants en cas de cession à un tiers avec formule de prix précise, drag-along permettant à la majorité (par exemple 75%) d'obliger la minorité à céder en cas de vente totale, tag-along permettant à la minorité de se joindre à la cession majoritaire aux mêmes conditions, exclusion d'un actionnaire pour faute grave ou changement de contrôle (L227-16 et L227-17). L'adoption ou la modification de ces clauses requiert l'unanimité des actionnaires (Code com. L227-19).
Direction et président (art. L227-6 et L227-7 Code com.). La SAS est obligatoirement représentée à l'égard des tiers par un président, personne physique ou morale, désigné dans les conditions fixées par les statuts. Si le président est une personne morale, ses dirigeants sont soumis aux mêmes conditions et obligations et encourent les mêmes responsabilités civiles et pénales que s'ils étaient président en leur nom propre, sans préjudice de la responsabilité solidaire de la personne morale qu'ils dirigent. Les statuts peuvent prévoir un directeur général (DG), un ou plusieurs directeurs généraux délégués (DGD), un conseil d'administration ou de surveillance, un comité stratégique, un comité d'audit, en repartissant librement les pouvoirs entre eux.
Décisions collectives et majorités (art. L227-9 Code com.). Les statuts déterminent les décisions qui doivent être prises collectivement par les actionnaires dans les formes et conditions qu'ils prévoient (assemblée générale, consultation écrite, acte unanime). Les majorités sont librement fixées sauf décisions impératives unanimes prévues à l'article L227-19 (inalienabilité, agrément, exclusion, suspension des droits non pécuniaires). L'approbation annuelle des comptes, la nomination du commissaire aux comptes au-dela des seuils, l'augmentation, la réduction ou l'amortissement du capital, les fusions et scissions, la dissolution, la transformation, la nomination du liquidateur, et l'examen des comptes de liquidation doivent impérativement être soumises à décision collective (Code com. L227-9 al. 2).
Conventions réglementées (art. L227-10 Code com.). Toute convention intervenue directement ou par personne interposee entre la société et son président, l'un de ses dirigeants ou l'un de ses actionnaires disposant d'une fraction des droits de vote supérieure à 10%, fait l'objet d'un rapport du commissaire aux comptes ou, en l'absence de commissaire, du président. Les actionnaires statuent sur ce rapport ; les conventions non approuvées produisent néanmoins leurs effets, à charge pour le cocontractant intéressé d'en supporter individuellement les conséquences dommageables pour la société. Les conventions courantes conclues à des conditions normales sont dispensées de cette procédure.
Exercice social et comptes annuels (art. L232-1 et L232-21 Code com.). L'exercice social à une durée de douze mois ; le premier exercice peut être prolongé jusqu'à vingt-quatre mois maximum. Les comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) établis par le président sont approuvés par décision collective dans les six mois suivant la clôture et déposés au Greffe du Tribunal de commerce dans le mois suivant l'approbation. La nomination d'un CAC est obligatoire au-dessus des seuils du décret n 2019-514 (5 M'EUR total bilan, 10 M'EUR CA HT, 50 salariés — deux sur trois suffisent), ou si la SAS contrôle ou est contrôlée par une autre société (Code com. L233-3), ou volontairement par décision collective.
Dissolution et liquidation (art. L237-1 à L237-31 Code com.). Les statuts confirment les causes de dissolution (terme, réalisation ou extinction de l'objet, décision collective, liquidation judiciaire) et les modalités de liquidation (nomination du liquidateur, pouvoirs, répartition du solde). Les actions de préférence avec liquidation préférentielle (LP) sont remboursées prioritairement aux actions ordinaires selon les multiples convenus dans les statuts. La clôture de la liquidation fait l'objet d'une publication au BODACC et d'une radiation au RCS via Guichet unique INPI.
Comment remplir votre Statuts de Société par Actions Simplifiée (SAS)
Rédiger les Statuts de SAS en France requiert une préparation méthodique tirant parti de la liberté statutaire offerte par les articles L227-5 et L227-9 du Code de commerce.
Étape 1 - Réunir les actionnaires fondateurs et clarifier les intentions. Organiser une réunion préparatoire pour fixer les apports respectifs (numéraire, nature, industrie), les pourcentages de détention, les catégories d'actions envisagées (ordinaires, préférence avec dividende prioritaire, LP), les règles de gouvernance souhaitées (président seul ou avec organes complémentaires), les majorités pour chaque type de décision, les modalités d'entrée et de sortie envisagées (inalienabilité, agrément, préemption, drag-along, tag-along, bad leaver) et la vision à moyen-long terme (développement organique, levée de fonds, IPO, transmission). Documenter ces décisions dans un term sheet servant de base à l'avocat rédacteur.
Étape 2 - Vérifier la disponibilité de la dénomination sociale. Consulter le registre national des entreprises sur formalites.entreprises.gouv.fr et la base de marques data.inpi.fr pour identifier d'éventuels homonymes ou marques opposables. Vérifier la disponibilité du nom de domaine .fr auprès de l'AFNIC et des extensions internationales (.com, .eu, .io) chez les bureaux d'enregistrement. Réserver simultanément les comptes réseaux sociaux. Éviter les dénominations descriptives trop génériques sans protection forte au titre du droit des marques.
Étape 3 - Choisir le siège social et identifier le Greffe compétent. Choisir une adressé précise en France. Le siège détermine la juridiction du Tribunal de commerce compétent (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Nantes...), le Service des impôts des entreprises (SIE) rattache à la DGFiP, et l'URSSAF de rattachement. Pour un siège en société de domiciliation, établir un contrat écrit avec un prestataire agréé. Vérifier si l'activité nécessite un agrément spécifique (établissements de crédit ACPR, entreprises d'investissement AMF, agences immobilières carte T).
Étape 4 - Rédiger l'objet social avec précision et anticipation. Définir l'objet principal de manière claire (par exemple l'édition de logiciels SaaS et la prestation de services cloud) suivi d'objets accessoires standards (prise de participations dans toutes sociétés, financement, gestion de trésorerie, et toute opération civile, commerciale, industrielle, financière, mobilière ou immobilière se rapportant directement ou indirectement à cet objet). En SAS, anticiper les besoins futurs (extension géographique à l'international, diversification d'activités) car la modification d'objet impose une décision collective dans les conditions fixées par les statuts.
Étape 5 - Déterminer le capital social et la répartition des actions. Calculer les besoins financiers via un business plan détaillé sur 24-36 mois. Répartir les apports entre numéraire (dépôt sur compte bancaire bloque), nature (rapport CAA obligatoire si > 30 000 EUR ou > 50% capital) et le cas échéant industrie (parts spéciales sans capital). Décider de la valeur nominale des actions (typiquement 1 EUR pour simplifier les calculs de levée de fonds et de stock-options). Anticiper les futures levées de fonds en conservant une réserve d'actions non émises et en prévoyant des BSA, BSPCE ou stock-options pour les salariés clés.
Étape 6 - Définir les catégories d'actions et les droits spéciaux. La SAS permet d'émettre des actions ordinaires et des actions de préférence (Code com. L228-11) avec des droits différenciés. Pour les startups en levée de fonds, prévoir des actions de préférence de série À, B, C'avec : dividende prioritaire ou cumulatif, liquidation préférentielle (1x, 1,5x ou 2x du prix d'émission, participating ou non), ratchet anti-dilution (full ratchet ou weighted average broad-based), conversion automatique en cas d'IPO ou de cession majoritaire, droits de veto sur certaines décisions stratégiques, droits d'information renforce (reporting mensuel ou trimestriel détaillé). Pour les holdings patrimoniales, prévoir des actions de préférence avec dividende prioritaire ou vote multiple.
Étape 7 - Organiser la direction et les organes complémentaires. Désigner le premier président personne physique ou morale dans les statuts avec ses coordonnées complètes. Décider de la structure de gouvernance : président seul (formule simple pour SASU et petites SAS), président plus directeur général (séparation des fonctions stratégiques et opérationnelles), président plus conseil d'administration ou de surveillance (gouvernance paritaire avec investisseurs), président plus comité stratégique consultatif (avis non liants). Définir les pouvoirs respectifs de chaque organe avec précision pour éviter les conflits de compétence.
Étape 8 - Rédiger les clauses de cession sophistiquées. La SAS permet d'intégrer les clauses suivantes (toutes requièrent l'unanimité à l'adoption initiale conformément à l'article L227-19) : inalienabilité des fondateurs pour une durée de 18-36 mois (vesting de type silicon valley), agrément renforce à la majorité des trois quarts ou à l'unanimité, droit de préemption proportionnel ou prioritaire, drag-along à partir d'un seuil de 51% ou 75%, tag-along proportionnel ou plein, bad leaver applicable au fondateur quittant la société dans les 36 mois avec décote de 30-50% sur la valeur de marché, good leaver applicable aux départs justifies (décès, invalidité, retraite), clause de non-concurrence post-departure limitée dans le temps (12-24 mois) et dans l'espace (France ou Europe).
Étape 9 - Définir les règles de décisions collectives et les majorités. Fixer les modalités de prise de décision : assemblée générale physique ou par visioconférence, consultation écrite avec délai de réponse de 8-15 jours, acte unanime signé par tous les actionnaires. Définir les majorités pour chaque type de décision : décisions ordinaires (approbation des comptes, nomination du président, distribution de dividendes) à la majorité simple, décisions extraordinaires (modification statutaire, augmentation ou réduction de capital, fusion ou scission) à la majorité des deux tiers ou des trois quarts. Les décisions impératives unanimes de l'article L227-19 sont réservées aux clauses d'inalienabilité, agrément, exclusion et suspension des droits non pécuniaires.
Étape 10 - Finaliser, signer et immatriculer via Guichet unique INPI. Soumettre le projet de statuts à un avocat spécialisé en droit des sociétés ou en venture capital (Paris, Lyon, Bordeaux). Les statuts sont signés par tous les actionnaires ou leurs mandataires (procuration spéciale enregistrée au SIE), paraphes à chaque page avec mention manuscrite Lu et approuve. Effectuer l'immatriculation au RCS via le Guichet unique INPI sur formalites.entreprises.gouv.fr en déposant : statuts signes, attestation de dépôt des fonds, acte de nomination du président si non statutaire, déclaration sur l'honneur de non-condamnation du président, justificatif de jouissance des locaux, déclaration des bénéficiaires effectifs (RBE) au registre national tenu par l'INPI. Le Greffe délivré le Kbis sous quelques jours après validation des pièces.
Exigences juridiques pour Statuts de Société par Actions Simplifiée (SAS)
Les Statuts de SAS en France sont soumis à un cadre légal strict combinant les dispositions spécifiques aux SAS (articles L227-1 à L227-20) et, par renvoi, les dispositions applicables aux SA (articles L225-1 et suivants) pour autant qu'elles soient compatibles avec la nature simplifiée de la SAS.
Forme et langue des statuts. Les statuts SAS peuvent être établis par acte sous seing privé ou par acte notarie. L'acte notarie est obligatoire en cas d'apport d'immeuble ou de droits réels immobiliers, car ces apports doivent être publiés au Service de la publicité foncière (SPF) rattache à la DGFiP. Les statuts doivent être rédigés en langue française conformément à la loi Toubon n 94-665 du 4 août 1994. Une traduction officielle dans une autre langue peut être annexée pour faciliter la compréhension d'actionnaires internationaux mais n'à pas de valeur juridique opposable.
Mentions obligatoires (art. L227-1 et L210-2 Code com.). Les statuts doivent obligatoirement mentionner : la forme sociale (Société par actions simplifiée ou SAS), la dénomination sociale, l'objet social, la durée (maximale 99 ans), le siège social, le capital social, la composition des apports en numéraire et en nature, les modalités d'évaluation des apports en nature et de la désignation du commissaire aux apports le cas échéant, l'identification du premier président, et les modalités de fonctionnement déterminées par les statuts en application des articles L227-5 et L227-9. L'omission d'une mention obligatoire peut entraîner la nullité partielle ou totale, prononcée uniquement par le jugé à la demandé de tout intéressé dans le délai de trois ans suivant l'immatriculation (Code civil 1844-13).
Décisions impératives requérant l'unanimité (art. L227-19 Code com.). Cinq catégories de clauses statutaires requièrent impérativement l'unanimité des actionnaires lors de leur adoption ou de leur modification : clauses d'inalienabilité des actions (L227-13), clauses d'agrément des cessions (L227-14), clauses d'exclusion d'un actionnaire (L227-16 et L227-17), clauses suspendant les droits non pécuniaires de l'actionnaire dont le contrôle est modifié (L227-17), et clauses obligeant un actionnaire à céder ses actions (drag-along). Cette exigence d'unanimité protège les minoritaires contre l'imposition de clauses contraignantes par la majorité, mais peut bloquer les évolutions ultérieures si un actionnaire dissident refuse.
Immatriculation au RCS via Guichet unique INPI. Depuis le 1er janvier 2023 (décret n 2022-1014 du 19 juillet 2022), toutes les formalités de création, modification et radiation d'entreprises s'effectuent exclusivement via le Guichet unique INPI accessible sur formalites.entreprises.gouv.fr. Le Guichet centralise les dépôts au Greffe du Tribunal de commerce compétent et la transmission aux organismes destinataires : INSEE pour l'attribution du SIREN (9 chiffres) et SIRET (14 chiffres), DGFiP pour l'identification fiscale et la TVA intracommunautaire, URSSAF pour l'affiliation sociale, et caisses sociales. Le Greffe procède à l'immatriculation et délivré le Kbis sous quelques jours. La personnalité juridique de la SAS naît à l'immatriculation au RCS (Code com. L210-6).
Publicité légale et BODACC. La constitution de la SAS doit être publiée dans un journal d'annoncés légales (JAL) du département du siège social dans le délai d'un mois précédant l'immatriculation. Le Greffe assure la publication au Bulletin officiel des annoncés civiles et commerciales (BODACC) dans les huit jours suivant l'immatriculation. Toute modification statutaire ultérieure obéit aux mêmes formalités de publicité. À défaut, les modifications ne sont pas opposables aux tiers de bonne foi (Code com. L210-9). Le coût moyen de publication légale est de 150-250 EUR HT pour une SAS standard.
Registre des bénéficiaires effectifs (RBE). Toute SAS doit déclarer ses bénéficiaires effectifs au registre national tenu par l'INPI dans les trente jours suivant l'immatriculation au RCS et à chaque changement substantiel conformément à la loi Sapin II n 2016-1691 du 9 décembre 2016 et au décret n 2017-1094 du 12 juin 2017. Sont UBO les personnes physiques détenant directement ou indirectement plus de 25% du capital ou des droits de vote, ou exerçant un contrôle par d'autres moyens. Le défaut de déclaration est sanctionné par une amende administrative pouvant atteindre 7 500 EUR pour le président et 37 500 EUR pour la société (Code monétaire et financier L561-49).
Dépôt des fonds et libération du capital (art. L227-1 et L225-3 Code com.). Les apports en numéraire doivent être liberes d'au moins la moitié de leur valeur nominale à la souscription, le solde dans un délai de cinq ans suivant l'immatriculation. Les fonds sont déposés sur un compte bancaire bloqué au nom de la société en formation auprès d'un établissement bancaire français agréé par l'ACPR (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, La Banque Postale, Qonto, Shine, Hello Bank, néobanques modernes) ou en consignation chez un notaire ou la Caisse des dépôts et consignations (CDC). L'attestation de dépôt est jointe au dossier d'immatriculation et les fonds sont débloqués sur présentation du Kbis.
Apports en nature et commissaire aux apports. L'évaluation des apports en nature par un commissaire aux apports (CAA) inscrit sur la liste de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) est obligatoire si la valeur d'un apport excède 30 000 EUR ou si la valeur totale des apports en nature excède la moitié du capital social (Code com. L227-1 al. 4 par renvoi à L225-8). Les actionnaires peuvent retenir une valeur différente du rapport du CAA sous réserve d'une décision à l'unanimité, mais ils restent solidairement responsables vis-à-vis des tiers pendant cinq ans de la valeur attribuée aux apports.
Commissaire aux comptes (CAC) et seuils (Code com. L227-9-1 et décret n 2019-514). La nomination d'un commissaire aux comptes est obligatoire lorsque la SAS dépasse, à la clôture d'un exercice, deux des trois seuils suivants : total bilan supérieur à 5 millions EUR, chiffre d'affaires HT supérieur à 10 millions EUR, effectif moyen supérieur à 50 salariés. La SAS est obligatoirement tenue de désigner un CAC si elle contrôle ou est contrôlée par une autre société au sens de l'article L233-3 du Code de commerce, quel que soit son niveau d'activité. Le CAC est désigné par décision collective des actionnaires pour un mandat de six exercices renouvelable.
Régime fiscal et social. La SAS est obligatoirement soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) au taux de 25% depuis 2022 (taux réduit de 15% sur les premiers 42 500 EUR de bénéfices pour les PME respectant les conditions de l'article 219 I-b du CGI). Une option pour l'impôt sur le revenu (IR) est possible pendant cinq exercices pour les SAS créées depuis moins de cinq ans sous conditions cumulatives (CGI 239 bis AB) : capital détenu pour au moins 50% par des personnes physiques, présidence par une personne physique, effectif inférieur à 50 salariés, chiffre d'affaires ou bilan inférieur à 10 millions EUR. La SAS est obligatoirement assujettie à la TVA au taux standard de 20% (taux réduits de 10%, 5,5% et 2,1% selon l'activité). Le président de SAS est assimilé salarié au régime général de la Sécurité sociale et bénéficie des assurances chômage France Travail uniquement s'il cumule son mandat avec un contrat de travail distinct relatif à des fonctions techniques distinctes du mandat social.
Erreurs courantes à éviter dans votre Statuts de Société par Actions Simplifiée (SAS)
Plusieurs erreurs récurrentes affectent la qualité et l'efficacité des Statuts de SAS en France, entraînant des conséquences juridiques, fiscales et opérationnelles significatives.
Erreur 1 - Reprendre un modèle générique sans exploiter la liberté statutaire. La spécificité de la SAS est offerte par les articles L227-5 et L227-9 du Code de commerce qui autorisent une liberté d'organisation sans équivalent dans les autres formes commerciales. Beaucoup de fondateurs utilisent des modèles standardises qui reproduisent le cadre légal de la SARL ou de la SA sans exploiter les possibilités offertes : organes de gouvernance sur mesure, règles de majorité différenciées, catégories d'actions sophistiquées. Le résultat est un cadre statutaire qui ressemble à une SARL déguisée, sans valeur ajoutée mais avec les coûts d'une SAS (CAC obligatoire au-dessus des seuils, droit d'enregistrement de 0,1% sur cessions au lieu de 3% en SARL). Bonne pratique : faire rédiger les statuts sur mesure par un avocat spécialisé en droit des sociétés ou en venture capital en partant d'un term sheet détaillant les intentions.
Erreur 2 - Omettre les clauses impératives à l'unanimité. L'article L227-19 du Code de commerce impose l'unanimité des actionnaires pour l'adoption ou la modification de cinq catégories de clauses : inalienabilité (L227-13), agrément (L227-14), exclusion (L227-16 et L227-17), suspension des droits non pécuniaires (L227-17) et obligation de céder (drag-along). Si ces clauses ne sont pas adoptées à la constitution ou lors d'une AG unanime, leur insertion ultérieure necessitera l'accord de chaque actionnaire, ce qui peut bloquer les évolutions stratégiques (introduction d'investisseurs avec exigences drag-along). Bonne pratique : prévoir dès la constitution toutes les clauses sophistiquées envisageables (drag-along, tag-along, bad leaver, inalienabilité) même si elles ne sont pas activees immédiatement.
Erreur 3 - Mal calibrer les pouvoirs du président vis-à-vis des actionnaires. Une présidence disposant de pouvoirs illimités expose la société aux engagements unilateraux non contrôles (acquisitions imprudentes, cautionnements, emprunts excessifs, embauches au-dessus du marché). À l'inverse, une présidence trop bridee paralyse les opérations courantes et oblige à convoquer des décisions collectives pour chaque décision significative. Bonne pratique : prévoir des seuils financiers d'autorisation préalable des actionnaires (par exemple 100 000 EUR pour acquisitions, 200 000 EUR pour emprunts, 50 000 EUR pour cautionnements), limiter les engagements de longue durée (supérieurs à cinq ans) aux décisions collectives, et réserver les décisions stratégiques (création de filiale, cession d'activité, embauché au-dessus d'un certain salaire) à l'approbation des actionnaires.
Erreur 4 - Ignorer les enjeux fiscaux des cessions d'actions (CGI 726). Les actions de SAS sont soumises à un droit d'enregistrement de 0,1% du prix de cession sans plafond ni abattement, ce qui est nettement plus favorable que le 3% applicable aux parts de SARL après abattement de 23 000 EUR. Toutefois, ce régime favorable n'est pas connu de tous les actionnaires qui peuvent être tentés de transformer artificiellement la SAS en SARL pour bénéficier de l'abattement. Bonne pratique : conserver la forme SAS pour les cessions fréquentes (startup avec multiples levées de fonds, holding patrimoniale active) et ne transformer en SARL que pour des raisons substantielles (régime social TNS, simplicité opérationnelle). En cas de plus-value, imposition au PFU 30% ou au barème progressif IR au choix de l'actionnaire.
Erreur 5 - Négliger la documentation des conventions réglementées (Code com. L227-10). Toute convention intervenue directement ou par personne interposee entre la société et son président, l'un de ses dirigeants ou l'un de ses actionnaires disposant d'une fraction des droits de vote supérieure à 10%, fait l'objet d'un rapport du CAC ou, en l'absence de CAC, du président, soumis à l'approbation des actionnaires. Les conventions courantes conclues à des conditions normales sont dispensées de cette procédure. Beaucoup de SAS omettent de documenter les conventions réglementées (compte courant d'associé, location d'un local appartenant au président, prestations entre la SAS et une autre société contrôlée par le président), exposant les dirigeants à une action en responsabilité des actionnaires minoritaires. Bonne pratique : tenir un registre annuel des conventions réglementées et obtenir l'approbation systématique en AG.
Erreur 6 - Sous-estimer la difficulté d'obtenir l'unanimité ultérieurement. Beaucoup de fondateurs sous-estiment la difficulté d'obtenir l'unanimité des actionnaires pour l'adoption de clauses statutaires futures, particulièrement après une levée de fonds ouvrant le capital à de nouveaux actionnaires aux intérêts potentiellement divergents. Si la clause drag-along n'est pas intégrée dès la constitution avec tous les actionnaires d'accord, un investisseur minoritaire peut bloquer toute cession totale ultérieure de la société. Bonne pratique : anticiper toutes les clauses sophistiquées dès la constitution avec tous les actionnaires, même si elles ne sont pas activees immédiatement.
Erreur 7 - Confondre statuts et pacte d'actionnaires. Les statuts SAS sont des documents publics déposés au RCS et accessibles via le Guichet unique INPI. Les clauses confidentielles (valorisation, formule de prix de sortie, engagements de non-concurrence personnels) sont mieux placées dans un pacte d'actionnaires confidentiel (Code civil 1134 et Code com. L227-1 par analogie). Le pacte ne lie que ses signataires et peut être modifié par simple consensus sans formalité RCS. En revanche, le pacte n'est pas opposable aux tiers de bonne foi et ne prime pas sur les statuts en cas de contradiction. Bonne pratique : utiliser le couple statuts plus pacte avec une répartition réfléchie : statuts pour les règles publiques structurantes, pacte pour les engagements confidentiels et les mécanismes financiers détaillés. Voir notre modèle fr-pacte-associés.
Erreur 8 - Oublier les obligations post-constitution. Après la signature des statuts et l'immatriculation au RCS, plusieurs formalités doivent être accomplies dans des délais courts : déclaration des bénéficiaires effectifs (RBE) au registre national tenu par l'INPI dans les trente jours sous peine d'amende administrative jusqu'à 7 500 EUR pour le président et 37 500 EUR pour la société (CMF L561-49), identification TVA si chiffre d'affaires prévisionnel supérieur à 36 800 EUR HT (services) ou 91 900 EUR HT (ventes), affiliation à une caisse de retraite obligatoire des cadres pour le président assimile salarie, ouverture du compte définitif auprès de la banque, déblocage des fonds sur présentation du Kbis. Bonne pratique : établir un checklist post-constitution avec l'avocat rédacteur et confier le suivi à un expert-comptable certifie ITAA.
Questions Fréquentes
La Société par Actions Simplifiée (SAS) régie par les articles L227-1 à L227-20 du Code de commerce et la Société à Responsabilité Limitée (SARL) régie par les articles L223-1 à L223-58 différent sur plusieurs points structurants. La SAS offre une liberté statutaire totale (Code com. L227-5 et L227-9) alors que la SARL applique un cadre légal contraignant. Le président de SAS peut être une personne physique ou morale (Code com. L227-7) alors que le gérant de SARL est obligatoirement une personne physique (Code com. L223-18). La SAS ne plafonne pas le nombre d'actionnaires alors que la SARL est limitée à 100 associés (Code com. L223-3). Sur le plan social, le président de SAS est assimilé salarié au régime général (cotisations environ 80% sur la rémunération nette mais meilleure couverture) alors que le gérant majoritaire de SARL relève du régime TNS (cotisations environ 45% mais couverture moindre). Sur le plan fiscal, la SAS est obligatoirement soumise à l'IS au taux de 25% avec possibilité d'option IR pendant cinq exercices pour les SAS nouvellement créées sous conditions (CGI 239 bis AB) ; la SARL est par défaut soumise à l'IS mais peut opter pour l'IR de manière illimitée dans le temps si elle est constituée en SARL de famille (CGI 239 bis AA). Sur le plan des cessions d'actions ou de parts, le droit d'enregistrement est de 0,1% pour la SAS et de 3% pour la SARL après abattement de 23 000 EUR (CGI 726). La SAS convient aux startups, holdings et structures avec levée de fonds ; la SARL convient aux structures familiales et artisanales traditionnelles.
Le capital social minimum pour créer une Société par Actions Simplifiée (SAS) ou une SAS unipersonnelle (SASU) en France est fixé à 1 euro symbolique depuis la loi de modernisation de l'économie n 2008-776 du 4 août 2008 qui à supprimé l'ancienne exigence de 37 000 euros. L'article L227-1 du Code de commerce ne fixe aucun minimum légal. Toutefois, les apports en numéraire doivent être liberes d'au moins la moitié de leur valeur nominale à la souscription conformément au renvoi de l'article L227-1 al. 4 à l'article L225-3 du Code de commerce, le surplus dans un délai de cinq ans suivant l'immatriculation au Registre du commerce et des sociétés (RCS). Les fonds sont déposés sur un compte bancaire bloqué au nom de la société en formation auprès d'un établissement bancaire français agréé par l'ACPR (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, La Banque Postale ou les néobanques Qonto, Shine, Hello Bank) ou en consignation chez un notaire ou la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Pour les apports en nature, l'évaluation par un commissaire aux apports (CAA) inscrit sur la liste de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) est obligatoire si la valeur unitaire d'un apport excède 30 000 EUR ou si la valeur totale des apports en nature excède la moitié du capital social. Un capital insuffisant nuit à la credibilité vis-à-vis des banques (refus de prêt, cautions personnelles exigées), des fournisseurs (paiement comptant) et des investisseurs. Bonne pratique : capitaliser la SAS à hauteur des besoins réels du business plan.
La SAS unipersonnelle (SASU) est une SAS comprenant un seul actionnaire conformément à l'article L227-1 al. 2 du Code de commerce qui autorise explicitement la SAS à être constituée par une seule personne. Le format SASU est devenu en quelques années le véhicule juridique privilégié des freelances, consultants individuels et entrepreneurs en transition entre statut salarie et activité indépendante. Les caractéristiques principales de la SASU sont les suivantes. Premier point : un seul actionnaire personne physique ou morale ; en cas d'augmentation du nombre d'actionnaires, la SASU se transforme automatiquement en SAS sans formalité particulière. Deuxième point : le président (souvent l'actionnaire unique) est assimilé salarié au régime général de la Sécurité sociale avec cotisations d'environ 80% sur la rémunération nette mais bénéficie de la meilleure couverture sociale (assurance maladie, retraite, prévoyance). Le président-actionnaire unique n'à pas droit à l'assurance chômage France Travail. Troisième point : décisions de l'actionnaire unique consignées dans un registre spécial (Code com. L227-9 al. 3) sans formalisme d'assemblée générale. Quatrième point : régime fiscal IS de droit au taux de 25% (taux réduit 15% sur premiers 42 500 EUR pour PME) avec possibilité d'option IR pendant cinq exercices (CGI 239 bis AB). Cinquième point : pas d'obligation de CAC sauf dépassement des seuils ou contrôle par une autre société. Sixième point : possibilité de transformer la SASU en EURL si le régime TNS est plus avantageux (notamment pour les revenus modestes ou en cas de dividendes substantiels). Le coût de création d'une SASU est d'environ 200-400 EUR (frais de greffe, publicité légale, statuts simplifies).
L'article L227-19 du Code de commerce impose impérativement l'unanimité des actionnaires pour l'adoption ou la modification de cinq catégories de clauses statutaires en SAS. Première catégorie : les clauses d'inalienabilité des actions prévues par l'article L227-13 limitant pour une durée maximale de dix ans la possibilité pour les actionnaires de céder leurs actions. Deuxième catégorie : les clauses d'agrément des cessions prévues par l'article L227-14 soumettant toute cession d'actions à l'autorisation préalable des organes désignés par les statuts (président, conseil, comité ou collectif). Troisième catégorie : les clauses d'exclusion d'un actionnaire prévues par l'article L227-16 permettant à la société d'exclure un actionnaire pour faute grave, changement de contrôle, conflit d'intérêts ou autre motif prévu par les statuts. Quatrième catégorie : les clauses suspendant les droits non pécuniaires (droit de vote, droit à l'information) de l'actionnaire dont le contrôle est modifié prévues par l'article L227-17. Cinquième catégorie : les clauses obligeant un actionnaire à céder ses actions (drag-along) ajoutées par jurisprudence aux clauses unanimes. Cette exigence d'unanimité protège les actionnaires minoritaires contre l'imposition de clauses contraignantes par la majorité, mais peut bloquer les évolutions ultérieures si un actionnaire dissident refuse d'accepter la modification. Bonne pratique : prévoir dès la constitution toutes les clauses sophistiquées envisageables (drag-along, tag-along, bad leaver, inalienabilité) avec accord unanime des fondateurs, même si elles ne sont pas activees immédiatement, pour éviter le blocage ultérieur par un nouvel actionnaire.
Une levée de fonds en capital-risque ou en capital-développement dans une SAS française suit une procédure structurée comprenant plusieurs étapes. Étape 1 : signature d'un term sheet (lettre d'intention) entre les fondateurs et l'investisseur principal (VC, business angel, family office, corporate venture) fixant la valorisation pre-money, le montant lève, le pourcentage de dilution, les droits attachés aux nouvelles actions de préférence (dividende prioritaire, liquidation préférentielle 1x ou plus, ratchet anti-dilution, droit de veto sur certaines décisions, droits d'information), les engagements des fondateurs (inalienabilité, vesting, non-concurrence), et le calendrier de closing. Étape 2 : due diligence juridique, financière, fiscale et technique menée par les conseils de l'investisseur (avocats spécialisés VC, expert-comptable, conseil fiscal, audit technique). Étape 3 : rédaction des documents juridiques de closing : statuts modifies intégrant les nouvelles catégories d'actions de préférence, pacte d'actionnaires confidentiel, contrat de souscription des actions nouvelles, convention de compte courant d'associé si applicable, contrats de travail ou de mandat des fondateurs avec engagements de non-concurrence. Étape 4 : tenue de l'assemblée générale extraordinaire (ÂGE) ou de la consultation écrite unanime adoptant les nouveaux statuts, l'augmentation de capital, l'émission des actions de préférence et la suppression du droit préférentiel de souscription au profit des nouveaux investisseurs (Code com. L225-135). Étape 5 : dépôt des fonds par les investisseurs sur le compte bancaire de la société et constatation par le président de la réalisation de l'augmentation de capital. Étape 6 : dépôt au Greffe via Guichet unique INPI des statuts modifies, du PV d'ÂGE, du rapport du CAC le cas échéant, et publication d'un avis dans un journal d'annoncés légales (JAL). Coût total d'une levée de fonds : 30 000 à 100 000 EUR HT (honoraires avocats + CAC + frais administratifs) selon complexité.
La nomination d'un commissaire aux comptes (CAC) inscrit sur la liste de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) est obligatoire pour une SAS française dans plusieurs cas. Cas 1 : dépassement des seuils légaux fixés par le décret n 2019-514 du 24 mai 2019 (transposant la loi PACTE n 2019-486 du 22 mai 2019). La SAS doit nommer un CAC si elle dépasse, à la clôture d'un exercice, deux des trois seuils suivants : total bilan supérieur à 5 millions d'euros, chiffre d'affaires HT supérieur à 10 millions d'euros, effectif moyen supérieur à 50 salariés. Ces seuils ont libéré environ 80% des PME françaises de l'obligation. Cas 2 : contrôle d'une autre société ou contrôle par une autre société au sens de l'article L233-3 du Code de commerce, quel que soit le niveau d'activité. Le contrôle existe lorsque la SAS détient directement ou indirectement plus de la moitié du capital d'une autre société, ou lorsqu'une autre société détient plus de la moitié du capital de la SAS. Cas 3 : SAS membre d'un groupe consolide dépassant les seuils. Cas 4 : nomination volontaire par décision collective des actionnaires, fréquente pour rassurer les investisseurs et les banques (covenants bancaires), préparer une cession ou une levée de fonds, ou sécuriser la documentation comptable. Le CAC est désigné par décision collective des actionnaires pour un mandat de six exercices renouvelable conformément à l'article L227-9-1 du Code de commerce. La SAS peut également désigner un CAC suppleant. Les honoraires annuels d'un CAC varient de 3 000 EUR pour une PME à 30 000 EUR ou plus pour une SAS importante.
La transformation de la forme juridique d'une société commerciale en France est encadrée par les articles L223-43 (transformation de SARL en autre forme) et L227-3 (renvoyant aux dispositions des SA pour les transformations impliquant la SAS) du Code de commerce. La transformation est une opération par laquelle une société change de forme juridique sans créer une nouvelle personne morale : la société continue d'exister avec le même patrimoine, les mêmes droits et obligations, et les mêmes liens contractuels. La transformation d'une SARL en SAS est fréquente lors de levées de fonds importantes exigeant la liberté statutaire de la SAS (actions de préférence, drag-along, organes de gouvernance sophistiques). La procédure comprend plusieurs étapes. Étape 1 : rédaction d'un projet de transformation par la gérance ou le président comprenant les motifs, les nouveaux statuts proposes, la nouvelle répartition des actions ou des parts. Étape 2 : établissement d'un rapport par un commissaire à la transformation (souvent le CAC en exercice s'il existe, sinon un commissaire désigné par le président du Tribunal de commerce sur requête des associés) attestant que le montant des capitaux propres est au moins égal au capital social conformément à l'article L223-43 du Code de commerce. Étape 3 : décision de transformation prise par l'assemblée générale extraordinaire (ÂGE) statuant aux conditions de modification des statuts (majorité des trois quarts pour SARL en SAS, décision collective dans les conditions des statuts pour SAS en SA). Étape 4 : dépôt des nouveaux statuts au Greffe via Guichet unique INPI et publication dans un journal d'annoncés légales (JAL). Étape 5 : mise à jour du Kbis. La transformation de SAS en SA est fréquente lors de la préparation d'une introduction en bourse (IPO) sur Euronext Paris ou Euronext Growth, la SA étant la forme exigée pour les sociétés cotées. Coût total : 2 000 à 5 000 EUR HT selon complexité (honoraires avocat + CAC + greffe + publication).
Les obligations comptables d'une SAS française résultent du Plan comptable général 2014 (règlement ANC n 2014-03), du Code de commerce (articles L123-12 à L123-28 et R123-172 à R123-208) et du Code général des impôts. Toute SAS doit tenir une comptabilité régulière, sincère et donnant une image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat. Les obligations principales sont les suivantes. Premier point : tenue d'une comptabilité complète en partie double conforme au Plan comptable général, avec enregistrement de toutes les opérations dans les livres comptables (journal, grand livre, balance), conservation des pièces justificatives pendant dix ans (Code com. L123-22), établissement d'un inventaire annuel exhaustif à la clôture de l'exercice. Deuxième point : établissement annuel des comptes annuels comprenant un bilan (actif et passif), un compte de résultat (produits et charges), une annexe explicative, et pour les grandes sociétés un rapport de gestion. Trois schémas sont applicables selon la taille : schéma complet pour les grandes sociétés (dépassant deux des trois seuils : 50 salariés, 12 millions EUR de chiffré d'affaires HT, 6 millions EUR de total bilan en 2025 après réforme des seuils), schéma simplifie ou schéma abrégé pour les PME, schéma micro pour les micro-sociétés. Troisième point : approbation des comptes par décision collective des actionnaires dans les six mois suivant la clôture de l'exercice et dépôt au Greffe du Tribunal de commerce via Guichet unique INPI dans le mois suivant l'approbation (Code com. L232-21). Quatrième point : tenue d'un fichier des écritures comptables (FEC) au format réglementé exigible par l'administration fiscale en cas de contrôle (Livre des procédures fiscales L47 À). Cinquième point : déclarations fiscales périodiques (TVA mensuelle ou trimestrielle, IS annuel, CFE et CVAE). Le défaut de dépôt des comptes au Greffe expose la société à une amende administrative et à une publicité negative au RCS.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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