Bail Bâtiment Industriel
Qu'est-ce qu'un Bail Bâtiment Industriel ?
Le Bail Bâtiment Industriel en Belgique est régi par Code civil belge livre 5 (obligations, 1/1/2023) et organise les droits et obligations des parties sur le bien immobilier concerné en Belgique.
La distinction entre bail commercial et bail industriel est fondamentale en droit belge car elle détermine le régime protecteur applicable. La Loi du 30 avril 1951, qui garantit au preneur commercial une durée minimale de neuf ans et un droit au renouvellement, ne s'applique qu'aux baux d'immeubles ou de parties d'immeubles affectés à l'exercice d'une activité commerciale impliquant le contact direct avec une clientèle. Les halls industriels purs, entrepôts logistiques, ateliers de production sans contact client, et centres de données ne bénéficient pas de cette protection. Ils relèvent du droit commun des contrats, ce qui laisse une plus grande liberté contractuelle aux parties pour fixer la durée, les conditions de résiliation et le loyer.
Le marché industriel et logistique belge est l'un des plus dynamiques d'Europe, grâce à la position géographique de carrefour de la Belgique entre les grands ports (Anvers, Zeebrugge, Gand) et les principaux marchés continentaux (Allemagne, France, Pays-Bas). Les intercommunales de développement économique — SPI dans la Province de Liège, IDELUX en province de Luxembourg, IGRETEC dans le Hainaut, BEP en Province de Namur, Leiedal en Flandre occidentale — mettent à disposition des bâtiments industriels à des conditions souvent plus avantageuses que le marché privé, dans le cadre de parcs d'activités économiques (PAE) bénéficiant d'équipements collectifs (voiries, épuration, électricité haute tension).
Les caractéristiques techniques des bâtiments industriels font l'objet de clauses spécifiques dans le bail : hauteur sous corniche (en mètres), charge au sol (en kN/m²), équipement en ponts roulants (capacité en tonnes), accès aux quais de chargement, alimentation en électricité (puissance en kVA), système de chauffage (aérothermes, radiant panels), systèmes de sprinklers (ESFR ou CMSA selon les assureurs), etc. Ces caractéristiques techniques sont déterminantes pour l'usage industriel prévu et doivent être vérifiées et documentées dans le bail.
L'aspect environnemental est central dans le bail industriel belge. Le permis d'environnement requis par le décret wallon du 22 mars 2007 (Code wallon de l'Environnement) pour les activités industrielles de classe 1 et 2 est soumis à étude d'incidences et implique des conditions strictes sur les rejets, les stockages de matières dangereuses et les nuisances sonores. Le bail doit préciser qui obtient le permis d'environnement, les conditions de remise en état environnemental en fin de bail, et les responsabilités en matière de réhabilitation des sols pollués selon le décret wallon du 1er mars 2018.
En termes fiscaux, le précompte immobilier assis sur la valeur cadastrale du bâtiment industriel est une charge significative : en Région wallonne, le taux de base est de 1,25 % du revenu cadastral indexé, majoré des centimes additionnels provinciaux (variables) et communaux (variables selon la commune industrielle). Les grands bâtiments industriels ont généralement un revenu cadastral élevé, ce qui implique un précompte immobilier annuel significatif. Le bail industriel doit préciser clairement si cette charge incombe au bailleur (régime ordinaire) ou au preneur (régime triple net courant dans l'immobilier industriel).
Quand avez-vous besoin d'un Bail Bâtiment Industriel ?
Le bail pour bâtiment industriel est l'instrument contractuel approprié dans plusieurs situations d'entreprise courantes en Belgique.
Première situation — Implantation d'une PME industrielle dans un parc d'activités économiques wallon : une PME du secteur manufacturier (métallurgie, plasturgie, agroalimentaire) souhaite s'implanter dans un parc d'activités économiques (PAE) géré par une intercommunale telle que SPI (Province de Liège), IDELUX (Province de Luxembourg) ou BEP (Province de Namur). L'intercommunale propose des bâtiments industriels standardisés ou des clés sur porte, en bail de neuf à quinze ans, avec des conditions de loyer inférieures au marché privé dans le cadre des aides à l'investissement régionales.
Deuxième situation — Centre de distribution logistique en zone portuaire : une entreprise de logistique internationale souhaite louer un entrepôt à haute densité dans la zone portuaire d'Anvers, de Gand ou de Zeebrugge pour servir les marchés européens. Le bail industriel logistique comporte des clauses spécifiques sur les quais de chargement, les systèmes de sprinklers agréés par les assureurs, la charge au sol, et les accès poids lourds.
Troisième situation — Atelier artisanal dans une zone d'activités artisanales : un artisan (menuisier, serrurier, électricien) souhaite louer un atelier dans une zone artisanale communale pour exercer son activité. Le bail pour bâtiment artisanal est structurellement identique au bail industriel, avec des caractéristiques techniques adaptées (alimentation monophasée ou triphasée, portail large, petite dalle béton).
Quatrième situation — Expansion industrielle avec option d'achat : une entreprise industrielle déjà présente en Belgique souhaite louer un nouveau bâtiment avec option d'achat à terme, dans le cadre d'une stratégie de croissance prudente. Le bail avec option d'achat (lease-to-own) est une formule répandue dans le marché industriel belge, permettant à l'entreprise de tester le bâtiment avant d'engager son capital dans un achat.
Cinquième situation — Installation d'une entreprise étrangère en Belgique : une société étrangère souhaitant s'implanter en Belgique comme base de distribution pour le marché européen recherche un entrepôt logistique. L'Agence wallonne pour l'exportation et les investissements étrangers (AWEX) et Invest.Brussels proposent un accompagnement pour l'identification de biens industriels disponibles et pour la négociation des baux.
Sixième situation — Reprise d'entreprise avec bail existant : lors de la reprise d'une entreprise industrielle, l'acquéreur doit vérifier les conditions du bail industriel existant, notamment la date d'expiration, les clauses de résiliation anticipée, les options de renouvellement et les conditions de cession du bail. La cession du bail doit être autorisée par le bailleur, sauf clause contraire.
Que faut-il inclure dans votre Bail Bâtiment Industriel ?
Un bail pour bâtiment industriel complet et solide en Belgique doit comporter les éléments suivants, dont l'omission peut entraîner des litiges coûteux devant le Tribunal de l'entreprise.
Premier élément — Désignation technique précise du bâtiment : au-delà de l'adresse et de la désignation cadastrale, le bail doit décrire les caractéristiques techniques du bâtiment qui sont déterminantes pour l'usage industriel : superficie totale (m²), superficie utile au sol, hauteur libre sous corniche (ml), hauteur sous panne faîtière, charge maximale au sol (kN/m²), nombre et capacité des ponts roulants, nombre de portes sectionnelles et de quais de chargement (niveleurs de quai), puissance électrique disponible (kVA), type de chauffage, présence de sprinklers (type ESFR ou autre), nombre de places de parking pour poids lourds et véhicules légers.
Deuxième élément — Destination industrielle et permis d'environnement : le bail doit préciser la destination industrielle autorisée du bâtiment (fabrication, stockage, logistique, transformation) et le code NACE-BEL de l'activité principale du preneur. Le bail doit préciser qui obtient le permis d'environnement requis par le Code wallon de l'Environnement ou l'ordonnance bruxelloise équivalente, et qui en supporte le coût. La classe du permis d'environnement (1, 2 ou 3) détermine la procédure applicable et les délais d'obtention.
Troisième élément — Loyer et structure de charges (triple net ou autre) : le bail doit indiquer clairement si la structure est en triple net (preneur supporte loyer, précompte immobilier, entretien et assurances) ou en régime modifié. Pour le triple net, chaque composante doit être détaillée : montant du loyer mensuel, montant estimatif annuel du précompte immobilier, budget d'entretien et provisions pour grosses réparations.
Quatrième élément — Durée, renouvellement et options de résiliation anticipée : pour les bâtiments industriels, une durée initiale de neuf ans est fréquente, avec option de sortie à partir de la troisième ou sixième année (break option). La break option doit préciser le préavis à respecter (généralement six à douze mois) et l'indemnité éventuelle (break penalty — généralement trois à six mois de loyer).
Cinquième élément — Travaux et aménagements : le bail doit préciser les travaux que le bailleur s'engage à réaliser avant remise des clés (fit-out bailleur), les travaux que le preneur est autorisé à réaliser (fit-out preneur) après obtention des permis requis, et le sort de ces travaux à la fin du bail (remise en état initial aux frais du preneur ou accession au bailleur sans indemnité). La responsabilité des travaux de structure (toiture, structure portante, façade) doit être clairement attribuée.
Sixième élément — Rapport de référence environnemental : pour les bâtiments situés en zone industrielle belge, un rapport de référence sur l'état environnemental du sol et du sous-sol au début du bail est fortement recommandé et parfois imposé par le permis d'environnement. Ce rapport, établi par un expert agréé, servira de référence pour déterminer les responsabilités en matière de réhabilitation des sols en fin de bail, conformément au décret wallon du 1er mars 2018 sur la gestion et l'assainissement des sols pollués. Sur forms-legal.com, le modèle de bail industriel inclut une clause type sur le rapport de référence et la réhabilitation des sols conforme aux exigences du Code wallon de l'Environnement.
Septième élément — Assurances obligatoires : le bail doit préciser les assurances que le preneur est tenu de souscrire (multirisques du bâtiment, responsabilité civile exploitation, perte de loyers au profit du bailleur, assurance environnementale si activités à risque) et la franchise maximale acceptable par le bailleur. Des copies des polices d'assurance doivent être transmises au bailleur dans le mois suivant la prise de possession.
Huitième élément — IBAN et modalités de paiement : le loyer est généralement payable par virement SEPA mensuel ou trimestriel sur l'IBAN du bailleur. Pour les paiements trimestriels anticipés (d'avance), la convention devra préciser la date de paiement (1er du trimestre ou du mois).
Comment remplir votre Bail Bâtiment Industriel
Remplir correctement un bail pour bâtiment industriel en Belgique nécessite de rassembler les informations techniques et juridiques suivantes avant la signature.
Étape 1 — Vérification du titre de propriété et des servitudes : obtenir un extrait cadastral du bâtiment et un certificat de non-hypothèque ou de non-saisie auprès du Bureau de la Sécurité juridique du SPF Finances. Vérifier l'existence de servitudes (passage, égout) ou de restrictions d'urbanisme (plan de secteur, périmètre de protection) pouvant limiter l'usage industriel.
Étape 2 — Identification précise des parties : pour le bailleur et le preneur, renseigner la dénomination sociale exacte inscrite à la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE), le numéro BCE à dix chiffres, l'adresse du siège social, et la qualité du représentant signataire (gérant, administrateur délégué, fondé de pouvoir selon les statuts ou la résolution du CA). Pour les sociétés, vérifier les pouvoirs de représentation dans les statuts ou les délibérations du conseil d'administration.
Étape 3 — Description technique du bâtiment : renseigner toutes les caractéristiques techniques (superficie, hauteur, charge au sol, équipements) avec précision. Joindre en annexe les plans du bâtiment, le rapport PEB si disponible, et les fiches techniques des équipements (ponts roulants, sprinklers, quais niveleurs).
Étape 4 — Fixation du loyer et de la structure de charges : indiquer le loyer mensuel ou annuel en euros (format belge : virgule décimale, ex. : 8.500,00 €/mois), la structure de charges (triple net ou autre), et l'IBAN du bailleur pour les virements. Préciser l'indice de référence pour l'indexation annuelle (indice santé Statbel).
Étape 5 — Durée, options et conditions spéciales : indiquer la durée initiale, la date d'entrée en jouissance, les options de renouvellement, les break options avec préavis et pénalités, et toute condition spéciale (franchise de loyer en début de bail, travaux de fit-out à la charge du bailleur).
Étape 6 — Enregistrement au SPF Finances : après signature, enregistrer le bail au bureau Sécurité juridique du SPF Finances dans les deux mois (droit de 0,20 % du total des loyers). Conserver l'accusé d'enregistrement comme preuve.
Exigences juridiques pour Bail Bâtiment Industriel
Le bail pour bâtiment industriel est soumis à plusieurs exigences légales et réglementaires en Belgique.
Enregistrement obligatoire dans les deux mois : tout bail d'une durée supérieure à un an doit être enregistré au bureau Sécurité juridique du SPF Finances (art. 161 Code des droits d'enregistrement). Le droit est de 0,20 % du total des loyers et charges sur la durée du bail. Un bail non enregistré n'est pas opposable aux tiers.
Permis d'environnement obligatoire : toute activité industrielle de classe 1 ou 2 en Région wallonne requiert un permis d'environnement délivré par le fonctionnaire délégué ou la commune selon la classe (Code wallon de l'Environnement, décret du 22 mars 2007). L'absence de permis d'environnement expose le preneur à l'arrêt administratif de son activité et à des amendes pénales.
Réglementation SEVESO pour les installations dangereuses : si l'activité implique le stockage ou l'utilisation de substances dangereuses au-delà des seuils de la directive 2012/18/UE (SEVESO III), des obligations supplémentaires de rapport de sécurité, de plan d'urgence interne et externe s'imposent, sous le contrôle de la Direction générale des Risques industriels du SPW en Région wallonne.
Réglementation sur les sols pollués : le décret wallon du 1er mars 2018 sur la gestion et l'assainissement des sols impose au propriétaire et/ou à l'exploitant d'un terrain industriel de déclarer toute pollution découverte et d'assainir le terrain si des valeurs seuils sont dépassées. Le bail doit préciser la répartition des responsabilités entre bailleur et preneur en matière d'assainissement des sols.
Précompte immobilier : le propriétaire (bailleur) est l'assujetti légal du précompte immobilier, mais dans un bail triple net, il est refacturé au preneur. Le preneur doit s'assurer que les montants refacturés correspondent effectivement au précompte calculé par l'administration fiscale régionale, sans majoration abusive par le bailleur.
Erreurs courantes à éviter dans votre Bail Bâtiment Industriel
Plusieurs erreurs courantes dans les baux industriels belges exposent les parties à des litiges ou à des coûts imprévus.
Erreur 1 — Description technique insuffisante du bâtiment : omettre les caractéristiques techniques déterminantes (hauteur libre, charge au sol, puissance électrique) dans le bail peut conduire à des litiges si ces caractéristiques s'avèrent insuffisantes pour l'usage prévu. Le preneur doit vérifier et documenter toutes les caractéristiques techniques avant signature.
Erreur 2 — Absence de clause de break option : un bail industriel sans clause de résiliation anticipée lie le preneur jusqu'à l'expiration, même si son activité évolue ou si le bâtiment devient inadapté. La break option avec préavis de six à douze mois est la protection essentielle du preneur dans un bail industriel de neuf ans ou plus.
Erreur 3 — Non-vérification du permis d'environnement : signer un bail industriel sans vérifier que le bâtiment dispose (ou peut disposer) d'un permis d'environnement compatible avec l'activité prévue peut bloquer le démarrage d'activité pendant plusieurs mois. Les permis de classe 1 peuvent prendre plus d'un an à obtenir.
Erreur 4 — Absence de rapport de référence environnemental : sans rapport de référence établi au début du bail, il est impossible de déterminer la part de pollution des sols imputable au preneur actuel en fin de bail. Le preneur peut se trouver responsable de pollutions antérieures à son occupation.
Erreur 5 — Mauvaise compréhension du régime triple net : certains preneurs signent un bail triple net sans réaliser qu'ils devront supporter le précompte immobilier, les grosses réparations et les primes d'assurance. Le coût total d'occupation (loyer + charges triple net) peut être significativement supérieur au loyer facial.
Erreur 6 — Omission de clause sur le sort du fit-out du preneur : les aménagements réalisés par le preneur (bureaux, mezzanines, quais supplémentaires, systèmes de stockage) représentent souvent des investissements importants. Sans clause précise sur le sort de ces aménagements à la fin du bail, des litiges coûteux sur la remise en état peuvent survenir.
Questions Fréquentes
Le bail portant sur un bâtiment industriel (hall de production, entrepôt logistique, atelier artisanal) n'est pas automatiquement soumis à la Loi du 30 avril 1951 sur les baux commerciaux. La Loi de 1951 s'applique uniquement aux baux portant sur des biens immeubles affectés à l'exercice d'une activité commerciale au sens de la législation économique belge — c'est-à-dire des locaux où le preneur reçoit directement une clientèle (magasin, restaurant, café, cabinet professionnel ouvert au public). Les halls industriels, entrepôts purs, ateliers de production sans accueil de clientèle, et centres logistiques ne sont en principe pas visés par la Loi de 1951 et relèvent du droit commun du bail selon le Code civil belge livre 5 (art. 1709-1762bis). Toutefois, si l'activité exercée dans le bâtiment industriel implique l'accueil direct de clients (showroom industriel, lieu de vente directe d'usine, center de service ouvert au public), la Loi de 1951 peut s'appliquer. En cas de doute sur la qualification, consulter un avocat spécialisé ou le Tribunal de l'entreprise de Bruxelles, Liège ou Gand selon la localisation.
Le preneur d'un bâtiment industriel en Belgique est soumis à des obligations environnementales significatives, variables selon la Région. En Région wallonne, le décret du 22 mars 2007 relatif au permis d'environnement (intégré dans le Code de l'Environnement wallon) impose l'obtention d'un permis d'environnement de classe 1, 2 ou 3 selon la nature et l'importance des activités industrielles exercées dans le bâtiment. La demande de permis est adressée à la commune ou à la Direction générale opérationnelle de l'Agriculture, des Ressources naturelles et de l'Environnement (DGO3) du SPW. En Région bruxelloise, le permis d'environnement est encadré par l'ordonnance du 5 juin 1997. Le preneur est responsable de l'obtention et du respect de son permis d'environnement. En fin de bail, le preneur doit restituer le site dans l'état environnemental décrit dans le rapport de référence établi en début d'occupation, conformément aux décrets sur la réhabilitation des sols pollués (décret wallon du 1er mars 2018 sur la gestion et l'assainissement des sols).
Le loyer d'un bâtiment industriel en Belgique est librement fixé par les parties, sans barème légal obligatoire (contrairement au bail agricole). Les pratiques du marché varient selon la région, la zone géographique, la superficie, l'état du bâtiment et les équipements. En Belgique, le loyer industriel est généralement exprimé en euros par m² par an ou par mois. Les zones industrielles des intercommunales de développement économique (SPI à Liège, IDELUX en province de Luxembourg, IGRETEC à Charleroi) pratiquent des loyers inférieurs aux zones privées. Le marché industriel belge est suivi par des agents immobiliers spécialisés et des études de marché publiées par BNP Paribas Real Estate, CBRE et JLL Belgique. L'indexation du loyer industriel est généralement liée à l'indice santé publié par Statbel (SPF Économie), avec clause d'indexation annuelle à la date anniversaire du bail. Les parties peuvent également prévoir une révision triennale basée sur la valeur locative de marché, à défaut d'accord sur laquelle le juge compétent (Tribunal de l'entreprise) peut être saisi.
Dans le bail industriel belge, les charges sont généralement réparties selon le principe du bail dit 'triple net' (NNN — Net, Net, Net), très répandu pour les bâtiments industriels et logistiques : le preneur supporte le loyer, les taxes foncières (précompte immobilier), les frais d'entretien et de réparation du bâtiment, et les primes d'assurance. Ce modèle est distinct du bail résidentiel où les charges sont plus partagées. Les charges habituellement à la charge du preneur industriel comprennent : le précompte immobilier (taxe régionale sur la valeur cadastrale du bâtiment, dont le taux de base est de 1,25 % du revenu cadastral indexé en Région wallonne, majoré des centimes additionnels provinciaux et communaux) ; les assurances multirisques du bâtiment (incendie, explosions, dégâts des eaux) ; les frais d'entretien courant et les réparations locatives ; les taxes communales sur les déchets industriels et les emballages ; le raccordement et la consommation d'eau, d'électricité, de gaz et de télécommunications. Certains baux prévoient également que le preneur supporte les gros travaux de structure (toiture, façade) après un certain délai d'occupation, une clause à examiner attentivement par le preneur avant signature.
Oui. Tout aménagement significatif d'un bâtiment industriel loué en Belgique requiert généralement un permis d'urbanisme. En Région wallonne, le Code du Développement Territorial (CoDT, décret du 24 avril 2014) soumet à permis d'urbanisme les travaux modifiant la destination ou l'aspect architectural du bâtiment, les travaux de transformation intérieure importante, et toute construction nouvelle. En Région de Bruxelles-Capitale, le Code bruxellois de l'aménagement du territoire (COBAT) impose des conditions similaires. Le bail industriel doit préciser qui, du bailleur ou du preneur, est responsable de l'obtention des permis d'urbanisme nécessaires aux aménagements, et qui en supporte le coût. Si le preneur obtient un permis d'urbanisme pour des aménagements dans le bien loué, la question du sort de ces aménagements à la fin du bail doit être réglée dans le contrat (démontage aux frais du preneur, cession au bailleur avec ou sans indemnité). Les travaux réalisés sans permis exposent le responsable à des amendes administratives et à une obligation de remise en état imposée par le fonctionnaire délégué.
Plusieurs assurances sont requises ou fortement recommandées pour un bâtiment industriel en Belgique. L'assurance incendie et risques connexes (multirisques professionnelle) du bâtiment est indispensable pour couvrir le bâtiment lui-même contre l'incendie, explosion, foudre, dégâts des eaux, tempête et grêle. Dans un bail triple net, cette assurance est à la charge du preneur. L'assurance responsabilité civile exploitation couvre les dommages causés aux tiers dans le cadre de l'activité industrielle (visiteurs, riverains, personnels des sous-traitants). Elle est généralement exigée par les intercommunales de développement économique qui louent des bâtiments industriels. L'assurance perte de loyer (ou perte d'exploitation) protège le bailleur en cas de sinistre rendant le bâtiment temporairement inutilisable. Certains baux industriels exigent que le preneur souscrive également une assurance perte de loyers au profit du bailleur. Pour les activités impliquant des matières dangereuses, l'assurance environnementale (pollution accidentelle des sols et des eaux) est imposée par les conditions du permis d'environnement wallon ou bruxellois.
La résiliation anticipée d'un bail industriel en Belgique est soumise au régime du droit commun des contrats du Code civil belge livre 5, puisque la Loi de 1951 sur les baux commerciaux ne s'applique généralement pas aux bâtiments purement industriels. En l'absence de clause de résiliation anticipée dans le bail, aucune partie ne peut mettre fin au contrat avant l'échéance sans l'accord de l'autre partie. La résiliation unilatérale expose la partie résiliante à des dommages et intérêts correspondant aux loyers restant à courir jusqu'à l'expiration du bail, déduction faite de ce que le bailleur peut obtenir en relouant le bien. Le bail industriel doit donc impérativement prévoir une clause de sortie anticipée, avec préavis, indemnités de résiliation (break penalty), et conditions d'exercice. En pratique, les baux industriels prévoient souvent un droit de résiliation à partir de la troisième année (break option), avec un préavis de six à douze mois et une indemnité de résiliation équivalente à trois à six mois de loyer. En cas de force majeure (incendie total du bâtiment, destruction par sinistre), le bail peut prendre fin de plein droit si le bien est totalement détruit, conformément à l'article 1722 du Code civil belge.
Oui. Tout bail d'une durée supérieure à un an doit être enregistré au bureau Sécurité juridique du SPF Finances dans les deux mois de sa conclusion, conformément à l'article 161 du Code des droits d'enregistrement. Le droit d'enregistrement est de 0,20 % du total des loyers et charges sur la durée du bail. Pour un bail industriel de neuf ans avec un loyer annuel de 50.000 €, le droit d'enregistrement s'élèverait à environ 900 €. L'enregistrement confère date certaine au bail et le rend opposable aux tiers, notamment en cas de vente du bâtiment industriel ou en cas de faillite du bailleur. Un bail non enregistré reste valide entre les parties mais n'est pas opposable à un acquéreur de bonne foi. Pour les baux industriels de longue durée (plus de neuf ans), un acte notarié authentique et une transcription à la conservation des hypothèques sont recommandés pour une protection optimale. Les baux industriels conclus avec des intercommunales de développement économique belges (SPI, IDELUX, BEP, Leiedal) font systématiquement l'objet d'un enregistrement dans les délais légaux.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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