Bail Rural à Fermage
Qu'est-ce qu'un Bail Rural à Fermage ?
Le bail rural à fermage est, en droit français, le contrat par lequel un propriétaire loue des terres ou bâtiments agricoles à un exploitant moyennant un fermage, régi par le statut du fermage des articles L411-1 à L411-78 du Code rural et de la pêche maritime.
Le Bail Rural à Fermage en France se distingue fondamentalement du bail civil ordinaire (Code civil art. 1709), du bail commercial (Code de commerce L145-1) et du bail d'habitation (loi n°89-462 du 6 juillet 1989). Sa particularité tient à la durée minimale impérative de 9 ans (article L411-5), à l'encadrement du fermage par arrêté préfectoral annuel de la Direction Départementale des Territoires (DDT), et à l'ensemble des droits protecteurs accordés au preneur : droit au renouvellement, droit de préemption en cas de vente des terres (article L412-1), droits aux améliorations en fin de bail (article L411-69), et protection contre les congés abusifs.
Le statut du fermage est dit d'ordre public car il ne peut être écarté ou réduit par accord contractuel. Toute clause du bail dérogeant au statut au détriment du preneur est nulle de plein droit. Cette protection est justifiée par la nécessité d'assurer la stabilité des exploitations agricoles : un agriculteur qui investit dans une exploitation (bâtiments, drainage, plantations) doit être assuré d'une durée d'exploitation suffisante pour amortir ses investissements. Le Tribunal paritaire des baux ruraux (TPBR), composé d'un juge du Tribunal judiciaire et de représentants des bailleurs et preneurs désignés par le préfet, est la juridiction exclusive pour les litiges (article L492-1 du Code rural).
Le Bail Rural à Fermage en France couvre plusieurs variantes selon la durée : le bail ordinaire de 9 ans (article L411-5), le bail à long terme de 18 ans (exonérations fiscales partielles, Code rural L416-1), le bail à long terme de 25 ans (exonération des 3/4 des droits de mutation à titre gratuit pour les héritiers du bailleur, CGI art. 793 2° 3° bis), et le bail carrière s'étendant jusqu'à la retraite du preneur. Les terres agricoles louées sous bail long terme bénéficient également d'une protection accrue contre les congés successoraux.
Le fermage encadré par arrêté préfectoral de la DDT est une caractéristique unique du bail rural à fermage en France. Contrairement aux loyers librement fixés dans les baux civils ou commerciaux, le fermage annuel doit être compris dans les fourchettes fixées pour chaque département, chaque catégorie de terres (labours, prairies, vignes, bâtiments) et chaque classe de valeur agronomique. Un fermage hors fourchette est nul de plein droit. La SAFER (Société d'Aménagement Foncier et d'Établissement Rural) dispose d'un droit de préemption subsidiaire sur les terres agricoles en vente (Code rural L143-1). Voir aussi le Bail de Garage ou Place de Parking et l'Attestation Loi Carrez disponibles sur forms-legal.com.
Quand avez-vous besoin d'un Bail Rural à Fermage ?
Un Bail Rural à Fermage en France est nécessaire dans toute situation où un propriétaire de terres agricoles, prairies, vignes ou bâtiments ruraux souhaite les mettre à disposition d'un exploitant agricole pour une exploitation professionnelle, en contrepartie d'un fermage annuel encadré.
Location de terres arables à un exploitant céréalier : dans les grandes plaines agricoles (Beauce, Brie, Champagne crayeuse, Limagne, plaine d'Alsace), les propriétaires de terres non exploitées (héritiers, propriétaires non agriculteurs) les mettent à bail à des exploitants céréaliers (blé, maïs, colza, tournesol). Le bail rural à fermage de 9 ans offre la sécurité nécessaire à l'investissement en intrants et matériel agricole.
Location de vignes dans les grandes appellations françaises : dans les vignobles de Bordeaux (AOC Bordeaux, Saint-Émilion, Pomerol, Médoc), de Bourgogne (AOC Gevrey-Chambertin, Meursault, Chablis), de Champagne (AOC Champagne), d'Alsace, du Rhône (AOC Châteauneuf-du-Pape, Côtes-du-Rhône), du Languedoc-Roussillon, le bail rural à fermage de vignes est courant. Le fermage vigneron est fixé par arrêté préfectoral, généralement plus élevé que pour les terres arables en raison de la valeur des parcelles. La SAFER préempte les vignes des grandes AOC pour maintenir la structure des exploitations.
Location de prairies à des éleveurs : dans les régions d'élevage bovin (Normandie, Bretagne, Massif central, Jura, Pays de la Loire, Aveyron), les propriétaires de prairies naturelles et artificielles les mettent à bail à des éleveurs (lait, viande, ovins, caprins). Le bail rural à fermage garantit la continuité du pâturage, condition de la production laitière et de la qualité des fromages AOC (Comté, Beaufort, Saint-Nectaire, Laguiole).
Transmission intergénérationnelle d'une exploitation agricole : un exploitant agricole souhaitant prendre sa retraite peut continuer à percevoir des revenus en donnant ses terres en bail à long terme de 25 ans à son successeur (enfant ou tiers repreneur). Le bail à long terme bénéficie d'exonérations fiscales sur les droits de succession (CGI art. 793) pour les héritiers du bailleur, favorisant la transmission sans morcellement.
Location à un GAEC ou une EARL pour agrandissement : une exploitation familiale organisée en GAEC (Groupement Agricole d'Exploitation en Commun, Code rural L323-1) ou en EARL (Exploitation Agricole à Responsabilité Limitée, Code rural L324-1) peut prendre en bail des terres supplémentaires pour atteindre une taille critique économique. Le contrôle des structures agricoles (SDREA régional, DDT) peut imposer une autorisation préfectorale au-delà des seuils départementaux (articles L331-1 à L331-16 du Code rural).
Que faut-il inclure dans votre Bail Rural à Fermage ?
Le Bail Rural à Fermage conforme au statut du fermage français doit contenir les éléments essentiels imposés par les articles L411-1 à L411-78 du Code rural et de la pêche maritime. Le modèle de forms-legal.com intègre les mentions obligatoires et les clauses protectrices du preneur.
Identification des parties : bailleur (propriétaire ou usufruitier des terres) avec nom, adresse et qualité juridique. Preneur (exploitant agricole) avec nom, adresse, statut juridique (exploitant individuel, GAEC avec numéro d'agrément CDOA, EARL, SCEA). Pour les sociétés agricoles, mentionner le SIREN et l'agrément CDOA.
Description détaillée des biens ruraux : identification de chaque parcelle par section cadastrale, numéro, commune, superficie. Identification des bâtiments agricoles (hangar, étable, chai, grange) avec superficie. La superficie totale est déterminante pour le contrôle des structures agricoles (DDT, SDREA). La description doit être suffisamment précise pour permettre l'état des lieux d'entrée.
Type de productions et destination agricole : mentionner le type de cultures ou d'élevage prévu. Le preneur s'engage à exploiter les terres selon leur destination agricole. Toute modification de destination (urbanisation, extraction, construction) requiert l'accord écrit du bailleur et les autorisations administratives (PLU, SDREA).
Durée du bail et type : indiquer expressément la durée (9 ans standard, 18 ou 25 ans pour bail à long terme). Mentionner les règles de renouvellement tacite et les conditions de congé (préavis 18 mois avant l'échéance, motifs limitatifs des articles L411-31 à L411-37 : reprise personnelle, vente avec droit de préemption du preneur, non-exploitation).
Montant du fermage annuel et fourchette DDT : le fermage annuel doit être compris dans les fourchettes fixées par l'arrêté préfectoral annuel de la DDT du département des terres (article L411-11 du Code rural). Mentionner le département concerné. Le fermage hors fourchette est nul de plein droit. Révision annuelle selon l'indice préfectoral départemental.
Droits et obligations des parties : obligation du bailleur d'effectuer les grosses réparations (article L415-3). Obligation du preneur d'exploiter en bon père de famille, de maintenir les clôtures et fossés, de respecter la conditionnalité PAC (Politique Agricole Commune, règlement UE 2021/2115). Droit aux améliorations du preneur en fin de bail (article L411-69). Prohibition de sous-location et de cession sauf accord écrit du bailleur (article L411-35).
Compétence du Tribunal paritaire des baux ruraux : mention de la juridiction exclusive compétente pour les litiges (TPBR du lieu de situation des terres, article L492-1 du Code rural), composé d'un juge judiciaire et de représentants agricoles.
Comment remplir votre Bail Rural à Fermage
Remplir un Bail Rural à Fermage en France selon les articles L411-1 à L411-78 du Code rural requiert de vérifier préalablement les arrêtés préfectoraux du département et les règles de contrôle des structures agricoles.
Étape 1 — Identification des parties : complétez le nom et adresse du bailleur (propriétaire ou usufruitier). Pour le preneur, précisez son statut (exploitant individuel, GAEC avec numéro d'agrément CDOA, EARL, SCEA) et le numéro SIREN pour les sociétés.
Étape 2 — Description des parcelles et bâtiments : listez chaque parcelle avec sa section cadastrale (disponible sur le cadastre.gouv.fr), son numéro, sa commune et sa superficie. Listez les bâtiments agricoles avec leur superficie. La superficie totale doit correspondre aux seuils du SDREA (Schéma Directeur Régional des Exploitations Agricoles) de la région. En cas de dépassement des seuils, une autorisation préfectorale de la DDT est requise avant la prise de bail.
Étape 3 — Type de production : sélectionnez le type de cultures ou d'élevage. Cette information conditionne la catégorie de terres pour le calcul du fermage selon l'arrêté préfectoral de la DDT.
Étape 4 — Durée du bail : choisissez entre 9 ans standard (article L411-5), 18 ans (exonérations fiscales partielles, Code rural L416-1) ou 25 ans (exonération des 3/4 des droits de mutation gratuite, CGI art. 793 2° 3° bis). Pour les baux à long terme (18 ou 25 ans), consultez un notaire ou un conseiller agricole de la chambre d'agriculture.
Étape 5 — Montant du fermage : consultez l'arrêté préfectoral annuel de la DDT du département des terres (disponible sur le site de la préfecture ou directement auprès de la DDT). Vérifiez les fourchettes min-max pour la catégorie de terres concernée (labours, prairies, vignes, bâtiments). Fixez un fermage dans la fourchette légale. Un fermage hors fourchette est nul de plein droit.
Étape 6 — Date d'échéance et mode de paiement : la date d'échéance est traditionnellement fixée au 29 septembre (Saint-Michel) ou au 11 novembre (Saint-Martin) pour les terres à céréales, ou en décembre-janvier pour les vignes (après vendanges). Le paiement annuel ou semestriel est courant.
Étape 7 — État des lieux d'entrée : un état des lieux contradictoire détaillé (état des parcelles, état des bâtiments, inventaire du cheptel) est fondamental car il constitue la référence pour les droits aux améliorations du preneur en fin de bail (article L411-69). Faites rédiger l'état des lieux par un expert foncier ou notaire si la valeur des terres est significative.
Étape 8 — Enregistrement et formalités : le bail rural est en principe soumis à enregistrement au Service des Impôts des Entreprises (SIE) dans 1 mois de la signature (droits d'enregistrement 0 si bail de moins de 12 ans, droits proportionnels pour les baux plus longs). Consultez votre chambre d'agriculture ou votre notaire pour les formalités spécifiques (SAFER notification, contrôle des structures).
Exigences juridiques pour Bail Rural à Fermage
Le Bail Rural à Fermage en France est soumis au statut du fermage d'ordre public (Code rural art. L411-1 à L411-78). Les règles impératives s'imposent indépendamment de la volonté des parties.
Durée minimale de 9 ans (article L411-5 al. 1) : toute clause fixant une durée inférieure est nulle de plein droit. Les baux à long terme de 18 ou 25 ans (Code rural L416-1) bénéficient d'exonérations fiscales successorales (CGI art. 793 2° 3° bis).
Fermage encadré par arrêté préfectoral (article L411-11) : le fermage annuel doit être dans les fourchettes fixées par la DDT pour chaque département, catégorie de terres et classe agronomique. Fermage hors fourchette = nul de plein droit. Révision annuelle selon l'indice préfectoral.
Droit au renouvellement tacite (articles L411-31 à L411-37) : à l'échéance, le bail se renouvelle tacitement pour la même durée. Le bailleur ne peut donner congé que 18 mois avant l'échéance, par acte de commissaire de justice, et uniquement pour reprise personnelle, vente (avec préemption du preneur, L412-1), ou non-exploitation.
Droit de préemption du preneur en cas de vente (article L412-1) : notification obligatoire au preneur des conditions de vente, délai de 2 mois pour préempter. En cas de violation, action en substitution du preneur dans 6 mois.
Droit de préemption de la SAFER (article L143-1) : droit subsidiaire après renonciation du preneur, pour maintien de l'usage agricole. SAFER notifie dans 2 mois.
Contrôle des structures agricoles (articles L331-1 à L331-16) : au-delà des seuils fixés par le SDREA (Schéma Directeur Régional des Exploitations Agricoles) de la région, autorisation préfectorale de la DDT requise avant prise de bail.
Droits aux améliorations en fin de bail (article L411-69) : indemnité pour les améliorations apportées avec accord ou nécessaires. État des lieux d'entrée contradictoire indispensable comme référence.
Interdiction de sous-location et de cession (article L411-35) : sauf accord écrit du bailleur pour cession à un successeur agréé ou à un GAEC.
Compétence exclusive du TPBR (article L492-1) : Tribunal paritaire des baux ruraux du lieu de situation des terres. Composition paritaire (juge + représentants bailleur et preneur).
Erreurs courantes à éviter dans votre Bail Rural à Fermage
Plusieurs erreurs fréquentes dans la conclusion ou l'exécution d'un Bail Rural à Fermage en France peuvent entraîner la nullité de clauses, des sanctions du Tribunal paritaire des baux ruraux ou la perte de droits importants.
Erreur 1 — Fixer un fermage hors fourchette préfectorale : un fermage inférieur au minimum ou supérieur au maximum de l'arrêté préfectoral annuel de la DDT est nul de plein droit (article L411-11 du Code rural). La solution consiste à consulter systématiquement l'arrêté préfectoral de l'année de signature du bail sur le site de la DDT du département avant de fixer le fermage.
Erreur 2 — Fixer une durée inférieure à 9 ans : une durée de 3, 5 ou 6 ans est nulle de plein droit pour un bail rural à fermage standard. La solution est de respecter la durée minimale légale de 9 ans ou, si une durée plus courte est souhaitée, d'utiliser des conventions pluriannuelles de pâturage (Code rural L481-1) ou des contrats saisonniers distincts du bail rural.
Erreur 3 — Oublier de notifier le preneur en cas de vente : le bailleur qui vend les terres sans notifier préalablement le preneur dans les conditions de l'article L412-1 s'expose à l'action en substitution du preneur dans 6 mois de la connaissance de la vente. La solution est de notifier le preneur par acte de commissaire de justice avant toute négociation sérieuse avec un acquéreur tiers.
Erreur 4 — Ignorer le contrôle des structures agricoles : un bail conclu au-delà des seuils du SDREA sans autorisation préfectorale préalable de la DDT est nul (articles L331-1 à L331-16 du Code rural). La solution est de vérifier les seuils du SDREA auprès de la DDT ou de la chambre d'agriculture avant la signature.
Erreur 5 — Absence d'état des lieux d'entrée détaillé : sans état des lieux d'entrée contradictoire précis, le preneur ne peut pas prouver les améliorations apportées pendant le bail (article L411-69) et le bailleur ne peut pas prouver les dégradations imputables au preneur. La solution est de faire établir un état des lieux détaillé, si possible par un expert foncier agréé, signé par les deux parties.
Questions Fréquentes
Le Bail Rural à Fermage en France est régi par le statut du fermage, ensemble de règles d'ordre public codifiées aux articles L411-1 à L411-78 du Code rural et de la pêche maritime. Ce statut est dit d'ordre public car ses règles protectrices du preneur (exploitant agricole) ne peuvent être écartées ou réduites par accord des parties. Toute clause contractuelle dérogeant au statut au détriment du preneur est nulle de plein droit. Ce caractère d'ordre public est fondamental : il distingue le bail rural à fermage du bail civil ordinaire (Code civil art. 1709) et des baux commerciaux (Code de commerce L145-1). Le statut du fermage garantit au preneur : la durée minimale de 9 ans (article L411-5 al. 1), le droit au renouvellement tacite à l'échéance sauf congé motivé du bailleur (articles L411-31 à L411-37), un fermage encadré dans les fourchettes fixées par arrêté préfectoral annuel de la DDT (article L411-11 — fermage hors fourchette est nul), le droit de préemption prioritaire en cas de vente (article L412-1), la protection contre les congés abusifs, et les droits aux améliorations en fin de bail (article L411-69). Ces protections sont justifiées par la nécessité de garantir la stabilité de l'exploitation agricole : un agriculteur ne peut pas investir dans des terres qu'il pourrait perdre à court terme. Le Tribunal paritaire des baux ruraux (TPBR) est la juridiction spécialisée compétente pour les litiges (article L492-1 du Code rural).
La durée minimale légale d'un Bail Rural à Fermage en France est de 9 ans, fixée par l'article L411-5 alinéa 1er du Code rural et de la pêche maritime. Cette durée de 9 ans est impérative : toute clause fixant une durée inférieure est nulle de plein droit. À l'échéance des 9 ans, le bail est renouvelé tacitement pour la même durée, sauf congé donné par le bailleur 18 mois avant l'échéance par acte de commissaire de justice ou lettre recommandée avec accusé de réception, et uniquement pour les motifs limitativement énumérés par les articles L411-31 à L411-37 (reprise personnelle, vente, non-exploitation). Le Code rural prévoit également des baux à long terme bénéficiant d'avantages fiscaux spécifiques (article L416-1) : le bail à long terme de 25 ans (exonération des 3/4 des droits de mutation à titre gratuit sur les terres agricoles, CGI art. 793 2° 3° bis), le bail à long terme de 18 ans (exonération des 3/4 également depuis la loi de finances 2024), et le bail carrière s'étendant jusqu'à la retraite du preneur. Ces baux longs sont protégés en cas de succession et ne peuvent être rompus par les héritiers du bailleur. La durée de 9 ans pour le bail standard n'interdit pas aux parties de fixer une durée plus longue (15 ans, 25 ans), mais jamais inférieure à 9 ans. La Société d'Aménagement Foncier et d'Établissement Rural (SAFER) peut préempter les terres agricoles libres à la vente (Code rural L143-1).
Le fermage (loyer des terres agricoles) d'un Bail Rural à Fermage en France est encadré par un système légal impératif. Contrairement au loyer d'un bail d'habitation ou commercial, le fermage ne peut pas être librement fixé : il doit être compris dans les fourchettes (minimum et maximum) fixées chaque année par arrêté préfectoral pris par la Direction Départementale des Territoires (DDT) pour chaque département et chaque catégorie de terres (terres labourables, prairies permanentes, vignes, bâtiments agricoles), conformément à l'article L411-11 du Code rural et de la pêche maritime. Un fermage inférieur au minimum ou supérieur au maximum de l'arrêté préfectoral est nul de plein droit et peut être requalifié dans la fourchette légale par le Tribunal paritaire des baux ruraux. La révision annuelle du fermage obéit à un indice spécifique fixé par l'arrêté préfectoral, distinct de l'IRL (loyers d'habitation) et de l'ILC (loyers commerciaux). Toute clause de révision conventionnelle dérogeant au mécanisme légal de l'arrêté préfectoral est nulle. En cas de calamités agricoles (sécheresse, grêle, inondation, gel) réduisant la récolte de plus du tiers, le preneur peut demander une réduction proportionnelle du fermage devant le TPBR (articles L411-14 à L411-17 du Code rural). En pratique, les DDT publient chaque année en juin-juillet les arrêtés préfectoraux sur leurs sites internet (agriculture.gouv.fr et portails DDT départementaux).
Le preneur d'un Bail Rural à Fermage en France bénéficie d'un droit de préemption prioritaire en cas de vente des terres qu'il exploite, codifié à l'article L412-1 du Code rural et de la pêche maritime. Ce droit de préemption fonctionne comme suit : lorsque le bailleur envisage de vendre les terres louées, il doit notifier au preneur par acte de commissaire de justice les conditions de la vente projetée (prix, modalités). Le preneur dispose de 2 mois pour accepter d'acheter aux conditions notifiées ou pour présenter une offre. S'il accepte, la vente est conclue à son profit. S'il renonce, le bailleur peut vendre à l'acquéreur de son choix. Ce droit de préemption est personnel et ne peut être cédé. En cas de violation du droit de préemption par le bailleur (vente directe sans notification), le preneur peut exercer une action en substitution dans les 6 mois de la connaissance de la vente, ce qui lui permet de se substituer à l'acquéreur aux mêmes conditions. Parallèlement au droit de préemption du preneur, la SAFER (Société d'Aménagement Foncier et d'Établissement Rural) dispose d'un droit de préemption subsidiaire sur les terres agricoles (Code rural L143-1), qu'elle exerce après la renonciation du preneur, dans le but de maintenir l'usage agricole des terres et faciliter l'installation ou l'agrandissement des exploitations. La SAFER notifie sa décision dans 2 mois après la renonciation du preneur.
Le preneur d'un Bail Rural à Fermage en France a le droit, en fin de bail, de réclamer au bailleur une indemnité pour les améliorations apportées aux fonds loués pendant la durée du bail, conformément à l'article L411-69 du Code rural et de la pêche maritime. Ce droit aux améliorations couvre les investissements durables réalisés avec l'accord du bailleur ou, à défaut, ceux qui étaient nécessaires à la bonne exploitation du fonds : travaux de drainage, irrigation, amélioration des sols, constructions et bâtiments agricoles édifiés avec accord écrit du bailleur, plantations pérennes (vignes, vergers), améliorations du réseau de chemins ou fossés. L'indemnité est calculée selon l'augmentation de valeur vénale du fonds résultant des travaux, appréciée contradictoirement par des experts à la date de la fin du bail. L'état des lieux d'entrée détaillé est donc fondamental pour établir la référence : seules les améliorations postérieures à l'état initial peuvent donner lieu à indemnisation. Le preneur ne peut pas réclamer d'indemnité pour les réparations d'entretien courant qui lui incombent. Ce droit aux améliorations est d'ordre public : toute clause l'excluant est nulle. La prescription de l'action en indemnisation est de 5 ans à compter de la fin du bail (article 2224 du Code civil). Le Tribunal paritaire des baux ruraux est compétent pour les litiges relatifs aux droits aux améliorations.
Oui. Un Groupement Agricole d'Exploitation en Commun (GAEC) peut être preneur d'un Bail Rural à Fermage en France, conformément aux articles L411-59 et L323-1 du Code rural et de la pêche maritime. Les conditions sont les suivantes. Premièrement, le GAEC doit avoir obtenu l'agrément de la commission départementale d'orientation agricole (CDOA) compétente pour le département du siège de l'exploitation. Deuxièmement, les membres du GAEC doivent répondre individuellement aux conditions de capacité agricole ou d'expérience professionnelle requises (titre ou expérience équivalente à 5 années d'activité agricole). Troisièmement, en cas de dissolution du GAEC, le bail peut être poursuivi par un ou plusieurs membres satisfaisant aux conditions requises. Les autres formes de sociétés agricoles éligibles comme preneurs sont l'EARL (Exploitation Agricole à Responsabilité Limitée, Code rural L324-1) et la SCEA (Société Civile d'Exploitation Agricole). En revanche, les SAS, SA et autres formes commerciales non spécifiquement agricoles sont en principe exclues du statut du fermage comme preneurs, sauf autorisation spéciale. Le contrôle des structures agricoles (articles L331-1 à L331-16 du Code rural) s'applique aux baux ruraux : au-delà de certains seuils de surface (définis par le SDREA de chaque région), une autorisation préfectorale préalable est requise avant la prise de bail par une société ou un agriculteur agrandissant son exploitation.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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