Citation Directe devant le Tribunal Correctionnel
En-tête — Citation Directe
CITATION DIRECTE DEVANT LE TRIBUNAL CORRECTIONNEL (Code de procédure pénale art. 388 et 390 à 393) [Tribunal Correctionnel Competent] Date : [Date Citation]
Identité des parties
CITANT : Nom et prénom : [Nom Citant] Né(e) le : [Date Naissance Citant] Demeurant : [Adresse Citant] Avocat constitué : [Avocat Citant] PRÉVENU(E) CITÉ(E) : Nom et prénom : [Nom Prevenu] Né(e) le : [Date Naissance Prevenu] Demeurant : [Adresse Prevenu] Profession : [Profession Prevenu]
Faits et qualification pénale
INFRACTION VISÉE : Qualification pénale : [Qualification Penale] Date(s) des faits : [Date Faits] Lieu des faits : [Lieu Faits] EXPOSÉ DES FAITS : [Description Faits]
Constitution de partie civile et demandes
Constitution de partie civile : [Constitution Partie] Préjudice matériel : [Prejudice Matériel] Préjudice moral et corporel : [Prejudice Moral]
Dispositif de la citation
Sur le fondement des articles 388, 390 à 393 du Code de procédure pénale, le citant cite à comparaître [Nom Prevenu] devant le [Tribunal Correctionnel Competent] à l'audience dont la date sera fixée par le président de la chambre correctionnelle, aux fins de : 1. Voir déclarer le prévenu coupable des faits de [Qualification Penale] commis le [Date Faits] à [Lieu Faits], tels que décrits et qualifiés ci-dessus ; 2. Le condamner aux peines prévues par les textes ci-dessus visés ; 3. Le condamner à payer au citant, en sa qualité de partie civile, la somme de [Prejudice Matériel] à titre de dommages et intérêts pour préjudice matériel, outre réparation du préjudice moral et corporel subi ; 4. Le condamner aux dépens et frais de procédure. Sous toutes réserves. Fait à ________________________, le [Date Citation] Signature du citant ou de son avocat :
Citant(e) / Partie civile
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Citation Directe devant le Tribunal Correctionnel ?
La citation directe devant le tribunal correctionnel est, en droit français, l'acte par lequel la victime ou le procureur saisit directement le tribunal pour juger un prévenu, régie par les articles 388 et 390 à 393 du Code de procédure pénale.
En France, la citation directe est l'un des trois modes de saisine du tribunal correctionnel, aux côtés de la convocation par officier de police judiciaire (COPJ, CPP art. 390-1) et de la comparution immédiate (CPP art. 395). La citation directe est l'instrument procédural qui consacre le droit de toute victime d'un délit de « mettre l'action publique en mouvement » indépendamment de la décision du Procureur de la République (CPP art. 1 al. 1 et 2). Ce droit, affirmé par la Cour de cassation depuis un arrêt de la chambre criminelle du 8 décembre 1906, constitue une garantie essentielle du droit d'accès à la justice et du droit au recours effectif consacré par l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH).
La citation directe ne vaut que pour les délits, c'est-à-dire les infractions punies d'un emprisonnement correctionnel (de 2 mois à 10 ans selon les cas). Les crimes (viols, meurtres, braquages) relèvent de la Cour d'assises et ne peuvent faire l'objet d'une citation directe : ils nécessitent une information judiciaire devant le juge d'instruction (CPP art. 79 et 80). Les contraventions relèvent du Tribunal de police et non du Tribunal correctionnel.
L'article 388 du CPP dispose que le tribunal correctionnel est saisi des infractions de sa compétence soit par le renvoi ordonné par la juridiction d'instruction, soit par la comparution volontaire des parties, soit par la citation directe. La citation directe est délivrée à la requête du ministère public (parquet) ou de la partie lésée (victime) par voie de commissaire de justice (ancien huissier, depuis la réforme de l'ordonnance n°2016-728 du 2 juin 2016, effective au 1er juillet 2022). Elle doit contenir, à peine de nullité, l'indication du tribunal saisi, la qualification des faits, les textes de loi applicables, la date et le lieu de l'audience (CPP art. 390).
Pour qu'une citation directe délivrée par la partie civile soit recevable, la victime doit verser une consignation destinée à garantir le paiement de l'amende civile en cas de citation abusive (CPP art. 392-1) — le montant est fixé par le président du tribunal correctionnel. La Cour de cassation, chambre criminelle, veille à la régularité des citations directes, notamment sur la question de la précision de la qualification des faits et de la compétence territoriale (Cass. crim., 14 janvier 2003, n°02-84.107 sur la nullité d'une citation pour faits insuffisamment qualifiés). Le délai de prescription de l'action publique en matière correctionnelle est de 6 ans à compter du jour de commission des faits, en application de l'article 8 du CPP, tel que modifié par la loi n°2017-242 du 27 février 2017.
La citation directe en France, lorsqu'elle est fondée et bien documentée, est une procédure efficace : elle force le tribunal correctionnel à examiner le fond du dossier et permet à la partie civile d'obtenir réparation de son préjudice dans le cadre de la même audience (CPP art. 418 à 425 sur la constitution de partie civile). Les 164 Tribunaux judiciaires comprennent chacun une ou plusieurs chambres correctionnelles composées de trois magistrats professionnels.
Quand avez-vous besoin d'un Citation Directe devant le Tribunal Correctionnel ?
La Citation Directe devant le Tribunal Correctionnel en France est la voie procédurale adaptée lorsque la victime a identifié l'auteur d'un délit et dispose de preuves suffisantes pour saisir directement le tribunal, notamment dans les situations suivantes.
Lorsque le Procureur de la République a classé sans suite une plainte (CPP art. 40-1 et 40-2) pour des motifs d'opportunité des poursuites que la victime conteste, la citation directe lui permet de contourner cette décision et de soumettre le dossier directement au tribunal correctionnel. La chambre criminelle de la Cour de cassation a rappelé ce droit fondamental de la partie civile dans l'arrêt Cass. crim., 11 septembre 2007, n°07-82.633.
En matière d'escroquerie (CP art. 313-1) ou d'abus de confiance (CP art. 314-1) entre professionnels ou commerçants — notamment des chèques sans provision dans le cadre de relations commerciales, des détournements de fonds confiés dans le cadre d'un mandat ou d'un dépôt fiduciaire —, la citation directe est préférable à la plainte simple car elle saisit directement le tribunal et n'attend pas la décision d'opportunité du parquet. Pour les délits de presse (diffamation publique envers particulier, loi du 29 juillet 1881 art. 29, 32 et 33), la citation directe est l'unique voie puisque le parquet engage rarement des poursuites pour ces infractions. Le délai de prescription spécial de 3 mois court dès la première publication.
Dans les litiges entre voisins ou au sein de copropriétés, la citation directe pour dégradations volontaires (CP art. 322-1), injures non publiques (CP art. R621-2, contraventions) ou violation de domicile (CP art. 226-4, délit) permet de régler judiciairement des conflits locaux sans passer par la lenteur des enquêtes préliminaires. La présence de témoins et de preuves documentées (photos, constats d'huissier, main courante) est déterminante pour la réussite de la procédure.
En cas de violences légères à graves ayant entraîné une Incapacité Totale de Travail (ITT) de moins de 8 jours (contravention de 5e classe CP art. R625-1) ou de plus de 8 jours (délit CP art. 222-11), la citation directe permet d'obtenir rapidement une audience au fond, surtout si les faits sont récents et clairement établis par un certificat médical d'un médecin urgentiste ou du CHU. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), dans l'arrêt M.C. c. Bulgarie du 4 décembre 2003, a consacré l'obligation positive de l'État de prévoir des recours effectifs pour les victimes de violences.
Pour les infractions informatiques (accès frauduleux à un système informatique CP art. 323-1, violation de données personnelles RGPD + loi informatique et libertés n°78-17), la citation directe est possible lorsque l'identité du cyberdélinquant est connue ou établie par une enquête privée ou une plainte antérieure. L'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC) peut avoir fourni des éléments d'identification dans le cadre d'une enquête de police judiciaire.
Que faut-il inclure dans votre Citation Directe devant le Tribunal Correctionnel ?
La Citation Directe devant le Tribunal Correctionnel en France doit comporter des éléments essentiels dont l'omission entraîne la nullité de l'acte ou l'irrecevabilité de la demande.
L'identification précise du prévenu est la première exigence : nom, prénom, date de naissance, adresse exacte du domicile ou de la résidence. Une identité incertaine ou erronée rend la citation irrecevable (CPP art. 388 al. 1 : la saisine du tribunal suppose l'identification de la personne poursuivie). Pour une personne morale mise en cause (CPP art. 121-2 du Code pénal sur la responsabilité pénale des personnes morales), la dénomination sociale, la forme juridique, le numéro SIREN et le siège social doivent être indiqués avec précision.
La qualification pénale des faits est l'élément central : elle doit être précise, reprendre la terminologie exacte du Code pénal ou des lois spéciales applicables, avec les références aux articles visés. Une qualification trop vague (« comportement frauduleux ») sans viser un texte précis peut entraîner la nullité (Cass. crim., 14 janvier 2003, n°02-84.107). Le citant doit également vérifier la compétence du tribunal correctionnel : seuls les délits lui ressortissent (peine d'emprisonnement principale), et non les crimes (Cour d'assises) ni les contraventions de 1re à 4e classe (Tribunal de police).
La description des faits doit être chronologique, précise et factuelle : dates, lieu, circonstances, nature des actes reprochés, preuves disponibles. L'indication du préjudice subi (matériel avec montants chiffrés, moral avec description des souffrances) est essentielle si le citant se constitue partie civile (CPP art. 418 à 425). Le montant de la consignation fixée par le président du tribunal correctionnel doit être versé à la caisse du greffe avant l'audience, sous peine d'irrecevabilité de la constitution de partie civile (CPP art. 392-1).
La citation doit être signifiée par commissaire de justice au domicile du prévenu au moins 10 jours avant l'audience (CPP art. 552), ce délai étant calculé à compter de la signification. Si le prévenu est introuvable ou si la signification est impossible à son domicile, le commissaire de justice peut procéder à une signification à parquet ou par voie postale certifiée selon les règles des articles 550 à 566 du CPP. Les modèles structurés de citation directe disponibles sur forms-legal.com sont conformes aux exigences formelles des articles 388 et 390 du Code de procédure pénale et incluent l'ensemble des mentions obligatoires.
La constitution de partie civile au stade de la citation directe (CPP art. 418 al. 1 : la partie civile peut se constituer jusqu'à la clôture des débats) permet au citant d'être représenté par un avocat à l'audience et d'obtenir des dommages et intérêts en cas de condamnation du prévenu. L'avocat constitué doit être inscrit à un barreau français (CPP art. 392-1). Devant le tribunal correctionnel, la victime sans avocat peut être entendue mais ne peut formuler de conclusions civiles que si elle s'est constituée partie civile avec représentation par avocat (CPP art. 392-2 pour les exceptions limitées). Une Citation Directe devant le Tribunal Correctionnel peut être articulée avec une Plainte Simple auprès du Procureur de la République si la victime a préalablement signalé les faits au parquet sans que celui-ci ait jugé opportun d'agir.
Les tarifs réglementés des commissaires de justice pour la signification d'une citation directe sont fixés par le décret n°2016-230 du 26 février 2016 (modifié par arrêté annuel). Pour la délivrance d'une citation à comparaître, l'émolument fixe est d'environ 26,53 € HT par acte signifié, auquel s'ajoutent les droits de recette et les débours (déplacement, frais postaux en cas d'absence). Ces frais sont avancés par le citant puis récupérables sur le prévenu condamné aux dépens (CPP art. 800-1).
Comment remplir votre Citation Directe devant le Tribunal Correctionnel
La Citation Directe devant le Tribunal Correctionnel en France se prépare et se dépose selon une procédure formelle en plusieurs étapes.
Étape 1 — Vérifier la qualité de victime et la prescription : assurez-vous que vous avez qualité de victime directe de l'infraction (préjudice personnel direct, CPP art. 1 al. 2 et 418) et que les faits sont dans le délai de prescription correctionnelle de 6 ans (CPP art. 8). Pour les infractions de presse, le délai spécial est de 3 mois (loi du 29 juillet 1881).
Étape 2 — Consulter un avocat : la représentation par avocat est obligatoire pour la partie civile devant le tribunal correctionnel (CPP art. 392-1 et 392-2). Votre avocat rédigera ou validera la citation directe, choisira la qualification pénale adaptée et déposera la consignation fixée par le président du tribunal correctionnel (CPP art. 392-1).
Étape 3 — Saisir le président du tribunal correctionnel pour la consignation : avant la signification, votre avocat ou vous-même devez saisir le président de la chambre correctionnelle pour qu'il fixe le montant de la consignation à verser à la caisse du greffe. Ce montant garantit le paiement de l'amende civile en cas d'abus de citation (CPP art. 392-1).
Étape 4 — Signification par commissaire de justice : la citation directe est signifiée au prévenu par commissaire de justice, au moins 10 jours avant l'audience (CPP art. 552). Le commissaire de justice se présente au domicile du prévenu ; en cas d'absence, il remet la citation à personne ou procède selon les formalités prévues aux articles 550 à 566 du CPP. Le délai de 10 jours (CPP art. 552 al. 1) se calcule en jours francs, sans compter le jour de la signification ni le jour de l'audience ; tout délai insuffisant impose au tribunal de renvoyer l'affaire à une date ultérieure.
Étape 5 — Audience de jugement : à l'audience, le tribunal correctionnel entend les réquisitions du parquet (éventuellement), les conclusions du prévenu (ou de son avocat), et les demandes de la partie civile. Le tribunal rend son jugement, qui peut condamner le prévenu et accorder des dommages et intérêts à la victime. Le jugement est susceptible d'appel devant la Cour d'appel dans les 10 jours de la notification (CPP art. 498).
Exigences juridiques pour Citation Directe devant le Tribunal Correctionnel
La Citation Directe devant le Tribunal Correctionnel en France est soumise à des exigences légales strictes prévues par le Code de procédure pénale, dont le non-respect entraîne la nullité de la citation ou l'irrecevabilité de la constitution de partie civile.
L'article 388 du CPP définit les modes de saisine du tribunal correctionnel et reconnaît la citation directe comme l'un d'eux. Les articles 390 à 393 du CPP précisent les conditions formelles de validité de la citation : identification des parties, qualification des faits, textes applicables, date et lieu d'audience, indication du délai de comparution (10 jours minimum, CPP art. 552). L'article 392-1 du CPP impose le versement d'une consignation par la partie civile qui délivre une citation directe, sous peine d'irrecevabilité de la constitution de partie civile. L'article 392-2 précise que la partie civile doit être assistée ou représentée par un avocat devant le tribunal correctionnel.
La compétence du tribunal correctionnel est fixée par les articles 381 et 382 du CPP : il juge les infractions qualifiées délits, passibles d'emprisonnement correctionnel. La compétence territoriale est déterminée par le lieu de l'infraction, le domicile du prévenu ou le lieu d'arrestation (CPP art. 382). L'article 385 du CPP permet au tribunal correctionnel de soulever d'office son incompétence. La prescription de l'action publique correctionnelle est de 6 ans (CPP art. 8, loi n°2017-242 du 27 février 2017).
Les articles 418 à 425 du CPP régissent la constitution de partie civile devant le tribunal correctionnel, les conditions de recevabilité et les demandes de dommages et intérêts. L'article 471 du CPP dispose que le tribunal qui prononce une condamnation peut allouer des dommages et intérêts à la partie civile. La loi n°2014-873 du 4 août 2014 pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes a renforcé les droits des victimes de harcèlement sexuel en matière pénale. La loi n°2020-936 du 30 juillet 2020 visant à protéger les victimes de violences conjugales a introduit de nouvelles infractions et renforcé les sanctions pour les violences intrafamiliales, régulièrement poursuivies par voie de citation directe devant les tribunaux correctionnels français.
Erreurs courantes à éviter dans votre Citation Directe devant le Tribunal Correctionnel
Plusieurs erreurs fréquentes fragilisent une Citation Directe devant le Tribunal Correctionnel en France et peuvent conduire à son annulation ou à l'irrecevabilité de la constitution de partie civile.
Première erreur : citer pour des faits relevant d'un crime plutôt que d'un délit. La citation directe ne vaut que pour les délits (peine d'emprisonnement correctionnelle). Les crimes (viols, meurtres, enlèvements) ne peuvent être poursuivis que devant la Cour d'assises, après information judiciaire devant le juge d'instruction. Confondre les deux catégories entraîne l'irrecevabilité de la citation.
Deuxième erreur : omettre de verser la consignation. La consignation fixée par le président du tribunal correctionnel (CPP art. 392-1) est obligatoire et doit être versée à la caisse du greffe avant l'audience. Son défaut de versement entraîne l'irrecevabilité de la constitution de partie civile, sans pour autant annuler la citation.
Troisième erreur : dépasser le délai de prescription. Le délai de 6 ans pour les délits (CPP art. 8) ou 3 mois pour les infractions de presse (loi 29 juillet 1881) doit être rigoureusement vérifié. Les faits anciens mal documentés ou tardifs sont souvent classés pour prescription.
Quatrième erreur : négliger la signification dans les délais. La citation doit être signifiée au prévenu au moins 10 jours avant l'audience (CPP art. 552). Une signification tardive oblige le tribunal à renvoyer l'affaire, allongeant inutilement la procédure et générant des frais supplémentaires de commissaire de justice.
Cinquième erreur : se passer d'un avocat. La représentation par avocat est obligatoire pour la partie civile devant le tribunal correctionnel (CPP art. 392-1 et 392-2). Tenter de conduire seul une procédure pénale aussi formelle, sans maîtrise des règles de fond et de procédure du Code de procédure pénale, expose la victime à des irrecevabilités et à un échec procédural évitable.
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Non : la représentation par avocat est obligatoire pour la partie civile qui délivre une citation directe devant le tribunal correctionnel, en vertu de l'article 392-1 du Code de procédure pénale. Sans avocat constitué, la constitution de partie civile est irrecevable. Cependant, la citation elle-même peut techniquement être délivrée par un commissaire de justice à la demande d'un particulier non représenté, mais cela n'est pas recommandé en raison de la complexité des exigences formelles (qualification des faits, montant de la consignation, délai de signification). Pour les victimes disposant de ressources limitées, l'aide juridictionnelle (loi n°91-647 du 10 juillet 1991) peut prendre en charge les honoraires d'avocat sous conditions de ressources. Les maisons de justice et du droit (MJD) proposent également des consultations juridiques gratuites.
La citation directe (CPP art. 388, 390 à 393) saisit directement le tribunal correctionnel sans intervention du juge d'instruction ni du Procureur de la République. Elle est adaptée aux délits simples où les faits sont clairement établis et l'auteur connu. La plainte avec constitution de partie civile (CPP art. 85 à 91) saisit le juge d'instruction, qui ouvre une information judiciaire permettant des investigations approfondies (perquisitions, expertises, gardes à vue). Elle est recommandée pour les affaires complexes (fraude financière, infractions impliquant plusieurs auteurs ou des circuits obscurs) ou lorsque des investigations judiciaires sont nécessaires pour identifier les auteurs ou réunir des preuves. La Cour de cassation, chambre criminelle, a précisé les conditions de recevabilité de la plainte avec constitution de partie civile dans de nombreux arrêts, notamment sur les conditions de mise en mouvement de l'action publique (Cass. crim., 22 janvier 1953 sur la règle « electa una via »).
Le montant de la consignation est fixé par le président du tribunal correctionnel avant l'audience (CPP art. 392-1). Il est déterminé en tenant compte des ressources de la partie civile et de la nature du litige. En pratique, le montant varie de 100 € à 500 € pour les litiges courants et peut être plus élevé pour les affaires complexes ou les citants disposant de ressources importantes. La consignation est destinée à couvrir le paiement de l'amende civile prévue à l'article 392-1 al. 2 du CPP en cas de citation abusive : si le tribunal considère que la citation a été délivrée par esprit de chicane, il peut condamner le citant à cette amende. Si le prévenu est condamné, la consignation est restituée à la partie civile. Pour les personnes dont les ressources sont insuffisantes, une dispense de consignation peut être accordée dans le cadre de l'aide juridictionnelle.
La prescription de l'action publique en matière correctionnelle est de 6 ans à compter du jour de commission des faits, en application de l'article 8 du Code de procédure pénale, tel que modifié par la loi n°2017-242 du 27 février 2017 portant réforme de la prescription en matière pénale. Des règles spéciales s'appliquent : pour les infractions contre les mineurs (violences, abus), le délai de prescription ne court qu'à compter de la majorité de la victime (CPP art. 8 al. 3) ; pour les infractions de presse (diffamation, injure), le délai est de 3 mois à compter de la première publication (loi du 29 juillet 1881 art. 65) ; pour les infractions continues (harcèlement moral, séquestration), le délai court à compter du dernier acte délictueux. La délivrance d'une citation directe constitue un acte interruptif de prescription, qui fait courir un nouveau délai de 6 ans.
La citation directe permet à la partie civile d'obtenir des dommages et intérêts devant le tribunal correctionnel en se constituant partie civile (CPP art. 418 à 425). Le tribunal correctionnel qui prononce une condamnation pénale peut allouer des dommages et intérêts à la partie civile en réparation du préjudice matériel (pertes financières, frais médicaux, dommages aux biens) et moral (souffrance psychologique, atteinte à la réputation). La réparation est fondée sur le principe de la réparation intégrale du préjudice, consacré par la chambre civile de la Cour de cassation (Cass. civ. 2e, 28 octobre 1954). Si le prévenu est insolvable, la partie civile peut saisir la Commission d'Indemnisation des Victimes d'Infractions (CIVI) siégeant auprès de chaque Tribunal judiciaire (CPP art. 706-3 à 706-15), qui indemnise les victimes de certaines infractions graves sur le Fonds de Garantie des victimes d'actes de Terrorisme et d'autres Infractions (FGTI).
Si le prévenu, régulièrement cité, ne comparaît pas à l'audience correctionnelle sans motif légitime, le tribunal correctionnel peut statuer par défaut (CPP art. 411 et suivants). Le jugement rendu par défaut (ou en son absence) a la même valeur qu'un jugement contradictoire. Si le prévenu se représente ultérieurement ou est arrêté, il peut former opposition au jugement par défaut dans les 10 jours de la signification (CPP art. 489 et 490), ce qui remet l'affaire à l'audience et anéantit le jugement précédent. Si le prévenu est en fuite ou introuvable, le tribunal peut décerner un mandat d'arrêt (CPP art. 131) ou déclarer le prévenu en état de contumace. Dans ces cas, la partie civile peut également saisir la CIVI si l'infraction remplit les conditions d'indemnisation, sans attendre la condamnation du prévenu.
La citation directe est possible pour les délits commis sur internet dès lors que l'identité de l'auteur est connue ou établie. Pour les infractions informatiques (accès frauduleux à un STAD, CP art. 323-1 ; usurpation d'identité numérique, CP art. 226-4-1 ; fraude informatique via phishing, CP art. 313-1), la citation directe est envisageable si une enquête préalable (plainte avec identification de l'auteur par la police) a permis d'identifier le prévenu. Pour les délits de presse en ligne (diffamation publiée sur site web ou réseaux sociaux, loi du 29 juillet 1881), la citation directe doit intervenir dans le délai spécial de 3 mois à compter de la première mise en ligne du contenu. La compétence territoriale s'établit au lieu de réception du contenu litigieux ou au domicile du prévenu. La Brigade de lutte contre la cybercriminalité (BL2C) de la préfecture de police de Paris et le C3N de la gendarmerie nationale peuvent avoir communiqué des éléments d'identification dans le cadre d'une enquête de police judiciaire antérieure.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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