Acte de Partage d'Immeuble
Qu'est-ce qu'un Acte de Partage d'Immeuble ?
L'Acte de Partage d'Immeuble en Belgique est régi par Code civil belge livre 3 (Biens) et organise les droits et obligations des parties sur le bien immobilier concerné en Belgique.
L'indivision immobilière en droit belge est une situation fréquente et temporaire: plusieurs personnes sont propriétaires ensemble d'un même bien immobilier sans qu'il soit matériellement divisé, chacune détenant une quote-part abstraite. L'indivision peut résulter d'une succession (le de cujus décède et ses héritiers deviennent co-indivisaires du patrimoine immobilier), d'un achat commun (époux, partenaires, amis acquérant ensemble un bien), d'un divorce ou d'une séparation (bien commun à liquider), d'une liquidation sociétaire (société dissoute détenant des actifs immobiliers), ou d'une donation ou d'un legs à plusieurs bénéficiaires.
L'article 815 de l'ancien Code civil belge pose le principe fondamental selon lequel nul ne peut être contraint de demeurer dans l'indivision. Ce principe permet à chaque co-indivisaire de provoquer le partage à tout moment, même si les autres co-indivisaires s'y opposent, par voie amiable (acte notarié) ou judiciaire (action en licitation devant le Tribunal de première instance, Code judiciaire art. 1207). La convention d'indivision peut différer le partage pour une période maximale de 5 ans renouvelable, mais ne peut jamais l'interdire définitivement.
L'Acte de Partage d'Immeuble notarié belge remplit plusieurs fonctions essentielles. Premièrement, il met fin à l'indivision en attribuant à chaque co-indivisaire soit un lot distinct (partage en nature), soit la totalité du bien à l'un d'eux avec paiement d'une soulte aux autres (partage avec soulte), soit le produit de la vente à l'amiable du bien entre tous (licitation amiable). Deuxièmement, il détermine avec précision les droits de chaque co-indivisaire sur le bien partagé, en tenant compte de la valeur respective des parts et des soultes éventuelles. Troisièmement, il permet la transcription au bureau Sécurité juridique du SPF Finances qui rend le partage opposable aux tiers et sécurise définitivement les droits du bénéficiaire. Quatrièmement, il permet le calcul et la perception par le notaire du droit de partage (1 % sur la valeur totale du bien partagé) dû au SPF Finances.
La forme authentique notariale est obligatoire pour l'acte de partage portant sur un bien immobilier: seul le notaire belge agréé par la Fédération Royale du Notariat belge (FRNB / KFBN) peut recevoir cet acte et le faire transcrire au bureau Sécurité juridique du SPF Finances. Sans transcription, le partage n'est pas opposable aux tiers et les droits attribués restent vulnérables.
Quand avez-vous besoin d'un Acte de Partage d'Immeuble ?
Un Acte de Partage d'Immeuble est nécessaire dans toutes les situations où des co-indivisaires souhaitent mettre fin à une indivision immobilière de manière définitive et opposable aux tiers.
Partage successoral après décès: la situation la plus fréquente. Après le décès d'un propriétaire, ses héritiers (enfants, conjoint survivant, autres héritiers légaux ou testamentaires) deviennent co-indivisaires de l'immeuble dans des proportions définies par la loi ou le testament. L'acte de partage notarié permet d'attribuer définitivement l'immeuble à l'un des héritiers (avec soulte aux autres) ou de le diviser en lots distincts. Ce partage intervient après le dépôt de la déclaration de succession et le règlement des droits de succession régionaux au SPF Finances.
Partage lors de la liquidation du régime matrimonial: lors d'un divorce ou d'une séparation entre époux, les biens immobiliers acquis en communauté ou en indivision doivent être partagés. Le notaire liquide le régime matrimonial et procède au partage de l'immeuble commun dans l'acte de liquidation-partage. Le partage de la résidence principale peut bénéficier d'un régime fiscal particulier selon la Région. L'accord des deux ex-époux sur les modalités du partage permet un partage amiable notarié; en cas de désaccord, la procédure judiciaire de liquidation-partage est plus complexe et longue.
Partage d'une indivision conventionnelle: lorsque des personnes (amis, membres de la famille, partenaires d'affaires) ont acquis ensemble un bien immobilier sans convention particulière ou avec une convention d'indivision arrivée à expiration, chacun peut demander le partage amiable notarié si tous sont d'accord sur les modalités, ou engager une action judiciaire en licitation si le désaccord persiste.
Partage lors de la dissolution d'une société: lors de la dissolution et de la liquidation d'une SRL, SA, ASBL ou société civile possédant des actifs immobiliers, les associés ou membres peuvent procéder au partage en nature des actifs immobiliers entre eux plutôt que de les céder à des tiers. L'acte de partage notarié permet cette distribution en nature avec enregistrement et transcription.
Partage de biens indivis entre héritiers réservataires: lorsque le défunt a légué l'immeuble à un bénéficiaire testamentaire en méconnaissance de la réserve héréditaire des héritiers réservataires (enfants, conjoint survivant), le partage intervient après règlement des droits des réservataires conformément au Code civil belge livre 4 (Successions, réforme 2018).
Partage avec présence d'un mineur ou d'un incapable: lorsque l'un des co-indivisaires est un mineur non émancipé ou un majeur sous administration provisoire, le partage nécessite l'autorisation préalable du Juge de paix territorialement compétent (tribunal de la résidence de l'incapable). Le notaire vérifie que cette autorisation a été obtenue avant de procéder à l'acte de partage.
Que faut-il inclure dans votre Acte de Partage d'Immeuble ?
L'Acte de Partage d'Immeuble belge doit contenir des éléments essentiels déterminés par le Code civil belge et la pratique notariale. Le modèle disponible sur forms-legal.com aide à préparer les informations nécessaires pour la rédaction notariale définitive.
Identification exhaustive des co-indivisaires: pour chaque co-indivisaire, mention du nom complet, prénoms, date et lieu de naissance, profession, domicile, numéro de registre national, état civil et régime matrimonial (avec concours du conjoint si immeuble commun, art. 224 ancien Code civil), capacité juridique (vérification des éventuelles mesures de protection au Juge de paix). Pour les personnes morales (SRL, ASBL), mention de la dénomination sociale, BCE, siège, représentant légal avec pouvoirs justifiés.
Origine de l'indivision: mention précise de la cause et de l'origine de l'indivision (acte d'acquisition commun avec référence notariale, succession avec renvoi à la déclaration de succession et droits de succession réglés au SPF Finances, donation, liquidation matrimoniale, dissolution de société). Cette origine est vérifiée par le notaire par les recherches préalables au bureau Sécurité juridique du SPF Finances.
Description précise du bien indivis: adresse complète, désignation cadastrale exhaustive (commune cadastrale, division, section, parcelle, identifiant cadastral à 9 chiffres obtenu auprès de l'Administration générale de la Documentation patrimoniale du SPF Finances), superficie totale du terrain selon cadastre, superficie habitable selon PEB, description complète des locaux et dépendances.
Évaluation et valeur du bien: montant de la valeur vénale convenue entre co-indivisaires (ou fixée par expertise judiciaire en cas de désaccord), justification de cette valeur par référence aux transactions comparables ou au rapport d'expertise, quote-part de chaque co-indivisaire dans la valeur totale.
Modalités du partage: description précise du mode de partage retenu (partage en nature avec attribution de lots distincts, partage avec attribution de l'ensemble à un co-indivisaire avec soulte versée aux autres, ou licitation amiable avec partage du produit). Pour le partage avec soulte: montant de la soulte, identité du débiteur et du créancier, mode et délai de paiement.
Droits de partage: calcul et mention du droit de partage (1 % de la valeur totale du bien partagé) dû au SPF Finances, perçu par le notaire et versé au bureau Sécurité juridique dans les 15 jours. Répartition du droit de partage entre co-indivisaires.
Searches notariales: résultats des recherches préalables du notaire (hypothèques inscrites au bureau Sécurité juridique devant être levées avant ou simultanément au partage, résultats urbanistiques, attestation du sol). Voir aussi les modèles Acte de Licitation Immobilière et Compromis de Vente sur forms-legal.com pour les procédures alternatives de sortie d'indivision.
Transcription: engagement du notaire de procéder à la transcription au bureau Sécurité juridique du SPF Finances dans les 15 jours de la signature, pour rendre le partage opposable aux tiers (Loi hypothécaire de 1851). Frais notariaux selon le tarif AR du 16 décembre 1950.
Comment remplir votre Acte de Partage d'Immeuble
Préparer un Acte de Partage d'Immeuble en Belgique requiert une coordination préalable entre tous les co-indivisaires et le notaire instrumentant.
Étape 1 — Identifier tous les co-indivisaires: dressez la liste exhaustive de tous les co-indivisaires avec leurs données d'état civil (nom, prénoms, date et lieu de naissance, domicile, numéro de registre national). Pour une succession, identifiez tous les héritiers légaux et testamentaires. Pour une indivision contractuelle, vérifiez que tous les co-indivisaires signataires de l'acte d'acquisition originaire sont bien identifiés. Vérifiez l'éventuelle existence de tuteurs ou administrateurs provisoires pour les co-indivisaires incapables (mineur, majeur protégé).
Étape 2 — Rassembler les documents justificatifs de l'origine de l'indivision: pour une succession, collectez la déclaration de succession et la preuve du paiement des droits de succession régionaux auprès du SPF Finances; pour une indivision contractuelle, rassemblez l'acte d'acquisition originaire avec références de transcription; pour une indivision matrimoniale, collectez l'acte de mariage et le contrat de mariage éventuel.
Étape 3 — Faire évaluer le bien: si tous les co-indivisaires s'accordent sur la valeur vénale, notez la valeur convenue et sa justification (comparaison avec des ventes récentes dans la même commune, estimation notariale ou d'un agent immobilier IPI). En cas de désaccord sur la valeur, le notaire peut recommander l'intervention d'un expert immobilier agréé ou saisir le Tribunal de première instance pour désignation d'un expert judiciaire.
Étape 4 — Choisir les modalités du partage: décidez en commun des modalités du partage. Partage en nature si le bien peut être divisé en lots distincts de valeur équivalente (terrain à bâtir divisible, immeuble à appartements avec acte de base). Partage avec soulte si un co-indivisaire reprend l'ensemble du bien (cas le plus fréquent pour une résidence familiale): fixez le montant de la soulte, l'identité du débiteur et du créancier, et le mode de paiement (comptant à la signature, par virement bancaire, par prêt hypothécaire). Licitation amiable si aucun des co-indivisaires ne souhaite conserver le bien: organisez la vente à un tiers avec partage du produit.
Étape 5 — Préparer le décompte des soultes et charges: calculez le montant précis de la soulte due par l'attributaire aux autres co-indivisaires. Tenez compte de la valeur du bien, des quote-parts de chaque co-indivisaire, et des charges éventuellement avancées par l'un d'eux (frais de conservation, taxes, hypothèques). Le notaire établit un décompte précis avant la séance de signature.
Étape 6 — Organiser la mainlevée des hypothèques: si le bien est grevé d'hypothèques inscrites au profit de banques créancières (BNP Paribas Fortis, ING Belgique, KBC, Belfius), le notaire organise leur mainlevée simultanée, soit sur le prix de vente (licitation), soit par paiement direct du créancier par l'attributaire de l'immeuble. Ces hypothèques doivent être levées avant ou simultanément au partage.
Étape 7 — Calculer les droits de partage: le droit de partage belge est de 1 % de la valeur totale du bien partagé (taux fédéral, Code des droits d'enregistrement). Le notaire calcule ce droit, le perçoit et le verse au bureau Sécurité juridique du SPF Finances dans les 15 jours de la signature.
Étape 8 — Signer l'acte et procéder à la transcription: une fois l'acte signé par tous les co-indivisaires devant le notaire, celui-ci procède à l'enregistrement et à la transcription au bureau Sécurité juridique du SPF Finances dans les 15 jours. La transcription rend le partage opposable aux tiers et sécurise définitivement les droits des bénéficiaires.
Exigences juridiques pour Acte de Partage d'Immeuble
L'Acte de Partage d'Immeuble en Belgique obéit à un régime juridique combinant le droit des biens, le droit successoral et le droit fiscal.
Forme authentique obligatoire: le partage d'un bien immobilier doit être reçu par un notaire belge agréé par la FRNB et transcrit au bureau Sécurité juridique du SPF Finances pour produire ses effets à l'égard des tiers (Loi hypothécaire du 16 décembre 1851). La forme authentique est requise pour la transcription, même si le partage est amiable et non contesté.
Principe nemo cogi potest manere in indivisione: l'article 815 de l'ancien Code civil belge pose le principe que nul ne peut être contraint de demeurer dans l'indivision. Ce principe permet à tout co-indivisaire de provoquer le partage à tout moment, même si les autres s'y opposent, par voie amiable (si accord) ou judiciaire (Code judiciaire art. 1207 — licitation judiciaire devant le Tribunal de première instance). La convention d'indivision ne peut différer le partage que pour 5 ans renouvelables.
Droit de partage: le droit de partage belge est de 1 % de la valeur vénale totale du bien partagé, perçu par le notaire instrumentant et versé au bureau Sécurité juridique du SPF Finances dans les 15 jours de la signature de l'acte. Ce taux de 1 % est un droit fédéral, fixe et uniforme sur tout le territoire belge, distinct des droits d'enregistrement régionaux sur les ventes. Pour les partages successoraux, le droit de partage s'ajoute aux droits de succession déjà réglés.
Action en lésion: le co-indivisaire qui a reçu une part inférieure de plus du quart à ses droits légaux peut exercer une action en rescision pour lésion (art. 887 ancien Code civil belge) dans les 2 ans de la signature du partage. Cette action spécifique au partage vise à rééquilibrer les attributions par versement d'un supplément de soulte ou, en dernier recours, annulation du partage et recommencement.
Autorisation judiciaire pour partage incluant un incapable: si l'un des co-indivisaires est un mineur non émancipé ou un majeur sous administration provisoire (art. 488/1 et suivants ancien Code civil), le représentant légal doit obtenir l'autorisation préalable du Juge de paix pour procéder au partage. Le notaire vérifie cette autorisation avant de recevoir l'acte et mentionne la référence dans l'acte de partage.
Transcription dans les 15 jours: le notaire instrumentant doit procéder à la transcription de l'acte de partage au bureau Sécurité juridique du SPF Finances dans les 15 jours de la signature (art. 32 Code des droits d'enregistrement), sous peine d'amende. La transcription rend le partage opposable aux tiers (créanciers des co-indivisaires, tiers acquéreurs ultérieurs) à compter de sa date.
Erreurs courantes à éviter dans votre Acte de Partage d'Immeuble
Les erreurs dans la procédure de partage d'un immeuble en Belgique peuvent entraîner des litiges devant le Tribunal de première instance ou des difficultés fiscales avec le SPF Finances.
Erreur 1 — Partager sans l'accord de tous les co-indivisaires: un partage amiable notarié requiert l'accord et la signature de l'ensemble des co-indivisaires. L'absence d'un seul co-indivisaire invalide le partage amiable et oblige à engager la procédure judiciaire de licitation devant le Tribunal de première instance. La solution: identifier et contacter tous les co-indivisaires, y compris ceux de nationalité étrangère ou résidant à l'étranger (qui peuvent se faire représenter par procuration devant un notaire belge).
Erreur 2 — Sous-évaluer le bien pour réduire les droits de partage: déclarer dans l'acte de partage une valeur inférieure à la valeur vénale réelle pour réduire l'assiette du droit de partage (1 %) expose les parties à un redressement par le SPF Finances sur 7 ans avec paiement des droits complémentaires et amendes. La solution: déclarer la valeur vénale réelle, corroborée si possible par une estimation notariale ou d'agent immobilier IPI agréé.
Erreur 3 — Procéder au partage sans lever les hypothèques préalablement: si le bien est grevé d'hypothèques inscrites au profit de créanciers du défunt ou d'un co-indivisaire, ces hypothèques grèvent toujours le bien après le partage et peuvent être opposées à l'attributaire par les créanciers. La solution: demander au notaire de vérifier les inscriptions hypothécaires au bureau Sécurité juridique et d'organiser la mainlevée de toutes les hypothèques simultanément à l'acte de partage.
Erreur 4 — Oublier de demander l'autorisation du Juge de paix pour un co-indivisaire incapable: si l'un des co-indivisaires est un mineur ou un majeur protégé, procéder au partage sans autorisation judiciaire préalable du Juge de paix rend le partage annulable à la demande de l'incapable ou de son représentant légal. La solution: vérifier systématiquement la capacité juridique de tous les co-indivisaires et solliciter l'autorisation du Juge de paix dès que l'un d'eux est mineur ou protégé.
Erreur 5 — Partage sans règlement préalable des droits de succession: dans le cas d'un partage successoral, le notaire doit vérifier que la déclaration de succession a été déposée et que les droits de succession régionaux ont été payés au SPF Finances avant de procéder au partage. Un partage successoral sans règlement préalable des droits de succession expose à des pénalités fiscales. La solution: coordonner avec le notaire le dépôt de la déclaration de succession et le paiement des droits avant la signature de l'acte de partage.
Erreur 6 — Partage injuste générant une action en lésion: si la valeur attribuée à l'un des co-indivisaires dans l'acte de partage est inférieure de plus du quart à ses droits légaux, il peut exercer une action en rescision pour lésion (art. 887 ancien Code civil belge) dans les 2 ans. Cette action peut conduire à l'annulation du partage. La solution: faire évaluer le bien de manière objective et équitable, avec recours à un expert immobilier agréé en cas de désaccord entre co-indivisaires sur la valeur.
Questions Fréquentes
L'acte de partage d'immeuble est l'acte authentique notarié par lequel des personnes détenant ensemble un bien immobilier en indivision mettent fin à cette indivision en attribuant le bien (ou des lots distincts du bien) à l'un ou à plusieurs d'entre eux, conformément au Code civil belge livre 3 (Biens) et aux dispositions sur le partage (art. 815 et suivants de l'ancien Code civil belge, partiellement réformés par le livre 4 sur les Successions). L'indivision est une situation dans laquelle plusieurs personnes sont propriétaires ensemble d'un bien sans qu'il soit matériellement divisé, chacun détenant une quote-part abstraite. Le partage met fin à l'indivision en attribuant à chaque co-indivisaire soit un lot distinct du bien (partage en nature), soit la totalité du bien à l'un d'eux moyennant soulte versée aux autres (partage avec soulte), soit le produit de la vente du bien partagé entre tous (licitation). La forme authentique notariale est obligatoire pour l'acte de partage d'un bien immobilier pour permettre la transcription au bureau Sécurité juridique du SPF Finances qui rend le partage opposable aux tiers (Loi hypothécaire de 1851). La valeur du bien est estimée par accord des parties ou, en cas de désaccord, par un expert désigné par le Tribunal de première instance ou le Juge de paix. Les droits de partage sont dus au SPF Finances (taux fixe de 1 % sur la valeur totale du bien en Belgique fédérale).
L'acte de partage d'immeuble est nécessaire dans tous les cas où des co-indivisaires souhaitent mettre fin à une indivision immobilière de manière juridiquement definitive et opposable aux tiers en Belgique. Le partage successoral est la situation la plus fréquente: après le décès d'un propriétaire, ses héritiers deviennent co-indivisaires du bien immobilier dans des proportions définies par la loi ou le testament; le partage permet d'attribuer définitivement le bien à l'un des héritiers (avec soulte si nécessaire) ou de le diviser en plusieurs lots. Le partage après divorce ou séparation de corps entre époux ayant acquis un bien immobilier en communauté ou en indivision est une autre situation courante; le notaire joue un rôle essentiel dans la liquidation du régime matrimonial et le partage du patrimoine immobilier commun (art. 229 et suivants Code civil belge livre 2). Le partage d'une indivision conventionnelle entre associés, amis ou membres de la famille ayant acquis ensemble un bien immobilier sans en fixer la destination commune peut être mis fin par accord de tous les co-indivisaires ou, en cas de désaccord, par voie judiciaire (action en licitation devant le Tribunal de première instance conformément au Code judiciaire art. 1207 et suivants). Le partage peut aussi résulter d'une liquidation-partage d'une ASBL, d'une société civile ou d'une société commerciale possédant des actifs immobiliers. Dans tous ces cas, la forme authentique notariale et la transcription au bureau Sécurité juridique du SPF Finances sont obligatoires.
L'estimation de la valeur du bien immobilier est une étape centrale dans la procédure de partage en Belgique, car elle détermine les droits des co-indivisaires et le montant des éventuelles soultes. En cas d'accord amiable entre tous les co-indivisaires sur la valeur vénale du bien, cette valeur convenue est mentionnée dans l'acte de partage notarié. Elle correspond généralement à la valeur de marché estimée par référence à des transactions comparables récentes dans la même commune, voire à une estimation notariale ou à un avis d'un agent immobilier agréé IPI. En cas de désaccord entre co-indivisaires sur la valeur du bien, l'un des co-indivisaires peut saisir le Tribunal de première instance (ou le Juge de paix si la valeur est inférieure à 5.000 €) pour désigner un expert immobilier judiciaire chargé d'établir une expertise contradictoire. L'expert judiciaire est généralement un géomètre-expert agréé UBGE ou un expert immobilier agréé par le Tribunal. Son rapport d'expertise fixe la valeur vénale du bien qui s'impose aux parties en cas de désaccord persistant. L'administration du SPF Finances calcule les droits de partage (taux de 1 % sur la valeur totale du bien depuis la réforme fiscale fédérale) sur la base de la valeur déclarée dans l'acte de partage, avec droit de contrôle a posteriori si la valeur déclarée paraît insuffisante.
Le partage d'un bien immobilier en Belgique est soumis à un droit de partage fixe, perçu par le bureau Sécurité juridique du SPF Finances. Le taux du droit de partage immobilier est de 1 % de la valeur vénale totale du bien partagé (base d'imposition = valeur totale du bien, et non la soulte). Ce taux de 1 % est fédéral et uniforme sur l'ensemble du territoire belge, contrairement aux droits d'enregistrement sur les ventes (qui sont régionaux). En cas de partage avec soulte (l'un des co-indivisaires conserve le bien et verse une soulte aux autres), seule la valeur de la part du bien correspondant à la soulte est soumise au droit de partage au taux de 1 % si le bien est attribué dans les conditions d'un partage pur et simple. Le droit de partage est à charge de l'ensemble des co-indivisaires collectivement, réparti en pratique selon leur accord ou selon la convention de partage. Pour les partages successoraux, le droit de partage s'ajoute aux droits de succession déjà prélevés sur la valeur des biens transmis dans la déclaration de succession. Le notaire calcule, perçoit et verse les droits de partage au bureau Sécurité juridique du SPF Finances dans les 15 jours de la signature de l'acte de partage, conformément à l'article 32 du Code des droits d'enregistrement. Les actes de partage entre époux lors d'un divorce sont soumis au même droit de partage de 1 %, mais peuvent dans certains cas bénéficier d'un régime réduit si le partage porte sur la résidence principale commune.
En droit belge, nul ne peut être contraint de rester dans l'indivision, conformément au principe fondamental de l'article 815 de l'ancien Code civil belge (nul ne peut être contraint de demeurer dans l'indivision). Ce principe signifie que chaque co-indivisaire peut à tout moment demander le partage de l'immeuble indivis, même si les autres co-indivisaires s'y opposent. Si les co-indivisaires ne parviennent pas à s'entendre sur les modalités du partage amiable (valeur du bien, attribution des lots ou de l'ensemble à l'un d'eux, montant des soultes), le co-indivisaire demandant le partage peut saisir le Tribunal de première instance d'une action en licitation judiciaire conformément aux articles 1207 et suivants du Code judiciaire. La licitation judiciaire est une procédure de vente aux enchères publiques du bien indivis organisée par le Tribunal, dont le produit est partagé entre les co-indivisaires selon leurs droits respectifs. Cette procédure judiciaire est plus lente et plus coûteuse que le partage amiable, et elle peut aboutir à un prix de vente inférieur à la valeur vénale du marché si les enchères sont peu disputées. La convention d'indivision (pacte d'indivision) peut reporter l'action en partage pendant une période déterminée maximale de 5 ans (renouvelable par accord), mais ne peut jamais l'interdire définitivement. L'action en partage judiciaire se prescrit par 30 ans (prescription acquisitive, art. 2262 ancien Code civil).
Le partage successoral d'un immeuble en Belgique suit une procédure combinant les règles du droit des successions (Code civil belge livre 4, en vigueur depuis le 1er septembre 2018) et les règles du droit des biens (Code civil belge livre 3) et du droit notarial (Loi du 25 ventôse an XI). Après le décès, les héritiers (légaux ou testamentaires) doivent d'abord déposer une déclaration de succession auprès du SPF Finances dans les délais légaux (4 mois si décès en Belgique, 5 mois si décès en Europe, 6 mois si décès hors Europe). La valeur des biens immobiliers est déclarée dans cette déclaration de succession et les droits de succession régionaux sont calculés dessus (taux variant selon le degré de parenté et la Région). Après le règlement des droits de succession et l'identification de tous les héritiers, les co-indivisaires peuvent procéder au partage amiable devant notaire. Le notaire réunit toutes les parties, vérifie leur identité et leur capacité, fait évaluer le bien (accord amiable sur la valeur ou expertise judiciaire), rédige l'acte de partage avec les attributions convenues et les soultes dues, calcule et perçoit le droit de partage (1 %), et procède à la transcription au bureau Sécurité juridique du SPF Finances. Le partage peut prendre diverses formes: attribution de l'ensemble du bien à l'un des héritiers moyennant soulte versée aux autres (partage avec soulte le plus fréquent en pratique car il évite la division matérielle de l'immeuble), partage en nature avec division du bien en plusieurs lots distincts si le bien s'y prête (terrain à bâtir, immeuble à appartements avec acte de base préalable), ou licitation amiable (vente du bien à un tiers avec partage du produit entre héritiers).
L'acte de partage d'immeuble notarié en Belgique, une fois signé et transcrit, bénéficie de la stabilité juridique propre aux actes authentiques. Toutefois, il peut être contesté dans des hypothèses limites définies par le Code civil belge livre 3 et le Code judiciaire. L'action en lésion de plus du quart (rescision pour lésion) permet à un co-indivisaire qui a reçu lors du partage une part inférieure de plus du quart à sa part légale théorique d'en demander la rescision ou le versement d'un supplément de soulte. Cette action en lésion est spécifique au partage (art. 887 ancien Code civil belge) et se prescrit par 2 ans à compter de la signature de l'acte de partage. Pour exercer cette action, le demandeur doit prouver par expertise immobilière que la valeur qui lui a été attribuée est inférieure de plus du quart à sa part théorique. L'action en nullité pour vices du consentement (dol, erreur, violence) est également possible si la valeur du bien a été dissimulée ou si l'un des co-indivisaires a été abusé sur les qualités essentielles de la part qui lui a été attribuée; cette action se prescrit par 10 ans selon les règles générales du droit des contrats (Code civil belge livre 5). L'action en nullité pour incapacité (mineur non émancipé, majeur sous administration provisoire) ou pour absence de pouvoir d'un représentant peut également être soulevée. En revanche, la force probante de l'acte authentique protège contre les contestations portant sur les énonciations que le notaire a personnellement constatées (date, comparution, signatures).
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
Une erreur ? Signalez-le-nousDocuments Connexes
Vous pourriez également trouver ces documents utiles :
Acte de Licitation Immobilière
Acte de licitation immobilière pour la vente forcée ou amiable d'un bien indivis en Belgique, conforme au Code civil belge livre 3, au Code judiciaire art. 1207 à 1225 et à la Loi hypothécaire du 16 décembre 1851. Document applicable à la licitation amiable entre co-indivisaires ou à la licitation judiciaire ordonnée par le Tribunal.
Acte de Partage Amiable d'Immeuble
Modèle d'acte de partage amiable d'immeuble en Belgique, régi par les articles 3.64 à 3.80 du livre 3 du Code civil belge (Biens) et par la Loi du 31 juillet 2017 réformant les successions, permettant aux copropriétaires ou cohéritiers d'un bien immobilier de mettre fin à l'indivision et de répartir les lots entre eux.
Acte de Partage de Succession (Belgique)
Acte de Partage de Succession en Belgique conformément au Code civil livre 4 articles 815 à 892. Pour formaliser notarialement la distribution des biens successoraux entre héritiers, mettre fin à l'indivision et transférer chaque lot aux héritiers attributaires.
Acte Authentique de Vente Immobilier
Modèle d'acte authentique de vente d'un bien immobilier en Belgique, reçu par un notaire conformément à la Loi organique du notariat du 25 ventôse an XI et au livre 3 du Code civil belge (Biens).