Donation-Partage (Anticipation Succession)
Code civil français art. 1075 à 1079 - répartition anticipée entre héritiers présomptifs
ACTE DE DONATION-PARTAGE
Conformément aux articles 1075 à 1079 et 931 du Code civil français
Identification des Parties
L'an [année], le [jour] [mois], en l'étude soussignée:
DONATEUR(S):
[Donateur Nom]
Numéro fiscal individuel: [Donateur N I F]
Né(e) le: [Donateur Naissance]
Domicilié(e) à: [Donateur Adresse]
Régime matrimonial: [Regime Matrimonial]
Conjoint co-donateur (le cas échéant): [Donateur Conjoint]
DONATAIRES (HÉRITIERS PRÉSOMPTIFS):
Premier donataire: [Donataire1]
Deuxième donataire: [Donataire2]
Troisième donataire: [Donataire3]
Héritier(s) refusant de participer: [Donataire Refus]
Type de donation-partage: [Type Donation Partage]
Article 1 - Objet de la Donation-Partage
ARTICLE 1 - OBJET DE LA DONATION-PARTAGE
Le donateur (ou les donateurs en cas de donation-partage conjonctive selon l'article 1076 du Code civil français), en pleine connaissance de cause et avec intention libérale (animus donandi), procède par les présentes à la donation-partage de tout ou partie de ses biens présents entre ses héritiers présomptifs ci-dessus identifiés, qui acceptent expressément.
La présente donation-partage est régie par les articles 1075 à 1079 du Code civil français et bénéficie du figement de la valeur des biens donnés au jour de l'acte conformément à l'article 1078 du Code civil français, évitant toute réévaluation à l'ouverture de la succession du donateur.
Article 2 - Attributions
ARTICLE 2 - RÉPARTITION DES BIENS ENTRE LES DONATAIRES
Bien n° 1: [Bien1]
Bien n° 2: [Bien2]
Bien n° 3: [Bien3]
Soultes en numéraire pour équilibrer les attributions conformément à l'article 1077-1 du Code civil français: [Soulte Equilibre]
Article 3 - Modalités
ARTICLE 3 - FORME ET MODALITÉS
Forme de la donation-partage: [Forme Donation]
Pour la donation-partage avec réserve d'usufruit, la valeur de la nue-propriété transmise est calculée selon le barème fiscal de l'article 669 du Code général des impôts en fonction de l'âge du donateur usufruitier à la date de l'acte.
Clauses optionnelles: [Clauses Optionnelles]
Renonciation anticipée à l'action en réduction (RAAR) selon l'article 929 du Code civil français: [Renonciation R A A R]
Article 4 - Figement des Valeurs
ARTICLE 4 - FIGEMENT DES VALEURS AU JOUR DE L'ACTE
Conformément à l'article 1078 du Code civil français, les biens donnés et partagés par la présente donation-partage sont évalués au jour de l'acte de donation-partage. Cette valeur est définitivement figée pour le calcul de la réserve héréditaire et de la quotité disponible à l'ouverture de la succession du donateur.
Les biens donnés ne sont pas rapportables à la succession du donateur selon l'article 1078 alinéa 2 du Code civil français, ce qui sécurise définitivement les attributions consenties dans le présent acte contre toute action en réduction fondée sur l'évolution ultérieure de la valeur des biens.
Article 5 - Acceptation des Donataires
ARTICLE 5 - ACCEPTATION EXPRESSE DES DONATAIRES
Conformément à l'article 932 du Code civil français, chacun des donataires participant à l'acte déclare expressément accepter la présente donation-partage dans toutes ses dispositions, modalités et conséquences juridiques et fiscales.
Les donataires reconnaissent que les valeurs attribuées sont définitivement figées au jour du présent acte selon l'article 1078 du Code civil français, et qu'ils ne pourront pas en demander la réévaluation ultérieure à l'ouverture de la succession du donateur.
Article 6 - Régime Fiscal
ARTICLE 6 - DROITS DE MUTATION À TITRE GRATUIT
Les droits de mutation à titre gratuit seront calculés sur la part nette revenant à chaque donataire selon les articles 777 et 779 du Code général des impôts, après application des abattements personnels: 100 000 EUR par parent et par enfant renouvelable tous les 15 ans selon l'article 784 du CGI, 31 865 EUR par grand-parent et par petit-enfant pour la donation-partage transgénérationnelle selon l'article 790 G du CGI.
Le Notaire instrumentant procédera au calcul des droits et au paiement auprès du Service de l'Enregistrement de la DGFiP dans le mois suivant l'acte (formulaire n°2735-SD), ou au Service de la Publicité Foncière (SPF) compétent pour les donations-partages immobilières dans les six mois conformément aux obligations légales.
FAIT, LU, APPROUVÉ ET SIGNÉ
À [Lieu Acte], le [Date Acte]
Signature du donateur:
_________________________________________
[Donateur Nom]
Signatures des donataires (acceptation expresse):
_________________________________________
Donataire n° 1
_________________________________________
Donataire n° 2
_________________________________________
Donataire n° 3
Signature et sceau du Notaire instrumentant:
_________________________________________
[Notaire Nom]
Donateur
________________
Signature
Notaire
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Donation-Partage (Anticipation Succession) ?
La Donation-Partage (Anticipation Succession) est, en droit français, une donation-Partage dressée par un Notaire. Il est régi par Code civil français art. 1075 à 1079.
La Donation-Partage se distingue fondamentalement de la simple Donation Entre Vifs prévue aux articles 893 à 925 du Code civil par sa double nature: elle est à la fois une libéralité au profit des donataires et un partage de tout ou partie de la succession future entre les héritiers présomptifs. Cette double nature emporte deux conséquences décisives. Premièrement, selon l'article 1078 du Code civil français, les biens donnés par donation-partage ne sont pas réévalués à l'ouverture de la succession; leur valeur est figée au jour de l'acte de donation-partage. Deuxièmement, la donation-partage évite le rapport à la succession prévu à l'article 843 du Code civil, ce qui sécurise considérablement la transmission contre les contestations ultérieures entre cohéritiers.
La loi du 23 juin 2006 a élargi considérablement les possibilités de la donation-partage. La donation-partage transgénérationnelle, introduite par l'article 1075-1 du Code civil français, permet à un grand-parent de répartir directement ses biens entre ses petits-enfants avec l'accord de leurs parents (enfants du donateur), qui renoncent partiellement à leurs droits successoraux au profit de leurs propres enfants. Cette innovation facilite la transmission directe sur deux générations en optimisant les abattements fiscaux: chaque petit-enfant bénéficie d'un abattement spécifique de 31 865 EUR par grand-parent selon l'article 790 G du CGI. La donation-partage cumulative permet en outre d'inclure non seulement les biens présents du donateur mais aussi les biens issus de la succession du conjoint prédécédé selon l'article 1076-1 du Code civil.
La forme notariée est obligatoire pour toute Donation-Partage selon l'article 931 du Code civil français qui dispose que «tous actes portant donation entre vifs seront passés devant Notaires dans la forme ordinaire des contrats; et il en restera minute, sous peine de nullité.» Cette exigence solennelle protège les héritiers présomptifs et garantit l'authenticité de l'accord entre toutes les parties. L'acte est dressé en présence de tous les donataires qui doivent accepter expressément leur part conformément à l'article 932 du Code civil. Le refus d'un héritier présomptif n'empêche pas la donation-partage entre les autres acceptants, mais l'héritier refusant conserve ses droits successoraux légaux à l'ouverture de la succession.
La portée de la Donation-Partage reste encadrée par la règle impérative de la réserve héréditaire fixée par les articles 912 à 930 du Code civil français. La quotité disponible représente la moitié du patrimoine en présence d'un enfant, le tiers en présence de deux enfants, et seulement le quart en présence de trois enfants ou plus selon l'article 913 du Code civil. La donation-partage doit respecter la réserve de chaque héritier réservataire au jour de l'acte; toutefois, le figement de la valeur des biens donnés au jour de l'acte selon l'article 1078 du Code civil permet d'éviter la remise en cause de la donation à l'ouverture de la succession en cas d'évolution favorable de la valeur des biens.
Les avantages fiscaux de la Donation-Partage en France sont considérables grâce au mécanisme des abattements renouvelables tous les 15 ans selon l'article 784 du Code général des impôts. Les abattements 2026 sont: enfant et parent 100 000 EUR par parent et par enfant (article 779 du CGI), petit-enfant 31 865 EUR par grand-parent et par petit-enfant (article 790 G du CGI), conjoint marié et partenaire pacsé 80 724 EUR. Un couple avec trois enfants peut ainsi transmettre par donation-partage jusqu'à 600 000 EUR sans aucun droit de donation (100 000 EUR × 2 parents × 3 enfants), somme qui peut être renouvelée tous les 15 ans. Combiné avec le démembrement de propriété (donation de la nue-propriété avec réserve d'usufruit) selon l'article 949 du Code civil, l'optimisation fiscale est encore plus importante. Voir également le Testament Authentique pour les dispositions résiduelles et la Donation Entre Vifs pour les transmissions isolées.
Quand avez-vous besoin d'un Donation-Partage (Anticipation Succession) ?
La Donation-Partage en France répond à des situations spécifiques où un ascendant souhaite organiser de son vivant la répartition équitable de son patrimoine entre tous ses héritiers présomptifs pour prévenir les conflits familiaux à l'ouverture de la succession et optimiser fiscalement la transmission. Plusieurs configurations typiques justifient le recours à cette technique notariale sophistiquée.
Des parents ayant plusieurs enfants souhaitant éviter les conflits familiaux lors de leur succession recourent à la Donation-Partage pour répartir équitablement leur patrimoine de leur vivant. La donation-partage évite les querelles d'évaluation, les contestations sur le rapport des donations antérieures et les actions en réduction devant le Tribunal judiciaire qui empoisonnent fréquemment les successions complexes. Chaque enfant reçoit sa part définitive au jour de l'acte, et la valeur attribuée est figée selon l'article 1078 du Code civil français, ce qui sécurise la transmission contre les fluctuations ultérieures de valeur des biens.
Des parents souhaitant transmettre une entreprise familiale à un enfant continuateur tout en compensant les autres enfants utilisent la Donation-Partage avec attribution préférentielle. L'enfant repreneur reçoit les parts ou actions de la société tandis que les autres enfants reçoivent des biens immobiliers, financiers ou des soultes en numéraire pour équilibrer leur part. Cette technique permet de bénéficier du Pacte Dutreil régi par les articles 787 B et 787 C du Code général des impôts qui exonère 75 % de la valeur des titres transmis sous condition d'engagement de conservation, tout en évitant les contestations des cohéritiers exclus de la reprise d'entreprise.
Un grand-parent souhaitant transmettre directement ses biens à ses petits-enfants en sautant une génération recourt à la Donation-Partage transgénérationnelle prévue à l'article 1075-1 du Code civil français introduit par la loi du 23 juin 2006. Cette technique exige l'accord des enfants du donateur (parents des petits-enfants bénéficiaires) qui renoncent partiellement à leurs droits successoraux au profit de leurs propres enfants. L'avantage fiscal est considérable: chaque petit-enfant bénéficie d'un abattement spécifique de 31 865 EUR par grand-parent selon l'article 790 G du CGI, qui s'ajoute à l'abattement classique pour les sommes d'argent.
Des parents ayant des enfants nés de différentes unions souhaitant prévenir les contestations entre familles recomposées utilisent la Donation-Partage pour cristalliser la répartition du patrimoine. La complexité juridique des successions de familles recomposées (enfants du premier lit, enfants du remariage, conjoint survivant) génère fréquemment des conflits longs et coûteux. La donation-partage permet d'attribuer des biens spécifiques à chaque enfant en fonction des liens familiaux et des contributions de chacun, en respectant la réserve héréditaire de chaque enfant selon l'article 913 du Code civil.
Un propriétaire immobilier souhaitant transmettre plusieurs biens immobiliers à ses enfants utilise la Donation-Partage pour attribuer chaque bien à un enfant déterminé en évitant les indivisions successorales sources de conflits. L'attribution préférentielle permet à chaque enfant de devenir seul propriétaire d'un bien spécifique (résidence principale, résidence secondaire, immeuble locatif) plutôt que de partager chaque bien en indivision avec ses cohéritiers. Les soultes en numéraire éventuelles compensent les déséquilibres d'attribution et préservent l'égalité entre cohéritiers conformément à l'article 1077-1 du Code civil.
Des époux souhaitant transmettre conjointement leur patrimoine à leurs enfants communs recourent à la Donation-Partage conjonctive prévue à l'article 1076 du Code civil français. Les deux époux interviennent ensemble dans l'acte notarié pour donner et partager leurs biens propres et leurs biens communs. Cette technique simplifie considérablement la transmission pour les couples mariés sous le régime de la communauté légale, en évitant de faire deux actes séparés et en bénéficiant de la déduction des dettes communes du patrimoine donné. Voir également la Renonciation à Succession pour les héritiers qui ne souhaitent pas hériter à l'ouverture de la succession.
Des parents ayant un enfant handicapé souhaitant assurer sa protection patrimoniale à long terme utilisent la Donation-Partage avec charges spécifiques. L'enfant handicapé peut recevoir des biens avec stipulation d'inaliénabilité temporaire selon les articles 900-1 et suivants du Code civil, charge de rente viagère payée par les autres enfants attributaires, ou usufruit avec nue-propriété aux autres enfants pour assurer une protection à long terme. L'abattement supplémentaire de 159 325 EUR pour les personnes handicapées (article 779 II du CGI) s'ajoute à l'abattement de droit commun de 100 000 EUR, permettant une transmission jusqu'à 259 325 EUR sans droit de donation au profit de l'enfant handicapé.
Que faut-il inclure dans votre Donation-Partage (Anticipation Succession) ?
Une Donation-Partage valable en France exige le respect rigoureux d'éléments substantiels et formels définis par les articles 1075 à 1079 du Code civil français et complétés par les obligations fiscales du Code général des impôts. Voici les composantes indispensables que tout acte de donation-partage doit intégrer, identifiées par la pratique notariale française et la jurisprudence de la première chambre civile de la Cour de cassation.
Identification complète du donateur et de tous les héritiers présomptifs. L'acte doit comporter les nom, prénoms, date et lieu de naissance, profession, numéro fiscal individuel (NIF à 13 chiffres délivré par la DGFiP), domicile actuel et état civil détaillé du donateur (ou des donateurs en cas de donation-partage conjonctive selon l'article 1076 du Code civil), ainsi que de tous les héritiers présomptifs participant à l'acte. Pour les personnes mariées, le régime matrimonial doit être mentionné (communauté légale, séparation de biens, communauté universelle) ainsi que la date et le lieu du mariage. Le Notaire vérifie l'identité de chaque participant par production de la carte nationale d'identité et obtient les extraits d'acte de naissance.
Identification de tous les enfants ou descendants. La donation-partage doit en principe impliquer tous les héritiers présomptifs (enfants vivants ou représentés par leurs propres enfants en cas de prédécès). L'omission d'un enfant peut entraîner la réduction de l'opération à une simple donation entre vifs avec rapport obligatoire à la succession selon l'article 843 du Code civil. Toutefois, depuis la loi du 23 juin 2006, un enfant peut renoncer à participer à la donation-partage sans entraîner la nullité de l'opération à l'égard des autres; il conservera alors ses droits successoraux légaux à l'ouverture de la succession, sous réserve du respect de la réserve héréditaire par les biens donnés.
Description précise des biens donnés et partagés. Pour un immeuble situé en France, indiquer l'adresse complète, la commune, la section cadastrale, le numéro de parcelle et la superficie selon la matrice cadastrale de la DGFiP, ainsi que l'origine de propriété. Pour un véhicule, mentionner la marque, le modèle, le numéro de châssis (VIN) et l'immatriculation auprès du Système d'Immatriculation des Véhicules (SIV). Pour des avoirs bancaires, identifier l'établissement (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale), le titulaire du compte et l'IBAN. Pour des parts de société, mentionner la dénomination sociale, le numéro SIREN, le siège social et la quotité de parts ou actions transmises.
Évaluation et attribution précise à chaque héritier présomptif. L'acte doit comporter l'évaluation de chaque bien donné à la date de la donation-partage, qui sert d'assiette aux droits de mutation à titre gratuit calculés par la DGFiP et qui figea définitivement la valeur des biens selon l'article 1078 du Code civil français. Le Notaire calcule la part de chaque héritier en respectant le principe d'égalité (article 1077-1 du Code civil) ou en motivant les écarts dans l'intérêt familial. Les soultes en numéraire compensent les déséquilibres d'attribution et garantissent l'équité entre cohéritiers. La forms-legal.com plateforme propose des modèles de description et d'évaluation conformes aux exigences notariales pour faciliter cette étape essentielle.
Forme notariée obligatoire (article 931 du Code civil). La Donation-Partage doit être passée devant Notaire dans la forme ordinaire des contrats et conservée en minute dans le minutier du Notaire instrumentant, sous peine de nullité absolue prononcée par le Tribunal judiciaire. Le Notaire procède à la lecture intégrale de l'acte en présence de tous les participants, vérifie leur capacité et leur consentement libre et éclairé, et conserve l'original (la minute) dans son minutier numéroté chronologiquement. L'acte est dressé en un seul instrumentum signé par le donateur et tous les donataires participants.
Acceptation expresse de chaque donataire. L'article 932 du Code civil français exige que la donation soit acceptée expressément par chaque donataire de son vivant. L'acceptation peut être donnée par le donataire majeur capable, ou par son représentant légal (parents pour un mineur, tuteur pour une personne sous tutelle) avec l'autorisation du juge des tutelles si nécessaire. Pour la donation-partage transgénérationnelle, les parents des petits-enfants bénéficiaires doivent expressément accepter de renoncer partiellement à leurs droits successoraux au profit de leurs propres enfants conformément à l'article 1075-1 alinéa 2 du Code civil.
Figement des valeurs au jour de la donation-partage (article 1078 du Code civil). Cet article constitue l'avantage décisif de la donation-partage par rapport à la simple donation. Les biens donnés et partagés par donation-partage sont évalués au jour de l'acte de donation-partage, et cette valeur est définitivement figée pour le calcul de la réserve héréditaire et de la quotité disponible à l'ouverture de la succession. Cette règle protège les donataires contre les fluctuations défavorables de valeur des biens reçus (par exemple, dépréciation de parts de société, dévalorisation immobilière) et évite les actions en réduction fondées sur l'évolution favorable de la valeur des biens d'autres cohéritiers.
Respect impératif de la réserve héréditaire. La donation-partage doit respecter la quotité disponible selon l'article 913 du Code civil français au jour de l'acte: moitié pour 1 enfant, tiers pour 2 enfants, quart pour 3 enfants ou plus. Le Notaire calcule précisément la part de chaque enfant en intégrant les donations antérieures rapportables et conseille le donateur sur les techniques d'équilibrage (soultes en numéraire, attribution préférentielle, démembrement de propriété). En cas de désaccord d'un héritier présomptif sur la répartition proposée, celui-ci peut refuser de participer à la donation-partage et conserver ses droits successoraux légaux à l'ouverture de la succession.
Comment remplir votre Donation-Partage (Anticipation Succession)
Établir une Donation-Partage en France implique une procédure formelle conduite par un Notaire selon les articles 1075 à 1079 du Code civil français. Suivez ces étapes méthodiques pour préparer votre rendez-vous notarial et optimiser la transmission anticipée de votre patrimoine.
Étape 1 — Dresser l'inventaire complet des biens à partager. Avant le rendez-vous notarial, dressez l'inventaire exhaustif des biens que vous souhaitez intégrer à la donation-partage: immeubles avec référence cadastrale consultable sur cadastre.gouv.fr, comptes bancaires avec IBAN français, contrats d'assurance-vie avec numéro de police, parts de société avec numéro SIREN, objets de valeur. Faites évaluer chaque bien à sa valeur vénale actuelle: pour les immeubles, demandez une estimation à un agent immobilier ou un expert agréé; pour les parts de société, demandez une évaluation à un expert-comptable inscrit à l'Ordre; pour les titres cotés, prenez la valeur de bourse à la date envisagée.
Étape 2 — Identifier tous les héritiers présomptifs. Listez tous vos héritiers présomptifs qui doivent participer à la donation-partage: enfants vivants, descendants des enfants prédécédés (par représentation), conjoint survivant le cas échéant. Pour la donation-partage transgénérationnelle prévue à l'article 1075-1 du Code civil, listez également les petits-enfants bénéficiaires et leurs parents (enfants du donateur) qui doivent renoncer partiellement à leurs droits successoraux. L'accord préalable de tous les participants est indispensable pour le bon déroulement de l'acte notarial.
Étape 3 — Calculer la quotité disponible et les abattements fiscaux. Calculez avec précision la quotité disponible selon l'article 913 du Code civil français en fonction du nombre d'enfants: moitié pour 1 enfant, tiers pour 2 enfants, quart pour 3 enfants ou plus. Vérifiez que la répartition envisagée respecte la réserve héréditaire de chaque enfant. Calculez les abattements fiscaux applicables: 100 000 EUR par parent et par enfant selon l'article 779 du CGI, 31 865 EUR par grand-parent et par petit-enfant pour la donation-partage transgénérationnelle selon l'article 790 G du CGI. Les abattements se renouvellent tous les 15 ans selon l'article 784 du CGI.
Étape 4 — Choisir le Notaire instrumentant. Sélectionnez un Notaire installé en France inscrit auprès de la Chambre des Notaires départementale, idéalement le Notaire de famille qui connaît votre situation patrimoniale et familiale. Pour les patrimoines complexes (Pacte Dutreil, démembrement, donation-partage transgénérationnelle), privilégiez un Notaire spécialisé en droit patrimonial inscrit à l'Institut Notarial du Patrimoine. Le tarif des honoraires est partiellement réglementé par le décret n°2020-179 du 28 février 2020 et reste négociable au-delà de 150 000 EUR de patrimoine.
Étape 5 — Réunir les documents préparatoires. Rassemblez votre carte nationale d'identité, votre dernier avis d'imposition portant votre NIF à 13 chiffres, votre livret de famille mentionnant votre régime matrimonial et tous vos enfants, un justificatif de domicile récent. Pour chaque immeuble, joignez le titre de propriété, le dernier avis de taxe foncière, le DPE et les diagnostics obligatoires. Pour chaque enfant participant, demandez sa carte d'identité et son NIF. Pour les parts de société, joignez les statuts et le procès-verbal d'AG actualisant la valeur.
Étape 6 — Décider de la répartition des biens entre héritiers. Avec l'aide du Notaire, décidez de l'attribution de chaque bien à un héritier déterminé. Privilégiez l'attribution préférentielle pour éviter les indivisions sources de conflits: un enfant reçoit la résidence principale, un autre la résidence secondaire, un autre les valeurs mobilières. Calculez les soultes en numéraire éventuelles pour compenser les déséquilibres d'attribution et préserver l'égalité entre cohéritiers conformément à l'article 1077-1 du Code civil français. Réfléchissez aux clauses optionnelles: réserve d'usufruit pour le donateur, interdiction d'aliéner temporaire, droit de retour conventionnel.
Étape 7 — Convoquer tous les participants au rendez-vous notarial. Le Notaire convoque le donateur et tous les héritiers présomptifs participants à un rendez-vous unique pour la signature de l'acte de donation-partage. Tous doivent être présents physiquement (ou représentés par procuration authentique en cas d'empêchement). Le Notaire procède à la rédaction de l'acte authentique mentionnant l'identification de chaque participant, la description de chaque bien, son évaluation, l'attribution à chaque donataire, les éventuelles soultes en numéraire, et les clauses optionnelles.
Étape 8 — Lecture intégrale et signatures. Une fois l'acte rédigé, le Notaire procède à la lecture intégrale à haute voix en présence de tous les participants conformément aux exigences de l'acte authentique. Chaque participant vérifie la conformité de l'acte à ses attentes et peut demander des modifications ou précisions. Une fois l'acte approuvé, le donateur et tous les donataires signent l'acte en présence du Notaire qui appose son sceau. L'acceptation expresse de chaque donataire est formalisée conformément à l'article 932 du Code civil français.
Étape 9 — Formalités fiscales et publication. Le Notaire procède aux formalités fiscales obligatoires: pour une donation-partage incluant des biens immobiliers, publication au Service de la Publicité Foncière (SPF) compétent dans les six mois moyennant les droits de mutation et la taxe de publicité foncière; pour une donation-partage incluant des biens meubles, déclaration au Service de l'Enregistrement de la DGFiP dans le mois suivant l'acte (formulaire n°2735-SD). Le donateur ou les donataires (selon convention) règlent les droits de mutation à titre gratuit calculés selon les abattements applicables.
Étape 10 — Régler les honoraires notariaux et conserver les justificatifs. Les honoraires de la Donation-Partage varient selon la valeur du patrimoine partagé et la complexité de l'acte, généralement entre 1 500 et 5 000 EUR HT pour une donation-partage simple, et jusqu'à 10 000 EUR HT pour les opérations complexes (donation-partage transgénérationnelle, Pacte Dutreil, démembrement multiple). Le règlement intervient au moment de la signature ou par chèque dans les jours suivants. Conservez précieusement l'expédition de l'acte authentique remise par le Notaire et l'attestation d'enregistrement fiscal: ces documents seront nécessaires pour justifier la propriété des biens reçus et le respect des abattements lors de futures opérations patrimoniales.
Exigences juridiques pour Donation-Partage (Anticipation Succession)
La Donation-Partage en France est soumise à un régime juridique spécifique défini principalement par les articles 1075 à 1079 du Code civil français issus de la réforme du 23 juin 2006, et complétés par les règles générales applicables aux donations entre vifs (articles 893 à 925) et au partage successoral (articles 815 à 892). Le respect strict de ces exigences conditionne la validité de l'opération et son régime fiscal favorable.
Forme notariée obligatoire (article 931 du Code civil). Tous actes portant donation entre vifs, y compris la donation-partage, doivent être passés devant Notaires dans la forme ordinaire des contrats et conservés en minute dans le minutier du Notaire instrumentant, sous peine de nullité absolue prononcée par le Tribunal judiciaire territorialement compétent. Cette exigence solennelle est d'ordre public et ne peut être contournée par convention sous seing privé. Le Notaire procède à la lecture intégrale de l'acte en présence de tous les participants et conserve l'original numéroté chronologiquement.
Participation des héritiers présomptifs (articles 1075 et 1076 du Code civil). La Donation-Partage doit en principe impliquer tous les héritiers présomptifs (descendants vivants ou représentés). La donation-partage simple est consentie par un seul ascendant au profit de ses descendants présomptifs; la donation-partage conjonctive prévue à l'article 1076 du Code civil est consentie conjointement par les deux époux au profit de leurs descendants communs; la donation-partage transgénérationnelle prévue à l'article 1075-1 du Code civil introduite par la loi du 23 juin 2006 est consentie par un grand-parent au profit de ses petits-enfants avec l'accord de leurs parents. Depuis la loi de 2006, un descendant peut refuser de participer sans entraîner la nullité de l'opération à l'égard des autres.
Acceptation expresse des donataires (article 932 du Code civil). Chaque donataire doit accepter expressément la donation-partage de son vivant, par participation à l'acte notarié authentique ou par acte séparé authentique. L'acceptation peut être donnée par le donataire majeur capable, par son représentant légal (parents pour un mineur, tuteur pour une personne sous tutelle avec autorisation du juge des tutelles). En cas de décès du donateur avant acceptation par un donataire, la donation-partage devient caduque à l'égard de ce donataire et le bien retourne à la succession ab intestat.
Figement des valeurs au jour de l'acte (article 1078 du Code civil). Cette règle fondamentale constitue l'avantage décisif de la donation-partage par rapport à la simple donation. Les biens donnés et partagés par donation-partage sont évalués au jour de l'acte de donation-partage, et cette valeur est définitivement figée pour le calcul de la réserve héréditaire et de la quotité disponible à l'ouverture de la succession. La donation-partage n'est donc pas réévaluée au jour du décès du donateur, contrairement à la donation simple qui suit le régime de l'article 843 du Code civil (rapport en valeur au jour du partage selon l'état au jour de la donation).
Respect de la réserve héréditaire (articles 912 à 930 du Code civil). La donation-partage doit respecter la quotité disponible selon l'article 913 du Code civil français au jour de l'acte: moitié pour 1 enfant, tiers pour 2 enfants, quart pour 3 enfants ou plus. Si la donation-partage atteint la réserve héréditaire d'un descendant n'ayant pas participé à l'acte ou ayant été lésé, celui-ci peut exercer l'action en réduction devant le Tribunal judiciaire dans un délai de cinq ans à compter de l'ouverture de la succession ou deux ans à compter de la connaissance de la lésion (article 921 du Code civil). Toutefois, le figement de la valeur des biens donnés au jour de l'acte limite considérablement les hypothèses de réduction.
Droits de mutation à titre gratuit et abattements (articles 777 à 791 ter du CGI). Les droits de donation sont calculés sur la part nette revenant à chaque donataire après application des abattements personnels. Les abattements 2026 sont: enfant et parent 100 000 EUR par parent et par enfant (article 779 du CGI), petit-enfant 31 865 EUR par grand-parent et par petit-enfant pour la donation-partage transgénérationnelle (article 790 G du CGI), conjoint marié 80 724 EUR (article 790 E du CGI), partenaire pacsé 80 724 EUR (article 790 F du CGI). Les abattements se renouvellent tous les 15 ans selon l'article 784 du CGI modifié par la loi de finances rectificative pour 2012. Les taux progressifs varient de 5 % à 45 % en ligne directe.
Formalités de publication et d'enregistrement. Toute Donation-Partage incluant des biens immobiliers doit faire l'objet d'une publication au Service de la Publicité Foncière (SPF) compétent dans les six mois à peine de pénalités. Le Notaire procède à cette formalité moyennant les droits de mutation à titre gratuit calculés sur la valeur donnée. Pour les donations-partages incluant uniquement des biens meubles, la déclaration au Service de l'Enregistrement de la DGFiP intervient dans le mois suivant l'acte (formulaire n°2735-SD). Le Notaire procède au calcul et au paiement des droits selon les abattements applicables.
Non-rapport à la succession (article 1078 alinéa 2 du Code civil). Contrairement aux donations simples qui sont rapportables à la succession selon l'article 843 du Code civil, les biens donnés par donation-partage ne sont pas rapportables à la succession du donateur. Cette règle évite les querelles d'évaluation entre cohéritiers à l'ouverture de la succession et sécurise définitivement les attributions consenties dans l'acte. Le donataire qui a reçu sa part par donation-partage est dispensé de rapporter cette part à la masse successorale lors du partage de la succession future.
Erreurs courantes à éviter dans votre Donation-Partage (Anticipation Succession)
L'établissement d'une Donation-Partage en France est procéduralement encadré par le Notaire, mais certaines erreurs récurrentes peuvent compromettre l'efficacité juridique et fiscale de l'opération ou générer des conflits familiaux ultérieurs. Voici les pièges les plus fréquents identifiés par la pratique notariale française et les solutions pour les éviter.
Oublier d'inclure un enfant dans la donation-partage. L'erreur la plus fréquente consiste à omettre involontairement un enfant ou un descendant lors de la rédaction de l'acte, particulièrement dans les familles nombreuses ou recomposées. L'omission d'un héritier présomptif peut entraîner la requalification de l'opération en simple donation entre vifs avec rapport obligatoire à la succession selon l'article 843 du Code civil français, faisant perdre l'avantage du figement des valeurs prévu à l'article 1078 du Code civil. Depuis la loi du 23 juin 2006, l'omission d'un enfant n'entraîne pas la nullité de l'acte à l'égard des autres, mais l'enfant omis conserve ses droits successoraux légaux et peut exercer l'action en réduction si la réserve héréditaire est atteinte. Solution: dressez avec le Notaire la liste exhaustive de tous les enfants vivants et descendants représentés en cas de prédécès, et invitez chacun à participer à l'acte; documentez le refus éventuel d'un enfant pour préserver la validité de l'opération à l'égard des autres.
Négliger l'évaluation correcte des biens partagés. L'évaluation des biens dans l'acte de donation-partage détermine définitivement leur valeur pour le calcul de la réserve héréditaire et de la quotité disponible selon l'article 1078 du Code civil français, et constitue l'assiette des droits de mutation à titre gratuit. Une sous-évaluation peut être contestée par la DGFiP qui peut redresser l'évaluation selon l'article L17 du Livre des procédures fiscales avec application de pénalités de 40 % en cas de manquement délibéré. Une sur-évaluation peut générer des droits de donation excessifs payés inutilement. Solution: faites procéder à une évaluation rigoureuse par un agent immobilier, un expert agréé ou un expert-comptable inscrit à l'Ordre, et conservez les justificatifs (comparables de marché, méthode d'évaluation, expertise contradictoire) pour les présenter en cas de contrôle fiscal.
Créer des indivisions entre cohéritiers au lieu d'attribuer des biens spécifiques. Une donation-partage qui répartit chaque bien en indivision entre tous les héritiers présomptifs (chaque enfant reçoit une quote-part de chaque bien) recréée une situation d'indivision similaire à l'indivision successorale, source potentielle de conflits ultérieurs et de blocages dans la gestion des biens. Solution: privilégiez l'attribution préférentielle de chaque bien à un héritier déterminé conformément à l'article 1077-1 du Code civil français, avec compensation par des soultes en numéraire pour préserver l'égalité entre cohéritiers; cette technique évite les indivisions et permet à chaque enfant de devenir seul propriétaire d'un bien spécifique.
Ignorer les conséquences fiscales de la soulte en numéraire. Lorsqu'un enfant reçoit un bien d'une valeur supérieure à sa part théorique et compense les autres cohéritiers par une soulte en numéraire conformément à l'article 1077-1 du Code civil, cette soulte peut être considérée comme un revenu imposable pour les cohéritiers bénéficiaires. La DGFiP peut requalifier la soulte en revenu de capitaux mobiliers ou en plus-value selon les circonstances. Solution: structurez avec le Notaire le mécanisme de soulte de manière à préserver le régime fiscal favorable de la donation-partage, et envisagez le paiement échelonné de la soulte sur plusieurs années pour étaler la charge fiscale éventuelle.
Dépasser la quotité disponible et exposer la donation-partage à l'action en réduction. Bien que la donation-partage offre des protections spécifiques grâce au figement des valeurs au jour de l'acte selon l'article 1078 du Code civil, elle reste soumise au respect de la réserve héréditaire. Si la donation-partage favorise excessivement un enfant au détriment d'un autre qui n'a pas accepté la répartition, l'enfant lésé peut exercer l'action en réduction devant le Tribunal judiciaire selon l'article 921 du Code civil dans un délai de cinq ans à compter de l'ouverture de la succession. Solution: respectez scrupuleusement la réserve héréditaire de chaque enfant calculée selon l'article 913 du Code civil français (moitié pour 1 enfant, tiers pour 2 enfants, quart pour 3 enfants ou plus), et envisagez la renonciation anticipée à l'action en réduction (RAAR) selon les articles 929 à 930-5 du Code civil pour les héritiers qui acceptent volontairement d'être lésés.
Négliger la donation-partage transgénérationnelle pour les grands-parents. La loi du 23 juin 2006 a introduit la donation-partage transgénérationnelle à l'article 1075-1 du Code civil français permettant à un grand-parent de répartir directement ses biens entre ses petits-enfants avec l'accord de leurs parents. Cette technique offre des avantages fiscaux considérables grâce au cumul des abattements (100 000 EUR par parent et par enfant + 31 865 EUR par grand-parent et par petit-enfant selon l'article 790 G du CGI), mais elle est sous-utilisée par méconnaissance. Solution: les grands-parents disposant d'un patrimoine important doivent discuter avec leur Notaire de la donation-partage transgénérationnelle pour optimiser la transmission sur deux générations.
Oublier de coordonner la donation-partage avec les autres dispositifs patrimoniaux. La donation-partage doit être coordonnée avec les autres outils de transmission patrimoniale: clauses bénéficiaires d'assurance-vie selon l'article L132-12 du Code des assurances, testaments antérieurs ou postérieurs, donations isolées, régime matrimonial. Une incohérence entre ces dispositifs peut générer des conflits entre héritiers ou des redressements fiscaux par la DGFiP. Solution: présentez au Notaire l'ensemble de votre situation patrimoniale et familiale lors du rendez-vous préparatoire, et demandez une analyse globale incluant l'articulation entre donation-partage, assurance-vie, testament et donations antérieures.
Reporter la donation-partage par peur du coût des honoraires notariaux. Le coût d'une donation-partage (généralement entre 1 500 et 5 000 EUR HT pour un acte simple) peut sembler élevé pour des familles aux revenus modestes. Toutefois, l'absence de donation-partage expose les héritiers à des successions complexes, conflictuelles et coûteuses qui dépassent largement l'économie initiale: actions en réduction, expertises judiciaires, procédures de partage devant le Tribunal judiciaire. Solution: considérez la donation-partage comme un investissement de paix familiale et d'optimisation fiscale, planifiez l'opération dès que votre patrimoine atteint un niveau justifiant la transmission anticipée (généralement à partir de 200 000 EUR de patrimoine net), et utilisez les abattements renouvelables tous les 15 ans pour étaler la transmission sur plusieurs décennies.
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Forms Legal. (2026). Donation-Partage (Anticipation Succession) (France) [Legal document template]. Forms Legal. https://forms-legal.com/fr/france/estate-planning/wills/donation-partage
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La Donation-Partage, prévue aux articles 1075 à 1079 du Code civil français, est un acte par lequel un ascendant répartit anticipativement tout ou partie de ses biens entre tous ses héritiers présomptifs (généralement ses descendants), constituant à la fois une libéralité et un partage de la succession future. La Donation Entre Vifs, régie par les articles 893 à 925 du Code civil, est un acte par lequel le donateur transmet un bien spécifique à un donataire déterminé, de manière isolée et non coordonnée avec les autres héritiers présomptifs. L'avantage décisif de la donation-partage réside dans le figement de la valeur des biens donnés au jour de l'acte selon l'article 1078 du Code civil: il n'y a pas de réévaluation au jour du décès du donateur, contrairement à la donation simple qui est rapportable à la succession selon l'article 843 du Code civil avec valeur retenue au jour du partage selon l'état au jour de la donation. Cette différence majeure sécurise considérablement la donation-partage contre les actions en réduction des cohéritiers et les fluctuations de marché des biens donnés. Les abattements fiscaux sont identiques (100 000 EUR par parent et par enfant tous les 15 ans selon l'article 779 du CGI), mais la donation-partage est généralement préférée pour les patrimoines importants ou les familles nombreuses où l'objectif est de répartir équitablement le patrimoine entre tous les enfants.
Les honoraires d'une Donation-Partage en France varient selon la valeur du patrimoine partagé, le nombre d'héritiers participants et la complexité de l'acte. Pour une donation-partage simple entre un parent et deux enfants portant sur un patrimoine de 300 000 EUR, comptez environ 1 500 à 2 500 EUR HT d'honoraires notariaux. Pour une donation-partage moyennement complexe portant sur un patrimoine de 700 000 EUR avec attribution préférentielle d'immeubles et soultes en numéraire, comptez entre 2 500 et 5 000 EUR HT plus les frais de publicité foncière au Service de la Publicité Foncière (SPF) compétent. Pour une donation-partage complexe (donation-partage transgénérationnelle selon l'article 1075-1 du Code civil français, Pacte Dutreil selon les articles 787 B et 787 C du CGI, démembrement multiple, charges et conditions spécifiques), comptez entre 5 000 et 10 000 EUR HT. À ces honoraires s'ajoutent les droits de mutation à titre gratuit calculés selon les abattements applicables (100 000 EUR par parent et par enfant) et les taux progressifs de l'article 777 du CGI (5 % à 45 % en ligne directe). Une simulation précise par le Notaire avant signature est recommandée. Le coût total peut sembler élevé mais représente un investissement décisif en sécurité juridique et en optimisation fiscale par rapport aux conflits successoraux potentiels.
En principe oui, mais avec des aménagements possibles depuis la réforme du 23 juin 2006. Selon l'article 1075 du Code civil français, la donation-partage est conçue pour répartir tout ou partie du patrimoine entre tous les héritiers présomptifs du donateur (généralement ses descendants vivants ou représentés en cas de prédécès). Avant la réforme de 2006, l'omission d'un enfant entraînait la nullité de l'opération à l'égard de tous les autres, ce qui rendait l'acte juridiquement fragile. Depuis la loi du 23 juin 2006, un enfant peut refuser de participer à la donation-partage sans entraîner la nullité de l'opération à l'égard des autres. L'enfant refusant conserve alors ses droits successoraux légaux à l'ouverture de la succession, sous réserve du respect de la réserve héréditaire par les biens donnés. Si la donation-partage favorise excessivement les enfants participants au détriment de l'enfant refusant, ce dernier peut exercer l'action en réduction devant le Tribunal judiciaire dans un délai de cinq ans à compter de l'ouverture de la succession selon l'article 921 du Code civil. La donation-partage transgénérationnelle prévue à l'article 1075-1 du Code civil français introduite par la loi du 23 juin 2006 exige en outre l'accord exprès des enfants du donateur (parents des petits-enfants bénéficiaires) qui renoncent partiellement à leurs droits successoraux au profit de leurs propres enfants.
Les avantages fiscaux de la Donation-Partage en France sont multiples et significatifs. Premièrement, les abattements renouvelables tous les 15 ans selon l'article 784 du Code général des impôts permettent de transmettre des sommes considérables sans aucun droit de donation: 100 000 EUR par parent et par enfant (article 779 du CGI), 80 724 EUR pour le conjoint marié ou partenaire pacsé (articles 790 E et F du CGI), 31 865 EUR par grand-parent et par petit-enfant pour la donation-partage transgénérationnelle (article 790 G du CGI). Un couple avec trois enfants peut ainsi transmettre 600 000 EUR sans aucun droit (100 000 EUR × 2 parents × 3 enfants), renouvelable tous les 15 ans. Deuxièmement, le figement de la valeur des biens donnés au jour de l'acte selon l'article 1078 du Code civil français évite les réévaluations défavorables à l'ouverture de la succession et limite l'assiette taxable. Troisièmement, le démembrement de propriété (donation de la nue-propriété avec réserve d'usufruit selon l'article 949 du Code civil) réduit considérablement l'assiette taxable grâce au barème fiscal de l'article 669 du CGI: pour un donateur de 60 ans, la nue-propriété est évaluée à 50 % de la valeur en pleine propriété. Quatrièmement, le Pacte Dutreil selon les articles 787 B et 787 C du CGI permet une exonération de 75 % de la valeur des parts ou actions d'entreprise transmises. Cinquièmement, les soultes en numéraire compensant les déséquilibres d'attribution ne sont pas soumises aux droits de donation tant qu'elles équilibrent strictement l'opération.
La Donation-Partage est en principe irrévocable selon l'article 894 du Code civil français qui consacre la règle «donner et retenir ne vaut» applicable à toutes les donations. Une fois l'acte signé par le donateur et accepté par tous les donataires, les biens donnés et partagés sortent définitivement du patrimoine du donateur et entrent dans celui de chaque donataire. Toutefois, trois cas exceptionnels de révocation sont prévus par l'article 953 du Code civil. Premièrement, l'inexécution des charges imposées au donataire (article 954 du Code civil): par exemple, le non-paiement de la soulte convenue ou de la rente viagère. Deuxièmement, l'ingratitude du donataire (article 955 du Code civil): attentat à la vie du donateur, sévices, délits ou injures graves, refus d'aliments. La révocation pour ingratitude doit être demandée au Tribunal judiciaire dans l'année du fait imputé selon l'article 957 du Code civil. Troisièmement, la survenance d'enfant (articles 960 à 966 du Code civil): un enfant légitime ou adoptif né après la donation-partage peut entraîner la révocation, sauf clause contraire dans l'acte. La donation-partage peut également être annulée pour vice du consentement (erreur substantielle, dol, violence) selon les articles 1130 et suivants du Code civil, ou pour défaut de capacité du donateur ou d'un donataire. Une modification partielle est possible par avenant notarié signé par toutes les parties avec accord unanime. En dehors de ces hypothèses, la donation-partage est définitive et ne peut être remise en cause par simple regret du donateur ou conflit familial ultérieur.
La Donation-Partage transgénérationnelle est une innovation majeure introduite par la loi n°2006-728 du 23 juin 2006 portant réforme des successions et libéralités, codifiée à l'article 1075-1 du Code civil français. Cette technique permet à un grand-parent de répartir directement ses biens entre ses petits-enfants (ou même arrière-petits-enfants) avec l'accord exprès de leurs parents (enfants du donateur) qui renoncent partiellement à leurs droits successoraux au profit de leurs propres enfants. L'avantage décisif réside dans le double bénéfice fiscal: les biens donnés bénéficient à la fois de l'abattement de 100 000 EUR par parent et par enfant (article 779 du CGI) au niveau intermédiaire de la transmission grand-parent vers enfant, et de l'abattement spécifique de 31 865 EUR par grand-parent et par petit-enfant selon l'article 790 G du CGI au niveau final de la transmission grand-parent vers petit-enfant. Un grand-parent disposant de quatre petits-enfants peut ainsi transmettre 127 460 EUR par grand-parent sans aucun droit de donation (31 865 EUR × 4 petits-enfants), somme qui peut être renouvelée tous les 15 ans selon l'article 784 du CGI. Cette technique est particulièrement adaptée aux familles où les enfants du donateur n'ont pas besoin d'un complément patrimonial immédiat (situation professionnelle stable, patrimoine personnel suffisant) et souhaitent favoriser leurs propres enfants pour les aider à financer leurs études, leur acquisition immobilière ou leur démarrage professionnel. La donation-partage transgénérationnelle saute une génération en optimisant fiscalement la transmission familiale sur le long terme.
Le figement des valeurs constitue l'avantage décisif de la Donation-Partage par rapport à la simple Donation Entre Vifs, prévu à l'article 1078 du Code civil français. Cette règle dispose que les biens donnés et partagés par donation-partage sont évalués au jour de l'acte de donation-partage, et cette valeur est définitivement figée pour le calcul de la réserve héréditaire et de la quotité disponible à l'ouverture de la succession du donateur. Concrètement, si un parent donne par donation-partage à son enfant A un immeuble valant 300 000 EUR au jour de l'acte et à son enfant B des actions valant 300 000 EUR au jour de l'acte, et que vingt ans plus tard à l'ouverture de la succession l'immeuble vaut 600 000 EUR et les actions ne valent plus que 100 000 EUR, la donation-partage reste équitable: chaque enfant a reçu 300 000 EUR au jour de l'acte conformément au figement de l'article 1078 du Code civil. À l'inverse, dans une simple Donation Entre Vifs rapportable à la succession selon l'article 843 du Code civil, l'enfant A devrait rapporter 600 000 EUR (valeur de l'immeuble au jour du partage selon l'état au jour de la donation) tandis que l'enfant B ne rapporterait que 100 000 EUR, créant une inégalité considérable et potentiellement des actions en réduction. Le figement des valeurs sécurise donc considérablement la donation-partage contre les fluctuations de marché et préserve l'équilibre entre cohéritiers convenu au jour de l'acte. Cette règle constitue l'argument majeur en faveur de la donation-partage par rapport à la donation simple pour les transmissions patrimoniales importantes.
Le choix entre Donation-Partage et Testament dépend de plusieurs critères patrimoniaux et familiaux, et les deux outils sont souvent complémentaires plutôt que substituables. La Donation-Partage présente plusieurs avantages décisifs: figement de la valeur des biens donnés au jour de l'acte selon l'article 1078 du Code civil français évitant la réévaluation à l'ouverture de la succession, bénéfice immédiat des abattements fiscaux renouvelables tous les 15 ans selon l'article 784 du CGI, prévention des conflits familiaux par la répartition consensuelle anticipée, sécurisation contre les actions en réduction des cohéritiers. Toutefois, elle suppose un dépouillement actuel du donateur qui peut être problématique en cas d'évolution défavorable de sa situation financière, et elle exige l'accord de tous les héritiers présomptifs (ou au moins leur acceptation expresse pour chaque part). Le Testament Olographe ou Authentique permet au testateur de garder la maîtrise totale de son patrimoine jusqu'au décès, de modifier librement les dispositions en fonction des évolutions familiales (naissance, divorce, décès d'un héritier), et de prévoir des dispositions qui ne s'exécuteront qu'au décès sans dépouillement actuel. Une stratégie patrimoniale efficace consiste typiquement à combiner les deux outils: (1) effectuer une donation-partage des biens immobiliers et professionnels stables pour bénéficier des abattements et du figement des valeurs, (2) souscrire des contrats d'assurance-vie avec clause bénéficiaire optimisée pour la transmission hors succession selon l'article 990-I du CGI, (3) rédiger un Testament Authentique pour les dispositions résiduelles concernant les biens non encore donnés, les volontés funéraires, la désignation d'un exécuteur testamentaire ou d'un tuteur pour enfants mineurs. Une consultation avec un Notaire patrimonialiste permet d'élaborer une stratégie sur mesure adaptée à chaque situation familiale et patrimoniale.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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