Cession de Créance Commerciale (Belgique)
Qu'est-ce qu'un Cession de Créance Commerciale (Belgique) ?
La Cession de Créance Commerciale en Belgique est régie par Code civil belge art. 1689-1701 (cession de créance) et fixe les droits et obligations financiers des parties conformément au droit belge applicable.
Le droit belge soumet la cession de créance à trois conditions de validité cumulatives tirées des articles 1689 et suivants du Code civil. Premièrement, la créance cédée doit exister et être cessible : les créances futures (non encore nées mais certaines quant à leur existence) sont cessibles sous condition, conformément à la jurisprudence de la Cour de cassation belge (Cass. 26 juin 2003). Les créances liées à l'intuitu personae (certaines créances de services personnels) et les créances insaisissables (allocations sociales versées par l'ONSS, pensions) ne peuvent pas être cédées sans l'accord du débiteur. Deuxièmement, le cessionnaire doit avoir la capacité juridique de recevoir la cession, notamment s'il s'agit d'un établissement de crédit agréé par la FSMA ou d'une société d'affacturage inscrite auprès de la Banque nationale de Belgique (BNB). Troisièmement, l'acte de cession doit répondre aux exigences formelles de preuve prévues par le livre 8 du Code civil belge en vigueur depuis le 1er novembre 2020.
L'opposabilité de la cession aux tiers — et notamment au débiteur cédé — est régie par l'article 1690 du Code civil belge. Pour que la cession soit opposable au débiteur cédé et aux tiers (autres créanciers du cédant, huissiers de justice, curateur en cas de faillite), deux mécanismes alternatifs sont prévus : la signification de la cession au débiteur cédé par exploit d'huissier de justice (gerechtsdeurwaarder) mandaté par le cédant ou le cessionnaire, ou l'acceptation expresse de la cession par le débiteur cédé dans un acte ayant date certaine (acte authentique, lettre recommandée avec accusé de réception ou tout acte privé enregistré). L'omission de la notification ou de l'acceptation fait courir le risque que le débiteur se libère valablement en payant le cédant originaire, opposant ainsi son paiement au cessionnaire.
Le prix de la cession (ou le prix d'escompte) est librement déterminé entre cédant et cessionnaire. Dans la pratique commerciale belge, les créances sont souvent cédées à un prix inférieur à leur valeur nominale (escompte commercial), la différence représentant la rémunération du risque de non-paiement et du financement anticipé assumé par le cessionnaire. Lorsque la cession est faite à titre onéreux, la garantie d'existence de la créance (garantie de droit) pèse sur le cédant (art. 1693 CC), mais la garantie de solvabilité du débiteur cédé ne pèse sur le cédant que si elle a été expressément stipulée (art. 1694 CC). Une cession pro soluto (en paiement) ou pro solvendo (en garantie du paiement d'une dette du cédant) doit être expressément qualifiée dans l'acte.
Les entreprises belges recourent fréquemment à deux variantes spécialisées de la cession de créance : l'affacturage (factoring), régi par les articles 1689 et suivants du Code civil et les pratiques bancaires encadrées par la BNB, et la titrisation (securitisation), régie par la Loi du 3 août 2012 relative aux organismes de placement collectif répondant aux conditions de la directive 2009/65/CE. Le Tribunal de l'entreprise de Bruxelles est compétent pour les litiges relatifs aux cessions de créances commerciales entre entreprises, à moins que les parties n'aient stipulé une clause d'arbitrage conforme au Code judiciaire belge (art. 1676 et s.) ou une clause de médiation auprès de CEPANI (Centre belge pour la médiation et l'arbitrage).
Quand avez-vous besoin d'un Cession de Créance Commerciale (Belgique) ?
La Cession de Créance Commerciale en Belgique s'avère indispensable dans de nombreuses situations de financement d'entreprise et de gestion du poste clients. Voici les principales circonstances qui justifient la rédaction d'un acte formalisé.
Financement de la trésorerie par escompte de factures. Une PME belge disposant d'un portefeuille de factures commerciales impayées (créances sur clients avec délais de paiement de 30 à 90 jours) peut céder ces créances à un établissement d'affacturage (BNP Paribas Fortis Factor, KBC Commercial Finance, ING Lease Belgium) pour obtenir immédiatement 80 à 95% de leur valeur nominale, améliorant ainsi son fonds de roulement sans attendre les paiements des clients. La Cession de Créance Commerciale formalise ce transfert conformément aux articles 1689 et 1690 du Code civil belge.
Garantie d'un crédit professionnel. Une banque belge ou une société de cautionnement (SOWALFIN en Wallonie, PMV/z en Flandre, finance.brussels à Bruxelles) peut exiger la cession de créances commerciales futures comme garantie accessoire d'un crédit d'investissement ou d'une ouverture de crédit. La cession pro solvendo (en garantie) permet au cessionnaire-garant d'exécuter la créance cédée si le cédant-emprunteur est défaillant, sans que le débiteur cédé ne soit immédiatement notifié de la garantie.
Cession dans le cadre d'une cession de fonds de commerce. Lors de la cession d'un fonds de commerce belge ou d'une branche d'activité (acte authentique notarié ou acte privé enregistré au greffe du Tribunal de l'entreprise conformément à la Loi du 25 juin 1930 sur le fonds de commerce), toutes les créances sur clients faisant partie du fonds doivent être cédées par acte distinct ou mentionnées dans l'acte principal avec notification aux débiteurs cédés.
Transfert de créances intra-groupe. Dans les groupes de sociétés belges constitués de SA (société anonyme), SRL (société à responsabilité limitée) ou SNC (société en nom collectif) sous le régime du Code des sociétés et des associations (CSA 2019), les opérations de cash pooling notionnel ou de centralisation de trésorerie impliquent des cessions de créances entre entités du groupe. La cession doit respecter les règles d'assistance financière (art. 7:227 CSA pour les SA) et les conditions des transactions à la juste valeur de marché pour éviter les distributions cachées.
Restructuration de dettes et plans d'apurement. Dans le cadre d'une procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) régie par le livre XX du Code de droit économique belge, une entreprise en difficulté peut proposer à ses créanciers de payer leurs créances par voie de cession d'autres créances qu'elle détient sur ses propres clients (dation en paiement). L'accord du juge-commissaire et du comité des créanciers est requis.
Cession transfrontalière de créances européennes. Une entreprise belge exportant vers d'autres États membres de l'Union européenne peut céder ses créances libellées en euros ou en d'autres devises à un factor européen (Eurofactor, Coface, Atradius) dans le cadre du Règlement (CE) n° 593/2008 (Rome I) désignant la loi applicable et du Règlement (CE) n° 44/2001 (Bruxelles I refondu) fixant la juridiction compétente.
Cession de créances litigieuses. La créance litigieuse (en cours de litige judiciaire ou arbitral) peut être cédée conformément à l'article 1700 du Code civil belge, mais le débiteur cédé conserve le droit de se libérer en remboursant au cessionnaire le prix réellement payé par celui-ci (droit de retrait litigieux), à moins que la cession ne soit faite à un avocat (art. 1597 CC, exception pour les professionnels du droit).
Que faut-il inclure dans votre Cession de Créance Commerciale (Belgique) ?
La Cession de Créance Commerciale en Belgique doit comporter plusieurs mentions essentielles pour produire ses effets juridiques entre les parties et être opposable aux tiers conformément aux articles 1689 à 1701 du Code civil belge. Voici les éléments indispensables.
Identification précise des parties. L'acte doit désigner le cédant (créancier originaire), le cessionnaire (nouveau créancier) et, par référence, le débiteur cédé (obligé au paiement). Pour les entreprises belges, indiquer la forme juridique (SA, SRL, SPRL, SCRL, SNC), le numéro BCE (Banque-Carrefour des Entreprises format 0.XXX.XXX.XXX), le siège social, le représentant légal habilité à signer la cession (gérant, administrateur délégué, mandataire spécial) et le numéro de compte IBAN belge (format BE + 14 chiffres) pour le virement du prix.
Désignation précise de la créance cédée. Décrire avec précision la créance transférée : montant en euros (chiffres et lettres), nature de la créance (facture n° X du JJ/MM/AAAA pour livraison de marchandises / prestation de services), échéance contractuelle, titre de la créance (conditions générales de vente, bon de commande, contrat-cadre). Joindre en annexe les pièces justificatives (copie de la facture, du bon de commande, de l'accusé de réception). Une désignation insuffisante peut entraîner la nullité de la cession pour défaut d'objet déterminable (art. 5.36 nouveau Code civil belge).
Prix de cession et modalités de paiement. Indiquer le prix de cession convenu entre cédant et cessionnaire : prix nominal (égal à la valeur de la créance), prix escompté (inférieur), ou cession à titre gratuit (libéralité). Préciser les modalités de paiement : virement immédiat, virement sous condition suspensive de réception par le cessionnaire du paiement du débiteur cédé (mécanisme pro solvendo), paiement par fraction avec un acompte immédiat et le solde à la collecte. Le modèle forms-legal.com inclut les clauses types de garantie d'existence (art. 1693 CC) et de non-garantie de solvabilité (art. 1694 CC).
Garantie d'existence de la créance et exclusion de la garantie de solvabilité. La loi belge (art. 1693 CC) impose au cédant la garantie de l'existence de la créance au moment de la cession : la créance doit être certaine, liquide, exigible ou à terme. Le cédant garantit l'absence de compensation, de prescription ou d'extinction de la créance. La garantie de solvabilité du débiteur cédé (art. 1694 CC) est exclue de plein droit sauf clause expresse contraire. Préciser si le cédant accorde une garantie de solvabilité limitée dans le temps ou limitée à un pourcentage du prix.
Notification et opposabilité (art. 1690 CC). Mentionner le mode choisi pour rendre la cession opposable au débiteur cédé et aux tiers : signification par exploit d'huissier de justice (avec identification du gerechtsdeurwaarder mandaté et date prévue de la signification), ou acceptation expresse du débiteur cédé dans un acte ayant date certaine (lettre recommandée avec accusé de réception, acte authentique). Préciser qui supporte les frais de la notification (généralement le cédant). L'absence ou le retard de notification crée un risque de double paiement libératoire par le débiteur cédé entre les mains du cédant.
Droit aux accessoires de la créance. Préciser si la cession comprend les accessoires : intérêts de retard échus et à échoir, clauses pénales, hypothèques ou gages garantissant la créance cédée, cautionnements personnels, assurances-crédit souscrites auprès d'Euler Hermes, Coface ou Atradius. La cession des hypothèques et sûretés réelles immobilières doit être inscrite à la Conservation des hypothèques pour être opposable aux tiers conformément à la Loi hypothécaire du 16 décembre 1851.
Clause de droit applicable et juridiction. Désigner expressément le droit belge comme droit applicable à la cession et le Tribunal de l'entreprise compétent (généralement du siège du cédant ou du lieu d'exécution de la créance initiale). Pour les cessions transnationales au sein de l'Union européenne, le Règlement (CE) n° 593/2008 (Rome I) art. 14 désigne la loi du pays du cédant comme loi applicable à la cession sauf stipulation contraire.
Comment remplir votre Cession de Créance Commerciale (Belgique)
Compléter une Cession de Créance Commerciale en Belgique requiert une attention particulière à la désignation des parties et à la description de la créance cédée. Voici les étapes à suivre.
Étape 1 - Identifier le cédant. Indiquer la dénomination sociale complète, la forme juridique (SA, SRL, SNC), le numéro BCE (format 0.XXX.XXX.XXX), le siège social, le nom et la qualité du représentant signataire (gérant unique selon statuts déposés à la BCE, administrateur délégué, mandataire spécial avec copie du mandat en annexe). Pour une SA belge, vérifier que le représentant dispose du pouvoir de cession d'actifs conformément aux statuts et aux résolutions du Conseil d'administration.
Étape 2 - Identifier le cessionnaire. Mêmes informations que le cédant si c'est une entreprise (numéro BCE, siège, représentant). Si le cessionnaire est un établissement de crédit ou une société d'affacturage agréée par la FSMA, mentionner son numéro d'agrément FSMA et son code d'identification BIC/SWIFT pour les virements. Si le cessionnaire est une personne physique, indiquer nom, prénom, date de naissance, numéro de Registre national (figurant sur la carte d'identité belge eID) et adresse.
Étape 3 - Décrire précisément la créance cédée. Indiquer le montant exact en euros (chiffres et lettres), le titre de la créance (numéro de facture, date d'émission, description de la prestation ou de la marchandise), l'échéance de paiement contractuelle, et les références du contrat sous-jacent (bon de commande, contrat-cadre, conditions générales de vente). Joindre obligatoirement en annexe une copie certifiée conforme de la facture et, si disponible, le bon de livraison signé par le débiteur cédé.
Étape 4 - Fixer le prix de cession. Indiquer le prix convenu en euros. Pour une cession à valeur nominale, indiquer le montant de la créance. Pour une cession à prix escompté, calculer le taux d'escompte (différence entre valeur nominale et prix de cession, exprimée en pourcentage). Préciser les modalités de paiement : date du virement, IBAN du cédant, conditions suspensives éventuelles.
Étape 5 - Choisir le mode de notification. Cocher le mode d'opposabilité choisi : signification par huissier (indiquer le nom du gerechtsdeurwaarder, son adresse et la date prévue de la signification) ou acceptation expresse du débiteur cédé. Si la notification se fait par lettre recommandée (mode simplifié pour les cessions entre entreprises), rédiger une lettre séparée de notification au débiteur cédé reprenant la description de la créance cédée, l'identité du cessionnaire et les nouvelles coordonnées de paiement.
Étape 6 - Préciser les garanties incluses et exclues. Cocher les accessoires transférés avec la créance : intérêts conventionnels, pénalités de retard, sûretés réelles (hypothèque, gage), cautionnements personnels, polices d'assurance-crédit. Préciser si le cédant garantit la solvabilité du débiteur cédé (option payante ou clause de recours en cas d'impayé) ou si la cession est sans recours (no recourse factoring).
Étape 7 - Signer et conserver. L'acte de cession est signé par le cédant et le cessionnaire en double exemplaire, avec mention du lieu et de la date (format DD/MM/YYYY). Pour conférer date certaine sans acte authentique, faire enregistrer l'acte au bureau de l'enregistrement du SPF Finances compétent (droit fixe de 50 EUR). Conserver l'original pendant toute la durée de la créance augmentée de 10 ans (prescription art. 2262bis Code civil belge).
Exigences juridiques pour Cession de Créance Commerciale (Belgique)
La Cession de Créance Commerciale en Belgique est régie par un cadre légal précis dont le non-respect peut rendre la cession inopposable ou nulle. Voici les exigences légales essentielles.
Conditions de validité selon les articles 1689-1701 du Code civil belge. La cession doit porter sur une créance cessible, certaine dans son existence, et dont le montant est déterminable. Les créances futures sont cessibles si elles sont suffisamment identifiables (arrêt Cass. 26 juin 2003). Les créances insaisissables en vertu de la Loi du 8 juillet 1976 organique des CPAS, les allocations sociales ONSS et certaines créances alimentaires ne peuvent être cédées. Le consentement des parties doit être exempt de vices (erreur, dol, violence) conformément aux articles 5.33 et suivants du nouveau Code civil belge (Livre 5, en vigueur depuis 1er janvier 2023).
Opposabilité au débiteur cédé (art. 1690 CC). La cession n'est opposable au débiteur cédé et aux tiers que si elle lui a été signifiée par exploit d'huissier de justice ou s'il l'a acceptée dans un acte ayant date certaine. La signification par simple lettre ordinaire ou par courriel non signé électroniquement est insuffisante pour les relations B2B. Pour les cessions de créances en série (dans le cadre de l'affacturage), la notification globale préalable à tous les débiteurs futurs est admise par la jurisprudence du Tribunal de l'entreprise de Bruxelles.
Exigences formelles de preuve (Livre 8 CC). Depuis le 1er novembre 2020, le livre 8 du Code civil belge régit les règles de preuve. Entre commerçants, la preuve de la cession peut être administrée par tous moyens (art. 8.11 CC). Entre parties dont l'une n'est pas commerçante, l'acte sous seing privé ou authentique reste la preuve principale pour les montants supérieurs à 3.500 EUR (art. 8.9 CC). L'acte sous seing privé doit être signé par les deux parties et établi en autant d'originaux que de parties ayant un intérêt distinct.
Registre national des gages et sûretés réelles mobilières. Lorsque la créance cédée est garantie par un gage mobilier (Loi du 11 juillet 2013 sur les sûretés mobilières), la cession du gage doit être enregistrée au Registre national des gages (registre électronique géré par la Fédération des notaires belges et le SPF Justice) pour être opposable aux tiers. La modification du titulaire du gage nécessite une nouvelle inscription ou une mention modificative dans le registre.
Droit d'enregistrement. L'acte de cession de créance est en principe soumis au droit d'enregistrement fixe de 50 EUR (droit fixe général) conformément au Code des droits d'enregistrement belge, sauf si la cession entre dans le champ d'application de la TVA (cession de créances commerciales par un assujetti TVA agissant dans le cadre de son activité économique), auquel cas la cession est exonérée de TVA en application de l'article 44 § 3 5° du Code TVA belge.
Réglementation LCB/FT (lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme). Les établissements de crédit et les sociétés d'affacturage belges agréés par la FSMA ou sous la supervision de la Banque nationale de Belgique sont soumis à la Loi du 18 septembre 2017 relative à la prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme. Avant d'acquérir des créances commerciales, le cessionnaire institutionnel doit procéder à une vérification KYC (Know Your Customer) du cédant et du débiteur cédé, et déclarer les opérations suspectes à la Cellule de traitement des informations financières (CTIF-CFI).
Erreurs courantes à éviter dans votre Cession de Créance Commerciale (Belgique)
La rédaction et l'exécution d'une Cession de Créance Commerciale en Belgique exposent les parties à des erreurs fréquentes pouvant rendre l'acte inopposable ou nul. Voici les pièges à éviter.
Erreur 1 - Omettre la notification au débiteur cédé. L'absence de signification de la cession au débiteur cédé conformément à l'article 1690 du Code civil belge est l'erreur la plus commune et la plus coûteuse. Sans notification, le débiteur cédé reste valablement libéré en payant le cédant originaire, opposant son paiement au cessionnaire. La Cour d'appel de Bruxelles (arrêt du 12 mai 2015) a confirmé que la notification par courriel ordinaire non signé électroniquement est insuffisante entre parties non commerciales. Le cessionnaire doit mandater un huissier de justice ou obtenir une acceptation écrite du débiteur cédé avec date certaine.
Erreur 2 - Cession d'une créance inexistante ou éteinte. Céder une créance déjà payée, compensée, prescrite (prescription quinquennale des créances commerciales art. 2277 CC ou prescription selon les conditions générales) ou nulle ab initio expose le cédant à la garantie d'existence de l'art. 1693 CC et au remboursement du prix de cession au cessionnaire. Vérifier préalablement l'état exact du compte du débiteur cédé, l'absence de compensation conventionnelle ou légale, et l'absence de contestation sérieuse de la créance.
Erreur 3 - Désignation imprécise de la créance cédée. Une description vague de la créance (sans numéro de facture, sans montant précis, sans référence au contrat sous-jacent) crée un risque d'indétermination de l'objet de la cession entraînant la nullité pour défaut d'objet selon l'article 5.36 du nouveau Code civil belge. La Cour d'appel de Liège a annulé plusieurs cessions de créances dont l'objet était désigné uniquement par la formule vague « toutes créances présentes et futures ».
Erreur 4 - Confusion entre cession pro soluto et cession pro solvendo. Une cession pro soluto (le cédant est libéré de sa dette envers le cessionnaire dès la cession) et une cession pro solvendo (la dette du cédant n'est éteinte qu'au paiement effectif par le débiteur cédé) produisent des effets juridiques radicalement différents. L'omission de qualification dans l'acte crée une incertitude sur le moment d'extinction de la dette garantie et sur les recours réciproques entre cédant et cessionnaire en cas d'impayé.
Erreur 5 - Méconnaître le droit de retrait litigieux du débiteur cédé (art. 1700 CC). Lorsque la créance cédée est litigieuse (une procédure judiciaire ou arbitrale est pendante devant le Tribunal de l'entreprise ou un tribunal arbitral), le débiteur cédé peut se libérer en remboursant au cessionnaire le prix de cession réellement payé plus les intérêts et frais (droit de retrait litigieux art. 1700 CC). Le cessionnaire qui a acquis une créance litigieuse à prix escompté peut ainsi se voir rembourser un montant inférieur à celui de la créance, sans indemnité complémentaire.
Erreur 6 - Omettre l'enregistrement des modifications de sûretés réelles. La créance cédée est souvent garantie par une hypothèque ou un gage mobilier. La cession de la créance principale entraîne la transmission des accessoires (art. 1692 CC), mais la modification du titulaire de l'hypothèque doit être inscrite à la Conservation des hypothèques et la modification du gage au Registre national des gages sous peine d'inopposabilité aux tiers. Ces formalités générèrent des frais (honoraires du notaire, droits d'inscription hypothécaire de 0,30% du montant garanti) que les parties oublient souvent d'anticiper dans le prix de cession.
Sources et Citations
Les citations légales renvoient aux sources officielles du gouvernement. Vérifié par l'équipe éditoriale Forms Legal.
Questions Fréquentes
La Cession de Créance Commerciale est parfaitement valable et opposable en droit belge, à condition de respecter les articles 1689 à 1701 du Code civil belge. La validité repose sur trois conditions : la créance cédée doit exister et être cessible (les créances insaisissables, comme certaines allocations ONSS, sont exclues) ; les parties doivent consentir librement conformément aux articles 5.33 et suivants du nouveau Code civil belge (Livre 5, en vigueur depuis 2023) ; l'acte doit être suffisamment déterminé dans son objet (montant, débiteur cédé, titre de la créance). Pour produire effet à l'égard du débiteur cédé, la cession doit lui être signifiée par exploit d'huissier de justice (gerechtsdeurwaarder) ou être acceptée par lui dans un acte ayant date certaine conformément à l'article 1690 du Code civil belge. Sans cette notification, le débiteur cédé qui paie le cédant originaire est valablement libéré de sa dette et ne peut être poursuivi par le cessionnaire. La Cour de cassation belge (Cass. 26 juin 2003) a confirmé que les créances commerciales futures, suffisamment déterminables, sont cessibles sans l'accord préalable du débiteur cédé.
L'opposabilité d'une Cession de Créance Commerciale en Belgique est régie par l'article 1690 du Code civil belge et requiert l'une des deux formalités alternatives suivantes. Première formalité : la signification de la cession au débiteur cédé par exploit d'huissier de justice (gerechtsdeurwaarder). L'huissier dresse un acte de signification indiquant l'identité des parties (cédant, cessionnaire), la description de la créance cédée (numéro de facture, montant, échéance) et les nouvelles coordonnées de paiement du cessionnaire. Le coût d'un exploit d'huissier en Belgique est d'environ 80 à 200 EUR selon la complexité et la localisation. Deuxième formalité : l'acceptation expresse de la cession par le débiteur cédé dans un acte ayant date certaine. L'acte peut prendre la forme d'un acte authentique reçu par notaire, d'une lettre recommandée avec accusé de réception ou d'un acte sous seing privé enregistré au bureau de l'enregistrement du SPF Finances (droit fixe de 50 EUR). Pour les cessions en masse dans le cadre de l'affacturage, la notification globale préalable dans les conditions générales de vente du cédant est admise par la jurisprudence du Tribunal de l'entreprise de Bruxelles sous conditions strictes. À partir de la notification, le débiteur cédé ne peut plus se libérer valablement qu'entre les mains du cessionnaire.
La Cession de Créance Commerciale et l'affacturage (factoring) sont deux mécanismes juridiques distincts bien que l'affacturage repose sur la cession de créance comme fondement légal (art. 1689 CC belge). La Cession de Créance isolée est un acte ponctuel portant sur une ou plusieurs créances déterminées, conclu directement entre le cédant et le cessionnaire sans obligation de continuité ni de gestion globale du poste clients. L'affacturage est un contrat-cadre par lequel une entreprise cède à une société d'affacturage (factor) l'intégralité ou une partie de son poste clients de manière continue, avec prestations additionnelles : gestion du recouvrement, relance des débiteurs, assurance-crédit, financement anticipé et reporting comptable. Le factor belge (BNP Paribas Fortis Factor, KBC Commercial Finance, ING Lease Belgium) est agréé par la FSMA et soumis à la supervision prudentielle de la Banque nationale de Belgique. Le contrat d'affacturage est un contrat innommé de droit belge dont les clauses-types sont publiées par la Belgian Factoring Association (BFA). La cession ponctuelle est plus simple et moins coûteuse (frais d'escompte et frais de notification uniquement), mais elle ne comprend pas les services de gestion et d'assurance-crédit proposés par le factor.
En droit belge, le cédant ne garantit pas la solvabilité du débiteur cédé sauf stipulation expresse contraire dans l'acte de cession, conformément à l'article 1694 du Code civil belge. La règle légale belge est la cession avec recours limité (limited recourse) : le cédant garantit uniquement l'existence de la créance au moment de la cession (garantie d'existence art. 1693 CC), c'est-à-dire que la créance est certaine, liquide, non éteinte par paiement, compensation ou prescription, et exempte de vices affectant sa naissance. Si le débiteur cédé est insolvable, fait faillite (procédure de faillite devant le Tribunal de l'entreprise conformément au livre XX du Code de droit économique) ou refuse de payer pour une raison quelconque postérieure à la cession, le cessionnaire supporte ce risque sans recours contre le cédant. Les parties peuvent convenir contractuellement d'une garantie de solvabilité du cédant (cession avec recours, ou recourse factoring), limitée en montant ou en durée. Dans l'affacturage sans recours (non-recourse factoring), le factor assume intégralement le risque d'insolvabilité du débiteur cédé contre une prime d'assurance-crédit intégrée dans le taux d'escompte.
Une Cession de Créance Commerciale en Belgique ne requiert pas d'acte notarié pour les créances chirographaires (non garanties par hypothèque ou autres droits réels). L'acte sous seing privé signé par le cédant et le cessionnaire est suffisant pour la validité de la cession entre les parties conformément au livre 8 du Code civil belge (règles de preuve en vigueur depuis le 1er novembre 2020). Pour conférer date certaine à l'acte sans recourir à un notaire, les parties peuvent faire enregistrer l'acte au bureau de l'enregistrement du SPF Finances compétent (droit fixe de 50 EUR) ou utiliser la signature électronique qualifiée au sens du Règlement eIDAS (UE) n° 910/2014, reconnue en droit belge par la Loi du 21 juillet 2016 relative à l'identification électronique. En revanche, l'acte notarié (forme authentique) est obligatoire lorsque la créance cédée est garantie par une hypothèque conventionnelle sur un immeuble belge (Loi hypothécaire du 16 décembre 1851) : dans ce cas, l'acte de cession de la créance hypothécaire doit être reçu par notaire et inscrit à la Conservation des hypothèques pour être opposable aux tiers, avec un coût d'inscription de 0,30% du montant garanti plus les honoraires du notaire.
La prescription applicable à une Cession de Créance Commerciale en Belgique dépend de la nature de la créance cédée et de la date de sa naissance. Depuis la réforme du livre 8 et du livre 9 du Code civil belge (en cours de finalisation), la prescription générale des obligations est fixée à 10 ans pour les créances civiles (art. 2262 CC ancien, toujours applicable aux créances nées avant 2023) et à 5 ans pour les créances commerciales nées entre commerçants conformément à l'article 2277 du Code civil belge (ou aux délais spéciaux prévus dans les conditions générales de vente). Les créances issues de contrats de vente entre entreprises sont soumises à la prescription quinquennale. Les créances issues de contrats de services sont soumises à la prescription décennale. La prescription court à compter de l'exigibilité de la créance (date d'échéance de la facture ou date de mise en demeure de payer). La cession de la créance interrompt-elle la prescription ? Non, la prescription court contre le cessionnaire depuis la même date que contre le cédant originaire. Le cessionnaire doit vérifier que la créance cédée n'est pas prescrite ou sur le point de l'être, et prendre des actes interruptifs si nécessaire (mise en demeure au débiteur cédé, citation en justice devant le Tribunal de l'entreprise) dans les délais légaux.
La faillite du cédant après la cession de créance commerciale en Belgique est régie par le livre XX du Code de droit économique (procédures d'insolvabilité). Si la cession a été régulièrement signifiée au débiteur cédé avant la déclaration de faillite du cédant (jugement déclaratif de faillite prononcé par le Tribunal de l'entreprise conformément à l'art. XX.90 CDE), la créance cédée appartient définitivement au patrimoine du cessionnaire et ne peut être revendiquée par le curateur de la faillite. Le dessaisissement du cédant faillit (art. XX.91 CDE) ne porte que sur les biens et créances faisant encore partie de son patrimoine à la date du jugement déclaratif. En revanche, si la cession n'avait pas encore été notifiée au débiteur cédé avant la faillite du cédant, le curateur peut revendiquer la créance au nom de la masse des créanciers, car la cession est inopposable à la masse. La période suspecte (art. XX.111 CDE) permet au curateur d'annuler les cessions de créances réalisées dans les 6 mois précédant la faillite à un prix manifestement inférieur à la valeur réelle de la créance (action paulienne ou action en inopposabilité). Le cessionnaire doit donc vérifier la situation financière du cédant avant d'acquérir ses créances et notifier immédiatement la cession au débiteur cédé pour consolider ses droits.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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