Bons de Souscription d'Actions (BSA)
Qu'est-ce qu'un Bons de Souscription d'Actions (BSA) ?
Le Bons de Souscription d'Actions (BSA) est, en droit français, une convention de Bons de Souscription d'Actions (BSA). Il est régi par Code de commerce art. L228-91 à L228-97 (valeurs mobilières donnant accès au capital).
Les BSA sont utilisés en France dans trois contextes principaux distincts. Premier contexte : les BSA investisseurs (ou BSA ratchet), émis en faveur des investisseurs en capital-risque lors d'une levée de fonds pour créer un mécanisme de ratchet anti-dilution ou de participation supplémentaire aux performances futures de la société. Le BSA investisseur permet à l'investisseur de souscrire des actions supplémentaires à un prix favorable si la valorisation de la société dépasse un certain seuil (ratchet up) ou si la valorisation est inférieure à celle d'entrée lors du tour suivant (ratchet down). Deuxième contexte : les BSA managers (ou BSA À), émis en faveur des dirigeants et cadres clés pour constituer un management package permettant d'aligner leurs intérêts sur ceux des actionnaires. Le BSA managers est attribué à un prix d'émission négligeable (cependant soumis à qualification fiscale) et confère à son titulaire le droit de souscrire des actions à un prix fixe pendant une période de vesting. Troisième contexte : les BSA conseils, émis en faveur de membres du conseil de surveillance, de comités consultatifs ou de prestataires stratégiques en contrepartie de leurs services.
La différence principale entre les BSA et les BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d'entreprise, CGI art. 163 bis G) est d'ordre fiscal : les BSPCE bénéficient d'un régime fiscal favorable (gains au PFU 30% sans cotisations sociales) mais sont réserves aux sociétés de moins de 15 ans remplissant des conditions strictes (cf. fr-pacte-actionnaires-startup). Les BSA ne bénéficient pas du régime BSPCE et peuvent être émis par toutes les sociétés (même de plus de 15 ans) sous le régime fiscal des plus-values sur valeurs mobilières (PFU 30% sur le gain de cession) ou, si l'attribution est qualifiée de rémunération, sous le régime des salaires avec cotisations sociales. La qualification fiscale des BSA managers est un sujet de contrôle fréquent de la DGFiP qui peut requalifier le gain de cession en salaires si le prix d'émission est insuffisant (c'est-à-dire si la valeur intrinsèque du BSA n'est pas correctement valorisée à l'émission).
Les BSA se distinguent également des stock-options (options de souscription d'actions, CGI art. 80 bis, Code com. L225-177 à L225-185) par leur régime juridique et leur traitement fiscal. Les stock-options classiques sont régies par les articles L225-177 à L225-185 du Code de commerce (limite aux SA) avec un régime fiscal spécifique (CGI art. 80 bis) ; leur gain d'acquisition (différence entre valeur du titre à l'exercice et prix d'exercice) est imposé comme un salaire avec cotisations sociales si l'option est exercée moins de 4 ans après attribution. Les BSA sont émis par résolution de l'assemblée générale (ÂGE) conformément à l'article L228-92 du Code de commerce, après rapport du conseil d'administration, du directoire ou du président de SAS, qui justifie les conditions d'émission (prix d'émission, prix d'exercice, période d'exercice). Voir également notre modèle fr-attribution-actions-gratuites-aga pour les actions gratuites et fr-pacte-actionnaires-startup pour le pacte d'actionnaires complémentaire.
Quand avez-vous besoin d'un Bons de Souscription d'Actions (BSA) ?
Les Bons de Souscription d'Actions (BSA) en France sont utilisés dans plusieurs situations de management package et de structuration du capital. Avant d'opter pour des BSA, il convient de vérifier si la société est éligible aux BSPCE (moins de 15 ans, CGI art. 163 bis G) qui offrent un régime fiscal plus avantageux pour les salariés et mandataires sociaux.
Management package pour dirigeants non éligibles aux BSPCE. Lorsqu'une société à plus de 15 ans (et n'est donc plus éligible aux BSPCE), les BSA managers constituent l'instrument principal de management package pour les dirigeants et cadres clés. Le BSA permet au manager de bénéficier de la croissance de valeur de la société entre la date d'attribution et la date de cession, avec un gain imposable au PFU 30% si la qualification de revenus de capitaux mobiliers est maintenue par la DGFiP. La valorisation des BSA à l'émission par un expert indépendant est indispensable pour documentez leur juste valeur et prévenir tout risque de requalification fiscale.
BSA investisseurs pour mécanisme de ratchet anti-dilution. Dans les term sheets de levée de fonds Séries À/B, les investisseurs peuvent négocier des BSA ratchet leur permettant de souscrire des actions supplémentaires si la valorisation de la société dépasse un certain multiple lors du tour suivant (ratchet up) ou si la valorisation est inférieure au prix d'entrée lors d'un down round (ratchet down ou anti-dilution). Le BSA ratchet constitue une garantie complémentaire au mécanisme d'anti-dilution weighted average du pacte d'actionnaires, renforçant la protection économique des investisseurs sans alourdir la structure statutaire.
BSA pour prestataires et membres des comités consultatifs. Les membres de comités consultatifs (advisory board), les prestataires stratégiques (mentors, directeurs indépendants, business angels actifs) peuvent recevoir des BSA en contrepartie de leurs services, constituant un incentive complémentaire à leurs honoraires. Le prix d'émission des BSA prestataires doit refléter leur valeur de marché pour éviter la requalification en rémunération par l'URSSAF.
BSA lors d'une levée de fonds avec mécanisme de performance. Dans certaines opérations de capital-développement, les BSA permettent de créer un mécanisme de performance liant la participation des investisseurs aux résultats futurs : si la société atteint des objectifs de CA ou d'EBITDA, les investisseurs exercent leurs BSA et augmentent leur participation ; si les objectifs ne sont pas atteints, les BSA expirent sans exercice. Ce mécanisme est particulièrement utilise dans les opérations de venture capital secondaire ou de growth equity en France.
Que faut-il inclure dans votre Bons de Souscription d'Actions (BSA) ?
La Convention de BSA (Bons de Souscription d'Actions) française comprend plusieurs clauses essentielles. Sur forms-legal.com, notre modèle gratuit de convention BSA est conforme aux articles L228-91 à L228-97 du Code de commerce.
Caractéristiques des BSA émis. La convention de BSA précise : le nombre de bons émis, le prix d'émission unitaire des bons (prix payé par le souscripteur pour acquérir le bon ; doit refléter la valeur du droit à l'exercice), le prix d'exercice unitaire des bons (prix payé par le titulaire du bon pour souscrire une action lors de l'exercice ; généralement fixe à la valeur vénale de l'action à la date d'émission), le ratio de conversion (nombre d'actions nouvelles souscrites par exercice d'un BSA), la durée d'exercice des bons (période pendant laquelle le titulaire peut exercer ses bons ; généralement 5 à 10 ans), et les conditions de vesting (calendrier d'acquisition progressive du droit d'exercer les bons, généralement 36 à 48 mois avec cliff initial).
Conditions d'exercice et événements déclencheurs. La convention de BSA détaillé les conditions dans lesquelles le titulaire peut exercer ses bons : exercice volontaire après acquisition (post-vesting), exercice automatique en cas d'IPO ou de cession totale de la société, exercice anticipe sur décision de l'assemblée générale en cas d'opération de restructuration. La convention peut prévoir une acceleration du vesting en cas de cession totale de la société (acceleration simple : 12 mois supprimes ; acceleration double trigger : cession totale + licenciement du bénéficiaire dans les 18 mois).
Mécanisme de vesting et clauses bad leaver. Le vesting des BSA est généralement linéaire (1/48ème par mois après cliff de 12 mois) ou par paliers (25% au bout de 12 mois, 50% au bout de 24 mois, 75% au bout de 36 mois, 100% au bout de 48 mois). En cas de bad leaver, les BSA non acquis expirent immédiatement et les BSA acquis doivent généralement être exercés dans un délai court (30 à 90 jours) ou expirent également. En cas de good leaver, les BSA acquis peuvent être exercés dans le délai normal de la convention.
Modalités d'émission et formalités légales. L'émission de BSA requiert une résolution de l'assemblée générale extraordinaire (ÂGE) conformément à l'article L228-92 du Code de commerce. L'ÂGE approuve le rapport du président (SAS) ou du conseil d'administration (SA) justifiant les conditions d'émission et autorise l'émission. Les BSA sont émis par bulletin de souscription signé par chaque titulaire et inscrits dans un registre des bons de souscription. L'exercice des BSA se traduit par une augmentation de capital (souscription de nouvelles actions) soumise aux formalités habituelles au Greffe via Guichet unique INPI.
Comment remplir votre Bons de Souscription d'Actions (BSA)
Rédiger une Convention de BSA (Bons de Souscription d'Actions) en France requiert une structuration précise des paramètres économiques et des conditions d'exercice.
Étape 1 - Définir l'usage des BSA et les bénéficiaires. Déterminer l'usage des BSA (management package dirigeants, ratchet investisseurs, prestataires stratégiques) et identifier les bénéficiaires. Le nombre de bénéficiaires et le volume de BSA émis déterminant la dilution potentielle totale, qui doit être exprimée et acceptée par l'assemblée générale.
Étape 2 - Fixer le prix d'émission et le prix d'exercice. Le prix d'émission des BSA doit refléter leur valeur économique (prime de temps, volatilité implicite de la valeur de la société) pour éviter la requalification en rémunération par la DGFiP. Le prix d'exercice est généralement fixe à la valeur vénale de l'action à la date d'émission (valeur de marché, dernière valorisation retenue lors d'un tour de financement récent). Un prix d'exercice inférieur à la valeur vénale augmente la valeur intrinsèque du BSA et peut attirer une qualification fiscale défavorable.
Étape 3 - Définir le calendrier de vesting et les conditions bad leaver. Fixer le calendrier de vesting adapte à la situation du bénéficiaire (vesting de 36 mois avec cliff de 12 mois pour un nouveau manager, vesting résiduel pour un fondateur déjà présent). Définir précisément les cas de bad leaver et les conséquences sur les BSA non acquis et acquis (expiration, obligation d'exercice dans délai court).
Étape 4 - Obtenir l'autorisation de l'assemblée générale extraordinaire. Convoquer l'ÂGE pour autoriser l'émission des BSA, avec le rapport du président (SAS) ou du conseil d'administration (SA) justifiant les conditions d'émission conformément à l'article L228-92 du Code de commerce. L'ÂGE fixe le nombre maximum de bons, le prix d'émission, le prix d'exercice et la durée de l'autorisation.
Étape 5 - Signer les conventions individuelles et inscrire les BSA. Faire signer à chaque bénéficiaire sa convention de BSA individuelle. Inscrire les BSA dans le registre des valeurs mobilières de la société. Informer les autres actionnaires de la dilution potentielle résultant de l'exercice éventuel des BSA.
Exigences juridiques pour Bons de Souscription d'Actions (BSA)
Les Bons de Souscription d'Actions (BSA) en France sont soumis aux dispositions des articles L228-91 à L228-97 du Code de commerce et aux règles fiscales de la DGFiP.
Émission de BSA (Code com. L228-92). L'émission de BSA est autorisée par l'assemblée générale extraordinaire (ÂGE) sur rapport du conseil d'administration, du directoire ou du président de SAS. L'ÂGE fixe les conditions d'émission : prix d'émission, prix d'exercice, nombre maximum de bons émis, durée d'exercice. Le droit préférentiel de souscription des actionnaires existants peut être maintenu ou supprimé par l'ÂGE. En cas de suppression du droit préférentiel, les actionnaires sont protégés par la nécessite d'un rapport spécial et d'une approbation spécifique de l'ÂGE.
Qualification fiscale des BSA (doctrine DGFiP). La qualification fiscale des BSA est déterminante pour le régime d'imposition du gain. Si les BSA sont émis à leur juste valeur de marché (prix d'émission reflétant la valeur du droit) : le gain de cession des actions souscrites est imposable au PFU 30% (12,8% IR + 17,2% PS) comme plus-value sur valeurs mobilières. Si les BSA sont émis à un prix insuffisant par rapport à leur valeur de marché : la DGFiP peut requalifier la différence en salaires ou en revenus distribues, soumis aux cotisations sociales et à l'IR au barème progressif. La valorisation des BSA à l'émission doit être documentée (méthode Black-Scholes ou binomiale, rapport d'expert indépendant) pour résister à un contrôle DGFiP.
Protection contre la dilution (article L228-97 Code com.). L'article L228-97 du Code de commerce impose des mécanismes de protection des titulaires de BSA en cas d'opérations affectant le capital ou les droits (augmentation de capital, attribution d'actions gratuites, division ou regroupement d'actions, fusion-absorption). La convention de BSA doit reprendre et détailler ces mécanismes de protection anti-dilution pour maintenir les droits économiques des titulaires de BSA en cas d'opérations sur capital.
Exercice des BSA et augmentation de capital. L'exercice des BSA se traduit par une augmentation de capital par souscription de nouvelles actions. Cette augmentation requiert : libération des fonds souscrits (prix d'exercice x nombre d'actions), modification des statuts reflétant la nouvelle composition du capital, dépôt des fonds chez le commissaire aux comptes ou l'établissement bancaire, immatriculation modificative au RCS via Guichet unique INPI.
Erreurs courantes à éviter dans votre Bons de Souscription d'Actions (BSA)
Plusieurs erreurs affectent les conventions de BSA (Bons de Souscription d'Actions) en France et peuvent engendrer des qualifications fiscales défavorables.
Erreur 1 - Émettre les BSA managers à un prix insuffisant. L'émission de BSA managers à un prix symbolique (1 EUR) ou très inférieur à leur valeur de marché expose la société à une requalification par la DGFiP de la plus-value de cession en salaires ou en revenus distribues, avec application des cotisations sociales et de l'IR au barème progressif. Bonne pratique : faire valoriser les BSA managers par un expert indépendant (méthode Black-Scholes ou autre méthode financière reconnue) au moment de l'émission pour documenter la valeur de marché et fixer le prix d'émission en conséquence.
Erreur 2 - Confondre BSA et BSPCE. Les BSPCE (CGI art. 163 bis G) bénéficient d'un régime fiscal plus favorable (pas de cotisations sociales, PFU 30% sur le gain de cession) mais sont réserves aux sociétés de moins de 15 ans remplissant des conditions strictes. Les BSA peuvent être émis par toutes les sociétés mais n'ont pas de régime fiscal favorable spécifique. Choisir le mauvais instrument selon la nature et l'âge de la société peut entraîner soit une fiscalité sous-optimale (utilisation de BSA alors que les BSPCE étaient disponibles), soit une invalidité du régime fiscal favorable (utilisation de BSPCE par une société non éligible). Bonne pratique : vérifier systématiquement l'eligibilité aux BSPCE avant d'opter pour les BSA.
Erreur 3 - Négliger les formalités ÂGE. L'émission de BSA sans autorisation préalable de l'ÂGE est nulle et de nul effet en droit français. Des BSA émis par simple décision du président ou du conseil d'administration sans résolution ÂGE conforme à l'article L228-92 sont inopposables aux actionnaires existants. Bonne pratique : s'assurer systématiquement de l'obtention de la résolution ÂGE avant l'émission des BSA.
Erreur 4 - Omettre les mécanismes de protection anti-dilution (art. L228-97). L'absence de mécanismes de protection anti-dilution dans la convention de BSA peut priver les titulaires de BSA d'une protection contre les opérations sur capital ultérieures (augmentations de capital diluantes, actions gratuites). L'article L228-97 du Code de commerce impose des ajustements automatiques du ratio de conversion ou du prix d'exercice en cas d'opérations affectant le capital ; ces ajustements doivent être détaillés dans la convention pour éviter les contestations ultérieures.
Questions Fréquentes
Les BSA (bons de souscription d'actions, Code com. L228-91), les BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d'entreprise, CGI art. 163 bis G) et les stock-options (options de souscription d'actions, Code com. L225-177) sont trois instruments de management package distincts en droit français. Les BSPCE bénéficient du régime fiscal le plus favorable (gains au PFU 30% sans cotisations sociales au moment de l'exercice) mais sont réserves aux sociétés de moins de 15 ans remplissant des conditions strictes de capital et d'actionnariat. Les stock-options classiques sont régies par les articles L225-177 à L225-185 (SA uniquement) avec un gain d'acquisition imposable comme salaire avec cotisations sociales si l'option est exercée moins de 4 ans après attribution. Les BSA peuvent être émis par toutes les formes de sociétés (SA, SAS, SCA) et ne disposent pas de régime fiscal favorable spécifique : le gain de cession des actions souscrites via BSA est imposable au PFU 30% si la qualification de plus-value sur valeurs mobilières est maintenue (ce qui dépend du prix d'émission des BSA et de l'absence de requalification par la DGFiP). En pratique, pour une startup de moins de 15 ans éligible, les BSPCE sont quasi systématiquement préférés aux BSA managers en raison de leur régime fiscal plus favorable.
Le prix d'exercice d'un BSA (strike) en France est généralement fixe à la valeur vénale de l'action de la société à la date d'émission des BSA. Cette valeur vénale est déterminée en pratique par la dernière valorisation retenue lors d'un tour de financement récent (valeur post-money divisée par le nombre d'actions en circulation), par une méthode d'évaluation patrimoniale (actif net réévalué), par la méthode de capitalisation des résultats (EBITDA x multiple sectoriel), ou par un rapport d'expert indépendant. Un prix d'exercice fixe à la valeur de marché à l'émission garantit que les BSA n'ont pas de valeur intrinsèque immédiate (out of the money) et que la totalité du gain éventuel resultera de la croissance future de la valeur de l'action entre la date d'émission et la date d'exercice. La DGFiP toléré un prix d'exercice égal ou supérieur à la valeur de marché de l'action ; en revanche, un prix d'exercice inférieur à la valeur de marché signifie que les BSA ont une valeur intrinsèque positive à l'émission (in the money), ce qui augmente la valeur taxable du BSA à l'émission et expose le titulaire à une imposition anticipée.
L'émission de Bons de Souscription d'Actions (BSA) en France est soumise aux formalités suivantes conformément aux articles L228-91 à L228-97 du Code de commerce. Première formalité : rapport du conseil d'administration (SA) ou du président (SAS) justifiant les conditions d'émission des BSA (prix d'émission, prix d'exercice, nombre de bons, durée d'exercice, identité des bénéficiaires ou critères d'attribution). Deuxième formalité : résolution de l'assemblée générale extraordinaire (ÂGE) autorisant l'émission des BSA, approuvant le rapport du dirigeant, et fixant les conditions d'émission. Le cas échéant, l'ÂGE supprime le droit préférentiel de souscription des actionnaires existants. Troisième formalité : émission effective des BSA par bulletin de souscription signé par chaque bénéficiaire, avec paiement du prix d'émission. Quatrième formalité : inscription des BSA au registre des valeurs mobilières de la société. Cinquième formalité (lors de l'exercice des BSA) : augmentation de capital résultant de l'exercice des BSA, avec les formalités habituelles au Greffe du Tribunal de commerce via Guichet unique INPI (modification des statuts, dépôt des fonds, publication dans un JAL, délivrance du Kbis modificatif).
Un BSA ratchet (également appele BSA anti-dilution ou BSA performance) est un bon de souscription d'actions émis en faveur des investisseurs lors d'une levée de fonds, conférant le droit de souscrire des actions supplémentaires si certaines conditions de performance ou de valorisation sont remplies. Deux types principaux existent en pratique française. Le ratchet up (ratchet positif) permet à l'investisseur de souscrire des actions supplémentaires si la société réalisé une performance supérieure aux objectifs convenus (par exemple, si la valorisation lors du prochain tour est supérieure à un multiple convenu, l'investisseur peut augmenter sa participation en souscrivant via les BSA ratchet). Le ratchet down (ratchet anti-dilution) est le mécanisme inverse : si le prochain tour est réalisé à une valorisation inférieure au prix d'entrée de l'investisseur (down round), les BSA permettent à l'investisseur de souscrire des actions au prix du down round pour maintenir sa participation économique équivalente. Ce mécanisme est une alternative au ratchet anti-dilution inscrit dans les droits des actions de préférence. Le BSA ratchet est généralement émis simultanément à l'augmentation de capital du tour de financement, avec une valeur d'émission (prix du BSA) négligeable ou nulle selon les termes négociés.
Les risques fiscaux lies à une mauvaise valorisation des BSA managers en France sont significatifs et constituent l'un des principaux motifs de contrôle par la Direction générale des Financés publiques (DGFiP) lors des vérifications fiscales de sociétés. Si les BSA managers sont émis à un prix d'émission inférieur à leur valeur de marché, la DGFiP peut requalifier l'avantage en nature constitué par la valeur intrinsèque du BSA (différence entre valeur de marché et prix d'émission) soit en traitements et salaires soumis à l'IR au barème progressif et aux cotisations sociales salariales et patronales, soit en revenus distribues imposes à l'IR et soumis aux contributions sociales au taux de 17,2%. Dans les deux cas, la requalification entraîne un redressement significatif avec application des intérêts de retard de 0,20% par mois (art. 1727 CGI) et une majoration de 40% pour manquement délibéré (art. 1729 CGI). Pour se prémunir contre ce risque, la société doit : faire valoriser les BSA à l'émission par un expert indépendant utilisant une méthode financière reconnue (Black-Scholes, modèle binomial), documenter soigneusement cette valorisation dans le rapport du dirigeant soumis à l'ÂGE, et fixer un prix d'émission reflétant fidèlement la valeur de marché du droit. En cas de doute, il est conseillé de solliciter un rescrit fiscal auprès de la DGFiP conformément à l'article L80 B du Livre des procédures fiscales avant l'émission. Voir également notre modèle fr-pacte-actionnaires-startup pour le pacte complémentaire définissant les conditions d'exercice.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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