Gage sur Actifs Belgique
Qu'est-ce qu'un Gage sur Actifs Belgique ?
Le Gage sur Actifs en Belgique est régi par Code civil belge livre 7 art. 7.1-7.220 (sûretés réelles) et fixe les droits et obligations financiers des parties conformément au droit belge applicable.
Avant la réforme de 2013, le droit belge distinguait plusieurs régimes de gage : le gage civil soumis aux anciens articles 2071 et suivants de l'ancien Code civil (exigeant la dépossession pour la validité), le gage commercial sous la Loi du 25 octobre 1919 sur le gage sans dépossession des fonds de commerce et des droits de propriété industrielle, et divers gages spéciaux (gage agricole, gage sur véhicules, warrant). La Loi du 11 juillet 2013 a unifié ces régimes en créant un régime général de gage mobilier sans dépossession, incorporé dans le nouveau Code civil livre 7 sur les sûretés réelles (en vigueur depuis le 1er janvier 2018, date d'entrée en vigueur généralisée après plusieurs reports).
Le Gage sur Actifs selon le Code civil livre 7 peut porter sur tout type de bien meuble corporel (machines, véhicules, équipements industriels, stocks de marchandises, bétail, récoltes sur pied) ou incorporel (créances présentes et futures, parts sociales non cotées, droits de propriété intellectuelle, instruments financiers non cotés, droits au bail commercial). Cette universalité des biens gageable est l'une des caractéristiques majeures de la réforme, qui rompt avec les distinctions antérieures entre gage civil, commercial et spécial.
Pour produire ses effets à l'égard des tiers, le gage sans dépossession doit être inscrit au Registre des gages (RG), registre électronique national géré par le SPF Finances, accessible via le portail https://registredesGages.be. L'inscription se fait par le notaire ou par toute personne disposant d'un accès (créancier ou constituant lui-même), moyennant le paiement d'une taxe d'inscription. L'inscription vaut pour une durée de 10 ans renouvelable. Le rang du créancier gagiste est déterminé par la date et l'heure précise de l'inscription au Registre (article 7.44 Code civil livre 7), et non par la date de la convention.
En cas de défaillance du constituant sur l'obligation garantie, le créancier gagiste dispose de droits étendus selon les articles 7.78 à 7.100 du Code civil livre 7 : droit de suite (opposabilité aux tiers), droit de préférence sur le produit de la réalisation par rapport aux créanciers chirographaires, droit d'appropriation du bien gagé (pacte commissoire conventionnel admis depuis la réforme), droit de vente de gré à gré ou aux enchères publiques du bien gagé sans autorisation judiciaire préalable dans certaines conditions. Ces voies d'exécution renforcées font du gage sur actifs une sûreté particulièrement attractive pour les créanciers professionnels belges, notamment dans le financement des PME et des entreprises agricoles.
Quand avez-vous besoin d'un Gage sur Actifs Belgique ?
Le Gage sur Actifs en Belgique est mis en place dans diverses situations de financement professionnel et de garantie commerciale.
Crédit bancaire garanti par des actifs professionnels. Les banques belges (BNP Paribas Fortis, KBC, ING, Belfius, Argenta) exigent fréquemment la constitution d'un gage sur les actifs professionnels du débiteur comme garantie complémentaire à l'hypothèque ou comme sûreté principale lorsque le patrimoine immobilier est insuffisant ou déjà grevé. Le gage sur le fonds de commerce, les machines, les stocks ou les créances clients (cession de créances en garantie, article 7.118 Code civil livre 7) permet à la banque d'obtenir un droit de préférence sur des actifs réalisables.
Financement de la croissance et investissements en équipements. Lors de l'acquisition ou du financement d'équipements industriels (machines-outils, équipements de production, matériel informatique) par crédit ou leasing, le fournisseur de financement ou le bailleur de fonds exige souvent que l'acheteur constitue un gage sur les équipements financés comme garantie du remboursement. Le gage avec inscription au Registre des gages est l'instrument adapté en droit belge pour ce type de financement d'actifs.
Garantie dans les transactions de cession d'entreprise ou LBO. Dans les transactions de fusion-acquisition, les transactions de LBO (Leveraged Buyout) ou les cessions de fonds de commerce, le vendeur ou le créancier peuvent exiger la constitution d'un gage sur les actifs cédés ou sur les parts sociales de la société cible (gage sur instruments financiers non cotés selon l'article 7.90 Code civil livre 7 et la Loi du 15 décembre 2004 sur les sûretés financières) comme garantie du paiement du prix de cession.
Garantie de dettes d'un tiers (gage donné par un tiers garant). Un associé, un actionnaire, un dirigeant ou une société mère peut constituer un gage sur ses propres actifs pour garantir les dettes d'une société tierce (filiale, société sœur, société en participation). Ce gage pour autrui est explicitement admis par le Code civil livre 7 qui distingue le constituant (propriétaire du bien gagé) du débiteur principal. En cas d'exécution du gage, le constituant dispose d'un recours contre le débiteur principal.
Garantie de loyers commerciaux impayés. Dans les baux commerciaux en Belgique (Loi du 30 avril 1951 sur les baux commerciaux), le bailleur peut exiger du preneur une garantie de loyer sous forme de gage sur les actifs professionnels du preneur (fonds de commerce, stocks, équipements) plutôt qu'une simple caution personnelle. Le gage sur actifs offre au bailleur une sûreté réelle plus solide qu'une caution chirographaire.
Crédit fournisseur et délais de paiement importants. Lorsqu'un fournisseur accorde à son client des délais de paiement importants (60 à 90 jours) sur des montants significatifs, il peut exiger la constitution d'un gage sur les marchandises vendues encore non payées (réserve de propriété conventionnelle complétée par un gage) ou sur d'autres actifs du client, pour sécuriser son exposition crédit dans la relation commerciale.
Procédure de réorganisation judiciaire (PRJ). Lors d'une procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) en vertu du Livre XX du Code de droit économique, les créanciers bénéficiant d'un gage inscrit au Registre des gages (RG) conservent un droit de préférence lors de la répartition des actifs et une protection renforcée par rapport aux créanciers chirographaires non garantis.
Que faut-il inclure dans votre Gage sur Actifs Belgique ?
La Convention de Gage sur Actifs en Belgique doit contenir des éléments précis pour être valide, opposable aux tiers et exécutoire en cas de défaillance du constituant.
Identification des parties. La convention doit identifier précisément le créancier gagiste (nom, forme juridique, siège social, BCE/KBO), le constituant (propriétaire des biens gagés, pouvant être différent du débiteur principal), et le débiteur principal s'il est distinct du constituant. Préciser la qualité du créancier (établissement de crédit immatriculé auprès de la BNB/Banque Nationale de Belgique ou de la FSMA, ou créancier commercial ordinaire) est utile pour déterminer les règles particulières applicables.
Obligations garanties. La convention doit définir avec précision l'obligation ou le groupe d'obligations garanti par le gage : montant du crédit ou de la dette, taux d'intérêt, date d'échéance, référence au contrat de crédit ou à la convention sous-jacente. Le gage peut garantir des obligations futures ou conditionnelles (article 7.14 Code civil livre 7), ce qui est particulièrement utile pour les lignes de crédit revolving ou les engagements de financement conditionnels.
Description précise des biens gagés. La description des biens gagés doit être suffisamment précise pour identifier les biens concernés, mais sans que l'identification ultra-précise soit requise pour les biens fongibles. Le Code civil livre 7 admet le gage sur des biens futurs (non encore acquis mais que le constituant acquerra dans le futur) et sur des biens fongibles (stocks, récoltes, troupeaux) par référence à une catégorie ou une désignation générique. Pour les machines et équipements identifiables, mentionner la marque, le modèle et le numéro de série est recommandé.
Droit de disposition du constituant. La convention peut prévoir si le constituant conserve ou non le droit de vendre ou de transférer les biens gagés dans le cours normal de ses activités. Pour les biens fongibles (stocks, récoltes), la clause de libre disposition avec renouvellement automatique du gage sur les biens remplaçants est courante (clause de subrogation réelle). Pour les machines et équipements, le créancier peut exiger une clause d'aliénation interdite ou soumise à son accord préalable.
Modalités d'exécution en cas de défaillance. Préciser les voies d'exécution disponibles en cas de défaillance : vente de gré à gré, vente aux enchères publiques, appropriation du bien (pacte commissoire), cession de créances. Le pacte commissoire (appropriation directe du bien gagé par le créancier à sa valeur vénale) est désormais valide pour les gages entre professionnels (article 7.95 Code civil livre 7) sous conditions. La convention peut également prévoir l'expertise amiable pour déterminer la valeur vénale du bien en cas d'appropriation.
Inscription au Registre des gages. La convention doit préciser que le créancier est autorisé à inscrire le gage au Registre des gages (RG) tenu par le SPF Finances (portail registredesGages.be), et que le constituant s'interdit de grever les mêmes biens d'un autre gage de rang égal ou supérieur sans l'accord du créancier. Mentionner le délai maximal d'inscription convenu entre les parties après la signature de la convention. Les utilisateurs peuvent télécharger un modèle complet de Convention de Gage sur Actifs Belgique sur forms-legal.com, conforme au Code civil livre 7 et aux exigences du Registre des gages.
Représentations et garanties du constituant. Le constituant doit déclarer dans la convention être le seul et véritable propriétaire des biens gagés, que ces biens ne sont pas déjà gagés ou hypothéqués sauf mention expresse, qu'il n'existe aucune procédure d'insolvabilité en cours le concernant, et qu'il a le pouvoir de constituer le gage selon ses statuts ou son mandat.
Comment remplir votre Gage sur Actifs Belgique
Constituer valablement un Gage sur Actifs en Belgique selon le Code civil livre 7 implique plusieurs étapes précises.
Étape 1 - Vérifier la capacité et le pouvoir du constituant. Avant de rédiger, vérifiez que le constituant a la capacité juridique de gager ses biens : si c'est une société, vérifier que le représentant signataire est habilité selon les statuts et le BCE/KBO (pouvoir de représentation conforme aux statuts publiés au Moniteur belge). Pour les sociétés, vérifier également que la constitution du gage n'est pas soumise à une autorisation préalable du conseil d'administration ou des associés selon les statuts ou le Code des sociétés et des associations (CSA 2019).
Étape 2 - Identifier et inventorier précisément les biens à gager. Dressez un inventaire détaillé des actifs à gager avec descriptions complètes : pour les machines, numéros de série, marque, modèle, valeur vénale estimée; pour les créances, nature, débiteurs cédés, montants estimés; pour les stocks, nature, quantité, valeur comptable ou de marché. Joignez l'inventaire en annexe à la convention et référencez-le dans le corps du texte.
Étape 3 - Définir précisément l'obligation garantie. Rédigez la clause de définition de l'obligation garantie avec référence précise au contrat de crédit, à la convention commerciale ou à l'obligation dont le gage est l'accessoire. Mentionnez le montant principal, les intérêts, les accessoires et frais inclus dans la garantie. Précisez si le gage garantit également des obligations futures ou conditionnelles (lignes de crédit non encore tirées).
Étape 4 - Rédiger la clause de description des biens gagés. Pour les biens fongibles, une description générique est suffisante (exemple: "l'ensemble des stocks de matières premières et de produits finis présents et futurs situés dans les locaux de la société à l'adresse XXX"). Pour les équipements identifiables, listez chaque bien avec ses caractéristiques techniques. Incluez une clause de subrogation pour les biens fongibles (le gage se reporte automatiquement sur les biens remplaçants).
Étape 5 - Insérer les clauses de protection du créancier. Ajoutez les clauses essentielles: obligation du constituant d'entretenir et de maintenir en état les biens gagés, interdiction de grever les mêmes biens d'une autre sûreté sans accord préalable, obligation de souscrire et maintenir une assurance adéquate sur les biens gagés avec délégation du bénéfice de l'assurance au créancier, obligation d'informer le créancier de tout événement affectant les biens (sinistre, perte, vol, détérioration).
Étape 6 - Insérer les clauses d'exécution. Rédigez les clauses déterminant les modalités d'exécution en cas de défaillance: conditions de réalisation, délai de mise en demeure préalable, mode de réalisation choisi (vente de gré à gré, enchères, appropriation). Pour le pacte commissoire entre professionnels (appropriation directe), préciser la méthode d'évaluation de la valeur vénale (expertise amiable contradictoire ou valeur de marché cotée).
Étape 7 - Signer et inscrire au Registre des gages. Signez la convention en deux exemplaires originaux. Procédez sans délai à l'inscription au Registre des gages national (portail registredesGages.be, SPF Finances) pour assurer l'opposabilité aux tiers et établir le rang du gage. Conservez l'attestation d'inscription et le numéro d'enregistrement. Vérifiez l'absence de gage antérieur sur les mêmes biens en consultant le Registre avant la signature.
Exigences juridiques pour Gage sur Actifs Belgique
La Convention de Gage sur Actifs en Belgique est soumise à des exigences légales précises pour être valide, opposable aux tiers et efficace en cas d'insolvabilité.
Conditions de validité du gage (Code civil livre 7). Pour être valable, le gage sur actifs doit remplir les conditions générales des contrats (article 5.15 Code civil livre 5 : consentement, capacité, objet, cause) et les conditions spécifiques du gage : identification suffisante des biens gagés, définition précise de l'obligation garantie, acte écrit signé par le constituant (à peine de nullité pour les gages sans dépossession selon l'article 7.30 Code civil livre 7). Le gage sur des biens appartenant à un tiers est valide à condition que le tiers-constituant ait consenti et ait le pouvoir de disposer des biens.
Opposabilité aux tiers par inscription au Registre des gages. L'opposabilité aux tiers du gage sans dépossession est subordonnée à son inscription au Registre des gages (RG) national, géré par le SPF Finances conformément à l'arrêté royal du 14 septembre 2017. L'inscription doit mentionner l'identité des parties, la description des biens gagés, le montant de l'obligation garantie. Le rang entre créanciers gagistes concurrents sur les mêmes biens est déterminé par l'ordre chronologique d'inscription (article 7.44). Un gage non inscrit est inopposable aux tiers (autres créanciers, curateur en faillite).
Protection en cas d'insolvabilité. En cas d'ouverture d'une procédure de faillite ou de réorganisation judiciaire (PRJ) du constituant, les créanciers bénéficiant d'un gage inscrit bénéficient d'un droit de préférence sur le produit de la réalisation des biens gagés, conformément aux articles du Livre XX du Code de droit économique sur l'insolvabilité. Le curateur en faillite ne peut pas opposer au créancier gagiste les conditions générales de la masse des créanciers pour les biens gagés.
Conditions de l'exécution (réalisation du gage). En cas de défaillance du constituant (non-paiement de l'obligation garantie à l'échéance), le créancier gagiste peut réaliser le gage selon les modes prévus aux articles 7.78 à 7.100 du Code civil livre 7 : vente aux enchères publiques, vente de gré à gré à la valeur vénale, ou appropriation directe (pacte commissoire valide entre professionnels). L'exécution judiciaire traditionnelle reste également disponible. Une mise en demeure préalable est généralement requise sauf stipulation contraire.
Obligations fiscales liées au gage. L'inscription au Registre des gages est soumise au paiement d'une taxe fixée par l'arrêté royal du 14 septembre 2017 (tarif variable selon le montant de l'obligation garantie). La réalisation du gage (vente des biens) peut être soumise à la TVA si les biens gagés sont des biens économiques déductibles. La cession de créances en garantie peut être soumise aux droits d'enregistrement selon les circonstances.
Erreurs courantes à éviter dans votre Gage sur Actifs Belgique
La constitution d'un Gage sur Actifs en Belgique présente plusieurs erreurs fréquentes qui en réduisent l'efficacité ou l'exposent à la nullité.
Erreur 1 - Omettre l'inscription au Registre des gages. La principale erreur est de signer une convention de gage sans procéder à l'inscription au Registre des gages (RG). Un gage non inscrit est valide entre les parties mais inopposable aux tiers. En cas de faillite du constituant, le curateur (représentant la masse des créanciers) peut ignorer le gage non inscrit et traiter le créancier comme chirographaire. L'inscription doit être faite le plus tôt possible après la signature, idéalement le même jour.
Erreur 2 - Description imprécise des biens gagés. Une description trop vague des biens gagés (exemple: "tous les actifs de la société") sans inventaire précis peut être contestée comme insuffisante pour identifier les biens couverts par le gage. En revanche, une description trop exhaustive et restrictive exclut les biens futurs ou remplaçants. Trouver l'équilibre entre précision et généralité pour couvrir les biens actuels et futurs est essentiel.
Erreur 3 - Ignorer les gages antérieurs sur les mêmes biens. Avant de consentir ou d'accepter un gage, les deux parties doivent consulter le Registre des gages pour vérifier l'absence de sûretés antérieures sur les mêmes biens. Accepter un gage de second rang sans en être conscient expose le créancier à ne recevoir qu'un solde résiduel en cas de réalisation si le premier créancier gagiste a priorité.
Erreur 4 - Ne pas prévoir de clause de subrogation pour les biens fongibles. Sans clause de subrogation réelle, le gage s'éteint si les biens fongibles gagés (stocks, récoltes) sont vendus ou transformés dans le cours normal des activités. La clause de subrogation permet au gage de se reporter automatiquement sur les biens remplaçants (nouveaux stocks achetés, récolte nouvelle) sans nouvelle inscription.
Erreur 5 - Absence d'assurance sur les biens gagés. Ne pas exiger du constituant la souscription d'une assurance couvrant les biens gagés (incendie, vol, dégâts des eaux) avec délégation du bénéfice au créancier expose ce dernier à un risque de perte totale de la sûreté en cas de sinistre. L'assurance et la délégation de son bénéfice sont des clauses standard à insérer systématiquement.
Erreur 6 - Sous-évaluer ou surévaluer les biens gagés. Une évaluation inexacte des biens gagés conduit soit à une sous-garantie (biens gagés valant moins que la créance), soit à un constituant lésé (biens gagés de valeur supérieure à la créance garantie sans justification économique). Une expertise indépendante des biens gagés lors de la constitution du gage est recommandée pour les montants importants.
Questions Fréquentes
Avant la réforme introduite par la Loi du 11 juillet 2013 sur le gage sans dépossession, le droit belge exigeait pour la validité du gage civil (anciens articles 2071 et suivants du Code civil) la remise effective et réelle du bien gagé au créancier ou à un tiers convenu (dépossession), rendant le gage peu adapté aux activités professionnelles qui nécessitent de conserver et utiliser leurs outils de production. La Loi du 11 juillet 2013, intégrée dans le Code civil livre 7 (sûretés réelles), a créé le gage sans dépossession: le constituant conserve la possession et l'usage des biens gagés tout en constituant la sûreté au profit du créancier, qui assure l'opposabilité aux tiers non par la dépossession mais par l'inscription au Registre des gages national (portail registredesGages.be, SPF Finances). Cette réforme a rendu le gage mobilier beaucoup plus accessible et pratique pour les entreprises belges, notamment pour gager leurs stocks, machines et équipements tout en continuant à les utiliser dans leur activité courante.
L'inscription d'un gage au Registre des gages (RG) belge se fait via le portail électronique national registredesGages.be géré par le SPF Finances. Toute personne disposant d'un accès eID belge ou d'un accès par token peut procéder à l'inscription: le créancier gagiste, le notaire, ou un mandataire désigné. L'inscription doit mentionner l'identité du constituant et du créancier (avec numéro BCE/KBO ou numéro de Registre national), la description des biens gagés, le montant de l'obligation garantie et la durée de validité (maximum 10 ans renouvelables). La taxe d'inscription est fixée par l'arrêté royal du 14 septembre 2017 selon un barème progressif en fonction du montant garanti. Un gage non inscrit est valide entre parties mais inopposable aux tiers, notamment au curateur en cas de faillite du constituant. L'inscription établit également le rang chronologique du gage par rapport aux autres sûretés sur les mêmes biens.
Oui, le Code civil belge livre 7 sur les sûretés réelles admet expressément le gage sur des biens futurs, y compris les créances futures (créances non encore nées au moment de la conclusion du gage mais dont le constituant a vocation à être titulaire). Cette flexibilité est particulièrement précieuse pour les lignes de crédit revolving garanties par les créances clients présentes et futures, les stocks futurs ou les récoltes à venir. Pour les créances futures, la convention de gage doit décrire suffisamment la catégorie de créances futures visées (par exemple: toutes les créances commerciales présentes et futures résultant de l'activité de la société XYZ sur ses clients). L'opposabilité aux tiers-débiteurs cédés (les clients débiteurs) nécessite en outre leur notification conformément aux règles sur la cession de créances (article 7.118 Code civil livre 7). La Banque nationale de Belgique (BNB/NBB) qui supervise les établissements de crédit reconnaît la validité de ces montages comme sûretés réelles dans le cadre du financement des entreprises.
En cas de défaillance du constituant (non-paiement de la dette garantie à l'échéance ou autre cas de défaut prévu par la convention), le créancier gagiste belge dispose de plusieurs voies d'exécution selon les articles 7.78 à 7.100 du Code civil livre 7. Premièrement, la vente aux enchères publiques ou de gré à gré des biens gagés à leur valeur vénale (après mise en demeure formelle), le produit étant affecté par préférence au remboursement de la créance garantie. Deuxièmement, pour les gages entre professionnels uniquement, le pacte commissoire (article 7.95) permet au créancier de s'approprier directement les biens gagés à leur valeur vénale déterminée par expertise contradictoire, sans procédure judiciaire. Troisièmement, la procédure judiciaire classique d'exécution forcée sur les biens gagés devant le Tribunal de l'entreprise. L'exécution est possible sans autorisation judiciaire préalable pour les voies amiables (vente de gré à gré, appropriation), ce qui représente un avantage de rapidité et de coût par rapport aux sûretés réelles traditionnelles.
Oui, le créancier gagiste belge bénéficiant d'un gage régulièrement inscrit au Registre des gages (RG) est un créancier privilégié dans le cadre des procédures d'insolvabilité belges régies par le Livre XX du Code de droit économique. En cas de faillite du constituant, le curateur (administrateur de la faillite) doit respecter les droits du créancier gagiste inscrit: le bien gagé fait partie de la masse faillie mais le créancier gagiste a un droit de préférence sur le produit de sa réalisation, avant les créanciers chirographaires (créanciers ordinaires non garantis). Le créancier gagiste peut également dans certains cas obtenir la réalisation directe du bien hors de la masse faillie si la convention le permet et si le juge délégué donne son accord. Un gage non inscrit au moment de la déclaration de faillite est inopposable au curateur. La réorganisation judiciaire (PRJ) selon le Livre XX CDE peut suspendre provisoirement l'exécution des garanties réelles, mais le droit de préférence du créancier gagiste est maintenu dans la distribution finale.
Selon l'arrêté royal du 14 septembre 2017 relatif au fonctionnement du Registre des gages belge (RG), une inscription au Registre est valable pour une durée maximale de 10 ans à compter de la date d'inscription. À l'expiration de ce délai, l'inscription cesse de produire ses effets à l'égard des tiers et le créancier perd son droit de préférence et son rang. Le créancier gagiste doit donc veiller à renouveler l'inscription avant son expiration si la créance garantie n'est pas encore remboursée à cette date. Le renouvellement suit la même procédure que l'inscription initiale via le portail registredesGages.be et donne lieu au paiement d'une nouvelle taxe. En cas de remboursement intégral de la créance garantie avant le terme des 10 ans, le constituant peut demander la radiation de l'inscription au Registre. La radiation libère le constituant du gage et lui permet de constituer de nouvelles sûretés sans être freiné par une inscription périmée mais non radiée.
Oui, le gage sur les parts sociales ou actions d'une société est expressément admis en droit belge selon des régimes distincts selon la nature des titres. Pour les actions cotées en bourse et les instruments financiers négociables, la Loi du 15 décembre 2004 relative aux sûretés financières (transposant la Directive 2002/47/CE sur les contrats de garantie financière) organise un régime spécial de constitution et d'opposabilité des sûretés financières (nantissement ou cession à titre de garantie). Pour les parts sociales non cotées de SRL, SA, ou autres formes de sociétés, le gage est constitué selon le droit commun du Code civil livre 7 et doit être signifié à la société émettrice pour être opposable à cette dernière et aux autres associés. Les statuts de certaines sociétés (SRL notamment) peuvent prévoir des restrictions ou des droits de préemption en cas d'exécution du gage sur les parts. L'article 5:63 du Code des sociétés et des associations (CSA 2019) organise la cession de parts sociales de SRL, et un gage sur ces parts doit respecter les restrictions statutaires applicables à la cession.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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