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Accord de Coexistence de Marques France

Maintenu par Vladislav Sergienko, Fondateur·Modèle modifié pour la dernière fois: ·Signaler une erreur

Qu'est-ce qu'un Accord de Coexistence de Marques France ?

L'accord de coexistence de marques est, en droit français, la convention par laquelle deux titulaires de marques similaires délimitent leurs domaines d'exploitation pour éviter tout risque de confusion, en application de l'article L713-3 du Code de la propriété intellectuelle.

L'Accord de Coexistence de Marques en France organise la délimitation des droits respectifs des deux titulaires : il attribue à chacun un domaine réservé d'exploitation de sa marque (classes de produits ou services, territoires, canaux de distribution) et prévoit des engagements de non-expansion (interdiction d'étendre l'usage de sa marque dans le domaine réservé à l'autre partie) et de non-attaque (renoncement à engager des procédures judiciaires ou administratives contre l'autre partie pendant la durée de l'accord). La Cour de cassation (Cass. com.) a régulièrement validé les accords de coexistence de marques comme des conventions légalement contractées, opposables aux parties et aux tiers ayant connaissance de leur existence, dès lors qu'ils n'entravent pas librement la concurrence (TFUE art. 101).

L'accord de coexistence est particulièrement utile pour clore une procédure d'opposition INPI ou EUIPO à l'amiable. La procédure d'opposition INPI (CPI art. L712-4) peut durer plusieurs mois et coûter plusieurs centaines d'euros (frais INPI 325 EUR pour l'opposant + honoraires de conseil). Un accord de coexistence peut être conclu à tout moment pendant la procédure d'opposition, y compris après la décision de première instance, pour mettre fin au litige et permettre à chaque partie de continuer à exploiter sa marque dans son domaine réservé. La CJUE (arrêt C-252/12 Specsavers du 18 juillet 2013) a précisé les conditions dans lesquelles un accord de coexistence influe sur l'appréciation du risque de confusion en cas de litige ultérieur.

L'accord de coexistence se distingue du Contrat de Cession de Marque (transfert définitif de propriété) et du Contrat de Licence de Marque (autorisation d'usage unilatérale contre redevances). La coexistence est une solution équilibrée qui préserve les droits de propriété industrielle des deux parties, sous réserve du respect des engagements mutuels. L'accord de coexistence peut être complété par un Accord de Confidentialité pour les informations commerciales échangées lors des négociations, et par un Mandat à un Conseil en Propriété Industrielle pour le suivi des procédures INPI et EUIPO pendant la durée de l'accord.

Quand avez-vous besoin d'un Accord de Coexistence de Marques France ?

L'Accord de Coexistence de Marques en France est nécessaire dans les situations où deux entreprises ou personnes exploitent des marques similaires et souhaitent régler amiablement le risque de conflit judiciaire.

Résolution amiable d'une procédure d'opposition INPI. Après le dépôt d'une opposition par un titulaire de droits antérieurs contre une demande de marque similaire (CPI art. L712-4), les parties peuvent négocier un accord de coexistence pour mettre fin à la procédure. L'INPI propose un service de médiation pour les procédures d'opposition (délai indicatif : 2 mois). L'accord de coexistence homologué par l'INPI (ou simplement notifié à l'INPI) met fin à la procédure d'opposition et permet l'enregistrement de la marque contestée dans les conditions de l'accord. Les frais d'opposition (325,00 EUR) ne sont pas remboursés en cas d'accord amiable.

Prévention des conflits entre marques similaires sur le même marché. Des entreprises opérant dans des secteurs adjacents avec des marques similaires peuvent souhaiter prévenir tout litige futur en formalisant un accord de coexistence avant que la situation ne dégénère. Par exemple, une marque alimentaire et une marque de cosmétiques portant des signes similaires peuvent convenir que chacune reste dans son secteur sans empiéter sur celui de l'autre. La Cour de cassation (Cass. com. 3 avr. 2012, n°11-14.812) a confirmé que des accords de coexistence conclus de bonne foi entre titulaires de marques similaires sont valides et opposables.

Négociation issue d'une menace de contrefaçon. Lorsqu'un titulaire reçoit une mise en demeure l'accusant de contrefaçon de marque, il peut proposer un accord de coexistence comme alternative à un procès coûteux devant le Tribunal judiciaire spécialisé en propriété intellectuelle. Un accord de coexistence bien rédigé définit les frontières entre les deux marques et met à l'abri des poursuites dans le domaine réservé convenu. Selon les statistiques du Tribunal judiciaire de Paris, les litiges en contrefaçon de marques durent en moyenne dix-huit (18) à vingt-quatre (24) mois en première instance.

Réorganisation du portefeuille de marques d'un groupe. Lors d'une fusion-acquisition, le groupe acquéreur peut se retrouver titulaire de marques similaires dans le même secteur (marques de l'acquis et marques du cédant). Un accord de coexistence interne entre les filiales du groupe permet d'organiser l'utilisation respective des marques et d'éviter les conflits internes, dans l'attente d'une éventuelle cession ou fusion des marques.

Coexistence de marques homonymes dans différents territoires. Des entreprises indépendantes peuvent avoir déposé la même marque dans des pays différents (ex : une entreprise française et une entreprise canadienne portant le même nom). L'accord de coexistence internationale organise la coexistence géographique, avec des clauses de non-expansion territoriale, sous réserve du respect du droit de la concurrence de chaque territoire.

Que faut-il inclure dans votre Accord de Coexistence de Marques France ?

L'Accord de Coexistence de Marques en France comprend des éléments essentiels qui structurent la coexistence pacifique des deux marques et préviennent les conflits futurs.

Identification précise des deux marques coexistantes. Les deux marques doivent être décrites avec précision : dénominations exactes telles qu'enregistrées à l'INPI, numéros d'enregistrement, classes de la Classification de Nice couvertes, et territoires de protection. La vérification préalable sur data.inpi.fr est indispensable pour confirmer la titularité et la validité des deux marques. Si l'une des marques n'est pas encore enregistrée (demande en cours), le numéro de demande et la date de dépôt doivent être mentionnés. L'accord peut également viser des marques de l'Union européenne (EUIPO) ou des marques internationales (OMPI/Madrid).

Délimitation précise des domaines d'exploitation respectifs. La clause de délimitation est le cœur de l'accord. Elle doit définir avec la plus grande précision possible les produits, services, classes de la Classification de Nice, territoires et canaux de distribution (vente en ligne, vente en magasin, B2B, B2C) attribués à chaque partie pour l'utilisation exclusive de sa marque. Plus la délimitation est précise, moins il y a de risque de litige sur l'interprétation de l'accord. La Cour d'appel de Paris a annulé des accords de coexistence dont les clauses de délimitation étaient trop vagues ou laissaient subsister un risque de confusion dans l'esprit du public.

Engagement de non-expansion réciproque. Chaque partie s'engage à ne pas étendre l'usage de sa marque dans le domaine réservé à l'autre partie par l'accord. Cet engagement comprend : l'interdiction de déposer une marque similaire dans les classes réservées à l'autre partie (CPI art. L712-4 sur l'opposition), l'interdiction d'utiliser le signe de manière à créer un risque de confusion avec la marque de l'autre partie dans son domaine réservé (CPI art. L713-3), et l'interdiction de tenter d'invalider ou d'affaiblir la marque de l'autre partie par des actions en nullité ou en déchéance (procédures administratives INPI ou judiciaires).

Clause de non-attaque mutuelle. L'engagement de non-attaque est la contrepartie de l'engagement de non-expansion. Chaque partie renonce à engager des procédures judiciaires ou administratives contre les marques de l'autre partie, dès lors que celle-ci respecte les conditions de coexistence définies. La clause de non-attaque doit préciser son étendue temporelle (durée de l'accord) et ses exceptions (violation des conditions de coexistence, insolvabilité de l'autre partie, changement de contrôle). Les clauses de non-attaque ne peuvent pas être absolues et indéfinies, sous peine de constituer un accord restrictif de concurrence contraire au TFUE art. 101.

Mécanisme de résolution des litiges. L'accord doit prévoir un mécanisme de résolution des litiges adapté aux conflits sur la propriété intellectuelle : médiation (Centre de médiation et d'arbitrage de Paris — CMAP, ou Chambre nationale des praticiens de la médiation — CNPM) avant tout recours judiciaire, puis arbitrage ou recours judiciaire devant le Tribunal judiciaire spécialisé en propriété intellectuelle (Code de l'organisation judiciaire art. L211-10). Le Centre de médiation de l'EUIPO propose également une médiation pour les litiges relatifs aux marques de l'Union européenne. Le modèle de forms-legal.com inclut une clause de médiation CMAP conforme aux pratiques françaises.

Durée et conditions de résiliation. L'accord de coexistence doit préciser sa durée (généralement 5 à 10 ans renouvelables) et les conditions de résiliation (préavis, cas de résiliation pour violation des engagements). L'article 1210 du Code civil prohibe les engagements perpétuels : chaque partie doit conserver la possibilité de résilier l'accord moyennant un préavis raisonnable.

Comment remplir votre Accord de Coexistence de Marques France

Négocier et rédiger un Accord de Coexistence de Marques en France requiert une préparation stratégique et juridique rigoureuse pour éviter que l'accord lui-même ne devienne source de nouveaux conflits.

Étape 1 - Analyse comparative des deux marques et évaluation du risque de confusion. Avant toute négociation, effectuer une analyse comparative approfondie des deux marques : similitude des signes (phonétique, visuelle, conceptuelle), similitude des produits ou services désignés dans les classes de la Classification de Nice, notoriété respective des deux marques. La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE, arrêt Lloyd Schuhfabrik C-342/97 du 22 juin 1999) a défini les critères d'appréciation globale du risque de confusion. Cette analyse determine les enjeux de la négociation et la position de force de chaque partie.

Étape 2 - Vérification de la titularité et de la validité des deux marques. Vérifier sur data.inpi.fr et l'EUIPO que les deux parties sont bien les titulaires inscrit des marques respectives, que les marques sont en vigueur (non déchues, non annulées), et qu'aucun tiers n'a de droits antérieurs susceptibles de remettre en cause la validité de l'une ou l'autre marque. Un accord de coexistence portant sur une marque déchue ou nulle serait sans objet.

Étape 3 - Négociation de la délimitation des domaines. La délimitation des domaines est le point le plus sensible de la négociation. Chaque partie doit défendre ses intérêts commerciaux actuels et futurs. Le recours à un Conseil en propriété industrielle (CPI, liste CNCPI sur cncpi.fr) ou à un avocat spécialisé en propriété intellectuelle est recommandé pour cette étape. La délimitation peut porter sur les classes de Nice (ex : l'une pour la classe 25 vêtements, l'autre pour la classe 18 maroquinerie), les canaux de distribution (l'une pour le B2B, l'autre pour le B2C), ou les territoires (l'une pour la France, l'autre pour les DROM-COM).

Étape 4 - Rédaction des clauses de non-expansion et de non-attaque. Les clauses de non-expansion doivent être précises et circonstanciées. Des clauses trop vagues (ex : « chaque partie s'engage à ne pas empiéter sur le domaine de l'autre ») seront source de litiges d'interprétation. Les clauses de non-attaque doivent être limitées dans leur portée et dans le temps pour ne pas violer le droit de la concurrence. Éviter les clauses d'exclusivité absolue ou d'exclusivité territoriale affectant les importations passives (TFUE art. 101, Règlement UE 316/2014).

Étape 5 - Vérification de la conformité avec le droit de la concurrence. L'accord de coexistence ne doit pas constituer un accord restrictif de concurrence prohibé par l'article 101 du TFUE et l'article L420-1 du Code de commerce. Les clauses potentiellement problématiques incluent : les restrictions territoriales absolues (interdiction totale des ventes passives), les clauses de prix imposés, et les engagements d'exclusivité disproportionnés. L'Autorité de la concurrence (siège 11 rue de l'Échelle, 75001 Paris) peut sanctionner les accords de coexistence constituant des ententes anticoncurrentielles à hauteur de 10 % du CA mondial du groupe.

Étape 6 - Signature et notification à l'INPI (si applicable). Signer l'accord en deux exemplaires originaux. Si l'accord résout une procédure d'opposition INPI en cours, notifier l'accord à l'INPI pour clore la procédure. L'INPI n'inscrit pas les accords de coexistence au Registre national des marques (contrairement aux licences et cessions), mais il en prend acte dans le cadre des procédures d'opposition pour lesquelles il est saisi.

Étape 7 - Mise en œuvre et suivi. Assurer le suivi régulier du respect de l'accord par les deux parties : surveillance des nouvelles demandes de marques déposées par l'autre partie (data.inpi.fr), surveillance des extensions d'usage (publicités, sites web, emballages), et surveillance des ventes ou exportations hors du domaine réservé. En cas de violation constatée, adresser une mise en demeure (lettre recommandée AR) avant d'engager les mécanismes de résolution des litiges prévus dans l'accord.

Erreurs courantes à éviter dans votre Accord de Coexistence de Marques France

L'Accord de Coexistence de Marques en France expose les parties à des erreurs qui peuvent remettre en cause la validité de l'accord ou générer de nouveaux conflits.

Erreur 1 - Délimitation vague ou imprécise des domaines. Des clauses de délimitation trop générales (ex : « chaque partie utilisera sa marque dans son secteur naturel ») sont sources d'interprétations divergentes et de litiges ultérieurs. La Cour d'appel de Paris a jugé des accords de coexistence nuls ou inopposables en raison de clauses de délimitation insuffisamment précises. Bonne pratique : lister exhaustivement les classes de Nice, les produits et services, les territoires et les canaux de distribution attribués à chaque partie.

Erreur 2 - Accord violant le droit de la concurrence. Des clauses d'exclusivité territoriale absolue interdisant à une partie de répondre à des demandes non sollicitées de clients hors territoire (restrictions passives des importations) violent le TFUE art. 101 et exposent les parties à des sanctions de l'Autorité de la concurrence (jusqu'à 10 % du CA mondial). Bonne pratique : limiter les restrictions aux ventes actives (démarchage proactif hors domaine réservé), sans interdire les ventes passives.

Erreur 3 - Absence de clause sur le changement de contrôle. Si l'une des parties est cédée à un concurrent de l'autre partie, l'accord de coexistence pourrait profiter au concurrent. Sans clause de changement de contrôle, la partie cédée emporte l'accord de coexistence dans la transaction. Bonne pratique : prévoir une clause permettant la résiliation en cas de changement de contrôle d'une des parties (clause change of control).

Erreur 4 - Non-vérification des marques antérieures aux deux marques coexistantes. Si un tiers dispose d'une marque antérieure similaire aux deux marques visées dans l'accord, cet accord n'a aucun effet à l'égard de ce tiers. Les parties peuvent se retrouver attaquées conjointement par ce tiers. Bonne pratique : effectuer une recherche d'antériorités complète avant de conclure l'accord, pour s'assurer qu'aucun tiers n'a de droits préexistants.

Erreur 5 - Accord sans durée déterminée ou sans clause de résiliation. L'article 1210 du Code civil prohibe les engagements perpétuels. Un accord de coexistence sans durée ou sans mécanisme de résiliation est potentiellement invalide ou peut être résilié à tout moment sans préavis. Bonne pratique : prévoir une durée initiale (5 ou 10 ans) avec renouvellement tacite et préavis de résiliation de six (6) mois.

Questions Fréquentes

Modèle référencé aux textes légaux — Modèle modifié pour la dernière fois en juin 2026

Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète

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