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Acte de Partage de Succession (Belgique)

Maintenu par Vladislav Sergienko, Fondateur·Modèle modifié pour la dernière fois: ·Signaler une erreur

Qu'est-ce qu'un Acte de Partage de Succession (Belgique) ?

L'Acte de Partage de Succession en Belgique est régi par Code civil belge livre 4 articles 815-892 (partage des successions) et organise la transmission ou la gestion du patrimoine concerné selon le droit belge des successions.

Dès le décès du défunt, une indivision successorale s'établit de plein droit entre tous les héritiers sur l'ensemble du patrimoine successoral conformément à l'article 815 CC livre 4. Cette indivision est en principe précaire: chaque indivisaire peut demander le partage à tout moment (article 815 alinéa 1 CC livre 4), sauf convention d'indivision temporaire dans les limites fixées par l'article 815 alinéa 2 CC livre 4 (5 ans renouvelables). L'indivision présente des inconvénients pratiques majeurs: impossibilité pour un seul indivisaire d'aliéner un bien indivis sans accord des autres, obligation d'unanimité pour les actes de disposition sur les biens indivis, risque de blocage en cas de mésentente entre héritiers.

Le Partage de Succession peut être amiable ou judiciaire selon l'accord ou le désaccord des héritiers. Le partage amiable est de loin le plus courant et le plus économique: les héritiers capables et d'accord sur la composition de la succession et sur les lots attribués formalisent leur accord dans un acte notarié ou un acte sous seing privé. Pour les partages comprenant des biens immobiliers, la forme notariale est obligatoire selon l'article 883 CC livre 4 pour conférer date certaine et permettre la transcription au Bureau Sécurité juridique du SPF Finances (publicité foncière). Le partage judiciaire, régi par les articles 1207 à 1224 du Code judiciaire, est ordonné par le Tribunal de la famille en cas de désaccord entre héritiers sur la composition de la masse, l'évaluation des biens, ou l'attribution des lots.

La réforme successorale du 1er septembre 2018 a profondément modifié les règles de partage en Belgique. La réserve héréditaire globale des descendants a été fixée à 50 % du patrimoine quel que soit le nombre d'enfants (article 4.144 CC livre 4), ce qui simplifie les calculs par rapport à l'ancien système où la réserve variait selon le nombre d'enfants. Le pacte successoral ponctuel notarié (articles 4.243 et suivants CC livre 4) permet désormais aux héritiers de prendre des engagements contraignants sur leur comportement lors du partage, notamment renoncer à leur réserve ou accepter une répartition inégale en échange d'une compensation. La réforme a également introduit de nouvelles règles sur l'imputation des libéralités (article 4.151 CC livre 4) et la réduction des donations excessives (article 4.214 CC livre 4) qui influencent directement le calcul de la masse partageable.

La Cour de cassation belge et les Cours d'appel de Bruxelles, Liège, Mons, Gand et Anvers ont développé une jurisprudence abondante sur les droits de partage, les méthodes d'évaluation des biens, la composition des lots, les soultes, et les recours contre les partages inéquitables. Les praticiens du droit successoral (Notaires membres de la FRNB, avocats membres de l'OBFG) connaissent cette jurisprudence nuancée et l'appliquent dans la pratique du partage successoral belge.

Quand avez-vous besoin d'un Acte de Partage de Succession (Belgique) ?

L'Acte de Partage de Succession en Belgique est nécessaire dans plusieurs situations où l'indivision successorale doit être liquidée pour permettre à chaque héritier de disposer librement de ses droits.

Lorsque les héritiers sont d'accord sur la répartition des biens et souhaitent mettre fin rapidement à l'indivision, le partage amiable notarié est la solution la plus efficace. Un partage amiable bien préparé — avec inventaire préalable des biens, estimation des valeurs par des experts, et accord sur les lots — peut être finalisé en quelques semaines. Cette situation concerne la majorité des successions belges simples où les héritiers sont en bonne entente et partagent des valeurs similaires sur le règlement de la succession parentale.

Quand la succession comporte des immeubles et que les héritiers souhaitent transférer la propriété exclusive à l'un ou plusieurs d'entre eux, le partage notarié est indispensable. L'Acte de Partage permettra à l'héritier attributaire de faire transcrire l'acte au Bureau Sécurité juridique du SPF Finances pour rendre son titre de propriété opposable aux tiers. Sans transcription, la propriété exclusive de l'immeuble n'est pas opposable aux acquéreurs ultérieurs ni aux créanciers hypothécaires selon la Loi hypothécaire du 16 décembre 1851.

Dans le cadre d'une succession avec des enfants de plusieurs unions (familles recomposées), le partage formel est souvent nécessaire pour clarifier les droits respectifs de chaque groupe d'enfants et du conjoint survivant. La réforme de 2018 a modifié les règles d'usufruit du conjoint survivant sur les biens successoraux (article 745bis et suivants CC livre 2), et le partage permet de convertir cet usufruit légal en propriété ou en capital selon les accords familiaux et les préférences des héritiers.

Lorsque la succession comporte une entreprise familiale (SRL, SA, fonds de commerce, exploitation agricole), le partage permet d'attribuer l'entreprise à l'héritier continuateur selon des modalités précises (valeur d'attribution, soulte à verser aux cohéritiers, obligations de continuation, réserve éventuelle du fondateur-cédant). Cette attribution préférentielle de l'entreprise à un héritier peut être organisée dès le vivant du testateur via une donation avec réserve d'usufruit ou un pacte successoral ponctuel, mais le partage successoral final cristallise la transmission.

Enfin, le partage devient nécessaire lorsque l'indivision dure depuis plusieurs années et génère des conflits sur la gestion des biens indivis (qui perçoit les loyers, qui paie les charges, qui peut décider des travaux). Tout indivisaire peut exiger le partage à tout moment selon l'article 815 CC livre 4, même si les autres héritiers refusent. Dans ce cas, le partage judiciaire devant le Tribunal de la famille selon les articles 1207 à 1224 du Code judiciaire constitue le recours ultime pour sortir de l'indivision malgré le désaccord des cohéritiers.

Que faut-il inclure dans votre Acte de Partage de Succession (Belgique) ?

Un Acte de Partage de Succession valable en Belgique doit comporter les éléments essentiels définis par les articles 815 à 892 du Code civil livre 4 et le Code judiciaire.

Identification de la succession et des parties. L'acte doit identifier avec précision le défunt (nom, prénoms, date et lieu de décès, dernier domicile), la date d'ouverture de la succession, et tous les héritiers ou ayants droit parties au partage (nom, prénom, numéro national, domicile, qualité héréditaire). Si un héritier est représenté par mandataire (procuration notariée), l'acte doit mentionner les coordonnées du mandant et du mandataire et les références de la procuration.

Composition de la masse partageable. L'acte doit décrire exhaustivement la masse successorale partageable: actif brut (biens immobiliers avec données cadastrales, comptes bancaires, valeurs mobilières, véhicules, créances, autres actifs), passif déductible (dettes, hypothèques inscrites, droits de succession dus, frais funéraires), et donations antérieures rapportées selon l'article 4.151 CC livre 4 pour le calcul de la masse fictive. La masse nette partageable est déterminée après déduction du passif et des droits du conjoint survivant éventuel.

Evaluation des biens successoraux. Chaque bien doit être évalué à sa valeur vénale réelle selon les méthodes reconnues: immeubles (estimation notariale, rapport d'expert immobilier, valeur de vente récente comparable dans le même quartier); parts de société (expertise par réviseur d'entreprises de l'Institut des Réviseurs d'Entreprises IRE); véhicules (valeur catalogue ou évaluation marché d'occasion); objets de valeur (expertise de commissaire-priseur agréé). L'évaluation consensuelle par les héritiers est possible mais exposée à un redressement fiscal par l'Administration générale de la Documentation patrimoniale du SPF Finances si les valeurs déclarées sont manifestement inférieures aux valeurs de marché.

Composition des lots attribués. L'acte doit décrire précisément chaque lot attribué à chaque héritier: biens constituant chaque lot (descriptions cadastrales complètes pour les immeubles, identifiants pour les valeurs mobilières), valeur de chaque lot, montant des soultes (compensations en argent versées par l'héritier attributaire d'un lot de valeur supérieure à sa part légale pour rétablir l'équilibre entre les lots). Une soulte est obligatoire si les lots sont de valeur inégale selon l'article 832 CC livre 4. Les soultes sont soumises aux droits d'enregistrement selon le tarif des partages.

Droits de partage et fiscalité. Le partage notarié d'une succession belge est soumis au droit d'enregistrement de partage fixé à 1 % de la valeur de l'actif net partagé dans les trois Régions belges, conformément au Code des droits d'enregistrement. Ce droit est calculé sur la valeur brute des lots attribués, avant déduction des soultes. Pour les biens immobiliers, la transcription au Bureau Sécurité juridique entraîne des frais de transcription supplémentaires selon le Code hypothécaire. Le Notaire calcule précisément ces droits et les perçoit simultanément à la signature de l'acte de partage pour transmission au SPF Finances.

Clauses de garantie entre cohéritiers. L'acte de partage peut prévoir des garanties mutuelles entre les héritiers: garantie d'éviction (chaque héritier garantit les autres contre l'éviction des biens reçus dans son lot due à un fait antérieur au partage, article 884 CC livre 4); garantie des créances actives attribuées (l'héritier garantit les autres de la solvabilité du débiteur de la créance au moment du partage, article 885 CC livre 4); déclarations sur l'absence de dettes cachées de la succession. Ces garanties sont d'ordre public et ne peuvent être exclues que dans les limites prévues par la loi. Forms-legal.com propose des modèles structurés pour faciliter la préparation du dossier de partage avec votre Notaire. Voir également l'Inventaire de Succession et la Déclaration de Succession disponibles sur la même plateforme.

Rappel des donations antérieures. L'acte de partage doit intégrer le rapport des donations antérieures faites par le défunt à certains héritiers (article 4.151 CC livre 4). Les donations rapportables doivent être imputées sur la part de l'héritier bénéficiaire dans la succession: la valeur de la donation est déduite de sa quote-part légale et l'héritier reçoit un lot d'une valeur réduite en conséquence. L'héritier peut être dispensé de rapport si le défunt en a expressément décidé dans l'acte de donation ou le testament (donation préciputaire ou avec dispense de rapport selon l'article 4.170 CC livre 4).

Comment remplir votre Acte de Partage de Succession (Belgique)

Préparer un Acte de Partage de Succession en Belgique requiert une préparation méticuleuse en amont. Voici les étapes pratiques détaillées pour mener à bien cette procédure.

Étape 1 — Ouvrir le dossier de succession chez un Notaire. Choisissez un Notaire inscrit à la Fédération royale du Notariat belge (FRNB) et ouvrez un dossier de succession en lui remettant: l'acte de décès officiel, les titres de propriété des biens immobiliers du défunt, les relevés bancaires connus, le testament s'il en existe un, et la liste des héritiers connus avec leurs coordonnées. Le Notaire effectuera une recherche au registre central des testaments (CTRB) de la FRNB et au Bureau Sécurité juridique du SPF Finances pour identifier l'ensemble des biens immobiliers et des hypothèques inscrites.

Étape 2 — Etablir l'inventaire notarié de la succession. Avant tout partage, il est indispensable d'établir un état complet des actifs et passifs de la succession. Le Notaire interroge les banques sur les comptes du défunt, consulte la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE) pour les parts de société, vérifie le registre cadastral du SPF Finances pour les immeubles, et demande les états de situation fiscale auprès de l'administration régionale compétente. Cet inventaire est la base du calcul des droits de succession et de la composition des lots de partage.

Étape 3 — Déposer la déclaration de succession dans les délais légaux. La déclaration de succession doit être déposée auprès de l'administration fiscale régionale compétente (Vlaamse Belastingsdienst en Flandre, Administration fiscale wallonne en Wallonie, Administration générale de la Documentation patrimoniale du SPF Finances à Bruxelles) dans les 4 mois du décès pour les résidents belges. Le paiement des droits de succession est préalable au partage notarié dans la grande majorité des cas.

Étape 4 — Evaluer les biens à partager. Pour chaque immeuble, faites établir une estimation par le Notaire ou par un expert immobilier indépendant. Pour les parts de société, mandatez un réviseur d'entreprises de l'Institut des Réviseurs d'Entreprises (IRE) pour évaluer la valeur des parts selon les méthodes reconnues (actif net, rentabilité, goodwill). Pour les objets de valeur, faites expertise par un commissaire-priseur ou un expert agréé. Ces évaluations seront la base consensuelle ou contradictoire du partage.

Étape 5 — Négocier la composition des lots entre héritiers. Réunissez tous les héritiers (en présentiel ou à distance) pour discuter de la répartition souhaitée. Chaque héritier peut exprimer ses préférences pour certains biens (immeuble familial, portefeuille de titres, fonds de commerce). Le Notaire propose des solutions équilibrées pour composer des lots de valeur équivalente à chaque quote-part légale. Si un héritier reçoit un lot de valeur supérieure, il paie une soulte aux autres héritiers pour rétablir l'équilibre.

Étape 6 — Intégrer le rapport des donations antérieures. Le Notaire calcule les donations antérieures rapportables reçues par chaque héritier (article 4.151 CC livre 4) et les déduit de sa quote-part légale dans le partage. Un héritier ayant reçu une donation importante du défunt de son vivant recevra un lot de valeur réduite en conséquence, sauf dispense de rapport expresse prévue dans l'acte de donation ou le testament.

Étape 7 — Signature de l'acte de partage et paiement des droits. Le Notaire dresse l'acte de partage amiable et le soumet aux héritiers pour signature à une séance finale. Chaque héritier signe l'acte devant le Notaire. Le droit d'enregistrement de partage (1 % de l'actif partagé) est perçu simultanément par le Notaire pour transmission au SPF Finances. Pour les immeubles, le Notaire procède à la transcription au Bureau Sécurité juridique pour rendre les titres de propriété opposables aux tiers.

Étape 8 — Remise des titres et clôture du dossier. Chaque héritier reçoit une expédition (copie authentique) de l'acte de partage portant mention de sa quote-part et des biens qui lui ont été attribués. Cette expédition est son titre de propriété opposable aux tiers pour les biens meubles et immeubles reçus dans son lot. Le dossier successoral est officiellement clos après paiement de tous les droits et remise des titres.

Erreurs courantes à éviter dans votre Acte de Partage de Succession (Belgique)

Le Partage de Succession en Belgique comporte des pièges fréquents que les héritiers doivent anticiper pour éviter des complications juridiques et fiscales.

Ne pas respecter le délai de déclaration de succession avant le partage. Beaucoup de familles souhaitent partager rapidement la succession sans avoir préalablement déposé la déclaration de succession dans les délais légaux (4 mois pour les résidents belges). Or, le non-respect de ce délai entraîne des intérêts de retard et des amendes sur les droits de succession dus. De plus, certains Notaires et administrations fiscales régionales exigent la preuve du dépôt de la déclaration de succession avant de finaliser le partage. Solution: déposez la déclaration de succession dans les délais légaux auprès de l'administration régionale compétente et payez les droits de succession avant de procéder au partage notarié.

Omettre d'intégrer les donations antérieures rapportables. Des héritiers qui ont reçu des donations importantes du défunt de son vivant peuvent être tentés de les taire lors du partage pour conserver leur avantage. Cette omission constitue un recel successoral selon l'article 792/1 CC livre 4 et peut conduire à une action en réduction des donations excessives par les cohéritiers devant le Tribunal de la famille, ainsi qu'à des redressements fiscaux. Solution: déclarez toutes les donations connues au Notaire instrumentant lors de l'établissement du dossier de partage et laissez-le calculer les impacts sur les lots selon les règles légales.

Sous-évaluer les biens immobiliers pour réduire les droits de partage. Un droit d'enregistrement de partage de 1 % est calculé sur la valeur de l'actif partagé: sous-évaluer les immeubles réduit ce droit mais expose à un redressement fiscal par l'Administration générale de la Documentation patrimoniale. Solution: faites évaluer les immeubles par un expert immobilier agréé dont l'estimation est défendable face au contrôle fiscal.

Exclure un héritier du partage sans son accord. Un partage réalisé sans la participation de tous les héritiers légaux ou testamentaires est nul et inopposable à l'héritier exclu selon l'article 882 CC livre 4. Solution: identifiez tous les héritiers légaux (enfants, conjoints survivants, parents selon l'ordre légal) et tous les légataires testamentaires avant d'engager la procédure de partage, en consultant le registre central des testaments (CTRB) de la Fédération royale du Notariat belge et l'acte de notoriété établi par le Notaire.

Ne pas prévoir de clause de licitation pour les biens indivis. Certains biens successoraux (immeuble familial affectif, collection d'art, fonds de commerce) ne peuvent pas être physiquement divisés et ne peuvent être attribués en lot qu'à un seul héritier avec soulte. Si les héritiers ne parviennent pas à s'accorder sur l'attribution d'un tel bien, la licitation (vente publique aux enchères judiciaires ou amiables) est l'unique solution selon l'article 827 CC livre 4. Pour éviter une licitation non souhaitée, négociez en amont l'attribution du bien indivisible à l'héritier le plus intéressé contre paiement d'une soulte équitable aux autres.

Questions Fréquentes

Modèle référencé aux textes légaux — Modèle modifié pour la dernière fois en juin 2026

Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète

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