Décision de Dissolution Amiable Anticipée et Désignation du Liquidateur
Qu'est-ce qu'un Décision de Dissolution Amiable Anticipée et Désignation du Liquidateur ?
La Décision de Dissolution Amiable Anticipée et Désignation du Liquidateur est, en droit français, le procès-verbal d'assemblée générale extraordinaire décidant la dissolution amiable anticipée d'une société (SARL, SAS, SA) et désignant le liquidateur amiable.
La dissolution amiable anticipée en France se distingue fondamentalement de la liquidation judiciaire ou de la dissolution involontaire. La liquidation judiciaire (articles L640-1 et suivants du Code de commerce) est prononcée par le Tribunal de commerce en cas de cessation des paiements insusceptible de redressement ; les associés n'ont plus le contrôle du processus. La dissolution amiable est au contraire une opération volontaire et maîtrisée par les associés, qui désigné eux-mêmes le liquidateur, définissent ses pouvoirs, et supervisent les opérations de liquidation jusqu'à la clôture. Cette maîtrise est un avantage déterminant pour les entrepreneurs souhaitant clore une société dans des conditions ordonnées.
La Décision de Dissolution Amiable Anticipée enclenche automatiquement la mise en liquidation de la société et l'obligation d'adjoindre la mention 'en liquidation' à la dénomination sociale (article L237-2 du Code de commerce). Pendant la période de liquidation, la société conserve sa personnalité juridique pour les seuls besoins de la liquidation (recouvrement des créances, paiement des dettes, cession des actifs, clôture des contrats). Les pouvoirs du gérant ou du président cessent et sont transférés au liquidateur désigné par les associés. Le liquidateur représente seul la société en liquidation, engage sa responsabilité personnelle en cas de faute de gestion dans la liquidation (Code com. L237-12 à L237-20).
Les causes d'une dissolution anticipée amiable sont multiples : fin du projet ou de l'objet social (projet immobilier arrive à terme, mission spécifique accomplie, contrat principal non renouvelable), arrêt définitif de l'activité commerciale (cessation volontaire, retraite du dirigeant sans repreneur trouve), restructuration du groupe (simplification de la structure par absorption d'une filiale inactive), optimisation patrimoniale (liquidation d'une SCI de détention immobilière après cession de l'immeuble), ou simplement décision stratégique des associés de mettre fin à la société. La dissolution est décidée à la majorité requise pour la modification des statuts en assemblée générale extraordinaire (ÂGE).
Le processus de dissolution amiable se déroule en deux phases distinctes : la dissolution proprement dite (constatée par le PV d'ÂGE de dissolution et la désignation du liquidateur) et la clôture de la liquidation (constatée par un second PV d'ÂGE approuvant les comptes de liquidation definitis, le partagé du boni de liquidation entre associés, et demandant la radiation au RCS). Notre modèle de Comptes de Liquidation et PV de Clôture complemente la présente décision de dissolution pour accompagner les associés jusqu'à la radiation finale de la société.
Quand avez-vous besoin d'un Décision de Dissolution Amiable Anticipée et Désignation du Liquidateur ?
La Décision de Dissolution Amiable Anticipée en France est nécessaire dans plusieurs situations conduisant les associés à décider volontairement la fermeture d'une société.
Arrêt définitif de l'activité après cession du fonds de commerce. Après la cession du fonds de commerce ou de l'activité principale de la société, la société reste immatriculée au RCS mais n'à plus d'activité. Pour éviter les coûts de gestion d'une société dormante (expertcomptable, dépôts des comptes annuels au Greffe, cotisations minimum de CFE), les associés optent pour la dissolution amiable. La dissolution permet de récupérer les éventuels actifs résiduels (trésorerie, créances, biens mobiliers non cédés avec le fonds) et de répartir le boni de liquidation entre associés. Voir aussi notre modèle de Contrat de Cession de Fonds de Commerce pour la cession préalable.
Retraite du dirigeant sans repreneur. Un entrepreneur dirigeant une SARL ou SAS souhaitant prendre sa retraite sans trouver de repreneur adéquat peut décider de dissoudre la société. Cette dissolution est souvent précédée d'un arrêt progressif de l'activité (non-renouvellement des contrats clients, réduction des effectifs). Le dirigeant retraite peut bénéficier de l'abattement fiscal sur les plus-values de cession pour départ à la retraite (article 150-0 D ter du CGI) si les conditions sont remplies, en cas de cession des titres avant la dissolution ou de partagé du boni de liquidation.
Liquidation d'une société de projet arrivée à terme. Certaines sociétés sont créées pour un projet spécifique (promotion immobilière via une SCI ou une SARL, consortium de construction, joint-venture pour un contrat spécifique). Lorsque le projet est achevé (immeuble construit et vendu, contrat termine), les associés procèdent à la dissolution amiable de la société. La trésorerie résiduelle après paiement de toutes les dettes et impôts est partagée entre les associés au prorata de leurs participations (boni de liquidation).
Simplification d'une structure de groupe. Un groupe de sociétés peut disposer de filiales inactives ou redondantes dont la maintenance administrative (comptes annuels, déclarations fiscales, AGO annuelle) est coûteuse sans apporter de valeur. La dissolution amiable de ces coquilles vides simplifie la structure et réduit les coûts. Pour les groupes disposant d'une holding, la fusion simplifiée (article L227-16 du Code de commerce) ou la dissolution-confusion (articles 1844-5 du Code civil) peut être une alternative à la dissolution amiable classique.
Sortie d'une joint-venture après désaccord entre associés. En cas de mésentente profonde entre associés rendant le fonctionnement de la société impossible, les associés peuvent s'accorder sur une dissolution amiable plutôt que de subir une dissolution judiciaire pour mésentente (beaucoup plus longue et coûteuse). La dissolution amiable par accord entre associés permet de contrôler le calendrier, de désigner le liquidateur de leur choix, et de négocier amiablement les conditions de partagé des actifs et passifs. Voir aussi notre modèle de PV d'Agrément de Cession de Titres pour les solutions alternatives à la dissolution.
Que faut-il inclure dans votre Décision de Dissolution Amiable Anticipée et Désignation du Liquidateur ?
La Décision de Dissolution Amiable Anticipée en France doit contenir des mentions complètes pour produire ses effets juridiques, permettre les formalités au Greffe du Tribunal de commerce et encadrer les pouvoirs du liquidateur. Le modèle forms-legal.com de décision de dissolution intègre les éléments obligatoires identifiés par la pratique des greffiers et des avocats spécialisés en droit des sociétés.
Identification de la société dissoute (article 1). Le PV identifie précisément la société dissoute : dénomination sociale exacte (avec la mention 'en liquidation' à ajouter après la dissolution conformément à l'article L237-2 du Code de commerce), forme juridique, capital social, siège social et numéro SIREN. La société conserve son SIREN jusqu'à la radiation définitive du RCS après la clôture de la liquidation. La raison de la dissolution (convenance des associés, fin de l'objet social, arrêt d'activité, restructuration) est mentionnée pour eclairer les tiers sur le contexte de la liquidation.
ÂGE et vote sur la dissolution (article 2). Le PV décrit la composition de l'assemblée générale extraordinaire : liste des associés ou actionnaires présents et représentés avec leur participation au capital, résultat du vote sur la dissolution. La dissolution anticipée est soumise aux règles de majorité de l'ÂGE extraordinaire modifiant les statuts. Pour une SARL, l'article L223-30 du Code de commerce impose une majorité d'au moins les 2/3 des parts sociales. Pour une SAS, les statuts définissent la majorité requise. Pour une SA, l'article L225-96 du Code de commerce impose une majorité des 2/3 des actions détenues par les actionnaires présents ou représentés (quorum 1/4 sur première convocation, 1/5 sur deuxième). La dissolution prend effet entre les parties à la date de l'ÂGE et est opposable aux tiers après inscription au RCS.
Désignation du liquidateur et ses pouvoirs (article 3). Le PV désigné le liquidateur amiable (le plus souvent un associé, souvent le gérant ou le président sortant, ou un tiers professionnel) et précise l'étendue de ses pouvoirs. Les pouvoirs du liquidateur sont très larges : recouvrement des créances, paiement des dettes, cession des actifs (mobiliers et immobiliers), mise fin aux contrats, représentation en justice, déclarations fiscales et sociales de cessation d'activité auprès de la DGFiP, de l'URSSAF, de France Travail et de l'INSEE. La rémunération du liquidateur est précisée (souvent sans rémunération si associe, avec honoraires si tiers professionnel). Le liquidateur engage sa responsabilité personnelle pour les fautes commises dans l'exercice de ses fonctions (Code com. L237-12).
Formalités post-dissolution (article 4). Le PV rappelle les formalités obligatoires à accomplir dans le mois de la dissolution : inscription modificative au RCS via le Guichet unique INPI avec dépôt du PV de dissolution, indication du liquidateur et du siège de liquidation (formulaire M2) ; publication d'un avis de dissolution dans un journal d'annoncés légales (JAL) du département du siège conformément à l'article L237-2 du Code de commerce ; déclaration de cessation d'activité auprès du SIE-DGFiP dans les 30 jours ; notification à l'URSSAF, France Travail, Agirc-Arrco. Le liquidateur est charge d'accomplir toutes ces formalités dans les délais légaux. Voir aussi notre modèle de Comptes de Liquidation et PV de Clôture pour la seconde phase de la liquidation.
Comment remplir votre Décision de Dissolution Amiable Anticipée et Désignation du Liquidateur
Organiser une dissolution amiable anticipée en France requiert une préparation méthodique pour respecter les formalités légales et accomplir les opérations de liquidation dans les délais.
Étape 1 - Vérifier la situation de la société avant la dissolution. Avant de décider la dissolution, réaliser un bilan de la situation de la société : trésorerie disponible, créances à recouvrer, dettes à payer (fournisseurs, banques, fisc - DGFiP, URSSAF, France Travail), contrats en cours (baux, contrats clients, contrats de travail), actifs à céder. Si la société à des dettes importantes qu'elle ne peut pas honorer, la dissolution amiable n'est pas la bonne voie (risque de requalification en liquidation judiciaire si les créanciers font valoir leurs droits). Dans ce cas, une procédure amiable (mandat ad hoc ou conciliation conformément aux articles L611-3 et suivants du Code de commerce) ou une sauvegarde judiciaire peut être plus appropriée.
Étape 2 - Convoquer l'ÂGE extraordinaire. Convoquer tous les associés ou actionnaires en assemblée générale extraordinaire (ÂGE) par lettre recommandée avec accuse de réception, conformément aux statuts et à la loi, au moins 15 jours avant la date de l'ÂGE (ou tout autre délai prévu par les statuts). L'ordre du jour inclut : dissolution amiable anticipée de la société, désignation du liquidateur amiable et définition de ses pouvoirs, décisions diverses relatives à la liquidation. Joindre à la convocation le projet de PV et les informations sur la situation financière de la société.
Étape 3 - Tenir l'ÂGE et rédiger le PV. Lors de l'ÂGE, vérifier la présence ou la représentation de tous les associés et la validité des procurations éventuelles. Voter sur la dissolution et sur la désignation du liquidateur. Rédiger le PV en time réel ou immédiatement après : identification de la société, associés présents, vote sur la dissolution (nombre de parts pour, contre, abstention), vote sur la désignation du liquidateur et ses pouvoirs. Faire signer le PV par tous les associés présents et par le liquidateur désigné.
Étape 4 - Accomplir les formalités dans le mois suivant la dissolution. Dans le mois de la dissolution (date de l'ÂGE), déposer le dossier de modification au Greffe du Tribunal de commerce via le Guichet unique INPI : PV de dissolution certifie conforme, formulaire M2 de modification précisant la dissolution et le liquidateur. Publier un avis de dissolution dans un JAL du département du siège. Notifier la cessation d'activité à la DGFiP (SIE), à l'URSSAF, à France Travail, aux organismes de retraite. Le défaut d'inscription au RCS dans le mois rend la dissolution inopposable aux tiers.
Étape 5 - Réaliser les opérations de liquidation. Le liquidateur réalisé les opérations de liquidation dans un délai de 3 ans maximum (article L237-17 du Code de commerce) : recouvrement des créances (relances, actions en recouvrement auprès des débiteurs), paiement des dettes (fournisseurs, salariés, banques, organismes sociaux, fisc), cession des actifs (vente du matériel, des stocks, des droits de propriété intellectuelle), clôture des contrats (baux, contrats clients, contrats fournisseurs), déclarations fiscales finales (déclaration IS de clôture auprès de la DGFiP, déclaration TVA finale, déclaration DSN de clôture auprès de l'URSSAF). Établir le bilan de clôture de la liquidation.
Étape 6 - Convoquer l'ÂGE de clôture et demander la radiation. Lorsque toutes les opérations de liquidation sont achevees, convoquer une dernière ÂGE pour approuver les comptes de liquidation definitis et décider la radiation au RCS. Notre modèle de Comptes de Liquidation et PV de Clôture (fr-liquidation-amiable-clôture) formalise cette étape finale. Après l'approbation, déposer le PV de clôture au Greffe via le Guichet unique INPI et demander la radiation du RCS. La société cesse d'exister à compter de la radiation.
Exigences juridiques pour Décision de Dissolution Amiable Anticipée et Désignation du Liquidateur
La Dissolution Amiable Anticipée d'une société en France est soumise aux dispositions des articles L237-1 à L237-31 du Code de commerce, complétées par les textes spécifiques à chaque forme sociale.
Causes et liberté de dissolution (article L237-1 du Code de commerce). La dissolution anticipée peut intervenir à tout moment sur simple décision des associés, pour quelque cause que ce soit (convenance, fin de l'objet social, restructuration, arrêt d'activité). Les associés n'ont pas à justifier la cause devant les tiers. Sont en revanche des causes automatiques de dissolution : expiration de la durée de la société (sauf prorogation), réalisation ou extinction de l'objet social, annulation du contrat de société, dissolution judiciaire pour justes motifs (article L237-1 du Code de commerce).
Majorité de vote selon la forme sociale. La dissolution par anticipation est votée en ÂGE extraordinaire selon les règles de majorité applicables à la modification des statuts de chaque forme sociale. Pour la SARL : 2/3 des parts sociales minimum (article L223-30 du Code de commerce). Pour la SAS : selon les statuts (article L227-9). Pour la SA : 2/3 des actionnaires présents ou représentés avec quorum du 1/4 des actions sur 1ère convocation, 1/5 sur 2ème (article L225-96). Pour la SNC : unanimité sauf clause contraire (article L221-12). Pour la SCI : conditions statutaires ou unanimité si silence.
Obligations de publicité (article L237-2 du Code de commerce). La dissolution doit faire l'objet d'une publicité : insertion dans un journal d'annoncés légales (JAL) du département du siège dans le mois suivant la dissolution, inscription modificative au RCS via le Guichet unique INPI dans le mois. Ces publications rendent la dissolution opposable aux tiers. Pendant la période de liquidation, tous les documents de la société doivent mentionner 'en liquidation' après la dénomination sociale.
Pouvoirs et responsabilité du liquidateur (articles L237-12 à L237-20 du Code de commerce). Le liquidateur est investi des pouvoirs les plus larges pour réaliser l'actif et payer le passif de la société. Il peut notamment céder tous les actifs, mettre fin aux contrats, et agir en justice au nom de la société. Toutefois, certaines opérations requièrent une autorisation des associés : cession globale de l'actif, apport à une autre société, continuation provisoire de certaines activités. Le liquidateur engage sa responsabilité civile pour les fautes de gestion dans la liquidation, et sa responsabilité pénale en cas de banqueroute par aggravation du passif ou de faux bilan.
Délai légal de liquidation (article L237-17 du Code de commerce). La liquidation doit être achevée dans un délai de 3 ans à compter de la dissolution. Ce délai peut être prolong par une décision des associés (ÂGE extraordinaire) déposée au Greffe. Si la liquidation n'est pas close dans ce délai, le Tribunal de commerce peut nommer un mandataire pour y pourvoir et éventuellement convertir la liquidation amiable en liquidation judiciaire si la société est insolvable.
Fiscalité de la dissolution. La dissolution d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) entraîne la cessation d'activité et l'imposition immédiate des plus-values latentes sur les actifs, des bénéfices en cours et des provisions. La DGFiP doit être notifiée dans les 60 jours suivant la dissolution (article 201 du CGI). Le boni de liquidation distribué aux associés personnes physiques est soumis au PFU de 30% (article 112 du CGI), sauf option pour le barème progressif. Pour les sociétés mères bénéficiant du régime des sociétés intégrées (intégration fiscale), la dissolution d'une filiale sortant du groupe fiscal nécessite des formalités spécifiques auprès de la DGFiP.
Erreurs courantes à éviter dans votre Décision de Dissolution Amiable Anticipée et Désignation du Liquidateur
Les erreurs dans la procédure de dissolution amiable anticipée en France peuvent exposer les dirigeants et associés à des responsabilités civiles et pénales importantes.
Erreur 1 - Dissoudre une société ayant des dettes non remboursables. La dissolution amiable n'est possible que si la société peut honorer toutes ses dettes dans le cadre de la liquidation. Si la société est en cessation des paiements (passif exigible supérieur à l'actif disponible), le dirigeant doit demander l'ouverture d'une procédure collective (redressement judiciaire ou liquidation judiciaire) dans les 45 jours suivant la cessation des paiements conformément à l'article L631-4 du Code de commerce. Continuer une dissolution amiable en connaissance d'une insuffisance d'actif constitue un délit de banqueroute passible de poursuites pénales. Bonne pratique : établir un bilan de situation avant la dissolution et consulter un expert-comptable ou un avocat spécialisé si des doutes subsistent sur la solvabilité.
Erreur 2 - Oublier les formalités de publicité dans le délai d'un mois. La dissolution doit être publiée dans un journal d'annoncés légales et inscrite modificativement au RCS dans le mois suivant l'ÂGE. Ces formalités rendent la dissolution opposable aux tiers : sans elles, les tiers continuent à traiter avec la société comme si elle était activé, et le gérant ou président reste responsable des engagements pris au nom de la société après la dissolution mais avant la publicité. Le défaut de publicité expose également le dirigeant à des poursuites pour non-respect des obligations légales. Bonne pratique : confier les formalités au liquidateur ou à un cabinet d'avocats ou d'experts-comptables dès le lendemain de l'ÂGE.
Erreur 3 - Ne pas mettre à jour tous les documents avec la mention 'en liquidation'. Après la dissolution, tous les documents de la société (factures, courriers, papier à en-tête, site internet) doivent impérativement porter la mention 'en liquidation' après la dénomination sociale (article L237-2 du Code de commerce). Le défaut de cette mention est un délit pénal (article L242-24 du Code de commerce pour les SA, sanction équivalente pour les SARL/SAS) passible d'amende. Bonne pratique : mettre à jour immédiatement tous les modèles de documents et informer les interlocuteurs habituels (banque, fournisseurs, clients) de la mise en liquidation.
Erreur 4 - Négliger les obligations fiscales et sociales de cessation d'activité. La cessation d'activité impose de nombreuses déclarations dans des délais courts : déclaration IS de cessation auprès du SIE-DGFiP dans les 60 jours (article 201 du CGI), déclaration TVA finale, DSN de cessation auprès de l'URSSAF, déclaration à France Travail. Le défaut de ces déclarations dans les délais expose la société (et le liquidateur) à des majorations et pénalités fiscales et sociales. Bonne pratique : confier les déclarations de cessation d'activité à l'expert-comptable habituel de la société dès la décision de dissolution.
Erreur 5 - Confondre dissolution et clôture de liquidation. Beaucoup d'associés pensent qu'une fois l'ÂGE de dissolution tenue, la société est fermee. En réalité, la dissolution n'est que la première étape : la société subsiste juridiquement pendant toute la période de liquidation (jusqu'à 3 ans), avec une personnalité juridique restreinte aux besoins de la liquidation. La radiation définitive du RCS n'intervient qu'après l'ÂGE de clôture de la liquidation approuvant les comptes définitifs. Notre modèle de Comptes de Liquidation et PV de Clôture formalise cette deuxième phase indispensable à la fermeture complète de la société.
Questions Fréquentes
La dissolution amiable (ou liquidation amiable) en France est une procédure volontaire décidée par les associés d'une société solvable qui souhaitent mettre fin à son activité dans des conditions maitrisees. Les associés désignent eux-mêmes le liquidateur, supervisent les opérations de liquidation, et répartissent le boni de liquidation éventuel entre eux à la clôture. La liquidation judiciaire (articles L640-1 et suivants du Code de commerce) est au contraire une procédure collective contrainte, ouverte par le Tribunal de commerce lorsque la société est en cessation des paiements (passif exigible supérieur à l'actif disponible) et que le redressement est manifestement impossible. Dans une liquidation judiciaire, le Tribunal désigné un mandataire judiciaire (liquidateur judiciaire) qui prend le contrôle de la société, les dirigeants perdent leurs pouvoirs, et les actifs sont vendus pour rembourser les créanciers dans l'ordre de priorité légal. La distinction est fondamentale : si une société est solvable (peut rembourser toutes ses dettes), la dissolution amiable est possible et préférée ; si elle est insolvable (passif > actif), le dirigeant doit déclarer la cessation des paiements dans les 45 jours et demander l'ouverture d'une procédure collective conformément à l'article L631-4 du Code de commerce. Dissoudre amiablement une société insolvable sans déclarer la cessation des paiements constitue un délit de banqueroute (article L654-2 du Code de commerce).
La durée d'une liquidation amiable en France dépend de la complexité de la situation de la société et des opérations de liquidation à réaliser. La loi (article L237-17 du Code de commerce) fixe un délai légal maximum de 3 ans à compter de la dissolution pour achever la liquidation. Ce délai peut être prolong par une décision des associés déposée au Greffe. En pratique : une liquidation simple (société sans salariés, sans immeuble, peu de dettes et de créances, trésorerie disponible) peut être clôturee en 3 à 6 mois. Une liquidation moyenne (quelques salariés, baux commerciaux, créances clients, dettes fournisseurs) prend généralement 6 à 18 mois. Une liquidation complexe (nombreux salariés, actifs importants, contentieux en cours, passif fiscal ou social significatif) peut prendre 2 à 3 ans. Les principales opérations prolongeant la liquidation sont : le recouvrement des créances clients (contentieux de recouvrement avec le Tribunal de commerce si débiteurs défaillants), la négociation avec les banques pour le remboursement des crédits (éventuels refinancements ou renonces à créance), la cession des actifs immobiliers (nécessite un acte notarie et des délais de vente sur le marché), et l'attente des redressements fiscaux ou sociaux eventuelsnon encore finalises. La DGFiP peut demander un délai de 6 à 12 mois supplémentaires pour finaliser ses contrôles fiscaux avant d'accepter la radiation au RCS.
Le liquidateur amiable d'une société en France peut être n'importe quelle personne physique capable (majeure, non frappee d'interdiction de gérer conformément aux articles L653-1 et suivants du Code de commerce) ou une personne morale. Les options les plus courantes sont : un associé ou actionnaire de la société (souvent le gérant ou président sortant, qui connaît la société et peut réaliser la liquidation à titre bénévole ou avec une rémunération modique), un tiers professionnel (avocat d'affaires, expert-comptable, administrateur judiciaire en mission amiable) pour les liquidations complexes ou lorsqu'il existe des conflits entre associés. La désignation du liquidateur est effectuée par les associés lors de l'ÂGE de dissolution, à la majorité simple (ou selon les règles statutaires). Si les associés ne parviennent pas à s'accorder sur un liquidateur, le Tribunal de commerce peut être saisi pour en désigner un (article L237-7 du Code de commerce). Le liquidateur engage sa responsabilité civile pour les fautes de gestion commises pendant la liquidation (Code com. L237-12) et sa responsabilité pénale pour banqueroute en cas d'aggravation du passif ou de faux en écritures. Pour les liquidations complexes avec passif important, il est recommandé de désigner un professionnel qualifie (mandataire judiciaire ou avocat) pour sécuriser la procédure et limiter les risques de responsabilité personnelle.
La dissolution d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) en France entraîne plusieurs obligations fiscales importantes à accomplir dans des délais stricts. Première obligation : déclaration de cessation d'activité auprès du Service des impôts des entreprises (SIE) rattache à la Direction générale des financés publiques (DGFiP) dans les 60 jours suivant la dissolution (article 201 du CGI). Cette déclaration déclenche l'imposition immédiate des bénéfices non encore imposes, des plus-values latentes sur les actifs (si la dissolution entraîne la cession des actifs à une valeur supérieure à leur valeur comptable), et des provisions non déductibles. Deuxième obligation : déclaration TVA finale couvrant la période entre la dernière déclaration ordinaire et la date de cessation d'activité. Troisième obligation : déclaration sociale nominative (DSN) de cessation d'activité auprès de l'URSSAF, couvrant les salaires dus aux salariés jusqu'à la date de cessation. Quatrième obligation : établissement et dépôt du rapport de gestion et des comptes annuels de l'exercice en cours jusqu'à la date de dissolution, et des comptes définitifs de liquidation approuvés par l'ÂGE de clôture. Le boni de liquidation distribué aux associés personnes physiques est soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% (12,8% IR + 17,2% PS) au titre des distributions de revenus de capitaux mobiliers (article 112 du CGI), avec option possible pour le barème progressif de l'IR. Pour les associés personnes morales, le boni de liquidation peut bénéficier du régime des plus-values à long terme (article 219 du CGI) si les conditions sont remplies.
Une dissolution amiable anticipée de société en France impose plusieurs formalités de publicité successives encadrées par les articles L237-1 à L237-31 du Code de commerce et le décret n°78-704 du 3 juillet 1978. Après l'assemblée générale extraordinaire décidant la dissolution et désignant le liquidateur amiable, la société doit publier un avis de dissolution dans un support habilité à recevoir les annonces légales (JAL) du département du siège social, dans un délai d'un mois. Le liquidateur procède ensuite au dépôt du procès-verbal et de la décision de dissolution au greffe du tribunal de commerce pour inscription modificative au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS), via le guichet unique des formalités des entreprises géré par l'INPI. La mention « société en liquidation » et le nom du liquidateur doivent figurer sur tous les actes et documents émanant de la société, conformément à l'article L237-2 du Code de commerce. À la clôture des opérations de liquidation, une seconde annonce légale de clôture est publiée et le liquidateur dépose les comptes de liquidation au greffe pour radiation de la société du RCS. Le non-respect de ces formalités de publicité rend la dissolution inopposable aux tiers et peut engager la responsabilité personnelle du liquidateur, qui répond de ses fautes de gestion envers la société et les tiers en application de l'article L237-12 du Code de commerce.
Le boni de liquidation dégagé lors d'une dissolution amiable anticipée en France est imposable selon des règles précises définies par le Code général des impôts. Le boni de liquidation correspond à la différence positive entre l'actif net réparti entre les associés et le montant des apports initialement réalisés au capital social. Pour la société, la clôture de la liquidation entraîne un droit de partage de 2,5 % calculé sur l'actif net partagé, perçu par la DGFiP en application de l'article 746 du Code général des impôts. Pour les associés personnes physiques, le boni de liquidation est assimilé à une distribution de dividendes et soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux) prévu à l'article 200 A du Code général des impôts, sauf option pour le barème progressif. Pour les associés personnes morales soumises à l'impôt sur les sociétés, le boni peut bénéficier du régime des sociétés mères et filiales sous conditions. La société doit également régler ses dettes fiscales et sociales auprès de la DGFiP et de l'URSSAF avant toute répartition, le liquidateur engageant sa responsabilité s'il distribue l'actif sans avoir apuré le passif exigible conformément à l'article L237-12 du Code de commerce.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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