Ordre de Mouvement - Cession d'Actions de SAS
Qu'est-ce qu'un Ordre de Mouvement - Cession d'Actions de SAS ?
L'ordre de mouvement de cession d'actions de SAS est, en droit français, l'instruction écrite qui transfère la propriété d'actions par inscription au registre des mouvements de titres, conformément aux articles L227-1 et L228-6 du Code de commerce.
La SAS se distingue fondamentalement de la SARL par la liberté quasi-totale accordée aux associés pour organiser le fonctionnement de la société et les conditions de transfert des actions dans les statuts. L'article L227-1 du Code de commerce dispose que les actions de SAS sont librement cessibles sauf clauses contraires des statuts. Les statuts peuvent ainsi prévoir des clauses d'incessibilité temporaire (lock-up pour une durée maximum de 10 ans conforme à l'article L227-13), des clauses d'agrément (soumettant la cession à un accord d'un organe désigné par les statuts), des clauses de préemption (donnant aux actionnaires existants un droit d'achat prioritaire), et des clauses d'exclusion (permettant à la société d'exclure un actionnaire dans des conditions définies par les statuts).
L'Ordre de Mouvement est le document technique par lequel le cédant donne ordre irrévocable au président de la SAS (ou à toute autre personne désignée par les statuts pour tenir le registre des mouvements d'actions) de procéder au virement des actions cédées du compte-titres du cédant vers le compte-titres du cessionnaire dans le registre des mouvements d'actions conformément à l'article L228-1 du Code de commerce. La propriété des actions est transférée dès la signature de l'ordre de mouvement par le cédant. L'opposabilité à la société et aux tiers intervient par l'inscription de la mutation dans le registre.
Le régime fiscal de la cession d'actions de SAS est significativement plus avantageux que celui de la cession de parts de SARL. Les droits d'enregistrement prévus par l'article 726 du Code général des impôts (CGI) sont fixés au taux de 0,1% du prix total de cession sans abattement, contre 3% après abattement de 23 000 EUR pour les parts de SARL. Cette différence peut représenter des dizaines de milliers d'euros pour les cessions importantes, ce qui explique que de nombreux fondateurs et investisseurs privilégient la SAS lors de la création de sociétés destinées à des cessions fréquentes ou rapides du capital. L'enregistrement fiscal est obligatoire au Service des impôts des entreprises (SIE) rattache à la DGFiP dans le mois suivant la cession conformément à l'article 635 du CGI.
Les actions de SAS peuvent être de catégories différentes : actions ordinaires (droits proportionnels à la fraction du capital), actions de préférence conférant des droits spéciaux (dividende prioritaire, droit de liquidation préférentielle, droit de vote multiple ou pas de droit de vote, droit de veto sur certaines décisions) conformément aux articles L228-11 et suivants du Code de commerce. Ces catégories d'actions sont le support privilégié des term sheets des fonds de capital-investissement (venture capital, private equity) et des business angels. La cession d'actions de préférence impose de vérifier les droits attaches à chaque catégorie dans les statuts de la SAS.
La cession d'actions de SAS n'entraîne pas automatiquement le transfert des contrats de travail des salariés, contrairement à la cession de fonds de commerce. Les salariés restent employés par la SAS dont la structure juridique est inchangee. En revanche, le changement de contrôle peut déclencher des clauses de changement de contrôle (change of control) dans les contrats de financement bancaire (covenants), les contrats clients stratégiques (clauses intuitu personae), et les contrats de concession de licences. Ces clauses doivent être analysées lors de la due diligence préalable à la cession. Voir aussi notre modèle de Pacte d'Actionnaires Startup et l'Acte de Cession de Parts Sociales de SARL pour les comparaisons entre structures.
Quand avez-vous besoin d'un Ordre de Mouvement - Cession d'Actions de SAS ?
L'Ordre de Mouvement pour Cession d'Actions de SAS en France est requis dans de nombreuses situations de financement et de transmission d'entreprise.
Levée de fonds par cession secondaire (secondary). Lors d'une levée de fonds en capital, un fonds de venture capital ou un business angel peut acquis des actions existantes auprès des fondateurs (cession secondaire) en complément d'une souscription d'actions nouvelles (cession primaire). L'ordre de mouvement formalise le transfert des actions existantes du fondateur cédant vers l'investisseur entrant. Cette opération est soumise aux clauses de préemption et d'agrément des statuts et du pacte d'actionnaires, et peut être conditionnée à la signature simultanée d'un nouveau pacte d'actionnaires régissant les droits de l'investisseur entrant.
Liquidation partielle de l'investissement d'un fondateur ou d'un salarié (founder liquidity). Un fondateur ou un salarié bénéficiaire de bons de souscription de parts de créateurs d'entreprise (BSPCE conforme aux articles 163 bis G du CGI et L233-9 du Code de commerce) souhaitant liquider partiellement sa position peut céder une partie de ses actions lors d'une tour de table. Cette cession partielle est soumise aux mêmes clauses statutaires que les cessions totales et peut être encadrée par une clause de plafonnement du montant des cessions par fondateur.
Sortie d'un fonds de capital-investissement. Un fonds de venture capital ou de private equity souhaitant réaliser son investissement dans une SAS procède par cession de tout ou partie de ses actions, soit dans le cadre d'un processus de fusion-acquisition (M&À), soit par une introduction en bourse (IPO), soit par une cession industrielle à un repreneur stratégique. L'ordre de mouvement formalise la sortie du fonds. Les clauses de sortie (drag-along obligeant les minoritaires à vendre si le majoritaire vend, tag-along permettant aux minoritaires de vendre avec le majoritaire) prévues dans le pacte d'actionnaires gouvernent les conditions de la sortie.
Restructuration interne d'un groupe via holding. La création d'une holding familiale ou professionnelle au-dessus d'une SAS opérationnelle impose le transfert des actions de la SAS de la personne physique fondatrice vers la holding. Cet apport de titres (apport-cession) ou cette cession ordinaire est soumis aux mêmes formalités que toute cession d'actions. En cas d'apport à une holding, l'article 150-0 B ter du CGI peut permettre un report d'imposition sur la plus-value sous conditions strictes (holding IS, réinvestissement dans les 2 ans de 60% du produit).
Transmission familiale de la SAS. Un fondateur préparant sa succession peut céder ses actions à ses enfants, soit par donation (avec les abattements successoraux de 100 000 EUR par enfant renouvelables tous les 15 ans conforme au CGI), soit par vente au prix du marché. La cession d'actions de SAS entre membres d'une même famille suit les mêmes règles statutaires que les cessions à des tiers. Le Pacte Dutreil (article 787 B du CGI) permet une réduction de 75% des droits de succession sous conditions de conservation des titres pendant 2 ans avant et 4 ans après la transmission, faisant de la SAS le vecteur privilégié de transmission d'entreprise familiale.
Résolution d'un conflit entre actionnaires. En cas de mésentente entre actionnaires d'une SAS, les clauses de sortie forcée prévues dans les statuts (exclusion, retrait oblige) ou les mécanismes contractuels du pacte d'actionnaires (clause shoot-out ou russian roulette) permettent d'organiser le départ d'un actionnaire minoritaire ou majoritaire. L'ordre de mouvement formalise le transfert des actions lors de l'exercice de ces mécanismes. Voir aussi notre modèle de Pacte Préemption Statutaire pour les mécanismes préventifs.
Que faut-il inclure dans votre Ordre de Mouvement - Cession d'Actions de SAS ?
L'Ordre de Mouvement pour Cession d'Actions de SAS en France comprend des éléments spécifiques adaptes à la flexibilité statutaire de cette forme sociale et aux exigences des investisseurs institutionnels. Le modèle forms-legal.com de cession d'actions de SAS intègre les clauses standard recommandées par les cabinets d'avocats spécialisés en M&À et capital-investissement.
Identification des parties et de la SAS (articles 1 et 2). L'acte identifie précisément le cédant, le cessionnaire et la SAS concernée (dénomination, capital, SIREN, siège, nombre total d'actions). Pour les cedants et cessionnaires personnes morales (fonds d'investissement, holding, société industrielle), l'habilitation du représentant légal doit être justifiée par un extrait de registre (Kbis) ou un procès-verbal de l'organe social compétent (conseil de surveillance, directoire, ÂGE) autorisant la cession. Le numéro SIREN de la SAS figurant sur le Kbis accessible via infogreffe.fr ou data.inpi.fr est obligatoire pour l'enregistrement fiscal.
Catégorie d'actions et nombre (article 3). La précision de la catégorie d'actions cédées est essentielle dans les SAS disposant de plusieurs catégories d'actions. Les actions de préférence (preferential shares) confèrent des droits spécifiques (dividende prioritaire, liquidation préférentielle, droit de veto, droit de vote multiple ou pas de droit de vote) définis dans les statuts conformément aux articles L228-11 et suivants du Code de commerce. L'ordre de mouvement mentionne précisément la catégorie (ordinaires, de préférence de série À/B/C, etc.) et le nombre d'actions, qui doivent correspondre au registre des mouvements d'actions tenu au siège de la SAS.
Clauses statutaires applicables (article 4). La liberté statutaire de la SAS impose de vérifier systématiquement les statuts et le pacte d'actionnaires avant toute cession. Quatre types de restrictions fréquentes : clause d'incessibilité temporaire (lock-up) valable 10 ans maximum (article L227-13 du Code de commerce), clause d'agrément soumettant la cession à l'accord d'un organe désigné par les statuts (article L228-23 du Code de commerce), clause de préemption donnant aux actionnaires existants un droit prioritaire d'achat (article L228-23), clause de sortie conjointe obligatoire (drag-along) ou optionnelle (tag-along). Le non-respect d'une clause statutaire entraîne la nullité de la cession conformément à l'article L227-15 du Code de commerce.
Prix et droits d'enregistrement (article 5). Les droits d'enregistrement sont calculés au taux de 0,1% du prix total de cession sans abattement (article 726 du CGI), ce qui est nettement inférieur au taux de 3% applicable aux parts de SARL. L'enregistrement est obligatoire au SIE-DGFiP dans le mois de la cession (article 635 du CGI). L'earn-out est une clause fréquente dans les cessions de SAS permettant de moduler le prix en fonction des performances futures de la société (chiffre d'affaires, EBITDA) : il impose une définition précise des indicateurs, des modalités de calcul et des mécanismes de résolution des litiges.
Garantie d'actif et de passif (article 6). La GAP est un élément standard des cessions d'actions de SAS, particulièrement pour les cessions importantes (> 100 000 EUR). Les paramètres standard recommandés par les professionnels du M&À en France : plafond de 20-30% du prix de cession equite, franchise de 0,5-1% du prix, durée de 24-36 mois (correspondant aux prescriptions fiscales de 3 ans sous l'article L169 du Livre des procédures fiscales et sociales sous l'article L243-6 du Code de la sécurité sociale). Les exclusions classiques de la GAP : passifs divulgues dans les annexes des comptes, passifs résultant d'un fait postérieur à la cession, passifs inférieurs à la franchise.
Ordre de mouvement et registre (article 7). L'ordre de mouvement est la pièce technique spécifique à la SAS (et aux SA) permettant le transfert des actions dans le registre. Le registre des mouvements d'actions de la SAS (article L228-1 du Code de commerce) doit être tenu au siège de la société. Chaque ligne du registre mentionne : date, numéro d'ordre, identité du cédant, identité du cessionnaire, nombre d'actions transférées, prix unitaire, nature de la transaction (cession, donation, apport). L'attestation d'inscription dans le registre constitue la preuve du transfert opposable à la société et aux tiers. Voir aussi notre modèle de Statuts de SAS pour le cadre général de cette forme sociale.
Comment remplir votre Ordre de Mouvement - Cession d'Actions de SAS
Rédiger un Ordre de Mouvement pour Cession d'Actions de SAS en France requiert une vérification préalable des statuts et du pacte d'actionnaires ainsi qu'une due diligence adaptée à la taille de la transaction.
Étape 1 - Auditer les restrictions statutaires et contractuelles. Avant toute négociation, lire attentivement les statuts de la SAS et le pacte d'actionnaires pour identifier toutes les restrictions applicables à la cession : clause de lock-up (incessibilité temporaire), clause d'agrément (accord requis), clause de préemption (droit d'achat prioritaire des actionnaires existants), clause de drag-along (cession forcée des minoritaires), clause de tag-along (sortie conjointe optionnelle). Vérifier les délais et modalités de mise en œuvre de chaque clause. Le non-respect d'une clause statutaire ou contractuelle entraîne la nullité de la cession (article L227-15 du Code de commerce).
Étape 2 - Obtenir le Kbis et les derniers statuts de la SAS. Télécharger le Kbis récent de la SAS (valide 3 mois) via infogreffe.fr ou data.inpi.fr pour vérifier la dénomination, le SIREN, le siège et le capital. Obtenir les statuts à jour déposés au Greffe. Pour les SAS avec plusieurs catégories d'actions, obtenir le tableau de capitalisation (capitalization table) à jour précisément la répartition de chaque catégorie entre actionnaires.
Étape 3 - Respecter les procédures statutaires si clause d'agrément ou préemption. Si les statuts prévoient une clause d'agrément, notifier le projet de cession à la société (au président ou à tout organe désigné) dans les conditions stipulées et attendre la décision d'agrément dans le délai prévu. Si une clause de préemption est prévue, notifier le projet de cession aux actionnaires bénéficiaires de la préemption avec toutes les conditions (prix, paiement) et attendre l'expiration du délai d'exercice de la préemption. Documenter toutes les notifications et réponses pour sécuriser la cession.
Étape 4 - Réaliser la due diligence. Pour les cessions significatives (> 100 000 EUR), réaliser une due diligence comptable (3 derniers bilans certifies, déclarations IS, TVA, CFE), fiscale (absence de contentieux DGFiP en cours), sociale (attestation URSSAF de situation régulière, paiement Agirc-Arrco) et juridique (contrats clients/fournisseurs, propriété intellectuelle, litiges). Identifier les passifs potentiels pour calibrer la GAP. Un cabinet d'avocats spécialisé en M&À (5 000-30 000 EUR HT selon taille) ou un expert-comptable peut réaliser cette due diligence.
Étape 5 - Négocier et rédiger la GAP. Sur la base des risques identifies lors de la due diligence, négocier les paramètres de la GAP : plafond (20-30% du prix), franchise (0,5-1%), durée (24-36 mois), périmètre (fiscalité, social, commercial, PI), procédure de notification et d'indemnisation. Prévoir un compte escrow (séquestre) du montant de la GAP chez un tiers de confiance (notaire, banque) pour sécuriser le versement en cas d'activation.
Étape 6 - Signer l'ordre de mouvement. Faire signer l'ordre de mouvement par le cédant (signature obligatoire pour produire effet) et contresigner par le cessionnaire pour valider les conditions convenues. Le président de la SAS prend note de l'ordre pour inscription dans le registre des mouvements. L'ordre de mouvement peut être signé électroniquement (eIDAS + ord. n°2017-1426 du 4 octobre 2017).
Étape 7 - Inscrire la mutation dans le registre des mouvements d'actions. Le président de la SAS inscrit la mutation dans le registre des mouvements d'actions tenu au siège (article L228-1 du Code de commerce). L'inscription mentionne : date de l'ordre de mouvement, nom du cédant, nom du cessionnaire, nombre d'actions cédées, catégorie, prix. Une attestation d'inscription est remise au cessionnaire comme preuve de la propriété des actions. Mettre à jour le compte-titres individuel du cédant (débit) et du cessionnaire (crédit).
Étape 8 - Enregistrement fiscal et formalités. Dans le mois de la cession, enregistrer l'acte au SIE-DGFiP et payer les droits d'enregistrement (0,1% du prix total, article 726 du CGI). Si la cession entraîne une modification des statuts (création d'un nouveau pacte d'actionnaires, modification des droits d'une catégorie d'actions), déposer les statuts mis à jour au Greffe via Guichet unique INPI. Si la cession est un changement de contrôle, vérifier les obligations déclaratives auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF) si la SAS est émetteur d'obligations cotées ou impliquée dans une OPA.
Exigences juridiques pour Ordre de Mouvement - Cession d'Actions de SAS
La Cession d'Actions de SAS en France est soumise au cadre légal des articles L227-1 à L227-20 et L228-1 à L228-28 du Code de commerce, de l'article 726 du Code général des impôts pour les droits d'enregistrement, et des statuts spécifiques de chaque SAS.
Principe de liberté de cession (article L227-1 du Code de commerce). La SAS est la forme sociale offrant la plus grande liberté en droit français des sociétés. Le principe est la libre cessibilité des actions sauf restrictions expressément prévues par les statuts ou un pacte d'actionnaires. Cette liberté s'opposé au régime de la SARL (agrément légalement obligatoire à l'article L223-14) et de la SA (régime mixte). Les restrictions doivent être expressément stipulées dans les statuts pour produire leurs effets juridiques.
Clause d'incessibilité temporaire (article L227-13 du Code de commerce). Les statuts peuvent imposer une incessibilité temporaire des actions pour une durée n'excédant pas 10 ans. Cette clause (lock-up) est validé et opposable aux actionnaires qui ont consenti à son insertion. Toutefois, même en présence d'une clause d'incessibilité, la cession à d'autres actionnaires peut être autorisée par les statuts. Les investisseurs institutionnels (fonds de capital-investissement) imposent souvent des clauses de lock-up aux fondateurs pour une durée de 3 à 5 ans après la levée de fonds.
Clauses d'agrément et de préemption (article L228-23 du Code de commerce). Les statuts d'une SAS peuvent prévoir des clauses soumettant la cession d'actions à l'agrément d'un organe désigné (président, comité de surveillance, assemblée des actionnaires) ou des clauses de préemption permettant aux actionnaires existants d'acquérir les actions en priorité. Ces clauses doivent définir précisément les modalités de mise en œuvre, les délais et les conséquences d'un refus d'agrément ou d'un non-exercice de la préemption (rachat par la société, cession libre). Le non-respect d'une clause d'agrément ou de préemption entraîne la nullité de la cession conformément à l'article L227-15 du Code de commerce.
Registre des mouvements d'actions (article L228-1 du Code de commerce). La SAS doit tenir un registre des mouvements d'actions nommé au siège de la société. Chaque cession doit être inscrite dans ce registre par l'inscription d'un ordre de mouvement signé par le cédant. Le registre constitue le titre de propriété des actionnaires. Le défaut de tenu du registre ou l'inscription incorrecte expose le président de la SAS à des sanctions civiles (inopposabilité de la cession) et éventuellement à des sanctions pénales pour faux en écriture.
Enregistrement fiscal (articles 635 et 726 du CGI). L'acte de cession doit être enregistré au SIE-DGFiP dans le mois de la signature. Les droits d'enregistrement sont calculés au taux de 0,1% du prix total de cession sans abattement (article 726 du CGI). Pour une cession de 1 000 000 EUR, les droits s'elevent à 1 000 EUR contre 29 310 EUR pour une cession de parts de SARL de même valeur (3% de 977 000 EUR après abattement de 23 000 EUR), soit une économie de 28 310 EUR. Ce différentiel fiscal avantage la SAS pour les cessions répétées ou importantes.
Fiscalité de la plus-value du cédant. La plus-value réalisée lors de la cession d'actions de SAS par une personne physique est soumise au PFU de 30% (12,8% IR + 17,2% PS) conforme à l'article 150-0 À du CGI. Le régime d'abattement pour durée de détention est applicable aux actions acquises avant 2018 (article 150-0 D du CGI). L'exonération des plus-values de cession de BSPCE (bons de souscription de parts de créateurs d'entreprise) est soumise aux conditions de l'article 163 bis G du CGI (durée de détention de 3 ans et taux d'imposition de 30% ou 12,8% selon ancienneté). Si le cédant est une personne morale soumise à l'IS, la plus-value est imposable à l'IS au taux standard de 25%.
Erreurs courantes à éviter dans votre Ordre de Mouvement - Cession d'Actions de SAS
Les erreurs fréquentes dans les cessions d'actions de SAS en France concernent principalement le non-respect des restrictions statutaires, les lacunes de la due diligence et les formalités fiscales et registres.
Erreur 1 - Céder des actions sans vérifier les clauses statutaires. La non-vérification des statuts et du pacte d'actionnaires avant une cession est l'erreur la plus commune et la plus coûteuse. Une clause de lock-up violée, un droit de préemption non respecté ou un agrément non obtenu entraînent la nullité de la cession conformément à l'article L227-15 du Code de commerce. Le cessionnaire peut se retrouver sans titre valide malgre le paiement du prix, et le cédant expose à des dommages-intérêts pour manquement aux obligations contractuelles. Bonne pratique : lire systématiquement les statuts et le pacte d'actionnaires AVANT toute négociation, identifier toutes les restrictions et les respecter scrupuleusement.
Erreur 2 - Omettre l'ordre de mouvement ou ne pas l'inscrire au registre. L'ordre de mouvement non signé par le cédant ou non inscrit dans le registre des mouvements d'actions ne produit pas d'effet juridique vis-à-vis de la société. Le cessionnaire reste sans titre opposable à la SAS, ce qui lui interdit d'exercer ses droits d'actionnaire (vote, dividende, information). En cas de cession ultérieure des mêmes actions par le cédant à un tiers de bonne foi qui ferait inscrire son acquisition en premier, c'est ce tiers qui devient propriétaire. Bonne pratique : inscrire systématiquement la mutation dans le registre le jour même de la signature et remettre une attestation d'inscription au cessionnaire.
Erreur 3 - Négliger la due diligence sur les clauses de changement de contrôle. La cession d'une participation majoritaire dans une SAS peut déclencher des clauses de changement de contrôle (change of control) dans les contrats de financement bancaire (covenants imposant le remboursement anticipe des crédits), les contrats de concession de licences (résiliation automatique), ou les contrats clients stratégiques (clause de résiliation pour changement de contrôle). Ces clauses peuvent compromettre la valeur de la société acquise si elles ne sont pas identifiées et traitées préalablement. Bonne pratique : auditer systématiquement les 10 contrats les plus importants de la société pour identifier les clauses de changement de contrôle.
Erreur 4 - Fixer un earn-out mal structure. L'earn-out (prix complémentaire base sur les performances futures) est une clause fréquent dans les cessions de SAS mais souvent mal structurée, générant des contentieux ultérieurs. Les erreurs classiques : indicateurs de performance trop ambigus ou manipulables par le management, période d'earn-out trop courte ne reflétant pas la réalité économique, absence de mécanismes de protection du cessionnaire contre des décisions de management réduisant artificiellement les indicateurs (sous-investissement, transferts de charges). Bonne pratique : définir des indicateurs clairs et non manipulables (EBITDA certifié par commissaire aux comptes, chiffre d'affaires facturable), prévoir des protections contractuelles contre la manipulation (obligations du management pendant la période d'earn-out), et inclure un mécanisme d'arbitrage rapide en cas de litige sur le calcul.
Erreur 5 - Sous-évaluer la GAP pour les cessions de startups. Les startups en phase de croissance présentent souvent des passifs fiscaux latents (TVA sur certains services numériques, IS sur les stock-options exercées, charges sociales sur les BSPCE) et des passifs de propriété intellectuelle (cedants de droits insuffisamment formalises, contrats de travail des développeurs non cédés) qui ne sont pas apparents dans les comptes. Une GAP insuffisante ou inexistante expose le cessionnaire à ces risques. Bonne pratique : inclure systématiquement dans la GAP des représentations et warranties spécifiques sur la propriété intellectuelle (code source, marques, noms de domaine), les BSPCE (conformité fiscale et sociale), et les contrats de travail des fondateurs et développeurs clés.
Sources et Citations
Les citations légales renvoient aux sources officielles du gouvernement. Vérifié par l'équipe éditoriale Forms Legal.
Questions Fréquentes
En principe, les actions de SAS sont librement cessibles conformément à l'article L227-1 du Code de commerce, qui pose la liberté de cession comme principe général de cette forme sociale. Cette liberté s'opposé au régime de la SARL ou l'agrément des associés est légalement impose pour les cessions à des tiers (article L223-14 du Code de commerce). Cependant, la liberté statutaire de la SAS permet aux fondateurs et investisseurs d'insérer dans les statuts toutes les restrictions qu'ils souhaitent : clause d'incessibilité temporaire (lock-up valable 10 ans maximum conformément à l'article L227-13 du Code de commerce), clause d'agrément soumettant la cession à l'accord d'un organe désigné, clause de préemption donnant aux actionnaires existants un droit d'achat prioritaire, clause de drag-along obligeant les minoritaires à vendre si le majoritaire vend. Ces clauses doivent être expressément stipulées dans les statuts pour être opposables aux actionnaires. Le non-respect d'une clause statutaire entraîne la nullité absolue de la cession conformément à l'article L227-15 du Code de commerce. La vérification systématique des statuts et du pacte d'actionnaires avant toute cession est donc indispensable.
Les droits d'enregistrement applicables à une cession d'actions de SAS en France sont fixés par l'article 726 du Code général des impôts (CGI) au taux de 0,1% du prix total de cession sans abattement. Ce taux est nettement inférieur aux 3% (après abattement de 23 000 EUR proratise) applicables aux parts de SARL selon le même article. Le différentiel peut être très significatif pour les cessions importantes. Exemple chiffre pour une cession à 2 000 000 EUR : SAS = 2 000 000 x 0,1% = 2 000 EUR contre SARL = (2 000 000 - 23 000) x 3% = 59 310 EUR, soit une économie de 57 310 EUR en faveur de la SAS. Pour une cession de 50% du capital d'une SAS à 500 000 EUR : droits = 500 EUR contre (500 000 - 11 500) x 3% = 14 655 EUR pour la SARL équivalente. Ce différentiel fiscal constitue l'un des avantages comparatifs déterminants de la SAS par rapport à la SARL pour les entrepreneurs et investisseurs anticipant des cessions fréquentes ou importantes du capital. L'enregistrement est obligatoire au Service des impôts des entreprises (SIE) rattache à la DGFiP dans le mois suivant la signature conformément à l'article 635 du CGI.
L'ordre de mouvement est le document technique spécifique aux sociétés par actions (SAS, SA) par lequel le cédant donne ordre irrévocable au président de la SAS (ou à toute autre personne désignée par les statuts pour tenir le registre des mouvements) de procéder au virement des actions cédées de son compte vers le compte du cessionnaire dans le registre des mouvements d'actions conformément à l'article L228-1 du Code de commerce. La propriété des actions est transférée dès la signature de l'ordre de mouvement par le cédant, sans qu'une signification par commissaire de justice soit nécessaire (contrairement aux parts de SARL qui nécessitent une signification à la société conformément à l'article 1690 du Code civil). L'ordre de mouvement comprend : désignation de la société, date, identité du cédant, identité du cessionnaire, catégorie et nombre d'actions cédées, prix unitaire et total. Le président de la SAS inscrit la mutation dans le registre des mouvements qui constitue le titre de propriété des actionnaires. Le registre doit être tenu au siège de la société et être à jour à tout moment. Le cessionnaire reçoit une attestation d'inscription comme preuve de sa propriété. En cas de perte du registre, la reconstitution est fastidieuse et contestée, ce qui impose de le conserver avec soin (coffre-fort, ou version électronique certifiée via un tiers de confiance).
La clause de drag-along (ou entrainement) dans une SAS est une disposition du pacte d'actionnaires ou des statuts qui oblige les actionnaires minoritaires à vendre leurs actions aux mêmes conditions que l'actionnaire majoritaire lors d'une cession de contrôle (sortie du majoritaire). Cette clause permet au cédant majoritaire de céder 100% du capital de la SAS à un acquéreur tiers en entraenant les minoritaires dans la vente, même contre leur gré. L'objectif est de faciliter les sorties des investisseurs institutionnels (fonds de capital-investissement, business angels) qui ne peuvent pas vendre leur participation si les fondateurs minoritaires bloquent la cession. En France, la validité de la clause de drag-along est admise par la doctrine et la pratique des affaires, sous réserve que les conditions d'exercice soient clairement définies dans les statuts ou le pacte : seuil de déclenchement (ex : cession de plus de 50% du capital), prix minimum garanti aux minoritaires entrained (ne peut pas être inférieur à celui reçu par le majoritaire), délai de notification préalable, modalités de paiement. La clause de tag-along (ou sortie conjointe) est la clause symmetrique bénéficiant aux minoritaires : elle leur permet de vendre leurs actions aux mêmes conditions que le majoritaire lors d'une cession de contrôle, évitant d'être bloqués dans une société dont le capital est contrôle par un nouvel actionnaire inconnu. Ces clauses sont systématiques dans les term sheets des fonds de capital-investissement français.
Non, un commissaire aux comptes n'est pas légalement requis pour valider la cession d'actions d'une SAS en France dans le cas général. La cession est réalisée par acte sous seing privé (ordre de mouvement + acte de cession) sans intervention obligatoire d'un commissaire aux comptes. Toutefois, la présence d'un commissaire aux comptes est obligatoire dans la SAS si celle-ci dépasse deux des trois seuils suivants : chiffre d'affaires hors taxes supérieur à 8 millions d'euros, total bilan supérieur à 4 millions d'euros, nombre de salariés supérieur à 50 (article L227-9-1 du Code de commerce). Dans ce cas, les comptes annuels sont certifiés par le commissaire aux comptes et servent de base à la due diligence de l'acquéreur. Pour les SAS non soumises à l'obligation de commissaire aux comptes (startups de moins de 5 ans, PME sous les seuils), les acquéreurs professionnels exigent souvent la nomination volontaire d'un commissaire aux comptes pour certifier les comptes lors de la cession, ce qui sécurisé la GAP et renforce la confiance de l'acquéreur. Le commissaire aux comptes peut également émettre une attestation de commissaire aux apports lors d'une augmentation de capital simultanée à la cession (évaluation des apports en nature éventuels). Pour les cessions simples de parts d'une SAS de petite taille, l'expert-comptable du cédant peut produire des comptes de synthèse suffisants pour la due diligence.
La plus-value réalisée lors de la cession d'actions de SAS par une personne physique en France est soumise au régime des plus-values mobilières de l'article 150-0 À du Code général des impôts (CGI). Depuis la loi de financés 2018, le régime de droit commun est le prélèvement forfaitaire unique (PFU ou flat tax) au taux global de 30%, décompose en 12,8% d'impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux (CSG 9,2% + CRDS 0,5% + prélèvements sociaux 7,5%). Le contribuable peut opter pour le barème progressif de l'IR si ce taux est plus avantageux. Pour les actions acquises avant le 1er janvier 2018, des abattements pour durée de détention sont maintenus sur option barème progressif (article 150-0 D du CGI) : abattement de 50% pour les actions détenues entre 2 et 8 ans, 65% au-dela de 8 ans. Pour les dirigeants de PME partant à la retraite, un abattement spécifique de 500 000 EUR est applicable sous conditions (article 150-0 D ter du CGI). Les BSPCE (bons de souscription de parts de créateurs d'entreprise) accordes dans les conditions de l'article 163 bis G du CGI sont imposables à 30% si détenus depuis moins de 3 ans ou à 12,8% si détenus depuis plus de 3 ans. L'apport des actions à une holding (apport-cession) peut bénéficier du report d'imposition de l'article 150-0 B ter du CGI sous conditions strictes de réinvestissement.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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