Acte de Souscription d'Obligations (Belgique)
Qu'est-ce qu'un Acte de Souscription d'Obligations (Belgique) ?
L'Acte de Souscription d'Obligations en Belgique est régi par Code des sociétés et des associations (CSA) art. 7:67 et fixe les droits et obligations financiers des parties conformément au droit belge applicable.
En Belgique, les obligations peuvent être émises sous différentes formes juridiques selon le Code des sociétés et des associations: obligations nominatives (inscrites dans un registre nominatif tenu par l'émetteur), obligations dématérialisées (inscrites en compte auprès d'un organisme de liquidation tel qu'Euroclear Belgium, conformément à l'article 7:68 CSA), ou obligations au porteur (supprimées depuis la Loi du 14 décembre 2005 abolissant les titres au porteur en droit belge). Les obligations dématérialisées sont désormais la forme standard pour les émissions de marché, tandis que les obligations nominatives restent utilisées pour les émissions privées (private placements) auprès d'un nombre limité d'investisseurs qualifiés.
La Loi du 16 juin 2006 sur les offres publiques et le Règlement Prospectus (UE) 2017/1129 imposent des obligations d'information strictes pour les émissions publiques d'obligations: publication d'un prospectus agréé par la FSMA (Financial Services and Markets Authority) ou reconnaissance d'un prospectus agréé par une autorité étrangère via le mécanisme de passeportage européen. Pour les émissions privées destinées à des investisseurs qualifiés ou à moins de 150 personnes physiques ou morales par État membre, la dispense de prospectus s'applique conformément à l'article 1er §4 du Règlement Prospectus.
Le droit belge des obligations a connu des évolutions majeures avec la réforme du Code des sociétés et des associations (CSA) entrée en vigueur le 1er mai 2019 (Loi du 23 mars 2019 introduisant le CSA). L'article 5:104 du CSA autorise désormais les SRL à émettre des obligations, ce qui était impossible sous l'ancien droit belge des SPRL. Cette réforme a considérablement élargi les possibilités de financement par obligations pour les PME belges constituées en SRL, qui peuvent désormais recourir à des émissions obligataires privées pour se financer sans passer par le marché bancaire.
Le traitement fiscal des obligations en droit belge est structuré comme suit: les intérêts (coupons) versés aux obligataires sont soumis au précompte mobilier libératoire de 30 % prélevé à la source par l'émetteur conformément à l'article 269 du Code des impôts sur les revenus (CIR 1992), sauf exonérations spécifiques (obligations d'État belges dans certaines conditions, obligations vertes conformes aux critères européens). Les plus-values de cession réalisées par des particuliers belges sur des obligations dans le cadre de la gestion normale de leur patrimoine privé sont exonérées d'impôt conformément à l'article 90 CIR 1992, sauf opérations spéculatives.
Quand avez-vous besoin d'un Acte de Souscription d'Obligations (Belgique) ?
L'Acte de Souscription d'Obligations est requis dans plusieurs situations où une entreprise belge souhaite se financer par émission de dette et où un investisseur souhaite acquérir une position obligataire dans cette entreprise.
Une PME belge constituée en SRL ou en SA souhaitant se financer pour un projet d'investissement (acquisition d'équipements, expansion internationale, rachat d'un concurrent) sans recourir au crédit bancaire traditionnel peut émettre des obligations dans le cadre d'une émission privée (private placement) auprès d'investisseurs qualifiés ou d'un nombre limité d'investisseurs particuliers. L'Acte de Souscription d'Obligations formalise l'engagement de chaque souscripteur et précise les caractéristiques du titre (taux d'intérêt, durée, remboursement). La FSMA exige un prospectus agréé pour les émissions publiques, mais les émissions privées auprès de moins de 150 investisseurs bénéficient d'une dispense.
Une start-up belge financée par des business angels ou des fonds de capital-risque peut émettre des obligations convertibles (convert bonds) permettant aux investisseurs de convertir leur créance obligataire en actions de la société à une date ultérieure, généralement lors d'un tour de financement suivant ou lors d'une introduction en Bourse. L'article 7:67 §1er du CSA autorise les SA à émettre des obligations convertibles sous réserve de mention dans les statuts. Les obligations convertibles constituent un instrument de financement hybride particulièrement adapté aux start-ups et scale-ups belges qui veulent attirer des investisseurs sans diluer immédiatement leur capital.
Une société immobilière belge (SA ou SRL) gérant un parc immobilier locatif peut émettre des obligations foncières garanties par une hypothèque sur les biens immobiliers du portefeuille pour financer l'acquisition de nouveaux actifs immobiliers. Les obligataires bénéficient ainsi d'une garantie réelle (sûreté hypothécaire) sur les actifs de l'émetteur, ce qui réduit leur risque de perte en cas de défaillance de l'émetteur.
Un club d'investissement ou une société d'investissement belge souhaitant offrir à ses membres une exposition aux marchés obligataires (dettes souveraines, obligations d'entreprise investment grade, obligations à haut rendement) peut réaliser un acte de souscription d'obligations pour formaliser la détention de ces instruments financiers dans le cadre d'un portefeuille collectif. L'acte précise les conditions de sortie (revente sur le marché secondaire ou rachat anticipé par l'émetteur) et le traitement fiscal applicable.
Toute entreprise belge souhaitant émettre des obligations vertes (green bonds) pour financer des projets à impact environnemental positif (énergies renouvelables, efficacité énergétique, mobilité durable) peut avoir recours à l'Acte de Souscription d'Obligations avec les mentions spécifiques au cadre ESG (Environmental, Social, Governance) et aux standards européens des obligations vertes (Taxonomie européenne, Règlement UE 2021/522).
Que faut-il inclure dans votre Acte de Souscription d'Obligations (Belgique) ?
Un Acte de Souscription d'Obligations valable en Belgique doit comporter tous les éléments requis par le CSA 2019 et la Loi du 16 juin 2006 pour définir les droits et obligations de l'émetteur et des obligataires.
Identification complète de l'émetteur. L'acte doit mentionner précisément la dénomination sociale, la forme juridique (SA, SRL, ou autre forme autorisée à émettre des obligations), le numéro BCE, le siège social, les représentants légaux habilités à signer, et les caractéristiques du capital (pour une SA: capital souscrit et libéré conformément à l'article 7:5 CSA). La capacité de l'émetteur à émettre des obligations doit être vérifiée dans les statuts (pour les SA, l'article 7:67 CSA autorise le conseil d'administration à émettre des obligations sauf restriction statutaire; pour les SRL, l'article 5:104 CSA impose une décision de l'organe de gestion).
Caractéristiques financières des obligations. Le cœur de l'acte est la définition des caractéristiques des titres: valeur nominale par obligation (minimum non fixé légalement), taux d'intérêt annuel (fixe ou variable avec indexation sur Euribor ou autre indice), date de paiement des coupons (semestrielle ou annuelle), durée totale de l'emprunt, date d'échéance et modalités de remboursement du principal (remboursement in fine à l'échéance, amortissement progressif, remboursement anticipé par tirage au sort). Ces éléments définissent le flux de trésorerie attendu par l'obligataire.
Conditions de remboursement anticipé et clause de call. L'acte doit préciser si l'émetteur dispose d'un droit de remboursement anticipé (call option) et à quelles conditions (prime de remboursement anticipé, préavis minimum), et si l'obligataire dispose d'un droit de vente anticipée (put option). Ces clauses sont fréquentes dans les émissions obligataires pour offrir de la flexibilité aux deux parties. La clause de call protège l'émetteur si les taux d'intérêt baissent significativement.
Rang et garanties. L'acte doit préciser le rang de l'obligation dans la structure de capital de l'émetteur: obligation senior (remboursable en priorité sur les actifs de l'émetteur en cas de liquidation), obligation subordonnée ou junior (remboursable après les dettes senior), ou obligation garantie (bénéficiant d'une sûreté réelle spécifique). Les garanties éventuelles doivent être précisément décrites: hypothèque sur immeubles, gage sur fonds de commerce, caution personnelle des actionnaires, contre-garantie bancaire.
Fiscalité applicable. L'acte doit informer le souscripteur du traitement fiscal des revenus obligataires: précompte mobilier de 30 % sur les intérêts (coupons) prélevé à la source par l'émetteur conformément à l'article 269 §1er CIR 1992, régime des plus-values de cession (exonération pour les particuliers résidents belges dans le cadre de la gestion normale du patrimoine privé selon l'article 90 CIR 1992). Sur forms-legal.com, vous trouverez également des modèles d'Acte de Souscription Fonds d'Investissement pour les souscripteurs préférant une exposition diversifiée aux marchés obligataires via des OPC agréés FSMA.
Procédure de souscription et versement des fonds. L'acte doit préciser les modalités de souscription: montant minimum de souscription par investisseur, procédure de paiement (virement SEPA sur le compte de l'émetteur ou versement auprès d'un agent financier désigné), délai de souscription (période ouverte), date de clôture de la souscription, et conditions de réduction en cas de sur-souscription. Ces précisions garantissent la sécurité juridique de l'opération de placement.
Tenue du registre des obligataires. Pour les obligations nominatives, l'article 7:68 §2 du CSA impose à l'émetteur de tenir un registre des obligataires mentionnant le nom, l'adresse, le nombre d'obligations souscrites, et les transferts successifs. Ce registre doit être tenu au siège social et mis à disposition des obligataires sur demande. Pour les obligations dématérialisées, la tenue est assurée par Euroclear Belgium (organisme agréé par la BNB pour la compensation et la livraison des valeurs mobilières belges).
Comment remplir votre Acte de Souscription d'Obligations (Belgique)
La rédaction et la souscription d'obligations en Belgique nécessitent le respect de plusieurs étapes légales imposées par le CSA 2019 et la Loi du 16 juin 2006. Voici le guide pratique.
Étape 1 — Vérifier la capacité de l'émetteur à émettre des obligations. Vérifiez dans les statuts de la société que l'émission d'obligations n'est pas limitée ou interdite. Pour une SA, l'article 7:67 CSA confère au conseil d'administration le pouvoir d'émettre des obligations sauf restriction statutaire; une décision du conseil d'administration suffit. Pour une SRL, l'article 5:104 CSA exige une décision de l'organe de gestion; vérifiez que les statuts n'imposent pas une majorité qualifiée ou une autorisation des associés.
Étape 2 — Décider du type d'émission: publique ou privée. L'émission publique d'obligations (offre faite à plus de 150 personnes ou pour un montant total supérieur à 8 millions EUR) requiert un prospectus agréé par la FSMA conformément à la Loi du 16 juin 2006 et au Règlement Prospectus (UE) 2017/1129. L'émission privée (offre à moins de 150 personnes ou montant inférieur à 1 million EUR) bénéficie d'une dispense de prospectus. Pour une PME belge, l'émission privée est la voie la plus accessible.
Étape 3 — Définir les caractéristiques financières des obligations. Définissez précisément: la valeur nominale par obligation (exemple: 1.000 EUR), le taux d'intérêt annuel (exemple: 5 % fixe ou Euribor 3 mois + 2 %), la fréquence de paiement des coupons (semestrielle ou annuelle), la durée totale (exemple: 5 ans), et les modalités de remboursement (in fine à l'échéance ou amortissement progressif). Consultez un avocat spécialisé en droit financier ou un expert-comptable pour optimiser la structure financière et fiscale.
Étape 4 — Renseigner l'identification complète de l'émetteur et du souscripteur. Inscrivez les données complètes de l'émetteur (dénomination sociale, forme juridique, numéro BCE, siège social, représentants légaux) et du souscripteur (nom, RNRPP ou BCE pour les personnes morales, adresse, IBAN pour le paiement des coupons). Ces informations sont nécessaires pour le registre des obligataires et les déclarations fiscales.
Étape 5 — Calculer et mentionner le précompte mobilier. L'émetteur belge est obligé de prélever le précompte mobilier de 30 % sur chaque coupon versé et de le reverser au SPF Finances dans les délais légaux. Précisez dans l'acte si les intérêts sont exprimés bruts (avant précompte) ou nets (après déduction du précompte), pour éviter toute ambiguïté lors du paiement.
Étape 6 — Signer l'acte et inscrire au registre. L'acte doit être signé par le représentant légal de l'émetteur et par le souscripteur. Pour les obligations nominatives, l'émetteur inscrit immédiatement la souscription dans le registre des obligataires conformément à l'article 7:68 §2 CSA. Conservez précieusement un exemplaire original signé. Pour les émissions faisant l'objet d'une dématérialisation via Euroclear Belgium, suivez la procédure de dépôt auprès d'Euroclear.
Étape 7 — Organiser le paiement des coupons et le remboursement. Mettez en place les procédures de paiement des coupons (virement SEPA semestriel ou annuel sur l'IBAN de chaque obligataire), de prélèvement et de reversement du précompte mobilier au SPF Finances via le formulaire 273S, et de remboursement du principal à l'échéance ou par amortissement progressif selon le calendrier défini dans l'acte.
Exigences juridiques pour Acte de Souscription d'Obligations (Belgique)
L'émission et la souscription d'obligations en Belgique sont soumises à un cadre légal strict issu du CSA 2019, de la Loi du 16 juin 2006, et du Règlement Prospectus européen.
Capacité d'émission selon le CSA 2019. Les articles 7:66 à 7:71 du CSA autorisent les sociétés anonymes (SA) à émettre des obligations représentant des dettes. Les articles 5:104 à 5:108 du CSA autorisent, depuis la réforme du 23 mars 2019, les sociétés à responsabilité limitée (SRL) à émettre des obligations, comblant ainsi une lacune de l'ancien droit des SPRL. Les entités publiques et les administrations émettent des obligations souveraines (OLO — Obligations Linéaires) et des bons du Trésor gérés par l'Agence de la Dette fédérale belge, soumis à un cadre spécifique.
Prospectus obligatoire pour les émissions publiques. La Loi du 16 juin 2006 sur les offres publiques et le Règlement Prospectus (UE) 2017/1129 imposent la publication d'un prospectus agréé par la FSMA pour toute offre publique d'obligations supérieure à 1 million EUR (seuil de l'exemption de mini-prospectus entre 100.000 EUR et 8 millions EUR réservé aux PME). Le prospectus doit contenir toutes les informations nécessaires pour permettre aux investisseurs d'évaluer le risque de l'investissement: informations sur l'émetteur, ses activités, sa situation financière, les facteurs de risque, et les caractéristiques des obligations émises. La FSMA approuve le prospectus dans un délai de 10 jours ouvrables (20 jours pour un nouvel émetteur).
Taxation obligatoire à la source — précompte mobilier. L'article 261 du Code des impôts sur les revenus (CIR 1992) impose à tout débiteur de revenus mobiliers (dividendes, intérêts) résidant en Belgique de prélever le précompte mobilier libératoire de 30 % à la source sur chaque paiement d'intérêts et de le reverser au SPF Finances dans les 15 jours du mois suivant la mise en paiement. Tout émetteur belge d'obligations doit s'acquitter de cette obligation au risque de sanctions fiscales.
Taxe sur les opérations boursières (TOB) pour les transferts secondaires. Les transferts d'obligations sur le marché secondaire belge sont soumis à la taxe sur les opérations boursières (TOB) au taux de 0,12 % sur le montant de la transaction (plafond 1.300 EUR par transaction) conformément au Code des droits et taxes divers. Cette taxe est prélevée par l'intermédiaire financier lors de la transaction.
Règles de protection des obligataires. La Loi du 2 août 2002 relative à la surveillance du secteur financier et les articles 7:66 et suivants du CSA protègent les droits des obligataires: droit à l'information sur la situation financière de l'émetteur (rapports annuels, comptes consolidés), droit de participer aux assemblées des obligataires (lorsque celle-ci est prévue par les conditions d'émission), droits en cas de changement de contrôle de l'émetteur ou de modification des conditions d'émission. Ces protections peuvent être renforcées contractuellement par des covenants financiers (ratios de dette, limitation des dividendes) inclus dans les conditions d'émission.
Erreurs courantes à éviter dans votre Acte de Souscription d'Obligations (Belgique)
La souscription et l'émission d'obligations en Belgique comportent des risques juridiques, fiscaux et financiers que les émetteurs et les souscripteurs doivent connaître et anticiper.
Émettre des obligations sans autorisation statutaire ou décision d'organe. Des dirigeants de sociétés belges ont parfois émis des obligations sans vérifier les conditions statutaires ou sans obtenir la décision requise de l'organe compétent (conseil d'administration pour une SA, organe de gestion pour une SRL), ce qui peut rendre l'émission nulle ou annulable. Solution: vérifier les statuts, faire appel à un avocat spécialisé en droit des sociétés belge pour vérifier la procédure requise, et consigner la décision d'émission dans les procès-verbaux de l'organe compétent.
Oublier de soumettre une émission publique à l'approbation FSMA. Des émetteurs belges ont parfois procédé à des offres publiques d'obligations (plus de 150 investisseurs ou montant supérieur au seuil de dispense) sans faire agréer un prospectus par la FSMA, en croyant à tort que leur émission était privée. Cette violation de la Loi du 16 juin 2006 expose l'émetteur à des sanctions administratives de la FSMA (amendes jusqu'à 2,5 millions EUR) et à des actions en responsabilité des souscripteurs lésés. Solution: consulter un avocat spécialisé ou la FSMA directement pour vérifier si l'émission nécessite un prospectus avant tout lancement.
Négliger le prélèvement et le reversement du précompte mobilier. Des PME belges qui émettent des obligations pour la première fois oublient parfois de prélever le précompte mobilier de 30 % sur les coupons versés aux obligataires ou de le reverser au SPF Finances dans les délais légaux (15 jours après le mois de mise en paiement). Cette omission entraîne des intérêts de retard, des amendes fiscales, et une solidarité de l'émetteur pour le paiement du précompte non prélevé. Solution: mettre en place une procédure de paie des coupons intégrant automatiquement le calcul et le reversement du précompte mobilier, via un logiciel comptable ou un fiduciaire belge.
Sous-estimer le risque de liquidité des obligations non cotées. Les obligations émises dans le cadre d'un private placement belge ne sont pas cotées sur un marché réglementé et ne bénéficient donc pas d'un marché secondaire organisé. Un souscripteur qui souhaite vendre ses obligations avant l'échéance devra trouver lui-même un acquéreur, ce qui peut être très difficile. La liquidité de l'investissement est donc très limitée. Solution: n'investir dans des obligations non cotées qu'avec des fonds dont vous pouvez vous passer jusqu'à l'échéance finale, et vérifier les conditions de remboursement anticipé (put option) prévues dans l'acte de souscription.
Questions Fréquentes
En droit belge, l'obligation et l'action sont deux instruments financiers fondamentalement différents dans leurs droits et leur rang dans la structure de capital de l'émetteur, régis respectivement par les articles 7:66 et suivants du Code des sociétés et des associations (CSA 2019) pour les obligations, et les articles 7:2 et suivants pour les actions. L'obligation est un titre de créance: le porteur (obligataire) est un créancier de la société émettrice, qui s'engage à lui verser des intérêts périodiques (coupon) et à rembourser le principal à l'échéance contractuelle. L'obligataire est remboursé prioritairement sur les actifs de la société en cas de liquidation ou de faillite (avant les actionnaires). L'action est un titre de propriété: le porteur (actionnaire) est copropriétaire de la société, participe aux bénéfices via les dividendes (variables selon les résultats), dispose du droit de vote en assemblée générale, mais supporte le risque de perte totale de son investissement en cas de liquidation car les actionnaires ne sont remboursés qu'après tous les créanciers. Pour un investisseur belge, les obligations offrent généralement un rendement plus prévisible et un risque moins élevé que les actions, au détriment d'un potentiel de plus-value limité au prix de remboursement contractuel. Les intérêts d'obligations sont soumis au précompte mobilier de 30 %, tandis que les dividendes d'actions le sont également au même taux de 30 % depuis la réforme fiscale de 2017.
Oui, une société belge peut parfaitement émettre des obligations sans faire appel au public via un placement privé (private placement). Le Règlement Prospectus (UE) 2017/1129 et la Loi du 16 juin 2006 relative aux offres publiques prévoient plusieurs exemptions à l'obligation de publier un prospectus agréé par la FSMA. L'émission est exemptée de prospectus dans les cas suivants: offre adressée uniquement à des investisseurs qualifiés (institutionnels, gestionnaires de portefeuille agréés), offre adressée à moins de 150 personnes physiques ou morales par État membre de l'UE, offre pour laquelle chaque investisseur souscrit un minimum de 100.000 EUR par investisseur, émission dont le montant total est inférieur à 1 million EUR sur une période de 12 mois, ou émission dans le cadre du régime simplifié de prospectus (crowdfunding règlement UE 2020/1503). Pour les PME belges qui souhaitent se financer par obligations privées auprès de leurs actionnaires actuels, de leurs fournisseurs, ou d'un cercle limité d'investisseurs privés, le private placement est la voie la plus accessible car il évite les coûts et délais d'approbation d'un prospectus complet par la FSMA. L'Acte de Souscription d'Obligations disponible sur forms-legal.com est adapté à ce type d'émission privée.
En cas de difficultés financières d'une société émettrice d'obligations en Belgique, les droits des obligataires sont hiérarchisés selon le droit de l'insolvabilité belge, codifié dans le Livre XX du Code de droit économique. Les obligations senior non garanties sont remboursées après les créanciers privilégiés (Trésor public, ONSS, travailleurs pour arriérés de salaires) mais avant les obligations subordonnées et les actionnaires. Les obligations garanties (sécurisées par une hypothèque ou un gage) donnent au porteur un droit de préférence sur les actifs faisant l'objet de la sûreté, avant les créanciers chirographaires. En cas de procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) prévue par le Livre XX CDE, les obligataires peuvent être regroupés dans une classe de créanciers et votent le plan de réorganisation proposé par le débiteur. En cas de faillite déclarée par le Tribunal de l'entreprise, un curateur est nommé pour liquider les actifs et répartir le produit entre les créanciers selon leur rang légal. Pour protéger leurs droits, les obligataires peuvent: négocier des covenants financiers contraignants dans les conditions d'émission (ratios de dette, limitations des distributions, cross-default clauses), exiger des garanties réelles ou personnelles, ou constituer une masse des obligataires avec représentant commun (article 7:69 CSA).
Les intérêts (coupons) d'obligations perçus par des résidents belges sont soumis au précompte mobilier libératoire de 30 % conformément à l'article 269 §1er du Code des impôts sur les revenus (CIR 1992). Ce précompte est prélevé à la source par l'émetteur belge lors de chaque paiement de coupon et reversé au SPF Finances. Pour les résidents belges, le précompte est libératoire: les intérêts perçus (nets de précompte) n'ont pas à être mentionnés dans la déclaration IPP annuelle, sauf option pour la globalisation fiscale (avantageuse si le taux marginal IPP est inférieur à 30 %). Pour les obligations d'État belges (OLO) et les bons du Trésor, certaines exonérations spécifiques peuvent s'appliquer selon les conditions d'émission. Les intérêts d'obligations perçus via un intermédiaire étranger (courtier en ligne non belge) ne font pas l'objet d'un prélèvement belge à la source: le contribuable belge doit les déclarer dans sa déclaration IPP et payer le précompte mobilier dû de 30 %. Les plus-values réalisées lors de la vente d'obligations sur le marché secondaire par des particuliers résidents belges, dans le cadre de la gestion normale de leur patrimoine privé, sont exonérées d'impôt conformément à l'article 90 CIR 1992. En revanche, les moins-values sur obligations ne sont pas fiscalement déductibles pour les particuliers.
Une obligation convertible est un titre de créance obligataire qui confère à son porteur le droit (mais non l'obligation) de convertir sa créance en actions de la société émettrice, à des conditions prédéfinies (ratio de conversion, prix de conversion, période de conversion), conformément à l'article 7:67 §1er du Code des sociétés et des associations (CSA 2019). L'obligation convertible est un instrument de financement hybride particulièrement utilisé par les start-ups et scale-ups belges pour attirer des investisseurs (business angels, fonds de capital-risque) qui veulent bénéficier à la fois de la protection de la créance obligataire (taux d'intérêt garanti, remboursement prioritaire en cas de liquidation) et du potentiel de plus-value lié aux actions en cas de succès de la société. En pratique, la conversion intervient généralement lors d'un tour de financement suivant (série A, série B) ou lors d'une introduction en Bourse, souvent à un prix de conversion bénéficiant d'une décote par rapport au prix de valorisation du tour suivant pour récompenser l'investisseur qui a pris le risque plus tôt. En droit belge, l'émission d'obligations convertibles par une SA requiert une mention dans les statuts autorisant le conseil d'administration à procéder à de telles émissions, et une décision du conseil d'administration pour chaque émission. La conversion entraîne une augmentation du capital social de l'émetteur, soumise aux formalités du CSA (notification à la BCE, publication aux Annexes du Moniteur belge).
La taxe sur les opérations boursières (TOB) applicable aux transactions sur obligations en Belgique est de 0,12 % sur le montant de la transaction, avec un plafond de 1.300 EUR par transaction, conformément au Code des droits et taxes divers tel que modifié par la Loi du 25 décembre 2016. Cette taxe s'applique aux achats et aux ventes d'obligations réalisés en Belgique ou via un intermédiaire belge sur n'importe quel marché (marché réglementé ou de gré à gré). La TOB est prélevée à la source par l'intermédiaire financier (courtier, banque) lors de chaque transaction et reversée au SPF Finances. Pour les résidents belges qui opèrent via des courtiers étrangers (courtiers en ligne étrangers non soumis à la réglementation belge), la TOB doit être déclarée et payée spontanément par le contribuable lui-même via la déclaration à l'administration des Contributions directes. L'omission de la TOB expose le contribuable à des amendes et intérêts de retard. Les transactions sur obligations d'État belges (OLO et bons du Trésor) ne sont pas soumises à la TOB lorsqu'elles sont réalisées directement avec l'Agence de la Dette sur le marché primaire. Sur le marché secondaire, la TOB de 0,12 % s'applique normalement. Comparativement, la TOB applicable aux actions est de 0,35 % (plafond 1.600 EUR) et celle applicable aux OPC capitalisants est de 1,32 % (plafond 4.000 EUR), ce qui fait des obligations l'instrument le moins taxé à la transaction.
Oui, depuis l'entrée en vigueur du Code des sociétés et des associations (CSA) le 1er mai 2019, les sociétés à responsabilité limitée (SRL/BV) belges peuvent émettre des obligations, contrairement à l'ancien droit des SPRL (Sociétés Privées à Responsabilité Limitée) qui ne le permettait pas. Les articles 5:104 à 5:108 du CSA régissent l'émission d'obligations par les SRL belges. La procédure requiert: une décision de l'organe de gestion de la SRL (gérant ou conseil d'administration selon les statuts), une vérification préalable que les statuts n'interdisent pas ou ne restreignent pas l'émission d'obligations, et le respect des dispositions légales sur les offres publiques si l'émission est adressée à plus de 150 investisseurs ou dépasse le seuil de dispense de prospectus. La réforme du CSA 2019 a ainsi ouvert un nouvel outil de financement pour les PME belges constituées en SRL, qui peuvent désormais émettre des obligations pour diversifier leurs sources de financement sans recourir exclusivement au crédit bancaire. Pour les SRL souhaitant se financer par obligations privées auprès de leurs associés existants, de leurs partenaires commerciaux, ou d'un cercle limité d'investisseurs, le private placement permet d'éviter l'obligation de prospectus FSMA. L'Acte de Souscription d'Obligations disponible sur forms-legal.com est applicable aux émissions de SRL belges sous le nouveau régime du CSA 2019.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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