Bail Mobilité (1 à 10 Mois)
Qu'est-ce qu'un Bail Mobilité (1 à 10 Mois) ?
Le Bail Mobilité (1 à 10 Mois) est, en droit français, un contrat de bail mobilité pour un logement meublé, destiné aux personnes en formation, études ou mutation professionnelle. Il est régi par Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 art. 25-12 à 25-18 (bail mobilité) — Loi ELAN n°2018-1021 du 23 novembre 2018. Il fixe le loyer, le dépôt, la durée, les obligations d'entretien et les délais de préavis entre bailleur et locataire.
Le Bail Mobilité en France se distingue des autres baux résidentiels par trois caractéristiques fondamentales. Premièrement, l'interdiction absolue du dépôt de garantie : l'article 25-12 de la Loi n°89-462 modifiée par la Loi ELAN interdit au bailleur d'exiger un dépôt de garantie du locataire. En contrepartie, la Garantie VISALE (Visa pour le Logement et l'Emploi) d'Action Logement constitue une caution locative gratuite, sans conditions de ressources, disponible pour tous les locataires éligibles au bail mobilité. Deuxièmement, l'absence de tacite reconduction : le bail mobilité prend fin de plein droit à la date d'expiration convenue, sans renouvellement automatique. Troisièmement, les charges forfaitaires non révisables : contrairement au bail meublé classique qui prévoit des provisions avec régularisation annuelle, le bail mobilité impose des charges forfaitaires dont le montant ne peut être modifié pendant la durée du bail.
Le logement objet d'un Bail Mobilité en France doit impérativement être meublé, équipé conformément à la liste minimale du mobilier fixée par le décret n°2015-981 du 31 juillet 2015 (literie, cuisine équipée, éclairage, rangements, table et chaises). Ce décret liste les neuf éléments obligatoires du mobilier d'un logement meublé en France : literie complète, volets ou rideaux dans les chambres, plaque de cuisson, four ou four à micro-ondes, réfrigérateur avec freezer, vaisselle, ustensiles de cuisine, table et sièges, rangements, luminaires, matériel d'entretien ménager. L'absence d'un de ces éléments requalifie le bail meublé en bail nu, soumis aux règles plus protectrices du bail nu de 3 ans de la Loi n°89-462.
Le Diagnostic de performance énergétique (DPE) est obligatoire pour tout bail mobilité et doit être joint en annexe au contrat (Loi Grenelle II, décret n°2021-872 du 30 juin 2021). Les logements classés G dont la consommation d'énergie finale excède 450 kWh/m²/an sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025, y compris en bail mobilité (Loi Climat et Résilience n°2021-1104). En zone tendue (28 agglomérations dont Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Marseille, Grenoble), le loyer du bail mobilité est soumis à l'encadrement des loyers en application de l'article 140 de la Loi ELAN et des arrêtés préfectoraux fixant les loyers de référence majorés. Voir aussi le modèle de Bail Meublé et le Bail Habitation Vide disponibles sur forms-legal.com pour les locations résidentielles hors situation de mobilité.
Quand avez-vous besoin d'un Bail Mobilité (1 à 10 Mois) ?
Le Bail Mobilité en France est indiqué dans toutes les situations où un locataire personne physique en mobilité professionnelle ou académique a besoin d'un logement meublé pour une durée d'un à dix mois, sans souhait de s'établir durablement dans la commune.
Étudiant en master, école d'ingénieurs ou école de commerce en formation initiale : un étudiant inscrit à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne, à HEC Paris, à l'École Polytechnique ou à l'Université de Lyon qui loue un studio ou un T1 meublé pour la durée de son année académique (9 mois) conclut un bail mobilité. L'attestation d'inscription dans l'établissement d'enseignement supérieur constitue le justificatif de mobilité requis par l'article 25-12 de la Loi n°89-462. L'interdiction du dépôt de garantie est particulièrement avantageuse pour les étudiants qui ne disposent pas toujours de la trésorerie pour financer un dépôt de 2 mois de loyer.
Salarié en mutation professionnelle temporaire : un cadre d'entreprise muté temporairement de Lyon à Paris pour un projet de six mois peut bénéficier du bail mobilité pour louer un appartement meublé pendant la durée de son détachement, avant de rentrer à son domicile principal. La lettre de mission du service des ressources humaines constitue le justificatif de mobilité. La Garantie VISALE (Action Logement) peut couvrir les impayés éventuels sans que le locataire n'ait à constituer un dépôt de garantie.
Stagiaire en convention de stage de quatre à six mois : un stagiaire en Master 2 qui effectue un stage de fin d'études de cinq mois dans une entreprise parisienne peut louer un logement meublé en bail mobilité pour la durée de son stage. La convention de stage, obligatoire pour les stages en France depuis la Loi n°2014-788 du 10 juillet 2014 sur l'encadrement du travail des stagiaires, constitue le justificatif de mobilité. Le bail mobilité est la solution la mieux adaptée pour cette durée intermédiaire entre le bail meublé d'un an et les résidences étudiantes avec contrat mensuel.
Alternant en contrat d'apprentissage ou de professionnalisation : un apprenti qui signe un contrat d'apprentissage avec un CFA (Centre de Formation d'Apprentis) pour une formation de douze mois peut louer en bail mobilité de dix mois maximum, en justifiant de son contrat d'apprentissage. Pour les formations de plus de dix mois, le bail meublé classique d'un an (art. 25-4 Loi n°89-462) est plus adapté.
Volontaire du service civique en mission de dix mois : un jeune volontaire du service civique (Loi n°2010-241 du 10 mars 2010) affecté à une association d'accueil dans une ville différente de son domicile habituel peut louer en bail mobilité pour la durée de sa mission (six à douze mois, la durée maximale du bail mobilité étant de dix mois). Son contrat d'engagement de service civique constitue le justificatif de mobilité. Voir aussi le modèle de Bail Étudiant sur forms-legal.com pour les logements destinés aux étudiants pour une durée de neuf mois.
Que faut-il inclure dans votre Bail Mobilité (1 à 10 Mois) ?
Le Bail Mobilité en France doit comporter plusieurs éléments essentiels pour être conforme aux articles 25-12 à 25-18 de la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 modifiée par la Loi ELAN n°2018-1021 du 23 novembre 2018. Le modèle de forms-legal.com est structuré pour couvrir l'ensemble des obligations légales du bail mobilité.
Identification et justificatif de mobilité du locataire : le bail mobilité est réservé aux personnes physiques, ce qui exclut les personnes morales (associations, entreprises). Le locataire doit fournir un justificatif documentant sa situation de mobilité parmi les catégories de l'article 25-12 de la Loi n°89-462 (attestation d'inscription, convention de stage, contrat d'apprentissage, lettre de mission). Ce justificatif doit être joint en annexe au bail. L'absence de justificatif ne rend pas le bail nul mais peut entraîner la requalification en bail meublé classique d'un an à la demande du locataire.
Durée du bail mobilité : la durée doit être comprise entre un mois minimum et dix mois maximum (art. 25-12 Loi n°89-462). Toute durée inférieure à un mois ou supérieure à dix mois entraîne la requalification en bail meublé classique d'un an. La durée est fixée en mois entiers, avec mention des dates de début et de fin. Aucune tacite reconduction n'est possible.
Logement meublé conforme au décret n°2015-981 : le logement doit être équipé des neuf éléments du mobilier obligatoire listés par le décret n°2015-981 du 31 juillet 2015 (literie, volets ou rideaux, plaque de cuisson, four ou micro-ondes, réfrigérateur avec compartiment congélation, vaisselle, ustensiles de cuisine, table et sièges, rangements, luminaires, matériel d'entretien). Un inventaire du mobilier et des équipements doit être joint en annexe au bail mobilité.
Diagnostics obligatoires : le Diagnostic de performance énergétique (DPE) est obligatoire et doit mentionner la classe énergétique (A à G). Les logements G interdits à la location depuis janvier 2025 (consommation >450 kWh/m²/an) ne peuvent pas faire l'objet d'un bail mobilité. L'état des risques et pollutions (ERP), le constat de risque d'exposition au plomb (CREP) pour les logements antérieurs à 1949, et le diagnostic amiante pour les permis de construire antérieurs au 1er juillet 1997 doivent être annexés au bail.
Loyer et encadrement en zone tendue : le loyer mensuel est fixé librement, sous réserve de respecter le loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral dans les zones soumises à l'encadrement des loyers de la Loi ELAN (Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Montpellier, Grenoble et autres agglomérations concernées). Les charges locatives sont récupérées sous forme de forfait mensuel non révisable (art. 25-16 Loi n°89-462), sans régularisation annuelle possible.
Interdiction du dépôt de garantie et Garantie VISALE : le bail mobilité interdit formellement tout dépôt de garantie (art. 25-12 Loi n°89-462). La Garantie VISALE (Action Logement) peut être proposée comme alternative. VISALE couvre les impayés de loyer et les dégradations locatives jusqu'à la valeur de 36 mensualités de loyer+charges. Elle est gratuite pour le locataire et le bailleur, disponible sur le site visale.fr d'Action Logement. Voir aussi le modèle de Bail Meublé disponible sur forms-legal.com pour les locations meublées d'un an sans condition de mobilité.
Comment remplir votre Bail Mobilité (1 à 10 Mois)
Remplir un Bail Mobilité pour un logement meublé en France nécessite de respecter les conditions spécifiques des articles 25-12 à 25-18 de la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 modifiée par la Loi ELAN n°2018-1021 du 23 novembre 2018.
Étape 1 — Vérification de l'éligibilité du locataire : avant de conclure un bail mobilité, vérifiez que le locataire est une personne physique en situation de mobilité parmi les catégories de l'article 25-12 de la Loi n°89-462. Demandez le justificatif correspondant (attestation d'inscription dans l'établissement d'enseignement supérieur, convention de stage signée par l'entreprise d'accueil, contrat d'apprentissage avec le CFA, lettre de mission de l'employeur pour la mutation professionnelle). Sans justificatif valide, le bail peut être requalifié en bail meublé classique d'un an à la demande du locataire.
Étape 2 — Vérification du DPE et de l'éligibilité du logement à la location : vérifiez que le logement n'est pas classé G avec une consommation d'énergie finale supérieure à 450 kWh/m²/an, ce qui interdit la location depuis le 1er janvier 2025 (Loi Climat et Résilience n°2021-1104). Le DPE doit être réalisé par un diagnostiqueur certifié et avoir moins de dix ans (ou moins de deux ans pour les DPE réalisés avant le 1er juillet 2021). Vérifiez également l'état des risques et pollutions (ERP) sur le site errial.georisques.gouv.fr.
Étape 3 — Fixation de la durée et de la date d'effet : indiquez la date de prise d'effet et le nombre de mois de la durée du bail (entre 1 et 10 mois), et calculez la date d'expiration exacte. La durée doit correspondre à la durée de la situation de mobilité du locataire (durée du stage, de la formation, de la mission).
Étape 4 — Fixation du loyer et vérification de l'encadrement : si le logement est situé dans une agglomération soumise à l'encadrement des loyers (Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Montpellier, Grenoble et autres), consultez l'arrêté préfectoral en vigueur pour vérifier que le loyer mensuel prévu ne dépasse pas le loyer de référence majoré applicable. Les simulateurs de loyers de référence sont disponibles sur les sites des préfectures concernées et sur le site de la DRIHL (Direction régionale et interdépartementale de l'habitat et du logement) en Île-de-France.
Étape 5 — Fixation du forfait de charges : déterminez le montant du forfait mensuel de charges (eau froide, chauffage collectif, entretien des parties communes) qui sera récupéré sur le locataire. Ce forfait est non révisable pendant la durée du bail (art. 25-16 Loi n°89-462). En l'absence de forfait, les charges ne sont pas récupérables.
Étape 6 — Absence de dépôt de garantie et Garantie VISALE : conformément à l'article 25-12 de la Loi n°89-462, ne prévoyez aucun dépôt de garantie. Si vous souhaitez une garantie financière, proposez au locataire de souscrire la Garantie VISALE sur le site visale.fr d'Action Logement. VISALE est gratuite, disponible en ligne en 24 heures, et couvre jusqu'à 36 mensualités d'impayés de loyer+charges et les dégradations locatives.
Étape 7 — Inventaire du mobilier et état des lieux d'entrée : établissez un inventaire détaillé du mobilier et des équipements mis à disposition (avec photos si possible) et faites-le signer par les deux parties lors de l'état des lieux d'entrée. Cet inventaire et l'état des lieux d'entrée sont obligatoires pour le bail mobilité (art. 3-2 Loi n°89-462) et constituent la référence pour l'état des lieux de sortie.
Exigences juridiques pour Bail Mobilité (1 à 10 Mois)
Le Bail Mobilité en France est soumis aux dispositions des articles 25-12 à 25-18 de la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989, telle que modifiée par la Loi ELAN n°2018-1021 du 23 novembre 2018, qui constituent un régime d'ordre public dont les parties ne peuvent pas déroger.
Condition 1 — Logement meublé conforme au décret n°2015-981 du 31 juillet 2015 : le logement doit être équipé des éléments de mobilier listés par le décret. Un logement non meublé ne peut pas faire l'objet d'un bail mobilité, sous peine de requalification en bail nu de 3 ans.
Condition 2 — Locataire personne physique en situation de mobilité documentée : le bail mobilité est réservé aux personnes physiques (interdit aux personnes morales). Le locataire doit justifier d'une situation de mobilité parmi les catégories de l'article 25-12 (formation, études, apprentissage, stage, service civique, volontariat militaire, mutation professionnelle).
Condition 3 — Durée comprise entre 1 et 10 mois : toute durée inférieure à 1 mois ou supérieure à 10 mois entraîne la requalification en bail meublé classique d'un an (art. 25-4 Loi n°89-462). La durée maximale de 10 mois est d'ordre public et ne peut pas être dépassée, même par accord des parties.
Condition 4 — Interdiction du dépôt de garantie : d'ordre public, toute clause prévoyant un dépôt de garantie est réputée non écrite (art. 25-12 Loi n°89-462). Le bailleur ne peut exiger que la souscription de la Garantie VISALE ou d'une autre caution, pas un dépôt en numéraire.
Condition 5 — Charges forfaitaires non révisables : les charges du bail mobilité sont obligatoirement récupérées sous forme de forfait mensuel, non révisable pendant la durée du bail. Aucune régularisation annuelle n'est possible (art. 25-16 Loi n°89-462), contrairement au bail meublé classique qui prévoit des provisions avec régularisation annuelle.
Condition 6 — Respect de l'encadrement des loyers en zone tendue : dans les zones soumises à l'encadrement des loyers de la Loi ELAN (Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Montpellier, Grenoble et autres agglomérations), le loyer ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral. Le non-respect expose le bailleur à une action en diminution du loyer devant le juge des contentieux de la protection (JCP) du Tribunal judiciaire.
Condition 7 — Diagnostics immobiliers obligatoires : DPE, état des risques et pollutions (ERP), CREP (avant 1949), diagnostic amiante (permis avant juillet 1997). Les logements G interdits à la location (>450 kWh/m²/an) depuis janvier 2025 ne peuvent pas faire l'objet d'un bail mobilité.
Erreurs courantes à éviter dans votre Bail Mobilité (1 à 10 Mois)
Plusieurs erreurs fréquentes dans la rédaction et l'exécution des Baux Mobilité en France exposent les parties à des litiges devant le juge des contentieux de la protection (JCP) du Tribunal judiciaire.
Erreur 1 — Fixer une durée supérieure à 10 mois : un bail mobilité de 12 mois est nul dans sa forme (durée dépassant le maximum légal de 10 mois) et sera automatiquement requalifié en bail meublé classique d'un an (art. 25-4 Loi n°89-462), avec toutes les protections du locataire d'un bail meublé (préavis d'un mois pour le locataire, préavis de trois mois motivé pour le bailleur, possibilité de renouvellement automatique).
Erreur 2 — Exiger un dépôt de garantie : toute clause prévoyant un dépôt de garantie dans un bail mobilité est réputée non écrite et inapplicable (art. 25-12 Loi n°89-462). Le bailleur qui a perçu un dépôt de garantie doit le rembourser intégralement au locataire. La solution est de proposer systématiquement la Garantie VISALE (Action Logement, gratuite) comme alternative.
Erreur 3 — Ne pas vérifier l'éligibilité du locataire au bail mobilité : un bail mobilité conclu avec un locataire qui ne justifie d'aucune situation de mobilité parmi les catégories de l'article 25-12 de la Loi n°89-462 peut être requalifié en bail meublé classique d'un an à la demande du locataire, avec les protections afférentes. Le justificatif de mobilité doit être vérifié et annexé au bail.
Erreur 4 — Prévoir des charges récupérables avec régularisation annuelle : contrairement au bail meublé classique qui admet les provisions avec régularisation annuelle, le bail mobilité impose des charges forfaitaires non révisables. Un bailleur qui prévoit une régularisation annuelle des charges dans un bail mobilité viole l'article 25-16 de la Loi n°89-462 et s'expose à une action du locataire en répétition des sommes indûment perçues.
Erreur 5 — Louer un logement classé G interdit à la location depuis janvier 2025 : les logements dont la consommation d'énergie finale excède 450 kWh/m²/an sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025 (Loi Climat et Résilience n°2021-1104), y compris en bail mobilité. Un bail mobilité conclu sur un logement interdit expose le bailleur à des sanctions administratives et à une action du locataire en diminution du loyer ou en résiliation du bail. Voir le modèle de Bail Meublé sur forms-legal.com pour les locations meublées d'un an sans condition de mobilité.
Questions Fréquentes
Le bail mobilité en France est réservé aux personnes physiques qui justifient d'une situation de mobilité parmi les catégories limitativement énumérées par l'article 25-12 de la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989, telle que modifiée par la Loi ELAN n°2018-1021 du 23 novembre 2018. Les situations éligibles comprennent : la formation professionnelle (CPF, CIF, bilan de compétences, formation longue), les études supérieures dans un établissement d'enseignement supérieur (université, école de commerce, école d'ingénieurs, BTS, IUT), le contrat d'apprentissage dans un Centre de Formation d'Apprentis (CFA), le stage en entreprise formalisé par une convention de stage, l'engagement de service civique (Loi n°2010-241 du 10 mars 2010), le volontariat militaire (JAPD, service militaire volontaire), et la mutation professionnelle (déplacement temporaire d'un salarié dans le cadre de son contrat de travail). Le locataire doit fournir au bailleur un justificatif documentant sa situation de mobilité (attestation d'inscription, convention de stage, contrat d'apprentissage, lettre d'ordre de mission du service des ressources humaines).
L'interdiction du dépôt de garantie dans le bail mobilité constitue l'une des innovations majeures de la Loi ELAN n°2018-1021 du 23 novembre 2018, introduite à l'article 25-12 de la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989. Le législateur a voulu faciliter l'accès au logement meublé temporaire pour les personnes en mobilité (étudiants, stagiaires, salariés en mutation) qui ne disposent pas toujours de la trésorerie suffisante pour constituer un dépôt de garantie. Cette interdiction est d'ordre public : toute clause prévoyant un dépôt de garantie dans un bail mobilité est réputée non écrite et ne lie pas le locataire. En contrepartie, le bailleur peut exiger que le locataire souscrive la Garantie VISALE (Visa pour le Logement et l'Emploi) proposée par Action Logement, qui est une caution locative gratuite couvrant les impayés de loyer pendant toute la durée du bail mobilité. VISALE est disponible pour les locataires âgés de moins de 31 ans ou en situation de mobilité professionnelle, sans conditions de ressources.
Le bail mobilité est soumis à l'encadrement des loyers dans les zones tendues (28 agglomérations listées par décret) en application de l'article 140 de la Loi ELAN n°2018-1021 du 23 novembre 2018. Dans ces zones, le loyer du bail mobilité ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral, calculé en fonction de la zone géographique précise (arrondissement pour Paris), du type de logement (pièces) et de son époque de construction. À Paris, le loyer de référence majoré est mis à jour chaque année par arrêté du préfet de la Région Île-de-France en application du décret n°2017-1198 du 27 juillet 2017. Les agglomérations actuellement soumises à l'encadrement des loyers comprennent Paris (depuis 2019), Lille (depuis 2020), Montpellier, Bordeaux, Lyon, Grenoble, et plusieurs autres communes. Le non-respect du loyer de référence majoré expose le bailleur à une action en diminution du loyer par le locataire devant le juge des contentieux de la protection (JCP) du Tribunal judiciaire.
Le bail mobilité est soumis à l'obligation de fournir au locataire plusieurs diagnostics immobiliers obligatoires, identiques à ceux requis pour un bail meublé classique. Le Diagnostic de performance énergétique (DPE) établi conformément à la Loi Grenelle II (Loi n°2010-788 du 12 juillet 2010) et au décret n°2021-872 du 30 juin 2021 est obligatoire et doit mentionner la classe énergétique (A à G) et la classe d'émission de gaz à effet de serre (A à G). Les logements classés G dont la consommation excède 450 kWh/m²/an d'énergie finale sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025 (Loi Climat et Résilience n°2021-1104). L'état des risques et pollutions (ERP) doit être joint au bail mobilité (art. L125-5 du Code de l'environnement). Le constat de risque d'exposition au plomb (CREP) est obligatoire pour les logements construits avant le 1er janvier 1949 (Code de la santé publique art. L1334-7). Le diagnostic amiante est obligatoire pour les logements dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997.
Le bail mobilité et le bail meublé classique sont tous deux régis par la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989, mais ils se distinguent sur plusieurs points essentiels. Le bail meublé classique (article 25-4 de la Loi n°89-462) a une durée d'un an renouvelable tacitement, est reconductible automatiquement et peut être résilié par le locataire avec un préavis d'un mois (ou le bailleur avec un préavis de trois mois motivé). Le bail mobilité (articles 25-12 à 25-18) a une durée d'un à dix mois non renouvelable automatiquement, ne peut faire l'objet d'aucune tacite reconduction, et est réservé aux personnes en situation de mobilité justifiée par un document. Le bail meublé peut exiger un dépôt de garantie de deux mois maximum (art. 22 Loi n°89-462) ; le bail mobilité interdit le dépôt de garantie. Les charges du bail meublé peuvent être récupérées par provision avec régularisation annuelle ; les charges du bail mobilité doivent être forfaitaires et non révisables. Enfin, le bail mobilité n'est pas accessible aux personnes morales (sociétés, associations), contrairement au bail meublé classique.
Le locataire peut résilier le bail mobilité avant son terme en respectant un préavis d'un mois, notifié par lettre recommandée avec accusé de réception au bailleur, conformément à l'article 25-14 de la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 modifiée par la Loi ELAN n°2018-1021 du 23 novembre 2018. Ce préavis d'un mois est réduit par rapport au préavis de droit commun applicable dans les zones tendues pour les baux meublés (un mois) et les baux nus (un mois en zone tendue ou trois mois hors zone tendue). Le locataire qui quitte les lieux avant l'expiration du préavis d'un mois reste redevable du loyer et des charges jusqu'à l'expiration de ce délai, sauf si le bailleur reloue le logement avant cette date. Le bailleur, en revanche, ne peut pas résilier le bail mobilité avant son terme, sauf en cas de manquement grave du locataire à ses obligations (impayés de loyer, troubles de voisinage, sous-location non autorisée) constatés par décision de justice. Le juge des contentieux de la protection (JCP) du Tribunal judiciaire est compétent pour les litiges relatifs au bail mobilité.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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