Directives Anticipées de Fin de Vie
Code de la santé publique art. L1111-11 - Loi Claeys-Leonetti n°2016-87 du 2 février 2016
DIRECTIVES ANTICIPÉES DE FIN DE VIE
Conformément à l'article L1111-11 du Code de la santé publique
Loi n°2016-87 du 2 février 2016 dite Claeys-Leonetti
Identification de l'Auteur
Je soussigné(e):
[Auteur Nom]
Né(e) le: [Auteur Naissance]
Numéro de Sécurité sociale (NIR): [Auteur N I R]
Domicilié(e) à: [Auteur Adresse]
Médecin traitant: [Auteur Medecin]
Étant en état d'exprimer librement ma volonté au sens de l'article L1111-11 du Code de la santé publique, je rédige les présentes Directives Anticipées concernant les conditions de poursuite, de limitation, d'arrêt ou de refus de traitement ou d'acte médicaux pour le cas où je serais hors d'état d'exprimer ma volonté.
Personne de Confiance Désignée
DÉSIGNATION DE LA PERSONNE DE CONFIANCE
Conformément à l'article L1111-6 du Code de la santé publique, je désigne comme personne de confiance chargée de témoigner de ma volonté auprès des équipes médicales:
[Personne Confiance Nom]
Qualité: [Personne Confiance Qualite]
Le témoignage de cette personne de confiance prime sur tout autre avis non médical conformément à la jurisprudence du Conseil d'État (arrêt Lambert, CE, 24 juin 2014, n°375081). Une désignation formelle complémentaire sera effectuée sur formulaire cerfa n°15-3638.
Mes Volontés concernant les Traitements
MES VOLONTÉS MÉDICALES ANTICIPÉES
Réanimation cardio-pulmonaire (massage cardiaque, défibrillation): [Reanimation Cardio]
Ventilation mécanique invasive (intubation, respirateur): [Ventilation Mecanique]
Nutrition et hydratation artificielles: [Nutrition Artificielle]
Sédation profonde et continue jusqu'au décès (art. L1110-5-2 CSP): [Sedation Profonde]
Ces volontés s'imposent aux médecins et équipes soignantes conformément à l'article L1111-11 du Code de la santé publique issu de la loi Claeys-Leonetti n°2016-87 du 2 février 2016. Tout médecin qui décide de ne pas appliquer les présentes directives doit motiver sa décision dans le dossier médical après procédure collégiale prévue par le décret n°2016-1067 du 3 août 2016.
Soins Palliatifs et Derniers Souhaits
SOINS PALLIATIFS ET DERNIERS SOUHAITS
Transfert en unité de soins palliatifs (USP agréée par l'ARS): [Soins P]
Lieu souhaité pour les derniers instants: [Lieu Decees]
Don d'organes et de tissus post-mortem: [Don Organes]
Précisions sur le don d'organes: [Precisions Don]
Clause Finale et Conservation
CONSERVATION ET OPPOSABILITÉ
Les présentes Directives Anticipées sont valables sans limitation de durée conformément à l'article L1111-11 du Code de la santé publique modifié par la loi n°2016-87 du 2 février 2016. Elles peuvent être modifiées ou révoquées à tout moment sans formalité particulière; un document plus récent prévaut automatiquement.
Une copie sera remise au médecin traitant pour intégration au dossier médical et, si possible, au Dossier Médical Partagé (DMP) accessible via Ameli.fr. L'existence de ces directives peut être signalée au Fichier National des Directives Anticipées (FNDAV) accessible aux médecins via la carte CPS délivrée par le GIP CPS.
FAIT ET SIGNÉ LIBREMENT
À [Lieu Redaction], le [Date Redaction]
Signature de l'auteur:
_________________________________________
[Auteur Nom]
Si impossibilité physique de signer — Témoin 1: [Temoin Nom]
Si impossibilité physique de signer — Témoin 2: [Temoin2 Nom]
Auteur des directives
________________
Signature
Qu'est-ce qu'un Directives Anticipées de Fin de Vie ?
Les Directives Anticipées de Fin de Vie sont, en droit français, des directives anticipées par lesquelles une personne majeure exprime à l'avance ses volontés sur sa fin de vie et les traitements médicaux qu'elle accepte ou refuse. Elles sont régies par Code de la santé publique art. L1111-11.
La réforme législative opérée par la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016 a profondément renforcé la valeur juridique des Directives Anticipées par rapport à la loi Leonetti initiale du 22 avril 2005. Depuis cette réforme, les Directives Anticipées s'imposent désormais aux médecins et aux équipes soignantes de manière contraignante, sauf cas particuliers limitativement prévus par le décret n°2016-1067 du 3 août 2016 relatif aux procédures collégiales et au recours à la sédation profonde et continue. Avant 2016, ces directives n'étaient que consultatives; depuis 2016, elles lient le corps médical sous réserve de l'appréciation de leur applicabilité à la situation clinique précise du patient.
Les Directives Anticipées en France se distinguent clairement du mandat de protection future prévu aux articles 477 à 494 du Code civil, qui désigne une personne de confiance pour gérer les affaires civiles et patrimoniales en cas d'incapacité, et de la personne de confiance prévue à l'article L1111-6 du Code de la santé publique, dont le rôle est consultatif et non décisionnel. La confuence de ces trois instruments — Directives Anticipées, mandat de protection future et désignation de personne de confiance — forme la planification anticipée des soins la plus complète reconnue par le droit français.
Le Fichier National des Directives Anticipées (FNDAV), géré par le GIP CPS (Groupement d'Intérêt Public Carte de Professionnel de Santé) et accessible aux médecins via le Dossier Médical Partagé (DMP), permet la conservation et la consultation électronique des Directives Anticipées. Tout médecin confronté à une situation de fin de vie doit interroger ce fichier avant toute décision médicale irréversible, conformément au protocole défini par la Haute Autorité de Santé (HAS) dans ses recommandations de bonnes pratiques publiées en 2017. La Direction Générale de la Santé (DGS) supervise le déploiement et l'accessibilité de cet outil.
Les Directives Anticipées sont valables sans limitation de durée depuis la loi Claeys-Leonetti de 2016, contrairement à l'ancien régime qui prévoyait un renouvellement obligatoire tous les trois ans. Elles peuvent être modifiées ou révoquées à tout moment par la personne capable d'exercer ses droits, sans aucune formalité particulière. Un document plus récent prévaut automatiquement sur un document antérieur, ce qui confère une grande souplesse d'adaptation aux changements de volonté. Le Conseil d'État a confirmé dans son avis du 25 juin 2014 relatif au droit de mourir dans la dignité que les Directives Anticipées constituent un élément fondamental du respect de la volonté du patient et du principe d'autonomie, corollaire de la dignité de la personne humaine garantie par l'article 16 du Code civil français.
Sur le plan pratique, les Directives Anticipées en France peuvent être rédigées sur papier libre selon le modèle mis à disposition par le ministère chargé de la Santé, transmises au médecin traitant qui les conserve dans le dossier médical, intégrées au Dossier Médical Partagé (DMP), ou confiées à la personne de confiance désignée conformément à l'article L1111-6 du Code de la santé publique. Le formulaire n°15-3639 de cerfa, disponible sur le site service-public.fr, est le support officiel recommandé par le ministère des Solidarités et de la Santé, bien que tout écrit manuscrit identifiable et signé soit juridiquement valable selon l'article L1111-11 alinéa 3 du Code de la santé publique.
Quand avez-vous besoin d'un Directives Anticipées de Fin de Vie ?
Les Directives Anticipées de Fin de Vie en France s'adressent à toute personne majeure souhaitant s'assurer que ses volontés médicales seront respectées dans des circonstances où elle ne pourrait plus les exprimer. Plusieurs situations rendent leur rédaction particulièrement urgente.
Une personne atteinte d'une maladie grave, évolutive ou incurable — cancer en phase avancée, sclérose latérale amyotrophique (SLA), insuffisance cardiaque terminale, maladie de Parkinson au stade sévère, démence de type Alzheimer — doit rédiger ses Directives Anticipées dans les meilleurs délais, tant qu'elle dispose encore de sa capacité de discernement juridiquement reconnue. La loi n°2016-87 du 2 février 2016 prévoit en particulier que la personne malade peut exprimer sa volonté de bénéficier de la sédation profonde et continue jusqu'au décès prévue à l'article L1110-5-2 du Code de la santé publique, lorsque le pronostic vital est engagé à court terme et que la souffrance est réfractaire à tout traitement.
Une personne âgée autonome souhaitant planifier sa fin de vie avant d'entrer en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) rédige avantageusement ses Directives Anticipées lors de la signature du contrat de séjour. Le décret n°2016-1067 du 3 août 2016 impose aux établissements médico-sociaux accueillant des personnes en fin de vie d'informer les résidents de leur droit à rédiger des Directives Anticipées et de les accompagner dans cette démarche via le médecin coordonnateur de l'établissement.
Une personne devant subir une intervention chirurgicale lourde ou un acte médical comportant un risque vital significatif peut confier ses Directives Anticipées à l'anesthésiste-réanimateur avant l'intervention. Cette précaution garantit que les équipes du bloc opératoire et de la réanimation respecteront ses volontés en cas de complications imprévisibles nécessitant des décisions médicales urgentes — réanimation cardio-pulmonaire, ventilation assistée, nutrition et hydratation artificielles, dialyse.
Une personne en bonne santé mais soucieuse de prévenir toute acharnement thérapeutique futur rédige des Directives Anticipées préventives exprimant son refus de tout traitement actif en phase terminale d'une maladie incurable. Cette démarche est recommandée par la Haute Autorité de Santé (HAS) dès l'âge adulte, dans le cadre du dispositif de planification anticipée des soins promu par le Plan national maladies chroniques et les plans cancer successifs du ministère de la Santé.
Un patient confronté à un diagnostic de démence précoce — maladie d'Alzheimer diagnostiquée aux stades 1 ou 2, démence fronto-temporale, maladie de Huntington — bénéficie particulièrement des Directives Anticipées car la perte progressive des capacités cognitives rendra rapidement toute expression de volonté impossible. Le Centre national de soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV), créé par le décret n°2016-5 du 5 janvier 2016, recommande la rédaction de Directives Anticipées dès le diagnostic de toute pathologie neurodégénérative. Voir aussi le Mandat à Effet Posthume pour les dispositions patrimoniales complémentaires.
Un parent ou proche aidant souhaitant faciliter les décisions médicales de la famille en cas d'accident grave ou de coma encourage souvent ses proches à rédiger leurs Directives Anticipées. L'absence de telles directives impose aux équipes médicales une procédure collégiale longue — consultation du médecin traitant, de la personne de confiance, de la famille, des équipes soignantes — avant toute décision d'arrêt de traitement, conformément à l'article L1110-5-1 du Code de la santé publique.
Que faut-il inclure dans votre Directives Anticipées de Fin de Vie ?
Les Directives Anticipées de Fin de Vie françaises valables et opposables doivent comporter plusieurs éléments essentiels, dont l'absence nuit à leur force contraignante auprès des équipes médicales. Le formulaire officiel cerfa n°15-3639 et les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) identifient les composantes suivantes.
Identification complète de l'auteur. Le document doit comporter les nom, prénoms, date de naissance et numéro de Sécurité sociale (NIR à 15 chiffres, format 1/2 AA MM commune organisme) de la personne qui rédige ses directives, ainsi que ses coordonnées postales complètes. L'identification précise permet aux médecins de rattacher le document au Dossier Médical Partagé (DMP) géré par la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) et d'interroger le FNDAV (Fichier National des Directives Anticipées) pour vérifier l'existence d'un document plus récent avant toute décision irréversible.
Expression claire de la capacité de discernement. La personne doit attester, au moment de la rédaction, qu'elle est «en état d'exprimer librement sa volonté» selon la formule consacrée par l'article L1111-11 du Code de la santé publique. Cette attestation présume la capacité juridique à la date de signature et protège le document contre les contestations ultérieures fondées sur une prétendue incapacité. Si la personne est hospitalisée lors de la rédaction, la mention du nom de l'établissement hospitalier (hôpital universitaire, clinique privée agréée par l'Agence Régionale de Santé) et du service accueillant renforce l'authenticité.
Volonté concernant l'acharnement thérapeutique et la limitation des traitements. La partie centrale du document doit exprimer sans ambiguïté le choix entre trois positions fondamentales reconnaissables par les équipes médicales: refus de tout traitement actif visant à maintenir en vie artificiellement en phase terminale, acceptation des soins de confort uniquement (soins palliatifs), ou instructions nuancées selon les pathologies envisagées. La loi Claeys-Leonetti permet d'intégrer une demande expresse de sédation profonde et continue jusqu'au décès (article L1110-5-2 du Code de la santé publique) lorsque le pronostic vital est engagé à court terme et que la souffrance est réfractaire, ce qui constitue un droit nouveau introduit en 2016.
Instructions concernant la réanimation cardio-pulmonaire. Le document doit préciser la volonté relative au massage cardiaque externe et à la défibrillation en cas d'arrêt cardiaque, à la ventilation mécanique invasive en cas d'insuffisance respiratoire, et à la nutrition et hydratation artificielles par sonde naso-gastrique ou nutrition parentérale en cas d'incapacité de déglutition. Ces trois types d'actes médicaux constituent les principales interventions de réanimation susceptibles de prolonger artificiellement la vie dans des conditions jugées inacceptables par la personne.
Désignation de la personne de confiance. Bien que distincte des Directives Anticipées, la désignation de la personne de confiance prévue à l'article L1111-6 du Code de la santé publique doit être intégrée ou référencée dans le document. La personne de confiance est consultée par les médecins lorsque la personne ne peut plus exprimer sa volonté; elle témoigne des souhaits du patient et reçoit les informations médicales. Elle ne prend pas les décisions elle-même mais son témoignage prime sur celui de la famille selon la jurisprudence du Conseil d'État (CE, 24 juin 2014, n°375081, arrêt Lambert).
Cas particulier de la grossesse. Les Directives Anticipées ne s'appliquent pas lorsque leur mise en oeuvre est susceptible de mettre en péril la vie de l'enfant à naître, selon l'exception prévue par l'article L1111-11 alinéa 2 du Code de la santé publique issu du décret n°2016-1067. La personne peut prévoir dans ses directives une clause spécifique pour le cas d'une grossesse survenant alors qu'elle se trouverait dans l'incapacité d'exprimer sa volonté.
Les modèles disponibles sur forms-legal.com pour la France couvrent l'intégralité des situations médicales prévues par le décret n°2016-1067 du 3 août 2016, notamment les instructions relatives aux soins palliatifs spécialisés, à la transplantation d'organes post-mortem et au don du corps à la science. Le document doit également mentionner le nom du médecin traitant inscrit à l'Ordre des médecins de la circonscription, du généraliste ou du spécialiste hospitalier désigné pour conserver une copie dans le dossier médical.
Date et signature. Le document doit être daté et signé par son auteur. Si la personne est dans l'impossibilité physique d'écrire ou de signer, deux témoins dont un non-parent attestent sa volonté par leurs signatures et la mention de leur qualité. La date est fondamentale car les directives les plus récentes prévalent sur les directives antérieures et les médecins sont tenus de vérifier l'existence d'un document plus récent avant d'appliquer des directives anciennes, selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé. Voir aussi le Testament Olographe pour la planification patrimoniale complémentaire à ce dispositif de fin de vie.
Comment remplir votre Directives Anticipées de Fin de Vie
Rédiger des Directives Anticipées de Fin de Vie en France est une démarche personnelle qui requiert réflexion et précision. Suivez ces étapes pour produire un document conforme à l'article L1111-11 du Code de la santé publique et réellement opposable aux équipes médicales.
Étape 1 — Choisir le support officiel ou rédigez librement. Téléchargez le formulaire cerfa n°15-3639 disponible sur service-public.fr, mis à jour par le ministère des Solidarités et de la Santé selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS). Vous pouvez également rédiger vos directives sur papier libre, à condition que le document soit daté et signé. Le formulaire officiel présente l'avantage de couvrir de manière exhaustive toutes les situations médicales prévues par le décret n°2016-1067 du 3 août 2016, y compris la sédation profonde et continue.
Étape 2 — Renseigner votre identification complète. Indiquez vos nom, prénoms, date de naissance, numéro de Sécurité sociale (NIR 15 chiffres), adresse postale et coordonnées téléphoniques. Ces informations permettent aux médecins d'interroger le Fichier National des Directives Anticipées (FNDAV) et de rattacher votre document à votre Dossier Médical Partagé (DMP) géré par la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) via Ameli.fr.
Étape 3 — Désigner votre personne de confiance. Indiquez le nom, prénom, coordonnées et qualité (conjoint, enfant majeur, ami de confiance, médecin traitant) de votre personne de confiance désignée en vertu de l'article L1111-6 du Code de la santé publique. Remettez à cette personne une copie de vos Directives Anticipées et informez-la de l'emplacement de l'original. La désignation de la personne de confiance peut faire l'objet d'un document séparé sur formulaire cerfa n°15-3638.
Étape 4 — Exprimer votre volonté sur les traitements de maintien en vie. Précisez clairement votre position face aux traitements de réanimation: refus ou acceptation du massage cardiaque externe et de la défibrillation, refus ou acceptation de la ventilation mécanique invasive, refus ou acceptation de la nutrition et hydratation artificielles. Utilisez des formulations précises comme «Je refuse tout acte de réanimation cardio-pulmonaire» ou «J'accepte la ventilation mécanique pour les situations post-opératoires mais refuse toute réanimation en phase terminale de maladie incurable».
Étape 5 — Formuler votre position sur la sédation profonde et continue. Depuis la loi Claeys-Leonetti n°2016-87, vous pouvez demander expressément la sédation profonde et continue jusqu'au décès prévue à l'article L1110-5-2 du Code de la santé publique. Cette disposition s'applique lorsque votre pronostic vital est engagé à court terme, que votre souffrance est réfractaire et que vous souhaitez être libéré(e) de toute douleur dans un état d'inconscience profonde maintenu jusqu'au décès.
Étape 6 — Préciser les cas particuliers souhaités. Mentionnez si vous souhaitez un transfert dans une unité de soins palliatifs (USP) agréée par l'Agence Régionale de Santé (ARS) plutôt qu'un maintien en réanimation intensive, votre position sur le don d'organes post-mortem (soumis au Registre national des refus géré par l'Agence de la biomédecine), et toute instruction concernant des pathologies spécifiques déjà diagnostiquées comme un cancer en phase terminale ou une maladie neurodégénérative.
Étape 7 — Dater et signer le document. Apposez la date complète (jour/mois/année) et votre signature manuscrite habituelle. Si vous êtes dans l'impossibilité physique d'écrire ou de signer, deux témoins dont une personne non-parente attestent par écrit que ce document exprime bien votre volonté libre et éclairée.
Étape 8 — Diffuser le document auprès des personnes concernées. Remettez l'original ou une copie à votre médecin traitant pour intégration au dossier médical, transmettez-le à votre personne de confiance, demandez l'intégration dans votre Dossier Médical Partagé (DMP) via Ameli.fr, et informez les établissements hospitaliers ou médico-sociaux (EHPAD) que vous fréquentez de son existence.
Exigences juridiques pour Directives Anticipées de Fin de Vie
Les Directives Anticipées de Fin de Vie en France sont soumises à un cadre juridique précis issu de la loi n°2016-87 du 2 février 2016, du décret n°2016-1067 du 3 août 2016 et des recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS). Le respect de ces exigences conditionne l'opposabilité du document aux équipes médicales.
Capacité requise (article L1111-11 du Code de la santé publique). Les Directives Anticipées ne peuvent être rédigées que par une personne majeure (18 ans accomplis selon l'article 414 du Code civil) jouissant de sa capacité de discernement au moment de la rédaction. Un mineur émancipé par décision du juge aux affaires familiales (article 413-2 du Code civil) est également habilité. Les personnes sous tutelle peuvent rédiger leurs directives avec l'autorisation préalable du juge des tutelles du Tribunal judiciaire ou du conseil de famille, conformément à l'article 475 du Code civil.
Forme libre mais écrite et signée. Aucune forme notariale n'est requise; le document peut être rédigé à la main ou dactylographié, à condition d'être daté et signé. Le formulaire cerfa n°15-3639 est recommandé par le ministère de la Santé mais non obligatoire. Si la personne est dans l'impossibilité physique d'écrire ou de signer (paralysie, cécité, amputations), deux témoins dont une personne non parente doivent attester par leurs signatures que le document reflète la volonté libre et éclairée de son auteur, en mentionnant leur identité, qualité et coordonnées.
Opposabilité aux médecins. Depuis la loi Claeys-Leonetti de 2016, les Directives Anticipées s'imposent aux médecins et équipes soignantes, sauf si elles apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale (article L1111-11 alinéa 2 du Code de la santé publique). Cette exception doit être motivée dans le dossier médical après une procédure collégiale prévue par le décret n°2016-1067. Le Conseil d'État a précisé les contours de cette exception dans plusieurs décisions (CE, ord., 5 janvier 2018, n°416813).
Durée de validité illimitée. Contrairement à l'ancien régime antérieur à 2016 qui prévoyait une révision tous les trois ans, les Directives Anticipées rédigées après la loi Claeys-Leonetti n'ont pas de date d'expiration automatique. Elles restent valables jusqu'à révocation expresse par leur auteur. Un document plus récent prévaut automatiquement sur un document antérieur incompatible.
Conservation et consultation. Le médecin traitant est tenu de proposer l'intégration des Directives Anticipées dans le Dossier Médical Partagé (DMP) géré par la CNAM via Ameli.fr. Le FNDAV (Fichier National des Directives Anticipées), accessible aux médecins via la carte CPS (Carte de Professionnel de Santé) délivrée par le GIP CPS, permet la consultation électronique nationale. Le décret n°2016-1067 impose aux médecins de consulter ce fichier avant toute décision médicale irréversible en fin de vie.
Absence de droits de timbre ou de frais administratifs. La rédaction, le dépôt et la révision des Directives Anticipées sont entièrement gratuits, sans droits d'enregistrement auprès de la DGFiP ni frais notariaux obligatoires. Cette gratuité distingue les Directives Anticipées des instruments patrimoniaux comme le Mandat à Effet Posthume ou le Testament Authentique, qui génèrent des émoluments notariaux réglementés.
Erreurs courantes à éviter dans votre Directives Anticipées de Fin de Vie
La rédaction des Directives Anticipées de Fin de Vie en France expose à plusieurs erreurs fréquentes qui réduisent leur force contraignante ou empêchent leur application concrète dans les situations d'urgence médicale. Voici les pièges les plus courants identifiés par les équipes des unités de soins palliatifs et du Centre national de soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV).
Utiliser des formulations trop vagues sans références médicales précises. Des expressions comme «je ne veux pas souffrir» ou «pas d'acharnement thérapeutique» sont juridiquement insuffisantes pour guider les équipes médicales dans des situations cliniques précises. L'article L1111-11 du Code de la santé publique exige une expression de volonté suffisamment précise pour être applicable. Solution: rédigez des instructions spécifiques — «Je refuse tout massage cardiaque externe en cas d'arrêt cardiaque survenant dans le contexte d'une maladie incurable en phase terminale» — en utilisant la terminologie médicale fournie par le formulaire cerfa n°15-3639.
Ne pas informer son médecin traitant de l'existence du document. Un document parfaitement rédigé mais conservé uniquement à domicile ne sera pas consulté en urgence, où les médecins n'ont que quelques minutes pour prendre des décisions irréversibles. La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande impérativement de remettre une copie au médecin traitant, qui l'intègre au dossier médical, et de demander l'intégration dans le Dossier Médical Partagé (DMP) via Ameli.fr. Solution: transmettez le document au médecin lors de la prochaine consultation et vérifiez son intégration au DMP.
Oublier de désigner une personne de confiance distincte. Les Directives Anticipées expriment la volonté médicale mais la personne de confiance, prévue à l'article L1111-6 du Code de la santé publique, témoigne de cette volonté auprès des équipes médicales en cas de doute. Sans désignation formelle sur formulaire cerfa n°15-3638, les médecins consultent la famille dans un ordre non maîtrisé par la personne, ce qui peut aboutir à des décisions contraires à ses souhaits. Solution: désignez explicitement une personne de confiance et remettez-lui une copie de vos directives.
Ne pas réviser le document après un diagnostic grave. Des Directives Anticipées rédigées à 30 ans en bonne santé générale peuvent se révéler inadaptées après un diagnostic de sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou d'un cancer de stade IV. La loi Claeys-Leonetti permet de modifier les directives à tout moment; un nouveau document plus récent prévaut automatiquement. Solution: révisez vos directives dès qu'un changement de situation de santé significatif survient, notamment lors de tout diagnostic de maladie grave.
Ignorer l'exception de la grossesse. L'article L1111-11 alinéa 2 du Code de la santé publique prévoit que les Directives Anticipées ne s'appliquent pas lorsque leur mise en oeuvre est susceptible de mettre en péril la vie de l'enfant à naître. Les femmes en âge de procréer doivent anticiper cette situation et prévoir une clause spécifique dans leurs directives. Solution: mentionnez explicitement votre position pour le cas d'une grossesse — maintien ou levée de la restriction pour permettre les traitements nécessaires à la survie du foetus.
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}Questions Fréquentes
Depuis la loi n°2016-87 du 2 février 2016 dite loi Claeys-Leonetti, les Directives Anticipées s'imposent aux médecins et équipes soignantes de manière contraignante, sous réserve de deux exceptions limitativement prévues par l'article L1111-11 alinéa 2 du Code de la santé publique: les directives apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale du patient. Avant 2016, les directives n'étaient que consultatives; depuis 2016, le médecin qui décide de ne pas les appliquer doit motiver sa décision dans le dossier médical après une procédure collégiale prévue par le décret n°2016-1067 du 3 août 2016. Le Conseil d'État a précisé les contours de ces exceptions dans plusieurs décisions en référé, notamment l'ordonnance du 5 janvier 2018 (n°416813). Le refus d'appliquer les directives sans motif justifié expose le médecin à des sanctions disciplinaires devant le Conseil national de l'Ordre des médecins et à des recours juridictionnels devant le Tribunal administratif.
Les Directives Anticipées rédigées après la loi Claeys-Leonetti n°2016-87 du 2 février 2016 n'ont pas de date d'expiration automatique et restent valables indéfiniment. Cette règle représente une évolution majeure par rapport à l'ancien régime instauré par la loi Leonetti du 22 avril 2005, qui prévoyait un renouvellement obligatoire tous les trois ans. Les directives peuvent être modifiées ou révoquées à tout moment, sans aucune formalité particulière. Un document plus récent prévaut automatiquement sur un document antérieur incompatible. La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande toutefois de réviser les directives en cas de changement significatif de situation de santé — nouveau diagnostic grave, évolution d'une maladie chronique — pour s'assurer que le contenu reflète toujours la volonté actuelle de son auteur.
La conservation et la diffusion des Directives Anticipées sont déterminantes pour leur application effective en situation d'urgence médicale. Plusieurs canaux complémentaires sont recommandés par le décret n°2016-1067 du 3 août 2016. Première option: remettez l'original ou une copie à votre médecin traitant qui l'intègre à votre dossier médical papier et électronique. Deuxième option: demandez l'intégration dans votre Dossier Médical Partagé (DMP) accessible via Ameli.fr, consultable par tous les professionnels de santé disposant d'une carte CPS (Carte de Professionnel de Santé) délivrée par le GIP CPS. Troisième option: confiez une copie à votre personne de confiance désignée sur formulaire cerfa n°15-3638, qui pourra la présenter aux équipes médicales. Quatrième option: conservez le document dans votre carnet de santé, sur clé USB médicale ou dans un carnet de vie médicale. En EHPAD, la direction est obligée de proposer de consigner les directives dans le dossier médical de résident.
Oui, depuis la loi Claeys-Leonetti n°2016-87 du 2 février 2016, vous pouvez demander expressément dans vos Directives Anticipées la sédation profonde et continue maintenue jusqu'au décès, prévue à l'article L1110-5-2 du Code de la santé publique. Ce droit nouveau, absent de la loi Leonetti initiale de 2005, s'applique lorsque votre pronostic vital est engagé à court terme, que vous présentez une souffrance réfractaire à tout traitement, et que vous souhaitez ne pas mourir dans un état de souffrance consciente. La sédation profonde maintient un état d'inconscience permanent jusqu'au décès naturel; elle se distingue de l'euthanasie, non légale en France, en ce qu'elle ne provoque pas le décès mais accompagne une fin de vie inévitable. Les unités de soins palliatifs (USP) agréées par l'Agence Régionale de Santé (ARS) ont développé des protocoles spécifiques de mise en oeuvre conformément aux recommandations de la Haute Autorité de Santé.
Les Directives Anticipées, prévues à l'article L1111-11 du Code de la santé publique, constituent un document écrit exprimant directement la volonté médicale de la personne pour les situations où elle ne pourrait plus s'exprimer. Elles s'imposent aux médecins depuis la loi Claeys-Leonetti de 2016. La personne de confiance, désignée conformément à l'article L1111-6 du Code de la santé publique, est une personne physique — proche, parent, médecin traitant — dont le rôle est de témoigner de la volonté du patient auprès des équipes médicales, de recevoir les informations sur l'état de santé et d'être consultée lors des décisions difficiles. Elle ne dispose pas d'un pouvoir de décision autonome mais son témoignage prime sur celui de la famille selon l'arrêt Lambert (CE, 24 juin 2014, n°375081). Les deux instruments sont complémentaires: les Directives Anticipées expriment la volonté écrite, tandis que la personne de confiance la porte vivante auprès du corps médical. La désignation de la personne de confiance s'effectue sur formulaire cerfa n°15-3638, distinct des directives.
La reconnaissance internationale des Directives Anticipées françaises dans les autres États membres de l'Union européenne dépend des dispositions nationales de chaque pays, l'Union européenne ne disposant pas d'un régime unifié en matière de directives anticipées. En pratique, la plupart des pays d'Europe occidentale — Allemagne (Patientenverfügung, §1901a BGB), Belgique (déclaration anticipée de volonté, loi du 28 mai 2002), Espagne (documento de instrucciones previas), Pays-Bas (wilsverklaring) — reconnaissent des instruments similaires mais avec des régimes juridiques propres. Un patient hospitalisé en urgence à l'étranger peut voir ses directives françaises non reconnues, particulièrement pour la sédation profonde interdite dans certains pays. Il est recommandé de vérifier avec le médecin traitant et l'Association des médecins européens si un séjour prolonged à l'étranger est prévu, et d'envisager de rédiger parallèlement les directives selon la loi du pays de résidence temporaire.
En l'absence de Directives Anticipées, les médecins appliquent la procédure collégiale prévue aux articles L1110-5-1 et L1111-12 du Code de la santé publique avant toute décision de limitation ou d'arrêt de traitement. Cette procédure implique la consultation du médecin traitant, de la personne de confiance si elle a été désignée, des proches parents et de l'équipe soignante. Le médecin en charge convoque une réunion collégiale dont les conclusions sont consignées dans le dossier médical. En l'absence de directive et en cas de désaccord familial persistant, le Tribunal judiciaire peut être saisi en référé sur le fondement de l'article L1110-5 du Code de la santé publique, comme l'illustre l'affaire Lambert ayant fait l'objet de plusieurs arrêts du Conseil d'État et d'un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH, 5 juin 2015, n°46043/14). La rédaction préalable de Directives Anticipées est donc la seule garantie que votre volonté personnelle prime sur les décisions médicales et familiales.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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