Acte de Licitation Immobilière
Qu'est-ce qu'un Acte de Licitation Immobilière ?
L'Acte de Licitation Immobilière en Belgique est régi par Code civil belge livre 3 et organise les droits et obligations des parties sur le bien immobilier concerné en Belgique.
La licitation est une procédure de sortie d'indivision distincte du partage en nature et du partage avec soulte. Contrairement au partage en nature (où le bien est divisé en lots attribués à chaque co-indivisaire) et au partage avec soulte (où l'un des co-indivisaires conserve le bien en dédommageant les autres), la licitation aboutit à la vente du bien à un tiers acquéreur ou à l'un des co-indivisaires lui-même. Le produit de cette vente remplace le bien dans le patrimoine de l'indivision et est distribué entre les co-indivisaires en numéraire selon leurs quotes-parts. La licitation est souvent la solution de dernier recours lorsque les co-indivisaires ne s'entendent pas sur les modalités du partage ou que personne ne souhaite ou ne peut conserver le bien.
Le principe fondateur de la licitation est le principe de la liberté de sortir de l'indivision posé par l'article 815 de l'ancien Code civil belge: nul ne peut être contraint de demeurer dans l'indivision. Ce principe permet à tout co-indivisaire de provoquer la licitation judiciaire devant le Tribunal de première instance (Code judiciaire art. 1207 et suivants) même si les autres co-indivisaires s'y opposent. La licitation amiable, elle, requiert l'accord de tous les co-indivisaires sur les modalités de vente.
L'acte de licitation immobilière comprend deux actes successifs distincts en pratique: le procès-verbal d'adjudication, rédigé par le notaire commis le jour de la séance de vente publique, qui constate le prix d'adjudication obtenu lors des enchères et désigne l'adjudicataire; et l'acte authentique de vente de licitation, rédigé dans les semaines suivantes lorsque l'adjudicataire paie le solde du prix, qui formalise définitivement le transfert de propriété et permet la transcription au bureau Sécurité juridique du SPF Finances (Loi hypothécaire de 1851). Le modèle proposé sur forms-legal.com couvre principalement l'acte authentique de vente de licitation.
La licitation en Belgique est encadrée par des règles de publicité spécifiques destinées à assurer la transparence et la concurrence lors de la vente: affichage d'un avis de vente sur le bien, publication dans la presse ou sur les plateformes notariales, délai de surenchère de 15 jours ouvrables après l'adjudication permettant à tout intéressé de surenchérir d'au moins 1/10 du prix d'adjudication (art. 1214 à 1219 Code judiciaire). Ces règles de publicité et de surenchère protègent les co-indivisaires et les créanciers hypothécaires contre les adjudications à des prix anormalement bas.
Quand avez-vous besoin d'un Acte de Licitation Immobilière ?
Un Acte de Licitation Immobilière est nécessaire dans les situations où les co-indivisaires d'un bien immobilier ne peuvent pas ou ne souhaitent pas procéder à un partage direct du bien.
Indivision successorale avec désaccord entre héritiers: après un décès, lorsque les héritiers ne s'entendent pas sur le partage du bien immobilier du défunt (désaccord sur la valeur, désaccord sur l'attribution, héritier réservataire contestant le partage proposé), l'un d'eux peut demander la licitation judiciaire devant le Tribunal de première instance pour forcer la sortie de l'indivision. Le bien est vendu aux enchères et le produit est distribué selon la loi.
Partage matrimonial conflictuel: lors d'un divorce ou d'une séparation où les ex-époux ne s'accordent pas sur le partage de l'immeuble commun (chacun refusant de céder le bien à l'autre à un prix déterminé), la licitation judiciaire offre une solution neutre en faisant déterminer la valeur par le marché lors des enchères publiques.
Indivision volontaire arrivée à terme: lorsque des personnes ont acquis ensemble un bien avec une convention d'indivision de durée limitée (maximum 5 ans renouvelables), à l'expiration de cette convention, si les co-indivisaires ne souhaitent pas la renouveler et ne s'accordent pas sur un partage direct, la licitation amiable devant notaire permet de vendre le bien à un tiers en commun accord et de se partager le produit.
Bien immobilier indivisible par nature: certains biens immobiliers ne peuvent pas être divisés en nature sans perte de valeur importante (maison unifamiliale, appartement, local commercial trop petit pour être divisé). Pour ces biens, la licitation est la seule voie de sortie de l'indivision qui permet d'obtenir la valeur de marché sans sacrifier la valeur du bien par une division artificielle.
Liquidation d'une société civile ou commerciale détenant un immeuble: lors de la dissolution et de la liquidation d'une société (SRL, SA, société civile) dont l'actif comprend un immeuble, la licitation amiable entre les associés ou entre la société et les associés permet de distribuer l'actif immobilier en numéraire selon les droits de chacun.
Exécution d'un jugement de licitation: lorsque le Tribunal de première instance a ordonné la licitation judiciaire sur demande d'un co-indivisaire (Code judiciaire art. 1207), le notaire désigné par le Tribunal organise la vente aux enchères publiques conformément au jugement, avec mise à prix fixée par le juge sur avis d'expert. L'acte de licitation est alors établi sous l'autorité du Tribunal.
Crédits hypothécaires en défaut de paiement: lorsque le débiteur principal d'un crédit hypothécaire ne peut plus rembourser et que le bien grevé appartient à plusieurs personnes (co-emprunteurs, co-indivisaires), le créancier hypothécaire peut également demander la licitation judiciaire pour se faire payer sur le produit de la vente, conformément à ses droits hypothécaires inscrits au bureau Sécurité juridique du SPF Finances.
Que faut-il inclure dans votre Acte de Licitation Immobilière ?
L'Acte de Licitation Immobilière belge doit contenir des éléments essentiels déterminés par le Code civil belge livre 3, le Code judiciaire et la pratique notariale. Le modèle disponible sur forms-legal.com structure les clauses nécessaires pour la licitation amiable.
Identification du notaire commis: identification complète du notaire belge agréé par la Fédération Royale du Notariat belge (FRNB / KFBN) qui a été commis par les co-indivisaires (licitation amiable) ou désigné par ordonnance du Tribunal de première instance (licitation judiciaire). Mention de la base de désignation du notaire (accord des parties formalisé ou ordonnance judiciaire avec référence au rôle du Tribunal).
Identification des co-indivisaires vendeurs: pour chaque co-indivisaire, mention du nom complet, prénoms, date et lieu de naissance, profession, domicile, numéro de registre national, état civil et régime matrimonial (avec concours du conjoint si immeuble commun, art. 224 ancien Code civil), quote-part dans l'indivision. Vérification de la capacité juridique de chacun (absence de mesures de protection au Juge de paix) par le notaire commis.
Identification de l'adjudicataire: nom complet, domicile, état civil, numéro de registre national de l'adjudicataire (tiers ou l'un des co-indivisaires). Si l'adjudicataire est une société, mention de la dénomination sociale, numéro BCE, représentant légal avec pouvoirs.
Description précise du bien: adresse complète, désignation cadastrale exhaustive obtenue auprès de l'Administration générale de la Documentation patrimoniale du SPF Finances, superficie totale du terrain selon cadastre, superficie habitable selon PEB, description complète des locaux et dépendances, mention des éventuelles hypothèques inscrites.
Modalités de la licitation et résultats des enchères: référence aux actes organisatoires de la licitation (convention de licitation amiable ou jugement ordonnant la licitation judiciaire), mise à prix initiale, conditions de vente, résultats de la séance d'adjudication (date, lieu, prix d'adjudication obtenu, identité de l'adjudicataire), délai de surenchère expiré sans surenchère valable (art. 1214 à 1219 Code judiciaire).
Prix d'adjudication et paiement: montant du prix d'adjudication en chiffres et lettres, acompte de 10 % versé lors de l'adjudication sur le compte tiers du notaire commis, solde payé à la signature de l'acte authentique de vente (chèque certifié ou virement notarial), quittance intégrale du prix donnée par les co-indivisaires vendeurs à l'adjudicataire.
Mainlevée des hypothèques: résultats des recherches hypothécaires, liste des hypothèques inscrites à lever avant ou simultanément à l'acte de vente de licitation, mécanisme de mainlevée par délégation imparfaite (le notaire commis paie directement les créanciers hypothécaires sur le prix, obtient la mainlevée et la transcrit). Voir aussi les modèles Acte de Partage d'Immeuble et Acte de Vente Immobilier Notarié sur forms-legal.com pour les alternatives au partage.
Distribution du produit aux co-indivisaires: tableau de distribution du produit net entre co-indivisaires après déduction des frais de licitation, droits d'enregistrement, droit de partage, mainlevée des hypothèques et dettes de l'indivision; mention des montants nets dus à chacun selon leurs quotes-parts, mode de paiement (virement SEPA sur les comptes désignés). Droits d'enregistrement de vente à charge de l'adjudicataire (12,5 % en Wallonie/Bruxelles, 12 % en Flandre), droit de partage de 1 % à charge collective des co-indivisaires vendeurs.
Comment remplir votre Acte de Licitation Immobilière
Préparer un Acte de Licitation Immobilière en Belgique requiert une coordination préalable entre les co-indivisaires, le notaire commis et, en cas de licitation judiciaire, le Tribunal de première instance.
Étape 1 — Choisir la procédure: si tous les co-indivisaires s'accordent sur les conditions minimales de la vente (désignation du notaire commis, mise à prix, conditions de vente), optez pour la licitation amiable devant notaire, plus rapide et moins coûteuse. Si le désaccord persiste, un avocat doit être consulté pour engager la procédure judiciaire de licitation devant le Tribunal de première instance par voie d'assignation.
Étape 2 — Désigner le notaire commis: tous les co-indivisaires désignent par accord commun le notaire chargé d'organiser la licitation (notaire commis). En cas de désaccord, le Tribunal désigne le notaire par ordonnance. Le notaire commis procède aux recherches préalables (hypothèques, urbanisme, sol, PEB) et prépare le dossier de vente.
Étape 3 — Identifier tous les co-indivisaires et leurs quotes-parts: dressez la liste exhaustive de tous les co-indivisaires avec leurs données complètes (nom, domicile, numéro de registre national, quote-part dans l'indivision). Vérifiez la capacité juridique de chacun et l'absence de mesures de protection. Pour les co-indivisaires incapables (mineur, majeur protégé), obtenez l'autorisation préalable du Juge de paix.
Étape 4 — Fixer la mise à prix: les co-indivisaires se mettent d'accord sur la mise à prix (prix minimum en dessous duquel le bien ne peut pas être adjugé). La mise à prix doit être réaliste pour attirer des enchérisseurs: trop élevée, elle risque de ne pas trouver preneur; trop basse, elle risque de léser les co-indivisaires. Une estimation notariale ou d'un agent immobilier IPI permet de fixer une mise à prix cohérente avec le marché. En licitation judiciaire, la mise à prix est fixée par le juge sur avis d'expert judiciaire.
Étape 5 — Organiser la publicité et la séance d'adjudication: le notaire commis fixe la date de la séance d'adjudication publique, organise la publicité légale (affichage sur le bien, publication dans les journaux ou les plateformes notariales), rédige les conditions générales de vente, et prépare la feuille d'enchères. La séance d'adjudication est ouverte à tous les enchérisseurs (co-indivisaires et tiers).
Étape 6 — Surveiller le délai de surenchère: après la clôture de la séance d'adjudication, le délai de surenchère de 15 jours ouvrables doit s'écouler sans surenchère valable (art. 1214 à 1219 Code judiciaire) pour que l'adjudication devienne définitive. Si une surenchère valable est déposée (au moins 1/10 du prix d'adjudication), une nouvelle séance est organisée avec mise à prix égale au prix d'adjudication majoré de la surenchère.
Étape 7 — Établir l'acte authentique de vente de licitation: une fois le prix d'adjudication définitif et le solde versé par l'adjudicataire, le notaire commis dresse l'acte authentique de vente de licitation, fait signer tous les co-indivisaires vendeurs et l'adjudicataire, calcule et perçoit les droits d'enregistrement (à charge de l'adjudicataire) et le droit de partage (à charge collective des co-indivisaires vendeurs), et procède à la transcription au bureau Sécurité juridique du SPF Finances dans les 15 jours.
Étape 8 — Distribuer le produit net: après toutes les déductions (frais de licitation, droits, mainlevée des hypothèques, dettes de l'indivision), le notaire distribue le produit net entre les co-indivisaires au prorata de leurs quotes-parts par virement SEPA sur les comptes bancaires désignés. Un état de distribution détaillé est communiqué à chaque co-indivisaire pour la vérification.
Exigences juridiques pour Acte de Licitation Immobilière
L'Acte de Licitation Immobilière belge est encadré par un régime légal précis combinant le droit des biens, la procédure civile et le droit fiscal.
Principe de sortie d'indivision (art. 815 ancien Code civil): nul ne peut être contraint de demeurer dans l'indivision. Tout co-indivisaire peut provoquer la licitation judiciaire si les autres co-indivisaires s'opposent à un partage amiable, par voie d'assignation devant le Tribunal de première instance (Code judiciaire art. 1207). Ce droit est imprescriptible, sauf convention d'indivision temporaire valable pour 5 ans renouvelables.
Procédure de licitation judiciaire (Code judiciaire art. 1207 à 1225): la licitation judiciaire est ordonnée par le Tribunal de première instance après assignation. Le jugement désigne un notaire-liquidateur, fixe la mise à prix sur avis d'expert, et organise les modalités de la vente. La procédure judiciaire comprend: désignation du notaire-liquidateur; expertise judiciaire immobilière pour fixer la valeur et la mise à prix; publicité légale (affichage, journaux); séance d'adjudication publique; délai de surenchère de 15 jours ouvrables (art. 1214 Code judiciaire); adjudication définitive; acte authentique de vente de licitation; transcription au bureau Sécurité juridique; état de distribution soumis au juge.
Droit de surenchère (art. 1214 à 1219 Code judiciaire): après la séance d'adjudication et dans les 15 jours ouvrables, tout intéressé peut former une surenchère d'au moins 1/10 du prix d'adjudication par déclaration remise ou envoyée par recommandé au notaire commis avec versement du montant de la surenchère sur son compte tiers. La surenchère provoque une nouvelle séance avec mise à prix égale au prix d'adjudication majoré de la surenchère.
Forme authentique et transcription: l'acte de vente de licitation doit être reçu par le notaire commis et transcrit au bureau Sécurité juridique du SPF Finances dans les 15 jours de sa signature (Loi hypothécaire de 1851; art. 32 Code des droits d'enregistrement). Sans transcription, le transfert de propriété n'est pas opposable aux tiers.
Droits fiscaux applicables: droits d'enregistrement de vente à charge de l'adjudicataire (12,5 % en Région wallonne/Bruxelles, 12 % en Région flamande) sur le prix d'adjudication; droit de partage de 1 % sur la valeur représentant les quotes-parts cédées par les co-indivisaires vendeurs. Ces droits sont calculés, perçus et versés par le notaire commis au bureau Sécurité juridique du SPF Finances dans les 15 jours. En cas de sous-évaluation, le SPF Finances dispose d'un droit de contrôle sur 7 ans.
Mainlevée préalable des hypothèques: les hypothèques inscrites au profit de créanciers hypothécaires (banques belges) doivent être levées avant ou simultanément à l'acte authentique de vente de licitation. Le notaire commis organise la mainlevée par délégation imparfaite: paiement direct des créanciers sur le produit de la vente, obtention de la mainlevée par acte authentique séparé, transcription simultanée.
Erreurs courantes à éviter dans votre Acte de Licitation Immobilière
Les erreurs dans la procédure de licitation immobilière en Belgique peuvent retarder considérablement la procédure ou compromettre les droits des co-indivisaires.
Erreur 1 — Confondre licitation judiciaire et licitation amiable: certains co-indivisaires engagent une procédure judiciaire coûteuse et longue (plusieurs mois à plusieurs années) alors qu'un accord amiable sur les modalités minimales (notaire commis, mise à prix) aurait permis une licitation amiable beaucoup plus rapide et moins chère. La solution: avant toute procédure judiciaire, explorer sérieusement avec les autres co-indivisaires les conditions d'une licitation amiable, y compris par médiation ou conciliation devant le Juge de paix.
Erreur 2 — Mise à prix trop élevée entraînant l'absence d'enchérisseurs: fixer une mise à prix supérieure à la valeur vénale du marché par excès de prudence ou de désaccord entre co-indivisaires aboutit à des séances d'adjudication sans enchérisseurs, ce qui oblige à réorganiser la vente avec une mise à prix réduite (accord unanime des co-indivisaires requis en licitation amiable, ou nouvelle ordonnance judiciaire en licitation judiciaire). La solution: faire estimer le bien de manière objective par un agent immobilier IPI ou un notaire avant de fixer la mise à prix, et accepter une mise à prix légèrement inférieure à la valeur vénale estimée pour assurer la concurrence lors des enchères.
Erreur 3 — Oublier le délai de surenchère: certains co-indivisaires et adjudicataires omettent de tenir compte du délai légal de surenchère de 15 jours ouvrables (art. 1214 Code judiciaire) avant que l'adjudication ne devienne définitive. Pendant ce délai, l'adjudication est provisoire et le bien ne peut pas changer définitivement de propriétaire. La solution: faire figurer clairement dans le procès-verbal d'adjudication la date d'expiration du délai de surenchère et ne jamais procéder à la passation de l'acte définitif avant cette expiration.
Erreur 4 — Négliger les hypothèques inscrites sur le bien: si des hypothèques inscrites au profit de banques créancières (BNP Paribas Fortis, ING Belgique, KBC, Belfius) ne sont pas levées avant ou simultanément à l'acte de licitation, l'adjudicataire acquiert un bien toujours grevé d'hypothèques, ce qui peut compromettre son projet de financement par prêt bancaire. La solution: vérifier exhaustivement les inscriptions hypothécaires au bureau Sécurité juridique du SPF Finances avant la séance d'adjudication et organiser la mainlevée simultanée dans l'acte de vente de licitation.
Erreur 5 — Distribution prématurée du produit avant le délai de surenchère: certains co-indivisaires procèdent à la distribution du produit de la licitation immédiatement après la séance d'adjudication, avant l'expiration du délai de surenchère de 15 jours. Si une surenchère valable est déposée, une nouvelle séance doit être organisée et les montants déjà distribués doivent être récupérés, ce qui génère des difficultés pratiques et des litiges. La solution: ne jamais distribuer le produit avant la date d'expiration du délai de surenchère confirmée par le notaire commis.
Erreur 6 — Absence d'autorisation judiciaire pour un co-indivisaire incapable: si l'un des co-indivisaires vendeurs est un mineur non émancipé ou un majeur sous administration provisoire, procéder à la licitation sans l'autorisation préalable du Juge de paix invalide la vente et expose le notaire commis et les autres co-indivisaires à des poursuites. La solution: vérifier systématiquement la capacité de tous les co-indivisaires et saisir le Juge de paix pour obtenir son autorisation avant la séance d'adjudication.
Questions Fréquentes
La licitation immobilière en droit belge est la procédure par laquelle un bien immobilier appartenant à plusieurs co-indivisaires qui ne parviennent pas à se mettre d'accord sur un partage en nature ou avec soulte est vendu, soit à l'amiable entre les parties, soit par voie judiciaire aux enchères publiques, et le produit de la vente est réparti entre les co-indivisaires selon leurs droits respectifs. La licitation est fondée sur le principe de l'article 815 de l'ancien Code civil belge (nul ne peut être contraint de demeurer dans l'indivision) et les articles 1207 à 1225 du Code judiciaire qui organisent la procédure de licitation judiciaire. La licitation amiable se déroule devant notaire, avec accord de tous les co-indivisaires sur les modalités de vente, le prix minimum et les conditions d'adjudication; elle est plus rapide et moins coûteuse que la procédure judiciaire. La licitation judiciaire est ordonnée par le Tribunal de première instance (ou le Juge de paix pour les biens de valeur modeste) sur demande d'un co-indivisaire qui ne peut obtenir le partage amiable; le bien est alors vendu aux enchères publiques avec mise à prix fixée par le Tribunal sur avis d'expert, et le produit est distribué entre co-indivisaires sous contrôle judiciaire. Dans les deux cas (amiable ou judiciaire), l'acte de licitation est reçu par un notaire commis par les parties ou désigné par le Tribunal, et transcrit au bureau Sécurité juridique du SPF Finances (Loi hypothécaire de 1851).
La licitation amiable et la licitation judiciaire sont deux procédures de vente d'un bien indivis en Belgique qui diffèrent par leurs modalités et leur durée. La licitation amiable requiert l'accord de tous les co-indivisaires sur les conditions essentielles de la vente: désignation du notaire commis, fixation du prix minimum de mise en vente, conditions de la vente publique ou gré à gré, répartition du produit entre co-indivisaires. Lorsque cet accord existe, la licitation amiable peut être organisée en quelques semaines devant notaire, avec une séance de vente publique ou une vente de gré à gré à un tiers acquéreur présenté. Les frais de la licitation amiable (honoraires notariaux selon tarif AR du 16 décembre 1950, droits d'enregistrement à charge de l'adjudicataire) sont significativement inférieurs aux frais d'une procédure judiciaire. La licitation judiciaire, en revanche, est déclenchée par un seul co-indivisaire en l'absence d'accord avec les autres sur les modalités du partage. Une assignation est signifiée par huissier de justice devant le Tribunal de première instance; le juge désigne un notaire-liquidateur et ordonne une expertise immobilière pour fixer la mise à prix; le bien est ensuite mis en vente aux enchères publiques avec un délai de publication légal. La procédure judiciaire prend généralement plusieurs mois à plusieurs années et peut aboutir à un prix de vente décevant en cas d'enchères peu concurrentielles. Le choix entre les deux procédures dépend de la capacité des co-indivisaires à trouver un accord minimal sur les conditions de la licitation.
En droit belge de la licitation, un co-indivisaire peut effectivement participer aux enchères et se porter acquéreur du bien indivis dont il est lui-même copropriétaire. Lors de la séance d'adjudication publique organisée devant le notaire commis (ou désigné par le Tribunal), chaque co-indivisaire peut enchérir comme n'importe quel autre acquéreur tiers. Si l'un des co-indivisaires est déclaré adjudicataire (enchérisseur le plus offrant après épuisement des enchères), il acquiert la totalité du bien par adjudication et devient seul propriétaire. Sur le prix d'adjudication, sa propre quote-part lui revient en compensation (ce qu'il se doit à lui-même); il doit verser aux autres co-indivisaires le montant correspondant à leurs quotes-parts respectives dans la valeur d'adjudication. Cette situation est fréquente en pratique lors des licitations successorales où l'un des héritiers souhaite conserver le bien familial sans que les autres héritiers n'acceptent les conditions d'un partage amiable direct. La licitation permet alors à cet héritier de récupérer le bien à une valeur déterminée par le marché (les enchères), tout en donnant aux autres héritiers la certitude que le bien a été vendu à sa vraie valeur. Toutefois, un co-indivisaire ne peut pas s'adjuger le bien à un prix inférieur à l'estimation préalable fixée par le notaire ou l'expert judiciaire, sauf accord unanime de tous les co-indivisaires sur une mise à prix réduite.
La licitation d'un bien immobilier indivis en Belgique est soumise à deux types de droits distincts perçus par le bureau Sécurité juridique du SPF Finances: le droit de partage sur la part non licité et les droits d'enregistrement sur la vente proprement dite. Pour la part de chaque co-indivisaire qui reçoit son lot en argent (produit de la vente), le droit de partage de 1 % s'applique sur la valeur correspondant aux quotes-parts des co-indivisaires. Pour l'adjudicataire du bien (celui qui acquiert le bien par la licitation), les droits d'enregistrement de vente s'appliquent sur le prix d'adjudication: 12,5 % en Région wallonne et Région de Bruxelles-Capitale; 12 % en Région flamande. Ces droits de vente sont à charge de l'adjudicataire, qui devient acquéreur lors de l'adjudication. Si l'adjudicataire est l'un des co-indivisaires, il paie les droits de vente uniquement sur la partie correspondant aux quotes-parts qu'il acquiert des autres co-indivisaires (et non sur sa propre quote-part qu'il détenait déjà). Cette règle spécifique de la licitation entre co-indivisaires est favorable comparée à un achat ordinaire sur le marché. Pour les biens neufs soumis à TVA (20 % sur le prix HT), la TVA se substitue aux droits d'enregistrement de vente. Le notaire commis calcule, perçoit et verse l'ensemble de ces droits au bureau Sécurité juridique du SPF Finances dans les 15 jours de l'adjudication définitive.
La séance de vente publique (adjudication) lors d'une licitation immobilière en Belgique se déroule devant le notaire commis par les parties (licitation amiable) ou désigné par le Tribunal de première instance (licitation judiciaire), dans l'étude notariale ou dans un lieu public. Préalablement à la séance, le notaire procède à la publicité légale: affichage d'un avis de vente sur le bien vendu, publication dans la presse locale ou les journaux d'annonces légales, et depuis 2024, possibilité de publicité sur la plateforme notariale publique notaire.be/immovlan. La mise à prix est fixée dans l'acte de licitation amiable ou par ordonnance judiciaire sur avis d'expert. La séance d'adjudication s'ouvre à l'heure fixée; le notaire rappelle les conditions générales de vente (mise à prix, charges incombant à l'adjudicataire, conditions de paiement, délais). Les enchères sont ouvertes et chaque enchérisseur surenchérit jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'enchère supérieure. Lorsque le silence dure trois fois (bougie, marteau ou trois appels), l'adjudicataire est désigné. L'adjudicataire verse immédiatement un acompte de 10 % du prix d'adjudication et signe le procès-verbal d'adjudication qui vaut compromis de vente. Le solde du prix est payé dans les délais prévus dans les conditions de vente (généralement dans les deux à quatre mois) lors de la passation de l'acte authentique de vente de licitation, distinct du PV d'adjudication.
La surenchère après licitation immobilière en Belgique est une procédure légale spécifique au droit belge (art. 1214 à 1219 du Code judiciaire) qui permet à tout intéressé (y compris un co-indivisaire ou un tiers) de surenchérir le prix d'adjudication dans un délai légal strict, même après la clôture de la séance d'adjudication, si ce prix lui semble insuffisant. Le délai de surenchère est de 15 jours ouvrables à compter du lendemain de la séance d'adjudication (pour la licitation amiable) ou du prononcé du jugement d'adjudication (pour la licitation judiciaire). La surenchère doit porter sur un montant représentant au minimum un dixième (1/10) du prix d'adjudication obtenu lors de la séance de vente (art. 1215 Code judiciaire). La surenchère est formée par déclaration écrite remise ou envoyée par recommandé au notaire commis, accompagnée de la preuve du versement de la surenchère (au moins 1/10 du prix) sur le compte tiers du notaire. Si une surenchère valable est déposée dans les délais, une nouvelle séance d'adjudication est organisée avec pour mise à prix le prix d'adjudication initial augmenté de la surenchère. Cette procédure de surenchère protège les co-indivisaires et les créanciers hypothécaires contre les adjudications à des prix anormalement bas résultant d'une concurrence insuffisante lors de la première séance. En pratique, les surenchères sont relativement rares lors des licitations amiables préparées sérieusement avec une mise à prix réaliste.
La distribution du produit de la licitation immobilière entre les co-indivisaires est organisée par le notaire commis ou désigné, sous contrôle judiciaire dans les licitations judiciaires. Le produit brut de la vente est le prix d'adjudication définitif (après éventuelle surenchère) payé par l'adjudicataire. Sur ce montant brut, sont prélevés dans l'ordre suivant: les frais de la licitation (honoraires du notaire commis selon tarif AR du 16 décembre 1950, frais de publicité, honoraires d'expert, frais de justice dans les licitations judiciaires); les droits d'enregistrement de vente (12,5 % ou 12 % selon la Région) et le droit de partage (1 %) perçus par le bureau Sécurité juridique du SPF Finances; le remboursement des dettes communes des co-indivisaires (dettes de l'indivision: charges d'entretien avancées par un co-indivisaire, créances d'un co-indivisaire sur l'indivision pour impenses utiles ou nécessaires); le solde éventuel des hypothèques inscrites sur le bien au profit de créanciers hypothécaires (banques belges), mainlevées organisées par le notaire commis par délégation imparfaite. Le solde net disponible après toutes ces déductions est distribué entre les co-indivisaires au prorata de leurs quotes-parts respectives dans l'indivision, par virement SEPA sur les comptes bancaires désignés par chacun d'eux. Dans les licitations judiciaires complexes (succession avec nombreux héritiers, dettes litigieuses), le notaire-liquidateur désigné par le Tribunal établit un état de distribution soumis au contrôle et à l'approbation du juge avant la distribution effective.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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