Statuts de Société à Responsabilité Limitée (SARL)
Qu'est-ce qu'un Statuts de Société à Responsabilité Limitée (SARL) ?
Les Statuts de Société à Responsabilité Limitée (SARL) en France sont des actes juridiques écrits et contraignants. Ils sont régis par Code de commerce, articles L223-1 à L223-58. Ils définissent la dénomination, l'objet social, le capital, la gérance et les règles de cession entre associés.
La loi de modernisation de l'économie n 2008-776 du 4 août 2008 à supprimé l'exigence de capital social minimum, autorisant la constitution d'une SARL avec un capital d'un euro symbolique. Cette flexibilité à fortement démocratisé la création d'entreprises tout en imposant aux fondateurs une responsabilité renforcée en cas d'insuffisance manifeste des moyens engages. Les statuts SARL répondent aux exigences impératives de l'article L223-7 du Code de commerce : forme sociale, dénomination, siège, objet, durée maximale de 99 ans, capital, évaluation des apports en nature au-dela de 30 000 euros par commissaire aux apports, et répartition des parts sociales entre les associés.
La SARL française se distingue de la Société par Actions Simplifiée (SAS) régie par les articles L227-1 à L227-20 du Code de commerce par plusieurs traits structurants. Le gérant de SARL est obligatoirement une personne physique (Code com. L223-18 al. 1) alors que la SAS admet un président personne morale. Les cessions de parts à un tiers requièrent l'agrément des associés à la majorité des parts sociales (Code com. L223-14) tandis que la SAS jouit d'une totale liberté statutaire. Le gérant majoritaire de SARL relève du régime social des travailleurs non-salariés (TNS) auprès de l'URSSAF et de la Sécurité sociale des indépendants alors que le président de SAS est assimilé salarié au régime général.
La SARL française se distingue également de la Société Civile Immobilière (SCI) régie par les articles 1832 et suivants du Code civil par sa nature commerciale et sa responsabilité limitée aux apports. Les associés de SARL ne sont tenus du passif social qu'à hauteur de leurs apports (Code com. L223-1 al. 2), contrairement aux associés de société civile qui répondent indéfiniment des dettes proportionnellement à leurs droits sociaux. Cette responsabilité limitée constitue le principal attrait de la forme SARL pour les artisans, commerçants et professions libérales souhaitant protéger leur patrimoine personnel.
Les statuts SARL français doivent être rédigés en langue française conformément à la loi Toubon n 94-665 du 4 août 1994. La forme sous seing privé est admise (Code com. L223-7 al. 1) sauf en cas d'apport d'immeubles ou de droits réels immobiliers qui requièrent un acte notarie publié au Service de la publicité foncière (SPF) rattache à la DGFiP. Le dépôt et l'immatriculation s'effectuent depuis le 1er janvier 2023 exclusivement via le Guichet unique INPI accessible sur formalites.entreprises.gouv.fr, qui transmet les pièces au Greffe du Tribunal de commerce compétent et aux organismes destinataires (INSEE pour attribution SIREN et SIRET, DGFiP pour identification fiscale, URSSAF pour affiliation sociale).
L'immatriculation au Registre du commerce et des sociétés (RCS) confère à la SARL la personnalité morale (Code com. L210-6). Le Greffe délivré alors le Kbis valable trois mois, document officiel attestant de l'existence juridique de la société et indispensable à toute démarche bancaire ou commerciale. L'INSEE attribue un numéro SIREN unique à neuf chiffres et un SIRET de quatorze chiffres pour chaque établissement. Le code APE/NAF attribué par l'INSEE selon la nomenclature d'activités françaises détermine la convention collective applicable au personnel salarie et conditionne certaines obligations sectorielles.
Les statuts SARL français peuvent être complètes par un pacte d'associés (Code civil 1134 et Code com. L227-1 par analogie) afin de régler des questions non publiques comme les règles de sortie, la valorisation des parts, les engagements de non-concurrence ou les mécanismes drag-along et tag-along. La SARL française s'inscrit dans un ecosysteme structure par la DGFiP pour la fiscalité, l'URSSAF pour les cotisations sociales, France Travail pour les contributions chômage employeur, l'INPI pour la propriété industrielle et les marques, l'AMF pour les éventuelles opérations de marché, et la CNIL pour la conformité RGPD.
Quand avez-vous besoin d'un Statuts de Société à Responsabilité Limitée (SARL) ?
Les Statuts de SARL en France sont rédigés, adoptés ou modifiés dans plusieurs circonstances déterminantes de la vie sociale.
Constitution initiale de la SARL. Les statuts sont rédigés dès la phase de constitution, simultanément à l'ouverture du compte bancaire de dépôt des fonds, au dépôt du capital social et à la souscription des parts par les fondateurs. Les statuts initiaux engagent durablement les associés ; chaque modification ultérieure requiert une assemblée générale extraordinaire avec quorum et majorité renforcée (Code com. L223-30), génère des frais juridiques et administratifs et impose une publicité légale via le BODACC et la mise à jour au RCS via Guichet unique INPI.
Apport en nature au-dela des seuils. Lorsque le capital social est constitué d'apports en nature dont la valeur unitaire excède 30 000 euros ou dont la valeur totale représente plus de la moitié du capital social, les associés doivent désigner un commissaire aux apports (CAA) inscrit sur la liste de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes pour évaluer chaque bien apporté conformément à l'article L223-9 du Code de commerce. Le rapport d'évaluation est annexe aux statuts. À défaut, les associés restent solidairement responsables pendant cinq ans de la valeur attribuée aux apports vis-à-vis des tiers (Code com. L223-9 al. 3).
Augmentation ou réduction du capital social. Toute augmentation par apports nouveaux en numéraire ou en nature, par incorporation de réserves ou par conversion de comptes courants d'associés impose une modification statutaire actant le nouveau capital, le nouveau nombre de parts et la nouvelle répartition. Le droit préférentiel de souscription doit être respecté sauf renonciation expresse. Toute réduction de capital non motivée par des pertes ouvré aux créanciers anciens un droit d'opposition pendant un mois suivant la publication au BODACC (Code com. L223-34).
Transformation de la forme juridique. Le passage de SARL en SAS, SA ou autre forme commerciale impose une refonte complète des statuts conforme aux dispositions de la nouvelle forme. La transformation requiert un rapport de l'organe de gestion, un rapport du commissaire aux comptes (CAC) ou d'un commissaire à la transformation (Code com. L223-43), une décision unanime des associés pour la transformation en société en nom collectif (SNC) ou en commandite simple (SCS), et la majorité des trois quarts dans les autres cas.
Changement de dénomination, siège ou objet social. Toute modification de la dénomination sociale (rebranding, fusion d'enseignes), de l'objet social (extension ou recentrage d'activité) ou du siège social hors département et départements limitrophes impose une assemblée générale extraordinaire devant statuer à la majorité des trois quarts conformément à l'article L223-30 du Code de commerce. Le transfert intra-départemental peut être décide par la gérance sous réserve de ratification ultérieure par l'AG. Toute modification doit être publiée dans un journal d'annoncés légales (JAL) du département et mise à jour au RCS.
Entrée ou sortie d'associés. L'agrément d'un cessionnaire tiers, l'entrée d'un nouvel investisseur ou la sortie négociée d'un associé fondateur peuvent imposer une mise à jour statutaire : clauses de préemption renforcées, droits spéciaux de minoritaires, clauses de bad leaver, ratchet anti-dilution, ou simplement nouvelle répartition des parts. Voir notre modèle fr-pacte-associés pour les clauses confidentielles complémentaires aux statuts.
Nomination ou révocation du gérant. Le changement de gérance impose la publication d'un avis dans un JAL et la mise à jour au RCS via Guichet unique INPI dans le mois suivant la décision. La révocation sans juste motif d'un gérant statutaire ouvre droit à dommages-intérêts conformément à l'article L223-25 du Code de commerce, calcules en fonction de l'ancienneté et du préjudice subi.
Franchissement des seuils CAC. Lorsque la SARL franchit, à la clôture d'un exercice, deux des trois seuils légaux fixés par le décret n 2019-514 du 24 mai 2019 (5 millions d'euros de total bilan, 10 millions d'euros de chiffré d'affaires HT, 50 salariés), la nomination d'un commissaire aux comptes devient obligatoire pour six exercices renouvelables. Les statuts doivent prévoir cette nomination ou être amendes pour intégrer un commissaire suppleant.
Mise en conformité avec le registre des bénéficiaires effectifs (RBE). Depuis la loi Sapin II n 2016-1691 du 9 décembre 2016 et le décret n 2017-1094 du 12 juin 2017, toute SARL doit déclarer ses bénéficiaires effectifs au registre national tenu par l'INPI dans les trente jours suivant l'immatriculation et à chaque changement substantiel. Les statuts peuvent prévoir des mécanismes facilitant l'identification automatique des UBO lors des cessions de parts.
Cessation ou prorogation de la société. À l'approche du terme statutaire de 99 ans, les associés doivent décider de la prorogation au moins un an avant l'échéance conformément à l'article 1844-6 du Code civil. La décision est prise en assemblée générale extraordinaire à la majorité des trois quarts. La dissolution anticipée suit la même procédure et entraîne l'ouverture de la liquidation avec désignation d'un liquidateur conformément aux articles L237-1 à L237-31 du Code de commerce.
Que faut-il inclure dans votre Statuts de Société à Responsabilité Limitée (SARL) ?
Les Statuts de SARL français comprennent plusieurs clauses obligatoires fixées par l'article L223-7 du Code de commerce et plusieurs clauses facultatives qui structurent la gouvernance et la transmission. Une rédaction soignée évite les conflits ultérieurs et les coûts de modification statutaire. Sur forms-legal.com nous mettons gratuitement à disposition des modèles de statuts SARL français accompagnes des documents complémentaires : pacte d'associés, procès-verbal d'AG, attestation de dépôt des fonds et registre des bénéficiaires effectifs.
Dénomination sociale et siège (art. L223-7, 1 et 2 Code com.). La dénomination doit être suivie ou précédée immédiatement et lisiblement des mots Société à responsabilité limitée ou des initiales SARL. La dénomination doit être disponible : vérifier au registre national des entreprises tenu par l'INPI via le portail formalites.entreprises.gouv.fr, au registre des marques (data.inpi.fr) et au registre des noms de domaine .fr (afnic.fr). Le siège social mentionne une adressé précise en France (rue, numéro, code postal, commune) qui détermine le Greffe du Tribunal de commerce compétent (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille...) et l'administration fiscale du Service des impôts des entreprises (SIE) rattache à la DGFiP.
Objet social (art. L223-7, 3 Code com.). L'objet doit être licite, possible et détermine. Une rédaction équilibrée combine un objet principal précis décrivant l'activité cible avec des objets accessoires standards (prise de participations, financement, gestion de trésorerie, opérations connexes). Un objet trop restrictif limite la liberté d'action et impose des modifications statutaires fréquentes ; un objet trop large peut être invalidé par le jugé ou exposer les gérants en cas d'acte ultra vires. Si l'activité est réglementée (débit de boissons, agence immobilière via la carte T, transport routier de marchandises, professions libérales ordinales), un agrément préalable est nécessaire avant immatriculation.
Durée (art. L223-7, 4 Code com.). La durée maximale est de 99 ans (Code com. L210-2) à compter de l'immatriculation au RCS. Elle est prorogeable par décision collective extraordinaire des associés statuant à la majorité des trois quarts au moins un an avant son expiration conformément à l'article 1844-6 du Code civil. À défaut de décision dans les délais, le tribunal peut, sur requête de tout associé, désigner un mandataire de justice charge de provoquer une consultation des associés.
Capital social et apports (art. L223-2, L223-7 et L223-9 Code com.). Le capital social, mentionnant le nombre, la valeur nominale et la répartition des parts entre les associés, n'à plus de minimum légal depuis la loi LME 2008. Les apports en numéraire doivent être liberes d'au moins un cinquième à la souscription et intégralement dans les cinq ans, déposés sur un compte bancaire bloque jusqu'à l'immatriculation auprès de BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel ou tout établissement agréé par l'ACPR. Les apports en nature de plus de 30 000 euros unitaires ou de plus de 50% du capital sont évalués par un commissaire aux apports (CAA) inscrit sur la liste de la CNCC. Les apports en industrie sont autorisés mais ne concourent pas à la formation du capital ; ils ouvrent droit à des parts spéciales attribuant des droits de vote et des dividendes proportionnels.
Gérance (art. L223-18 à L223-26 Code com.). Les statuts désignent un ou plusieurs gérants personnes physiques (cogerance autorisée), associés ou non, jouissant de leurs droits civils et n'étant pas frappes d'interdiction de gérer prévue aux articles L653-1 et suivants du Code de commerce. La durée du mandat est librement fixée ; à défaut le gérant est nommé pour la durée de la société. Les statuts précisent l'étendue des pouvoirs internes (opérations soumises à autorisation préalable des associés : acquisitions immobilières, hypothèques, cautionnements, emprunts importants, engagements de longue durée) et le caractère de gérance majoritaire (TNS auprès de l'URSSAF) ou minoritaire (assimile salarié au régime général).
Parts sociales et cessions (art. L223-12 à L223-17 Code com.). Les parts sont nominatives, de valeur nominale identique, et inscrites dans un registre des mouvements tenu au siège. Les cessions entre associés, ascendants, descendants et conjoint sont libres sauf clause statutaire contraire (Code com. L223-13). Les cessions à un tiers étranger à la société sont soumises au régime légal d'agrément : majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales (Code com. L223-14). Les statuts peuvent renforcer ce régime (majorité des trois quarts, unanimité) mais non l'alléger. Toute cession doit être constatée par écrit et signifiée à la société par acte de commissaire de justice (ex-huissier) ou acceptée dans un acte authentique.
Décisions collectives (art. L223-27 à L223-32 Code com.). Les statuts organisent les assemblées générales (convocation par LRAR ou voie électronique avec accuse de réception 15 jours avant, ordre du jour, communication des documents, présidence, secrétariat). Les décisions ordinaires sont prises à la majorité absolue des parts (plus de la moitié) en première convocation puis à la majorité des votes émis en seconde convocation (Code com. L223-29). Les décisions extraordinaires modifiant les statuts requièrent la majorité des trois quarts des parts sociales (Code com. L223-30). Le changement de nationalité et l'augmentation des engagements requièrent l'unanimité (Code com. L223-30 al. 3). Les statuts peuvent autoriser la consultation écrite ou le vote à distance hors approbation des comptes annuels.
Exercice social et comptes annuels (art. L232-1 et L232-21 Code com.). L'exercice social à une durée de douze mois ; le premier exercice peut être prolongé à 24 mois maximum. Les comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) établis par le gérant sont approuvés par l'AG ordinaire dans les six mois suivant la clôture et déposés au Greffe du Tribunal de commerce dans le mois suivant l'approbation. La nomination d'un commissaire aux comptes (CAC) est obligatoire au-dessus des seuils suivants (décret n 2019-514) : total bilan supérieur à 5 millions EUR, chiffre d'affaires HT supérieur à 10 millions EUR, effectif supérieur à 50 salariés (deux seuils sur trois suffisent).
Réserve légale et affectation du résultat (art. L232-10 Code com.). Les statuts confirment le prélèvement obligatoire de 5% sur le bénéfice net pour la réserve légale jusqu'à atteindre 10% du capital social. Le solde, augmente du report à nouveau bénéficiaire, constitue le bénéfice distribuable affecte sur décision de l'AG : dividendes, report à nouveau ou réserves facultatives. Tout dividende fictif distribue en l'absence de bénéfice réel engage la responsabilité civile et pénale du gérant (Code com. L241-3 4 ).
Dissolution et liquidation (art. L237-1 à L237-31 Code com.). Les statuts confirment les causes de dissolution (terme, réalisation ou extinction de l'objet, décision des associés, liquidation judiciaire) et les modalités de liquidation (nomination du liquidateur, pouvoirs, répartition du solde). La clôture de la liquidation fait l'objet d'une publication au BODACC et d'une radiation au RCS via Guichet unique INPI.
Clauses de règlement des différends. Les statuts peuvent prévoir une clause de médiation préalable conforme aux articles 1532 à 1535 du Code de procédure civile ou une clause compromissoire d'arbitrage (CPC art. 1442 à 1527). Le for de compétence par défaut est le Tribunal de commerce du ressort du siège social. Le droit applicable est le droit français avec mention spécifique du Code de commerce et du Code civil. Voir aussi notre modèle fr-contrat-cession-fonds-commerce pour la cession de fonds artisanal ou commercial.
Comment remplir votre Statuts de Société à Responsabilité Limitée (SARL)
Rédiger les Statuts de SARL en France requiert une préparation méthodique combinant décisions stratégiques des associés et conformité aux dispositions impératives du Code de commerce.
Étape 1 - Réunir les associés fondateurs et clarifier les intentions. Organiser une réunion préparatoire entre tous les futurs associés pour fixer les apports respectifs (numéraire, nature, industrie), les pourcentages de détention, les rôles opérationnels (gérance, cogerance), les règles de prise de décision souhaitées (majorité simple, renforcée, unanime selon le type de décision), les modalités d'entrée et de sortie envisagées (clauses d'agrément, préemption, drag-along, tag-along) et la vision à moyen-long terme (développement, levée de fonds, transmission familiale). Documenter ces décisions dans un term sheet servant de base au notaire ou à l'avocat rédacteur.
Étape 2 - Vérifier la disponibilité de la dénomination sociale. Consulter le registre national des entreprises sur infogreffe.fr et la base de marques data.inpi.fr pour identifier d'éventuels homonymes ou marques opposables. Vérifier la disponibilité du nom de domaine .fr auprès de l'AFNIC et des extensions internationales (.com, .eu) chez les bureaux d'enregistrement agréés. Réserver simultanément les comptes réseaux sociaux pour éviter le cybersquattage. Éviter les dénominations descriptives trop génériques qui ne bénéficient pas de protection forte au titre du droit des marques.
Étape 3 - Choisir le siège social et identifier le Greffe compétent. Choisir une adressé précise en France (rue, numéro, code postal, commune). Le siège détermine la juridiction du Tribunal de commerce compétent (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Nantes, Toulouse...), le Service des impôts des entreprises (SIE) rattache à la DGFiP, et l'URSSAF de rattachement pour les cotisations sociales. Si le siège est établi au domicile privé du gérant, vérifier le bail d'habitation (clause d'usage commercial), le règlement de copropriété et les règles d'urbanisme municipales. Pour un siège en société de domiciliation, établir un contrat écrit avec le prestataire agréé.
Étape 4 - Rédiger l'objet social avec précision. Définir l'objet principal de manière claire (exemple : la fabrication et la commercialisation de meublés en bois massif destines à l'aménagement domestique) suivi d'objets accessoires standards (la prise de participations dans toutes sociétés, le financement et l'octroi de garanties, la gestion de trésorerie, et toute opération civile, commerciale, industrielle, financière, mobilière ou immobilière se rapportant directement ou indirectement à cet objet). Vérifier si l'activité est réglementée : agences immobilières (carte T), débits de boissons (licence III ou IV), transports (capacité professionnelle), professions libérales ordinales (avocats, médecins, experts-comptables ITAA).
Étape 5 - Déterminer le capital social et les apports. Calculer les besoins financiers via un plan d'affaires détaillé couvrant 24 à 36 mois (étude prévisionnelle, BFR, investissements, marges de sécurité). Répartir les apports entre numéraire (dépôt sur compte bancaire bloque chez BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, La Banque Postale avec attestation de dépôt), nature (immeuble, fonds artisanal, brevet, matériel avec rapport CAA obligatoire si > 30 000 EUR ou > 50% capital) et industrie (savoir-faire avec parts spéciales sans capital). Bonne pratique : prévoir un capital social adapté aux besoins réels du business plan plutôt que le minimum symbolique de 1 EUR qui peut nuire à la credibilité vis-à-vis des banques et fournisseurs.
Étape 6 - Définir les parts sociales et leur répartition. Décider du nombre total de parts et de leur valeur nominale (souvent 10 EUR ou 100 EUR par part pour faciliter les calculs). La répartition exacte entre associés détermine les pourcentages de détention et donc les règles de majorité et de blocage en assemblée générale. Conserver une réserve de parts non émises pour les futures levées de fonds. En cas de gérance majoritaire (gérant détenant plus de 50% du capital seul ou avec son conjoint et enfants mineurs), prévoir l'affiliation au régime social des travailleurs non-salariés TNS auprès de l'URSSAF et de la Sécurité sociale des indépendants.
Étape 7 - Organiser la gérance et ses pouvoirs. Désigner un ou plusieurs gérants personnes physiques (Code com. L223-18 al. 1 interdit le gérant personne morale en SARL), nommativement dans les statuts avec leur date de naissance, nationalité et domicile. Fixer la durée du mandat (à défaut, durée de la société). Définir l'étendue des pouvoirs internes : opérations soumises à autorisation préalable des associés (acquisitions immobilières, hypothèques, cautionnements, emprunts importants, engagements de longue durée supérieurs à cinq ans). Vis-à-vis des tiers, le gérant engage la société même par les actes dépassant l'objet social sauf preuve de la mauvaise foi du tiers (Code com. L223-18 al. 5).
Étape 8 - Rédiger les clauses de cession et de transmission. Le régime légal d'agrément par la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts (Code com. L223-14) est souvent insuffisant pour des structures professionnelles. Prévoir : agrément renforce à la majorité des trois quarts ou à l'unanimité, droit de préemption au profit des associés existants en cas de cession à un tiers, formule de prix prédéfinie (multiple d'EBITDA, valeur d'expertise par expert indépendant, prix d'offre du tiers), clause de sortie forcée drag-along permettant à la majorité (par exemple 75%) d'obliger la minorité à céder à un acquéreur, clause de tag-along permettant à la minorité de se joindre à la cession majoritaire aux mêmes conditions, clause de bad leaver applicable au fondateur quittant la société dans des conditions défavorables (décote sur prix de sortie).
Étape 9 - Définir les règles d'assemblée générale et les majorités. Fixer le délai de convocation (15 jours minimum par LRAR ou voie électronique avec accuse de réception, allongeable à un mois pour faciliter la présence des associés étrangers), les modes de tenue (presentielle, visioconférence, consultation écrite hors approbation des comptes). Confirmer les majorités légales : décisions ordinaires à plus de la moitié des parts sociales sur première convocation puis majorité des votes émis en seconde convocation (Code com. L223-29), décisions extraordinaires modifiant les statuts à la majorité des trois quarts des parts sociales (Code com. L223-30), unanimité pour le changement de nationalité et l'augmentation des engagements.
Étape 10 - Finaliser, signer et immatriculer via Guichet unique INPI. Soumettre le projet de statuts à un notaire (chambre-des-notaires.fr) ou à un avocat spécialisé en droit des sociétés pour validation juridique. Les statuts sont signés par tous les associés ou leurs mandataires (procuration spéciale enregistrée au SIE), paraphes à chaque page avec mention manuscrite Lu et approuve. Effectuer l'immatriculation au RCS via le Guichet unique INPI sur formalites.entreprises.gouv.fr en déposant : statuts signes, attestation de dépôt des fonds, acte de nomination du gérant si non statutaire, déclaration sur l'honneur de non-condamnation du gérant, justificatif de jouissance des locaux, déclaration des bénéficiaires effectifs (RBE) au registre national tenu par l'INPI. Le Greffe délivré le Kbis sous quelques jours après validation des pièces.
Exigences juridiques pour Statuts de Société à Responsabilité Limitée (SARL)
Les Statuts de SARL en France sont soumis à un cadre légal strict issu du Code de commerce, du Code civil, du droit fiscal et social, et des réformes récentes du Guichet unique INPI et du registre des bénéficiaires effectifs.
Forme et langue des statuts (art. L223-7 Code com. et loi Toubon n 94-665). Les statuts SARL peuvent être établis par acte sous seing privé ou par acte notarie. L'acte notarie est obligatoire en cas d'apport d'immeuble ou de droits réels immobiliers, car ces apports doivent être publiés au Service de la publicité foncière (SPF) rattache à la DGFiP. Les statuts doivent être rédigés en langue française conformément à la loi Toubon n 94-665 du 4 août 1994. Une traduction officielle dans une autre langue peut être annexée pour faciliter la compréhension d'associés étrangers mais n'à pas de valeur juridique opposable.
Mentions obligatoires (art. L223-7 Code com.). Les statuts doivent obligatoirement mentionner : la forme sociale (Société à responsabilité limitée ou SARL), la dénomination sociale, l'objet social, la durée (maximale 99 ans), le siège social, le capital social, la répartition des parts sociales entre les associés, la nomination du ou des gérants pour les premiers, et le cas échéant le commissaire aux comptes (CAC). L'omission d'une mention obligatoire peut entraîner la nullité partielle ou totale, prononcée uniquement par le jugé à la demandé de tout intéressé dans le délai de trois ans suivant l'immatriculation (Code civil 1844-13).
Immatriculation au RCS via Guichet unique INPI. Depuis le 1er janvier 2023 (décret n 2022-1014 du 19 juillet 2022), toutes les formalités de création, modification et radiation d'entreprises s'effectuent exclusivement via le Guichet unique INPI accessible sur formalites.entreprises.gouv.fr. Le Guichet centralise les dépôts au Greffe du Tribunal de commerce compétent et la transmission aux organismes destinataires : INSEE pour l'attribution du SIREN (9 chiffres) et SIRET (14 chiffres), DGFiP pour l'identification fiscale et la TVA intracommunautaire, URSSAF pour l'affiliation sociale, et caisses sociales. Le Greffe procède à l'immatriculation et délivré le Kbis sous quelques jours. La personnalité juridique de la SARL naît à l'immatriculation au RCS (Code com. L210-6).
Publicité légale et BODACC. La constitution de la SARL doit être publiée dans un journal d'annoncés légales (JAL) du département du siège social dans le délai d'un mois précédant l'immatriculation. Le Greffe assure la publication au Bulletin officiel des annoncés civiles et commerciales (BODACC) dans les huit jours suivant l'immatriculation. Toute modification statutaire ultérieure obéit aux mêmes formalités de publicité. À défaut, les modifications ne sont pas opposables aux tiers de bonne foi (Code com. L210-9).
Registre des bénéficiaires effectifs (RBE) (Loi Sapin II n 2016-1691 et décret n 2017-1094). Toute SARL doit déclarer ses bénéficiaires effectifs au registre national tenu par l'INPI dans les trente jours suivant l'immatriculation au RCS et à chaque changement substantiel. Sont UBO les personnes physiques détenant directement ou indirectement plus de 25% du capital ou des droits de vote, ou exerçant un contrôle par d'autres moyens. La déclaration mentionne nom, prénoms, date et lieu de naissance, nationalité, adressé personnelle et nature du contrôle exerce. Le défaut de déclaration est sanctionné par une amende administrative pouvant atteindre 7 500 EUR pour le gérant et 37 500 EUR pour la société (Code monétaire et financier L561-49).
Dépôt des fonds et libération du capital. Les apports en numéraire doivent être liberes d'au moins un cinquième à la souscription (Code com. L223-7 al. 4) et intégralement liberes dans un délai de cinq ans suivant l'immatriculation. Les fonds sont déposés sur un compte bancaire bloqué au nom de la société en formation auprès d'un établissement bancaire français agréé par l'ACPR (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, La Banque Postale...) ou en consignation chez un notaire ou la Caisse des dépôts et consignations (CDC). L'attestation de dépôt est jointe au dossier d'immatriculation et les fonds sont débloqués sur présentation du Kbis.
Apports en nature et commissaire aux apports (art. L223-9 Code com.). L'évaluation des apports en nature par un commissaire aux apports (CAA) inscrit sur la liste de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) est obligatoire si la valeur d'un apport excède 30 000 EUR ou si la valeur totale des apports en nature excède la moitié du capital social. Les associés peuvent retenir une valeur différente du rapport du CAA sous réserve d'une décision à l'unanimité, mais ils restent solidairement responsables vis-à-vis des tiers pendant cinq ans de la valeur attribuée aux apports (Code com. L223-9 al. 3).
Commissaire aux comptes (CAC) et seuils (décret n 2019-514 du 24 mai 2019). La nomination d'un commissaire aux comptes est obligatoire lorsque la SARL dépasse, à la clôture d'un exercice, deux des trois seuils suivants : total bilan supérieur à 5 millions EUR, chiffre d'affaires HT supérieur à 10 millions EUR, effectif moyen supérieur à 50 salariés. Le CAC est désigné par décision ordinaire des associés pour un mandat de six exercices renouvelable. Sa nomination peut être volontaire en dessous des seuils, notamment pour rassurer les investisseurs ou les banquiers.
Régime fiscal et social. La SARL est par défaut soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) au taux de 25% depuis 2022 (taux réduit de 15% sur les premiers 42 500 EUR de bénéfices pour les PME respectant les conditions de l'article 219 I-b du CGI). Une option pour l'impôt sur le revenu (IR) est possible pendant cinq exercices pour les SARL de famille (Code général des impôts 239 bis AA) ou pendant cinq exercices renouvelables sur option pour les SARL non familiales nouvellement créées (CGI 239 bis AB). La SARL est obligatoirement assujettie à la TVA selon le régime réel ou la franchise en base selon les seuils (CGI 293 B). Le gérant majoritaire relève du régime social des travailleurs non-salariés (TNS) ; les gérants minoritaires ou égalitaires sont assimilés salariés au régime général de la Sécurité sociale et bénéficient des assurances chômage France Travail uniquement s'ils cumulent leur mandat avec un contrat de travail distinct.
Erreurs courantes à éviter dans votre Statuts de Société à Responsabilité Limitée (SARL)
Plusieurs erreurs récurrentes affectent la qualité et l'efficacité des Statuts de SARL en France, entraînant des conséquences juridiques, fiscales et opérationnelles significatives.
Erreur 1 - Reprendre un modèle générique sans adaptation. Nombreux fondateurs utilisent des modèles trouves en ligne ou proposés par des plateformes de création automatique. Ces modèles standardises ignorent les spécificités du projet : catégories particulières d'associés, règles de gouvernance adaptées, mécanismes de sortie, clauses de protection des minoritaires. Le résultat est un cadre statutaire inadapte qui impose des modifications onéreuses (1 000 à 3 000 EUR par ÂGE) au premier événement significatif : entrée d'un investisseur, conflit entre associés, départ d'un fondateur. Bonne pratique : faire rédiger les statuts sur mesure par un notaire (chambre-des-notaires.fr) ou un avocat spécialisé en droit des sociétés en partant d'un term sheet détaillant les intentions.
Erreur 2 - Sous-estimer le capital social. Beaucoup de fondateurs constituent une SARL avec un capital symbolique de 1 EUR depuis la suppression du minimum légal par la loi LME 2008. Ce capital insuffisant nuit à la credibilité vis-à-vis des banques (refus de prêt, demande de cautions personnelles), des fournisseurs (exigence de paiement comptant), des clients (perception de fragilité) et exposé les fondateurs en cas d'insuffisance manifeste des moyens engages à une action en responsabilité des créanciers pour comblement de passif (Code com. L651-2). Bonne pratique : capitaliser la société à hauteur des besoins réels du business plan sur 12 à 24 mois.
Erreur 3 - Définir un objet social trop restrictif ou trop large. Un objet limite à une seule activité spécifique (par exemple la vente de cosmétiques bio en boutique) oblige à une modification statutaire (ÂGE devant rédiger un PV, dépôt au RCS via Guichet unique INPI, publicité légale BODACC) dès qu'une activité connexe doit être exercée (vente en ligne, prestations de soins, formation). À l'inverse, un objet trop large (toutes activités commerciales) peut être invalidé par le jugé ou exposer la société à des activités réglementées non agréées. Bonne pratique : combiner un objet principal précis avec des objets accessoires standards (prise de participations, financement, gestion de trésorerie, opérations connexes en rapport direct ou indirect avec l'objet principal).
Erreur 4 - Omettre les règles de gouvernance pour situations de blocage. Lorsque deux associés détiennent chacun 50% des parts, les règles de majorité légales conduisent rapidement au blocage en cas de mesintelligence. Sans mécanisme de déblocage statutaire (désignation d'un médiateur, expert décisionnel, clause Russian roulette, droit de retrait avec rachat force), la société peut être paralysee jusqu'à la dissolution judiciaire prononcée par le Tribunal de commerce pour mesintelligence grave entre associés (Code civil 1844-7 5 ). Bonne pratique : prévoir des mécanismes de déblocage adaptes dès la rédaction initiale, particulièrement pour les SARL paritaires.
Erreur 5 - Ignorer la spécificité du gérant majoritaire (régime TNS). Le gérant majoritaire (détenant plus de 50% du capital seul ou avec son conjoint, partenaire de PACS et enfants mineurs non émancipés) relève obligatoirement du régime social des travailleurs non-salariés (TNS) auprès de l'URSSAF et de la Sécurité sociale des indépendants. Le passage de gérance minoritaire à gérance majoritaire entraîne un changement de régime social complexe avec impact significatif sur les cotisations et la couverture sociale (assurance maladie, retraite, indemnités journalières). Bonne pratique : modeliser l'impact social et fiscal avant toute modification de la répartition des parts ou de la gérance.
Erreur 6 - Négliger la clause de préemption et le formulaire de prix. Les statuts standards se contentent souvent de reprendre le régime légal d'agrément par la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts (Code com. L223-14). En cas de cession à un tiers refusée, les autres associés ou la société sont tenus dans un délai de trois mois (Code com. L223-14 al. 4) d'acquérir ou de faire acquérir les parts au prix détermine par expertise (Code civil 1843-4) si les statuts ne prévoient pas de formule. Cette procédure d'expertise est longue, onéreuse (10 000 à 30 000 EUR) et imprévisible. Bonne pratique : prévoir dans les statuts une formule de prix précise (multiple d'EBITDA, valeur d'expertise contradictoire, prix d'offre du tiers) et un mécanisme d'arbitrage en cas de désaccord.
Erreur 7 - Mal calibrer les pouvoirs de gérance vis-à-vis des associés. Une gérance disposant de pouvoirs illimités expose la société aux engagements unilateraux non contrôles (acquisitions imprudentes, cautionnements, emprunts excessifs). À l'inverse, une gérance trop bridee paralyse les opérations courantes et oblige à convoquer des AG pour chaque décision significative. Bonne pratique : prévoir des seuils financiers d'autorisation préalable des associés (par exemple 50 000 EUR pour acquisitions, 100 000 EUR pour emprunts, 25 000 EUR pour cautionnements) et limiter les engagements de longue durée (supérieurs à cinq ans) aux décisions collectives.
Erreur 8 - Oublier la déclaration des bénéficiaires effectifs (RBE). Depuis la loi Sapin II n 2016-1691 et le décret n 2017-1094 du 12 juin 2017, toute SARL doit déclarer ses bénéficiaires effectifs au registre national tenu par l'INPI dans les trente jours suivant l'immatriculation au RCS et à chaque changement substantiel. Le défaut de déclaration expose le gérant à une amende administrative jusqu'à 7 500 EUR et la société à 37 500 EUR (Code monétaire et financier L561-49), sans compter le risque de sanctions pénales (six mois de prison et 7 500 EUR pour déclaration inexacte). Bonne pratique : établir un checklist post-constitution incluant la déclaration RBE, l'identification TVA si CA > 36 800 EUR (seuil franchise services 2025), l'affiliation URSSAF, l'inscription à la chambre consulaire compétente (CCI ou CMA), et le dépôt des comptes annuels.
Questions Fréquentes
Le capital social minimum pour créer une Société à Responsabilité Limitée (SARL) en France est fixé à 1 euro symbolique depuis la loi de modernisation de l'économie n 2008-776 du 4 août 2008 qui à supprimé l'ancienne exigence de 7 500 euros. Cette flexibilité permet la création d'une SARL avec un capital symbolique mais ne dispense pas les fondateurs de leurs obligations. Les apports en numéraire doivent être liberes d'au moins un cinquième à la souscription conformément à l'article L223-7 alinéà 4 du Code de commerce et intégralement dans un délai de cinq ans suivant l'immatriculation au Registre du commerce et des sociétés (RCS). Les fonds sont déposés sur un compte bancaire bloqué au nom de la société en formation auprès d'un établissement bancaire français agréé par l'ACPR (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, La Banque Postale) ou en consignation chez un notaire ou à la Caisse des dépôts et consignations (CDC). L'attestation de dépôt des fonds est jointe au dossier d'immatriculation via le Guichet unique INPI. Un capital insuffisant nuit à la credibilité vis-à-vis des banques (refus de prêt, exigence de cautions personnelles), des fournisseurs (paiement comptant impose) et des clients, et expose les fondateurs à une action en comblement de passif (Code com. L651-2) en cas de faillite. Bonne pratique : capitaliser la société à hauteur des besoins réels sur 12 à 24 mois.
La Société à Responsabilité Limitée (SARL) régie par les articles L223-1 à L223-58 du Code de commerce et la Société par Actions Simplifiée (SAS) régie par les articles L227-1 à L227-20 sont les deux principales formes commerciales en France, mais elles diffèrent sur plusieurs points structurants. La SARL impose un gérant personne physique uniquement (Code com. L223-18 al. 1) alors que la SAS admet un président personne morale, ce qui facilite les montages holding. La SARL applique un cadre légal contraignant (règles de majorité, modalités de cession, décisions collectives) avec peu de liberté statutaire alors que la SAS jouit d'une totale liberté d'organisation (Code com. L227-9). La SARL plafonne le nombre d'associés à 100 (Code com. L223-3) alors que la SAS n'à pas de limite. Sur le plan social, le gérant majoritaire de SARL relève du régime TNS auprès de l'URSSAF (cotisations approximativement 45% du rémunéré) alors que le président de SAS est assimilé salarié au régime général (cotisations approximativement 80% mais meilleure couverture). Sur le plan fiscal, les deux sont par défaut soumises à l'IS au taux de 25% avec possibilité d'option IR sous conditions. La SARL convient aux structures familiales, artisanales et commerciales traditionnelles ; la SAS est privilégiée par les startups, les holdings et les structures avec levée de fonds. Voir notre modèle fr-statuts-sas pour la SAS.
Depuis le 1er janvier 2023 conformément au décret n 2022-1014 du 19 juillet 2022, l'immatriculation d'une SARL au Registre du commerce et des sociétés (RCS) s'effectue exclusivement via le Guichet unique des formalités des entreprises accessible sur formalites.entreprises.gouv.fr et tenu par l'INPI (Institut national de la propriété industrielle). La procédure comprend plusieurs étapes. Étape 1 : création d'un compte utilisateur sur le Guichet unique avec authentification FranceConnect ou email professionnel. Étape 2 : dépôt du dossier comprenant les statuts signes (PDF), l'attestation de dépôt des fonds en banque, l'acte de nomination du gérant si non statutaire, la déclaration sur l'honneur de non-condamnation du gérant, le justificatif de jouissance des locaux du siège (bail, attestation de domiciliation, titre de propriété), la copie de la pièce d'identité du gérant, l'avis de parution dans un journal d'annoncés légales (JAL), et la déclaration des bénéficiaires effectifs (RBE). Étape 3 : paiement des frais de greffe (environ 37 EUR pour une SARL classique) et de RBE (21 EUR). Étape 4 : validation par le Greffe du Tribunal de commerce compétent (délai 4-7 jours ouvres) et transmission automatique aux organismes destinataires : INSEE pour SIREN/SIRET, DGFiP pour identification fiscale, URSSAF pour affiliation sociale. Étape 5 : délivrance du Kbis par le Greffe, document officiel attestant de l'existence juridique de la SARL et valable trois mois. Toute formalité modificative ultérieure (changement de gérant, transfert de siège, modification d'objet) suit la même procédure.
La nomination d'un commissaire aux comptes (CAC) inscrit sur la liste de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) est obligatoire pour une SARL française lorsque la société dépasse, à la clôture d'un exercice, deux des trois seuils légaux fixés par le décret n 2019-514 du 24 mai 2019 (transposant la loi PACTE) : total bilan supérieur à 5 millions d'euros, chiffre d'affaires HT supérieur à 10 millions d'euros, effectif moyen supérieur à 50 salariés. Ces seuils sont nettement plus élevés que ceux qui s'appliquaient avant la loi PACTE n 2019-486 du 22 mai 2019, ce qui à libéré de l'obligation environ 80% des PME françaises. La nomination du CAC est décidée par l'assemblée générale ordinaire des associés pour un mandat de six exercices renouvelable. Le CAC est obligatoirement nomme dans les SARL contrôlées par une société tête de groupe consolidant ou dans les SARL controlant elles-mêmes des filiales formant un ensemble dépassant les seuils (contrôle au sens de Code com. L233-3). La nomination peut être volontaire en dessous des seuils, ce qui est recommandé pour : rassurer les investisseurs et banquiers (covenants bancaires), préparer une cession ou levée de fonds, sécuriser la documentation comptable en cas de risque fiscal ou contentieux. La SARL est tenue de désigner un commissaire aux comptes immédiatement si elle est constituée en société anonyme (SA) ou si elle exerce certaines activités réglementées (établissements de crédit, entreprises d'investissement, mutuelles).
La cession de parts sociales de SARL en France est encadrée par les articles L223-13 à L223-17 du Code de commerce. Les cessions entre associés, entre conjoints, ascendants et descendants sont libres sauf clause contraire des statuts (Code com. L223-13). Les cessions à un tiers étranger à la société sont soumises au régime légal d'agrément : la cession doit être autorisée par la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales, sauf majorité plus élevée prévue par les statuts (Code com. L223-14). La procédure d'agrément comprend plusieurs étapes. Étape 1 : notification du projet de cession par lettre recommandée avec accuse de réception à la société et à chaque associe en mentionnant le nom du cessionnaire, le nombre de parts cédées et le prix de cession. Étape 2 : convocation d'une assemblée générale dans le délai de trois mois (Code com. L223-14 al. 4) pour statuer sur l'agrément. Étape 3 : en cas de refus d'agrément, les autres associés ou la société sont tenus d'acquérir ou de faire acquérir les parts au prix détermine par expertise contradictoire (Code civil 1843-4) si les statuts ne prévoient pas de formule. Étape 4 : rédaction de l'acte de cession par écrit (acte sous seing privé ou notarie). Étape 5 : signification de la cession à la société par acte de commissaire de justice (ex-huissier) ou acceptation dans un acte authentique (Code civil 1690). Étape 6 : dépôt d'un exemplaire au RCS via Guichet unique INPI pour mise à jour du registre des associés. Coût fiscal : droits d'enregistrement de 3% du prix de cession après abattement de 23 000 EUR proportionnel au nombre de parts cédées (CGI 726). En cas de plus-value, imposition au PFU 30% ou au barème progressif IR.
La SARL française est par défaut soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) au taux de 25% depuis 2022 conformément à l'article 219 du Code général des impôts (CGI). Un taux réduit de 15% s'applique sur les premiers 42 500 EUR de bénéfices pour les PME respectant trois conditions cumulatives : chiffre d'affaires HT inférieur à 10 millions EUR, capital entièrement libéré, et capital détenu pour au moins 75% par des personnes physiques ou par des sociétés elles-mêmes détenues à 75% par des personnes physiques (CGI 219 I-b). Une option pour l'impôt sur le revenu (IR) est ouverte dans deux cas. Premier cas : la SARL de famille composée exclusivement de membres d'une même famille (parents, enfants, frères, sœurs, conjoints, partenaires de PACS) peut opter de manière illimitée dans le temps pour l'IR conformément à l'article 239 bis AA du CGI ; l'option doit être notifiée à l'unanimité au Service des impôts des entreprises (SIE). Second cas : les SARL non familiales créées depuis moins de cinq ans peuvent opter pour l'IR pour une durée de cinq exercices conformément à l'article 239 bis AB du CGI, sous conditions cumulatives (capital détenu pour au moins 50% par des personnes physiques, gérance par une personne physique, effectif inférieur à 50 salariés, chiffre d'affaires ou bilan inférieur à 10 millions EUR). En cas d'option IR, le bénéfice est imposé entre les mains des associés proportionnellement à leur participation. La SARL est obligatoirement assujettie à la TVA au taux standard de 20% (taux réduits de 10%, 5,5% et 2,1% selon l'activité) avec possibilité de franchise en base en dessous des seuils (CGI 293 B : 36 800 EUR pour les services, 91 900 EUR pour les ventes en 2025).
La modification des statuts d'une SARL en France suit une procédure stricte définie par les articles L223-30 et L223-32 du Code de commerce. La modification statutaire est décidée par l'assemblée générale extraordinaire (ÂGE) des associés statuant à la majorité des trois quarts des parts sociales sauf clause statutaire prévoyant une majorité supérieure. La procédure comprend plusieurs étapes. Étape 1 : convocation de l'ÂGE par le gérant adressée à chaque associé par lettre recommandée avec accuse de réception ou voie électronique avec accuse de réception au moins quinze jours avant la date de l'assemblée, accompagnée du texte des résolutions proposées et du projet de statuts modifies. Étape 2 : tenue de l'ÂGE au siège social ou en tout autre lieu indique dans la convocation ; possibilité de visioconférence si les statuts l'autorisent. Étape 3 : adoption des résolutions à la majorité des trois quarts des parts ; certaines décisions exigent l'unanimité (changement de nationalité, augmentation des engagements des associés, transformation en SNC ou en SCS). Étape 4 : rédaction d'un procès-verbal d'ÂGE signé par le président et le secrétaire de séance. Étape 5 : signature des statuts modifiés par tous les associés ou par le gérant si les statuts le prévoient. Étape 6 : publication d'un avis dans un journal d'annoncés légales (JAL) du département du siège social dans le délai d'un mois. Étape 7 : dépôt au Guichet unique INPI pour mise à jour au RCS avec paiement des frais de greffe (environ 200 EUR pour modification simple). Coût total : 800 à 2 500 EUR HT selon complexité. Pour les apports en nature : nomination obligatoire d'un commissaire aux apports (CAA) si valeur > 30 000 EUR ou > 50% capital.
La dissolution volontaire d'une SARL en France suit une procédure stricte définie aux articles L237-1 à L237-31 du Code de commerce. La procédure se déroule en plusieurs étapes. Étape 1 : convocation d'une assemblée générale extraordinaire (ÂGE) par le gérant en respectant le délai de quinze jours avec rapport du gérant justifiant la dissolution. Étape 2 : décision de dissolution adoptée à la majorité des trois quarts des parts sociales conformément à l'article L223-30 du Code de commerce. Étape 3 : nomination d'un ou plusieurs liquidateurs par la même ÂGE (souvent l'ancien gérant ou un mandataire judiciaire) avec fixation de leurs pouvoirs et de leur rémunération. Étape 4 : publication d'un avis de dissolution dans un journal d'annoncés légales (JAL) du département du siège dans le délai d'un mois. Étape 5 : dépôt au Guichet unique INPI pour mise à jour au RCS (mention RCS et Kbis modifies en société en liquidation). Étape 6 : opérations de liquidation comprenant recouvrement des créances, paiement des dettes prioritaires (créanciers publics DGFiP et URSSAF en premier lieu, puis créanciers privilégiés, puis chirographaires), vente des actifs, établissement d'un bilan de liquidation et d'un compte de résultat de liquidation. Étape 7 : convocation d'une assemblée générale extraordinaire de clôture de liquidation approuvant les comptes finaux et donnant décharge aux liquidateurs. Étape 8 : publication d'un avis de clôture au JAL et au BODACC, dépôt au Greffe via Guichet unique INPI pour radiation au RCS. Durée typique : 6 à 18 mois selon complexité. Coût : 1 500 à 4 000 EUR HT (honoraires liquidateur + frais publicité + greffe). En cas de boni de liquidation, droit de partagé de 2,5% (CGI 814 C) plus imposition PFU 30% sur la part reçue par les associés.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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Modèle de procès-verbal d'augmentation de capital social en numéraire pour SARL, SAS et SA en France. Droit préférentiel de souscription (DPS), prime d'émission, attestation de dépôt de fonds, modification des statuts. Conforme aux articles L225-127 à L225-149 (SA), L223-32 (SARL) et L227-1 (SAS) du Code de commerce.
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