Bail Glissant (Logement Public)
Qu'est-ce qu'un Bail Glissant (Logement Public) ?
Le Bail Glissant (Logement Public) en Belgique est régi par Code wallon de l'habitation durable, décret du 15 mars 2018 et organise les droits et obligations des parties sur le bien immobilier concerné en Belgique.
La distinction entre le bail glissant et le bail de droit commun régi par le Code civil belge (livre 5, articles 1709 et suivants) est fondamentale. Le bail ordinaire d'habitation est régi en Région wallonne par le Code wallon de l'habitation durable pour les résidences principales, mais ne comprend pas ce mécanisme de transfert progressif. Le bail glissant implique obligatoirement un tiers institutionnel — l'association agréée — et une mission d'accompagnement social formalisée dans un projet individualisé. Ce projet est validé conjointement par l'association, la SLSP et les services compétents du SPW, Direction générale de l'Action sociale et de la Santé.
Le fondement légal principal réside dans le Code wallon de l'habitation durable, décret du 15 mars 2018, qui définit les conditions d'accès au logement public en Wallonie et autorise les SLSP à conclure des conventions de mise à disposition avec des opérateurs agréés d'insertion. L'arrêté du Gouvernement wallon du 28 janvier 2016 relatif aux SLSP précise les modalités administratives et financières de ces opérations. La SWL publie chaque année un guide de bonnes pratiques à destination des associations partenaires, précisant les conditions d'agrément et les exigences de suivi.
Du point de vue du droit des contrats, la convention tripartite comporte trois documents distincts : le bail principal entre la SLSP et l'association, régi par les règles du bail d'habitation du Code wallon ; la convention de mise à disposition ou sous-location entre l'association et le ménage, qui n'est pas un bail ordinaire mais une convention innommée ; et le projet socio-éducatif individualisé qui formalise les engagements mutuels en matière d'accompagnement. Chacun de ces documents doit être signé avant l'entrée en jouissance du ménage.
Le bail glissant se distingue également de l'agence immobilière sociale (AIS) active en Région wallonne et en Région de Bruxelles-Capitale. L'AIS intervient auprès de propriétaires privés et n'est pas liée à une SLSP. Le bail glissant implique exclusivement du patrimoine de logement social public, ce qui garantit au ménage accompagné un accès à un logement dont le loyer est calculé en fonction de ses revenus selon la grille SWL après le glissement.
La portée pratique de ce mécanisme est considérable dans la politique wallonne de lutte contre le sans-abrisme. Selon les rapports annuels du SPW, plusieurs centaines de ménages bénéficient chaque année de ce dispositif en Wallonie, principalement dans les arrondissements de Liège, Charleroi, Namur et Mons, là où les associations d'insertion sont les plus actives et les SLSP les plus importantes en termes de patrimoine de logements sociaux.
Quand avez-vous besoin d'un Bail Glissant (Logement Public) ?
La conclusion d'un bail glissant s'impose dans plusieurs situations concrètes où un ménage en grande difficulté sociale ne peut pas accéder au logement social par les voies ordinaires.
Première situation : le ménage sort d'une période de sans-abrisme prolongée, documentée par le CPAS ou par une maison d'accueil. La liste d'attente de la SLSP locale est de plusieurs années — souvent cinq à dix ans dans les grandes villes wallonnes — ce qui rend l'attente impossible pour une famille sans domicile fixe. Le bail glissant offre un accès immédiat, conditionné à l'accompagnement.
Deuxième situation : une personne libérée d'un établissement pénitentiaire belge après une longue peine d'emprisonnement n'a plus de domicile fixe. Le service de guidance externe de la prison ou le service de guidance sociale de la Direction générale des Maisons de justice du SPF Justice oriente vers une association partenaire qui peut mobiliser un bail glissant pour offrir un point d'attache résidentiel immédiat.
Troisième situation : un réfugié reconnu par le Commissariat général aux réfugiés et apatrides (CGRA) sort d'un centre d'accueil Fedasil et doit trouver un logement en Wallonie dans un délai de quelques semaines. La maison d'accueil ou le CPAS peut orienter vers un bail glissant lorsque l'association partenaire dispose d'un logement adapté à la composition du ménage.
Quatrième situation : un ménage avec enfants est expulsé de son logement à la suite d'un jugement du Juge de paix, sans solution alternative. Le CPAS, qui a l'obligation d'intervenir en cas d'expulsion imminente sous peine de voir sa responsabilité engagée, peut activer un bail glissant en urgence via une association partenaire, sous réserve de disponibilité de logements.
Cinquième situation : une personne en phase de réinsertion après une hospitalisation psychiatrique de longue durée a besoin d'un accompagnement résidentiel pour ne pas rechuter dans l'errance. L'équipe mobile de réhabilitation psychosociale (type SPAD ou service de guidance résidentielle) peut s'associer à une convention de bail glissant pour assurer la continuité de l'accompagnement thérapeutique dans le nouveau logement.
Dans toutes ces situations, le bail glissant n'est ni une solution d'urgence de courte durée — rôle dévolu aux centres d'hébergement d'urgence — ni un logement social ordinaire accessible sans accompagnement. Sa spécificité est d'articuler l'accès au logement avec un projet d'insertion structuré et évalué.
Que faut-il inclure dans votre Bail Glissant (Logement Public) ?
Un bail glissant juridiquement solide en Belgique wallonne doit comporter plusieurs éléments essentiels, dont l'absence peut fragiliser le dispositif ou priver le ménage de ses droits.
Premier élément — Identification précise des trois parties : le bail doit mentionner la dénomination exacte de la SLSP (avec son numéro BCE inscrit à la Banque-Carrefour des Entreprises), la dénomination de l'association d'insertion agréée et son numéro d'agrément délivré par le SPW, et les données d'identité complètes du ménage bénéficiaire (registre national, adresse de référence au CPAS si sans domicile fixe). Une identification incomplète rend difficile l'enregistrement au bureau Sécurité juridique du SPF Finances et peut poser des problèmes en cas de litige devant le Juge de paix.
Deuxième élément — Désignation précise du logement : adresse complète, désignation cadastrale (commune, division, section, numéro de parcelle), superficie habitable, nombre de pièces, performance énergétique (PEB) obligatoire pour tout nouveau bail en Région wallonne depuis le 1er juin 2010. Le certificat PEB doit être annexé au bail sous peine de sanction administrative.
Troisième élément — Durée de la phase d'accompagnement et conditions de glissement : la convention doit fixer clairement la durée initiale (12, 18 ou 24 mois selon le projet), les critères évaluatifs permettant de constater l'autonomie du ménage (paiement régulier, entretien, absence de troubles), la procédure de bilan à mi-parcours, et le délai dans lequel la SLSP s'engage à conclure le bail direct après le glissement (généralement un mois après le rapport positif de l'association).
Quatrième élément — Montant de la contribution du ménage et loyer SLSP : il faut distinguer le loyer que la SLSP facture à l'association (loyer social calculé selon la grille SWL) et la contribution financière que l'association demande au ménage. Cette contribution ne peut pas excéder le loyer social, conformément aux lignes directrices de la SWL. La convention doit préciser comment est comblée la différence (subside régional, fonds propres de l'association).
Cinquième élément — Projet socio-éducatif individualisé en annexe : ce document signé par l'association, le ménage et la SLSP décrit les objectifs d'autonomie, les fréquences des visites de suivi, les ressources mobilisées (accompagnement budgétaire, soutien scolaire, aide à la recherche d'emploi), et les indicateurs de réussite. Sans ce projet, le bail glissant n'a pas de base légale dans le cadre de l'agrément de l'association.
Sixième élément — État des lieux d'entrée contradictoire : obligatoire sous peine de présomption de bon état de la part du ménage (art. du Code wallon de l'habitation durable), l'état des lieux doit être établi en présence du représentant de l'association et du ménage, signé par les deux parties. Des photographies datées constituent une preuve complémentaire recommandée.
Septième élément — Clause de glissement et procédure : l'article spécifique sur le mécanisme de glissement doit décrire précisément la procédure : qui émet le rapport de fin d'accompagnement, dans quel délai la SLSP répond, comment est formalisée la résiliation du bail association/SLSP, quelles conditions suspensives doivent être levées avant la signature du bail direct. Sur forms-legal.com, le modèle de bail glissant inclut une clause type de glissement rédigée en conformité avec les pratiques des SLSP wallonnes et les recommandations de la SWL.
Huitième élément — Garantie locative : la convention doit préciser si une garantie locative est demandée au ménage pour la phase de sous-location. Dans la grande majorité des cas, les associations n'exigent pas de garantie locative du ménage, car cela constituerait un obstacle à l'insertion. Certaines SLSP acceptent que l'association constitue la garantie à la place du ménage grâce à un fonds de garantie sectoriel. Après le glissement, la garantie locative ordinaire du logement social wallon s'applique (deux mois de loyer social au maximum).
Comment remplir votre Bail Glissant (Logement Public)
Remplir correctement un bail glissant pour logement public en Wallonie exige de respecter la séquence suivante, étape par étape.
Étape 1 — Vérification préalable des agréments : avant toute signature, l'association doit vérifier la validité de son agrément auprès du SPW et la disponibilité du logement auprès de la SLSP concernée. La SLSP doit confirmer par écrit que le logement est bien affecté au programme de bail glissant et non à la liste d'attente ordinaire.
Étape 2 — Identification des parties : dans le formulaire, saisissez la dénomination sociale exacte de la SLSP (ex. : Logis Social de Liège), son numéro BCE à dix chiffres (disponible sur le portail public BCE de la Banque-Carrefour des Entreprises), l'adresse de son siège social. Pour l'association, indiquez sa dénomination, son numéro BCE et son numéro d'agrément SPW. Pour le ménage bénéficiaire, mentionnez le nom complet, le numéro de registre national (11 chiffres, format JJ.MM.AA-XXX.YY) ou, à défaut, le numéro d'étranger délivré par l'Office des étrangers.
Étape 3 — Description du logement : renseignez l'adresse complète (rue, numéro, code postal à 4 chiffres, commune), la désignation cadastrale (commune cadastrale, division, section, numéro de lot), la surface habitable en m² selon le permis de bâtir ou l'attestation de la SLSP, et le numéro du certificat PEB délivré par un certificateur agréé par la Région wallonne.
Étape 4 — Durée et conditions de glissement : indiquez la date de prise d'effet, la durée prévue pour la phase d'accompagnement en mois, et les critères objectifs de glissement convenus entre la SLSP et l'association (ex. : absence d'arriéré de plus de deux mois, deux états des lieux positifs, rapport social favorable validé par le coordinateur de l'association).
Étape 5 — Montants financiers : indiquez en euros, avec virgule décimale selon la notation belge (ex. : 450,00 €), le loyer social mensuel dû par l'association à la SLSP, le montant de la contribution mensuelle demandée au ménage, et le montant de la subvention régionale couvrant la différence si applicable.
Étape 6 — Signature : le bail doit être daté (format JJ/MM/AAAA) et signé par le directeur ou le représentant légal de la SLSP, le représentant habilité de l'association, et le ménage bénéficiaire (tous les adultes composant le ménage). L'absence de signature d'un adulte du ménage peut être invoquée pour contester la validité de la convention.
Exigences juridiques pour Bail Glissant (Logement Public)
Le bail glissant est soumis à plusieurs exigences légales spécifiques en Belgique wallonne dont le non-respect peut entraîner la nullité de la convention ou des sanctions administratives.
Enregistrement obligatoire : conformément à l'article 161 du Code des droits d'enregistrement, tout bail d'une durée supérieure à un an doit être enregistré au bureau Sécurité juridique du SPF Finances dans les deux mois de sa conclusion. Le droit d'enregistrement est de 0,20 % du total des loyers et charges. L'absence d'enregistrement dans ce délai expose à une majoration de 50 % du droit dû. Pour les SLSP, l'enregistrement est généralement effectué par le service juridique interne.
Certificat PEB obligatoire : depuis le 1er juin 2010 en Région wallonne, tout bail de résidence principale doit être accompagné d'un certificat de performance énergétique (PEB) établi par un certificateur agréé par la Région. Le bailleur (ici la SLSP) est responsable de fournir ce certificat. L'absence de certificat PEB est sanctionnée d'une amende administrative pouvant atteindre 25.000 € infligée par la Direction générale opérationnelle de l'Agriculture, des Ressources naturelles et de l'Environnement (DGARNE).
Agrément de l'association : l'association d'insertion ne peut pas légalement pratiquer le bail glissant sans être agréée comme opérateur d'insertion par le SPW, Direction générale de l'Action sociale et de la Santé. L'agrément est accordé pour une durée de cinq ans renouvelable et impose des conditions de personnel qualifié, de plan d'action socio-éducatif et de comptes annuels certifiés.
Droit de préemption : en cas de mise en vente du logement par la SLSP (hypothèse rare mais possible), le ménage locataire direct après le glissement bénéficie du droit de préemption prévu par le Code wallon de l'habitation durable, à exercer dans les délais légaux. Pendant la phase d'accompagnement, ce droit appartient à l'association en sa qualité de locataire principal.
Protection contre l'expulsion : le Code wallon de l'habitation durable prévoit une procédure de résiliation encadrée. Aucune expulsion ne peut intervenir sans jugement préalable du Juge de paix compétent et sans information préalable du CPAS du ménage, qui doit être mis en mesure de trouver une solution alternative. Cette obligation d'information du CPAS s'applique tant pendant la phase d'accompagnement (expulsion par l'association) qu'après le glissement (expulsion par la SLSP).
Erreurs courantes à éviter dans votre Bail Glissant (Logement Public)
Plusieurs erreurs récurrentes fragilisent les baux glissants conclus en Belgique wallonne et peuvent compromettre le droit du ménage à obtenir le glissement.
Erreur 1 — Absence de projet socio-éducatif individualisé formalisé : certaines associations rédigent un bail glissant sans annexer un projet d'accompagnement détaillé et signé. Sans ce document, l'association ne peut pas justifier son agrément auprès du SPW et la SLSP ne dispose d'aucun critère objectif pour évaluer si le glissement peut intervenir. Le projet doit être signé avant l'entrée en jouissance.
Erreur 2 — Omission du certificat PEB : la SLSP est parfois tentée de remettre les clefs avant que le certificat PEB soit disponible, surtout pour les logements anciens. Cette pratique expose à une amende administrative significative. Le certificat doit être remis au preneur (l'association) lors de la signature du bail.
Erreur 3 — Contribution financière excédant le loyer social : certaines associations demandent au ménage une contribution couvrant non seulement le loyer social mais aussi les frais administratifs de l'association. Cette pratique dépasse le cadre légal des associations agréées et peut être contestée par le ménage devant le Juge de paix ou signalée au SPW.
Erreur 4 — Non-enregistrement dans les deux mois : l'oubli de l'enregistrement entraîne une majoration de 50 % du droit dû, soit une pénalité financière significative pour la SLSP. De plus, un bail non enregistré n'est pas opposable aux tiers, notamment en cas de vente du bien.
Erreur 5 — Clause de glissement rédigée de façon floue : des expressions vagues comme 'quand le ménage sera prêt' ou 'selon l'appréciation de l'association' sans critères objectifs créent des contentieux. La clause doit définir des indicateurs mesurables (nombre de mois sans arriéré, nombre de rapports de visite positifs, absence de plainte formelle du voisinage) et un calendrier précis.
Erreur 6 — Absence d'état des lieux d'entrée contradictoire : sans état des lieux signé, le ménage est présumé avoir reçu le logement en bon état, ce qui le rend responsable de tous les dégâts constatés à la sortie, même s'ils préexistaient. L'état des lieux doit être établi le jour de la remise des clefs.
Questions Fréquentes
Le bail glissant est un mécanisme d'accès progressif au logement public en Région wallonne. Dans ce dispositif, une association d'insertion sociale agréée par la Région wallonne prend d'abord le logement en location auprès d'une Société de Logement de Service Public (SLSP) affiliée à la Société Wallonne du Logement (SWL). L'association sous-loue ensuite ce logement à un ménage en difficulté, généralement pour une durée de 12 à 18 mois, pendant laquelle elle assure un accompagnement social renforcé. Lorsque le ménage a démontré sa capacité à gérer un logement de manière autonome — paiement régulier du loyer, entretien du bien, comportement respectueux du voisinage — le bail 'glisse' directement au nom du ménage. La personne devient alors locataire directe de la SLSP sans devoir attendre sur la liste d'attente habituelle. Ce mécanisme est encadré par le Code wallon de l'habitation durable (décret du 15 mars 2018) et s'inscrit dans le programme wallon d'insertion par le logement.
Le bail glissant s'adresse aux ménages qui cumulent des difficultés d'accès au logement ordinaire et des problèmes sociaux nécessitant un accompagnement spécialisé. Sont typiquement éligibles : les personnes sortant d'une période de sans-abrisme prolongée, les personnes libérées d'un établissement pénitentiaire sans domicile fixe, les ménages sortant d'un centre d'accueil pour demandeurs d'asile reconnus réfugiés, les personnes en phase de réinsertion après hospitalisation psychiatrique, et les familles monoparentales en situation de grande précarité. Les critères d'accès sont fixés conjointement par la SLSP concernée, l'association d'insertion partenaire, et le Service public de Wallonie (SPW) — Direction générale opérationnelle des Pouvoirs locaux, de l'Action sociale et de la Santé. La demande se fait auprès d'une maison de l'accueil ou d'un centre public d'action sociale (CPAS) qui oriente le ménage vers l'association partenaire habilitée à pratiquer le bail glissant.
La durée de la phase de sous-location associative est généralement fixée entre 12 et 24 mois, selon le projet d'accompagnement individualisé établi entre l'association et le ménage. Pendant cette période, l'association verse le loyer à la SLSP et perçoit une contrepartie financière du ménage. Le glissement intervient lorsque le référent social de l'association établit un rapport positif sur l'autonomie acquise par le ménage. La SLSP met alors fin à son bail avec l'association par accord amiable, et conclut un nouveau contrat de location directement avec le ménage, aux conditions ordinaires du logement social wallon. Ce nouveau bail est soumis au régime du Code wallon de l'habitation durable, avec application du loyer social calculé sur la base des revenus du ménage selon la grille de la SWL. Le ménage n'a pas à repasser par la procédure d'inscription sur liste d'attente, ce qui est l'avantage majeur du mécanisme.
L'association d'insertion agréée par la Région wallonne assume plusieurs obligations fondamentales dans le cadre du bail glissant. Premièrement, elle est tenue de payer le loyer à la SLSP dans les délais contractuels, même si le ménage ne s'est pas acquitté de sa contribution. Elle assume ainsi le risque locatif pendant toute la phase d'accompagnement. Deuxièmement, elle doit assurer un accompagnement social individualisé et documenté, conforme au projet socio-éducatif agréé par le SPW. Troisièmement, elle est responsable du maintien du logement en bon état et doit signaler immédiatement à la SLSP tout dégât anormal. Quatrièmement, elle doit tenir un registre des visites de suivi et transmettre des rapports trimestriels à la SLSP et au Service public de Wallonie. En cas de défaillance grave du ménage mettant en péril le logement, l'association a l'obligation d'en informer la SLSP et d'engager une procédure de résiliation de la sous-location devant le Juge de paix compétent, tout en proposant au ménage une solution de relogement d'urgence auprès du CPAS.
Pendant la phase de sous-location, le ménage verse à l'association d'insertion une contribution financière dont le montant est fixé dans la convention tripartite entre la SLSP, l'association et le ménage. Cette contribution est généralement inférieure au loyer réel acquitté par l'association auprès de la SLSP, la différence étant couverte par des subsides de la Région wallonne accordés à l'association dans le cadre de son agrément. Après le glissement, le ménage devient locataire direct de la SLSP et acquitte le loyer social calculé selon la grille tarifaire de la Société Wallonne du Logement (SWL) : le loyer de base est modulé en fonction des revenus du ménage, du nombre de personnes à charge et de la localisation du logement. Ce loyer social est toujours inférieur au loyer de marché pour un bien comparable. Les charges — eau, entretien des parties communes — sont facturées séparément selon le règlement d'ordre intérieur de la SLSP concernée.
Si le ménage ne démontre pas l'autonomie suffisante pendant la phase de sous-location — en raison d'arriérés de paiement répétés, de dégradations du logement, de troubles de voisinage persistants ou de refus de l'accompagnement social — l'association d'insertion peut décider de ne pas proposer le glissement. Dans ce cas, l'association notifie sa décision par lettre recommandée au ménage, avec une motivation écrite. La sous-location peut être résiliée en respectant le délai de préavis prévu dans la convention (généralement un mois). Le ménage doit alors libérer le logement. La SLSP met fin à son bail avec l'association par accord amiable. Le ménage conserve théoriquement son droit à l'inscription sur la liste d'attente de la SLSP, mais repart en bas de la liste. La SLSP et l'association sont tenues de signaler la situation au CPAS territorial pour organiser une solution d'hébergement d'urgence et éviter toute situation de sans-abrisme immédiate, conformément aux obligations du décret wallon du 12 février 2004 relatif à l'accueil, l'intégration et l'insertion des personnes étrangères.
Le bail glissant dans sa forme institutionnalisée avec les SLSP est propre à la Région wallonne. Toutefois, des mécanismes analogues existent dans les autres régions sous d'autres appellations. En Flandre, le système de 'woonbegeleiding' (accompagnement au logement) organisé par les agences immobilières sociales (sociale verhuurkantoren, SVK) remplit une fonction comparable : l'SVK prend un bien en location auprès d'un propriétaire privé et le sous-loue à un ménage défavorisé, avec accompagnement. En Région de Bruxelles-Capitale, les agences immobilières sociales (AIS) agréées par Bruxelles Logement fonctionnent sur un principe voisin, encadré par l'ordonnance du 27 juillet 2017. Dans tous les cas, le passage d'une sous-location accompagnée à un bail direct reste l'objectif final. Les conditions d'accès, les durées et les montants varient selon la région ; pour la Wallonie, les informations actualisées sont disponibles sur le portail du SPW et sur le site de la SWL (swl.be).
Le bail conclu entre la SLSP et l'association d'insertion doit être enregistré au bureau Sécurité juridique du SPF Finances dans les deux mois de sa conclusion, conformément à l'article 161 du Code des droits d'enregistrement. Ce délai est porté à deux mois pour les baux résidentiels depuis la réforme de 2019. Le droit d'enregistrement applicable est de 0,20 % calculé sur la totalité des loyers et charges de la durée du bail, avec un minimum de 50 €. L'enregistrement confère date certaine au bail et protège le locataire (l'association) en cas de vente du bien. La convention de sous-location entre l'association et le ménage n'est pas soumise à enregistrement obligatoire, mais son enregistrement volontaire est recommandé pour lui donner date certaine opposable aux tiers. Les SLSP disposent généralement d'un service juridique interne qui se charge de l'enregistrement des baux qu'elles concluent.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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