Bail Emphytéotique 99 Ans
Qu'est-ce qu'un Bail Emphytéotique 99 Ans ?
Le Bail Emphytéotique 99 Ans en Belgique est régi par Loi du 10 janvier 1824 sur le droit d'emphytéose et organise les droits et obligations des parties sur le bien immobilier concerné en Belgique.
La caractéristique fondamentale de l'emphytéose est sa nature réelle : contrairement au preneur d'un bail ordinaire qui ne dispose que d'un droit personnel de jouissance, l'emphytéote acquiert un véritable droit réel immobilier, inscriptible à la conservation des hypothèques (Bureau de la Sécurité juridique du SPF Finances). Ce droit réel est opposable à tous les tiers, peut être hypothéqué par l'emphytéote pour financer des constructions, cédé à un tiers ou transmis à ses héritiers. La durée maximale de quatre-vingt-dix-neuf ans permet à l'emphytéote d'amortir des investissements considérables sur le bien — construction d'un immeuble, d'un parc éolien, d'un complexe commercial — avec une sécurité juridique totale sur plusieurs générations.
La distinction entre l'emphytéose et le droit de superficie (régi par la Loi du 10 janvier 1824 sur le droit de superficie, texte distinct) est importante : l'emphytéose porte sur la jouissance de l'ensemble du bien (sol et existant), tandis que le droit de superficie ne porte que sur la construction ou les plantations réalisées sur ou sous le sol d'autrui. L'emphytéose se distingue aussi du bail commercial (Loi du 30 avril 1951) et du bail ordinaire (Code civil livre 5 art. 1709) par sa durée exceptionnelle et sa nature réelle.
L'article 555 du Code civil belge relatif à l'accession est au coeur de l'emphytéose : par dérogation conventionnelle à la règle d'accession, les constructions érigées par l'emphytéote lui appartiennent pendant la durée du bail, mais reviennent au tréfoncier au terme, sauf clause d'indemnisation négociée dans l'acte. Cette dérogation conventionnelle à l'article 555 doit être expressément prévue dans l'acte notarié authentique.
Historiquement, l'emphytéose a été utilisée en Belgique dans des contextes très divers : gestion du patrimoine de l'État belge et des communes (vente du droit de superficie ou emphytéose sur des terrains publics), développement de zones industrielles par les intercommunales, réalisation de projets d'énergie renouvelable (parcs éoliens, installations solaires), développement immobilier privé dans les grandes agglomérations. La Société de Développement Régional de Wallonie (SDRW), les intercommunales de développement économique et les communes recourent régulièrement à l'emphytéose pour valoriser leur patrimoine foncier tout en maintenant leur titre de propriété.
L'acte notarié authentique est une condition de validité de l'emphytéose en Belgique. Le notaire vérifie le titre de propriété du tréfoncier, les charges et hypothèques existantes, et rédige l'acte en conformité avec la Loi de 1824 et le Code civil belge livre 3. La transcription à la conservation des hypothèques rend le droit réel opposable aux tiers dans un délai de quinze jours ouvrables.
Quand avez-vous besoin d'un Bail Emphytéotique 99 Ans ?
Le bail emphytéotique de 99 ans est l'outil juridique approprié dans plusieurs situations spécifiques où la durée exceptionnelle et la nature réelle du droit sont des atouts décisifs.
Première situation — Développement immobilier sur terrain public : une commune belge, une intercommunale de développement économique (ex. : BEP Namur, IDELUX, Leiedal) ou une région wallonne souhaite permettre à un opérateur privé de construire sur un terrain public sans en céder la propriété. L'emphytéose de 99 ans permet à l'opérateur de financer et rentabiliser sa construction sur un horizon généreux, tout en permettant à la collectivité de récupérer le bien en fin d'emphytéose.
Deuxième situation — Parc d'énergie renouvelable : un propriétaire foncier agricole ou industriel souhaite accueillir un parc éolien ou une installation solaire sur ses terres. L'emphytéote (société de développement d'énergies renouvelables) a besoin d'un droit réel sécurisé pour financer les turbines ou panneaux solaires auprès d'une banque (hypothèque du droit réel emphytéotique en garantie du prêt). Une durée de 25 à 30 ans est souvent utilisée pour les parcs éoliens, 99 ans pour les projets plus structurants.
Troisième situation — Transmission patrimoniale avec maintien de la nue-propriété : un propriétaire âgé souhaite transmettre la jouissance de ses immeubles à ses enfants ou à une SRL patrimoniale tout en conservant la nue-propriété. L'emphytéose offre une alternative à l'usufruit viager, avec une durée fixe et un cadre fiscal différent.
Quatrième situation — Construction sur terrain appartenant à un tiers : deux entrepreneurs souhaitent collaborer sur un projet — l'un apporte le terrain, l'autre finance la construction et l'exploitation. L'emphytéose permet à l'investisseur de construire et d'exploiter pendant une longue période avant que le bien revienne au propriétaire du terrain, avec ou sans indemnité.
Cinquième situation — Gestion du patrimoine ecclésiastique ou institutionnel : les fabriques d'église, les ASBL propriétaires de vastes patrimoines immobiliers, et les intercommunales utilisent l'emphytéose pour valoriser leurs actifs fonciers sans perdre leur propriété, conformément aux règles de gestion du patrimoine qui leur interdisent souvent les ventes.
Sixième situation — Revitalisation de friches industrielles : les intercommunales de développement économique en Wallonie (telles SPI à Liège, IDELUX en province de Luxembourg) accordent des droits emphytéotiques sur des terrains industriels assainis pour permettre à des entreprises de s'installer sans supporter le coût d'acquisition foncière, avec option d'achat à terme.
Que faut-il inclure dans votre Bail Emphytéotique 99 Ans ?
Un bail emphytéotique valide de 99 ans en Belgique doit comporter les éléments essentiels suivants, dont l'omission peut entraîner la requalification ou la nullité du contrat.
Premier élément — Identité complète du tréfoncier : le tréfoncier doit être le propriétaire plein et entier du bien, ou habilité à conclure des baux emphytéotiques (mandataire, représentant légal d'une ASBL, délibération du conseil communal pour une commune). La vérification du titre de propriété par le notaire est indispensable.
Deuxième élément — Désignation précise du bien immobilier : adresse complète, désignation cadastrale (commune, division, section, numéro, superficie), extrait de matrice cadastrale du SPF Finances, et état des charges et hypothèques selon le certificat de non-hypothèque délivré par le Bureau de la Sécurité juridique du SPF Finances. L'emphytéose conclue sur un bien grevé d'une hypothèque antérieure peut être remise en cause en cas de réalisation de l'hypothèque.
Troisième élément — Durée précise (15 à 99 ans) : la durée doit être fixée avec précision dans l'acte. Pour les projets de 99 ans, indiquer les dates de début et de fin exactes (JJ/MM/AAAA). La durée maximale légale de quatre-vingt-dix-neuf ans ne peut pas être dépassée.
Quatrième élément — Canon emphytéotique recognitif : le canon annuel doit avoir une valeur économique réelle. L'acte doit préciser le montant initial, la date de paiement annuelle, le mécanisme d'indexation (généralement indexation sur l'indice des prix à la consommation publié par Statbel) et les conséquences du non-paiement. La déchéance de l'emphytéose pour non-paiement de plus de trois années de canon doit être prévue.
Cinquième élément — Sort des constructions à l'expiration : l'acte doit prévoir explicitement si les constructions érigées par l'emphytéote reviennent au tréfoncier sans indemnité (application de l'art. 555 CC belge), ou si une indemnité de fin d'emphytéose est due par le tréfoncier. La méthode d'évaluation de cette indemnité (valeur vénale, valeur de reconstruction, valeur d'amortissement) doit être décrite avec précision pour éviter les expertises contradictoires coûteuses.
Sixième élément — Droits et obligations de l'emphytéote : l'acte doit préciser les droits de l'emphytéote (construction, sous-location, cession, hypothèque) et les obligations (paiement du canon, entretien du bien, paiement des taxes dont le précompte immobilier, obligation d'obtenir les permis d'urbanisme requis par le CoDT wallon ou le COBAT bruxellois). Les restrictions éventuelles (clause d'inaliénabilité, droit de préemption du tréfoncier en cas de cession) doivent être mentionnées.
Septième élément — Transcription à la conservation des hypothèques : le notaire se charge de la transcription de l'acte au Bureau de la Sécurité juridique du SPF Finances compétent pour la localité où est situé le bien. Cette transcription rend le droit réel opposable aux tiers. Les frais de transcription (0,50 % sur la valeur du droit) sont à la charge de l'emphytéote, sauf convention contraire. Sur forms-legal.com, le modèle de bail emphytéotique de 99 ans inclut les clauses standard conformes aux exigences de la Loi du 10 janvier 1824 et du Code civil belge livre 3, art. 3.143 et suivants.
Huitième élément — Clause sur le précompte immobilier : le précompte immobilier (taxe foncière régionale) est normalement dû par le propriétaire (tréfoncier), mais les actes emphytéotiques prévoient presque toujours la répercussion de cette charge sur l'emphytéote. Cette clause doit mentionner le taux régional applicable (en Wallonie : taux de base 1,25 % du revenu cadastral indexé + centimes additionnels communaux et provinciaux).
Comment remplir votre Bail Emphytéotique 99 Ans
La rédaction d'un bail emphytéotique de 99 ans en Belgique requiert l'intervention obligatoire d'un notaire belge. Toutefois, ce modèle préparatoire permet de rassembler toutes les informations nécessaires avant la consultation notariale.
Étape 1 — Vérification préalable du titre de propriété : obtenir un extrait récent du titre de propriété du tréfoncier (copie de l'acte notarié d'acquisition ou du titre en ligne de propriété) et un certificat de non-hypothèque auprès du Bureau de la Sécurité juridique du SPF Finances compétent pour la situation du bien. Ce certificat confirme l'absence de charges incompatibles avec l'emphytéose.
Étape 2 — Renseignements cadastraux : obtenir l'extrait de matrice cadastrale du bien auprès du SPF Finances (accessible sur MyMinfin), mentionnant le numéro de parcelle, la superficie, la nature cadastrale et le revenu cadastral. Ces données sont indispensables pour le calcul du droit d'enregistrement et la rédaction de la désignation cadastrale dans l'acte.
Étape 3 — Fixation du canon : déterminer le montant du canon annuel recognitif. Consulter un notaire ou un expert immobilier pour fixer un canon conforme à la valeur de marché. Pour mémoire, un canon nul ou symbolique risque la requalification en donation. Un canon trop bas par rapport à la valeur locative peut susciter des questions de la part du SPF Finances. Définir le mécanisme d'indexation (indice des prix à la consommation, indice santé de Statbel).
Étape 4 — Définition des droits de construction : préciser dans le modèle les droits de construction accordés à l'emphytéote, les restrictions éventuelles (affectation du bien, hauteur maximale des constructions, conformité au plan de secteur wallon ou bruxellois), et le sort des constructions à l'expiration (indemnité ou accession sans indemnité).
Étape 5 — Consultation notariale et signature : soumettre le projet préparatoire au notaire choisi. Le notaire vérifie la conformité avec la Loi du 10 janvier 1824 et le Code civil belge livre 3, rédige l'acte authentique, le fait signer par les parties et procède à la transcription à la conservation des hypothèques dans les quinze jours ouvrables.
Étape 6 — Formalités fiscales : après la signature notariale, le notaire se charge de l'enregistrement de l'acte (droit de 0,20 % du total des canons) et de la transcription (droit de 0,50 % sur la valeur du droit). Ces formalités sont effectuées d'office par le notaire dans les délais légaux.
Exigences juridiques pour Bail Emphytéotique 99 Ans
L'emphytéose de 99 ans est soumise à plusieurs exigences légales impératives en Belgique.
Acte notarié authentique obligatoire : la Loi du 10 janvier 1824 sur le droit d'emphytéose impose la forme notariale authentique pour la validité du contrat. Un acte sous seing privé n'est pas valide pour constituer un droit réel emphytéotique opposable aux tiers.
Transcription à la conservation des hypothèques : l'acte doit être transcrit au Bureau de la Sécurité juridique du SPF Finances dans les délais légaux (quinze jours ouvrables) pour être opposable aux tiers. Cette formalité est à la charge du notaire instrumentant. Le droit de transcription est de 0,50 % sur la valeur vénale du droit emphytéotique.
Enregistrement et droits fiscaux : l'acte emphytéotique est soumis au droit d'enregistrement de 0,20 % du total des canons emphytéotiques sur toute la durée du bail (Code des droits d'enregistrement, art. 83). Pour un bail de 99 ans avec un canon de 5.000 € par an, le droit d'enregistrement est de 0,20 % × (99 × 5.000) = 990 €. Ce droit est distinct du droit de transcription.
Durée légale impérative : la durée minimale de quinze ans et la durée maximale de quatre-vingt-dix-neuf ans sont impératives. Un acte prévoyant une durée inférieure à quinze ans sera requalifié en bail ordinaire avec perte de la nature réelle du droit. Un acte prévoyant une durée supérieure à quatre-vingt-dix-neuf ans verra sa durée réduite à ce maximum légal.
Canton emphytéotique recognitif obligatoire : l'absence totale de canon, ou un canon dont la valeur économique est dérisoire au point de ne pas reconnaître la propriété du tréfoncier, entraîne la requalification de l'acte en donation ou en acte simulé, avec des conséquences fiscales potentiellement considérables (droits de donation au lieu de droits d'enregistrement réduits). La Cour constitutionnelle belge a confirmé la validité du régime fiscal spécifique de l'emphytéose dans son arrêt du 18 mars 2010.
Erreurs courantes à éviter dans votre Bail Emphytéotique 99 Ans
Plusieurs erreurs graves sont récurrentes dans les baux emphytéotiques conclus en Belgique, parfois pour des montants considérables.
Erreur 1 — Tenter de conclure l'emphytéose par acte sous seing privé : l'emphytéose conclue sans acte notarié authentique n'est pas un droit réel immobilier. Elle constitue au mieux un engagement personnel du tréfoncier, non opposable aux tiers, et ne peut pas être hypothéquée. Cette erreur prive l'emphytéote de toutes les protections liées à la nature réelle du droit.
Erreur 2 — Omission de la clause sur le sort des constructions : sans clause explicite dérogeant à l'article 555 du Code civil belge, les constructions érigées par l'emphytéote reviennent au tréfoncier sans indemnité à l'expiration. Un investisseur ayant construit un immeuble de valeur sur un terrain emphytéotique sans clause d'indemnisation perd la totalité de cet investissement au terme du bail.
Erreur 3 — Fixer un canon symbolique ou nul : un canon insuffisant ou nul entraîne le risque de requalification en donation déguisée par le SPF Finances, avec application du droit de donation (3 à 7 % en Région wallonne selon le lien de parenté) au lieu du droit d'enregistrement de 0,20 %.
Erreur 4 — Négliger l'hypothèque antérieure sur le bien : si le bien du tréfoncier est grevé d'une hypothèque antérieure, le créancier hypothécaire peut faire saisir et vendre le bien en cas de défaillance du tréfoncier, ce qui met fin à l'emphytéose et prive l'emphytéote de son droit réel. L'emphytéote doit obtenir du tréfoncier une mainlevée de l'hypothèque ou un accord exprès du créancier hypothécaire de maintenir l'emphytéose en cas de réalisation.
Erreur 5 — Oublier le précompte immobilier dans la clause de charges : sans clause explicite, le précompte immobilier reste à charge du tréfoncier. Or, pour un bail de 99 ans portant sur un immeuble de grande valeur, le précompte immobilier représente un coût significatif que le tréfoncier attend de voir supporter par l'emphytéote.
Erreur 6 — Absence de clause de résiliation anticipée : un bail de 99 ans sans clause de résiliation anticipée lie irrévocablement les parties jusqu'au terme, ce qui peut poser problème si l'emphytéote souhaite se libérer avant l'expiration ou si le tréfoncier décède et que ses héritiers souhaitent retrouver la libre disposition du bien.
Sources et Citations
Les citations légales renvoient aux sources officielles du gouvernement. Vérifié par l'équipe éditoriale Forms Legal.
Questions Fréquentes
L'emphytéose se distingue fondamentalement du bail ordinaire par sa nature juridique : l'emphytéote (preneur) acquiert un droit réel immobilier sur le bien, et non un simple droit personnel de jouissance. Ce droit réel est inscriptible à la conservation des hypothèques (Bureau de la Sécurité juridique du SPF Finances), ce qui le rend opposable à tous les tiers, y compris aux créanciers hypothécaires et aux acquéreurs ultérieurs du bien. L'emphytéote peut hypothéquer son droit emphytéotique, le céder ou le transmettre à ses héritiers. En revanche, le locataire ordinaire ne peut pas faire d'actes de disposition sur son droit. Autre différence capitale : le canon emphytéotique (loyer) est soumis à des règles fiscales spécifiques — droit de 0,20 % à l'enregistrement du contrat mais pas de TVA, et traitement distinct dans l'IPP. La Loi du 10 janvier 1824 sur le droit d'emphytéose reste le texte fondamental, complété par le Code civil belge livre 3 (biens) entré en vigueur le 1er septembre 2021.
La Loi du 10 janvier 1824 sur l'emphytéose impose que le canon emphytéotique soit 'recognitif', c'est-à-dire qu'il doit exprimer la reconnaissance de la propriété du bailleur (le tréfoncier). En droit belge, le canon doit être supérieur à la valeur d'une simple reconnaisssance symbolique mais peut être très modeste par rapport aux loyers de marché. Il n'existe pas de minimum légal absolu en valeur, mais le canon doit avoir une valeur économique réelle pour que le contrat soit qualifié d'emphytéose et non de donation déguisée. En pratique, le canon est souvent fixé entre 1 % et 3 % de la valeur vénale du fonds. Le Tribunal de première instance de Bruxelles a confirmé dans plusieurs arrêts récents que le caractère recognitif du canon est une condition de validité de l'emphytéose. Le canon est soumis à indexation selon les modalités prévues dans l'acte notarié. La valeur minimale du canon dépasse celle du bail superficiaire, qui peut quant à lui être gratuit.
Oui. L'une des caractéristiques essentielles du droit d'emphytéose est la faculté pour l'emphytéote d'ériger des constructions sur le terrain loué. Ces constructions deviennent, pendant la durée de l'emphytéose, la propriété de l'emphytéote en vertu de la dérogation conventionnelle à l'article 555 du Code civil belge (accession). Au terme de l'emphytéose, sauf clause contraire, les constructions reviennent au tréfoncier sans indemnité, en application de la règle d'accession. Toutefois, l'acte emphytéotique peut prévoir une indemnité de fin d'emphytéose au profit de l'emphytéote pour la valeur des constructions réalisées. Cette clause d'indemnisation doit être rédigée avec précision dans l'acte authentique pour éviter tout litige sur la méthode d'évaluation. L'emphytéote doit obtenir les permis d'urbanisme requis par le Code wallon de l'aménagement du territoire (CoDT), le Code bruxellois (COBAT) ou le VCRO flamand selon la localisation du bien.
Oui. La Loi du 10 janvier 1824 sur l'emphytéose exige que le contrat soit établi par acte authentique devant un notaire belge inscrit à la Fédération royale du Notariat belge (FRNB). L'acte notarié est indispensable pour deux raisons : premièrement, la transcription de l'acte à la conservation des hypothèques (Bureau de la Sécurité juridique du SPF Finances) qui rend le droit réel emphytéotique opposable aux tiers ; deuxièmement, le respect des formalités fiscales (enregistrement, droits de transcription). Un acte sous seing privé créerait un droit personnel entre les parties, mais ne constituerait pas un droit réel immobilier opposable aux tiers. En pratique, le notaire vérifie le titre de propriété du tréfoncier, l'absence de charges ou hypothèques incompatibles, et rédige l'acte en conformité avec la Loi de 1824 et le Code civil belge livre 3. Les honoraires notariaux sont fixés par l'arrêté royal du 16 décembre 1950 sur le tarif notarial, avec un barème dégressif selon la valeur de l'opération.
À l'expiration du bail emphytéotique, plusieurs conséquences légales se produisent automatiquement. Premièrement, le droit réel de l'emphytéote s'éteint et la pleine propriété revient au tréfoncier, y compris les constructions et améliorations réalisées par l'emphytéote, en application de la règle d'accession (art. 555 CC belge), sauf clause contraire dans l'acte. Deuxièmement, l'emphytéote n'a pas de droit au renouvellement automatique, contrairement au bail commercial. Troisièmement, si une indemnité de fin d'emphytéose a été prévue dans l'acte, elle doit être payée par le tréfoncier avant que l'emphytéote ne remette les lieux. À défaut, le tréfoncier ne peut pas demander la restitution jusqu'au paiement de cette indemnité. Quatrièmement, les hypothèques constituées par l'emphytéote sur son droit réel s'éteignent à l'expiration de l'emphytéose, ce qui peut créer des complications pour les créanciers hypothécaires de l'emphytéote. La Cour de cassation belge a précisé les modalités d'extinction du droit réel emphytéotique dans plusieurs arrêts importants du début du XXIe siècle.
Du point de vue fiscal, l'emphytéose est soumise à plusieurs impôts et droits. À l'enregistrement de l'acte : droit de 0,20 % calculé sur le total des canons emphytéotiques sur toute la durée du bail, conformément au Code des droits d'enregistrement, art. 83. À la transcription à la conservation des hypothèques : droit de transcription de 0,50 % sur la valeur vénale du droit emphytéotique (art. 259 du Code des droits d'enregistrement). Le precompte immobilier (précompte immobilier) est dû par le tréfoncier, mais les actes emphytéotiques prévoient généralement que l'emphytéote supporte le précompte immobilier pendant la durée de l'emphytéose. En TVA, le canon emphytéotique est en principe exonéré de TVA (art. 44 §3, 2° Code TVA), sauf option pour la TVA sur les nouveaux bâtiments construits par l'emphytéote. Pour l'IPP du tréfoncier, les canons perçus constituent des revenus immobiliers, soumis au régime des revenus de biens immobiliers.
La Loi du 10 janvier 1824 sur l'emphytéose fixe une durée minimale de quinze ans et une durée maximale de quatre-vingt-dix-neuf ans. Ces limites sont impératives. Un bail emphytéotique conclu pour une durée inférieure à quinze ans serait requalifié en bail ordinaire, et un bail conclu pour une durée supérieure à quatre-vingt-dix-neuf ans serait réduit à cette durée maximale. En pratique, la durée de quatre-vingt-dix-neuf ans est souvent utilisée pour des projets d'investissement immobilier de grande envergure (centres commerciaux, parcs d'énergie renouvelable, grands ensembles résidentiels) où l'emphytéote souhaite une visibilité financière maximale sur son investissement. Pour les projets plus modestes, des durées de vingt-cinq à cinquante ans sont courantes. La durée doit être fixée avec précision dans l'acte notarié, car elle détermine la valeur économique de l'opération et les droits fiscaux applicables. Le renouvellement de l'emphytéose au terme de la durée maximale de quatre-vingt-dix-neuf ans est possible par la conclusion d'un nouvel acte authentique.
L'emphytéote dispose, en vertu de la nature réelle de son droit, de la faculté de céder son droit emphytéotique ou de le constituer en sous-emphytéose, sauf clause contraire dans l'acte. La cession du droit emphytéotique requiert un acte notarié et une transcription à la conservation des hypothèques pour être opposable aux tiers. En cas de cession, le cessionnaire est subrogé dans tous les droits et obligations de l'emphytéote envers le tréfoncier. Les clauses d'agrément préalable du tréfoncier sont valides et fréquentes dans les actes emphytéotiques pour des projets où la personnalité du preneur est déterminante. La sous-location du bien à des tiers par l'emphytéote est également possible — l'emphytéote peut consentir des baux ordinaires sur le bien — mais ces baux s'éteignent automatiquement à l'expiration de l'emphytéose, sauf clause de maintien prévue dans l'acte emphytéotique. En droit belge, l'hypothèque du droit emphytéotique est admise et suit les règles du Livre 7 du Code civil (sûretés réelles immobilières).
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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