Contrat de Licence de Brevet France
Qu'est-ce qu'un Contrat de Licence de Brevet France ?
Le contrat de licence de brevet est, en droit français, l'acte par lequel le titulaire d'un brevet concède à un licencié le droit d'exploiter l'invention sans en transférer la propriété, régi par les articles L613-8 à L613-29 du Code de la propriété intellectuelle.
Le Contrat de Licence de Brevet en France repose sur la protection préalable du brevet par l'Institut National de la Propriété Industrielle (INPI), organisme public placé sous la tutelle du ministère chargé de la Propriété Industrielle, ou par l'Office Européen des Brevets (OEB), organisme intergouvernemental dont le siège est à Munich (Allemagne). Le brevet français est accordé pour vingt (20) ans à compter de la date de dépôt (CPI art. L611-2), sous réserve du paiement des annuités (taxes de maintien) auprès de l'INPI. Sans paiement des annuités, le brevet tombe dans le domaine public et ne peut plus faire l'objet d'une licence.
La licence de brevet peut être exclusive ou non exclusive. La licence exclusive (CPI art. L613-8 al. 2) confère au Licencié le droit d'exploiter l'invention à l'exclusion de toute autre personne, y compris du Concédant lui-même si les parties l'ont expressément stipulé. La licence non exclusive préserve la faculté pour le Concédant d'exploiter lui-même le brevet et d'octroyer des licences à d'autres licenciés. Pour être opposable aux tiers, toute licence de brevet (exclusive ou non exclusive) doit être inscrite au Registre national des brevets tenu par l'INPI, conformément à l'article L613-9 du CPI. L'absence d'inscription rend la licence inopposable à un tiers acquéreur du brevet ou à un licencié ultérieur.
Les redevances de licence de brevet perçues par une société française peuvent bénéficier du régime fiscal préférentiel dit « IP Box » prévu à l'article 238 du Code général des impôts (CGI), imposant les revenus nets de licence de brevets et droits de propriété intellectuelle assimilés à un taux réduit de dix (10 %) d'impôt sur les sociétés (IS), sous réserve que les dépenses de recherche et développement liées au brevet soient localisées en France (approche Nexus de l'OCDE, rapport BEPS Action 5). Ce régime constitue un avantage compétitif significatif pour les entreprises françaises détentrices de brevets. La France est l'un des pays de l'OCDE les plus attractifs pour la localisation des brevets et de la propriété intellectuelle.
Le Contrat de Licence de Brevet doit également respecter le droit de la concurrence européen (articles 101 et 102 du Traité sur le Fonctionnement de l'Union Européenne - TFUE) et le droit français de la concurrence (Code de commerce art. L420-1, autorité : Autorité de la concurrence, siège à Paris). Le Règlement d'exemption par catégorie (TTBER) UE 316/2014 du 21 mars 2014 relatif aux accords de transfert de technologie fournit un cadre d'analyse pour les clauses de licence de brevet. Les restrictions de territoire absolu, les clauses de prix imposés, ou les clauses d'exclusivité excessive peuvent constituer des pratiques anticoncurrentielles. La licence de brevet obligatoire (CPI art. L613-11 à L613-16) peut être accordée par le Tribunal judiciaire dans l'intérêt de la santé publique ou en cas de non-exploitation du brevet pendant un délai de trois (3) ans.
Le Contrat de Licence de Brevet se distingue du Contrat de Licence de Marque régi par les articles L714-1 à L714-15 du CPI, du Contrat de Licence de Logiciel (CPI art. L122-6 à L122-6-2) et de la Convention de Recherche & Développement (R&D) soumise aux régimes spéciaux des articles L611-7 (brevets des salariés) et L113-9 (logiciels des salariés). Les brevets déposés conjointement par plusieurs co-inventeurs sont gérés en copropriété (CPI art. L613-29 à L613-32), chaque copropriétaire pouvant accorder des licences non exclusives sans accord des autres, mais la licence exclusive nécessite le consentement de tous.
Quand avez-vous besoin d'un Contrat de Licence de Brevet France ?
Le Contrat de Licence de Brevet en France est nécessaire dans toutes les situations où le titulaire d'un brevet souhaite permettre à un tiers d'exploiter son invention commercialement, tout en conservant la propriété du brevet et en percevant des redevances.
Transfert de technologie vers des industriels. Une entreprise française (start-up, laboratoire de recherche, grande entreprise) ayant déposé un brevet à l'INPI souhaite le commercialiser auprès d'industriels capables d'en exploiter les applications. Le Contrat de Licence de Brevet formalise cette relation et définit les conditions d'exploitation (champ technique, territoire, durée, redevances). Les entreprises de défense, les équipementiers automobiles (Valeo, Faurecia, Plastic Omnium), les laboratoires pharmaceutiques (Sanofi, Ipsen, Servier) et les entreprises de haute technologie utilisent fréquemment ce type de contrat.
Valorisation de la recherche publique (loi Allègre). La Loi Allègre n°99-587 du 12 juillet 1999 sur l'innovation et la recherche, codifiée dans le Code de la recherche, permet aux chercheurs des organismes publics (CNRS, CEA, INSERM, INRAE, universités) de valoriser leurs brevets via des licences accordées à des entreprises privées ou des start-ups. Les Sociétés d'Accélération du Transfert de Technologies (SATT - ex : Paris-Saclay Transfert, SATT Pulsalys à Lyon, SATT Toulouse Tech Transfer) jouent un rôle central dans la licence des brevets publics vers le secteur privé. Les Comités de Conflits d'Intérêts et d'Enjeux Publics (COIP) encadrent les autorisations.
Start-ups et deep tech. Les start-ups françaises issues de la recherche académique (deep tech, biotech, medtech, cleantech, logiciels IA) déposent des brevets à l'INPI et/ou à l'OEB pour protéger leur technologie avant de lever des fonds auprès de fonds de capital-risque (Bpifrance, Innovacom, Sofinnova, Elaia Partners). Le Contrat de Licence de Brevet peut être accordé à des licenciés industriels pour générer un chiffre d'affaires de redevances (revenue sharing) tout en conservant la propriété du brevet comme actif valorisable lors d'une future levée de fonds ou d'une acquisition (M&A).
Groupes industriels et filiales. Au sein d'un groupe international, le brevet est souvent détenu par une holding de propriété intellectuelle (IP holding) qui le concède en licence à toutes les filiales opérationnelles dans le monde. Ce schéma centralise la gestion des brevets et génère des flux de redevances inter-sociétés. Les prix de transfert (CGI art. 57) doivent respecter le principe de pleine concurrence de l'OCDE (Principes directeurs 2022) pour éviter les redressements de la DGFiP.
Partenariats de recherche et développement. Dans le cadre d'un partenariat R&D (consortium ANRT/CIFRE, projet FUI, programme Horizon Europe), les parties co-inventent une technologie et co-déposent un brevet à l'INPI ou à l'OEB. Le Contrat de Licence de Brevet dans ce contexte définit les droits croisés d'exploitation (licences croisées), les exclusivités sectorielles, les conditions de sous-licence et les droits de suite en cas d'amélioration. L'Agence Nationale de la Recherche (ANR) et Bpifrance financent de nombreux programmes R&D.
Industrie pharmaceutique et licences de santé publique. Dans l'industrie pharmaceutique française (Sanofi SA siège à Paris, Servier à Suresnes, Ipsen à Boulogne-Billancourt), les Contrats de Licence de Brevet sont au cœur de la stratégie de commercialisation des médicaments. Les licences obligatoires de santé publique (CPI art. L613-16) permettent à l'État français de forcer la licence de brevets pharmaceutiques en cas de crise sanitaire nationale, sur décision du Premier ministre, comme le prévoit l'article L3131-1 du Code de la santé publique (invoqué lors de la pandémie COVID-19 en 2020).
Que faut-il inclure dans votre Contrat de Licence de Brevet France ?
Le Contrat de Licence de Brevet en France comprend des éléments essentiels qui structurent les droits et obligations des parties et déterminent la validité du contrat devant les juridictions françaises spécialisées en propriété intellectuelle.
Identification précise du brevet et du titre. Le brevet doit être rigoureusement identifié : numéro de brevet INPI (format FR suivi de 7 chiffres), numéro OEB le cas échéant (format EP suivi de 7 chiffres), titre exact, date de dépôt, date de délivrance, pays de protection et statut (en vigueur, annuités à jour). Vérifier la validité du brevet sur bases.brevets.inpi.fr (brevets français) ou ep.espacenet.com (brevets européens). Les revendications du brevet (claims) définissent le périmètre de protection : la licence ne peut porter que sur des inventions couvertes par des revendications valides.
Type de licence (exclusive, non exclusive, sous-licence). Préciser expressément le type de licence. La licence exclusive (CPI art. L613-8 al. 2) doit être inscrite au Registre national des brevets INPI pour être opposable aux tiers. La sous-licence n'est possible qu'avec l'accord exprès du Concédant (CPI art. L613-8 al. 3). Dans les groupes de sociétés, les licences croisées (cross-licences) permettent à deux titulaires de brevets de s'octroyer mutuellement des droits d'exploitation.
Champ d'application technique et sectoriel. La licence peut être limitée à un champ d'application technique précis (ex : fabrication de composants automobiles à l'exclusion de l'aéronautique) ou étendue à toutes les applications de l'invention. Cette limitation sectorielle permet au Concédant de concéder plusieurs licences non exclusives sur des marchés distincts. Le Règlement TTBER UE 316/2014 permet ces restrictions sectorielles sous réserve qu'elles ne constituent pas des ententes anticoncurrentielles.
Territoire géographique délimité. La licence peut couvrir la France (métropole + DROM-COM), l'Union européenne, certains pays tiers ou le monde entier. Pour les brevets européens délivrés par l'OEB, la protection s'étend aux États membres validés lors du dépôt. La Licence Unitaire de Brevet (LUB), entrée en vigueur le 1er juin 2023 dans dix-sept (17) États membres de l'UE, permet une protection unitaire sans validation nationale individuelle, ce qui simplifie les licences à dimension européenne.
Durée et renouvellement. La durée de la licence ne peut excéder la durée de protection du brevet (20 ans à compter du dépôt, CPI art. L611-2). La durée effective peut être raccourcie si les annuités ne sont pas payées (chute du brevet dans le domaine public). Prévoir les conditions de renouvellement et les conséquences d'un non-paiement des annuités par le Concédant (obligation d'information du Licencié, compensation éventuelle).
Structure des redevances et régime IP Box. La redevance peut prendre la forme d'un paiement forfaitaire initial (upfront fee), de redevances proportionnelles courantes (running royalties calculées sur le CA HT des produits brevetés), ou d'un régime mixte. Les redevances de licence de brevet peuvent bénéficier du régime IP Box à 10 % IS (CGI art. 238) si les conditions de l'approche Nexus OCDE sont remplies. Le modèle gratuit disponible sur forms-legal.com détaille les mécanismes de redevances les plus courants dans la pratique française des licences de brevet. Les prix de transfert intra-groupe doivent respecter le principe de pleine concurrence (CGI art. 57 ; OCDE Principes directeurs 2022).
Obligations d'exploitation et notification. Prévoir une obligation d'exploitation effective à la charge du Licencié, afin que le Concédant ne risque pas une demande de licence obligatoire pour non-exploitation (CPI art. L613-11). Le Licencié doit informer le Concédant de toute contrefaçon connue, et le Concédant s'engage à défendre le brevet contre les tiers contrefacteurs. Pour les brevets pharmaceutiques, les licences doivent se conformer aux dispositions spéciales du Code de la santé publique.
Améliorations et grant-back. La clause de grant-back définit les droits du Concédant sur les améliorations apportées par le Licencié au brevet. La Cour de justice de l'UE encadre strictement les clauses de grant-back exclusif qui peuvent constituer des restrictions de concurrence. Les clauses de grant-back non exclusif sont généralement admises par le Règlement TTBER UE 316/2014. Le Contrat de Licence de Brevet doit également prévoir les droits sur les brevets additionnels que le Licencié pourrait déposer sur la base de l'invention licenciée.
Comment remplir votre Contrat de Licence de Brevet France
Rédiger un Contrat de Licence de Brevet en France conforme aux exigences du Code de la propriété intellectuelle et du droit de la concurrence nécessite le respect des étapes suivantes.
Étape 1 - Vérification du brevet sur bases.brevets.inpi.fr. Consulter le registre des brevets INPI pour vérifier : (a) la validité du brevet (en vigueur, annuités à jour) ; (b) l'identité du titulaire inscrit (qui doit correspondre au Concédant) ; (c) les revendications du brevet (périmètre de protection) ; (d) l'absence de procédures d'opposition à l'OEB ou d'action en nullité devant le Tribunal judiciaire. Pour les brevets européens, consulter ep.espacenet.com et epo.org.
Étape 2 - Identification et qualification des parties. Mentionner la dénomination sociale exacte, la forme juridique et le numéro SIREN de chaque partie (obligatoire Code de commerce art. R123-237). Vérifier les représentants habilités via le Kbis (infogreffe.fr ou Guichet unique INPI). Pour les établissements publics de recherche (CNRS, INSERM, CEA), vérifier les délégations de signature et les règles applicables aux brevets des agents publics (CPI art. L611-7 sur les inventions des salariés).
Étape 3 - Description précise de l'objet de la licence. Identifier le brevet par son numéro, son titre et sa date de dépôt. Préciser le champ d'application technique et sectoriel de la licence (ex : fabrication de batteries lithium-ion pour véhicules électriques uniquement). Indiquer les revendications couvertes par la licence si la licence est partielle (portant sur une partie seulement des revendications du brevet).
Étape 4 - Inscription au Registre national des brevets INPI. Pour toute licence de brevet, procéder à son inscription au Registre national des brevets INPI (formulaire BP4 disponible sur inpi.fr) pour être opposable aux tiers. Les frais d'inscription s'élèvent à environ 60 EUR par brevet. Le délai de traitement à l'INPI est généralement de deux à quatre semaines. Sans inscription, la licence n'est pas opposable à un tiers acquéreur du brevet ou à un licencié ultérieur.
Étape 5 - Structure des redevances et optimisation fiscale. Définir la structure des redevances : upfront fee initial (lump sum), running royalties proportionnelles au CA HT des produits brevetés, minimum garanti annuel. Pour bénéficier du régime IP Box (CGI art. 238) à 10 % d'IS sur les revenus nets de licence, s'assurer que les conditions de l'approche Nexus OCDE sont remplies : dépenses R&D liées au brevet réalisées en France. Prévoir un audit annuel des redevances avec production des relevés de CA certifiés.
Étape 6 - Clauses de sous-licence et grant-back. Préciser si les sous-licences sont autorisées et dans quelles conditions. Définir les droits respectifs des parties sur les améliorations apportées par le Licencié (clause de grant-back). Éviter les clauses de grant-back exclusif qui peuvent constituer des restrictions de concurrence prohibées par le Règlement TTBER UE 316/2014.
Étape 7 - Annexes techniques. Joindre en annexe les revendications pertinentes du brevet, les spécifications techniques de l'invention, les conditions de confidentialité applicables aux informations techniques échangées (Loi n°2018-670 du 30 juillet 2018 sur le secret des affaires, codifiée aux articles L151-1 à L154-1 du Code de commerce), et, le cas échéant, le cahier des charges de production.
Étape 8 - Signature et conservation. Établir deux exemplaires originaux avec mention manuscrite « Lu et approuvé ». La signature électronique qualifiée (prestataires agréés eIDAS : Docusign, Yousign, Universign) a la même valeur probante (Code civil art. 1367). Conserver l'original au moins cinq (5) ans après l'expiration du contrat (Code civil art. 2224). Consulter un avocat spécialisé en propriété industrielle inscrit au Barreau pour les brevets à enjeux commerciaux élevés (annuaire sur cnb.avocat.fr).
Exigences juridiques pour Contrat de Licence de Brevet France
Le Contrat de Licence de Brevet en France est soumis à un ensemble de prescriptions légales issues du Code de la propriété intellectuelle, du droit de la concurrence national et européen, et de la fiscalité des revenus de propriété industrielle.
Exigences formelles du CPI. La licence de brevet doit être conclue par écrit (CPI art. L613-8). Elle doit être inscrite au Registre national des brevets tenu par l'INPI pour être opposable aux tiers (CPI art. L613-9). Le Licencié ne peut consentir de sous-licences sans l'accord exprès du Concédant (CPI art. L613-8 al. 3). En cas de cession du brevet par le Concédant, le cessionnaire est tenu des licences précédemment consenties si elles ont été inscrites au Registre (CPI art. L613-9).
Durée maximale et annuités. Le brevet est protégé pour vingt (20) ans à compter de la date de dépôt (CPI art. L611-2). Les annuités doivent être payées chaque année à l'INPI pour maintenir le brevet en vigueur. Le non-paiement des annuités entraîne la chute du brevet dans le domaine public et la caducité de la licence. Le Contrat de Licence de Brevet doit prévoir l'obligation du Concédant d'informer le Licencié de tout risque de déchéance du brevet.
Licences obligatoires dans l'intérêt public. L'État français peut imposer une licence obligatoire de brevet dans les cas suivants : non-exploitation du brevet pendant trois (3) ans après sa délivrance ou quatre (4) ans après la date de dépôt (CPI art. L613-11) ; insuffisance d'exploitation pour satisfaire les besoins de l'économie nationale (art. L613-12) ; intérêt de la santé publique (art. L613-16) ; nécessité de permettre l'exploitation d'un brevet dépendant d'un brevet antérieur (art. L613-15). En période de crise sanitaire, le Premier ministre peut autoriser une licence d'office sur les brevets relatifs aux médicaments (Code de la santé publique art. L3131-1).
Droit de la concurrence. Les accords de licence de brevet sont soumis au droit européen de la concurrence (TFUE art. 101 et 102) et au Règlement TTBER UE 316/2014. Les restrictions sévères (hardcore restrictions) interdites incluent : la fixation de prix imposés pour les ventes à des tiers, les restrictions de production absolues, le partage des marchés entre concurrents, les restrictions des ventes passives. L'Autorité de la concurrence française est compétente pour les pratiques anticoncurrentielles affectant le marché français.
Régime fiscal IP Box (CGI art. 238). Les revenus nets de licence de brevets et droits de propriété industrielle assimilés (certificats d'utilité, designs protégés) peuvent bénéficier du taux réduit de 10 % d'IS sous réserve que les dépenses R&D qualifiées soient localisées en France (approche Nexus OCDE). Ce régime, modifié par la loi de finances pour 2019, est conforme aux standards OCDE BEPS Action 5. La DGFiP contrôle la conformité via les vérifications de comptabilité et les procédures de l'article L13 du Livre des Procédures Fiscales.
Copropriété de brevet. Pour les brevets déposés conjointement (co-inventeurs ou co-déposants), les règles de la copropriété s'appliquent (CPI art. L613-29 à L613-32). Chaque copropriétaire peut exploiter le brevet sans accord des autres, mais ne peut accorder de licences exclusives qu'avec le consentement de tous. Les contrats de gestion de la copropriété de brevet (pactescollective d'indivis) sont recommandés pour régler à l'avance les modalités de licence et de cession.
Erreurs courantes à éviter dans votre Contrat de Licence de Brevet France
Le Contrat de Licence de Brevet en France est une source de litiges fréquents, souvent en raison d'erreurs évitables lors de la rédaction ou de la négociation.
Erreur 1 - Absence d'inscription au Registre national des brevets INPI. La licence de brevet non inscrite n'est pas opposable aux tiers. Un tiers acquéreur du brevet pourrait ignorer légalement la licence consentie. Bonne pratique : inscrire systématiquement la licence au Registre national des brevets INPI (formulaire BP4, environ 60 EUR) dans le mois suivant la signature.
Erreur 2 - Champ d'application technique imprécis. Une licence rédigée avec un champ d'application vague peut couvrir plus ou moins d'applications que prévu, ouvrant la porte à des litiges sur l'étendue des droits concédés. Bonne pratique : définir précisément les applications techniques couvertes par la licence, en référence aux revendications du brevet, et les exclure explicitement si nécessaire.
Erreur 3 - Absence de clause de paiement des annuités. Si le Concédant cesse de payer les annuités INPI, le brevet tombe dans le domaine public et la licence devient sans objet. Le Licencié perd ainsi son droit d'exploitation exclusif sans compensation. Bonne pratique : insérer une clause imposant au Concédant l'obligation de maintenir le brevet en vigueur (paiement des annuités), avec obligation d'information du Licencié et droit de reprendre les annuités à sa charge en cas de défaillance du Concédant.
Erreur 4 - Redevances calculées sur une base insuffisamment précise. Des redevances calculées sur un chiffre d'affaires global (incluant des produits non couverts par le brevet) peuvent conduire à des litiges sur la base de calcul. Bonne pratique : définir précisément la base de calcul des redevances (CA HT des produits ou procédés couverts par les revendications du brevet dans le territoire), les mécanismes d'audit et les délais de paiement.
Erreur 5 - Omission du droit de la concurrence européen. Des clauses de licence de brevet apparemment légitimes (exclusivité territoriale absolue, fixation de prix imposés) peuvent constituer des restrictions sévères de concurrence prohibées par le Règlement TTBER UE 316/2014 et l'article 101 du TFUE. Bonne pratique : soumettre le projet de contrat à une vérification par un avocat spécialisé en droit de la concurrence pour détecter les clauses potentiellement anticoncurrentielles avant la signature.
Erreur 6 - Oubli de la clause grant-back et des droits sur les améliorations. L'absence de disposition sur les améliorations apportées par le Licencié génère un vide juridique : qui est propriétaire des perfectionnements brevetables ? Le Licencié peut déposer un brevet sur les améliorations et bloquer l'exploitation de la technologie originale par le Concédant. Bonne pratique : prévoir une clause claire sur les droits sur les améliorations et les conditions du grant-back (non exclusif de préférence, pour éviter les restrictions anticoncurrentielles).
Erreur 7 - Non-conformité fiscale du prix de transfert intra-groupe. Dans les groupes de sociétés, les redevances de licence de brevet entre sociétés liées doivent respecter le principe de pleine concurrence de l'OCDE (CGI art. 57 ; OCDE Principes directeurs 2022). Un taux de redevance sous-évalué (ou surévalué) peut être requalifié par la DGFiP comme un transfert indirect de bénéfices à l'étranger, entraînant un redressement fiscal majoré de pénalités de 40 à 80 % (Livre des Procédures Fiscales art. L80). Bonne pratique : documenter le taux de redevance par une étude de prix de transfert basée sur des comparables de marché (méthode CUP, méthode Profit Split ou méthode TNMM selon l'OCDE).
Sources et Citations
Les citations légales renvoient aux sources officielles du gouvernement. Vérifié par l'équipe éditoriale Forms Legal.
Questions Fréquentes
Un brevet français déposé à l'INPI est protégé pour vingt (20) ans à compter de la date de dépôt, conformément à l'article L611-2 du Code de la propriété intellectuelle. Cette protection est conditionnée au paiement des annuités (taxes de maintien en vigueur) auprès de l'INPI, chaque année à compter de la deuxième année après le dépôt. Le non-paiement des annuités entraîne la déchéance du brevet et sa chute dans le domaine public. Un brevet européen délivré par l'Office Européen des Brevets (OEB) bénéficie de la même durée de vingt (20) ans à compter du dépôt, dans les États membres validés. La durée d'un Contrat de Licence de Brevet ne peut donc excéder la durée de protection restante du brevet. Pour les médicaments et produits phytosanitaires, un Certificat Complémentaire de Protection (CCP) peut prolonger la protection effective jusqu'à cinq (5) années supplémentaires (Règlement CE 469/2009).
Le régime IP Box français, prévu à l'article 238 du Code général des impôts (CGI), permet aux entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés (IS) de bénéficier d'un taux réduit de dix (10 %) sur les revenus nets (redevances de licence moins dépenses directement liées) provenant de l'exploitation ou de la licence de brevets, certificats d'utilité et droits de propriété intellectuelle assimilés. Ce régime s'applique aux brevets délivrés par l'INPI, par l'OEB, et par les offices de brevets des États membres de l'UE ou de l'EEE. La condition principale est l'approche Nexus de l'OCDE (rapport BEPS Action 5) : les dépenses de R&D qualifiées liées au brevet doivent avoir été réalisées par l'entreprise bénéficiaire directement ou par des sociétés non liées. Le régime est décompté par l'approbation d'un plan de documentation annuel soumis à la DGFiP. Le taux normal de l'IS en France est de 25 % depuis 2022 ; le régime IP Box représente donc un avantage de quinze (15) points de pourcentage, significatif pour les entreprises à fort portefeuille de brevets.
Oui, l'inscription au Registre national des brevets tenu par l'INPI est obligatoire pour que la licence soit opposable aux tiers, qu'elle soit exclusive ou non exclusive, conformément à l'article L613-9 du Code de la propriété intellectuelle. Sans inscription, un tiers qui acquerrait le brevet postérieurement à la licence accordée pourrait légalement ignorer l'existence de cette licence. L'inscription se fait via le formulaire BP4 disponible sur inpi.fr, moyennant des frais d'inscription d'environ 60 EUR par brevet et par acte. Le délai de traitement par l'INPI est généralement de deux à quatre semaines. Pour les brevets européens (OEB), l'inscription se fait auprès de chaque office national validé et, le cas échéant, auprès de l'OEB pour le Brevet Unitaire Européen (depuis le 1er juin 2023). L'inscription au Registre national des brevets français est également nécessaire pour que le cessionnaire ultérieur d'un brevet soit tenu par les licences antérieures.
La situation dépend du statut du chercheur et des conditions de l'invention. Pour les inventions de mission (réalisées par le salarié dans l'exercice de ses fonctions, conformément à une mission inventive, ou dans le champ de son activité normale), les droits appartiennent à l'employeur en application de l'article L611-7 du Code de la propriété intellectuelle. L'inventeur salarié a droit à une rémunération supplémentaire (prime d'invention) mais ne peut licencier l'invention lui-même. Pour les inventions hors mission (réalisées en dehors des fonctions, sans mission inventive et sans lien avec l'activité de l'entreprise), l'inventeur est propriétaire et peut librement licencier. Pour les chercheurs des organismes publics (CNRS, INSERM, CEA, universités), la Loi Allègre n°99-587 du 12 juillet 1999 (codifiée dans le Code de la recherche) permet la valorisation des brevets par l'établissement ou par la création d'une start-up. Les Sociétés d'Accélération du Transfert de Technologies (SATT) gèrent la licence des brevets publics.
Le brevet français est déposé auprès de l'Institut National de la Propriété Industrielle (INPI), dont le siège est à Paris (15 rue des Minimes, 26000 Valence depuis 2007 avec antennes régionales). La procédure prend environ dix-huit (18) mois à trente (30) mois et coûte environ 1 500 à 3 000 EUR hors honoraires de conseil en propriété industrielle (CPI). Le brevet français protège exclusivement sur le territoire français (métropole + DROM-COM). Le brevet européen est déposé auprès de l'Office Européen des Brevets (OEB, siège à Munich, Allemagne), via la procédure PCT ou directement. La procédure prend environ trois (3) à cinq (5) ans et coûte environ 5 000 à 15 000 EUR hors honoraires. Après délivrance, le brevet européen doit être validé dans chaque État membre souhaité (France, Allemagne, Royaume-Uni, etc.) et traduit dans la langue nationale. Depuis le 1er juin 2023, le Brevet Unitaire Européen (BUE) offre une protection unitaire dans dix-sept (17) États membres de l'UE sans validation nationale individuelle, simplifiant considérablement la gestion pour les licences à dimension européenne.
Si le brevet objet de la licence est annulé par décision définitive du Tribunal judiciaire spécialisé en propriété intellectuelle (procédure d'annulation de brevet, CPI art. L615-1 et suivants) ou par l'Office Européen des Brevets (procédure d'opposition OEB, CBE art. 99-105), la licence devient sans objet car elle porte sur un titre de propriété industrielle qui n'existe plus. L'annulation du brevet a en principe un effet rétroactif (ex tunc) : le brevet est réputé n'avoir jamais existé. Le Licencié peut en principe demander le remboursement des redevances versées sous réserve de la bonne foi des parties et des clauses contractuelles prévoyant ce cas. La Cour de cassation (Cass. com. 10 juillet 2012) a admis que le Licencié peut exiger le remboursement des redevances si le brevet était nul à la date de la licence. Il est recommandé d'insérer dans le Contrat de Licence de Brevet une clause prévoyant expressément les conséquences d'une annulation du brevet (remboursement partiel ou total des redevances, résiliation de plein droit, etc.).
Les litiges relatifs à la validité ou à la contrefaçon de brevets relèvent de la compétence exclusive de certains tribunaux judiciaires spécialisés en propriété intellectuelle, conformément à l'article L211-10 du Code de l'organisation judiciaire. En France, sept (7) tribunaux judiciaires sont spécialisés pour connaître des actions en matière de propriété industrielle : Paris (chef-lieu pour les brevets), Bordeaux, Lyon, Marseille, Nantes, Rennes et Strasbourg. Le Tribunal judiciaire de Paris est compétent pour les brevets européens validés en France. L'appel est porté devant la Cour d'appel de Paris, seule compétente pour les brevets. La Cour de cassation (chambre commerciale) statue en dernier ressort. Pour les litiges purement contractuels (paiement des redevances, interprétation du contrat) sans question de validité ou de contrefaçon, le Tribunal de commerce est compétent si les deux parties sont commerçantes (Code de commerce art. L721-3). Les parties peuvent choisir l'arbitrage (CCI Paris, CMAP) pour les litiges techniques et confidentiels.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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