Déclaration ICPE Préfecture (Installation Classée pour la Protection de l'Environnement)
En-tête — Déclaration ICPE
[Prefecture Competente] Service Inspection des Installations Classées DÉCLARATION D'INSTALLATION CLASSÉE POUR LA PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT (ICPE) (Code de l'environnement art. L511-1 à L514-20 ; R512-47) Date : [Date Declaration]
Identité de l'exploitant
EXPLOITANT : Nom / Dénomination : [Nom Exploitant] SIREN : [Siren Exploitant] Adresse siège / domicile : [Adresse Exploitant] Qualité du représentant : [Qualite Representant]
Description de l'installation
INSTALLATION CLASSÉE : Nom / Dénomination : [Nom Installation] Adresse et coordonnées : [Adresse Installation] Rubrique principale ICPE : [Rubrique Principale] Autres rubriques applicables : [Autres Rubriques] Capacités et seuils : [Capacite Installation]
Description technique et mesures environnementales
DESCRIPTION DE L'ACTIVITÉ : [Description Activite] MESURES DE PRÉVENTION ET DE PROTECTION : [Mesures Environnementales]
Engagement et demande de récépissé
Date prévue de début d'exploitation : [Date Debut Exploitation] Conformément aux articles L511-1 à L514-20 et R512-47 du Code de l'environnement, le soussigné déclare à la Préfecture de la situation de l'installation la mise en service de l'installation classée décrite ci-dessus, relevant du régime de déclaration (D). Le soussigné certifie : 1. Que l'installation répond aux prescriptions de l'arrêté ministériel de prescriptions générales applicable à la rubrique visée ; 2. Que l'installation sera exploitée en conformité avec les dispositions du Code de l'environnement et des arrêtés préfectoraux applicables ; 3. Que les informations contenues dans la présente déclaration sont exactes et sincères. En application de l'article R512-47 al. 5 du Code de l'environnement, le soussigné demande la délivrance du récépissé de déclaration par le Préfet. Fait à ________________________, le [Date Declaration] Signature de l'exploitant ou de son représentant :
Exploitant / Représentant légal
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Déclaration ICPE Préfecture (Installation Classée pour la Protection de l'Environnement) ?
La Déclaration ICPE Préfecture (Installation Classée pour la Protection de l'Environnement) est, en droit français, une déclaration ICPE auprès de la Préfecture pour les installations soumises au régime de déclaration. Elle est régie par Code de l'environnement art. L511-1 à L514-20 et R512-47.
Les Installations Classées pour la Protection de l'Environnement sont définies à l'article L511-1 du Code de l'environnement : ce sont les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages. La nomenclature des ICPE, établie par décret en Conseil d'État et régulièrement mise à jour, classe les installations selon leurs activités et leurs seuils en quatre régimes : déclaration (D), déclaration avec contrôle périodique (DC), enregistrement (E) et autorisation (A), du moins contraignant au plus contraignant.
Le régime de déclaration (D), encadré par les articles R512-47 à R512-55 du Code de l'environnement, est le régime le plus simple pour les ICPE. Il s'applique aux installations dont les capacités ou les volumes sont inférieurs aux seuils d'enregistrement ou d'autorisation, mais dont les activités nécessitent néanmoins d'être portées à la connaissance de l'administration pour permettre un contrôle minimal. La déclaration doit être déposée à la Préfecture du département de situation de l'installation avant sa mise en service (Code env. R512-47 al. 1). En retour, le Préfet délivre un récépissé de déclaration mentionnant les prescriptions de l'arrêté ministériel de prescriptions générales applicable à la rubrique de classement (Code env. R512-49). Ce récépissé ne constitue pas une autorisation mais la reconnaissance de la conformité de principe de l'installation aux prescriptions générales.
L'inspection des installations classées, exercée en France par les Directions Régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) ou la DRIEE en Île-de-France, sous l'autorité du Préfet, est chargée de contrôler le respect des prescriptions des arrêtés de prescriptions générales (APG) applicables aux installations déclarées. Les APG sont publiés au Journal officiel pour chaque rubrique de la nomenclature ICPE ; ils constituent le référentiel technique obligatoire pour les exploitants d'installations déclarées. L'arrêté du 15 janvier 2008 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées soumises à déclaration en est l'exemple le plus notable.
La réglementation ICPE en France s'inscrit dans le cadre de la directive européenne 2010/75/UE du Parlement européen et du Conseil du 24 novembre 2010 relative aux émissions industrielles (dite directive IED), transposée en droit français par l'ordonnance n°2012-7 du 5 janvier 2012. Pour les installations relevant du régime d'autorisation (A) soumises à la directive IED (anciennement directive IPPC), des exigences supplémentaires s'appliquent (meilleures techniques disponibles — MTD, étude d'impact environnemental). Pour les installations déclarées relevant du régime (D) ou (DC), ces exigences renforcées ne s'appliquent pas, mais les arrêtés de prescriptions générales peuvent fixer des valeurs limites d'émission ou des prescriptions techniques spécifiques. La Cour administrative d'appel de Nantes et le Conseil d'État ont rendu de nombreuses décisions de principe sur les conditions de recevabilité des déclarations ICPE et les obligations des exploitants (CE, 26 octobre 2011, n°325728).
Quand avez-vous besoin d'un Déclaration ICPE Préfecture (Installation Classée pour la Protection de l'Environnement) ?
La Déclaration ICPE auprès de la Préfecture en France est obligatoire dans toutes les situations où une activité industrielle, artisanale ou commerciale relève de la nomenclature ICPE et est classée au régime de déclaration (D) ou de déclaration avec contrôle périodique (DC).
Une entreprise qui ouvre une station de lavage de véhicules (rubrique ICPE 2925, régime D pour les installations traitant plus de 5 véhicules/jour sans dépassement des seuils d'enregistrement) doit déclarer l'installation à la Préfecture avant la mise en service. L'arrêté ministériel du 23 juin 1978 (modifié) fixe les prescriptions générales applicables à cette rubrique (traitement des eaux de lavage, raccordement au réseau d'assainissement, bac de rétention).
Un artisan ou une PME qui installe un poste de soudage au chalumeau ou à l'arc électrique dans un atelier (rubrique ICPE 2940 pour les ateliers de métallurgie, selon puissance installée) ou un compresseur de plus de 300 kW (rubrique 2920) doit déposer une déclaration préfectorale si les seuils de déclaration sont franchis. La Direction Régionale de l'Environnement (DREAL) ou le service inspection des installations classées de la Préfecture peut conseiller sur les rubriques applicables.
Un commerçant qui met en place un dépôt de liquides inflammables (essences, solvants) de plus de 500 litres mais moins de 10 000 litres (rubrique ICPE 1436, seuil de régime D) est soumis à déclaration. L'arrêté de prescriptions générales applicable (APG du 1er juin 2015 pour la rubrique 1436) impose des prescriptions sur les bacs de rétention, les dispositifs d'alerte incendie et les zones de sécurité.
Dans les exploitations agricoles, de nombreuses activités sont soumises à la nomenclature ICPE : élevages porcins, bovins ou avicoles au-delà de certains seuils (rubrique 2102 pour les bovins, 2111 pour les porcs, 2120 pour les volailles, selon effectifs animaux), silos de stockage céréalier (rubrique 2160), installations de stockage de lisier ou de fumier. La Mission Interservices de l'Eau et de la Nature (MISEN) coordonne l'inspection agricole avec les Directions Départementales des Territoires (DDT).
Tout changement notable dans une installation déjà déclarée (augmentation des capacités, modification des procédés, changement de rubrique) doit faire l'objet d'une nouvelle déclaration ou d'une demande d'enregistrement si les nouveaux seuils le requièrent (Code env. R512-54). La non-déclaration ou l'exploitation sans récépissé valide expose l'exploitant à des sanctions pénales (Code env. L514-11 : jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 75 000 € d'amende) et à une mesure administrative de mise en demeure et de suspension de l'activité.
Que faut-il inclure dans votre Déclaration ICPE Préfecture (Installation Classée pour la Protection de l'Environnement) ?
La Déclaration ICPE auprès de la Préfecture en France doit comporter des éléments techniques et administratifs précis, définis par l'article R512-47 du Code de l'environnement, dont l'omission peut conduire au rejet du dossier ou à des prescriptions complémentaires.
L'identification précise de l'exploitant est la première exigence : pour une personne morale, la dénomination sociale, la forme juridique, le numéro SIREN (INSEE), le siège social et la qualité du représentant légal ; pour une personne physique, le nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse. L'extrait Kbis (valide 3 mois) est souvent demandé en pièce jointe par les Préfectures pour les personnes morales.
La rubrique de classement ICPE est l'élément central du dossier : elle doit être identifiée avec précision, avec le régime applicable (D, DC, E ou A), les seuils de classement et les capacités effectives de l'installation qui démontrent que celle-ci relève bien du régime de déclaration. La nomenclature ICPE est consultable sur la base AIDA (Aides aux Installations DREAL et Administration) de l'INERIS. Pour une installation multi-rubriques (activité principale + stockages associés), chaque rubrique applicable doit être listée.
La description technique de l'installation doit couvrir : l'activité exercée et les procédés utilisés, les matières premières et les produits dangereux mis en œuvre (avec référence aux fiches de données de sécurité — FDS — pour les produits chimiques), les équipements et leur puissance ou capacité, les rejets atmosphériques (COV, poussières, NOx) et aqueux (connexion au réseau d'assainissement, débit, nature des effluents), les déchets produits et leur mode d'élimination. L'article R512-47 al. 2 précise le contenu obligatoire de la déclaration.
Les mesures pour prévenir les inconvénients et dangers constituent un volet essentiel : bacs de rétention pour les produits liquides dangereux (volume ≥ plus grand contenant ou 50% du volume total stocké), détecteurs de gaz ou de fumée pour les locaux fermés, plan d'organisation des secours en cas d'accident, procédures de gestion des déchets dangereux (collecte, stockage, traitement par un prestataire agréé). L'arrêté de prescriptions générales applicable à la rubrique de classement détaille les prescriptions minimales obligatoires. Les modèles de déclaration ICPE disponibles sur forms-legal.com sont structurés conformément aux exigences de l'article R512-47 du Code de l'environnement et des formulaires CERFA correspondants (CERFA 14734 ou formulaire Démarches Simplifiées pour les ICPE soumises à déclaration).
Depuis le 1er octobre 2021, la procédure de déclaration ICPE est dématérialisée via la plateforme nationale Démarches Simplifiées (démarches-simplifiées.fr) pour la plupart des rubriques soumises à déclaration. La Préfecture délivre un récépissé électronique mentionnant les prescriptions applicables. Le dossier papier reste parfois requis pour certains types d'installations ou certaines Préfectures. Une Déclaration ICPE est souvent instruite conjointement avec une Déclaration au Titre de la Loi sur l'Eau lorsque l'installation génère des rejets aqueux ou modifie le régime hydraulique local.
Pour les installations soumises au régime de déclaration avec contrôle périodique (DC), l'arrêté du 26 novembre 2012 fixe la liste des rubriques concernées et les modalités de contrôle : une première inspection par un organisme agréé (agréé par le ministère chargé des installations classées en application de l'article R512-55 du Code de l'environnement) est requise dans les 3 mois suivant la mise en service, puis tous les 5 ans. Le rapport de contrôle est transmis au Préfet et à l'exploitant ; en cas de non-conformités majeures, l'exploitant dispose d'un délai de 6 mois pour régulariser avant une contre-visite. Les organismes de contrôle agréés pour les ICPE-DC comprennent des cabinets d'inspection spécialisés (Bureau Veritas, APAVE, DEKRA, SGS) ainsi que des organismes accrédités par le Comité Français d'Accréditation (COFRAC). La DREAL (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) peut à tout moment diligenter une inspection inopinée des installations déclarées, sans préavis, dans le cadre de ses missions de police des installations classées (Code env. L514-5 et L514-6).
Comment remplir votre Déclaration ICPE Préfecture (Installation Classée pour la Protection de l'Environnement)
La Déclaration ICPE auprès de la Préfecture en France se prépare et se dépose selon les étapes suivantes, dont le respect conditionne la recevabilité du dossier.
Étape 1 — Identifier la rubrique ICPE applicable : consultez la nomenclature ICPE sur la base AIDA (aida.ineris.fr) pour identifier la rubrique correspondant à votre activité et vérifier les seuils de classement. En cas de doute, contactez la DREAL de votre région ou la Préfecture (service inspection des installations classées) pour un pré-examen de votre dossier. Un entretien préalable gratuit avec le service ICPE de la Préfecture permet d'éviter les erreurs de classement et d'obtenir la liste précise des pièces à fournir.
Étape 2 — Télécharger l'arrêté de prescriptions générales (APG) applicable : une fois la rubrique identifiée, téléchargez l'APG correspondant sur AIDA. Cet arrêté fixe les prescriptions techniques minimales que votre installation doit respecter. Vérifiez que votre installation est conforme avant de déposer la déclaration.
Étape 3 — Rédiger le dossier de déclaration : remplissez le formulaire CERFA 14734 (ou le formulaire en ligne sur Démarches Simplifiées) en complétant toutes les rubriques : identité de l'exploitant, adresse et localisation cadastrale de l'installation, rubriques ICPE, description technique, mesures préventives. Joignez les plans de situation (1/25 000) et plans de masse de l'installation. Pour les installations générant des rejets aqueux dans le réseau d'assainissement ou dans le milieu naturel, joignez également le contrat de raccordement au réseau d'assainissement collectif (service SPANC ou régie communale) ou la demande d'autorisation de déversement.
Étape 4 — Déposer le dossier à la Préfecture : déposez le dossier complet à la Préfecture du département (service ICPE ou DREAL délégué) au moins 1 mois avant la mise en service prévue. La dématérialisation sur Démarches Simplifiées est disponible pour la plupart des rubriques depuis 2021. En cas de dépôt papier, préparez 3 exemplaires du dossier (un pour la Préfecture, un pour la DREAL, un à conserver).
Étape 5 — Obtenir et conserver le récépissé : le Préfet délivre un récépissé de déclaration sans délai (Code env. R512-49). Ce récépissé mentionne les prescriptions applicables et atteste de la régularité de la déclaration. Conservez-le précieusement : il doit être présenté en cas de contrôle par l'inspection des installations classées (DREAL). En cas de modification notable de l'installation, une nouvelle déclaration est requise. Tenez à jour un registre interne de l'installation (date de déclaration, récépissé, APG applicable, résultats des contrôles périodiques pour les installations DC, incidents et mesures correctives) — ce registre est examiné par l'inspecteur lors des contrôles périodiques ou inopinés.
Exigences juridiques pour Déclaration ICPE Préfecture (Installation Classée pour la Protection de l'Environnement)
La Déclaration ICPE auprès de la Préfecture en France est encadrée par un ensemble de textes législatifs et réglementaires du Code de l'environnement et des arrêtés ministériels sectoriels.
L'article L511-1 du Code de l'environnement définit les ICPE et les critères de classement. Les articles L514-1 à L514-20 organisent le régime de sanctions administratives et pénales en cas d'infraction. L'article L514-11 prévoit des peines pénales pour l'exploitation sans déclaration ou sans respecter les prescriptions (1 an d'emprisonnement et 75 000 € d'amende). L'article L514-9 instaure la procédure de mise en demeure et de consignation par le Préfet en cas de non-respect des prescriptions.
Les articles R512-47 à R512-55 du Code de l'environnement régissent le régime de déclaration : l'article R512-47 fixe le contenu obligatoire de la déclaration, l'article R512-48 la procédure de dépôt, l'article R512-49 l'obligation de délivrance du récépissé, l'article R512-54 les modifications notables soumises à nouvelle déclaration. Le décret n°2006-648 du 2 juin 2006 relatif aux titres miniers et titres de stockage souterrain complète le dispositif pour certaines installations spécifiques. Le décret n°2013-374 du 2 mai 2013 a simplifié la procédure d'enregistrement ICPE.
Les arrêtés ministériels de prescriptions générales (APG) applicables à chaque rubrique constituent la référence technique obligatoire pour les exploitants d'installations déclarées : chaque APG fixe les valeurs limites d'émission, les prescriptions constructives (bacs de rétention, détecteurs), les obligations de surveillance et de contrôle périodique. La directive européenne 2010/75/UE (directive IED — Émissions Industrielles), transposée par l'ordonnance n°2012-7 du 5 janvier 2012, s'applique aux grandes installations industrielles relevant du régime d'autorisation A. Pour les installations déclarées (D, DC), les APG tiennent compte des meilleures techniques disponibles (MTD) au niveau européen mais de manière simplifiée. La DREAL (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) est l'autorité d'inspection qui contrôle les ICPE soumises à déclaration et peut proposer des prescriptions complémentaires au Préfet.
Erreurs courantes à éviter dans votre Déclaration ICPE Préfecture (Installation Classée pour la Protection de l'Environnement)
Plusieurs erreurs fréquentes fragilisent une Déclaration ICPE auprès de la Préfecture en France et peuvent entraîner le rejet du dossier ou des sanctions administratives.
Première erreur : sous-évaluer le classement de l'installation. Un exploitant qui déclare son installation sous le seuil de la rubrique applicable (ex. déclarer 400 litres de stockage alors que la réalité est 600 litres, dépassant le seuil de déclaration D) commet une fausse déclaration susceptible d'engager sa responsabilité pénale (Code env. L514-11). Vérifiez toujours les seuils exacts sur AIDA avant de remplir votre déclaration.
Deuxième erreur : ne pas identifier toutes les rubriques applicables. Une installation peut relever de plusieurs rubriques ICPE simultanément (activité principale + stockages de produits dangereux + compresseurs + installations de combustion). L'omission de rubriques applicables peut entraîner une mise en demeure par la DREAL lors d'un contrôle.
Troisième erreur : déclarer l'installation après sa mise en service. La déclaration doit être déposée avant le début d'exploitation (Code env. R512-47 al. 1). Une déclaration tardive expose l'exploitant à une mise en demeure préfectorale et au risque de devoir arrêter l'activité jusqu'à régularisation.
Quatrième erreur : ne pas conserver le récépissé de déclaration. Le récépissé préfectoral est le document attestant de la régularité de l'installation. Son absence lors d'un contrôle de l'inspection des installations classées peut être assimilée à une exploitation sans déclaration valide. Conservez-le dans le registre de l'installation avec les arrêtés de prescriptions générales applicables.
Cinquième erreur : ne pas déclarer les modifications notables. Tout changement notable (augmentation de capacité, modification de procédé, changement de rubrique) doit faire l'objet d'une nouvelle déclaration (Code env. R512-54) avant la modification. La non-déclaration de modifications peut entraîner une sanction pénale et la mise en demeure de régularisation par le Préfet.
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En France, la nomenclature ICPE (Code de l'environnement L511-1+) classe les installations selon quatre régimes croissants d'exigences. Le régime de déclaration (D) est le plus simple : l'exploitant dépose une déclaration préfectorale avant mise en service, reçoit un récépissé mentionnant les prescriptions générales applicables, et est soumis à des contrôles périodiques pour les installations en régime DC. Le régime d'enregistrement (E) est intermédiaire : l'installation doit faire l'objet d'un dossier d'enregistrement instruit par la DREAL, avec consultation du public et des communes voisines, dans un délai de 5 mois. Le régime d'autorisation (A) est le plus contraignant : il requiert une étude d'impact environnemental complète, une enquête publique, et l'obtention d'un arrêté préfectoral d'autorisation avant toute mise en service. Les grandes installations industrielles (raffineries, centrales thermiques, usines chimiques importantes) relèvent du régime A. Les PME et artisans relèvent généralement des régimes D ou DC.
La nomenclature ICPE est consultable gratuitement sur la base AIDA (Aides aux Installations DREAL et Administration) de l'INERIS, accessible à l'adresse aida.ineris.fr. La base AIDA recense toutes les rubriques de la nomenclature avec les seuils de classement, les régimes applicables (D, DC, E, A) et les arrêtés de prescriptions générales. Pour une recherche par activité (ex. «lavage de véhicules», «stockage de liquides inflammables», «élevage bovin»), utilisez le moteur de recherche de la base. Si vous avez des doutes sur la rubrique applicable ou sur les seuils à retenir, contactez la DREAL de votre région ou le service ICPE de la Préfecture de votre département pour un entretien préalable. Les chambres consulaires (CCI, CMA) proposent également des services d'accompagnement pour l'identification des rubriques ICPE applicable aux entreprises de leur ressort.
L'exploitation d'une ICPE sans déclaration préalable ou en méconnaissance des prescriptions applicables est sanctionnée pénalement par l'article L514-11 du Code de l'environnement : jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 75 000 € d'amende. L'article L514-7 permet au Préfet d'ordonner la suspension de l'exploitation jusqu'à régularisation. L'article L514-9 prévoit la procédure de mise en demeure : le Préfet peut mettre l'exploitant en demeure de se conformer aux prescriptions dans un délai fixé, puis, en cas de non-respect, ordonner la consignation d'une somme garantissant l'exécution des travaux, faire exécuter les travaux d'office aux frais de l'exploitant, ou suspendre l'autorisation d'exploiter. Des sanctions civiles peuvent également résulter de la responsabilité civile de l'exploitant envers les riverains victimes de nuisances (Code civil art. 1240 et 1241 sur la responsabilité délictuelle, et art. 544 sur le droit de propriété et les troubles anormaux du voisinage).
Non : le récépissé de déclaration ICPE (Code env. R512-49) n'est pas une autorisation d'exploiter mais la reconnaissance par le Préfet que la déclaration a bien été déposée et que l'installation est réputée conforme aux prescriptions générales applicables à la rubrique de classement. Le récépissé ne constitue pas une garantie de conformité de l'installation aux prescriptions : l'inspection des installations classées (DREAL) peut, lors d'un contrôle ultérieur, constater des non-conformités et proposer au Préfet des prescriptions complémentaires ou une mise en demeure. En revanche, le récépissé permet légalement de démarrer l'exploitation, à condition de respecter toutes les prescriptions de l'arrêté de prescriptions générales applicable. Pour les installations soumises à déclaration avec contrôle périodique (DC), un contrôle par un organisme agréé (agréé par le ministère chargé des installations classées) doit être effectué dans les 3 mois suivant la mise en service, puis tous les 5 ans (Code env. R512-55).
La déclaration ICPE doit être accompagnée de plusieurs pièces justificatives définies par l'article R512-47 du Code de l'environnement et les arrêtés sectoriels. Les pièces standard sont : un plan de situation au 1/25 000 (carte IGN ou extrait de la base orthophotographique) indiquant la localisation de l'installation ; un plan de masse à l'échelle (1/500 minimum) montrant les bâtiments, stockages, voies d'accès, canalisations, fossés, cours d'eau voisins ; une notice descriptive de l'activité et des procédés utilisés ; la liste des produits dangereux stockés avec les fiches de données de sécurité (FDS) correspondantes ; un extrait Kbis pour les personnes morales. Pour certaines rubriques, des pièces spécifiques sont requises (plan de gestion des déchets, notice de sécurité incendie, étude des risques d'accident pour les installations stockant des quantités importantes de produits dangereux). La dématérialisation sur la plateforme Démarches Simplifiées simplifie depuis 2021 la transmission de ces pièces.
L'ICPE est exploitée sous la responsabilité d'un seul exploitant désigné dans la déclaration, qui est le responsable légal vis-à-vis de l'administration (Préfet, DREAL) et du voisinage. En cas de changement d'exploitant (cession d'entreprise, transmission du fonds de commerce, changement de gérant), le nouvel exploitant doit déposer une nouvelle déclaration avant la reprise de l'exploitation (Code env. R512-54 al. 1er). Le transfert de la déclaration ne peut pas être effectué par simple notification. En cas de location ou de mise à disposition de l'installation à un tiers, le locataire doit déposer sa propre déclaration s'il devient l'exploitant au sens du Code de l'environnement. Les co-exploitants (par exemple, deux associés d'une SNC exploitant une installation commune) peuvent figurer dans la déclaration, mais la responsabilité administrative et pénale est solidaire. La Cour de cassation et le Conseil d'État ont précisé les critères de la qualité d'exploitant dans plusieurs arrêts (CE, 8 juillet 1998, n°162291 sur la responsabilité en cas d'exploitation illégale).
Si, après mise en service, une installation classée soumise à déclaration (D) voit ses capacités ou volumes dépasser les seuils d'enregistrement (E) ou d'autorisation (A), l'exploitant est tenu de régulariser sa situation avant toute continuation de l'exploitation au-delà des seuils (Code env. R512-54 al. 2). Régularisation pour un passage au régime E (enregistrement) : dépôt d'un dossier d'enregistrement à la Préfecture, instruction en 5 mois par la DREAL avec consultation publique. Régularisation pour un passage au régime A (autorisation) : dépôt d'un dossier d'autorisation environnementale intégré (ordonnance n°2017-80 du 26 janvier 2017 relative à l'autorisation environnementale), instruction en 9 mois minimum incluant étude d'impact, étude de dangers et enquête publique. L'exploitation au-delà des seuils déclarés sans régularisation constitue une exploitation illégale sanctionnée par les articles L514-11 et L514-9 du Code de l'environnement. La DREAL peut déclencher une procédure de mise en demeure dès la constatation du dépassement lors d'un contrôle périodique.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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