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Statuts de Société Anonyme (SA)

Maintenu par Vladislav Sergienko, Fondateur·Modèle modifié pour la dernière fois: ·Signaler une erreur

Qu'est-ce qu'un Statuts de Société Anonyme (SA) ?

Les Statuts de Société Anonyme (SA) en France sont des actes juridiques écrits et contraignants. Ils sont régis par Code de commerce, articles L225-1 à L225-270. Ils définissent la dénomination, l'objet social, le capital, la gérance et les règles de cession entre associés.

La SA française se distingue des autres formes commerciales par plusieurs traits structurants imposés par la loi. Premier trait : le capital social minimum de 37 000 euros imposé par l'article L224-2 du Code de commerce (contre 1 euro symbolique pour la SARL et la SAS depuis 2008). Ce seuil constitue une garantie minimale pour les créanciers et marque la solennité de la forme. Deuxième trait : le nombre minimum d'actionnaires fixe à deux pour les SA non cotées et à sept pour les SA cotées sur un marché réglementé conformément à l'article L225-1 du Code de commerce. Troisième trait : la désignation obligatoire d'au moins un commissaire aux comptes (CAC) inscrit sur la liste de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) quel que soit le niveau d'activité (Code com. L225-218), avec un commissaire suppleant pour pallier l'empêchement du titulaire.

Les mentions obligatoires des statuts SA sont fixées par l'article L224-2 du Code de commerce et reprises par les articles L210-2 et L225-1 et suivants : forme sociale, dénomination, siège, objet, durée maximale de 99 ans, capital social minimum de 37 000 euros, répartition des actions entre les actionnaires, identification des premiers administrateurs ou membres du directoire et du conseil de surveillance selon le mode de gouvernance retenu, évaluation des apports en nature par commissaire aux apports (CAA) obligatoire en SA quel que soit le montant. L'omission d'une mention obligatoire peut entraîner la nullité partielle ou totale, prononcée par le jugé dans le délai de trois ans suivant l'immatriculation (Code civil 1844-13).

La SA française propose deux modes alternatifs de gouvernance organisés par les statuts. Le mode classique (Code com. L225-17 à L225-56) repose sur un conseil d'administration de 3 à 18 membres élus par l'assemblée générale ordinaire pour une durée maximale de six exercices, dont le président est nommé par le conseil parmi ses membres personnes physiques. La direction générale peut être assurée par le président lui-même ou dissociee au profit d'un directeur général distinct selon décision du conseil (Code com. L225-51-1). Le mode dualiste (Code com. L225-57 à L225-93) introduit par la loi du 24 juillet 1966 repose sur un directoire de 2 à 5 membres charge de la direction, contrôle par un conseil de surveillance de 3 à 18 membres exerçant le contrôle permanent de la gestion. Ce mode dualiste permet une séparation claire entre les fonctions executives et de contrôle, inspirée du modèle allemand.

La loi Cope-Zimmermann n 2011-103 du 27 janvier 2011 codifiée à l'article L225-18-1 du Code de commerce à imposé une parité de 40% minimum de chaque sexe dans les conseils d'administration et de surveillance des SA cotées et des SA non cotées employant au moins 250 salariés et réalisant un chiffré d'affaires net supérieur à 50 millions d'euros ou ayant un total de bilan supérieur à 43 millions d'euros. Cette obligation à profondément transforme la composition des conseils français et à inspiré des réformes similaires en Allemagne, Italie et Belgique.

La SA française se distingue fondamentalement de la SAS (Société par Actions Simplifiée) régie par les articles L227-1 à L227-20 par son cadre légal contraignant. La SAS jouit d'une liberté statutaire totale (Code com. L227-5 et L227-9) alors que la SA répond à un cadre légal strict notamment pour les règles de gouvernance, les quorums et majorités d'assemblée, et la procédure des conventions réglementées. La SA est obligatoirement dotée d'un commissaire aux comptes alors que la SAS en est dispensée sous les seuils du décret n 2019-514 du 24 mai 2019. La SA admet la cotation sur un marché réglementé (Euronext Paris, Euronext Growth) alors que la SAS y est exclue depuis 1999 (article L227-2 al. 1).

La SA est le véhicule juridique obligatoire pour les sociétés cotées sur Euronext Paris (compartiment À pour les capitalisations supérieures à 1 milliard d'euros, compartiment B pour 150 millions à 1 milliard, compartiment C'en dessous) et est largement utilisée pour les introductions en bourse (IPO) sur Euronext Growth (anciennement Alternext). Les SA cotées sont soumises à la supervision de l'Autorité des marchés financiers (AMF) établie par la loi de sécurité financière du 1er août 2003 (Code monétaire et financier L621-1) et au règlement général AMF qui impose des obligations d'information périodique (rapport financier annuel, rapport semestriel) et permanente (information privilégiée, déclarations de franchissement de seuils).

Les statuts SA français doivent être rédigés en langue française conformément à la loi Toubon n 94-665 du 4 août 1994. La forme sous seing privé est admise sauf en cas d'apport d'immeuble ou de droits réels immobiliers exigeant un acte notarie publié au Service de la publicité foncière (SPF). Le dépôt et l'immatriculation s'effectuent depuis le 1er janvier 2023 exclusivement via le Guichet unique INPI accessible sur formalites.entreprises.gouv.fr. Voir aussi notre modèle fr-statuts-sas pour la SAS et fr-statuts-sarl pour la SARL.

Quand avez-vous besoin d'un Statuts de Société Anonyme (SA) ?

Les Statuts de SA en France sont rédigés, adoptés ou modifiés dans plusieurs circonstances clés de la vie sociale.

Constitution initiale d'une SA pour grandes opérations. La SA est la forme juridique privilégiée des grandes entreprises industrielles, commerciales ou financières ayant besoin d'un cadre institutionnel solide et d'une credibilité maximale vis-à-vis des partenaires bancaires, fournisseurs et clients. Les statuts initiaux sont rédigés avec un soin particulier en raison de la complexité réglementaire et des nombreuses obligations imposées par les articles L225-1 et suivants du Code de commerce. La constitution d'une SA est généralement assistée par un cabinet d'avocats spécialisé en droit des sociétés (Paris, Lyon, Bordeaux) et un commissaire aux apports inscrit sur la liste de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC).

Préparation d'une introduction en bourse (IPO). La SA est la forme juridique obligatoire pour les sociétés cotées sur un marché réglementé (Euronext Paris, Euronext Growth, anciennement Alternext). Les startups et PME envisageant une IPO se transforment généralement de SAS en SA dans les six à douze mois précédant l'introduction, ce qui impose une refonte complète des statuts pour respecter le cadre légal strict des SA cotées : commissaire aux comptes obligatoire avec mandat de six exercices renouvelable, conseil d'administration ou directoire-conseil de surveillance, parité de 40% minimum de chaque sexe pour les sociétés employant 250 salariés (loi Cope-Zimmermann), règles de divulgation et d'information périodique imposées par l'Autorité des marchés financiers (AMF) et le règlement général AMF.

Levée de fonds en capital-développement ou bourse. Les SA non cotées procèdent régulièrement à des augmentations de capital par appel public à l'épargne ou par placement privé (private equity, fonds d'investissement institutionnels, family offices). Toute augmentation requiert une assemblée générale extraordinaire (ÂGE) statuant aux conditions de quorum (un quart des actions sur première convocation, un cinquième sur seconde conformément à l'article L225-96 du Code de commerce) et de majorité (deux tiers des voix exprimées). La suppression du droit préférentiel de souscription au profit de nouveaux investisseurs relève également de l'ÂGE (Code com. L225-135). Les émissions de titres financiers (obligations convertibles, OCEANE, BSAR, BSA) imposent des modifications statutaires préparatoires.

Création ou modification d'organes de gouvernance. La SA repose obligatoirement sur des organes de direction réglementés : conseil d'administration de 3 à 18 membres élus par l'AGO pour six exercices maximum (Code com. L225-17 et L225-18), ou directoire de 2 à 5 membres et conseil de surveillance de 3 à 18 membres en mode dualiste (Code com. L225-58 et L225-69). Le changement de mode de gouvernance (passage de classique à dualiste ou inversement) impose une modification statutaire votée en ÂGE. La création de comités spécialisés (comité d'audit obligatoire dans les sociétés cotées conformément à l'article L823-19 du Code de commerce, comité de rémunérations, comité de nominations) impose généralement une mise à jour statutaire.

Désignation ou remplacement du commissaire aux comptes (CAC). La nomination du CAC titulaire et du CAC suppleant est obligatoire en SA quel que soit le niveau d'activité (Code com. L225-218). La première nomination est réalisée dans les statuts initiaux ou par l'assemblée générale constitutive ; les renouvellements et remplacements (en cas d'empêchement, démission, décès, refus de renouvellement) sont decides par l'assemblée générale ordinaire pour un mandat de six exercices renouvelable. Les SA dépassant deux des trois seuils de la grande société (250 salariés, 50 millions EUR de CA HT, 43 millions EUR de bilan) doivent désigner deux commissaires titulaires conformément à l'article L823-2 du Code de commerce.

Fusion ou scission. Les opérations de restructuration (fusion-absorption, fusion par création d'une société nouvelle, scission totale ou partielle, apport partiel d'actif soumis au régime des scissions) sont fréquentes en SA en raison de la taille des structures et des opérations stratégiques de développement externe. Chaque opération impose une refonte ou une mise à jour des statuts conforme aux articles L236-1 à L236-32 du Code de commerce. La procédure comprend un projet de fusion ou de scission déposé au Greffe au moins un mois avant l'ÂGE, un rapport des dirigeants, un rapport d'un commissaire à la fusion ou à la scission désigné par le Tribunal de commerce, et une ÂGE statuant aux conditions de modification des statuts.

Transformation d'une SA en autre forme. La transformation d'une SA en SARL, SAS ou SCS est décidée par l'assemblée générale extraordinaire statuant aux conditions de modification des statuts (Code com. L225-243). La transformation en SAS est fréquente lorsque les actionnaires souhaitent retrouver la liberté statutaire offerte par les articles L227-5 et L227-9 du Code de commerce et éviter les contraintes légales de la SA (CAC obligatoire, parité imposée, quorums et majorités d'assemblée). La transformation en SARL est plus rare et concerne les petites SA ayant perdu leur attrait après réduction d'activité.

Distribution exceptionnelle ou rachat d'actions. Les SA cotées ou non cotées procèdent régulièrement à des distributions exceptionnelles (dividendes complémentaires, distributions de réserves) ou à des programmés de rachat d'actions (Code com. L225-209) imposant des modifications statutaires préparatoires. Le rachat d'actions est soumis à autorisation préalable de l'assemblée générale ordinaire avec mention du nombre maximum d'actions susceptibles d'être rachetees, du prix maximum d'achat et de la durée de l'autorisation (18 mois maximum).

Changement de dénomination, siège ou objet social. Toute modification de la dénomination sociale, de l'objet social ou du siège social hors département et départements limitrophes impose une ÂGE statuant aux conditions de l'article L225-96 du Code de commerce (quorum d'un quart sur première convocation, majorité des deux tiers). Le transfert intra-départemental est généralement délégué au conseil d'administration ou au directoire sous réserve de ratification par l'AGO suivante. Toute modification est publiée au BODACC et mise à jour au RCS via Guichet unique INPI.

Dissolution et liquidation. La SA peut être dissoute par l'arrivée du terme statutaire, la réalisation ou l'extinction de son objet, la décision de l'ÂGE, le jugement ordonnant la liquidation judiciaire conformément aux articles L640-1 et suivants du Code de commerce, ou par décision du tribunal pour cause de mesintelligence grave entre actionnaires (Code civil 1844-7 5 ). Si les capitaux propres deviennent inférieurs à la moitié du capital social, le conseil d'administration ou le directoire doit convoquer l'ÂGE dans les quatre mois suivant l'approbation des comptes pour décider de la dissolution ou de la reconstitution des capitaux propres (Code com. L225-248).

Que faut-il inclure dans votre Statuts de Société Anonyme (SA) ?

Les Statuts de SA français comprennent plusieurs clauses obligatoires fixées par l'article L224-2 du Code de commerce et les articles L225-1 et suivants, ainsi que plusieurs clauses facultatives encadrées par la loi. Une rédaction précise est indispensable en raison de la complexité réglementaire et des sanctions encourues en cas de non-respect. Sur forms-legal.com nous mettons gratuitement à disposition des modèles de statuts SA accompagnés des documents complémentaires : pacte d'actionnaires, term sheet, déclaration de bénéficiaires effectifs, attestation de dépôt des fonds et conventions réglementées.

Dénomination sociale et siège (art. L224-1 et L210-2 Code com.). La dénomination doit être suivie ou précédée immédiatement et lisiblement des mots Société anonyme ou des initiales SA, suivis de l'enonciation du capital social et du numéro d'identification SIREN. La dénomination doit être disponible : vérifier au registre national des entreprises tenu par l'INPI via formalites.entreprises.gouv.fr, au registre des marques (data.inpi.fr) et au registre des noms de domaine .fr (afnic.fr). Le siège social mentionne une adressé précise en France qui détermine le Greffe du Tribunal de commerce compétent (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Nantes, Toulouse...) et l'administration fiscale du Service des impôts des entreprises (SIE) rattache à la DGFiP.

Objet social (art. L224-1 et L210-2 Code com.). L'objet doit être licite, possible et détermine. Une rédaction équilibrée combine un objet principal précis avec des objets accessoires standards (prise de participations, financement, gestion de trésorerie). Si l'activité est réglementée (établissements de crédit ACPR, entreprises d'investissement AMF, assurances ACPR, agences immobilières carte T), un agrément préalable est nécessaire avant immatriculation. Vis-à-vis des tiers, les dirigeants engagent la société même par les actes dépassant l'objet social sauf preuve de la mauvaise foi du tiers (Code com. L225-35 al. 4 ou L225-64 al. 3).

Capital social minimum de 37 000 EUR (art. L224-2 Code com.). Le capital social, mentionnant le nombre, la valeur nominale (ou l'absence de valeur nominale selon Code com. L228-8) et la répartition des actions entre les actionnaires, est obligatoirement d'au moins 37 000 euros pour les SA non cotées. Ce minimum est porté à 225 000 EUR pour les SA faisant publiquement appel à l'épargne (article L224-2 al. 2 supprimé par la loi PACTE mais maintenu en pratique pour les SA cotées par le règlement général AMF). Les apports en numéraire sont liberes à la souscription pour au moins la moitié de leur valeur nominale, le surplus dans un délai de cinq ans suivant l'immatriculation. Les apports en nature sont obligatoirement évalués par un commissaire aux apports (CAA) inscrit sur la liste de la CNCC quel que soit le montant (Code com. L225-8), contrairement à la SARL et SAS ou la nomination est obligatoire seulement au-dessus de 30 000 EUR unitaires.

Nombre d'actionnaires (art. L225-1 Code com.). La SA non cotée doit comprendre au moins deux actionnaires et la SA cotée sur un marché réglementé au moins sept actionnaires. Si le nombre d'actionnaires devient inférieur au minimum légal, tout intéressé peut demander en justice la dissolution de la société après un délai d'un an de régularisation (Code com. L225-247). Les actionnaires personnes physiques ou morales sont libres ; aucune limitation de nombre maximum n'est prévue (contrairement aux 100 associés maximum en SARL).

Actions et catégories (art. L228-1 et L228-11 Code com.). Les actions sont nominatives ou au porteur (au porteur réserve aux SA cotées) et inscrites en compte au nom de chaque actionnaire. La SA peut émettre plusieurs catégories d'actions avec des droits différenciés : actions ordinaires, actions de préférence (Code com. L228-11) avec droits financiers prioritaires (dividende prioritaire, liquidation préférentielle) ou droits politiques spéciaux (vote multiple dans la limite de l'article L225-123, droit de veto, droit à la nomination d'administrateurs), actions amortissables, actions traceuses. Les SA cotées peuvent également émettre des certificats d'investissement et des titres financiers (obligations, OCEANE, BSAR, BSA).

Mode de gouvernance et organes (art. L225-17 à L225-93 Code com.). Les statuts SA choisissent entre deux modes alternatifs de gouvernance. Mode classique : conseil d'administration de 3 à 18 membres élus par l'AGO pour 6 ans maximum (Code com. L225-17 et L225-18), président nommé par le conseil parmi ses membres personnes physiques, direction générale assurée par le président ou dissociee au profit d'un directeur général selon décision du conseil (Code com. L225-51-1). Mode dualiste : directoire de 2 à 5 membres personnes physiques nommés par le conseil de surveillance pour 2 à 6 ans, conseil de surveillance de 3 à 18 membres élus par l'AGO pour 6 ans maximum (Code com. L225-58 et L225-69). Parité obligatoire de 40% minimum de chaque sexe dans les SA cotées et grandes SA non cotées (loi Cope-Zimmermann n 2011-103 et article L225-18-1).

Conventions réglementées (art. L225-38 à L225-42 et L225-86 à L225-91 Code com.). Toute convention intervenue directement ou par personne interposee entre la société et l'un des dirigeants (président, directeur général, directeur général délégué, membre du directoire ou du conseil de surveillance, administrateur) ou l'un des actionnaires disposant d'une fraction des droits de vote supérieure à 10%, doit être soumise à autorisation préalable du conseil d'administration ou du conseil de surveillance puis approuvée par l'AGO sur rapport spécial du commissaire aux comptes. Les conventions courantes conclues à des conditions normales sont dispensées de cette procédure (Code com. L225-39 et L225-87).

Assemblées générales et majorités (art. L225-96 à L225-99 Code com.). Les statuts confirment les règles légales : AGO compétente pour toutes les décisions n'emportant pas modification des statuts (approbation des comptes, affectation du résultat, nomination et révocation des administrateurs ou membres du conseil de surveillance, désignation du CAC, conventions réglementées), quorum d'un cinquième sur première convocation et aucun quorum sur seconde (Code com. L225-98), majorité simple ; ÂGE compétente pour toute modification des statuts, augmentation ou réduction du capital, fusion ou scission, dissolution, transformation, quorum d'un quart sur première convocation et d'un cinquième sur seconde (Code com. L225-96), majorité des deux tiers, unanimité pour changement de nationalité et augmentation des engagements.

Commissaire aux comptes (CAC) obligatoire (art. L225-218 à L225-242 Code com.). La SA est obligatoirement tenue de désigner au moins un commissaire aux comptes inscrit sur la liste de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC), quel que soit son niveau d'activité. La nomination est décidée par l'assemblée générale ordinaire pour un mandat de six exercices renouvelable. Un commissaire suppleant est désigné pour pallier l'empêchement, la démission ou le décès du titulaire. Les SA cotées et grandes SA (dépassant deux des trois seuils : 250 salariés, 50 millions EUR de CA HT, 43 millions EUR de bilan) doivent désigner deux commissaires titulaires conformément à l'article L823-2 du Code de commerce.

Exercice social, comptes annuels et contrôle (art. L232-1 à L232-26 Code com.). L'exercice social à une durée de douze mois. Les comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) établis par le conseil d'administration ou le directoire sont approuvés par l'AGO dans les six mois suivant la clôture, certifiés par le CAC, et déposés au Greffe via Guichet unique INPI dans le mois suivant l'approbation. Les SA cotées publient en outre un rapport financier annuel et un rapport semestriel conformément au règlement général AMF. La distribution des bénéfices respecte la réserve légale de 5% du bénéfice net jusqu'à 10% du capital social (Code com. L232-10).

Comment remplir votre Statuts de Société Anonyme (SA)

Rédiger les Statuts de SA en France requiert une préparation méthodique compte tenu de la complexité réglementaire et de la rigueur formelle imposée par les articles L225-1 et suivants du Code de commerce.

Étape 1 - Réunir les actionnaires fondateurs et clarifier les intentions stratégiques. Organiser une réunion préparatoire entre tous les actionnaires fondateurs (minimum 2 pour SA non cotée, minimum 7 pour SA cotée selon Code com. L225-1) pour fixer les apports respectifs (numéraire et nature), les pourcentages de détention, la répartition des actions, les règles de gouvernance souhaitées (mode classique avec conseil d'administration ou mode dualiste avec directoire et conseil de surveillance), la composition prévue des organes de direction avec respect de la parité légale, et la vision stratégique à moyen-long terme (développement organique, croissance externe par acquisitions, IPO sur Euronext Paris ou Euronext Growth, levée de fonds institutionnelle). Documenter ces décisions dans un term sheet détaillé servant de base aux conseils juridiques.

Étape 2 - Vérifier la disponibilité de la dénomination sociale. Consulter le registre national des entreprises sur formalites.entreprises.gouv.fr, la base de marques data.inpi.fr et le registre des noms de domaine .fr auprès de l'AFNIC. Pour les SA visant une cotation, vérifier la disponibilité des noms de marque dans les juridictions clés (EUIPO pour marques européennes, WIPO pour marques internationales). Réserver simultanément les comptes réseaux sociaux et les noms de domaine internationaux (.com, .eu, .co) chez les bureaux d'enregistrement agréés.

Étape 3 - Choisir le siège social et identifier le Greffe compétent. Le siège détermine la juridiction du Tribunal de commerce compétent (Paris pour les grandes SA cotées du compartiment À, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille pour les SA régionales), le Service des impôts des entreprises (SIE) rattache à la DGFiP, et l'URSSAF de rattachement pour les cotisations sociales. Pour les SA cotées, le siège en région parisienne est généralement privilégié pour la proximité avec l'AMF, les conseils juridiques spécialisés et les investisseurs institutionnels.

Étape 4 - Rédiger l'objet social avec précision. Définir l'objet principal de manière claire (par exemple la conception, la fabrication et la commercialisation de machines industrielles destinées au secteur agro-alimentaire) suivi d'objets accessoires standards (prise de participations dans toutes sociétés, financement et octroi de garanties, gestion de trésorerie, et toute opération civile, commerciale, industrielle, financière, mobilière ou immobilière se rapportant directement ou indirectement à cet objet). Pour les SA exerçant des activités réglementées (banque ACPR, assurance ACPR, gestion d'actifs AMF, établissement de paiement ACPR), inclure des références précises aux agréments requis et aux dispositions sectorielles applicables.

Étape 5 - Déterminer le capital social et les apports. Le capital minimum est de 37 000 EUR pour les SA non cotées conformément à l'article L224-2 du Code de commerce, mais en pratique les SA visant une croissance significative ou une IPO disposent généralement d'un capital initial de 100 000 EUR à 1 000 000 EUR pour bénéficier d'une credibilité institutionnelle. Les apports en numéraire sont liberes à la souscription pour au moins la moitié de leur valeur nominale (Code com. L225-3), le surplus dans un délai de cinq ans. Les fonds sont déposés sur un compte bancaire bloque chez un établissement bancaire français agréé par l'ACPR (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, La Banque Postale). Les apports en nature sont obligatoirement évalués par un commissaire aux apports (CAA) inscrit sur la liste de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC), quel que soit le montant (contrairement à la SARL ou SAS ou le seuil est de 30 000 EUR).

Étape 6 - Définir les actions, leur valeur nominale et les catégories. Décider du nombre total d'actions et de leur valeur nominale (typiquement 1 EUR, 10 EUR ou 100 EUR par action selon la taille de l'opération envisagée) ou de l'absence de valeur nominale (autorisée par l'article L228-8 du Code de commerce). Pour les SA préparant une IPO ou une levée de fonds institutionnelle, prévoir plusieurs catégories d'actions : actions ordinaires pour les fondateurs et le public, actions de préférence de série À avec dividende prioritaire et liquidation préférentielle pour les investisseurs initiaux, actions de préférence de série B et suivantes pour les tours suivants. La création de catégories d'actions impose des clauses statutaires précises détaillant les droits financiers et politiques attaches à chaque catégorie.

Étape 7 - Choisir le mode de gouvernance et organiser les organes de direction. Décider entre le mode classique (conseil d'administration unique avec président et directeur général dissociees ou non) et le mode dualiste (directoire de 2-5 membres charge de la direction, conseil de surveillance de 3-18 membres charge du contrôle permanent). Le mode classique est majoritaire en France (environ 80% des SA) en raison de sa simplicité opérationnelle. Le mode dualiste est privilégié par les grandes SA familiales souhaitant séparer clairement les fonctions executives (directoire dirige par les membres opérationnels) et de contrôle (conseil de surveillance présidé par un représentant de la famille fondatrice). Respecter la parité de 40% minimum de chaque sexe dans le conseil d'administration ou de surveillance pour les SA cotées et les SA non cotées de plus de 250 salariés (loi Cope-Zimmermann n 2011-103 et article L225-18-1).

Étape 8 - Désigner les premiers organes de direction et le commissaire aux comptes. Désigner dans les statuts initiaux le président du conseil d'administration ou du directoire (obligatoirement personne physique conformément aux articles L225-47 et L225-59), les premiers administrateurs ou membres du conseil de surveillance avec leurs coordonnées complètes (nom, prénoms, date et lieu de naissance, nationalité, domicile), et le ou les premiers commissaires aux comptes (CAC titulaire et suppleant) avec leurs numéros d'inscription à la CNCC. Pour les SA visant un effectif important, désigner également les représentants des salariés au conseil conformément à la loi Rebsamen n 2015-994 du 17 août 2015 et à l'article L225-27-1 du Code de commerce.

Étape 9 - Rédiger les règles d'assemblées générales et les conditions de quorum et de majorité. Confirmer les règles légales d'AGO et d'ÂGE prévues par les articles L225-96 à L225-99 du Code de commerce. AGO : compétente pour toutes les décisions n'emportant pas modification statutaire, quorum d'un cinquième des actions ayant droit de vote sur première convocation et aucun quorum sur seconde, majorité simple des voix exprimées. ÂGE : compétente pour toute modification des statuts, quorum d'un quart sur première convocation et d'un cinquième sur seconde, majorité des deux tiers des voix exprimées. Les statuts peuvent prévoir des quorums plus élevés mais ne peuvent pas les abaisser. Les décisions emportant changement de nationalité et augmentation des engagements requièrent impérativement l'unanimité.

Étape 10 - Finaliser, signer et immatriculer via Guichet unique INPI. Soumettre le projet de statuts à un cabinet d'avocats spécialisé en droit des sociétés et en droit boursier (Gide, Bredin, BDGS, August Debouzy, CMS Francis Lefebvre, Linklaters, Clifford Chance, Latham et Watkins pour les grandes opérations). Les statuts sont signés par tous les actionnaires fondateurs ou leurs mandataires (procuration spéciale enregistrée au SIE), paraphes à chaque page avec mention manuscrite Lu et approuve. Effectuer l'immatriculation au RCS via le Guichet unique INPI sur formalites.entreprises.gouv.fr en déposant : statuts signes, attestation de dépôt des fonds en banque, rapport du commissaire aux apports le cas échéant, actes de nomination des dirigeants et du commissaire aux comptes, déclarations sur l'honneur de non-condamnation, justificatif de jouissance des locaux du siège, déclaration des bénéficiaires effectifs (RBE). Le Greffe délivré le Kbis sous quelques jours et l'INSEE attribue le SIREN.

Erreurs courantes à éviter dans votre Statuts de Société Anonyme (SA)

Plusieurs erreurs récurrentes affectent la qualité et l'efficacité des Statuts de SA en France, entraînant des conséquences juridiques, fiscales et reputationnelles significatives.

Erreur 1 - Sous-estimer le cadre légal contraignant de la SA. Beaucoup de fondateurs choisissent la forme SA par tradition ou par prestige sans mesurer la rigidité du cadre légal imposé par les articles L225-1 et suivants du Code de commerce : capital minimum 37 000 EUR, deux actionnaires minimum (sept pour SA cotée), commissaire aux comptes obligatoire en toutes circonstances avec un mandat de six exercices, parité de 40% imposée dans les conseils, règles strictes de quorum et de majorité en assemblée, procédure formalisée des conventions réglementées, désignation obligatoire d'un commissaire aux apports pour tous les apports en nature. Cette rigidité est généralement défavorable aux startups et PME pour lesquelles la SAS offre une liberté statutaire équivalente sans les contraintes. Bonne pratique : réserver la forme SA aux structures envisageant une IPO sur un marché réglementé ou aux groupes industriels ayant besoin du prestige et de la credibilité institutionnelle.

Erreur 2 - Négliger l'obligation de parité (loi Cope-Zimmermann). La loi Cope-Zimmermann n 2011-103 du 27 janvier 2011 codifiée à l'article L225-18-1 du Code de commerce impose 40% minimum de chaque sexe dans les conseils d'administration et de surveillance des SA cotées et des grandes SA non cotées (250 salariés, 50 millions EUR de CA HT, 43 millions EUR de bilan). Toute nomination violant cette règle est nulle (sauf cooptation temporaire), ce qui peut créer des vacances dans les conseils et bloquer le quorum pour les décisions importantes. Bonne pratique : anticiper la composition paritaire des conseils dès la constitution, identifier des candidatures feminines qualifiées, et constituer un vivier de talents internes et externes pour assurer le respect de la parité à chaque renouvellement.

Erreur 3 - Oublier la désignation du commissaire aux apports pour apports en nature. Contrairement à la SARL et SAS ou la nomination d'un commissaire aux apports (CAA) est obligatoire seulement au-dessus de 30 000 EUR unitaires ou de 50% du capital, la SA exigé la désignation d'un CAA pour tout apport en nature quel que soit le montant conformément à l'article L225-8 du Code de commerce. Un apport en nature non évalue par un CAA peut entraîner la nullité de l'apport ou la responsabilité solidaire des fondateurs vis-à-vis des tiers pendant cinq ans pour la valeur attribuée aux apports. Bonne pratique : désigner un CAA inscrit sur la liste de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) pour tout apport en nature dès la phase de constitution, avec rapport annexe aux statuts.

Erreur 4 - Mal choisir entre mode classique et mode dualiste. Le mode classique (conseil d'administration unique) est généralement privilégié pour les SA familiales et les PME pour sa simplicité opérationnelle. Le mode dualiste (directoire et conseil de surveillance) est plus adapté aux grandes SA souhaitant séparer clairement les fonctions executives et de contrôle, et particulièrement aux entreprises familiales souhaitant maintenir le contrôle par les membres de la famille via le conseil de surveillance tout en confiant la direction opérationnelle à des managers professionnels via le directoire. Le changement de mode de gouvernance impose une ÂGE et entraîne des frais juridiques significatifs (5 000 à 15 000 EUR HT). Bonne pratique : choisir le mode adapté aux la constitution en fonction des intentions stratégiques à moyen-long terme.

Erreur 5 - Négliger la procédure des conventions réglementées (Code com. L225-38). La procédure des conventions réglementées est très stricte en SA : autorisation préalable obligatoire du conseil d'administration ou du conseil de surveillance pour toute convention entre la société et un dirigeant ou un actionnaire détenant plus de 10% des droits de vote, rapport spécial du commissaire aux comptes présente à l'assemblée générale ordinaire, approbation par l'AGO. Le non-respect de cette procédure expose les dirigeants bénéficiant de la convention à une action en responsabilité et en nullité. Bonne pratique : tenir un registre annuel des conventions réglementées, soumettre systématiquement toute convention concernée à l'autorisation préalable du conseil avant signature, et intégrer le rapport spécial du CAC dans la documentation annuelle d'AGO.

Erreur 6 - Sous-estimer les obligations des SA cotées. Les SA cotées sur un marché réglementé (Euronext Paris compartiments À, B, C) sont soumises à une avalanche d'obligations imposées par le règlement général AMF : rapport financier annuel publie dans les quatre mois suivant la clôture (contenant comptes annuels, comptes consolides, rapport de gestion, rapport sur le gouvernement d'entreprise, rapport du CAC, attestation du responsable de l'information financière), rapport financier semestriel publie dans les trois mois suivant la clôture du premier semestre, déclarations trimestrielles d'information financière, information permanente sur toute information privilégiée susceptible d'avoir un impact sur le cours de bourse, déclarations de franchissement de seuils à partir de 5%, 10%, 15%, 20%, 25%, 30%, 33,33%, 50%, 66,66%, 90% et 95%, déclarations des dirigeants sur leurs transactions personnelles. Bonne pratique : confier l'information financière à un secrétaire général compétent et à un cabinet d'audit spécialisé.

Erreur 7 - Mal calibrer le capital social. Le capital minimum légal est de 37 000 EUR mais en pratique les SA visant une credibilité institutionnelle, une IPO ou des levées de fonds significatives disposent généralement d'un capital initial de 100 000 EUR à 1 000 000 EUR ou plus. Un capital insuffisant nuit à la credibilité vis-à-vis des partenaires bancaires (refus de prêt, cautions exigées), des investisseurs institutionnels (refus d'entrée au capital), des clients grands comptes (perception de fragilité). Bonne pratique : calibrer le capital initial aux ambitions stratégiques de la société, anticiper les besoins financiers sur 24-36 mois, et prévoir des augmentations de capital échelonnées pour soutenir la croissance.

Erreur 8 - Oublier les obligations post-constitution. Après l'immatriculation au RCS, plusieurs formalités doivent être accomplies dans des délais courts : déclaration des bénéficiaires effectifs (RBE) au registre national tenu par l'INPI dans les trente jours sous peine d'amende administrative jusqu'à 7 500 EUR pour le président et 37 500 EUR pour la société (CMF L561-49), identification TVA et adhésion à un centre de formalités des entreprises, affiliation à une caisse de retraite obligatoire des cadres pour le président assimile salarie, ouverture du compte définitif auprès de la banque, déblocage des fonds sur présentation du Kbis, première réunion du conseil d'administration ou du directoire pour adoption du règlement intérieur et nomination des dirigeants délégués, choix de l'exercice comptable et du commissaire aux comptes. Bonne pratique : établir un checklist post-constitution avec l'avocat rédacteur et confier le suivi à un expert-comptable certifie ITAA et à un secrétaire général opérationnel pour les SA importantes.

Questions Fréquentes

Modèle référencé aux textes légaux — Modèle modifié pour la dernière fois en juin 2026

Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète

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