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Mandat d'Encaissement Bancaire (Belgique)

Maintenu par Vladislav Sergienko, Fondateur·Modèle modifié pour la dernière fois: ·Signaler une erreur

Qu'est-ce qu'un Mandat d'Encaissement Bancaire (Belgique) ?

Le Mandat d'Encaissement Bancaire en Belgique est régi par Code civil belge art. 1984-2002 (mandat) et confère au mandataire le pouvoir d'agir au nom du mandant dans les limites fixées par le droit belge du mandat. Le mandat d'encaissement se distingue de la cession de créance (art. 1689-1701 CC belge) : dans la cession, le créancier transfère définitivement sa créance à un cessionnaire qui devient le nouveau créancier ; dans le mandat d'encaissement, le mandataire agit au nom et pour le compte du mandant, sans jamais devenir propriétaire de la créance encaissée. Le mandant reste le créancier originaire et peut révoquer le mandat à tout moment (art. 2003-2010 CC belge), sauf si le mandat est donné dans l'intérêt du mandataire ou d'un tiers (mandat irrévocable). La Banque nationale de Belgique (BNB) et la FSMA supervisent conjointement les PSP belges dans le cadre du mandat d'encaissement électronique. Les établissements belges autorisés à exercer des activités d'encaissement pour compte de tiers sont les banques agréées (BNP Paribas Fortis, KBC, ING Belgium, Belfius, Argenta, Crelan, AXA Bank), les PSP agréés par la BNB (Payconiq, Mollie, MultiSafepay, Stripe Belgium), les sociétés de recouvrement de créances agréées par le SPF Économie en vertu de la Loi du 20 décembre 2002 réglementant le recouvrement amiable de dettes du consommateur. L'agrément est publié au Moniteur belge et consultable sur le registre des entreprises réglementées tenu par la FSMA. Le domaine d'application du mandat d'encaissement bancaire est très large en Belgique : domiciliation SEPA (prélèvement automatique des abonnements, loyers, cotisations d'associations), collecte de paiements par carte (Bancontact, Visa, Mastercard) pour le compte d'un commerçant, encaissement de loyers commerciaux par un gestionnaire immobilier (régie de biens), encaissement de dividendes et coupons d'obligations par un dépositaire central de titres (Euroclear Belgium), encaissement des cotisations ONSS pour le compte d'un secrétariat social agréé, et recouvrement amiable de créances commerciales impayées par un cabinet de recouvrement. La directive PSD2 transposée par la Loi du 11 mars 2018 a considérablement élargi les catégories de PSP autorisés à offrir des services d'initiation de paiement (SPI) et d'information sur les comptes (AIS) pour le compte de tiers. Les fintechs agréées comme PSP tiers (Third Party Providers - TPP) peuvent désormais initier des virements et consolider des informations de compte pour le compte de leurs clients, sous réserve d'agrément auprès de la BNB et de respect des exigences d'authentification forte (SCA - Strong Customer Authentication) conformément au Règlement délégué (UE) 2018/389 de la Commission européenne.

Quand avez-vous besoin d'un Mandat d'Encaissement Bancaire (Belgique) ?

Le Mandat d'Encaissement Bancaire est nécessaire dans de nombreuses situations commerciales et personnelles en Belgique. Voici les principales circonstances.

Mise en place d'une domiciliation SEPA (prélèvement automatique). Un abonné à un service d'utilité publique (eau, gaz naturel (Engie, Luminus, TotalEnergies Belgium), électricité, internet (Proximus, Telenet, Orange Belgium)) ou à un service d'abonnement commercial (gym, presse, logiciels SaaS) donne un mandat de prélèvement SEPA (SDD - SEPA Direct Debit) à son créancier, autorisant ce dernier à prélever automatiquement les montants dus sur son compte bancaire belge (IBAN format BE). Le mandat SEPA est régi par les règles du Règlement (UE) n° 260/2012 et le schéma SEPA Core SDD de l'European Payments Council.

Gestion de loyers par une régie de biens. Un propriétaire belge confiant la gestion de ses immeubles à une agence immobilière (régie de biens, gestinataire immeuble) accorde à cette agence un mandat d'encaissement des loyers et charges locatives auprès des locataires. L'agence verse au propriétaire les loyers collectés déduction faite de ses honoraires de gestion (généralement 5% à 8% HT des loyers encaissés) et des frais d'entretien avancés. Le mandat doit préciser les modalités de reddition de comptes au propriétaire (relevé mensuel, trimestriel).

Encaissement de paiements en ligne pour e-commerce. Un commerçant belge exploitant une boutique en ligne mandate un PSP agréé (Mollie, MultiSafepay, Stripe Belgium, Payconiq) pour encaisser les paiements de ses clients par Bancontact, carte de crédit Visa/Mastercard, virement SEPA ou portefeuille électronique (Apple Pay, Google Pay). Le PSP reverse les montants encaissés sur le compte bancaire du commerçant après déduction de ses commissions.

Recouvrement amiable de créances commerciales. Une entreprise belge ayant des créances impayées sur ses clients mandate un cabinet de recouvrement (agréé SPF Économie) pour encaisser amiablement ces créances. Le mandat définit le périmètre des créances confiées, la rémunération du cabinet (commission sur encaissement de 10% à 30%), la durée du mandat et les conditions de résiliation.

Secrétariat social et paiement des cotisations sociales. Un employeur belge mandate un secrétariat social agréé par le SPF Sécurité sociale (Securex, SD Worx, Partena Professional, Acerta) pour calculer et verser les cotisations patronales et ouvrières à l'ONSS (Office national de la sécurité sociale), les retenues de précompte professionnel au SPF Finances, et les cotisations aux fonds sectoriels de vacances annuelles (ONVA). Le mandat de paiement est formalisé dans la convention de services du secrétariat social.

Gestion de patrimoine et encaissement de revenus financiers. Un investisseur belge mandatant un gestionnaire de patrimoine (banque privée, family office) pour administrer son portefeuille de valeurs mobilières autorise le gestionnaire à encaisser en son nom les dividendes, coupons d'obligations, produits d'options et loyers fonciers générés par le portefeuille, et à verser ces revenus après déduction du précompte mobilier belge (30% sur dividendes et intérêts conformément au CIR/WIB) sur son compte personnel.

Que faut-il inclure dans votre Mandat d'Encaissement Bancaire (Belgique) ?

Un Mandat d'Encaissement Bancaire conforme au droit belge doit comporter plusieurs mentions indispensables pour définir clairement les pouvoirs du mandataire et protéger les intérêts du mandant. Voici les éléments essentiels.

Identification précise des parties. Désigner le mandant (créancier qui confie l'encaissement : nom, prénom, numéro de Registre national pour les personnes physiques, ou dénomination sociale, numéro BCE pour les personnes morales) et le mandataire (établissement de crédit ou PSP agréé : dénomination sociale, numéro BCE, numéro d'agrément BNB ou FSMA). Vérifier que le mandataire figure bien sur la liste des PSP agréés publiée sur le site de la BNB (nbb.be) ou de la FSMA (fsma.be) et au registre des entreprises réglementées.

Définition de l'objet du mandat. Décrire avec précision les créances à encaisser : créances actuelles ou futures, créances sur un débiteur déterminé ou sur tous débiteurs du mandant, créances issues d'un contrat spécifique ou de l'activité générale. Indiquer les instruments d'encaissement autorisés : virement SEPA, prélèvement SEPA SDD, carte de paiement Bancontact, chèque, titre-repas ou titre-service Edenred/Sodexo. Exclure expressément les créances litigieuses si le mandataire n'est pas autorisé à les encaisser sans accord du mandant.

Pouvoirs du mandataire et limites. Définir précisément les actes que le mandataire est autorisé à accomplir : encaissement des sommes dues (pouvoir de base), signature des quittances et des reçus au nom du mandant (pouvoir accessoire), ouverture d'un sous-compte d'encaissement ségrégué (pour la protection des fonds clients des PSP), relance amiable des débiteurs défaillants, ou introduction d'une procédure judiciaire devant la Justice de paix ou le Tribunal de l'entreprise. forms-legal.com propose ce modèle de mandat d'encaissement adapté à la Loi PSP belge du 11 mars 2018.

Rémunération du mandataire et modalités de reversement. Préciser la rémunération du mandataire (commission fixe ou pourcentage sur encaissements), les délais de reversement des sommes encaissées au mandant (D+1, D+2, hebdomadaire, mensuel selon le type de service), et les conditions de déduction des commissions et frais. Les PSP belges sont soumis à l'obligation de ségrégation des fonds clients (art. 24 de la Loi du 11 mars 2018) : les fonds encaissés pour le compte du mandant doivent être conservés sur un compte ségrégué et ne peuvent être confondus avec les fonds propres du PSP.

Durée, révocation et fin du mandat. Préciser la durée du mandat (déterminée ou indéterminée avec préavis de résiliation) et les conditions de révocation. Conformément à l'article 2003 du Code civil belge, le mandant peut révoquer le mandat à tout moment, sauf clause irrévocable dans l'intérêt du mandataire. Prévoir la procédure de fin de mandat : délai de préavis, sort des encaissements en cours, reddition finale des comptes, restitution des documents et accès aux systèmes informatiques du mandataire.

Protection des données et obligations LCB/FT. Le mandataire PSP est soumis aux obligations de la Loi du 18 septembre 2017 LCB/FT : vérification KYC du mandant et des débiteurs payeurs, déclaration des opérations suspectes à la CTIF-CFI, conservation des données de transaction pendant 5 ans. Le traitement des données personnelles des débiteurs dans le cadre de l'encaissement est soumis au RGPD (Règlement (UE) 2016/679) et à la Loi du 30 juillet 2018 sur la protection des données, sous la supervision de l'Autorité de protection des données (APD/GBA).

Comment remplir votre Mandat d'Encaissement Bancaire (Belgique)

Compléter un Mandat d'Encaissement Bancaire en Belgique est simple mais requiert une attention particulière à la délimitation des pouvoirs conférés au mandataire, conformément aux articles 1984-2002 du Code civil belge. Les étapes suivantes guident le mandant dans la rédaction d'un mandat complet et juridiquement solide.

Étape 1 — Identifier le mandant. Indiquer le nom complet (ou dénomination sociale et numéro BCE à la Banque-Carrefour des Entreprises), l'adresse complète du siège social ou de résidence, le numéro de Registre national pour les personnes physiques belges ou le numéro de TVA belge (commençant par BE) pour les entreprises assujetties à la TVA belge conformément au Code de la taxe sur la valeur ajoutée, et l'IBAN du compte bancaire belge sur lequel les sommes encaissées seront reversées. Vérifier que le compte est bien ouvert dans un établissement de crédit agréé par la Banque nationale de Belgique (BNB).

Étape 2 — Identifier le mandataire. Indiquer la dénomination sociale du PSP ou de l'établissement de crédit belge, son numéro BCE, son numéro d'agrément BNB ou FSMA (vérifiable sur le registre finreg de la BNB disponible sur nbb.be/finreg), et les coordonnées du contact référent (gestionnaire de compte, responsable commercial). Pour un cabinet de recouvrement, vérifier préalablement l'agrément SPF Économie (liste des entreprises agréées pour le recouvrement amiable, consultable sur economie.fgov.be conformément à la Loi du 20 décembre 2002).

Étape 3 — Définir l'objet précis de l'encaissement. Décrire avec précision les créances confiées : numéros de factures ou références contractuelles, identité des débiteurs (noms, numéros BCE ou équivalents pour les personnes morales étrangères, numéros TVA), montants en capital et intérêts conventionnels, échéances. Pour un mandat général portant sur toutes les créances de l'activité du mandant, préciser les catégories expressément exclues (créances litigieuses faisant l'objet d'une procédure judiciaire devant le Tribunal de l'entreprise, créances sur filiales du groupe, créances en devise étrangère non couvertes par le mandat).

Étape 4 — Fixer les pouvoirs du mandataire et les conditions financières. Indiquer clairement les pouvoirs accordés (encaissement simple, signature de quittances libératoires, relance amiable par courrier et téléphone, introduction de procédures judiciaires devant la Justice de paix ou le Tribunal de première instance), les plafonds éventuels d'intervention autonome, le taux de commission, le délai de reversement des fonds (généralement D+1 à D+5 ouvrables après crédit des fonds sur le compte du mandataire), et l'IBAN de reversement au mandant. Pour les mandats de prélèvement SEPA (SDD Core ou SDD B2B), enregistrer le mandat auprès de la banque du mandant avec attribution d'un Identifiant de Créancier SEPA (ICS) délivré par la BNB via les banques membres du système SEPA en Belgique.

Erreurs courantes à éviter dans votre Mandat d'Encaissement Bancaire (Belgique)

Les erreurs fréquentes dans la rédaction d'un Mandat d'Encaissement Bancaire en Belgique peuvent engager la responsabilité du mandant ou du mandataire. Voici les pièges à éviter.

Erreur 1 - Mandater un PSP non agréé. Confier l'encaissement de fonds à une société non agréée comme PSP par la BNB expose le mandant à un risque de non-restitution des fonds (absence de protection ségrégation) et à une complicité potentielle dans l'exercice illégal de services de paiement (art. 122 Loi du 11 mars 2018). Vérifier systématiquement l'agrément sur finreg.nbb.be ou fsma.be avant de conclure un mandat d'encaissement.

Erreur 2 - Pouvoirs trop larges accordés au mandataire. Accorder au mandataire un pouvoir général illimité sans plafond ni restrictions expose le mandant à des encaissements non souhaités, à des transactions suspectes, ou à des engagements judiciaires non autorisés en son nom. Le mandat doit délimiter précisément les pouvoirs (encaissement simple, relance amiable uniquement) et fixer des plafonds par opération ou par période.

Erreur 3 - Omettre l'obligation de reddition de comptes. Le mandat qui ne précise pas les modalités et la périodicité de la reddition de comptes prive le mandant d'une vision claire des encaissements réalisés. L'article 1993 du Code civil belge impose au mandataire de rendre compte au mandant de toutes les sommes reçues, mais sans délai précis si le contrat est muet. Imposer contractuellement un relevé mensuel détaillé (encaissements par débiteur, reversements, commissions déduites).

Erreur 4 - Confondre mandat d'encaissement et cession de créance. Certains PSP ou cabinets de recouvrement belges présentent leurs services comme un simple mandat alors qu'ils constituent en réalité une cession de créance (transfert de propriété). La distinction est cruciale en cas de faillite du PSP : dans le mandat, les créances restent propriété du mandant et ne tombent pas dans la faillite du mandataire (art. 1993 CC) ; dans la cession, les créances sont propriété du cessionnaire-factor et hors portée du mandant en cas de faillite.

Erreur 5 - Négliger le registre du mandat SEPA. Le mandat de prélèvement SEPA (SDD) doit être conservé par le créancier mandataire pendant toute la durée du prélèvement augmentée de 14 mois. L'absence de preuve du mandat SEPA expose le créancier à devoir rembourser le débiteur qui conteste un prélèvement, sans possibilité de récupérer les fonds auprès de la banque du débiteur. Les banques belges (BNP Paribas Fortis, KBC, ING Belgium) exigent la production du mandat SEPA signé avant tout traitement de contestation de prélèvement.

Sources et Citations

Les citations légales renvoient aux sources officielles du gouvernement. Vérifié par l'équipe éditoriale Forms Legal.

  1. art. 1984 CC
  2. art. 1993 CC
  3. art. 1986 CC

Questions Fréquentes

Modèle référencé aux textes légaux — Modèle modifié pour la dernière fois en juin 2026

Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète

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