Plainte Simple Auprès du Procureur de la République
En-tête — Plainte Pénale
[Tribunal Competent] Monsieur/Madame le Procureur de la République Fondement légal : Articles 40 et 40-4 du Code de procédure pénale Date : [Date Depot Plainte]
Identité du plaignant
Je soussigné(e) : [Nom Plaignant] Né(e) le : [Date Naissance Plaignant] Demeurant : [Adresse Plaignant] Téléphone : [Telephone Plaignant] Email : [Email Plaignant] Ai l'honneur de porter à votre connaissance les faits suivants, susceptibles de constituer une infraction pénale, et vous demande respectueusement d'exercer les pouvoirs qui vous sont conférés par les articles 40 et suivants du Code de procédure pénale.
Personne mise en cause
Identité du mis en cause : [Identite Mis En Cause]
Exposé des faits
Nature de l'infraction : [Qualification Infraction] Date(s) des faits : [Date Faits] Lieu des faits : [Lieu Faits] Description des faits : [Description Faits] Préjudice subi : [Prejudice Subi]
Éléments de preuve
Pièces jointes à l'appui de la présente plainte : [Types Preuves]
Demande au Procureur de la République
Sur le fondement des articles 40 et 40-4 du Code de procédure pénale, je vous demande respectueusement : 1. De recevoir la présente plainte et de l'enregistrer conformément à l'article 40-4 du CPP (obligation de délivrance d'un récépissé) ; 2. De faire procéder aux investigations nécessaires et d'engager les poursuites qui s'imposent ; 3. De m'informer des suites données à la présente plainte dans les délais prévus par l'article 40-2 du CPP (délai raisonnable ou 3 mois si convocation devant CRPC) ; 4. Le cas échéant, de saisir le juge d'instruction si la complexité des faits le justifie (CPP art. 79). Je déclare sur l'honneur que les informations contenues dans la présente plainte sont exactes et sincères à ma connaissance. Fait à ________________________, le [Date Depot Plainte] Signature :
Plaignant(e)
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Plainte Simple Auprès du Procureur de la République ?
La Plainte Simple Auprès du Procureur de la République est, en droit français, une plainte pénale adressée au Procureur de la République, fondée sur les articles 40 et 40-4 du Code de procédure pénale. Il est régi par Code de procédure pénale art. 40, 40-2, 40-4.
L'article 40 du Code de procédure pénale oblige toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire à informer le Procureur des crimes ou délits dont il a connaissance dans l'exercice de ses fonctions. Pour les particuliers, la plainte simple est la traduction de ce signalement : elle consiste à adresser un courrier au Procureur de la République du Tribunal judiciaire dans le ressort duquel l'infraction a été commise (CPP art. 43 sur la compétence territoriale), ou à se rendre dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie, dont les officiers de police judiciaire (OPJ) sont tenus de recueillir la plainte et de la transmettre au parquet (CPP art. 19 et 20).
Depuis la loi n°2007-291 du 5 mars 2007 renforçant l'équilibre de la procédure pénale, et son article 40-4 introduit par la loi n°2016-731 du 3 juin 2016, le dépôt de plainte auprès du Procureur de la République ou des services de police et gendarmerie donne obligatoirement lieu à la délivrance d'un récépissé mentionnant le numéro d'enregistrement de la plainte. Cette obligation empêche les dépôts refusés illégalement : en cas de refus d'enregistrement, la victime peut saisir le procureur général territorialement compétent ou le Défenseur des droits. Le Procureur de la République peut classer la plainte sans suite (CPP art. 40-1 et 40-2), auquel cas il est tenu de notifier sa décision motivée au plaignant et d'informer la victime des autres recours disponibles (plainte avec constitution de partie civile CPP art. 85, citation directe pénale CPP art. 388, recours contre le classement sans suite CPP art. 40-3).
La Plainte Simple au Procureur de la République en France se distingue de la Plainte avec Constitution de Partie Civile (CPP art. 85 à 91) qui, elle, saisit directement le juge d'instruction et met en mouvement l'action publique indépendamment du parquet. La plainte simple laisse au Procureur l'entière maîtrise de l'opportunité des poursuites, conformément au principe de l'opportunité des poursuites consacré à l'article 40-1 du CPP. En matière criminelle (crimes punis de plus de 10 ans de réclusion), la plainte peut déclencher l'ouverture d'une information judiciaire par le juge d'instruction (CPP art. 79 et 80).
Les délais de prescription encadrent la recevabilité de la plainte : 6 ans pour les délits à compter du jour de commission des faits (CPP art. 8, tel que modifié par la loi n°2017-242 du 27 février 2017), 20 ans pour les crimes (CPP art. 7). Des délais spéciaux s'appliquent : pour les infractions commises sur mineurs, le délai de prescription ne court qu'à compter de la majorité de la victime (CPP art. 7 et 8 al. 3) ; pour les délits de presse commis en ligne, le délai spécial de 3 mois prévu par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse s'applique. La Cour de cassation (chambre criminelle) veille à l'uniformité de l'interprétation des règles de prescription pénale en France.
La compétence territoriale des Procureurs de la République en France est déterminée par l'article 43 du CPP : est compétent le Procureur du lieu de l'infraction, du lieu de résidence de l'auteur ou du lieu d'arrestation. Pour les infractions commises sur internet ou par voie électronique, la circulaire du ministère de la Justice du 28 mai 2013 précise que le lieu de réception du message ou du site consulté peut établir la compétence. Les 36 Cours d'appel et 164 Tribunaux judiciaires constituent la carte judiciaire au sein de laquelle s'exercent les compétences des parquets français.
Quand avez-vous besoin d'un Plainte Simple Auprès du Procureur de la République ?
La Plainte Simple au Procureur de la République en France est la voie appropriée dans toutes les situations où une personne a été victime d'une infraction pénale et souhaite que l'auteur soit poursuivi par le ministère public, sans avoir à prendre en charge elle-même le déclenchement des poursuites.
Lorsqu'une personne est victime de violences physiques (coups et blessures volontaires CP art. 222-11, violences conjugales CP art. 222-14-3), la plainte simple au Procureur est le premier recours à envisager, accompagnée si possible d'un certificat médical mentionnant la durée de l'Incapacité Totale de Travail (ITT). Les faits de violence entraînant une ITT de plus de 8 jours constituent un délit correctionnelle passible du Tribunal correctionnel ; une ITT inférieure à 8 jours relève des contraventions de 5e classe (CP art. R625-1). La plainte pénale déclenche l'enquête par les officiers de police judiciaire sous l'autorité du Procureur (CPP art. 75 à 78 pour l'enquête préliminaire).
Face à une escroquerie (CP art. 313-1), un abus de confiance (CP art. 314-1) ou un vol (CP art. 311-1), la plainte simple au Procureur de la République déclenche l'enquête patrimoniale nécessaire pour identifier les auteurs et saisir les avoirs illicites. En matière d'escroquerie complexe impliquant des sociétés commerciales, le Parquet national financier (PNF), créé par la loi n°2013-1117 du 6 décembre 2013, peut être saisi directement pour les affaires d'une particulière complexité.
En cas de harcèlement moral (CP art. 222-33-2) ou de harcèlement sexuel (CP art. 222-33), la plainte simple est recommandée dès le premier incident documenté. La loi n°2014-873 du 4 août 2014 pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes a élargi la définition légale du harcèlement sexuel. La plainte déclenche une enquête judiciaire pouvant aboutir à une convocation devant le Tribunal correctionnel, voire une mise en examen pour les cas les plus graves.
En matière de cybercriminalité (fraude informatique CP art. 323-1, usurpation d'identité numérique CP art. 226-4-1), la plainte peut également être déposée auprès de la plateforme THESEE (Traitement Harmonisé des Enquêtes et des Signalements pour les E-Escroqueries), service en ligne dédié aux escroqueries sur internet ouvert en mars 2022 par le ministère de l'Intérieur. La Brigade de lutte contre la cybercriminalité (BL2C) de la préfecture de Police de Paris et le C3N (Centre de lutte contre les criminalités numériques) de la gendarmerie nationale sont les unités spécialisées compétentes.
La Plainte Simple au Procureur est également recommandée lorsque des délits de presse ont été commis (diffamation publique loi du 29 juillet 1881 art. 29 et 32, injure publique art. 33), en veillant au délai de prescription spécial de 3 mois qui court depuis la première publication ou mise en ligne du contenu litigieux. Pour les contenus diffamatoires publiés sur les réseaux sociaux, la première mise en ligne marque le point de départ du délai, conformément à la jurisprudence de la Cour de cassation (Cass. crim., 16 octobre 2018, n°17-81.920).
Que faut-il inclure dans votre Plainte Simple Auprès du Procureur de la République ?
La Plainte Simple auprès du Procureur de la République en France doit contenir des éléments précis pour être recevable et permettre au parquet de déclencher une enquête efficace.
L'identification complète du plaignant est indispensable : nom, prénom, date de naissance, adresse postale complète et numéro de téléphone. La plainte anonyme n'est pas recevable devant le Procureur de la République, contrairement au signalement anonyme prévu pour certaines infractions spécifiques (fraude fiscale art. 40 CPP dans la pratique administrative). L'identification de la personne mise en cause, même partielle, est très utile : nom, prénom, adresse, lieu de travail, numéro d'immatriculation du véhicule — tout élément permettant à la police judiciaire d'identifier et de localiser l'auteur présumé.
La description précise des faits constitue le cœur de la plainte : date(s) exactes, lieu(x), déroulement chronologique des événements, nature de l'infraction. La qualification juridique proposée par le plaignant ne lie pas le Procureur, qui requalifiera les faits selon la terminologie du Code pénal ou des lois spéciales. La description du préjudice subi — physique (ITT certifiée par un médecin), moral (souffrance psychologique, peur, humiliation) et matériel (pertes financières, dommages à la propriété) — est essentielle pour que le parquet apprécie la gravité des faits et décide des suites à donner.
Les éléments de preuve à joindre incluent : certificats médicaux avec mention de l'ITT pour les violences physiques, captures d'écran horodatées pour les infractions numériques, témoignages écrits d'éventuels témoins (nom, prénom, coordonnées), enregistrements sonores ou vidéo légalement obtenus, échanges de correspondance (lettres, emails, SMS) documentant les faits ou les menaces, factures et devis pour les préjudices matériels. La preuve par enregistrement clandestin (sans le consentement de l'interlocuteur) est en principe irrecevable devant les juridictions pénales françaises, mais sa recevabilité est appréciée au cas par cas par la chambre criminelle de la Cour de cassation (arrêt Cass. crim., 31 janvier 2012, n°11-85.464).
Le plaignant doit indiquer le Tribunal judiciaire compétent (CPP art. 43), soit celui du lieu des faits, soit celui du domicile du mis en cause ou du lieu d'arrestation. Pour les victimes résidant à l'étranger, la compétence peut s'établir au lieu de l'infraction en France ou au lieu d'arrestation de l'auteur. Des modèles de plainte pénale structurés et des guides sur la procédure pénale française sont disponibles sur forms-legal.com pour faciliter vos démarches judiciaires.
Après réception, le Procureur de la République dispose d'un pouvoir discrétionnaire d'opportunité des poursuites (CPP art. 40-1) : il peut classer sans suite, mettre en œuvre une composition pénale (CPP art. 41-2), convoquer l'auteur devant le tribunal par ordonnance pénale (CPP art. 495) ou CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité, CPP art. 495-7), ou saisir le juge d'instruction. Le plaignant est informé de ces suites par notification du parquet (CPP art. 40-2).
Comment remplir votre Plainte Simple Auprès du Procureur de la République
La Plainte Simple auprès du Procureur de la République en France se rédige et se dépose selon une procédure accessible à tout justiciable.
Étape 1 — Rassembler les preuves avant la rédaction : constituez votre dossier avant de rédiger la plainte — certificats médicaux, captures d'écran datées, témoignages, factures, photos, enregistrements légaux. Un dossier bien documenté orientera favorablement la décision du Procureur sur l'opportunité des poursuites.
Étape 2 — Rédaction de la plainte : rédigez un courrier adressé directement au Procureur de la République du Tribunal judiciaire compétent (lieu des faits). Présentez les faits de manière chronologique, objective et précise, sans jugements de valeur. Identifiez clairement la nature de l'infraction en vous référant, si possible, aux articles pertinents du Code pénal (CP) ou des lois spéciales.
Étape 3 — Dépôt de la plainte (3 voies possibles) : - Par courrier recommandé avec accusé de réception au Procureur de la République (adresse : Tribunal judiciaire de [ville], service du parquet). - En personne dans un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie : l'officier de police judiciaire (OPJ) est tenu d'enregistrer la plainte et de vous remettre un récépissé (CPP art. 40-4). - Via la plateforme de dépôt de plainte en ligne du ministère de l'Intérieur pour certains types d'infractions (pre-plainte-en-ligne.gouv.fr, disponible pour vols sans violence, dégradations et escroqueries simples).
Étape 4 — Obtention du récépissé : conformément à l'article 40-4 du CPP (introduit par la loi n°2016-731 du 3 juin 2016), tout dépôt de plainte donne lieu à la délivrance d'un récépissé mentionnant le numéro d'enregistrement. Conservez précieusement ce document : il prouve la date de dépôt et déclenche les délais de réponse du parquet.
Étape 5 — Suivi : le Procureur de la République dispose d'un délai raisonnable pour vous informer des suites données (CPP art. 40-2). Si la plainte est classée sans suite, vous recevez une notification motivée et pouvez exercer un recours auprès du Procureur général de la Cour d'appel (CPP art. 40-3), ou déposer une plainte avec constitution de partie civile devant le juge d'instruction (CPP art. 85) si les faits constituent un crime ou un délit.
Exigences juridiques pour Plainte Simple Auprès du Procureur de la République
La Plainte Simple auprès du Procureur de la République en France s'inscrit dans le cadre du Code de procédure pénale (CPP), dont les dispositions clés sont les suivantes.
L'article 40 du CPP constitue le fondement principal : il oblige les autorités et fonctionnaires à signaler les infractions au Procureur, et prévoit le mécanisme de saisine du parquet par les particuliers. L'article 40-1 consacre le principe de l'opportunité des poursuites : le Procureur apprécie librement les suites à donner. L'article 40-2 impose au Procureur d'informer le plaignant des suites données à sa plainte et de motiver toute décision de classement sans suite. L'article 40-3 ouvre le recours contre le classement sans suite auprès du Procureur général. L'article 40-4 (introduit par la loi n°2016-731 du 3 juin 2016 renforçant la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement) impose la remise d'un récépissé lors de tout dépôt de plainte.
Les articles 7 et 8 du CPP (modifiés par la loi n°2017-242 du 27 février 2017) régissent les délais de prescription de l'action publique : 20 ans pour les crimes, 6 ans pour les délits, 1 an pour les contraventions. Des délais spéciaux s'appliquent pour les infractions contre les mineurs (CPP art. 7 et 8 al. 3 : report du point de départ à la majorité de la victime pour les infractions sexuelles et les violences). La Cour de cassation, chambre criminelle, a précisé que le délai de prescription ne court qu'à compter du moment où la victime a pu connaître l'infraction, notamment en matière de violences psychologiques (Cass. crim., 7 novembre 2014, n°13-87.189).
Les articles 19 et 20 du CPP définissent les compétences des officiers de police judiciaire (OPJ) et agents de police judiciaire (APJ) qui reçoivent les plaintes. L'article 43 régit la compétence territoriale. Les articles 75 à 78 encadrent l'enquête préliminaire conduite par les OPJ sous l'autorité du Procureur. La distinction entre enquête de flagrance (CPP art. 53 à 74-2) et enquête préliminaire (CPP art. 75 à 78) détermine les pouvoirs d'investigation de la police judiciaire. La loi n°2021-1729 du 22 décembre 2021 pour la confiance dans l'institution judiciaire a introduit la vidéoconférence dans les auditions pénales.
Erreurs courantes à éviter dans votre Plainte Simple Auprès du Procureur de la République
Plusieurs erreurs fréquentes fragilisent une Plainte Simple auprès du Procureur de la République en France et peuvent conduire à un classement sans suite.
Première erreur : dépasser le délai de prescription sans le savoir. En matière délictuelle, le délai est de 6 ans à compter des faits (CPP art. 8). Pour les infractions continues (harcèlement, situation de séquestration), le délai court à compter du dernier acte. Vérifiez impérativement la prescription avant de rédiger votre plainte, notamment pour les infractions de presse (3 mois, loi du 29 juillet 1881).
Deuxième erreur : décrire les faits de manière vague ou subjective. Les qualificatifs émotionnels (« affreux », « injuste ») sans description factuelle nuisent à la crédibilité de la plainte. Le Procureur s'intéresse aux faits objectifs, aux dates, aux lieux et aux preuves disponibles.
Troisième erreur : ne pas joindre les preuves disponibles. Un certificat médical avec ITT pour les violences, des captures d'écran horodatées pour les infractions numériques, des témoignages écrits — ces éléments font la différence entre un classement sans suite et l'ouverture d'une enquête.
Quatrième erreur : s'adresser au mauvais tribunal. La compétence territoriale du Procureur de la République est déterminée par le lieu de l'infraction ou le domicile du mis en cause (CPP art. 43). Une plainte adressée au mauvais parquet sera renvoyée, perdant du temps précieux.
Cinquième erreur : confondre la plainte simple et le signalement. Un signalement (par exemple, signalement d'une fraude fiscale à la DGFiP) n'est pas une plainte pénale et ne déclenche pas les mêmes droits pour la victime. Seule la plainte pénale formelle (CPP art. 40-4) ouvre droit au récépissé et aux suites procédurales prévues par les articles 40-2 et 40-3 du Code de procédure pénale.
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}Questions Fréquentes
La main courante est une simple déclaration enregistrée par la police ou la gendarmerie, sans transmission obligatoire au parquet ni déclenchement de poursuites pénales. Elle sert principalement à constituer une trace officielle datée d'un incident. La plainte simple (CPP art. 40 et 40-4), en revanche, est obligatoirement transmise au Procureur de la République et donne lieu à la remise d'un récépissé numéroté. Le Procureur doit informer le plaignant des suites données (CPP art. 40-2) : enquête, classement motivé, mesure alternative aux poursuites ou renvoi en jugement. Pour obtenir la poursuite pénale d'un auteur d'infraction, seule la plainte simple ouvre les voies procédurales adaptées.
Depuis la loi n°2016-731 du 3 juin 2016, le dépôt de plainte donne obligatoirement lieu à la remise d'un récépissé (CPP art. 40-4), que ce soit auprès du parquet par courrier recommandé ou en personne dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie. Le refus d'enregistrement d'une plainte est illégal. En cas de refus oral dans un commissariat, vous pouvez adresser directement votre plainte par courrier recommandé au Procureur de la République, ou saisir le Défenseur des droits (loi organique n°2011-333 du 29 mars 2011) ou le procureur général de la Cour d'appel territorialement compétent. La Cour européenne des droits de l'homme a condamné la France pour des refus illégaux de plaintes dans l'arrêt Manoïlov c. France (CEDH, 19 novembre 2015).
L'article 40-2 du Code de procédure pénale impose au Procureur de la République d'aviser les personnes ayant dénoncé des faits des suites données à leur signalement dans un délai raisonnable. Pour les victimes d'infractions ayant déposé plainte, ce délai est apprécié in concreto selon la complexité de l'affaire. En pratique, les parquets disposent de plusieurs mois à plus d'un an pour clôturer les enquêtes préliminaires. Si la plainte est classée sans suite, la notification doit intervenir dans un délai raisonnable, et la victime peut contester cette décision en déposant une plainte avec constitution de partie civile devant le juge d'instruction (CPP art. 85), à condition que les faits constituent un crime ou un délit.
Depuis 2021, la pré-plainte en ligne est disponible sur la plateforme officielle pre-plainte-en-ligne.gouv.fr pour les infractions sans violence (vols, escroqueries simples, dégradations). La pré-plainte donne lieu à une convocation dans un commissariat ou une gendarmerie pour l'enregistrement définitif et la remise du récépissé prévu par l'article 40-4 du CPP. La plainte adressée directement par courrier recommandé au Procureur de la République (sans passer par la police ou la gendarmerie) est également possible et juridiquement valide. En cas de violence conjugale, certaines associations habilitées (associations d'aide aux victimes, maisons de justice et du droit) peuvent assister les victimes dans la rédaction et le dépôt de leur plainte, y compris à l'hôpital en cas de blessures.
Le classement sans suite est une décision du Procureur de la République prise en vertu du principe de l'opportunité des poursuites (CPP art. 40-1). Les motifs les plus fréquents sont : infraction insuffisamment caractérisée, auteur inconnu, préjudice trop faible, réparation déjà intervenue. En cas de classement sans suite, l'article 40-3 du CPP ouvre un recours auprès du Procureur général de la Cour d'appel. Si ce recours échoue, la victime peut déposer une plainte avec constitution de partie civile (CPP art. 85) si les faits constituent un crime ou un délit : cette procédure saisit directement le juge d'instruction et met en mouvement l'action publique indépendamment de la décision du parquet, à condition de verser une consignation déterminée par le juge.
La plainte pénale n'est pas, en elle-même, un moyen d'obtenir une indemnisation. Son but est de déclencher les poursuites pénales. Pour obtenir réparation, la victime doit se constituer partie civile, soit en joignant ce statut à la plainte pénale (via une demande de constitution de partie civile devant le juge d'instruction CPP art. 85, ou en se joignant à la procédure devant le tribunal correctionnel CPP art. 418 à 425). Devant le Tribunal correctionnel, la victime peut demander des dommages et intérêts (préjudice matériel, moral, corporel) dans le cadre de l'action civile portée devant la juridiction pénale. Si l'auteur est insolvable, la victime peut saisir la Commission d'Indemnisation des Victimes d'Infractions (CIVI) siégeant auprès de chaque Tribunal judiciaire, fondée sur les articles 706-3 à 706-15 du CPP.
Après réception de la plainte, le Procureur de la République peut prendre plusieurs décisions en vertu du CPP : déclencher une enquête préliminaire confiée aux officiers de police judiciaire (CPP art. 75), classer sans suite (CPP art. 40-1), proposer une composition pénale (CPP art. 41-2) ou une médiation pénale (CPP art. 41-1), engager des poursuites via une ordonnance pénale (CPP art. 495), une CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité, CPP art. 495-7), une convocation au tribunal correctionnel, ou saisir le juge d'instruction pour l'ouverture d'une information judiciaire (CPP art. 79 et 80) si les faits sont complexes ou d'une particulière gravité. La victime est informée de ces suites par notification du parquet (CPP art. 40-2) et peut se constituer partie civile à tout stade de la procédure.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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