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Inventaire de Succession (Belgique)

Maintenu par Vladislav Sergienko, Fondateur·Modèle modifié pour la dernière fois: ·Signaler une erreur

Qu'est-ce qu'un Inventaire de Succession (Belgique) ?

L'Inventaire de Succession en Belgique est régi par Code civil belge livre 4 article 793 et organise la transmission ou la gestion du patrimoine concerné selon le droit belge des successions.

L'Inventaire de Succession est obligatoirement établi par Notaire en Belgique lorsque l'un au moins des héritiers souhaite opter pour l'acceptation sous bénéfice d'inventaire conformément à l'article 781 du Code civil belge livre 4. L'acceptation bénéficiaire, introduite par l'héritier au Greffe du Tribunal de la famille selon l'article 1175 du Code judiciaire, doit être suivie dans les 3 mois d'un inventaire notarié complet des biens successoraux. Ce régime d'acceptation permet à l'héritier de recueillir les biens successoraux en limitant sa responsabilité pour les dettes du défunt à la valeur des biens reçus, sans engager son patrimoine personnel. Cette protection est particulièrement précieuse lorsque la succession comporte des dettes importantes ou incertaines.

L'Inventaire de Succession remplit également une fonction dans le cadre du partage successoral entre cohéritiers. Lorsque la succession comprend plusieurs héritiers, l'inventaire permet d'identifier précisément la masse successorale à partager, d'évaluer chaque bien selon sa valeur vénale réelle, et de faciliter les discussions sur la répartition entre les héritiers ou leur représentant notarié. La Cour de cassation et les Cours d'appel de Bruxelles, Liège et Mons ont dégagé une jurisprudence constante sur les méthodes d'évaluation des biens immobiliers, des parts de société et des valeurs mobilières dans le cadre d'inventaires successoraux contestés.

La réforme successorale du 1er septembre 2018, opérée par la Loi du 31 juillet 2017, a maintenu l'inventaire notarié comme instrument central du règlement successoral belge tout en introduisant de nouvelles règles sur la réserve héréditaire (50 % du patrimoine quel que soit le nombre d'enfants, article 4.144 CC livre 4), le rapport des libéralités (article 4.151 CC livre 4), et la réduction des donations excessives (article 4.214 CC livre 4). L'inventaire doit désormais intégrer les donations antérieures du défunt susceptibles d'être rapportées à la succession pour le calcul de la masse fictive permettant de vérifier le respect de la réserve héréditaire.

La procédure d'inventaire en Belgique est encadrée par les articles 1175 à 1184 du Code judiciaire. Le Notaire désigné (généralement choisi par les héritiers ou désigné par le Juge de paix en cas de désaccord) convoque les parties intéressées (héritiers, créanciers connus, légataires), procède aux investigations nécessaires auprès des institutions financières (banques, assureurs, SPF Finances), recueille les déclarations des parties sur les créances et dettes connues, et dresse l'acte d'inventaire sur procès-verbal signé par toutes les parties présentes. L'inventaire doit être déposé au Greffe du Tribunal de la famille dans le délai de 3 mois selon l'article 793 CC livre 4.

Quand avez-vous besoin d'un Inventaire de Succession (Belgique) ?

L'Inventaire de Succession en Belgique est requis dans plusieurs situations distinctes où la clarification du patrimoine successoral est nécessaire pour protéger les héritiers, les créanciers ou les légataires.

L'acceptation sous bénéfice d'inventaire impose l'établissement d'un inventaire notarié. Tout héritier souhaitant limiter sa responsabilité pour les dettes successorales aux seuls actifs reçus doit opter pour l'acceptation bénéficiaire selon l'article 781 CC livre 4. Cette option déclarée au Greffe du Tribunal de la famille doit être suivie dans les 3 mois de l'établissement d'un inventaire notarié complet. Sans inventaire dans ce délai, l'héritier est réputé avoir accepté purement et simplement avec responsabilité illimitée pour les dettes successorales. Cette situation concerne particulièrement les successions où les dettes (prêts hypothécaires non remboursés, dettes envers le SPF Finances, obligations envers l'ONSS) sont importantes ou incertaines.

Lorsque la succession comporte des mineurs ou des personnes sous protection judiciaire, l'inventaire est souvent rendu obligatoire par le Juge de paix pour protéger les intérêts des incapables. L'article 410 §1 du Code civil livre 2 impose à l'administrateur légal (parent) ou à l'administrateur de biens d'établir un inventaire des biens du mineur ou de la personne protégée avant d'accepter une succession en leur nom, quelle que soit la valeur apparente de celle-ci. Cette obligation vise à documenter le patrimoine géré par le représentant légal et à faciliter les contrôles ultérieurs par le Juge de paix.

En cas de litige entre cohéritiers sur la composition de la masse successorale, l'évaluation des biens ou l'existence de dettes, l'inventaire judiciaire ordonné par le Tribunal de la famille selon les articles 1178 et suivants du Code judiciaire permet de trancher les désaccords. Le Juge de paix peut désigner d'office un Notaire pour procéder à l'inventaire judiciaire si les héritiers ne s'accordent pas sur le choix du notaire instrumentant ou sur la composition de la succession.

Lorsque la succession comporte une entreprise familiale en exploitation (SRL, SA, SPRL, fonds de commerce), l'inventaire notarié permet d'évaluer avec précision la valeur des parts sociales, des stocks, de la clientèle (goodwill) et des contrats en cours, en coordination avec un réviseur d'entreprises agréé auprès de l'Institut des Réviseurs d'Entreprises (IRE) ou un expert-comptable. Cette évaluation est indispensable pour le calcul des droits de succession auprès des administrations régionales compétentes et pour la détermination des éventuels régimes préférentiels de transmission d'entreprise.

Dans le cadre d'une succession internationale impliquant des biens situés à l'étranger ou des héritiers résidant hors de Belgique, l'inventaire notarié établit un état des lieux des biens belges du défunt conformément au Règlement européen 650/2012 sur les successions transfrontalières. Le Notaire belge coordonne son inventaire avec les autorités notariales ou judiciaires étrangères pour les biens situés hors Belgique, en application des conventions bilatérales et du règlement européen.

Enfin, lorsque la succession comporte des créanciers dont les droits sont contestés ou incertains, l'inventaire notarié fournit une base objective pour la vérification des créances selon les articles 1184 et suivants du Code judiciaire. Les créanciers successoraux peuvent intervenir dans la procédure d'inventaire pour faire reconnaître leurs créances et veiller à leur inscription dans le passif successoral. Cette procédure permet d'organiser le paiement des créanciers selon leur rang (hypothèques inscrites, privilèges, créances chirographaires) dans le cadre de la liquidation de la succession.

Que faut-il inclure dans votre Inventaire de Succession (Belgique) ?

Un Inventaire de Succession valable en Belgique doit comporter les éléments suivants pour satisfaire aux exigences des articles 793 CC livre 4 et 1175 à 1184 du Code judiciaire.

Identification des parties et convocation préalable. L'acte d'inventaire doit identifier le Notaire instrumentant (inscrit à la Fédération royale du Notariat belge, FRNB), les héritiers convoqués avec leurs noms, prénoms, qualités héréditaires et adresses, les légataires désignés dans le testament, et les créanciers connus du défunt auxquels une convocation a été envoyée. Tout intéressé non convoqué peut contester la régularité de l'inventaire devant le Tribunal de la famille selon les articles 1183 et 1184 du Code judiciaire.

Description précise des biens immobiliers. Pour chaque immeuble appartenant au défunt en Belgique, l'inventaire mentionne l'adresse complète, les données cadastrales (commune, division, section, numéro de parcelle), la superficie selon la matrice cadastrale du SPF Finances, le revenu cadastral, la valeur vénale estimée par le Notaire ou par un expert immobilier désigné, et les charges hypothécaires inscrites (créanciers hypothécaires, montants des hypothèques, rangement). La Banque de données des hypothèques du SPF Finances permet de vérifier les inscriptions hypothécaires existantes.

Relevé des comptes bancaires et valeurs mobilières. L'inventaire recense les comptes bancaires ouverts au nom du défunt (IBAN, banque, soldes au jour du décès), les placements (fonds d'investissement, obligations, actions cotées), les assurances-vie avec désignation de bénéficiaires et valeur de rachat (à distinguer des assurances qui sortent de la succession), les bons de caisse et bons d'État. Les banques belges sont tenues de communiquer ces informations au Notaire désigné sur présentation de l'acte de désignation par les héritiers ou de l'ordonnance du Tribunal de la famille.

Inventaire des biens meubles corporels. L'inventaire décrit les véhicules immatriculés au nom du défunt (marque, modèle, plaque, valeur catalogue), les objets de valeur (bijoux, œuvres d'art, antiquités, collections), le mobilier et équipements ménagers, les stocks et matériels professionnels s'il y a lieu. Pour les objets de valeur incertaine, un expert peut être désigné d'accord entre les héritiers ou sur ordonnance du Juge de paix pour procéder à l'évaluation contradictoire.

Etat des créances actives du défunt. L'inventaire recense les créances que le défunt détenait contre des tiers: loyers dus par des locataires, remboursements de prêts accordés à des tiers (avec copies des reconnaissances de dette ou actes notariés), soldes de prix de vente non encore versés, indemnités d'assurance en cours de règlement, créances fiscales (remboursements TVA, restitutions d'IPP attendues du SPF Finances). Ces créances constituent des actifs successoraux soumis aux droits de succession.

Etat du passif successoral. L'inventaire recense les dettes du défunt: emprunts hypothécaires avec soldes restants dus (certificats des banques créancières), prêts personnels et crédits à la consommation, dettes fiscales envers le SPF Finances (IPP, TVA, précomptes), cotisations ONSS dues pour les indépendants, arriérés de charges de copropriété, dettes envers des fournisseurs ou prestataires. Le passif successoral réduit la masse soumise aux droits de succession et détermine la valeur nette de l'héritage revenant aux héritiers.

Donations antérieures à rapporter. Depuis la réforme de 2018, l'inventaire doit intégrer les donations antérieures faites par le défunt de son vivant qui sont susceptibles d'être rapportées à la succession pour le calcul de la masse fictive permettant de vérifier le respect de la réserve héréditaire (article 4.151 CC livre 4). Les héritiers déclarent les donations dont ils ont eu connaissance; le Notaire vérifie auprès des Bureaux Sécurité juridique du SPF Finances les donations enregistrées dans les 5 ans précédant le décès. Cette information est déterminante pour les cohéritiers qui souhaitent invoquer la réduction des donations excessives.

Signatures et procès-verbal. L'inventaire est dressé sur procès-verbal signé par le Notaire instrumentant, les héritiers présents ou représentés, et tout intervenant ayant fait des déclarations dans le cadre de l'inventaire. Le procès-verbal peut s'étendre sur plusieurs séances si la complexité de la succession l'exige. Sur forms-legal.com, vous trouverez des modèles structurés pour préparer votre dossier d'inventaire et faciliter la collecte des informations demandées par le Notaire. L'inventaire finalisé est transmis au Greffe du Tribunal de la famille compétent pour enregistrement dans le registre des successions bénéficiaires. Voir également l'Acte de Partage de Succession et la Déclaration de Succession disponibles sur la même plateforme.

Comment remplir votre Inventaire de Succession (Belgique)

Préparer un Inventaire de Succession en Belgique requiert une organisation méthodique des informations et une collaboration étroite avec le Notaire désigné. Voici les étapes pratiques détaillées.

Étape 1 — Choisir un Notaire et ouvrir le dossier d'inventaire. Contactez un Notaire inscrit à la Fédération royale du Notariat belge (FRNB) dans les meilleurs délais après le décès, idéalement dans les 15 jours. Si les héritiers ne s'accordent pas sur le choix du Notaire, le Juge de paix du lieu du dernier domicile du défunt peut en désigner un d'office sur requête de tout intéressé. Informez le Notaire de votre intention d'opter pour l'acceptation sous bénéfice d'inventaire et de votre souhait de faire établir l'inventaire dans le délai légal de 3 mois à compter de la déclaration au Greffe du Tribunal de la famille.

Étape 2 — Rassembler les documents préalables. Réunissez avant le rendez-vous avec le Notaire: l'acte de décès officiel; la carte d'identité du défunt; le livret de mariage ou document de cohabitation légale le cas échéant; le testament s'il en existe un; les titres de propriété immobilière (actes notariés d'acquisition, données cadastrales); les contrats de prêts hypothécaires en cours (avec soldes restants); les relevés bancaires des 12 derniers mois de tous les comptes connus; les contrats d'assurance-vie; les statuts de sociétés dont le défunt était associé; les contrats de location si le défunt était bailleur; les contrats de prêt accordés à des tiers; les attestations fiscales (avertissements-extraits de rôle IPP des 3 dernières années).

Étape 3 — Identifier les biens immobiliers. Pour chaque immeuble appartenant au défunt, notez l'adresse complète, le code postal, la commune, et demandez l'extrait cadastral récent auprès du SPF Finances (disponible sur MyMinfin). Vérifiez les inscriptions hypothécaires existantes auprès du Bureau Sécurité juridique compétent. Faites estimer la valeur vénale par un agent immobilier agréé ou un expert immobilier si nécessaire.

Étape 4 — Contacter les banques et institutions financières. Demandez aux banques où le défunt avait des comptes de transmettre au Notaire les soldes et relevés des comptes et placements au jour du décès. En Belgique, les banques sont tenues de bloquer les avoirs du défunt lors du décès et ne peuvent les débloquer que sur instruction du Notaire ou des héritiers munis des documents requis (acte de notoriété ou certificat d'hérédité). Contactez également les assureurs pour connaître la valeur de rachat des assurances-vie et l'identité des bénéficiaires désignés.

Étape 5 — Identifier les dettes connues. Listez toutes les dettes connues du défunt avec les noms des créanciers, les montants approximatifs, et les documents justificatifs disponibles (extraits de prêt, lettres de créanciers). Vérifiez si des dettes fiscales sont enregistrées auprès du SPF Finances (consultez MyMinfin ou demandez un état de situation fiscale). Vérifiez auprès de l'ONSS si le défunt était travailleur indépendant pour les cotisations sociales éventuellement dues.

Étape 6 — Déclarer les donations connues. Informez le Notaire des donations que le défunt a faites de son vivant, qu'elles soient notariées et enregistrées ou sous forme de dons manuels. Ces donations sont rapportées à la masse fictive pour le calcul de la réserve héréditaire et des droits de succession éventuels. Fournissez les actes de donation enregistrés ou les pactes adjoints disponibles.

Étape 7 — Participer aux séances d'inventaire. Le Notaire organise une ou plusieurs séances d'inventaire en présence des héritiers et des personnes intéressées. Répondez avec précision aux questions sur les biens connus, les dettes déclarées et les donations antérieures. Signez le procès-verbal de chaque séance pour en attester la régularité.

Étape 8 — Vérification et dépôt de l'inventaire finalisé. Le Notaire finalise l'inventaire en une liste chiffrée d'actifs et de passifs avec les évaluations retenues. Vérifiez l'exactitude de chaque poste avant de signer l'acte final. L'inventaire finalisé est déposé au Greffe du Tribunal de la famille dans le délai de 3 mois à compter de la déclaration d'option bénéficiaire, conformément à l'article 793 CC livre 4.

Erreurs courantes à éviter dans votre Inventaire de Succession (Belgique)

L'Inventaire de Succession en Belgique est une procédure formelle dont les manquements peuvent avoir des conséquences graves. Voici les erreurs les plus fréquentes à éviter.

Omettre des actifs ou des dettes dans l'inventaire. L'omission volontaire d'actifs (comptes bancaires dissimulés, bijoux non déclarés, créances non mentionnées) pour réduire frauduleusement les droits de succession constitue un recel successoral selon l'article 792/1 CC livre 4 (recel de biens de la succession), punissable par la privation de la part dans les biens dissimulés et par des sanctions fiscales. L'omission de dettes importantes dans le passif prive l'héritier bénéficiaire de la déductibilité de ces dettes sur les droits de succession. Solution: soyez exhaustif dans vos déclarations au Notaire et fournissez tous les documents disponibles sur les actifs et passifs du défunt.

Ne pas respecter le délai de 3 mois pour l'inventaire bénéficiaire. L'héritier qui a opté pour l'acceptation sous bénéfice d'inventaire mais n'a pas fait établir l'inventaire notarié dans les 3 mois suivant sa déclaration au Greffe (sans demander de prorogation au Juge de paix) est réputé avoir accepté purement et simplement selon l'article 793 CC livre 4. Cette conséquence est lourde: il devient personnellement responsable de toutes les dettes successorales sans limitation. Solution: dès la déclaration au Greffe, prenez immédiatement rendez-vous avec un Notaire et fixez les séances d'inventaire dans un calendrier respectant le délai légal. En cas de complexité, demandez une prorogation au Juge de paix avant l'expiration du délai.

Ne pas convoquer tous les créanciers connus. Le Notaire qui omet de convoquer des créanciers connus du défunt à l'inventaire commet une irrégularité de procédure qui peut permettre à ces créanciers de contester la régularité de l'inventaire et d'obtenir la nullité des opérations d'inventaire devant le Tribunal de la famille. Solution: listez exhaustivement tous les créanciers connus du défunt (banques, fournisseurs, SPF Finances, ONSS, propriétaire du logement loué) pour permettre au Notaire de les convoquer régulièrement.

Sous-estimer les biens immobiliers pour réduire les droits de succession. L'évaluation délibérément inférieure à la valeur vénale réelle des biens immobiliers successoraux est une pratique à risque que l'Administration générale de la Documentation patrimoniale du SPF Finances détecte par comparaison avec les transactions récentes dans le même quartier. Un redressement fiscal peut être opéré dans le délai de 3 ans (article 137 CDS) avec rappel des droits, intérêts de retard (7 % par an) et amende (jusqu'à 100 % des droits éludés). Solution: faites évaluer les immeubles par un expert immobilier agréé dont l'estimation est défendable face au contrôle fiscal.

Questions Fréquentes

Modèle référencé aux textes légaux — Modèle modifié pour la dernière fois en juin 2026

Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète

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