Règlement de Copropriété
Qu'est-ce qu'un Règlement de Copropriété ?
Le Règlement de Copropriété en Belgique est l'acte authentique notarié qui, avec l'acte de base, constitue les statuts permanents d'une copropriété d'immeuble et organise les règles de gestion, d'utilisation des parties communes et de fonctionnement de l'association des copropriétaires. Fondé sur l'article 577-4 du Code civil belge et la Loi du 18 juin 2018 portant réforme de la copropriété, ce document est transcrit au bureau Sécurité juridique du SPF Finances et est opposable à tous les copropriétaires présents et futurs ainsi qu'à leurs locataires.
Le règlement de copropriété remplit dans l'organisation de la copropriété belge une fonction normative essentielle: il traduit en règles de vie collective les droits et obligations de chaque copropriétaire sur les parties communes et privatives, établit le cadre légal de l'assemblée générale des copropriétaires (organe délibératif), organise les missions et pouvoirs du syndic (organe exécutif), détermine les règles de répartition des charges communes entre copropriétaires et encadre la gestion du fonds de réserve obligatoire. La Loi du 18 juin 2018 a profondément modernisé le droit de la copropriété belge en renforçant la transparence financière, en protégeant les copropriétaires minoritaires et en clarifiant les compétences respectives des organes de la copropriété.
Le règlement de copropriété se distingue de l'acte de base (qui décrit les parties communes et les quotes-parts) et du règlement d'ordre intérieur (qui fixe les règles pratiques de vie courante). Sa modification requiert une décision prise à la majorité des quatre cinquièmes des voix de l'ensemble des copropriétaires en assemblée générale (art. 577-7 §1er Code civil), majorité nettement plus facile à atteindre que l'unanimité requise pour l'acte de base. Cette souplesse relative permet à la copropriété d'adapter ses règles de gestion à l'évolution des besoins sans être paralysée par des copropriétaires minoritaires récalcitrants.
Le règlement de copropriété doit être rédigé avec une attention particulière à plusieurs enjeux pratiques. Premièrement, la définition précise des règles d'utilisation des parties communes (horaires d'accès au local vélos, règles relatives à l'installation d'antennes ou de panneaux solaires sur les parties communes, utilisation du jardin commun). Deuxièmement, les clés de répartition des charges communes, qui peuvent différer des quotes-parts théoriques pour les charges liées à l'utilisation prépondérante de certaines installations (ascenseur, chauffage central collectif). Troisièmement, les règles de désignation et d'exercice du mandat du syndic professionnel agréé par l'IPI (Institut Professionnel des Agents Immobiliers) ou du syndic bénévole. Quatrièmement, les procédures de convocation et de vote en assemblée générale ordinaire et extraordinaire. Cinquièmement, la gestion du fonds de réserve obligatoire depuis la réforme de 2018 (minimum 5 % des charges ordinaires des 3 dernières années).
La Loi du 18 juin 2018 a également introduit de nouvelles dispositions pour renforcer la protection des copropriétaires: obligation pour le syndic de tenir des comptes transparents selon le plan comptable normalisé; obligation d'appel d'offres pour les travaux importants; plafonnement des honoraires annexes du syndic professionnel par contrat-type défini par arrêté royal (AR du 27 mars 2022); obligation de constituer un conseil de copropriété dans les immeubles de plus de 20 lots; renforcement de la protection des copropriétaires lors de la vente d'un lot.
Quand avez-vous besoin d'un Règlement de Copropriété ?
Un Règlement de Copropriété est nécessaire dans plusieurs situations liées à la vie d'un immeuble en copropriété en Belgique.
Construction et premier usage d'un immeuble collectif: lors de la construction d'un immeuble à appartements, le promoteur doit rédiger conjointement avec l'acte de base le règlement de copropriété avant la première vente d'un lot privatif. Le règlement de copropriété initial est rédigé unilatéralement par le promoteur, sous réserve des futures modifications votées par l'assemblée générale des copropriétaires après la vente de l'ensemble des lots. Le notaire instrumentant lors de la vente d'un appartement doit annexer le règlement de copropriété à l'acte de vente et en remettre copie à l'acquéreur.
Régularisation d'une copropriété de fait ancienne: certains immeubles anciens (construits avant la loi sur la copropriété de 1994) gérés de facto comme copropriété sans documents statutaires transcrits doivent être régularisés. L'établissement a posteriori d'un règlement de copropriété protège les copropriétaires contre les litiges sur les charges, les travaux et les droits de vote.
Modification substantielle des règles de gestion: lorsque les copropriétaires souhaitent adapter les règles de gestion de leur immeuble à de nouvelles réalités (installation d'un point de recharge pour véhicules électriques, modification des règles sur les animaux de compagnie, changement du mode de désignation du syndic), une modification du règlement de copropriété par acte authentique s'impose si les nouvelles règles doivent être opposables aux tiers.
Changement de syndic professionnel: bien que le changement de syndic soit décidé par l'assemblée générale à la majorité simple, certaines modifications de la mission et des honoraires du syndic, si elles modifient les dispositions du règlement de copropriété sur ce point, nécessitent la procédure de modification notariée et transcrite.
Construction d'une extension ou d'un nouveau bâtiment: lorsque l'immeuble s'agrandit (construction d'un attique ou d'une annexe), le règlement de copropriété doit être adapté pour intégrer les nouveaux lots et les nouvelles règles d'utilisation des parties communes supplémentaires créées, conjointement à la modification de l'acte de base.
Adaptation aux exigences légales nouvelles: les réformes législatives successives du droit de la copropriété belge (1994, 2010, 2018) ont modifié de nombreuses règles d'ordre public qui s'imposent à toutes les copropriétés. Certains règlements anciens doivent être mis à jour pour se conformer aux nouvelles exigences légales, notamment sur la transparence financière, le conseil de copropriété et le contrat-type de syndic.
Que faut-il inclure dans votre Règlement de Copropriété ?
Le Règlement de Copropriété belge doit contenir les éléments essentiels définis par l'article 577-4 du Code civil belge et la Loi du 18 juin 2018. Le modèle disponible sur forms-legal.com permet de structurer les dispositions nécessaires avant la rédaction notariale définitive.
Identification de la copropriété et références à l'acte de base: le règlement de copropriété doit identifier précisément la copropriété à laquelle il s'applique par référence à l'acte de base (date, notaire, numéro de transcription au bureau Sécurité juridique du SPF Finances), à l'adresse de l'immeuble et à la désignation cadastrale. Cette identification assure la cohérence avec l'acte de base et son opposabilité aux tiers.
Règles d'utilisation des parties communes: description précise des règles d'utilisation, d'accès et d'entretien de chaque type de partie commune (hall d'entrée, cage d'escalier, ascenseur, sous-sol, jardin commun, locaux poubelles, locaux vélos). Les horaires d'accès aux parties communes sensibles, les règles relatives aux déménagements et aux livraisons, les règles relatives à la décoration des parties communes, les règles relatives à l'installation d'équipements supplémentaires (antennes, bornes de recharge, panneaux solaires) sont des éléments pratiques essentiels.
Règles d'utilisation des parties privatives: bien que les copropriétaires jouissent librement de leurs parties privatives, le règlement de copropriété peut imposer des restrictions légitimes liées à la copropriété (destination de l'immeuble: résidentiel exclusif ou mixte résidentiel-commercial; règles relatives aux travaux en parties privatives affectant les parties communes; règles relatives à la sous-location). Ces restrictions, pour être valables, doivent être justifiées par l'intérêt collectif de la copropriété.
Fonctionnement de l'assemblée générale: règles de convocation (forme, délai, contenu de l'ordre du jour), quorum, modalités de vote (présence physique, représentation par procuration, vote par correspondance depuis la réforme de 2018), règles de majorité applicables selon la nature des décisions (art. 577-7 Code civil), règles de rédaction et de communication des procès-verbaux d'AG. Ces règles précisent et complètent le cadre légal pour faciliter le fonctionnement pratique de la copropriété.
Missions et pouvoirs du syndic: désignation du premier syndic professionnel agréé IPI ou bénévole, durée maximale du mandat (3 ans renouvelables), conditions de révocation, liste des missions ordinaires et extraordinaires, règles d'engagement des dépenses et de passation des marchés, seuil au-delà duquel l'accord préalable de l'AG est requis, obligation de comptes séparés, obligation de souscrire les assurances obligatoires (assurance incendie immeuble, assurance responsabilité civile immeuble, assurance ascenseur). Référence au contrat-type défini par l'AR du 27 mars 2022 pour les syndics professionnels.
Répartition des charges communes: clé(s) de répartition applicable(s) (généralement proportionnelle aux quotes-parts de l'acte de base, sauf clés spéciales pour l'ascenseur, le chauffage collectif, etc.), distinction entre charges ordinaires et charges extraordinaires, procédure d'appel de fonds, délai de paiement des charges et pénalités de retard, règles de contestation des décomptes.
Fonds de réserve: montant minimum annuel à alimenter (au moins 5 % des charges ordinaires des 3 dernières années depuis la réforme 2018), destination exclusive (grosses réparations et travaux importants non programmables), conditions de remboursement aux copropriétaires sortants. Pour en savoir plus sur la gestion quotidienne, voir aussi le modèle Mandat Syndic Copropriété et PV Assemblée Générale disponibles sur forms-legal.com.
Conseil de copropriété: si l'immeuble compte plus de 20 lots, la Loi du 18 juin 2018 impose la constitution d'un conseil de copropriété (art. 577-8/1 Code civil). Le règlement définit le nombre de membres, leurs attributions consultatives, leurs pouvoirs de contrôle sur le syndic, et les conditions de leur désignation par l'AG.
Comment remplir votre Règlement de Copropriété
Rédiger un Règlement de Copropriété en Belgique nécessite une réflexion préalable sur les besoins spécifiques de l'immeuble et une collaboration entre le promoteur ou les copropriétaires et le notaire instrumentant.
Étape 1 — Identifier la copropriété: indiquez la référence précise à l'acte de base correspondant (date de signature, notaire instrumentant, date et numéro de transcription au bureau Sécurité juridique du SPF Finances), l'adresse de l'immeuble et la désignation cadastrale. Le règlement de copropriété doit être clairement lié à l'acte de base qu'il complète.
Étape 2 — Définir les règles d'utilisation des parties communes: listez chaque type de partie commune (hall, escalier, ascenseur, cave, jardin, local vélos, local poubelles) et définissez les règles applicables: horaires d'accès, règles de sécurité, interdictions (tabac, animaux dans les espaces communs), modalités d'utilisation de l'ascenseur pour les déménagements, règles relatives à la personnalisation des couloirs.
Étape 3 — Préciser les restrictions sur les parties privatives: définissez la destination de l'immeuble (résidentiel uniquement ou mixte résidentiel-commercial). Si mixte, précisez quels lots peuvent être à usage commercial. Indiquez les règles relatives aux travaux dans les parties privatives (obligation d'information préalable du syndic, interdiction de toucher aux murs porteurs). Précisez les règles de sous-location (permise ou soumise à information du syndic).
Étape 4 — Organiser l'assemblée générale: fixez le mois habituel de l'assemblée générale ordinaire annuelle. Définissez les règles de convocation (recommandé, email depuis la réforme 2018, délai de 15 jours), le contenu obligatoire de l'ordre du jour (approbation des comptes, vote du budget, rapport du syndic), les modalités de procuration (formulaire type). Précisez les modalités de vote par correspondance introduites par la réforme 2018.
Étape 5 — Définir le rôle du syndic: indiquez si la copropriété s'orientera vers un syndic professionnel agréé IPI ou un syndic bénévole copropriétaire. Définissez la durée maximale du mandat (3 ans au maximum renouvelables par décision explicite de l'AG), les conditions de révocation pour motif grave, les missions ordinaires déléguées au syndic sans accord préalable de l'AG (contrats d'entretien, réparations urgentes jusqu'à un plafond défini), et les missions extraordinaires nécessitant l'accord de l'AG (travaux importants au-delà du plafond, litiges en justice).
Étape 6 — Fixer les règles de répartition des charges: indiquez que les charges ordinaires et extraordinaires sont réparties entre les copropriétaires au prorata des quotes-parts définies dans l'acte de base, sauf pour les charges suivantes pour lesquelles une clé spéciale est applicable (précisez: par exemple, les charges d'ascenseur sont réparties à 0 % pour le rez-de-chaussée, X % pour le 1er étage, Y % pour les étages supérieurs). Fixez le délai de paiement des appels de fonds (ex. 30 jours) et les pénalités de retard (ex. taux légal + 2 %).
Étape 7 — Organiser le fonds de réserve: fixez le montant annuel à affecter au fonds de réserve (au moins 5 % des charges ordinaires des 3 dernières années conformément à la Loi du 18 juin 2018). Définissez les conditions d'utilisation du fonds (uniquement pour grosses réparations et travaux importants votés en AG) et les conditions de remboursement au vendeur d'un lot de sa contribution au fonds de réserve lors de la vente.
Étape 8 — Constituer le conseil de copropriété: si l'immeuble compte plus de 20 lots (art. 577-8/1 Code civil), définissez la composition du conseil de copropriété (3 à 5 membres élus par l'AG), ses attributions (surveillance de la gestion du syndic, avis sur le budget, accès aux pièces comptables), ses modalités de réunion et de délibération.
Exigences juridiques pour Règlement de Copropriété
Le Règlement de Copropriété belge est encadré par un dispositif légal rigoureux combinant des règles d'ordre public et des règles supplétives.
Forme authentique obligatoire et transcription: l'article 577-4 du Code civil belge impose que le règlement de copropriété soit établi par acte authentique notarié et transcrit au bureau Sécurité juridique du SPF Finances pour être opposable aux tiers et aux futurs propriétaires. Un règlement de copropriété sous seing privé ne peut pas faire l'objet de cette transcription et n'est pas opposable aux acquéreurs ultérieurs des lots privatifs.
Règles d'ordre public: de nombreuses dispositions du Code civil belge sur la copropriété sont d'ordre public, c'est-à-dire qu'elles s'imposent à toutes les copropriétés indépendamment de ce que prévoit le règlement de copropriété: le droit de tout copropriétaire d'accéder à la comptabilité de la copropriété (art. 577-8 §4 Code civil); l'obligation du syndic de tenir des comptes séparés (art. 577-8 §4); l'obligation de constituer un fonds de réserve minimal depuis 2018; les règles de majorité pour les décisions de l'AG (art. 577-7); le droit de tout copropriétaire de se faire assister d'un avocat en AG; le délai de 15 jours minimum pour la convocation de l'AG.
Modification: la modification du règlement de copropriété requiert une décision à la majorité des quatre cinquièmes (4/5) des voix de l'ensemble des copropriétaires (art. 577-7 §1er al. 2 Code civil belge), calculée sur la totalité des quotes-parts de la copropriété et non seulement sur les copropriétaires présents ou représentés à l'AG. La modification doit être proposée à l'ordre du jour de l'AG avec texte précis. Elle doit ensuite être constatée par acte notarié authentique et transcrite au bureau Sécurité juridique du SPF Finances. L'exigence de 4/5 distingue la modification du règlement de copropriété de la modification de l'acte de base (unanimité) et de la modification du règlement d'ordre intérieur (majorité simple).
Conseil de copropriété obligatoire dans les grandes copropriétés: depuis la Loi du 18 juin 2018, les copropriétés d'immeubles comprenant plus de 20 lots doivent obligatoirement constituer un conseil de copropriété (art. 577-8/1 Code civil). Ce conseil, composé de copropriétaires élus par l'AG, a pour mission de contrôler la gestion du syndic, de donner un avis sur le budget préalablement à l'AG, et d'accéder aux pièces comptables. Son absence dans les grandes copropriétés constitue une irrégularité.
Contrat-type du syndic professionnel: depuis l'AR du 27 mars 2022 pris en application de la Loi du 18 juin 2018, le contrat entre la copropriété et le syndic professionnel agréé IPI doit respecter un contrat-type obligatoire limitant les honoraires supplémentaires au-delà du forfait de base. Ce contrat-type est opposable au syndic et protège la copropriété contre des honoraires excessifs. La réforme a également introduit l'obligation pour le syndic de déposer des appels d'offres pour les travaux dépassant un certain montant, variable selon la taille de la copropriété.
Erreurs courantes à éviter dans votre Règlement de Copropriété
Plusieurs erreurs récurrentes dans la rédaction et l'application des règlements de copropriété en Belgique génèrent des litiges devant le Juge de paix ou le Tribunal de première instance.
Erreur 1 — Règlement incomplet ne couvrant pas les situations nouvelles: certains règlements anciens, rédigés avant la réforme de 2018, ne contiennent pas de dispositions sur les problématiques nouvelles: installation de panneaux solaires ou de bornes de recharge sur les parties communes, sous-location de courte durée de type Airbnb, travaux d'accessibilité pour personnes à mobilité réduite. Ces lacunes génèrent des litiges fréquents en assemblée générale. La solution: mettre à jour le règlement de copropriété pour couvrir ces nouvelles situations avant qu'elles ne génèrent des conflits.
Erreur 2 — Clés de répartition des charges mal définies: un règlement qui prévoit simplement que les charges sont réparties en fonction des quotes-parts sans préciser les clés spéciales pour l'ascenseur, le chauffage collectif ou les parties communes spéciales génère des litiges récurrents sur le montant des charges demandées à chaque copropriétaire. La solution: définir avec précision dans le règlement les clés de répartition de chaque type de charge, si elles diffèrent des quotes-parts de l'acte de base.
Erreur 3 — Règles de majorité incorrectes pour les décisions de l'AG: certains règlements anciens prévoient des règles de majorité différentes de celles imposées par le Code civil belge (art. 577-7), notamment en exigeant une majorité plus élevée pour des décisions ordinaires. Ces règles contraires à la loi d'ordre public sont sans effet juridique; la règle légale s'applique de plein droit. La solution: vérifier la conformité des règles de majorité du règlement aux règles légales d'ordre public et les corriger le cas échéant.
Erreur 4 — Absence de fonds de réserve ou fonds insuffisant: certaines copropriétés ignorent l'obligation légale depuis 2018 de constituer un fonds de réserve minimal (au moins 5 % des charges ordinaires des 3 dernières années) ou maintiennent un fonds de réserve quasi nul. Lorsque des travaux importants s'imposent (remplacement de l'ascenseur, réfection de la toiture), la copropriété se retrouve sans ressources et doit imposer en urgence des appels de fonds extraordinaires importants. La solution: alimenter régulièrement le fonds de réserve selon les exigences légales et anticiper les grands travaux par des provisions adaptées.
Erreur 5 — Syndic non agréé IPI pour un immeuble important: certaines copropriétés confient la gestion à un syndic professionnel non agréé par l'IPI (Institut Professionnel des Agents Immobiliers) ou dont l'agrément IPI est expiré, voire à un ami ou voisin sans qualification. L'absence d'agrément IPI prive la copropriété de la protection offerte par l'assurance professionnelle obligatoire du syndic et expose à des difficultés en cas de faute de gestion. La solution: exiger systématiquement la preuve de l'agrément IPI en cours de validité et de l'assurance professionnelle du syndic professionnel.
Erreur 6 — Non-convocation de l'AG ordinaire annuelle dans les délais: le règlement de copropriété fixe le mois de l'AG annuelle ordinaire; si le syndic omet de la convoquer dans les délais légaux (convocation 15 jours avant l'AG avec ordre du jour), tout copropriétaire peut demander au Juge de paix la désignation d'un administrateur provisoire (art. 577-10 Code civil). La solution: respecter scrupuleusement le calendrier annuel des AG et veiller à la régularité des convocations.
Questions Fréquentes
Le règlement de copropriété est l'un des trois documents constitutifs des statuts d'une copropriété belge avec l'acte de base et le règlement d'ordre intérieur, conformément aux articles 577-3 à 577-14 du Code civil belge. Rédigé par acte authentique notarié et transcrit au bureau Sécurité juridique du SPF Finances, le règlement de copropriété organise la gestion de l'immeuble et les règles de fonctionnement de l'association des copropriétaires: règles d'utilisation des parties communes et privatives, mode de convocation et de vote en assemblée générale, attribution au syndic et au conseil de copropriété de leurs missions et pouvoirs, répartition des charges entre copropriétaires, procédure de désignation du syndic professionnel (agréé par l'IPI — Institut Professionnel des Agents Immobiliers) ou bénévole. Contrairement à l'acte de base (modifiable uniquement à l'unanimité), le règlement de copropriété peut être modifié à la majorité qualifiée des quatre cinquièmes des voix de l'ensemble des copropriétaires en assemblée générale (art. 577-7 §1er du Code civil belge). Le règlement de copropriété transcrit est opposable à tous les copropriétaires et à leurs locataires dès lors qu'il a été régulièrement publié au bureau Sécurité juridique.
Le règlement de copropriété (art. 577-4 Code civil) est un document de nature quasi-constitutionnelle pour la copropriété: il doit être établi par acte authentique notarié transcrit au bureau Sécurité juridique du SPF Finances, est opposable aux tiers, et ne peut être modifié qu'à la majorité des 4/5 des voix en assemblée générale. Le règlement d'ordre intérieur (art. 577-8 §1er 4° Code civil), en revanche, est un document d'organisation pratique qui contient les règles de vie courante dans l'immeuble: heures de silence, règles relatives aux animaux de compagnie, utilisation de la buanderie commune, gestion des parkings visiteurs, règles de dépôt des poubelles. Le règlement d'ordre intérieur n'a pas besoin d'être notarié; il est décidé par l'assemblée générale à la majorité simple (50 % + 1) et peut être modifié à la même majorité simple. En pratique, dans les nouvelles copropriétés, les trois documents (acte de base, règlement de copropriété, règlement d'ordre intérieur) sont souvent réunis dans un seul acte notarié initial rédigé par le promoteur, puis le règlement d'ordre intérieur peut être adapté plus facilement par l'AG en cours de vie de la copropriété.
L'assemblée générale des copropriétaires est l'organe souverain de la copropriété belge, régie par les articles 577-6 et 577-7 du Code civil belge tels que modifiés par la Loi du 18 juin 2018. L'assemblée générale ordinaire se tient au moins une fois par an, dans le courant du mois fixé par le règlement de copropriété. L'assemblée générale extraordinaire peut être convoquée par le syndic à tout moment ou à la demande d'un ou plusieurs copropriétaires représentant ensemble au moins un cinquième des quotes-parts dans les parties communes. La convocation doit être envoyée par le syndic à chaque copropriétaire au moins quinze jours avant la date de l'assemblée (délai pouvant être réduit en cas d'urgence), avec l'ordre du jour détaillé, les pièces soumises à vote et l'état des comptes. Les décisions de l'AG sont prises à des majorités variables selon la nature de la décision: majorité simple (50 % + 1 des voix des copropriétaires présents ou représentés) pour les décisions ordinaires; majorité des 3/4 pour les grosses réparations et les travaux d'amélioration importants; majorité des 4/5 pour les modifications du règlement de copropriété et les travaux d'embellissement; unanimité pour les modifications de l'acte de base et les aliénations de parties communes. Les délibérations de chaque AG sont consignées dans un procès-verbal signé par le syndic et les copropriétaires désignés.
Le syndic est l'organe exécutif de la copropriété belge, chargé d'exécuter les décisions de l'assemblée générale et d'assurer la gestion courante de l'immeuble. La Loi du 18 juin 2018 et l'article 577-8 du Code civil belge définissent ses obligations légales. Le syndic professionnel doit être agréé par l'IPI (Institut Professionnel des Agents Immobiliers) et disposer d'une assurance professionnelle spécifique couvrant sa responsabilité civile. Le syndic bénévole est un copropriétaire élu par l'AG. Les obligations légales du syndic comprennent: convoquer et présider l'assemblée générale ordinaire et extraordinaire selon les délais et formes légaux; exécuter les décisions de l'AG et en assurer le suivi; gérer les fonds de la copropriété sur des comptes séparés et distincts (compte de fonctionnement + compte réserve); tenir une comptabilité transparente selon le plan comptable minimum normalisé (AR du 12 juillet 2012); faire appel d'offres pour les grosses réparations et travaux importants dépassant un montant défini dans le règlement; souscrire les assurances obligatoires de l'immeuble (incendie, responsabilité civile, assurance ascenseur); tenir à jour le carnet d'entretien de l'immeuble; délivrer les attestations de charges requises lors des ventes de lots (art. 577-11 Code civil); représenter l'association des copropriétaires en justice. Le contrat de syndic professionnel est désormais soumis à un contrat-type défini par arrêté royal (AR du 27 mars 2022) limitant les honoraires annexes.
La répartition des charges communes entre copropriétaires en Belgique est régie par l'article 577-5 du Code civil belge et par le règlement de copropriété. En règle générale, les charges communes sont réparties entre les copropriétaires au prorata de leurs quotes-parts respectives dans les parties communes, telles que définies dans l'acte de base. Toutefois, le règlement de copropriété peut prévoir des clés de répartition spéciales pour certaines charges: les charges liées à l'utilisation exclusive ou prépondérante d'une partie commune par certains copropriétaires (par exemple, les charges d'ascenseur peuvent être réparties plus lourdement entre les copropriétaires des étages supérieurs qui l'utilisent davantage, selon une clé spéciale); les charges liées aux parties communes spéciales (charges de la cage d'escalier d'un bâtiment réparties entre les seuls copropriétaires desservis par cet escalier). Les charges se distinguent en charges ordinaires (entretien courant, primes d'assurance, honoraires du syndic, électricité des parties communes, eau commune, petites réparations) et charges extraordinaires (grosses réparations, remplacement de l'ascenseur, réfection de la toiture, travaux d'embellissement votés en AG). Les charges extraordinaires importantes sont financées par le fonds de réserve obligatoire, alimenté par des appels de fonds annuels décidés par l'AG. Depuis la Loi du 18 juin 2018, le fonds de réserve doit atteindre au moins 5 % du montant moyen annuel des charges ordinaires des 3 dernières années.
Le règlement de copropriété peut être modifié par l'assemblée générale des copropriétaires selon les règles de majorité définies par l'article 577-7 §1er du Code civil belge, modifié par la Loi du 18 juin 2018. La modification du règlement de copropriété requiert une décision prise à la majorité des quatre cinquièmes (4/5) des voix de l'ensemble des copropriétaires (et non seulement des présents et représentés à l'AG), sauf pour les modifications des règles relatives à la répartition des charges qui requièrent l'unanimité si elles modifient les quotes-parts établies dans l'acte de base. Toute modification du règlement de copropriété doit être constatée par un acte authentique notarié et transcrite au bureau Sécurité juridique du SPF Finances pour être opposable aux tiers et aux futurs acquéreurs de lots. La modification doit être proposée dans l'ordre du jour de l'assemblée générale avec les textes précis des modifications envisagées pour permettre aux copropriétaires de prendre position de manière éclairée. Le notaire qui procède à la vente d'un lot doit vérifier que son exemplaire du règlement de copropriété est bien la version la plus récente intégrant toutes les modifications transcrites, et en remettre copie à l'acquéreur conformément à l'article 577-11 du Code civil.
Le non-paiement des charges de copropriété par un copropriétaire est un litige fréquent en droit belge de la copropriété, régi par les articles 577-5 et 577-11 du Code civil belge. Le syndic dispose de plusieurs voies de recours pour recouvrer les charges impayées. En premier lieu, le syndic envoie une mise en demeure par recommandé au copropriétaire défaillant avec un délai de régularisation. À défaut de paiement, le syndic peut obtenir rapidement un titre exécutoire en saisissant le Juge de paix du ressort par voie de requête en injonction de payer (art. 1338 et suivants du Code judiciaire), procédure rapide et peu coûteuse pour des créances de montant certain. Le titre exécutoire obtenu permet de procéder à des saisies-arrêts sur les comptes bancaires ou les loyers du copropriétaire défaillant, ou à des saisies-exécutions sur ses biens. La Loi du 18 juin 2018 a renforcé la position de la copropriété lors de la vente d'un lot: l'article 577-11 impose au syndic de délivrer au notaire instrumentant une attestation des arriérés du vendeur, et le notaire peut retenir sur le prix de vente les arriérés de charges du vendeur pour les reverser à la copropriété avant de payer le solde net au vendeur. Depuis 2018, la copropriété bénéficie également d'un privilège légal (droit de préférence) pour le recouvrement des charges impayées lors de la vente forcée du lot.
Ce modèle est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Les lois varient selon la juridiction et évoluent avec le temps. Consultez un avocat qualifié pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.Clause de non-responsabilité complète
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Mandat Syndic Copropriété
Contrat de mandat syndic de copropriété pour immeuble belge, conforme aux articles 577-8 du Code civil belge, au livre 5 du Code civil belge (Obligations) et à l'Arrêté Royal du 27 mars 2022 fixant le contrat-type syndic. Définit les missions, honoraires, durée et conditions de révocation du syndic.
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